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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html</link>
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		<dc:date>2023-11-04T16:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste, selon la conception classique de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra alors que si le souci de d&#233;fense et d'&#233;radication des terroristes est indiscutable, la guerre en question pr&#233;sente un dilemme moral redoutable. Et surtout elle ne pourra &#234;tre qualifi&#233;e de juste que si elle d&#233;bouche sur une paix raisonnablement &#233;quitable, comportant donc une place pour les Palestiniens (hors Hamas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Israel-Palestine-Gaza-.html" rel="directory"&gt;Moyen Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gaza-+.html" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Palestiniens-+.html" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Israel-+.html" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'excellent Michael Walzer a fait r&#233;cemment un examen de ce type sur des bases un peu diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons pour faire simple que dans la conception classique de celle-ci (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Geopolitique-morale-et-guerre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Geopolitique...&lt;/a&gt; ; en note ici la formulation catholique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), il y a pour cela quatre conditions : un motif juste et notamment un grave dommage subi, l'absence de moyen alternatif, des chances raisonnables de succ&#232;s, et la conviction raisonnable qu'en agissant ainsi on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne remonterai pas aux origines du conflit isra&#233;lo-arabe ; je renvoie ici &#224; mon article &#171; Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution &#187; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-conflit-israelo-palestinien-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-conflit-i...&lt;/a&gt;). Mais je prends les parties prenantes l&#224; o&#249; elles sont : Isra&#235;l, Gaza et le Hamas, ainsi que les parties externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : le mobile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la justesse de la guerre est rapidement tranch&#233;e du c&#244;t&#233; du Hamas : c'est &#233;videmment non pour le 7 octobre et plus g&#233;n&#233;ralement pour le principe du terrorisme. Immoral par lui-m&#234;me, le terrorisme est presque toujours contre-productif (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-du-terrorisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-...&lt;/a&gt;). La m&#234;me r&#233;ponse &#233;vidente vaut aussi pour leur but d&#233;clar&#233;, la destruction d'Isra&#235;l : cela ne peut &#233;videmment pas &#234;tre une situation meilleure. La cause palestinienne est une tout autre question : elle n'a de sens que pour faire sortir cette malheureuse population de l'impasse o&#249; elle se trouve ; mais l'action du Hamas aboutit au r&#233;sultat exactement inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc le cas d'Isra&#235;l. En l'occurrence, la question imm&#233;diate vise la r&#233;action d'Isra&#235;l apr&#232;s l'agression du Hamas sur son territoire, et les terribles massacres qui ont eu lieu &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, le droit &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense implique le droit &#224; faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Or le Hamas affiche vouloir la destruction d'Isra&#235;l. Et il ne semble pas raisonnable d'imaginer une quelconque n&#233;gociation avec lui, aboutissant &#224; un accord de bonne foi. Il n'y a donc de ce point de vue pas d'autre solution qu'une action militaire au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la th&#233;orie de la guerre juste, le mobile pour agir est donc fond&#233;. Restent les autres conditions : chances raisonnables de succ&#232;s, et conviction raisonnable qu'en agissant on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : l'absence de moyens alternatif et les chances raisonnables de succ&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle action militaire dans l'imm&#233;diat ? Il semble qu'il y ait eu ici un dilemme relativement binaire sur le but de guerre imm&#233;diat : soit on cherche &#224; d&#233;truire le Hamas, ce qu'Isra&#235;l a entrepris ; soit on se borne &#224; des repr&#233;sailles &#233;ventuellement intenses coupl&#233;es avec le renforcement de la d&#233;fense des fronti&#232;res. La deuxi&#232;me hypoth&#232;se limitait la casse imm&#233;diate ; mais elle laissait intacte la menace du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la premi&#232;re qu'Isra&#235;l a choisie. Or comme tous les observateurs l'ont relev&#233; d&#232;s avant le d&#233;but des op&#233;rations, la situation sur le terrain est tr&#232;s sp&#233;cifique du point de vue militaire, le Hamas contr&#244;lant un territoire essentiellement urbain et tr&#232;s dens&#233;ment peupl&#233;, &#233;quip&#233; pour r&#233;sister, avec des r&#233;seaux de tunnels consid&#233;rables. Dans cette optique, l'action militaire &#233;tait et reste &#224; ce jour al&#233;atoire, et surtout tr&#232;s co&#251;teuse en vie humaines et destructions, y compris des effets collat&#233;raux de pertes civiles nombreuses. Celles-ci font en outre l'objet d'une communication mondiale intense (ce qui, rappelons-le incidemment, n'est pas vrai de tous les conflits, tant s'en faut : l'Afrique en sait quelque chose, ou le Y&#233;men, ou m&#234;me le Karabakh). S'y ajoutent d'un c&#244;t&#233; la pr&#233;sence d'otages nombreux, et de l'autre l'environnement moyen oriental avec le risque d'un embrasement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on choisit l'option dure, visant &#224; d&#233;truire le Hamas, comme l'a fait Isra&#235;l, moralement cela veut dire qu'on estime d'une part pouvoir y arriver (&#233;valuation militaire d'un succ&#232;s possible) ; et d'autre part que les effets de destruction cit&#233;s (pertes civiles nombreuses, mort des otages, d&#233;gradation de la situation r&#233;gionale) soient r&#233;duits au minimum par une conduite de la guerre appropri&#233;e, et qu'ils puissent &#234;tre assum&#233;s au vu du r&#233;sultat attendu : la disparition d'une force mena&#231;ante essentiellement destructrice. C'est un v&#233;ritable dilemme, et la r&#233;ponse morale n'est pas imm&#233;diate, notamment d'un point de vue externe et sans information suffisamment pr&#233;cise sur les donn&#233;es militaires du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement en revanche sur le plan interne, le choix de cette option &#233;tait sans doute in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : d&#233;boucher sur une situation meilleure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la derni&#232;re condition pour qu'une guerre puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e juste, la plus importante : comment s'assurer que m&#234;me une victoire sur le terrain assurera la fin de la menace et permettra d'aller dans le sens d'une paix raisonnable et si possible durable ? A savoir, une situation clairement meilleure que s'il n'y a pas de guerre (ou une op&#233;ration bien plus limit&#233;e). Ce qui d&#233;pendra &#224; la fois de la situation sur le terrain en cas de victoire (qui prendra en charge Gaza ?), et de la situation r&#233;gionale dans son ensemble. Je passerai sur le premier point malgr&#233; son importance ; on ne sait en effet pas ce qu'Isra&#235;l pourra faire de Gaza en cas de victoire. Reste le second point, le plus d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord que le risque d'embrasement ne se v&#233;rifie pas. C'est possible mais pas certain. Mais un minimum pour cela est de bien circonscrire les buts de guerre ; en l'occurrence, un geste d&#233;fensif. Ce qui comporte certes l'&#233;radication du groupe terroriste ou plus exactement de son actuelle capacit&#233; de nuire, mais ne repr&#233;sente certainement pas une victoire du bien sur le mal. Il est donc absolument imp&#233;ratif de ne pas raisonner en guerre de civilisations ou en grand conflit id&#233;ologique. La guerre en cours a remis en selle le th&#232;me du conflit de civilisations, notamment &#224; droite, et b&#234;tement. Or c'est le pi&#232;ge par excellence, le moyen le plus s&#251;r pour souder des blocs antagonistes. Comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, un suppos&#233; conflit de civilisations est en r&#233;alit&#233; un conflit d'id&#233;ologies ; et voir les relations internationales comme conflits d'id&#233;ologies est le plus s&#251;r moyen pour les envenimer et les radicaliser. C'est d'ailleurs la strat&#233;gie du Hamas. &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Des-conflits-de-civilisations-ou.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Des-conflits...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout il faut aussi prendre en consid&#233;ration la situation locale et r&#233;gionale apr&#232;s l'op&#233;ration. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et alors, de deux choses l'une. Soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me qu'on r&#233;ponde positivement au dilemme moral &#233;voqu&#233; ci-dessus, et que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, paradoxalement, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut consid&#233;rer avec rigueur les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois : &#8211; Que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain. &#8211; Que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces. &#8211; Que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s. &#8211; Que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition. Ce sont les &#233;l&#233;ments traditionnels &#233;num&#233;r&#233;s dans la doctrine dite de la &#8216;guerre juste'. L'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html</guid>
		<dc:date>2023-10-19T15:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le conflit isra&#233;lo-palestinien para&#238;t &#234;tre l'exemple parfait d'un conflit sans bonne solution. Cela exasp&#232;re les belles &#226;mes, mais aussi les hommes de bonne volont&#233;. C'est pourtant la r&#233;alit&#233; qu'il faut reconna&#238;tre pour agir dans la mesure du possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'actualit&#233; br&#251;lante, nous allons essayer de l'analyser ici de la fa&#231;on la plus d&#233;passionn&#233;e possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A priori le conflit isra&#233;lo-palestinien para&#238;t &#234;tre l'exemple parfait d'un conflit sans bonne solution. Cela exasp&#232;re les belles &#226;mes, mais aussi les hommes de bonne volont&#233;. C'est pourtant la r&#233;alit&#233; qu'il faut reconna&#238;tre pour agir dans la mesure du possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'actualit&#233; br&#251;lante, nous allons essayer de l'analyser ici de la fa&#231;on la plus d&#233;passionn&#233;e possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un hostilit&#233; mutuelle actuellement irr&#233;ductible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base de ce conflit est &#233;videmment un fait simple : il y a deux peuples, et une seule terre : depuis l'arriv&#233;e des Juifs, la Shoah, la cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l, et les guerres successives. On passera sur les p&#233;rip&#233;ties : le r&#233;sultat en est une haine et une m&#233;fiance r&#233;ciproque toutes deux intenses. Les conflits franco-allemands ont &#233;t&#233; suivis de la paix, car les guerres les opposant prenaient une forme organis&#233;e, avec des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res, pas d'une menace directe sur les personnes exerc&#233;e par des membres de l'autre peuple, ce que symbolise maintenant l'attaque du Hamas d'octobre 2023. En outre la r&#233;conciliation de la France avec Allemagne a comport&#233; la d&#233;faite de celle-ci sans sa disparition, suivie d'une repentance et d'un cadre politique totalement nouveau. L'analogie n'a pas de sens ici : les Palestiniens perdent les guerres, mais ne sont &#233;videmment pas sur la voie d'une repentance, qui leur para&#238;t totalement injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes palestiniennes ont tendu &#224; alterner les m&#233;thodes violentes et des p&#233;riodes d'accalmie. Mais apr&#232;s abandon de lutte par les grands Etats arabes, le rapport de force est devenu tr&#232;s d&#233;savantageux pour eux ; il ne restait comme moyen de lutte que des r&#233;voltes, et le terrorisme. Comme je l'ai relev&#233; r&#233;cemment dans un article &#034;&lt;i&gt;Le paradoxe du terrorisme : r&#233;voltant, inhumain, mais en d&#233;finitive inefficace&lt;/i&gt;&#034; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-du-terrorisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-...&lt;/a&gt;), &#171; les Palestiniens ont une longue histoire du caract&#232;re improductif de ces m&#233;thodes, compte tenu du rapport de forces. Prenons les Intifada ; elles sont intervenues alors que beaucoup de Palestiniens allaient r&#233;guli&#232;rement travailler en Isra&#235;l. Non seulement donc les populations se c&#244;toyaient, mais il pouvait assez naturellement se d&#233;velopper &#224; terme une situation inextricable, o&#249; toute s&#233;paration des populations allait devenir impraticable. Compte tenu de la d&#233;mographie palestinienne, cela signifiait, toujours &#224; terme, une majorit&#233; arabe dans cet ensemble. Et donc une possibilit&#233; forte pour le c&#244;t&#233; palestinien de finir soit par l'emporter, soit par peser lourd dans un ensemble mixte. L'intifada a conduit au contraire &#224; une s&#233;paration relativement stricte &#8211; sauvant de fait la vision d'un Isra&#235;l essentiellement juif. Certes, accepter cette situation paisiblement pouvait para&#238;tre beaucoup demander au c&#244;t&#233; palestinien. Mais quand on voit la situation o&#249; ils sont maintenant, c'&#233;tait certainement bien moins douloureux et d&#233;sesp&#233;rant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La logique de la guerre et ses limites en l'esp&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc bloqu&#233;e. Il ne reste que la logique de la guerre. En l'esp&#232;ce, dans la phase actuelle, l'extr&#234;me violence de l'agression commise par le Hamas, notamment dans ses modalit&#233;s particuli&#232;rement r&#233;voltantes et mena&#231;antes pour la population isra&#233;lienne, implique qu'il &#233;tait pratiquement impossible pour l'Etat isra&#233;lien de ne pas envisager une op&#233;ration militaire lourde &#224; Gaza. On n'en conna&#238;t &#233;videmment pas le r&#233;sultat &#224; ce stade. Mais il est possible de prendre du recul et de raisonner sur les d&#233;veloppements possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rencontre en effet la situation que j'ai d&#233;crite &#224; propos de la guerre en Ukraine dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Ukraine-la-l...&lt;/a&gt;). Je notais les points suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La guerre a sa logique propre, et l'ignorer conduit soit &#224; des d&#233;cisions malencontreuses, soit &#224; se lamenter dans le vide&#8230;Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s&#8230; C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes sur ce plan dans la m&#234;me situation. Mais en pire : dans le cas de l'Ukraine et de la Russie, sauf hypoth&#232;se extr&#234;me, les deux Etats subsisteront &#224; la fin des hostilit&#233;s, quel qu'en soit le r&#233;sultat. On peut donc envisager une situation stable &#224; terme (ce qui ne veut pas n&#233;cessairement dire optimale ni juste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le cas ici. En effet, d'une part Isra&#235;l ne parvient pas &#224; renoncer &#224; la colonisation pour des raisons profondes et constitutives et d'autre part et surtout en termes de s&#233;curit&#233; ne peut envisager de solution autre qu'une r&#233;duction des Palestiniens sur une situation de grande impuissance, qu'il est impossible d'accepter pour eux. La situation aberrante de la bande de Gaza le confirme : deux millions de personnes entass&#233;es sans perspectives ; mais les enclaves palestiniennes en Cisjordanie ne sont pas beaucoup mieux loties. Or Isra&#235;l b&#233;n&#233;ficie militairement d'un rapport de forces tr&#232;s favorable et ne peut &#234;tre battu frontalement. R&#233;sultat : les &#233;pisodes guerriers se d&#233;roulent bien selon la logique de la guerre rappel&#233;e ci-dessus, mais ne d&#233;bouchent pas sur une situation stabilisable, et les hostilit&#233;s reprennent t&#244;t ou tard, y compris apr&#232;s des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solutions &#224; terme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on cependant envisager des solutions, au moins en principe ? Compte tenu de ce qui a &#233;t&#233; dit, on peut &#224; l'&#233;vidence totalement exclure l'hypoth&#232;se d'une coexistence sur un seul Etat. Et donc comme je l'indiquais (dans ce texte sur le terrorisme), s'agissant &#171; de la paix dans la r&#233;gion, pour faire simple il faudrait tr&#232;s probablement que coexistent deux Etats. Mais cela suppose au minimum d'un c&#244;t&#233; qu'Isra&#235;l renonce &#224; coloniser puis annexer la Cisjordanie ; et d'un autre c&#244;t&#233; que les Palestiniens renoncent &#224; la remise en cause d'Isra&#235;l. Le premier point vise l'actuelle direction isra&#233;lienne, clairement d&#233;termin&#233; &#224; la colonisation. Mais elle a un excellent alibi : tant qu'un groupe terroriste continuera &#224; agir et notamment contr&#244;lera un bout de Palestine, il est d&#233;sormais plus que jamais &#233;vident qu'aucun gouvernement isra&#233;lien ne pourra n&#233;gocier avec lui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point, l'arr&#234;t de la colonisation isra&#233;lienne, para&#238;t aller de soi pour les personnes ext&#233;rieures, ; il est pourtant tr&#232;s difficile &#224; envisager en Isra&#235;l. Et le second tombe sous le sens : la logique de l'affrontement aboutit &#224; un durcissement des parties palestiniennes, qui deviennent d'autant moins fr&#233;quentables pour Isra&#235;l. Les deux logiques se combinent d'ailleurs : de fa&#231;on perverse, le pouvoir isra&#233;lien (du moins celui le plus attach&#233; &#224; la colonisation) a int&#233;r&#234;t &#224; cette hostilit&#233; et a r&#233;guli&#232;rement tendu &#224; miner les pouvoirs palestiniens les plus mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la logique de la guerre en cours se d&#233;roule comme dans les guerres classiques et s'ach&#232;ve par une paix stable, il faudrait par exemple un sc&#233;nario comme le suivant. D'une part qu'Isra&#235;l, surtout s'il est gravement embourb&#233; militairement &#224; Gaza, conclut qu'il lui faut vraiment faire la paix, donc en laissant un territoire et des conditions de vie acceptables pour les Palestiniens. Et d'autre part que, c&#244;t&#233; palestinien, le Hamas soit suffisamment abattu pour que d'autres dirigeants &#233;mergent, avec qui une discussion soit possible. Dans l'&#233;tat actuel des choses, l'une et l'autre hypoth&#232;se paraissent exclues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;cartera &#233;galement une autre hypoth&#232;se, apocalyptique : un embrasement g&#233;n&#233;ral de la r&#233;gion aboutissant &#224; la d&#233;faite d'Isra&#235;l. Outre qu'elle est tr&#232;s peu probable &#224; ce stade, il est exclu que les Etats-Unis acceptent une telle d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc qu'une alternative &#224; la perp&#233;tuation de la situation insatisfaisante actuelle, ponctu&#233;e de conflits divers. C'est la d&#233;faite palestinienne durable : la r&#233;duction de leur espace et la fonte de leur population, &#224; commencer par Gaza. Donc une victoire nette pour les durs en Isra&#235;l. Ce n'est pas non plus l'hypoth&#232;se la plus probable (d'autant que la population palestinienne ne cesse de cro&#238;tre, du fait de la natalit&#233;), mais c'est en th&#233;orie concevable ; c'est donc au fond ce qu'ils cherchent &#224; r&#233;aliser. Mais comme on le voit, c'est al&#233;atoire et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La le&#231;on morale am&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des personnes de bonne volont&#233;, ce constat est amer et frustrant. Il n'y a pas &#224; vue humaine de bonne solution, de solution bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire est pleine de situations de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche du bien en mati&#232;re de conflit international implique de prendre en compte cette r&#233;alit&#233; : dans un grand nombre de cas, sinon la majorit&#233;, on ne peut viser comme objectif une solution &#224; la fois juste et satisfaisante ; on doit faire au mieux avec des processus largement violents et souvent injustes. Cela implique de ne plus r&#234;ver aux utopies de paix perp&#233;tuelle ou de solution internationale de type ONU. Cela ne dispense pas d'agir au mieux, mais cela montre les limites d'une telle action : le primat de la paix implique bien des concessions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'empire du mal, version Ryad</title>
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		<dc:date>2018-10-21T14:09:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Islamisme</dc:subject>
		<dc:subject>Arabie s&#233;oudite</dc:subject>
		<dc:subject>Islam et violence</dc:subject>
		<dc:subject>Moyen Orient</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le royaume d'Arabie saoudite est &#224; nouveau sur la sellette. Ou plut&#244;t devrait l'&#234;tre. Il faut dire qu'il met les bouch&#233;es doubles dans le genre bizarrerie r&#233;voltante, sans pour autant susciter plus qu'une r&#233;probation limit&#233;e. Comme si dans son cas le r&#233;flexe naturel de condamnation indign&#233;e si cultiv&#233; par nos m&#233;dias se trouvait &#233;trangement &#233;touff&#233; par un tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant cet &#233;trange royaume de rentiers milliardaires et fanatis&#233;s devrait susciter l'&#233;tonnement de notre &#233;poque si prompte &#224; s'indigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tant d'argent pourrait &#234;tre tellement mieux utilis&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le royaume d'Arabie saoudite est &#224; nouveau sur la sellette. Ou plut&#244;t devrait l'&#234;tre. Il faut dire qu'entre le meurtre de Jamal Khashoggi, les bombardements de civils au Y&#233;men et l'effarant statut des femmes, il met les bouch&#233;es double dans le genre bizarrerie r&#233;voltante, sans pour autant susciter plus qu'une r&#233;probation limit&#233;e. Comme si dans son cas le r&#233;flexe naturel de condamnation indign&#233;e si cultiv&#233; par nos m&#233;dias se trouvait &#233;trangement &#233;touff&#233; par un tabou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant la bizarrerie de sa position a pour stup&#233;fier. Il conjugue en effet deux caract&#233;ristiques exceptionnelles : le si&#232;ge symbolique de la deuxi&#232;me religion de la plan&#232;te, la seule de l'histoire a avoir fait l'essentiel de son d&#233;veloppement par la conqu&#234;te militaire ; et des ressources financi&#232;res immenses, en rien dues au g&#233;nie de ses habitants ou &#224; leur travail, mais qui sont purement le produit d'une rente, du hasard g&#233;ologique qui fait qu'on y trouve des gisements gigantesques d'une mati&#232;re premi&#232;re, le p&#233;trole, vitale pour l'&#233;conomie moderne et qui leur rapporte des ressources d&#233;mentielles en regard d'une population limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comble, ils se payent le luxe d'un syst&#232;me politique lui aussi totalement hors norme, avec ses cohortes de princes r&#233;unis dans une famille tentaculaire aux m&#233;thodes opaques mais exp&#233;ditives et ses myriades de potentats plus ou moins bien contr&#244;l&#233;s par le syst&#232;me (les Ben Laden et les Khashoggi sont des multimilliardaires). Plus, pour couronner le tout, le choix de la version extr&#234;me (mais peut &#234;tre la plus fid&#232;le) d'une religion aux &#233;crits violents, sans piti&#233; pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'autant plus curieux de constater qu'une telle accumulation d'aberrations, historiquement sans pr&#233;c&#233;dent, ne suscite plus d'&#233;tonnement. Comment ? Voil&#224; des gens qui non seulement jouissent d'un niveau de vie in&#233;gal&#233;, d&#251; en rien &#224; leur m&#233;rite, mais qui se permettent de mettre &#224; feu et &#224; sang leurs voisins, nourrissent la version la plus belliqueuse de leur religion et la r&#233;pandent partout &#224; grands coups de milliards, et qui traitent leurs femmes comme personne en pleine p&#233;riode de f&#233;minisme triomphant et de #Metoo. Qui n'accueillent enfin aucun r&#233;fugi&#233;. Et ils sont nos alli&#233;s, devant lesquels tout l'arc politique vient s'incliner avec respect, de Trump &#224; Hollande et Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Feu Ronald Reagan avait une expression pour l'URSS : &lt;i&gt;the Empire of Evil&lt;/i&gt;, l'empire du mal. Cela sonnait bien guerre des &#233;toiles. L&#224; nous avons une version qui n'est plus futuriste mais archa&#239;que : un pays golem. Un golem cruel, milliardaire et salafiste. Un golem n&#233; dans les ann&#233;es 30 de l'alliance improbable entre les Etats-Unis alors puissance montante et un chef b&#233;douin h&#233;ritier d'une secte fanatique mais marginale. Un pays en outre instable, dont l'effondrement toujours possible (et qui serait certain sans l'arm&#233;e am&#233;ricaine comme M. Trump leur a fait d&#233;licatement remarquer) enverrait des tsunamis dans toutes les directions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faisons un r&#234;ve - &#224; la place de nos utopistes, puisqu'ils sont d'une d&#233;licate pudeur sur ce th&#232;me. L'humanit&#233; ne manque pas de causes qui auraient bien besoin de ces milliards. Faites votre choix : le r&#233;chauffement climatique, l'&#233;radication de la faim et de la pauvret&#233;, les maladies etc. L'id&#233;al ne serait-il pas de mettre en commun au service de ces causes les ressources p&#233;troli&#232;res de la p&#233;ninsule arabique, patrimoine commun de l'humanit&#233; ? Quitte &#224; verser une rente confortable mais raisonnable aux autochtones. On ferait d'une pierre deux coups : &#233;liminer le golem et faire du bien aux autres. Je propose donc le sujet pour la prochaine r&#233;union du G20, qui se bat un peu les flancs depuis quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Publi&#233; sur le site de la revue 'L'Incorrect'&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/lempire-du-mal-version-ryad/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/lempire-du-m...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La victoire militaire peut-elle &#234;tre une solution morale &#224; un conflit ? Le cas syrien</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-victoire-militaire-peut-elle-etre-une-solution-morale-a-un-conflit-Le-cas.html</link>
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		<dc:date>2016-10-03T15:59:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Syrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La reprise des combats &#224; Alep laisse entendre que le gouvernement syrien et ses alli&#233;s russes et iraniens ont fait le choix de la victoire militaire, au moins pour s'assurer le contr&#244;le de ce qu'on appelle la Syrie utile, de Damas &#224; Alep et jusqu'&#224; la M&#233;diterran&#233;e. On s'interroge naturellement sur le succ&#232;s possible ou non de cette strat&#233;gie, qui peut &#234;tre gagnante m&#234;me si la situation est extr&#234;mement complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je pose ici est diff&#233;rente ; elle est &#233;thique et g&#233;n&#233;rale, et va bien au-del&#224; de la Syrie : y a-t-il des cas o&#249; une situation &#233;tant ce qu'elle est, la poursuite de la victoire militaire est moralement la moins mauvaise solution ? Si oui, est-ce que cela reste vrai m&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Syrie-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Syrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La reprise des combats &#224; Alep laisse entendre que le gouvernement syrien et ses alli&#233;s russes et iraniens ont fait le choix de la victoire militaire, au moins pour s'assurer le contr&#244;le de ce qu'on appelle la Syrie utile, de Damas &#224; Alep et jusqu'&#224; la M&#233;diterran&#233;e. On s'interroge naturellement sur le succ&#232;s possible ou non de cette strat&#233;gie, qui peut &#234;tre gagnante m&#234;me si la situation est extr&#234;mement complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question que je pose ici est diff&#233;rente ; elle est &#233;thique et g&#233;n&#233;rale, et va bien au-del&#224; de la Syrie : y a-t-il des cas o&#249; une situation &#233;tant ce qu'elle est, la poursuite de la victoire militaire est moralement la moins mauvaise solution ? Si oui, est-ce que cela reste vrai m&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Des guerres justes ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas ici de savoir s'il y a des cas o&#249; la guerre serait moralement meilleure que la paix : il n'y en a &#233;videmment pas. Il est toujours moralement n&#233;cessaire de chercher les moyens de parvenir rapidement &#224; la paix, d'att&#233;nuer les cons&#233;quences de la guerre pendant son d&#233;roulement, et de pr&#233;parer la paix en r&#233;duisant les s&#233;quelles in&#233;vitables de l'affrontement. Au minimum, il faut &#234;tre ouvert &#224; des discussions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est bien plut&#244;t : y a-t-il des cas o&#249; on peut avoir moralement le droit &#224; poursuivre r&#233;solument la guerre, en recherchant la paix par la victoire militaire ? Pos&#233;e en termes aussi g&#233;n&#233;raux, la r&#233;ponse me para&#238;t &#234;tre positive. La seconde guerre mondiale vient imm&#233;diatement &#224; l'esprit. Mais voyons plus en d&#233;tails ce qu'il en est, notamment d'un point de vue chr&#233;tien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose &#233;videment d'abord que la guerre en question soit juste. Or si, comme le pape Fran&#231;ois l'a rappel&#233;, il n'y a pas de guerre sainte, l'Eglise catholique a toujours reconnue l'existence de &#8216;guerres justes'. Sa doctrine traditionnelle sur ce point est d'ailleurs un mod&#232;le de pond&#233;ration. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans son Cat&#233;chisme au N&#176; 2309, apr&#232;s avoir rappel&#233; qu'il faut toujours essayer d'&#233;viter la guerre, elle reconnait un droit de l&#233;gitime d&#233;fense, et cons&#233;quemment la possibilit&#233; de la guerre, mais sous plusieurs conditions pr&#233;cises. Si le dommage inflig&#233; par l'agresseur est durable, grave et certain ; si tous les moyens pour le faire cesser autrement s'av&#232;rent inefficaces ou impossibles ; si les conditions sont telles qu'il y a des chances s&#233;rieuses de r&#233;ussir ; et si on ne cr&#233;e pas un mal pire par son action, notamment par l'usage qu'on fait d'armes particuli&#232;rement destructrices. Notons que ce dernier point inclut la condamnation explicite des bombardements de villes ou de r&#233;gions enti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appliqu&#233;e &#224; la seconde guerre mondiale (c&#244;t&#233; Alli&#233;, mais aussi russe) cette doctrine me para&#238;t justifier leur combat dans son principe. Mais pas les bombardements indiscrimin&#233;s des villes allemandes et japonaises. Cet exemple montre d&#232;s lors que m&#234;me une partie qui commet des actes de barbaries, des crimes de guerre, peut rester n&#233;anmoins l&#233;gitime dans le principe &#8211; outre que, en l'esp&#232;ce, leurs adversaires avaient des m&#233;thodes semblables ou pires. Cette approbation de principe de la poursuite de la guerre c&#244;t&#233; alli&#233;s laisse cependant ouverte la question de la justification des buts de guerre de ces m&#234;mes alli&#233;s, qui &#233;taient la capitulation pure et simple de l'adversaire : par sa radicalit&#233;, cela rendait ind&#233;niablement la paix plus difficile, sauf &#233;crasement militaire total de l'adversaire. Ce qui en un sens a conduit &#224; Hiroshima. Encore une fois, sans remettre en cause la l&#233;gitimit&#233; de la guerre comme telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment la guerre du Golfe de 1990, faisant suite &#224; l'invasion du Kowe&#239;t par l'Iraq rel&#232;ve tr&#232;s probablement de la m&#234;me analyse et peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e justifiable : elle r&#233;pondait &#224; une agression pure, sans fondement, et on pouvait y r&#233;pondre efficacement sans effet disproportionn&#233;. En sens contraire l'invasion de l'Iraq en 2003 &#233;tait manifestement injustifiable selon tous les crit&#232;res disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#234;me en cas de guerre civile ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Peut-on appliquer les m&#234;mes crit&#232;res au cas d'une guerre civile ? La question est embrouill&#233;e par le fait qu'une telle guerre laisse rarement indiff&#233;rents les voisins. Mais si on parle de guerre civile c'est que, au moins &#224; l'origine du conflit, on trouve les membres d'une m&#234;me communaut&#233; politique, suppos&#233;e auparavant en paix. La difficult&#233; principale dans une guerre civile est la d&#233;finition de ce qu'on peut appeler agresseur. Certains verront comme tel un gouvernement tyrannique, et trouveront justifi&#233; de se r&#233;volter contre lui. Mais le gouvernement peut lui aussi analyser comme agression une r&#233;bellion arm&#233;e. Par ailleurs se pose la question des voies alternatives &#224; la guerre : existaient-elles ou non au d&#233;part, sont-elles cr&#233;dibles ou non une fois le conflit commenc&#233; ? Cela suppose une analyse politique, par nature complexe, sur ce qui est ou aurait &#233;t&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse commun&#233;ment apport&#233;e ici par le discours dominant est de s'en remettre &#224; des &#233;lections. Cela revient &#224; dire : si toutes les parties admettent des &#233;lections libres, le probl&#232;me sera r&#233;gl&#233;. Il va de soi que si la perspective d'&#233;lections libres est cr&#233;dible, capables de mettre en place un gouvernement reconnu comme l&#233;gitime par la plupart des parties, cela constitue une voie permettant d'&#233;viter ou d'arr&#234;ter la guerre. Malheureusement dans la pratique cela revient &#224; supposer le probl&#232;me r&#233;solu. S'il y a guerre civile, c'est que l'une ou l'autre des parties, sinon toutes, r&#233;cusent soit la possibilit&#233; de ces &#233;lections, soit leur r&#233;sultat effectif ou probable, soit m&#234;me la politique men&#233;e par un gouvernement &#233;lu qui peut d'ailleurs effectivement &#234;tre tyrannique m&#234;me s'il a &#233;t&#233; &#233;lu l&#233;gitimement. En g&#233;n&#233;ral les &#233;lections supposent l'apaisement, la paix, et ne la pr&#233;c&#233;dent pas. En outre leur cr&#233;dibilit&#233; est nulle tant que des forces arm&#233;es sont d&#233;ploy&#233;es contr&#244;lant chacune un bout du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'&#233;chappe donc pas &#224; la probl&#233;matique g&#233;n&#233;rale de la question de la guerre juste. Elle est aggrav&#233;e dans le cas de la guerre civile ; en effet ces guerres sont en g&#233;n&#233;ral plus f&#233;roces que les guerres entre pays ; et surtout elles ont un effet d&#233;vastateur puisqu'elles d&#233;chirent radicalement le tissu de la communaut&#233; en dressant les parties l'une contre l'autre. Il s'en d&#233;duit qu'il sera encore plus rare qu'une guerre civile soit justifi&#233;e, qu'une guerre entre pays. D'o&#249; une cons&#233;quence majeure, qu'on tire rarement : il est tr&#232;s rare qu'une insurrection soit moralement justifi&#233;e, si comme c'est le cas en g&#233;n&#233;ral elle a des chances s&#233;rieuses de d&#233;boucher sur une guerre civile. Car m&#234;me si le r&#233;gime en place est tr&#232;s discutable, voire ill&#233;gitime, presque toujours le dommage caus&#233; par lui sera inf&#233;rieur &#224; celui r&#233;sultant de la guerre civile ; en outre, les chances de succ&#232;s d'une telle r&#233;volte sont en g&#233;n&#233;ral al&#233;atoires. Cons&#233;quence encore : l'admiration b&#233;ate des Occidentaux pour les r&#233;volutions en g&#233;n&#233;ral est stupide et irresponsable. Au mieux, une r&#233;volution n'est justifi&#233;e que dans le cas d'un r&#233;gime faible, qui ne r&#233;siste pas, et qui est remplac&#233; tr&#232;s vite et efficacement par un r&#233;gime raisonnablement l&#233;gitime et stable. Mais ce cas est &#233;videmment tr&#232;s rare : la Tunisie de Ben Ali en fait sans doute partie, mais aucune autre r&#233;volution arabe parmi toutes celles qui l'ont suivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire du point de vue du gouvernement qui fait face &#224; une telle r&#233;volte ? Est-il moralement fond&#233; &#224; r&#233;sister par la force ? La question est un peu th&#233;orique reconnaissons-le : s'il est en place, c'est qu'il pr&#233;tend &#234;tre justifi&#233; &#224; le faire. Mais elle garde quand m&#234;me une certaine pertinence, notamment pour les tiers, la population ou les Etats &#233;trangers. Mais &#224; nouveau, l'id&#233;e occidentale implicite selon laquelle face &#224; des manifestations de masse un gouvernement doit aussit&#244;t c&#233;der le pouvoir ne tient pas debout : cela n'a de sens que si une voie pacifique de r&#233;solution du conflit existe vraiment, et si on est certain qu'elle ne d&#233;bouchera pas sur un r&#233;gime pire. Ce qui est rare. Cons&#233;quence : un gouvernement peut juger qu'il a le droit &#224; utiliser la force pour se d&#233;fendre. D'ailleurs, si en 2013 une manifestation de la taille de la Manif pour tous avait exig&#233; en France la d&#233;mission du gouvernement et march&#233; sur l'Elys&#233;e, le r&#233;gime r&#233;publicain se serait d&#233;fendu, y compris par la force. Naturellement pour que cette r&#233;action soit moralement correcte il faut qu'elle emploie des moyens raisonnables et proportionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ensuite une guerre civile a &#233;clat&#233;, il peut se trouver qu'une paix soit possible par la n&#233;gociation. Mais c'est rare, sauf apr&#232;s des ann&#233;es et &#233;puisement des parties dont aucune ne parviendrait &#224; l'emporter sur le terrain. On peut aussi imaginer une intervention &#233;trang&#232;re ; mais pour &#234;tre justifiable il faut non seulement qu'elle soit rapidement victorieuse, mais qu'on puisse ensuite acheminer un pays aussi divis&#233; vers un &#233;tat de coexistence paisible, ce qui suppose que cette puissance &#233;trang&#232;re accepte de le prendre en main le pays sur la longue dur&#233;e. On mesure la raret&#233; du cas. Reste alors comme d&#233;bouch&#233; probable le d&#233;roulement de la guerre &#224; son terme, et donc la victoire d'une des parties ou une partition de droit ou de fait. On comprend de la logique qui vient d'&#234;tre d&#233;roul&#233;e que cette hypoth&#232;se puisse &#234;tre accept&#233;e, ou plus exactement qu'il est possible qu'il ne se d&#233;gage pas de meilleure solution. Ce qui &#224; nouveau, comme dans toute guerre, ne rend pas pour autant l&#233;gitime l'usage de n'importe quel moyen.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le cas syrien&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Loin de moi l'id&#233;e d'apporter une r&#233;ponse nette au terrible drame syrien. Au vu cependant des faits, il me para&#238;t qu'on peut &#233;noncer les points suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Syrie des Assad n'&#233;tait pas un r&#233;gime satisfaisant, c'est le moins qu'on puisse dire ; c'&#233;tait et cela reste une dictature brutale. En m&#234;me temps le r&#233;gime, relativement la&#239;c, permettait la coexistence des nombreuses minorit&#233;s qui composent la Syrie, de fa&#231;on globalement paisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; qu'une r&#233;volte contre ce r&#233;gime ne d&#233;bouche pas sur une guerre civile &#233;tait nulle. La probabilit&#233; d'&#233;lections vraiment libres sans doute de m&#234;me. La probabilit&#233; que d'&#233;ventuelles &#233;lections ouvertes d&#233;bouchent sur un r&#233;gime islamiste, aussi brutal et autoritaire que l'existant mais beaucoup moins tol&#233;rant, &#233;tait tr&#232;s forte. La base politique des d&#233;mocrates la&#239;cs &#224; l'occidentale y &#233;tait et reste tr&#232;s faible. Il r&#233;sulte de cela une cons&#233;quence claire : autant une action politique pacifique (interne ou externe) &#233;tait justifi&#233;e, autant tout encouragement &#224; la r&#233;bellion &#233;tait irresponsable. A fortiori l'appui massif, en finances et en armement, que celle-ci a re&#231;u, tant des Occidentaux que des Saoudiens et de leurs amis. On peut en d&#233;duire aussi que le r&#233;gime pouvait se juger fond&#233; &#224; r&#233;sister &#224; la r&#233;volte. Il est caract&#233;ristique que les chr&#233;tiens syriens l'aient presque tous soutenu. Sans l'intervention &#233;trang&#232;re la guerre serait finie depuis longtemps, et au profit du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira : les moyens de r&#233;pression utilis&#233;s par ce r&#233;gime &#233;taient et sont f&#233;roces et disproportionn&#233;. C'est sans doute vrai, m&#234;me si l'information que nous recevons est biais&#233;e et unilat&#233;rale, essentiellement aux mains des ennemis de ce r&#233;gime, et s'apparente plut&#244;t &#224; de la propagande. Mais on l'a vu avec la seconde guerre mondiale, la mise en &#339;uvre de moyens condamnables m&#234;me av&#233;r&#233;s ne suffit pas ipso facto &#224; rendre injuste un combat. D'autant que la sup&#233;riorit&#233; morale de ses adversaires reste &#224; prouver sur ce plan &#233;galement. Le d&#233;bat n'est pas aussi facilement tranch&#233; qu'on le pr&#233;tend ; en outre une condamnation ne donne pas en soi de solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant la guerre est lanc&#233;e, et elle a atteint un niveau de complexit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent pour un pays de cette taille, puisqu'on peut compter au minimum 4 camps, en guerre active ou potentielle chacun avec les autres (le r&#233;gime, les Kurdes, Daech, et la r&#233;bellion - qui est pour l'essentiel islamiste et elle-m&#234;me divis&#233;e), ce &#224; quoi s'ajoutent de nombreuses puissances &#233;trang&#232;res parties prenantes tr&#232;s actives. L'issue en est donc impr&#233;visible, m&#234;me si un certain avantage appara&#238;t se d&#233;gager actuellement en faveur du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la paix peut &#234;tre possible ? La paix impos&#233;e de l'&#233;tranger est au fond le but des n&#233;gociations russo-am&#233;ricaines. Ses chances de succ&#232;s ne sont pas nulles mais faibles (en supposant les parties bien intentionn&#233;es) ; et ce serait sans doute une partition. Cela supposerait en outre une pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re durable. La voie est donc tr&#232;s &#233;troite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cela ne marche pas, il ne reste que la solution militaire. A nouveau cela ne justifie pas n'importe quels moyens. Mais on comprend qu'elle se r&#233;active d&#232;s que la voie des n&#233;gociations s'enlise, ou que le terrain s'embrase pour une raison ou une autre. Actuellement c'est le r&#233;gime qui est reparti &#224; l'assaut &#224; Alep ; et les m&#233;dias occidentaux de s'indigner. Mais si c'&#233;tait les rebelles qui avaient lanc&#233; l'assaut sur Alep on aurait &#233;t&#233; beaucoup moins regardant. Il est normal de s'indigner car ces populations souffrent ; et cela peut aider &#224; limiter la casse en mod&#233;rant les agressions. Mais il faut &#234;tre lucide sur ce qui se passe : quand on n'arrive pas &#224; construire une paix tol&#233;rable, la guerre poursuit sa logique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le tourisme strat&#233;gique des Occidentaux au Moyen-Orient</title>
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		<dc:date>2013-08-30T16:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre Syrie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'explosion du d&#233;bat sur la Syrie apr&#232;s l'attaque chimique de Damas confirme l'impression consternante que donne le monde occidental depuis le d&#233;but du Printemps arabe : des apprentis sorciers, ignorants de la logique et des r&#232;gles du jeu local, improvisent des prises de positions et des interventions arm&#233;es par projection de leurs fantasmes et st&#233;r&#233;otypes occidentaux, sans comprendre l'extraordinaire complexit&#233; et illisibilit&#233; d'une zone o&#249; depuis 4000 ans tout le monde peut &#234;tre tour &#224; tour alli&#233; et ennemi de tout le monde, o&#249; tout le monde ment, parce que tout le monde m&#232;ne un jeu de pouvoir pr&#233;caire et sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des amateurs dans un th&#233;&#226;tre d'ombre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'explosion du d&#233;bat sur la Syrie apr&#232;s l'attaque chimique de Damas confirme l'impression consternante que donne le monde occidental depuis le d&#233;but du Printemps arabe : des apprentis sorciers, ignorants de la logique et des r&#232;gles du jeu local, improvisent des prises de positions et des interventions arm&#233;es par projection de leurs fantasmes et st&#233;r&#233;otypes occidentaux, sans comprendre l'extraordinaire complexit&#233; et illisibilit&#233; d'une zone o&#249; depuis 4000 ans tout le monde peut &#234;tre tour &#224; tour alli&#233; et ennemi de tout le monde, o&#249; tout le monde ment, parce que tout le monde m&#232;ne un jeu de pouvoir pr&#233;caire et sans merci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons clair : tout ce qui peut faire &#233;voluer cette zone &#224; la vie politique si heurt&#233;e et ingrate dans un sens plus civilis&#233; est bien &#233;videmment bon. Le probl&#232;me est que la bont&#233; d'une action n'a rien &#224; voir avec les intentions qu'on affiche, et surtout pas si on agit du dehors, sans savoir, en fonction des effets m&#233;diatiques qu'on en attend &#224; domicile, et avec la ferme intention de s'engager le moins possible sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a en effet trois r&#232;gles minimales &#224; respecter pour qu'une intervention ext&#233;rieure soit fructueuse : qu'elle soit r&#233;fl&#233;chie et tienne soigneusement compte de la situation locale r&#233;elle et donc de ce qui est r&#233;ellement possible (et en aucune mani&#232;re de ce qu'il serait politiquement correct de viser) ; qu'on agisse sur la longue dur&#233;e en &#233;tant constamment pr&#233;sent au mois diplomatiquement ; et qu'on n'intervienne sur place, notamment par des moyens militaires, que lorsqu'il est tout &#224; fait clair qu'on obtiendra une am&#233;lioration nettement sup&#233;rieure aux effets secondaires in&#233;vitables. En un sens on retrouve les crit&#232;res classiques (notamment catholiques) de la guerre juste &#8211; &#233;tant entendu que l'exigence de prudence est ici encore plus forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a par exemple pas de sens de s'engager contre une dictature que s'il est clair que ce qui suivra non seulement ne sera pas une autre dictature, mais assurera au pays concern&#233; une paix civile de qualit&#233; sup&#233;rieure &#224; ce qu'assurait la dictature, et que le co&#251;t du passage de l'un &#224; l'autre n'est pas ravageur. Il va de soi qu'&#224; cette aune l'intervention en Iraq de 2003 &#233;tait une &#233;norme erreur : tout le monde en convient maintenant. Ce qui a &#233;t&#233; fait en Lybie n'est pas mieux : le pays n'a m&#234;me plus d'unit&#233;. Croit-on on qu'on r&#233;ussira dans cette Syrie, n&#339;ud gordien de la r&#233;gion, o&#249; le jeu est mille fois plus complexe ? Alors que le risque d'une r&#233;publique islamique au c&#339;ur du Proche orient, &#233;crasant sauvagement ses minorit&#233;s (voire sa majorit&#233;), et les chr&#233;tiens en priorit&#233;, est l'issue la plus probable de la victoire du clan qu'on encourage ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Particuli&#232;rement d&#233;sastreuse est ici cette maladie cong&#233;nitale, notamment fran&#231;aise, mais aussi quelque peu am&#233;ricaine, qui donne a priori un pr&#233;jug&#233; favorable &#224; tout ce qui s'appelle r&#233;volution. Une r&#233;volution est un effort violent pour renverser un r&#233;gime politique. Etant violent il est par nature g&#233;n&#233;rateur de guerre civile ; par soi-m&#234;me il ne conduit donc pas &#224; la construction d'une situation politique civilis&#233;e et respectueuse : le contraire est vrai et l'histoire le confirme. De plus il d&#233;truit une forme de cohabitation civile &#233;ventuellement mauvaise mais au moins relative, sans proposer &#224; sa place une structure paisible puisqu'il est lui-m&#234;me violence. Enfin il mange ses propres enfants ce qui rend impossible de pr&#233;voir l'issue du processus. Certes ce peut parfois &#234;tre in&#233;vitable. Mais c'est au mieux de la roulette russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'on ne dise pas qu'une r&#233;volution paisible, par manifestations, ne pr&#233;sente pas cet inconv&#233;nient. Cela n'est vrai que si le probl&#232;me est tr&#232;s simple et en un sens r&#233;solu &#224; l'avance : un r&#233;gime faible, pr&#234;t &#224; ne pas se d&#233;fendre, qui ne perd pas trop &#224; abandonner le pouvoir, face &#224; une population m&#251;re, homog&#232;ne dans son mod&#232;le politique, o&#249; personne ne se sent menac&#233;. En dehors de ce cas r&#234;v&#233; (dont il n'est m&#234;me pas s&#251;r &#224; terme qu'il se v&#233;rifie en Tunisie), les manifestations sont des demandes de prise de pouvoir par des moyens non pr&#233;vus l&#233;galement. Donc au moins du point de vue du r&#233;gime, de ses d&#233;fenseurs, et des tiers, une d&#233;monstration de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons du recul. M&#234;me la si pacifique Manif pour tous, dans nos bons pays occidentaux, s'est vu rappeler sans m&#233;nagement (en fait avec une certaine violence, disproportionn&#233;e en tout cas) par le r&#233;gime les limites de l'exercice. Une manifestation doit &#234;tre rituelle et inoffensive, sinon c'est une agression ill&#233;gale contre l'ordre r&#233;publicain, qui saura alors se d&#233;fendre. Point &#224; la ligne. Imaginons alors ce que cela peut &#234;tre avec une dictature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on s'escrime &#224; aggraver la question avec cette manie puritaine de passer en jugement tous les dictateurs ou jug&#233;s tels. Bien s&#251;r ils m&#233;ritent la sentence ! Mais un dictateur ainsi menac&#233; est accul&#233; et n'a plus rien &#224; perdre. Donc il va jusqu'au bout. Ainsi en Syrie : pour Assad et son clan, soit le gros de l'arm&#233;e et de la population alaouite plus pas mal d'autres. Pour eux il n'y a plus aucune porte de sortie. Le message de l'Occident c'est : nous voulons votre peau, sans n&#233;gociation possible. Accul&#233;e une b&#234;te devient f&#233;roce. Mais en l'esp&#232;ce ce n'est pas un homme ou un clan, c'est une partie notable de la population syrienne qui est ainsi accul&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'un moyen de faire la paix dans un pays d&#233;chir&#233;, c'est que les principales parties repr&#233;sentatives acceptent une solution. Et quand ces parties sont en &#233;tat de se battre cela suppose une n&#233;gociation sans condition. Y compris donc avec Assad. Et pas pour faire des &#233;lections, ou plut&#244;t ce n'est pas un but en soi mais un moyen. Le but c'est que tout le monde s'y retrouve et qu'on d&#233;pose les armes. A la libanaise si on ne peut pas faire mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes &#226;mes brandissent alors l'horreur de l'attaque chimique. L'horreur que cela suscite est justifi&#233;e. Ceci ci dit l'effet destructeur des armes chimiques n'est pas sup&#233;rieur &#224; celui des armes classiques. Un &#234;tre humain d&#233;chiquet&#233; par un obus a-t-il moins souffert ? Bien s&#251;r avec le chimique on vise d'abord les civils (les militaires ont des masques) ; mais c'est notre triste r&#233;alit&#233; en g&#233;n&#233;ral : les guerres modernes sont de plus en plus des guerres contre civils (c'est sans doute une des grandes cons&#233;quences malheureuses de la d&#233;mocratie). A nouveau cela n'excuse pas la barbarie de cette attaque, ce qu'elle r&#233;v&#232;le d'abjection de la part de ceux qui y recourent. Mais politiquement il est faux de pr&#233;tendre que cela instaure un seuil o&#249; tout devient intol&#233;rable. Pas apr&#232;s 100 000 morts. Pas pour autoriser de frapper au hasard sans avoir la m&#234;me id&#233;e non seulement de ce qui suivra mais m&#234;me de ce que l'on veut. Et pas apr&#232;s avoir assum&#233; tranquillement de notre c&#244;t&#233; Dresde ou Hiroshima (pour ne citer que ceux-l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, de l'esp&#232;ce strat&#232;ge, d&#233;noncent l'horrible axe du mal chiite, du Hezbollah &#224; T&#233;h&#233;ran en passant par Assad. Que ces gens-l&#224; soient dangereux et hostiles, c'est l&#224; encore certain. Mais soyons lucides : l'essentiel du terrorisme islamique n'est pas chiite mais sunnite, et derri&#232;re on trouve presque toujours la trace au moins indirecte de l'Arabie saoudite, son argent ou celui de ses satellites, dont l'alliance &#224; la vie &#224; la mort avec les Etats-Unis est le principal facteur de d&#233;rapage du Moyen-Orient - et du monde musulman en g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De deux choses l'une donc : o&#249; nous nous sentons la capacit&#233; intellectuelle, diplomatique et militaire de jouer le jeu complexe du Moyen-Orient comme autrefois les Britanniques. Malgr&#233; nos arm&#233;es que nous liquidons sans honte chaque fois plus comme une peau de chagrin de moins en moins d&#233;cente ; malgr&#233; notre syst&#232;me de d&#233;bat m&#233;diatique grotesquement inad&#233;quat pour comprendre ce qui se passe l&#224;-bas. Jouons alors ce jeu intelligent et subtil sur la dur&#233;e, sans surtout s'engager durablement avec une des innombrables factions. Ou nous pensons ne pas pouvoir jouer ce jeu : ne faisons pas semblant alors, et ne cassons pas la porcelaine en passant, avec nos m&#339;urs de touristes incultes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Avenir de la d&#233;mocratie et r&#233;voltes arabes </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Avenir-de-la-democratie-et-revoltes-arabes.html</link>
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		<dc:date>2011-03-04T18:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Printemps arabes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous venons de publier ce livre sur l'Avenir de la d&#233;mocratie. Or voici qu'une partie appr&#233;ciable du monde arabe s'insurge et para&#238;t se r&#233;clamer largement de la d&#233;mocratie. Ces r&#233;voltes arabes sont intervenues apr&#232;s la r&#233;daction du livre, qui ne traitait pas principalement de leur cas. Mais la comparaison entre le th&#232;me du livre et la situation en cours d'&#233;volution est &#233;clairante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons les grandes id&#233;es de L'Avenir de la D&#233;mocratie. D'abord, la relative fragilit&#233; des d&#233;mocraties : ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous venons de publier ce livre sur l'Avenir de la d&#233;mocratie. Or voici qu'une partie appr&#233;ciable du monde arabe s'insurge et para&#238;t se r&#233;clamer largement de la d&#233;mocratie. Ces r&#233;voltes arabes sont intervenues apr&#232;s la r&#233;daction du livre, qui ne traitait pas principalement de leur cas. Mais la comparaison entre le th&#232;me du livre et la situation en cours d'&#233;volution est &#233;clairante.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons les grandes id&#233;es de &lt;i&gt;L'Avenir de la D&#233;mocratie&lt;/i&gt;. D'abord, la relative fragilit&#233; des d&#233;mocraties : ce sont des r&#233;gimes bien particuliers et historiquement r&#233;cents, mais ils ont institutionnellement une force, qui est d'&#234;tre les seuls r&#233;gimes politiques l&#233;gitimes aujourd'hui. Ensuite l'ambig&#252;it&#233; de leur r&#233;f&#233;rence id&#233;ologique : elle comporte un progr&#232;s r&#233;el sur des points comme les droits de l'homme s'ils sont bien compris, mais elle est g&#226;ch&#233;e par ce que nous appelons le paradigme d&#233;mocratique et sa d&#233;rive relativiste, dangereux pour la d&#233;mocratie elle-m&#234;me. Enfin l'importance essentielle pour le succ&#232;s du r&#233;gime de sa base nationale, et de sa base &#233;conomique (un capitalisme efficace).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas des pays arabes en r&#233;volution est bien sp&#233;cifique. Notons d'abord qu'au moins &#224; ce stade il touche essentiellement des pays &#8216;r&#233;volutionnaires', c'est-&#224;-dire des pays dont le r&#233;gime &#233;tait issu de ce qui s'appelait r&#233;volution et utilisait une phras&#233;ologie r&#233;volutionnaire et d&#233;mocratique. Bien s&#251;r la r&#233;alit&#233; &#233;tait diff&#233;rente. Mais ce n'est pas minorer l'importance et la nouveaut&#233; de ces r&#233;voltes que relever qu'elles ne marquent pas un changement dans le registre de r&#233;f&#233;rence. La l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique de principe &#233;tait en th&#233;orie pr&#233;sente ; mais &#233;videmment pas la pratique parlementaire et &#233;lectorale. Ces r&#233;gimes &#233;taient donc b&#226;tis sur des porte-&#224;-faux. Qu'ils aient saut&#233; lorsqu'une partie suffisante de la population ne pouvait plus supporter leur d&#233;fauts est moins surprenant qu'on ne le dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'avenir, la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique est sans doute pr&#233;sente mais s&#251;rement pas la pratique institutionnelle. Elle peut peut-&#234;tre s'instaurer. Mais cela d&#233;pend notamment des autres composantes de la vie commune. Id&#233;ologiquement le paradigme d&#233;mocratique n'y est pas dominant comme en Occident, ce qui serait plut&#244;t bon ; mais la culture collective est impr&#233;gn&#233;e d'Islam, une religion tr&#232;s pr&#233;gnante en droit et politique et peu propice &#224; leur autonomie. Par ailleurs si le sentiment national est fort et a &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans la crise, la base &#233;conomique est elle tr&#232;s faible, et bien diff&#233;rente de ce qu'a connu l'Occident lorsque la d&#233;mocratie s'est mise en place ; une large partie de la population reste sur ses marges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut donc inf&#233;rer de l'histoire de nos soci&#233;t&#233;s &#224; celles-l&#224;., ni dans un sens ni dans un autre. Une d&#233;mocratie &#224; l'occidentale adapt&#233;e au contexte local (qu'on peut situer par exemple entre la Turquie et l'Inde) est concevable, m&#234;me si l'histoire ne l'a pas pr&#233;par&#233;e. Mais ce n'est pas l'issue la plus probable : outre une rechute autoritaire, ou une d&#233;rive islamiste, on peut imaginer un syst&#232;me &#224; pouvoir dominant, jouant sur le sentiment spontan&#233; de communaut&#233; de la population et le ciment religieux. M&#234;me la Turquie peut y venir : a fortiori le monde arabe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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