Un fait est clair : la place du don dans l’économie ne saurait se résoudre au rôle subalterne et périphérique qui lui est reconnu par la pensée commune. L’économie comprise de façon réductrice comme la seule activité marchande mesurable n’est qu’une partie de l’activité de l’homme. Des pans entiers essentiels de la vie commune échappent à sa logique, et notamment la gratuité. La famille en est un exemple évident, ou l’associatif. Plus largement, le don est essentiel à la constitution de tout lien social, comme je le rappelle à la suite de bien d’autres, notamment dans mon livre La finance peut-elle être au service de l’homme ?
On peut donc retrouver la problématique du don au sein même de l’activité économique. L’analyse habituelle du marché comme de l’Etat est donc terriblement réductrice. Inversement, vouloir remettre en cause radicalement l’économie (d’échange ou étatique), au profit du don, comme certains l’évoquent notamment en contexte chrétien, est comme tel une utopie.
Mais c’est l’occasion de réfléchir au rôle du don dans la société et plus particulièrement dans l’économie. On verra qu’il est essentiel et même vital, car c’est lui qui fonde la communauté. Et que cela joue de ce fait un rôle essentiel dans la vie même de ces formes de communauté de travail que sont les entreprises.
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