<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_rubrique=26&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine : il est temps de conclure</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Ukraine-il-est-temps-de-conclure.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Ukraine-il-est-temps-de-conclure.html</guid>
		<dc:date>2025-03-03T17:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste au d&#233;part, la guerre d&#233;fensive men&#233;e par les Ukrainiens ne peut &#234;tre gagn&#233;e, et la prolonger n'aboutit qu'&#224; la destruction de ce pays courageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que Trump le dit que c'est automatiquement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, est choquant, erron&#233; et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous qu'il incombe d'&#234;tre capable de nous d&#233;fendre. Avec des alli&#233;s, mais d'abord soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/winter-7045730_1920.jpg?1787417306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une guerre juste, jusqu'&#224; quand ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'&#233;crivais d&#232;s mars 2022 dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-guerre-en-Ukraine-et-la-notion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre en Ukraine et la notion de guerre juste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;). Apr&#232;s avoir montr&#233; que, selon cette notion, la guerre men&#233;e alors par les Russes ne pouvait &#234;tre qualifi&#233;e de juste - m&#234;me si les torts sont bien plus partag&#233;s qu'on le dit -, car ils ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment agress&#233; l'Ukraine sans besoin d&#233;montrable. Mais celle des Ukrainiens &#233;tait juste au d&#233;part. Je concluais toutefois : &#171; le crit&#232;re tr&#232;s pragmatique de la guerre juste ne s'applique pas une fois pour toutes au d&#233;but de la guerre. On peut donc &#234;tre conduit &#224; changer son appr&#233;ciation en fonction du d&#233;roul&#233; des &#233;v&#233;nements : r&#233;sultats militaires sur le terrain, degr&#233; de mont&#233;e aux extr&#234;mes de la guerre, ou encore position de n&#233;gociation de l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est tr&#232;s improbable que la guerre c&#244;t&#233; russe trouve une justification &#224; l'avenir. Mais la remarque vaut c&#244;t&#233; ukrainien... Supposons d'abord, &#224; un bout, que les Russes s'enlisent, mais sans interrompre leur effort de guerre et leurs bombardements, et qu'ils limitent leurs pr&#233;tentions &#224; la non-entr&#233;e dans l'Otan et &#224; l'ind&#233;pendance du Donbass : on peut concevoir qu'une paix sur cette base apparaisse pr&#233;f&#233;rable aux Ukrainiens &#224; la destruction continue du pays... Supposons maintenant inversement que les Russes basculent dans une guerre totale, y compris nucl&#233;aire : dans ce cas l'Ukraine pourrait avoir &#224; envisager de cesser le combat, qui resterait l&#233;gitime dans son principe mais qu'elle pourrait estimer trop co&#251;teux humainement pour que l'obstination se justifie. Supposons enfin que la Russie n'arrive pas &#224; achever sa conqu&#234;te, et qu'il paraisse envisageable qu'elle finisse par l&#226;cher prise : alors la poursuite du combat se justifierait pleinement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant la r&#233;ponse &#224; ces questions. L'Ukraine a essay&#233; de l'emporter, comptant notamment sur la faiblesse &#233;tonnante qu'a montr&#233;e au d&#233;part l'arm&#233;e russe, sur des sanctions occidentales exceptionnelles, sur le courage de ses soldats et l'aide re&#231;ue. C'&#233;tait peut-&#234;tre jouable. Mais au plus tard &#224; l'&#233;t&#233; 2023 cela s'est av&#233;r&#233; hors de port&#233;e. Pendant ce temps le pays &#233;tait ravag&#233;, sa jeunesse d&#233;cim&#233;e, ou en exil. Il n'est d&#232;s lors plus justifi&#233; de continuer ind&#233;finiment. Et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; aujourd'hui, en mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela soit d&#233;fendu par Donald Trump, aux m&#233;thodes brutales et volontiers cyniques, n'enl&#232;ve rien &#224; ces constatations. Que Trump admette que les torts sont plus partag&#233;s qu'on le dit et qu'il faut accepter ce sans quoi il ne peut y avoir de paix (perte de territoires par l'Ukraine, et non-entr&#233;e dans l'Otan), n'en fait pas &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; un agent de Poutine : il ne fait que d&#233;crire la r&#233;alit&#233;. M&#234;me si, bien s&#251;r, il pourrait s'y prendre autrement et montrer plus de sensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'un peuple ukrainien martyre. M&#234;me si, aussi, on peut se demander si son mode de n&#233;gociation conduira au meilleur r&#233;sultat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;sormais la trajectoire finale est claire. Dans l'int&#233;r&#234;t m&#234;me de la survie de l'Ukraine, il faut arr&#234;ter les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, c'est choquant, erron&#233; et dangereux. Choquant de demander aux Ukrainiens de se suicider pour nous pr&#233;server. Erron&#233; parce que cette guerre a d&#233;montr&#233; les limites de l'arm&#233;e russe, en supposant m&#234;me qu'elle ait des vell&#233;it&#233;s d'aller plus loin. Dangereux parce que si cela d&#233;bouche sur l'effondrement de l'arm&#233;e ukrainienne, on aura fait un beau cadeau &#224; Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, une conclusion s'impose, qui est, elle, indiscutable : pour exister dans le monde r&#233;el, il faut &#234;tre capable de se d&#233;fendre. Et ne compter ni sur un grand fr&#232;re (am&#233;ricain), ni sur la mort de ses amis. Il faut des alli&#233;s, mais toute d&#233;fense est d'abord nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi mon livre tout r&#233;cent : &lt;i&gt;La guerre juste, apr&#232;s l'Ukraine et Gaza&lt;/i&gt; (chez Boleine) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-gu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine et Russie : naissance de nations</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Ukraine-et-Russie-naissance-de-nations.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Ukraine-et-Russie-naissance-de-nations.html</guid>
		<dc:date>2023-06-07T15:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Ukraine mettent en &#233;vidence une fois de plus une cons&#233;quence inattendue ou peu soulign&#233;e des conflits majeurs &#224; l'&#233;poque moderne : la red&#233;finition ou m&#234;me la d&#233;finition d'un fait national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'esp&#232;ce, un fait national ukrainien nouveau, sortant de l'ambig&#252;it&#233;, largement d&#233;russifi&#233; ; et peut &#234;tre &#224; terme une Russie toujours puissance mais post-imp&#233;riale, et donc plus nationale russe qu'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Russie-+.html" rel="tag"&gt;Russie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Ukraine mettent en &#233;vidence une fois de plus une cons&#233;quence inattendue ou peu soulign&#233;e des conflits majeurs &#224; l'&#233;poque moderne : la red&#233;finition ou m&#234;me la d&#233;finition d'un fait national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les syst&#232;mes politiques traditionnels ou dans les empires, le fait national n'est pas vital pour la d&#233;finition du r&#233;gime politique, m&#234;me s'il y est plus ou moins latent. En revanche, lorsque ces syst&#232;mes &#233;voluent dans un sens plus &#8216;d&#233;mocratique' il devient un enjeu important. On en a eu un exemple spectaculaire en Yougoslavie, o&#249; le syst&#232;me titiste, qui restait une autocratie communiste, reconnaissait certes la diversit&#233; des peuples composant le pays, mais ce n'&#233;tait pas ce qui formait la base du r&#233;gime. Quand il a &#233;clat&#233;, non seulement les diff&#233;rentes composantes ont pris leur ind&#233;pendance, mais le r&#244;le d&#233;sormais strat&#233;gique du facteur national a conduit &#224; des op&#233;rations souvent cruelles de s&#233;paration, les minorit&#233;s ethniques qui cohabitaient auparavant avec la majorit&#233; locale &#233;tant somm&#233;es de partir ou de se soumettre : c'est ce qu'on a appel&#233; non sans un certain cynisme le nettoyage ethnique. Il s'est d'ailleurs fait surtout au d&#233;triment des Serbes - dont les propres essais de &#171; nettoyage &#187; en Bosnie ont scandalis&#233; &#224; juste titre, mais plus que les mouvements en sens inverse, pourtant tout aussi r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres cas, la situation &#233;tait beaucoup plus floue et ind&#233;termin&#233;e. Les modalit&#233;s de dissolution de l'ex-URSS ont &#233;t&#233; dans un premier temps non-violentes. Mais ce qui para&#238;t sous cet angle a priori pr&#233;f&#233;rable a aussi pour cons&#233;quence de laisser l'ind&#233;termination durer plus longtemps. D'un c&#244;t&#233;, la Russie restait dans une position floue entre l'h&#233;ritage de l'empire, sovi&#233;tique et auparavant tsariste, et un avenir possible de nation comme les autres, &#224; base ethnoculturelle sinon homog&#232;ne, du moins &#224; identit&#233; dominante claire. D'un autre c&#244;t&#233;, l'Ukraine restait dans un entre-deux, s'&#233;talant d'un Ouest de tradition occidentale mais minoritaire et partisan d'une nationalisme purement ukrainien, &#224; un Est s'identifiant comme ethniquement russe, et avec un grand centre entre les deux, plut&#244;t ukrainien dans sa perception de soi, mais dont la culture &#233;tait largement russe et qui utilisait plus le russe que l'ukrainien dans la plupart de ses manifestations publiques : c'&#233;tait d'ailleurs le cas du Pdt Zelenski, russophone pour l'essentiel avant les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, notamment dans sa carri&#232;re &#8216;artistique'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on avait eu auparavant des signes r&#233;guliers dans l'histoire de la pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments nationaux ukrainiens : la langue, la sp&#233;cificit&#233; culturelle et sociologique, des r&#233;voltes, la r&#233;action &#224; des pers&#233;cutions russes comme sous Staline, ou les &#233;v&#233;nements ambigus de la seconde guerre mondiale. Mais d'une part, pendant le gros de l'histoire (hors extr&#234;me Ouest), le pays &#233;tait inclus dans l'empire russe ou l'URSS ; et d'autre part la culture &#233;tait tr&#232;s largement impr&#233;gn&#233;e de Russie. La litt&#233;rature &#233;tait bien plus russe qu'ukrainienne. De nombreux Ukrainiens ont fait tranquillement carri&#232;re dans l'empire, tsariste ou sovi&#233;tique ; et nombreux sont les gens qui en Russie ont une ascendance ou une famille ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas &#233;voquer ici les causes et modalit&#233;s du conflit en cours : mais souligner sa cons&#233;quence la plus directe : le pr&#233;cipit&#233; national en Ukraine, au sens chimique du terme. Quelle que soit l'issue militaire du conflit, du moins parmi les hypoth&#232;ses plausibles, on aura au bout du compte l'&#233;quivalent du &#8216;nettoyage ethnique' &#224; la yougoslave : une partie restera &#224; la Russie et sera russe ; et une autre partie, majoritaire, sera ukrainienne et seulement cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; ce paradoxe apparent : l'action de V. Poutine aura &#233;t&#233;, tr&#232;s involontairement, une contribution majeure &#224; la constitution d'une nation ukrainienne &#224; identit&#233; tranch&#233;e, largement &#233;pur&#233;e de toute influence russe. Il est en effet d'ores et d&#233;j&#224; pratiquement acquis que, quelles que soit les p&#233;rip&#233;ties, on aura une nation ukrainienne qui non seulement ne parlera qu'ukrainien et ne se sentira que telle, percevant probablement sa personnalit&#233; comme occidentale, mais aura &#233;radiqu&#233; autant que possible de sa m&#233;moire les &#233;l&#233;ments russes. Concr&#232;tement, on n'&#233;tudiera plus le russe dans les &#233;coles que comme langue &#233;trang&#232;re et si on lit de la litt&#233;rature, ce sera en ukrainien ou par des traductions d'&#339;uvres occidentales. Un bouleversement profond, qui &#233;voque par certains c&#244;t&#233;s la rupture organis&#233;e par Atat&#252;rk par rapport &#224; la culture ottomane, dans la m&#234;me volont&#233; d'affirmation d'un nationalisme nouveau. Et donc ce qui se passe sous nos yeux est en un sens le processus d'&#233;mergence d'une nation en train de se constituer comme telle, du moins dans la pr&#233;sentation consciente qu'elle aura d'elle-m&#234;me, y compris ce qu'on appelle par ailleurs son &#171; roman national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, dans un autre contexte, le geste d'Hitler annexant une Autriche dont l'identit&#233; nationale &#233;tait rien moins qu'assur&#233;e, a abouti lui aussi en derni&#232;re analyse &#224; cristalliser une identit&#233; nationale autrichienne distincte de l'allemande, qui n'&#233;tait nullement &#233;vidente avant 1918. Seule diff&#233;rence, importante : l'Autriche reste germanophone et sa culture reste largement commune avec l'allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce r&#233;sultat ne sera pas uniquement le fait des d&#233;cisions de V. Poutine, tant s'en faut : le r&#244;le du c&#244;t&#233; ukrainien aura &#233;videmment &#233;t&#233; d&#233;cisif aussi, notamment avec Maidan et depuis. Mais sans les gestes radicaux du dirigeant russe, le pr&#233;cipit&#233; national ukrainien serait sans doute rest&#233; plus limit&#233; et plus ambigu. Si donc la Russie pourra peut-&#234;tre r&#233;cup&#233;rer des tranches appr&#233;ciables de territoires sur la base de ceux actuellement occup&#233;s et les assimiler, d'une part cela restera quelque peu en de&#231;&#224; de la zone ant&#233;rieurement plut&#244;t russophone (Odessa en est un bon exemple), et d'autre part elle perdra ce faisant l'&#226;me de tout le reste, qui lui sera devenu &#233;tranger et orient&#233; vers l'Ouest. Ind&#233;pendamment donc de toute consid&#233;ration morale ou normative ainsi que de la dimension internationale, on peut donc s'interroger sur le r&#233;sultat local du point de vue russe : il n'est pas &#233;vident qu'au final tout cela ait &#233;t&#233; une tr&#232;s bonne op&#233;ration pour la Russie, dans la perspective qui &#233;tait la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, du point de vue du fait national, on peut prendre une autre approche : contrairement &#224; ce que pensent une majorit&#233; d'observateurs, non seulement ce sera &#224; terme une &#233;tape dans l'&#233;mergence d'une nation ukrainienne aux contours tranch&#233;s, mais cela peut &#233;ventuellement conduire &#224; un fait analogue pour la Russie elle-m&#234;me, devenant plus nettement nationale russe, et moins imp&#233;riale au sens propre du terme. D'autant plus que l'empire d&#233;passe manifestement ses moyens. Ce qui ne veut pas dire un pays sans ambition de puissance, ou devenant secondaire sur la sc&#232;ne internationale ; mais ce sera alors d'une fa&#231;on diff&#233;rente du pass&#233;. Am&#233;ricains et Chinois par exemple ont sous diff&#233;rentes formes une volont&#233; de puissance claire, mais les deux pays sont fond&#233;s sur une nation relativement homog&#232;ne, du moins dans sa grande majorit&#233;, et ne visent pas la construction d'un v&#233;ritable empire pluriethnique au-del&#224; de leurs fronti&#232;res. L'empire russe puis l'URSS &#233;taient eux clairement et massivement pluriethniques et assum&#233;s comme tels, m&#234;me s'ils &#233;tait construits autour du peuple russe. On peut imaginer qu'une fois int&#233;gr&#233;e la d&#233;chirure en cours, ce sera beaucoup moins le cas &#224; l'avenir de la Russie, quel que soit son r&#233;gime.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/ukraine-et-russie-naissance-de-nations/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/ukraine-et-rus...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html</guid>
		<dc:date>2022-06-25T16:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche de la paix</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La prolongation de la guerre en Ukraine, avec ses horreurs, ses destructions, ses contrecoups &#233;conomiques ou autres, est en soi consternante pour tout esprit de bonne volont&#233;. Pourtant la guerre a sa logique propre, et l'ignorer conduit soit &#224; des d&#233;cisions malencontreuses, soit &#224; se lamenter dans le vide. Voyons comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La prolongation de la guerre en Ukraine, avec ses horreurs, ses destructions, ses contrecoups &#233;conomiques ou autres, est en soi consternante pour tout esprit de bonne volont&#233;. Pourtant la guerre a sa logique propre, et l'ignorer conduit soit &#224; des d&#233;cisions malencontreuses, soit &#224; se lamenter dans le vide. Voyons comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La logique de la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans tous les cas, tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue, car les motifs qui y ont conduit restent, et le sort des armes auxquels les deux parties ont eu recours n'a pas donn&#233; sa r&#233;ponse. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas russo-ukrainien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre en cours entre la Russie ou l'Ukraine en fournit une bonne illustration. Quelle que soit l'analyse de ses causes, le fait est qu'en f&#233;vrier l'arm&#233;e russe est entr&#233;e en Ukraine et qu'on se trouve depuis devant une situation de guerre classique et frontale entre les deux pays. Au stade actuel, la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien. Nous ne savons pas quel sera le sort des armes. Mais &#224; ce jour l'examen des diff&#233;rentes hypoth&#232;ses explique parfaitement pourquoi la guerre continue. La Russie vise manifestement au minimum le Donbass, peut-&#234;tre plus ; elle a une relative sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle ; elle n'a donc aucune raison de s'arr&#234;ter. L'Ukraine vise &#233;videmment de r&#233;cup&#233;rer son territoire ant&#233;rieur ; elle a bien mieux r&#233;sist&#233; que ce que les experts pensaient, et re&#231;oit une aide cons&#233;quente des Occidentaux, qu'elle esp&#232;re encore faire augmenter significativement. Elle continue donc la lutte. Tant que ces facteurs seront &#224; l'&#339;uvre, la guerre continuera. Mais comme on l'a not&#233; ci-dessus, cela ne durera pas ind&#233;finiment. Sans faire de pronostic militaire, on peut &#233;voquer plusieurs hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re, la Russie parvient &#224; des r&#233;sultats qu'elle pourra pr&#233;senter comme une victoire, et elle arr&#234;te toute action offensive ; cela ne peut satisfaire l'Ukraine, mais apr&#232;s un &#233;ventuel statu quo elle doit s'en accommoder. Au vu de la situation actuelle, cette hypoth&#232;se est tout &#224; fait plausible. Ce ne serait pas n&#233;cessairement une vraie paix. Dans un tel cas, la suite d&#233;pendra essentiellement certes des Ukrainiens, mais dans une large mesure des Occidentaux (en fait des Am&#233;ricains). Soit ils se r&#233;signent &#224; la situation, et la guerre sera termin&#233;e. Soit (cas 1 bis), ils continuent pendant plusieurs ann&#233;es &#224; armer et entra&#238;ner l'Ukraine, en vue d'une reprise des op&#233;rations, rendant celle-ci possible. Mais naturellement dans ce cas la Russie ne restera pas inerte et le rapport de force risque de rester d&#233;favorable pour l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une deuxi&#232;me hypoth&#232;se, la Russie est si nettement victorieuse qu'elle peut envisager de poursuivre son avantage en envahissant le reste de l'Ukraine, ou en tentant de dicter une paix tout &#224; fait humiliante pour celle-ci. Cette hypoth&#232;se est faible au vu de ce qu'on observe. Et elle aboutirait sans doute &#224; une acc&#233;l&#233;ration de l'effort d'aide am&#233;ricain, ce qui ram&#232;nerait &#224; une des autres hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me hypoth&#232;se, aucune des parties ne parvient &#224; faire &#233;voluer une ligne de front, qui se stabiliserait sans doute sur une base proche de l'actuelle. Mais compte tenu des acquis russes &#224; ce jour, qui sont d&#233;j&#224; appr&#233;ciables, cette hypoth&#232;se ressemble &#224; la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une quatri&#232;me hypoth&#232;se, &#224; l'inverse, la Russie subit de s&#233;rieux revers, que ce soit par l'abondance des mat&#233;riels occidentaux joints &#224; la pugnacit&#233; ukrainienne, ou par le jeu de ses faiblesses propres, d&#233;j&#224; observ&#233;es autour de Kiev. S&#233;rieux revers veut dire que les Ukrainiens regagneraient tout ou partie du terrain perdu. Notons d'embl&#233;e que c'est une hypoth&#232;se &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; faible. Mais si elle devait se r&#233;aliser, cela poserait un probl&#232;me majeur aux dirigeants russes (et m&#234;me &#224; leurs amis chinois, bien que ces derniers n'aiment pas cette guerre). Certains imaginent alors le renversement de V. Poutine ; mais naturellement cela ne changerait les choses que s'il &#233;tait remplac&#233; par des mod&#233;r&#233;s pr&#234;ts &#224; accepter ce qui serait ind&#233;niablement une d&#233;faite de la Russie. Dans le contexte russe, cela para&#238;t tout &#224; fait improbable. Plus exactement, il y a un risque majeur que si elle voyait cette situation se profiler, la Russie recoure &#224; une forme d'escalade, par exemple par utilisation du nucl&#233;aire tactique. Ce qui sans doute au minimum figerait la situation, et ram&#232;nerait &#224; une des autres hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; des hypoth&#232;ses ; mais leur examen renforce encore la conclusion pr&#233;c&#233;dente sur la poursuite probable de la guerre &#224; horizon visible. Que vont faire alors les acteurs ext&#233;rieurs mais qui se sentent concern&#233;s par ce drame ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que risquent de faire les parties tierces ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que les parties tierces ainsi concern&#233;es se limitent dans la pratique aux Occidentaux. Les autres ont l'air r&#233;solu &#224; laisser les &#233;v&#233;nements militaires se d&#233;rouler, sans s'en m&#234;ler, consid&#233;rant non sans motifs qu'il n'est pas dans leur r&#244;le d'y intervenir directement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;voqu&#233; dans une pr&#233;c&#233;dent article la question des buts de guerre occidentaux (ou de ce qu'ils devraient &#234;tre). Mon propos ici est plut&#244;t d'analyser les comportements probables. Raisonnons d'abord d'un point de vue froid. Les Am&#233;ricains ont &#233;videmment toutes les raisons de ce monde de continuer &#224; aider les Ukrainiens. M&#234;me si la quatri&#232;me hypoth&#232;se (la meilleure pour eux en principe) est peu probable, leur aide permet d'envisager la troisi&#232;me ; et dans le pire des cas, dans la premi&#232;re hypoth&#232;se elle limite la casse et dans la deuxi&#232;me elle contribue &#224; &#233;viter. Surtout, le combat affaiblit la Russie et d&#233;montre les limites de son pouvoir militaire. Et il assure l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine en Europe. Le tout avec un impact &#233;conomique faible pour eux. Compte tenu en outre de leur approche spontan&#233;ment monolithique, leur tendance va donc &#234;tre &#224; continuer &#8211; sauf &#233;mergence de facteurs nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des Europ&#233;ens est diff&#233;rente, car le co&#251;t de la guerre ou plut&#244;t celui des sanctions est d&#233;j&#224; &#233;lev&#233; pour eux et il continuera &#224; cro&#238;tre ; en outre leur capacit&#233; &#224; aider les Ukrainiens est limit&#233;e. Faire entrer l'Ukraine dans l'Union serait en l'&#233;tat &#233;videmment irresponsable. Pourtant, au stade actuel, on les voit mal prendre une autre position que l'appui &#224; l'Ukraine, pris qu'ils sont dans la logique de leur position. Mais la situation peut &#233;voluer assez vite, et elle changera certainement &#224; un moment ou un autre ; dans ce cas il leur faudra viser plus activement une forme de paix. Mais contrairement aux Am&#233;ricains, il serait alors logique qu'ils visent &#224; &#233;viter l'hypoth&#232;se 1 bis, celle dans laquelle on organiserait la revanche : ce serait trop dangereux, pour un r&#233;sultat al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que devraient faire les parties tierces ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci se r&#233;f&#233;rait aux comportements vu sous un angle rationnel, d'int&#233;r&#234;ts purs. Compte tenu de la nature du d&#233;bat, il est important d'examiner les choses du point de vue d'une personne de bonne volont&#233;, attach&#233;e &#224; la paix, mais en m&#234;me temps r&#233;aliste. Beaucoup d&#233;pendra alors de l'approche &#233;thique retenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;thique de conviction (au sens de Weber), on sera tent&#233; de parachuter un jugement moral &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, bas&#233; sur un principe g&#233;n&#233;ral. On brandira cet imp&#233;ratif cat&#233;gorique : une seule priorit&#233;, punir la partie jug&#233;e mauvaise, les Russes, ind&#233;niablement agresseurs, qu'il ne faut pas r&#233;compenser. Les remarques pr&#233;c&#233;dentes laissent entendre qu'on risque alors d'&#234;tre en porte &#224; faux, parce qu'on n'int&#232;grera pas la logique de la guerre (et par l&#224; des bellig&#233;rants). Dans l'imm&#233;diat, on va de fait renforcer la logique de guerre. Par la suite, on risquera d'entraver un arr&#234;t possible des hostilit&#233;s. Pas tr&#232;s convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une &#233;thique de type responsabilit&#233; (toujours au sens de Weber) peut ne pas faire beaucoup mieux. Elle peut tenter d'assurer la paix par tous les moyens, alors que la logique de la guerre serait toujours active. Ce qui a toute chance de ne pas parvenir &#224; grand-chose &#8211; une &#8216;paix' impos&#233;e par les puissances ou par l'ONU &#233;tant par exemple exclue en l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la seule &#233;thique qui tienne vraiment la route, l'&#233;thique aristot&#233;licienne, celle du jugement &#233;clair&#233; par les vertus : on examine la situation pour discerner quelle action de notre part va dans le sens du bien. A court terme, on soutient l'Ukraine, mais sans escalade. En revanche, selon les d&#233;veloppements de la situation militaire, on intervient pour faciliter l'arr&#234;t des hostilit&#233;s en s'effor&#231;ant au moment opportun de favoriser la solution la plus &#233;quitable possible, au vu de cette situation. Quant au long terme, il ne pourra &#234;tre clarifi&#233; qu'une fois la paix &#224; port&#233;e de main. C'est sans doute ce que voulait faire Beno&#238;t XV lorsqu'il a &#339;uvr&#233; pour une paix au c&#339;ur de la guerre de 14-18, constatant la lassitude des combattants, les ravages de la guerre, et les positions des deux parties. Mais il avait lui aussi sous-estim&#233; la rage de combattre, au point o&#249; en &#233;taient les uns et les autres, et donc une certaine logique de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que peut pourtant s'inscrire une action en faveur de la paix. En esp&#233;rant plus de succ&#232;s, mais nous ne sommes heureusement pas en 14-18. Il y aura donc un moment &#224; saisir. Quitte &#224; ce que le r&#233;sultat ne satisfasse pas les id&#233;ologues et les jusqu'auboutistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 215 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la-paix/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aide &#224; l'Ukraine : quels sont nos buts de guerre ?</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Aide-a-l-Ukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Aide-a-l-Ukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre.html</guid>
		<dc:date>2022-05-15T16:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Logique de la guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Recherche de la paix</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faire la guerre, ou &#224; un degr&#233; plus limit&#233;, soutenir l'effort de guerre de quelqu'un, est un acte &#224; la fois co&#251;teux et risqu&#233;. Il n'a de sens que si l'enjeu le justifie. D'o&#249; l'importance centrale des buts de guerre. Ce ne sont pas des objectifs fixes, mais ils d&#233;finissent ce pourquoi on se bat (ou aide d'autres &#224; se battre) ; et donc il permet d'&#233;valuer, &#224; chaque &#233;tape, les moyens qu'on engage et les risques que l'on prend. Or en l'esp&#232;ce, au-del&#224; d'un point de d&#233;part &#233;vident (soutenir une Etat agress&#233; et envahi), l'&#233;volution des buts de guerre occidentaux pose de plus en plus de questions. Notamment l'ivresse de l'id&#233;ologie (la grande croisade des d&#233;mocraties) conduit &#224; nourrir la mont&#233;e aux extr&#234;mes de fa&#231;on dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Logique-de-la-guerre-+.html" rel="tag"&gt;Logique de la guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-But-de-guerre-+.html" rel="tag"&gt;But de guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faire la guerre, ou &#224; un degr&#233; plus limit&#233;, soutenir l'effort de guerre de quelqu'un, est un acte &#224; la fois co&#251;teux et risqu&#233;. Il n'a de sens que si l'enjeu le justifie. C'est le sens bien compris de l'adage de Clausewitz : la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens, car cela implique qu'on fait la guerre, comme la politique, pour rechercher une certain r&#233;sultat. D'o&#249; l'importance centrale des buts de guerre. Ce ne sont pas des objectifs fixes, puisque le d&#233;roulement m&#234;me de la guerre peut conduire &#224; les modifier. Mais ils d&#233;finissent ce pourquoi on se bat (ou aide d'autres &#224; se battre) ; et donc il permet d'&#233;valuer, &#224; chaque &#233;tape, les moyens qu'on engage et les risques que l'on prend. Or en l'esp&#232;ce, au-del&#224; d'un point de d&#233;part &#233;vident (soutenir une Etat agress&#233; et envahi), l'&#233;volution des buts de guerre occidentaux pose de plus en plus de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Typologie des buts de guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#233;videmment un tr&#232;s grand nombre de tels buts de guerre possibles. Mais il me para&#238;t utile pour la r&#233;flexion d'en distinguer trois grands types au moins : id&#233;ologiques, imp&#233;rialistes et patriotiques. Les premiers se fondent sur une analyse de la situation fonction d'un jugement d'ordre id&#233;ologique, visant &#224; promouvoir certaines id&#233;es ou valeurs. Les seconds visent &#224; accro&#238;tre la puissance ou l'influence d'un Etat sur d'autres. Les troisi&#232;mes visent &#224; assurer au mieux l'&#233;panouissement d'une communaut&#233; clairement d&#233;finie, en g&#233;n&#233;ral nationale. Naturellement ils peuvent se combiner entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on admet que la paix est un bien en soi, il est d'embl&#233;e clair que les deux premiers types favorisent les options guerri&#232;res, la premi&#232;re notamment. En effet une id&#233;ologie n'admet pas de compromis et tend &#224; classer le monde entre bons et m&#233;chants. Dans une telle vision des choses, non seulement l'emploi de la force appara&#238;t facilement comme une exigence &#233;thique, mais on tendra &#224; refuser tout compromis. Ce faisant, on favorise l'ascension aux extr&#234;mes que le processus m&#234;me de la guerre tend par ailleurs &#224; produire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type imp&#233;rialiste pousse &#233;videmment aussi &#224; la guerre mais de fa&#231;on normalement plus calcul&#233;e, car si on y juge acceptable l'hypoth&#232;se de la guerre pour accro&#238;tre sa puissance, encore faut-il avoir des chances d'y r&#233;ussir sans risque ou co&#251;t excessifs. Naturellement ce type peut aussi mettre en avant des motifs id&#233;ologiques ou patriotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type patriotique ne fait pas de l'action sur le monde ext&#233;rieur un objectif en lui-m&#234;me. Ne se donnant pas d'objectif id&#233;ologique, ni une emprise sur le monde ext&#233;rieur, il ne pousse en soi pas &#224; la guerre &#8211; hors &#233;videmment une guerre d&#233;fensive. M&#234;me s'il peut &#224; l'occasion s'hybrider et prendre des dimensions imp&#233;rialistes (ce qu'on appelle nationalisme au sens p&#233;joratif du terme), ou id&#233;ologiques (en 14-18 la propagande des deux c&#244;t&#233;s a d&#233;peint l'ennemi comme la barbarie incarn&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, et contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue, c'est le premier type qui est le plus favorable &#224; la guerre et notamment &#224; une guerre radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cisive dans notre monde, la politique am&#233;ricaine oscille en permanence entre ces p&#244;les. Mais la dimension id&#233;ologique y a &#233;t&#233; et reste tr&#232;s souvent consid&#233;rable, en outre fr&#233;quemment combin&#233;e (voire confondue) avec la deuxi&#232;me, l'imp&#233;rialisme. La troisi&#232;me y est plus sporadique, et prend la forme d'un repli relatif (isolationnisme). Quant &#224; l'Union europ&#233;enne (Bruxelles), &#233;tant elle-m&#234;me largement id&#233;ologique, elle tend &#224; prendre la m&#234;me pente, m&#234;me si les Etats membres sont en g&#233;n&#233;ral plus prudents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Application &#224; la guerre d'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'initiative m&#234;me de la guerre, la partie russe met en avant des arguments d'ordre patriotique : la menace de l'Otan, le sort des populations russophones. Ces arguments ne sont pas sans valeur, car il y a eu une r&#233;elle pouss&#233;e de l'Otan en Europe orientale, et le basculement de l'Ukraine dans ce camp pouvait &#234;tre v&#233;cu c&#244;t&#233; russe comme une menace suppl&#233;mentaire (m&#234;me si on peut douter de l'existence d'une menace directe d'attaque sur la Russie, puissance nucl&#233;aire). Mais il ne suffisent pas pour autant &#224; expliquer ou &#224; justifier l'invasion. C'est d'abord du fait de la disproportion des moyens utilis&#233;s, une guerre d'invasion en bonne et due forme, avec les ravages que cela comporte, et la remise en cause radicale des rapports internationaux qu'elle implique. En outre les buts affich&#233;s initialement (d&#233;militarisation, purge politique appel&#233;e d&#233;nazification etc.) comportaient une remise en cause en profondeur de la souverainet&#233; de l'Ukraine, elle aussi non justifiable par ces m&#234;mes motifs. Ajoutons enfin que la dimension imp&#233;rialiste est manifeste tant dans les origines et les r&#233;f&#233;rences de son syst&#232;me politique que dans d'autres interventions russes, allant bien au-del&#224; du patriotisme simple (cas &#233;vident de la Syrie), m&#234;me si elles restent limit&#233;es &#224; une zone de proximit&#233; relative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cela, des arguments relevant eux du patriotisme (ou justifiables dans cette optique) ont conduit au d&#233;part les Occidentaux &#224; sanctionner la Russie dans son acte d'agression d'un pays souverain et &#224; aider ce dernier, mais en &#233;vitant toute entr&#233;e en guerre directe. A fortiori, la r&#233;action ukrainienne va de soi dans une perspective patriotique, m&#234;me si son r&#233;gime politique est loin d'&#234;tre irr&#233;prochable par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la situation a clairement &#233;volu&#233;. Comme toujours, quand une guerre est d&#233;clench&#233;e, elle a sa propre logique. Les Ukrainiens ont montr&#233; une capacit&#233; &#224; se battre nettement sup&#233;rieure &#224; ce qui &#233;tait commun&#233;ment &#233;valu&#233;, et ont re&#231;u une aide croissante. Et l'arm&#233;e russe a &#233;t&#233; nettement en de&#231;&#224; de ce qui &#233;tait g&#233;n&#233;ralement estim&#233;. Les combats continuent donc. Corr&#233;lativement, les buts de guerre au moins implicites ont &#233;volu&#233;. C&#244;t&#233; russe on para&#238;t s'orienter vers une annexion au moins de fait de toute la partie Est et Sud de l'Ukraine qu'il leur sera possible de r&#233;cup&#233;rer, plus riche au moins au d&#233;part, plus strat&#233;gique et plut&#244;t russophone. Buts totalement incompatibles avec ceux de l'Ukraine, qui met en avant son int&#233;grit&#233; territoriale. Le juge de paix ne peut alors &#234;tre que la guerre elle-m&#234;me. Laiss&#233;e &#224; elle-m&#234;me, elle trouverait son terme soit dans la victoire d'un des camps (semble-t-il alors plut&#244;t russe), soit dans un &#233;puisement des parties conduisant &#224; figer le statu quo du moment. Mais plus elle dure, plus les adversaires en subissent les effets, et notamment l'Ukraine dont les infrastructures et l'&#233;conomie sortiront d&#233;vast&#233;es (sans parler bien s&#251;r des victimes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; occidental en revanche, et surtout am&#233;ricain, la dimension id&#233;ologique a pris de plus en plus le dessus. Il s'agit d&#233;sormais d'inscrire cette guerre dans un grand r&#233;cit de lutte des d&#233;mocraties contre les r&#233;gimes autoritaires, dans l'espoir (si on en croit les d&#233;clarations) soit d'un changement de r&#233;gime &#224; Moscou (s'il va dans le bon sens), soit d'une saign&#233;e mettant la puissance russe hors d'&#233;tat d'agir pour un bon moment. Dans une telle optique, et conform&#233;ment &#224; la logique id&#233;ologique, non seulement ou nourrit la guerre, mais on participe &#224; la surench&#232;re, &#224; l'ascension aux extr&#234;mes que la guerre tend &#224; nourrir par nature. Avec un double risque : l'un, d'&#234;tre finalement impliqu&#233; directement ; l'autre, de conduire les Russes &#224; user de moyens (comme le nucl&#233;aire tactique mais pas seulement) qui feraient basculer les rapports internationaux dans une nouvelle &#232;re. Le risque est donc &#233;lev&#233;, et l'id&#233;ologie ne donne pas de cran d'arr&#234;t. A cela s'ajoute le fait qu'une victoire ukrainienne, signifiant la reconqu&#234;te de tout son territoire, serait pour le r&#233;gime russe et la fiert&#233; nationale un r&#233;sultat d&#233;sastreux. Si une &#233;volution en ce sens devait appara&#238;tre, l'incitation &#224; acc&#233;l&#233;rer l'escalade serait alors irr&#233;sistible pour la partie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en d&#233;duis que les buts de guerre id&#233;ologiques affich&#233;s de plus en plus par les Occidentaux, Am&#233;ricains surtout (qui n'ont rien &#224; perdre) et &#224; leur suite Europ&#233;ens (qui eux ont beaucoup &#224; perdre) sont dangereux &#8211; m&#234;me si un E. Macron est plus prudent. Sauf issue militaire improbable, la Russie fera partie du paysage international de demain. On peut &#233;videmment esp&#233;rer que l'issue de la guerre sera le moins favorable possible pour elle, et agir en ce sens. Mais sans de ce fait prendre de risque excessif, sans nourrir l'ascension aux extr&#234;mes, et sans d&#233;truire des liens utiles ou des actifs. D&#233;j&#224; il &#233;tait irrationnel de d&#233;manteler toutes les positions des entreprises occidentales en Russie, ou de boycotter sportifs et artistes. A fortiori de mettre en place des embargos dont les Europ&#233;ens souffrent au moins autant sinon plus que les Russes (cas &#233;vident de l'&#233;nergie). Ajoutons que en dehors du camp occidental, les appels au grand r&#233;cit d&#233;mocratique ne mobilisent personne sur la plan&#232;te &#8211; et pas plus les r&#233;gimes dits d&#233;mocratiques, hors Occident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens contraire, certains comparent la situation &#224; Munich, et rappellent que tout compromis avec Hitler &#233;tait alors illusoire. De fait, avec ce que nous savons, la guerre avec ce dernier &#233;tait in&#233;vitable. En est-il de m&#234;me ici ? Certes comme on l'a dit la Russie de Poutine a une dimension imp&#233;rialiste. Mais il n'est d'abord pas &#233;vident qu'elle repose sur une vision dichotomique et folle du monde comme celle des nazis ; en outre elle a montr&#233; jusqu'ici qu'elle continuait &#224; calculer ses effets (et donc &#224; les mesurer) m&#234;me si elle s'est &#233;videmment tromp&#233;e gravement en l'esp&#232;ce. En outre et surtout, l'&#233;tat des forces est tr&#232;s diff&#233;rent ; des puissances nucl&#233;aires majeures sont pr&#233;sentes des deux c&#244;t&#233;s, et la capacit&#233; de la Russie &#224; menacer directement des pays dans une guerre classique appara&#238;t d&#233;sormais bien faible, et nulle face &#224; l'Otan (avec sa composante am&#233;ricaine). Il n'y a donc pas de ce point de vue de risque majeur &#224; garder la mesure. Et le souci de la paix nous y conduit, notamment sur le plus long terme. Une paix qui supposera des compromis de part et d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, il est urgent de garder son sang-froid et d'en revenir &#224; un patriotisme sain. Au-del&#224; de cette situation imm&#233;diate, il s'agit au fond d'accepter la r&#233;alit&#233; d'un monde multipolaire, o&#249; nous devons vivre avec des gens que peut-&#234;tre nous n'aimons pas, mais qui existent et qui par ailleurs ont pour certains l'arme nucl&#233;aire. Il convient donc en permanence de garder la t&#234;te froide avec &#224; l'esprit la consid&#233;ration de la position o&#249; on se trouve. Ce sain patriotisme n'est pas repli sur soi et ses seuls int&#233;r&#234;ts, ni abandon de ses convictions, mais recherche de la position qui a le plus de sens pour le bien de tous et notamment celui de la communaut&#233; nationale qui est la n&#244;tre, l&#224; o&#249; elle est et selon ce qu'il nous est possible de faire, et sans poursuivre des chim&#232;res potentiellement d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine.&lt;i&gt; N&#176; 214 juin 2022.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/aide-a-lukraine-quels-sont-nos-buts-de-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre d'Ukraine : pour une politique nationale</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-pour-une-politique-nationale.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-pour-une-politique-nationale.html</guid>
		<dc:date>2022-03-29T16:42:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>But de guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Politique nationale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On tend trop souvent &#224; analyser la guerre d'Ukraine en termes &#233;motionnels, ou comme grande lutte des r&#233;gimes autoritaires et des r&#233;gimes d&#233;mocratiques. Je me placerai ici sur un plan diff&#233;rent : celui des relations internationales. Pour me concentrer sur les le&#231;ons &#224; en tirer pour la d&#233;termination d'une politique nationale pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-But-de-guerre-+.html" rel="tag"&gt;But de guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Politique-nationale-+.html" rel="tag"&gt;Politique nationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On tend trop souvent &#224; analyser la guerre d'Ukraine en termes &#233;motionnels, ou comme grande lutte des r&#233;gimes autoritaires et des r&#233;gimes d&#233;mocratiques. Je me placerai ici sur une plan diff&#233;rent : celui des relations internationales. Non pour &#233;voquer la question des r&#233;actions &#224; la crise (sanctions, etc.) ni celle des perspectives de sortie. Mais pour me concentrer sur les le&#231;ons &#224; en tirer pour la d&#233;termination d'une politique nationale pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.	Pour cadrer le d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons le principe de base en mati&#232;re internationale : chaque pays est autonome et responsable de son action. Cela ne veut pas dire qu'il ne consid&#232;re que ses seuls int&#233;r&#234;ts. Membre d'une communaut&#233; internationale, il prend aussi en compte ses relations avec les autres pays, tant pour coop&#233;rer que pour la recherche de la paix. Or dans le contexte international, un principe essentiel pour la recherche de la paix est le respect de la souverainet&#233; et donc des fronti&#232;res. Ce principe n'est pas absolu ni totalement inviolable, et il y a des pr&#233;c&#233;dents graves, comme la guerre d'Iraq qui &#233;tait une guerre d'agression (malgr&#233; l'excuse des attaques ant&#233;rieures de l'Iraq sur ses voisins). Mais il reste par nature un rep&#232;re majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, l'attaque russe sur l'Ukraine, agression g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un Etat souverain par un autre, sans provocation ou menace du premier directement sur le second, ne peut faire l'objet que d'une condamnation nette. M&#234;me si comme on sait les responsabilit&#233;s occidentales et notamment am&#233;ricaines sont significatives. Le joueur d'&#233;chec que paraissait &#234;tre Poutine a renvers&#233; la table, d'une fa&#231;on peu rationnelle. Notons incidemment que sur ce plan l'invasion contredit la doctrine affich&#233;e par le grand alli&#233; de la Russie, la Chine (rappelons que Taiwan est consid&#233;r&#233; partie de la Chine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.	Le paysage international &#224; la suite de l'attaque russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par son ampleur et sa nouveaut&#233;, une telle agression repr&#233;sente un tournant majeur dans les relations internationales. D'un c&#244;t&#233;, c'est le retour &#224; la guerre comme instrument de rapports entre Etats, autrement que dans des cas qui pouvaient &#234;tre pr&#233;sent&#233;s &#224; tort ou &#224; raison comme une forme de police internationale. Et d'un autre c&#244;t&#233;, c'est une rupture franche entre la Russie et le monde occidental, et par l&#224; aussi le mode de r&#233;gulation internationale que celui-ci affiche. Bien entendu, une appr&#233;ciation compl&#232;te d&#233;pend des buts ultimes c&#244;t&#233; russe : volont&#233; de puissance et de revanche, reconstitution d'une grande Russie ou d'une forme d'URSS, etc. L'attaque montre en tout cas qu'on n'a pas affaire &#224; un patriotisme pur et simple, comme en t&#233;moignait d&#233;j&#224; l'intervention en Syrie, acte de puissance et non de d&#233;fense de la patrie russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la guerre en Ukraine fait sortir les Europ&#233;ens de leur monde r&#234;v&#233; o&#249; la paix est une situation normale et o&#249; la question de la guerre ne se pose qu'au loin, dans des pays o&#249; s&#233;vissent encore d'affreux tyrans qu'une bonne police internationale doit pouvoir faire disparaitre. Ce qu'ils d&#233;couvrent est la possibilit&#233; de la guerre en Europe, en outre avec une puissance nucl&#233;aire majeure. Derri&#232;re, se profile ce qui &#233;tait pourtant clair depuis des ann&#233;es : l'&#233;mergence d'un monde multipolaire qui est un monde de puissances, o&#249; la guerre est possible, que j'ai d&#233;crit dans mon livre de 2017 appel&#233; justement Guide de survie dans un monde instable, h&#233;t&#233;rog&#232;ne, non r&#233;gul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est particuli&#232;rement &#233;vident en Asie, avec pr&#233;sence de grandes puissances actuelles ou potentielles, tant dans la r&#233;gion (Chine, Russie, Inde, dans une certaine mesure Japon) que venant du dehors (Etats-Unis) ; plus des puissances moyennes mais ayant un poids r&#233;el appr&#233;ciable (Iran, Pakistan, Arabie Saoudite, Indon&#233;sie, Cor&#233;e, Vietnam, sans parler de la Turquie et d'Isra&#235;l &#224; l'ouest du continent). Les rapports entre ces nombreuses puissances sont complexes et &#233;volutifs (y compris entre Russie et Chine, malgr&#233; les apparences), mais avec un point commun : les lignes de clivages ne sont pas id&#233;ologiques, ni vraiment des conflits de civilisations, et le patriotisme est partout une r&#233;alit&#233; de base indiscutable. Les r&#233;actions &#224; la guerre en Ukraine le confirment, avec tr&#232;s peu de condamnations franches venant de cette zone. Or l'Asie est de plus en plus le centre de gravit&#233; de la plan&#232;te et elle donnera de plus en plus le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute bien s&#251;r la situation toujours complexe et bellig&#232;ne du Moyen Orient, et la d&#233;rive croissante du Sahel, de la corne orientale de l'Afrique ou de la zone congolaise, et plus g&#233;n&#233;ralement d'une bonne partie de l'Afrique. Conflits, instabilit&#233; et guerres, mais l&#224; aussi, pas de conflit v&#233;ritablement id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.	Dans un monde de puissances, l'importance clef d'un patriotisme sain et lucide et non d'une croisade id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'oppos&#233;, la tentation latente en Europe et aux Etats-Unis reste l'id&#233;ologisation : en l'esp&#232;ce, interpr&#233;ter l'alliance de la Russie et de la Chine comme la sainte alliance des r&#233;gimes autoritaires contre les d&#233;mocraties, et tout voir en termes de grand combat manich&#233;en de celles-ci contre ceux-l&#224;. La guerre d'Ukraine a consid&#233;rablement raviv&#233; cette tendance, parfois jusqu'&#224; une forme d'hyst&#233;rie. Mais en fait, seuls les &#8216;Occidentaux' mettent en avant leur id&#233;ologie. Or comme je l'ai d&#233;j&#224; relev&#233; par ailleurs, la tentation id&#233;ologique est tr&#232;s dangereuse en mati&#232;re de relations internationales, et cela ind&#233;pendamment du bienfond&#233; de ce qu'on appelle ses &#8216;valeurs'. En termes clairs, il faut dans la plupart des cas choisir entre l'id&#233;ologie et la recherche de la paix. En outre, cette attitude, qui se veut moralisante, est celle qui rencontre le moins d'&#233;cho en dehors du monde occidental, d'autant que cela peut &#224; un moment ou un autre menacer la plupart des pays ou r&#233;gimes et a justifi&#233; dans le pass&#233; des agressions occidentales stupides, sanglantes et contreproductives (Iraq, Lybie etc.). Dans le cas ukrainien, condamner une agression manifeste est parlant ; y voir la lutte du bien et du mal est moins convaincant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui n'emp&#234;che &#233;videmment pas de souligner les diff&#233;rences entre les diff&#233;rents r&#233;gimes politiques, de consid&#233;rer que tel ou tel est mauvais, et de promouvoir des valeurs qu'on juge essentielles. Rien n'emp&#234;che en effet d'avoir ses id&#233;es et de porter des jugements, notamment sur les r&#233;gimes jug&#233;s brutaux, agressifs, ou a fortiori totalitaires, et d'aider des &#233;volutions dans un sens qu'on juge meilleur. Mais cela doit s'inscrire dans un cadre de relations internationales o&#249; on doit admettre qu'on est un pays ou ensemble de pays parmi d'autres, qu'on est per&#231;u par les autres comme d&#233;fendant sa position et ses int&#233;r&#234;ts, et o&#249; surtout la guerre au sens propre (et l'escalade) est en g&#233;n&#233;ral contreproductive, en dehors m&#234;me de ses horreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si ce qui compte est, l&#224; o&#249; on est, de jouer son r&#244;le et s'assumer ses responsabilit&#233;s, le patriotisme est plus que jamais &#224; l'ordre du jour. Patriotisme pacifique, inscrit dans une communaut&#233; des Etats et le respect mutuel, mais patriotisme profond et exigeant. Cela implique non seulement de disposer d'un outil de d&#233;fense puissant et efficace, donnant la plus grande autonomie possible et donc des budgets militaires appr&#233;ciables, mais aussi un esprit de combat, de d&#233;fense, que nous avons perdu (et dont les Ukrainiens montrent &#224; nouveau l'importance). Nous en sommes encore bien loin. C'est &#233;videmment pour nous la le&#231;on centrale de ces &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.	Quelles alliances militaires pour un pays comme la France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question des alliances. Un pays comme la France a &#224; la fois une tradition d'action autonome (d&#233;crite couramment sous le terme de gaullisme), qui s'est &#233;tiol&#233;e au fil du temps mais a pu encore se traduire r&#233;cemment ici ou l&#224;, et une inscription dans des alliances ou constructions politiques : l'Alliance atlantique et l'Union europ&#233;enne. Dans leur principe, on ne peut que conserver ces deux &#233;l&#233;ments, mais en les d&#233;limitant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une alliance est utile lorsqu'elle permet de maintenir une solidarit&#233; face &#224; ce qui serait un agression franche de la part d'une puissance, lorsque cette solidarit&#233; est justifi&#233;e. L'Alliance atlantique a fondamentalement pour r&#244;le de parer &#224; une menace sovi&#233;tique puis russe. Cette menace pouvait &#234;tre per&#231;ue comme moins actuelle, mais l'agression russe de l'Ukraine lui a donn&#233; une certaine cr&#233;dibilit&#233;. Bien s&#251;r, cela d&#233;pendra aussi de l'issue militaire de ce conflit. Et m&#234;me si la Russie se tirait bien de cette affaire mal engag&#233;e, elle n'est &#224; l'&#233;vidence pas en &#233;tat de menacer grand monde en dehors de son ancienne zone d'influence. Mais justement, le choix russe de mener cette agression fait qu'on doit int&#233;grer au moins l'hypoth&#232;se d'une telle attaque contre d'autres pays d'Europe orientale, ce qui redonne un sens &#224; l'Alliance, m&#234;me si la Russie ne sera &#224; court terme sans doute pas &#224; m&#234;me de le faire. Et pour la France, une telle attaque &#233;ventuelle et la vassalisation de l'Europe orientale ne seraient pas acceptables. Mais naturellement cela ne vaut que pour l'Europe (orientale). Il n'y a aucune raison pour que cela s'&#233;tende &#224; d'autres zones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces motifs n'impliquent pas un alignement g&#233;n&#233;ral, d'abord sur les Etats-Unis, qui sont la colonne vert&#233;brale de l'Otan, mais qui ont commis suffisamment d'erreurs dans le pass&#233; pour ne pas &#234;tre suivis partout ; comme aussi sur des Europ&#233;ens dont nous sommes loin de partager toutes les vues, ni n'avons toujours les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts de d&#233;fense (notamment sur le plan naval, avec notre immense domaine maritime), ni la m&#234;me capacit&#233; &#224; agir. L'Alliance devient notamment contreproductive si elle se traduit par le suivi servile des errements de la politique am&#233;ricaine ou de leurs int&#233;r&#234;ts qui ne se confondent souvent pas avec les n&#244;tres, ou, pire, par des agissements qui sont des menaces pour la paix. Concr&#232;tement, en l'esp&#232;ce, il aurait par exemple fallu continuer &#224; s'opposer fermement &#224; l'hypoth&#232;se m&#234;me de l'entr&#233;e de l'Ukraine dans l'Otan. D&#232;s lors, sur le plan militaire, autant une interop&#233;rabilit&#233; peut &#234;tre utile voire indispensable pour des actions communes qu'on juge appropri&#233;es, autant il faut viser le maximum d'autonomie op&#233;rationnelle possible. Entre autres exemples, la Russie y parvient technologiquement alors que son &#233;conomie est plus r&#233;duite que la n&#244;tre ; Isra&#235;l, encore plus petit, dans une large mesure aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui conduit &#224; poser la question de notre participation &#224; l'organisation int&#233;gr&#233;e de l'Otan. Elle n'est pas indispensable (on s'en est pass&#233; pendant quarante ans) et il aurait mieux valu ne pas y entrer. Ce qui nous &#233;viterait aussi de nous endormir sous la protection am&#233;ricaine, r&#233;elle ou non, comme l'Otan conduit &#224; le faire. Logiquement cette analyse implique d'en sortir au moment opportun (et donc pas dans les circonstances actuelles), tout en restant dans l'Alliance. Une telle politique renforcerait la cr&#233;dibilit&#233; de la France dans ses tentatives d'interm&#233;diation ou d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; S'agissant de l'Union europ&#233;enne, elle ne peut &#234;tre un cadre ad&#233;quat pour une politique de d&#233;fense, contrairement &#224; ce que pr&#233;tend E. Macron. D'une part, les autres pays europ&#233;ens en quasi-totalit&#233; (et surtout &#224; l'Est) sont plus que jamais convaincus que le lieu ad&#233;quat pour cela est l'Otan, et que leur d&#233;fense est assur&#233;e d'abord et surtout par les Etats-Unis ou avec eux, y compris quand ils renforcent leur propre effort de d&#233;fense. D'autre part, dans la plupart des cas, les divergences de vues sur l'opportunit&#233; d'une action militaire et sur sa direction sont notables entre Europ&#233;ens. L'agression russe de l'Ukraine est une exception, puisque l'accord de tous &#233;tait d'embl&#233;e &#233;vident, au moins sur le principe ; mais les mesures prises auraient pu l'&#234;tre dans le cadre d'un simple instrument de concertation entre Etats, sans besoin d'une d&#233;fense commune. En outre ces mesures (sanctions, livraisons d'armes) &#233;taient justifi&#233;es au d&#233;part mais tendent &#224; devenir irrationnelles (boycott de musiciens !) et surtout contreproductives, ainsi le d&#233;sengagement des entreprises de Russie, au seul profit des Russes. Enfin cette d&#233;fense commune n'est pas pr&#233;vue par les trait&#233;s ; et le paragraphe des trait&#233;s sur la solidarit&#233; entre Europ&#233;ens face &#224; une agression n'y conduit pas, sauf cas particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut donc pas s'obnubiler sur le mythe d'une d&#233;fense europ&#233;enne autonome, qui dans l'&#233;tat actuel des choses ne serait au mieux qu'une variante au sein de l'Otan, et au pire la clef de notre immobilisme. Et d'ailleurs, m&#234;me si ce mythe se r&#233;alisait, &#224; savoir une d&#233;fense europ&#233;enne totalement int&#233;gr&#233;e et bien &#233;quip&#233;e, pour la plupart des Europ&#233;ens elle ferait moins bien que l'Otan face &#224; une puissance nucl&#233;aire majeure comme la Russie, dans le cas ukrainien ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche une coop&#233;ration avec les autres Europ&#233;ens, notamment dans les industries de d&#233;fense, est n&#233;cessaire et b&#233;n&#233;fique, tout en prenant garde d'avoir une r&#233;elle r&#233;ciprocit&#233;, contrairement &#224; ce qu'on voit (ainsi r&#233;cemment pour les avions am&#233;ricains achet&#233;s par l'Allemagne - apr&#232;s bien d'autres cas), et de ne pas se faire lier les mains, ou, pire, d&#233;poss&#233;der de notre outil par id&#233;ologie ou esprit de syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 28 mars 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-guerre-dukraine-lecons-pour-une-politique-nationale-%ef%bf%bc/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-guerre-dukr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Un article avec une r&#233;daction un peu diff&#233;rente a &#233;t&#233; publi&#233; sur&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt;avril 2022).&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/la-guerre-dukraine-lecons-pour-une-politique-nationale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre en Ukraine et la notion de guerre juste </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-guerre-en-Ukraine-et-la-notion-de-guerre-juste.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-guerre-en-Ukraine-et-la-notion-de-guerre-juste.html</guid>
		<dc:date>2022-03-15T17:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La th&#233;orie traditionnelle de la guerre juste a &#233;t&#233; remise en cause ici est l&#224;, et notamment r&#233;cemment par le pape Fran&#231;ois. Or nous avons en Ukraine une guerre de grande ampleur, assez classique, dans un contexte europ&#233;en. Outre les bellig&#233;rants, les positions qu'elle suscite sont tranch&#233;es, et se situent sur le terrain moral, en g&#233;n&#233;ral pour condamner l'agression. Que peut-on en dire du point de vue de la th&#233;orie de la guerre juste, expos&#233;e de fa&#231;on classique par l'Eglise catholique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La th&#233;orie traditionnelle de la guerre juste a &#233;t&#233; remise en cause ici est l&#224;, et notamment r&#233;cemment par le pape Fran&#231;ois. Or nous avons en Ukraine une guerre de grande ampleur, assez classique, dans un contexte europ&#233;en. Outre les bellig&#233;rants, les positions qu'elle suscite sont tranch&#233;es, et se situent sur le terrain moral, en g&#233;n&#233;ral pour condamner l'agression. Que peut-on en dire du point de vue de la th&#233;orie de la guerre juste, expos&#233;e de fa&#231;on classique par l'Eglise catholique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre juste dans le Cat&#233;chisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dit la doctrine catholique sur ce point ? Sous le titre &#171; Eviter la guerre &#187;, le cat&#233;chisme rappelle (2307) que l'&#201;glise presse instamment chacun de prier et d'agir pour que la Bont&#233; divine nous lib&#232;re de l'antique servitude de la guerre. &#187; Mais il ajoutait : &#171; aussi longtemps cependant &#8216;que le risque de guerre subsistera, qu'il n'y aura pas d'autorit&#233; internationale comp&#233;tente et disposant de forces suffisantes, on ne saurait d&#233;nier aux gouvernements, une fois &#233;puis&#233;es toutes les possibilit&#233;s de r&#232;glement pacifiques, le droit de l&#233;gitime d&#233;fense' (GS 79, &#167; 4). &#187; C'est dans ce contexte qu'il rappelait les principes sur la &#171; guerre juste &#187; (2309) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut consid&#233;rer avec rigueur les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; Que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont les &#233;l&#233;ments traditionnels &#233;num&#233;r&#233;s dans la doctrine dite de la &#8216;guerre juste'. L'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est essentiel car il rappelle que cette th&#233;orie n'est pas une machine &#224; juger, mais un guide pour une d&#233;cision responsable &#224; usage de ceux qui ont &#224; le faire (citoyens compris, &#224; leur niveau).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait que le pape Fran&#231;ois a remis en question cette analyse, au moins &#224; titre d'opinion, estimant (&lt;i&gt;Fratelli tutti&lt;/i&gt; &#167;&#167; 258 et 259) que &#171; depuis le d&#233;veloppement des armes nucl&#233;aires, chimiques ou biologiques, sans oublier les possibilit&#233;s &#233;normes et croissantes qu'offrent les nouvelles technologies, la guerre a acquis un pouvoir destructif incontr&#244;l&#233; qui affecte beaucoup de victimes civiles innocentes. [&#8230;] Nous ne pouvons donc plus penser &#224; la guerre comme une solution, du fait que les risques seront probablement toujours plus grands que l'utilit&#233; hypoth&#233;tique qu'on lui attribue. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, il est tr&#232;s difficile aujourd'hui de d&#233;fendre les crit&#232;res rationnels, m&#251;ris en d'autres temps, pour parler d'une possible &#8216;guerre juste'. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai analys&#233; cette question pr&#233;c&#233;demment dans &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Geopolitique-morale-et-guerre&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Geopolitique...&lt;/a&gt; et dans &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Fraternite-nation-et-guerre-juste.html,&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Fraternite-n...&lt;/a&gt; soulignant au contraire la pertinence maintenue d'un r&#233;flexion de ce type. Que peut-on en dire dans le cas de la guerre en Ukraine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas de la guerre en Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la Russie, la r&#233;ponse para&#238;t claire. Il ne s'agit d&#233;j&#224; pas d'une &#171; l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire &#187;. M&#234;me en prenant en compte les accusations russes sur la menace que repr&#233;sente une &#233;ventuelle adh&#233;sion de l'Ukraine &#224; l'Otan, et les s&#233;vices &#233;ventuels aux russophones d'Ukraine, il para&#238;t difficile de dire que le dommage qui lui est inflig&#233; &#171; soit durable, grave et certain &#187;, encore moins que &#171; tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces &#187; (en l'esp&#232;ce, tous les moyens autres qu'une invasion g&#233;n&#233;rale en bonne et due forme), ou que &#171; l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187;. Cette invasion en bonne et due forme est donc &#233;videmment condamnable et ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une guerre juste. On n'en dira pas automatiquement autant de ce qui aurait pu &#234;tre d'autres formes beaucoup plus ponctuelles d'intervention, m&#234;me militaire, du moins si on valide les accusations russes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'Ukraine, on est clairement dans le cas d'une &#171; l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire &#187;. Il est en outre manifeste que &#171; le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation &#187; est &#171; durable, grave et certain &#187;. Et au stade actuel que &#171; tous les autres moyens d'y mettre fin &#187; se sont &#171; r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces &#187;. Restent les deux autres crit&#232;res : que &#171; soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s &#187; et que &#171; l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187; sachant que &#171; la puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition &#187;. Certains pourraient alors arguer que le rapport de force a priori tr&#232;s d&#233;favorable implique que l'Ukraine n'a pas de chances raisonnables de succ&#232;s et que la poursuite de la guerre de sa part entra&#238;ne de graves maux. Cela me semble pourtant erron&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'Ukraine avait capitul&#233;, elle aurait &#233;t&#233; occup&#233;e imm&#233;diatement et sans doute d&#233;mantel&#233;e, perdant toute perspective de vie autonome et de jouir de sa libert&#233;. Sauf &#224; donner &#224; tout agresseur un avantage de principe massif, cela para&#238;t un argument suffisant pour juger que r&#233;sister repr&#233;sente un mal acceptable en regard de la menace. Quant aux chances de succ&#232;s, si la victoire sur les Russes est a priori improbable, en revanche la r&#233;sistance peut &#234;tre fructueuse, m&#234;me si l'envahisseur finit par l'emporter, parce que cela peut limiter l'ampleur de ce qu'il peut obtenir. Il est notamment tout &#224; fait raisonnable d'esp&#233;rer que cette r&#233;sistance obligera cet envahisseur &#224; accepter le maintien d'un Etat ukrainien, m&#234;me affaibli ou amoindri. La guerre d&#233;fensive des Ukrainiens para&#238;t donc clairement relever du concept de guerre juste. C'est d'ailleurs ce que la plupart d'entre nous pense intuitivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; europ&#233;en, les m&#234;mes arguments justifient une aide apport&#233;e &#224; l'Ukraine, &#224; condition qu'on reste en de&#231;&#224; de la guerre directe avec la Russie (ce qu'on a fait), car alors non seulement il n'est pas s&#251;r &#171; que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s &#187; mais il est &#233;vident que &#171; l'emploi des armes &#187; entra&#238;nerait &#171; des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187; (confrontation nucl&#233;aire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sera-t-il toujours de m&#234;me &#224; l'avenir ? Ce n'est pas s&#251;r. Le crit&#232;re tr&#232;s pragmatique de la guerre juste ne s'applique pas une fois pour toutes au d&#233;but de la guerre. On peut donc &#234;tre conduit &#224; changer son appr&#233;ciation en fonction du d&#233;roul&#233; des &#233;v&#233;nements : r&#233;sultats militaires sur le terrain, degr&#233; de mont&#233;e aux extr&#234;mes de la guerre, ou encore position de n&#233;gociation de l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est tr&#232;s improbable que la guerre c&#244;t&#233; russe trouve une justification &#224; l'avenir. Mais la remarque vaut c&#244;t&#233; ukrainien. Bien entendu comme dit le cat&#233;chisme, cela rel&#232;ve de l'appr&#233;ciation prudentielle des Ukrainiens ; ce qui suit n'est donc pas un sch&#233;ma de jugement, mais des exemples de raisonnements concevables. Supposons d'abord, &#224; un bout, que les Russes s'enlisent, mais sans interrompre leur effort de guerre et leurs bombardements, et qu'ils limitent leurs pr&#233;tentions &#224; la non-entr&#233;e dans l'Otan et &#224; l'ind&#233;pendance du Donbass : on peut concevoir qu'une paix sur cette base apparaisse pr&#233;f&#233;rable aux Ukrainiens &#224; la destruction continue du pays - m&#234;me si la poursuite de la guerre pourrait garder aussi sa justification aux yeux de certains. Supposons maintenant inversement que les Russes basculent dans une guerre totale, y compris nucl&#233;aire : dans ce cas l'Ukraine pourrait avoir &#224; envisager de cesser le combat, qui resterait l&#233;gitime dans son principe mais qu'elle pourrait estimer trop co&#251;teux humainement pour que l'obstination se justifie. Supposons enfin que la Russie n'arrive pas &#224; achever sa conqu&#234;te, et qu'il para&#238;t envisageable qu'elle finisse par l&#226;cher prise : alors la poursuite du combat se justifierait pleinement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre d'Ukraine : quelques le&#231;ons</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-quelques-lecons.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-guerre-d-Ukraine-quelques-lecons.html</guid>
		<dc:date>2022-03-03T17:48:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Sanctions</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je n'ai pas une forte expertise militaire ni du monde russe. Et beaucoup d&#233;pendra des &#233;v&#233;nements, notamment sur le terrain. Mais cela n'emp&#234;che pas de proposer un raisonnement d'un point de vue de citoyen fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette agression caract&#233;ris&#233;e, m&#234;me si elle s'inscrit dans un contexte plus complexe qu'on ne le dit, le point central est de se rappeler que nous sommes un pays souverain dans un monde dur, o&#249; chacun doit prendre ses responsabilit&#233;s et s'organiser en cons&#233;quence, y compris pour &#339;uvrer en faveur de la paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-Ukraine-26-.html" rel="directory"&gt;Guerre Ukraine &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Guerre Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Sanctions-+.html" rel="tag"&gt;Sanctions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je n'ai pas une forte expertise militaire ni du monde russe. Et beaucoup d&#233;pendra des &#233;v&#233;nements, notamment sur le terrain. Mais cela n'emp&#234;che pas de proposer un raisonnement d'un point de vue de citoyen. Je chercherai &#224; en rester &#224; ce niveau ; car si la vague d'&#233;motion qui submerge le d&#233;bat se comprend au vu des horreurs de la guerre, elle peut fausser le jugement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.	Rappel de quelques principes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons le principe de base en mati&#232;re internationale : chaque pays est autonome et responsable de son action. Cela ne veut pas dire qu'il ne consid&#232;re que ses seuls int&#233;r&#234;ts. Membre d'une communaut&#233; internationale, il prend &#233;videmment aussi en compte ses relations avec les autres pays, tant pour coop&#233;rer que pour la recherche de la paix. Mais qu'on soit dirigeant ou qu'on s'exprime comme simple citoyen, on parle et agit d'abord pour soi-m&#234;me (du point de vue de son peuple) car c'est ce dont on est directement responsable, y compris quand on agit pour la paix, ou en coop&#233;ration avec d'autres. De m&#234;me, quand il s'agit de prendre la parole ou de porter des jugements, ce qu'on a d'abord &#224; regarder est ce qu'on dit et fait soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que ceci vise d'abord et essentiellement le niveau national. Le niveau europ&#233;en existe mais il est d&#233;riv&#233; et partiel ; c'est une lieu de coop&#233;ration, pas de responsabilit&#233; politique directe, ni envers un peuple, ni m&#234;me devant l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette action, outre les int&#233;r&#234;ts de son pays, on a &#224; c&#339;ur la recherche de la paix, et d'une paix juste, donc la recherche d'un certain bien. mais on sait que la recherche du bien suppose la prise en compte des r&#233;alit&#233;s : c'est sur cette r&#233;alit&#233; qu'on veut agir au mieux. Le choix sera donc variable selon les circonstances et la situation. Ce qui est donc &#224; bannir en priorit&#233;, c'est la poursuite d'une id&#233;ologie (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Interventionnisme-et-ideologie.htmlr&#233;f&#233;rence&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Intervention...&lt;/a&gt;). Car une id&#233;ologie, c'est le placage a priori d'imp&#233;ratifs (en g&#233;n&#233;ral suppos&#233;s moraux) sur une r&#233;alit&#233;, quitte &#224; la mutiler. Ce qui est particuli&#232;rement nocif en mati&#232;re internationale, car il n'y a pas d'autorit&#233; mondiale en charge du bien commun de l'humanit&#233;, comme l'Etat est cens&#233; l'&#234;tre en dernier ressort au niveau national. Et chaque acteur, pr&#233;cis&#233;ment, incarne un point de vue particulier. D&#232;s lors, un Etat qui s'identifie &#224; une id&#233;ologie appara&#238;t aussit&#244;t comme mena&#231;ant pour tous ceux qui y contreviennent. Il peut mettre en avant une moralit&#233;, mais ce qu'il fait n'est pas le vrai bien moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action au niveau international suppose en outre d'&#234;tre cr&#233;dible. Non seulement en terme de pouvoir, mais aussi de d&#233;termination, dans un contexte o&#249; il n'y pas de juge de paix. Donc un esprit de combat et une pr&#233;paration &#224; la lutte (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-force-de-combattre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/La-force-de-...&lt;/a&gt;). Car la crise est toujours possible et derri&#232;re elle le conflit. A nouveau, sans perdre de vie le bien supr&#234;me qu'est la paix, et donc la recherche de relations le plus juste possible avec les autres acteurs. Et donc en particulier en gardant &#224; l'esprit les principes de la guerre juste, toujours valables (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Geopolitique-morale-et-guerre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Geopolitique...&lt;/a&gt;), et plus encore au vu des horreurs de la guerre moderne, que subit aujourd'hui la malheureuse Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.	Le paysage international ambiant et son bouleversement suite &#224; l'attaque russe.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde o&#249; nous sommes, qui reste largement celui d'une communaut&#233; d'Etats souverains qu'on appelle westphalienne, un principe essentiel pour la recherche de la paix est le respect de cette souverainet&#233; et donc des fronti&#232;res. On sait que ce principe n'est pas absolue ni totalement inviolable, et il y a des pr&#233;c&#233;dents f&#226;cheux comme la guerre d'Iraq (Etat il est vrai assez peu paisible alors, ce qui ne justifie pas l'agression), mais il reste un rep&#232;re majeur. De ce point de vue, l'attaque russe sur l'Ukraine, agression g&#233;n&#233;ralis&#233;e d'un Etat souverain par un autre, sans provocation ou menace du premier, ne peut faire l'objet que d'une condamnation nette. Notons incidemment que sur ce plan elle contredit la doctrine affich&#233;e par le grand alli&#233; de la Russie, la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par son ampleur et sa nouveaut&#233;, une telle agression repr&#233;sente ind&#233;niablement un tournant majeur dans les relations internationales. Certes, comme certains le soulignent non sans motifs, elle fait suite &#224; une s&#233;rie d'humiliations contreproductives inflig&#233;es &#224; la Russie, qui n'a jamais &#233;t&#233; accueillie dans le concert des pays avanc&#233;s quand elle pouvait l'&#234;tre, avec notamment l'extension continue de l'Otan (dont elle &#233;tait le seul ennemi possible et d&#233;sign&#233;) ; sans parler de l'&#233;ventuelle entr&#233;e de l'Ukraine qui &#233;tait une v&#233;ritable provocation, ou du mauvais traitement de la forte minorit&#233; russophone apr&#232;s la r&#233;volution de Maidan qui a quelque peu d&#233;s&#233;quilibr&#233; ce pays. La responsabilit&#233; am&#233;ricaine est ici claire, &#224; c&#244;t&#233; d'autres, et aussi dans une certaine mesure celle des dirigeants Ukrainiens (ce qui n'emp&#234;che pas de saluer aujourd'hui leur courage). Quand on conna&#238;t un violent avec qui on ne veut pas de conflit direct, on ne le provoque pas. Mais si tout cela constitue des facteurs en partie explicatifs, cela ne justifie en rien la r&#233;action totalement disproportionn&#233;e qu'est l'invasion de l'Ukraine et le d&#233;clenchement d'une guerre cruelle, qui ne respecte aucun des crit&#232;res de la guerre juste. D'autres mettent en avant la brutalit&#233; connue du r&#233;gime et de Poutine, dont t&#233;moignait entre autres la r&#233;pression violente en Tch&#233;tch&#233;nie. Il n'en reste pas moins qu'il y a un saut logique entre ces diff&#233;rents pr&#233;c&#233;dents et la pr&#233;sente agression. Le joueur d'&#233;chec que paraissait &#234;tre Poutine a en fait renvers&#233; la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, une appr&#233;ciation compl&#232;te d&#233;pend de ses buts ultimes, qui peuvent comporter deux composantes : d'une part une volont&#233; de puissance et de revanche (plus d'ailleurs qu'un nationalisme proprement dit), et d'autre part la reconstitution d'une grande Russie ou d'une forme r&#233;duite d'URSS. L'attaque montre en tout cas qu'on n'a pas affaire &#224; un patriotisme pur et simple, d&#233;fensif ; comme en t&#233;moignait d'ailleurs d&#233;j&#224; l'intervention en Syrie, acte de puissance et non de d&#233;fense de la patrie russe. Cela dit, m&#234;me dans cette perspective, la rationalit&#233; de l'acte n'est pas &#233;vidente. Elle a eu pour effet concret la recr&#233;dibilisation de l'Otan, et peut-&#234;tre un certain r&#233;armement europ&#233;en, mais s&#251;rement un co&#251;t &#233;conomique &#233;lev&#233; sur la dur&#233;e pour la Russie, et une plus grande d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la Chine. En fait, elle n'a sans doute un tant soit peu de sens c&#244;t&#233; russe qu'en allant bien au-del&#224; des buts affich&#233;s (neutralit&#233; de l'Ukraine, ind&#233;pendance du Donbass, &#233;volution du r&#233;gime). En particulier, au point o&#249; la Russie en est, des annexions appr&#233;ciables de sa part sur le sud et l'est de l'Ukraine (d&#233;guis&#233;es ou non) paraissent en &#234;tre une cons&#233;quence assez plausible, compl&#233;t&#233;e par la vassalisation du reste. Mais il est alors clair que cela rendrait l'op&#233;ration encore plus contestable pour les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute enfin au niveau international le risque d'un retour d'une forme de guerre froide, &#224; nouveau fortement id&#233;ologis&#233;e, ce qu'il fallait autant que possible &#233;viter. Un bilan qui appara&#238;t donc tr&#232;s n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.	Quelle ligne strat&#233;gique pour un pays comme la France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t &#233;vident que dans un paysage comme celui-ci le patriotisme est plus que jamais &#224; l'ordre du jour, tant en termes d'esprit public que de taille des budgets militaires. Rester dans ses alliances, bien s&#251;r, et jouer l'action commune quand elle est f&#233;conde, mais garder son autonomie de jeu. Concr&#232;tement cela aurait suppos&#233; ne pas entrer dans l'organisation int&#233;gr&#233;e de l'Otan (et d'en sortir au moment opportun, tout en restant dans l'Alliance), de s'opposer &#224; l'entr&#233;e de l'Ukraine dans l'Otan, et de coop&#233;rer en mati&#232;re militaire avec les Europ&#233;ens mais sans se lier au mythe d'une d&#233;fense europ&#233;enne, qui dans l'&#233;tat actuel des choses ne serait qu'une variante de l'Otan. En d'autres termes, jouer sa partie, sans s'illusionner sur son poids r&#233;el mais r&#233;solument, car il n'est pas nul. Cela aurait sans doute renforc&#233; la cr&#233;dibilit&#233; d'E. Macron dans ses tentatives d'interm&#233;diation ou d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.	Que pouvait-on et que peut-on faire dans l'imm&#233;diat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu de la situation, la r&#233;action des pays occidentaux n'appara&#238;t pas d'embl&#233;e inad&#233;quate. Ce qu'on n'a pas fait, et avec raison, est &#233;videmment une entr&#233;e en guerre ; de ce point de vue la comparaison faite par certains avec Munich et l'avant-guerre ne tient notamment pas compte d'une diff&#233;rence majeure : le risque nucl&#233;aire. Restent les sanctions, l'aide militaire, les boycotts. Il &#233;tait difficile de ne pas r&#233;agir en signifiant &#224; la Russie la profondeur de la condamnation et du d&#233;saccord, et ces diff&#233;rents moyens d'action sont en soi concevables et coh&#233;rents avec les principes d&#233;velopp&#233;s ci-dessus. Naturellement cela rel&#232;ve d'un jugement prudentiel, qu'on peut contester (si on a la comp&#233;tence pour le faire). A titre personnel mais sans avoir toute la perspective, les sanctions &#233;conomiques me paraissent avoir leur sens ; la fourniture d'armes est plus risqu&#233;e (notamment pour la population ukrainienne, car cela aide &#224; prolonger la guerre) mais peut &#234;tre utile pour pr&#233;parer la n&#233;gociation. Je n'en dirai pas autant des provocations inutiles et contre-productives (boycott de musiciens et sportifs, hyst&#233;rie antirusse, rupture de toute pr&#233;sence &#233;conomique et culturelle en Russie etc.) qui en outre ne reconnaissent pas la distinction entre la Russie pays et son r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A terme court, que peut-on viser ? En tant que France on doit admettre qu'on n'est pas d&#233;terminant ; mais on peut tenter de contribuer. En dehors d'un changement radical &#224; Moscou, l'&#233;tat des lieux sur le plan militaire conduit &#224; envisager in&#233;luctable un statut de neutralit&#233; pour l'Ukraine ; le maintien le meilleur possible de son int&#233;grit&#233; serait &#233;videmment tr&#232;s souhaitable mais pas &#233;vident. Et si on doit viser la n&#233;gociation et l'arr&#234;t de guerre, en sauvant ce qui peut l'&#234;tre, cela suppose le maintien de pressions fortes. Mais le prolongement d'une situation de bellig&#233;rance au moins latente sur place est un risque &#233;lev&#233;, et donc de tensions internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.	Que peut-on viser &#224; terme long ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, la France ne peut tout faire, loin de l&#224;, et pas plus l'Europe en g&#233;n&#233;ral. L'id&#233;al serait sans doute une n&#233;gociation d'ensemble, assurant durablement les conditions de la paix en Europe. Cela aurait &#233;t&#233; sans doute une tr&#232;s bonne id&#233;e dans les ann&#233;es 90 ; c'est plus difficile aujourd'hui. Et cela implique &#233;videmment au pr&#233;alable que ce conflit se stabilise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me alors, cela suppose des conditions difficiles &#224; r&#233;unir. C&#244;t&#233; russe, car le choix qu'a fait Poutine risque de se r&#233;v&#233;ler &#234;tre de sa part un pari existentiel, rendant une vrai normalisation impraticable. Et c&#244;t&#233; am&#233;ricain, non seulement cela suppose une r&#233;vision de leur attitude dominante envers la Russie depuis 30 ans, outre que plus g&#233;n&#233;ralement leur fiabilit&#233; en mati&#232;re de trait&#233;s internationaux reste &#224; d&#233;montrer. C&#244;t&#233; europ&#233;en, un risque pourrait &#234;tre la vassalisation d&#233;finitive du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc cette voie de la n&#233;gociation d'ensemble ne doit pas &#234;tre &#233;cart&#233;e, ce n'est pas la panac&#233;e. Reste la navigation &#224; vue, avec la meilleure volont&#233; du monde, mais beaucoup de d&#233;termination, et la claire conscience du fait que notre sort est d'abord entre nos mains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
