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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>L'effondrement de la natalit&#233;, menace existentielle, signe de mort int&#233;rieure</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/L-effondrement-de-la-natalite-menace-existentielle-signe-de-mort-interieure.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La natalit&#233; a continu&#233; sa baisse, et dans une grande partie des pays du monde, elle est en dessous du seuil de renouvellement, voire tr&#232;s en dessous, notamment dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Seuls sont nettement au-dessus les pays d'Afrique subsaharienne et quelques pays musulmans d'Asie du Sud. Mais chez eux aussi elle baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est tr&#232;s simple : si les taux de natalit&#233; des pays avanc&#233;s se maintiennent plus ou moins au niveau actuel, et si les autres pays descendent tous en dessous de 2, sur la longue dur&#233;e l'humanit&#233; dispara&#238;tra. C'est purement arithm&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation parfaitement in&#233;dite dans l'histoire pose deux s&#233;ries de questionnements : au niveau de l'humanit&#233;, et pour nos pays. Et conduit &#224; s'interroger sur ce ph&#233;nom&#232;ne stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Natalite-+.html" rel="tag"&gt;Natalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/human-5249576_640.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La natalit&#233; a continu&#233; sa baisse, et dans une grande partie des pays du monde, elle est en dessous du seuil de renouvellement (2,1 enfants par femme), voire tr&#232;s en dessous, notamment dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Seuls sont nettement au-dessus les pays d'Afrique subsaharienne et quelques pays musulmans d'Asie du Sud. Mais chez eux aussi elle baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation parfaitement in&#233;dite dans l'histoire de l'humanit&#233; pose deux s&#233;ries de questionnements : au niveau de l'humanit&#233;, et pour nos pays. Et conduit &#224; s'interroger sur ce ph&#233;nom&#232;ne stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me pour l'humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pour l'humanit&#233; est tr&#232;s simple : si les taux de natalit&#233; des pays avanc&#233;s se maintiennent plus ou moins au niveau actuel, et si les autres pays descendent tous en dessous de 2, sur la longue dur&#233;e l'humanit&#233; dispara&#238;tra. C'est purement arithm&#233;tique. Cela n'emp&#234;cherait pas la population de nombreux pays de cro&#238;tre encore pendant un certain temps ; en outre, le processus, s'il se v&#233;rifiait, serait in&#233;vitablement long ; mais le r&#233;sultat est clair et serait dans ce cas in&#233;luctable. Et cela quelles que soient les migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait &#233;vit&#233; que dans deux cas : l'un, si les pays actuellement au-dessus de 2,1 y restaient. C'est possible th&#233;oriquement, mais ce n'est pas la tendance en cours, et aucun pays ne l'a fait jusqu'ici. Ou alors, parce que les m&#339;urs changent et qu'on se remet &#224; avoir une moyenne sup&#233;rieure &#224; 2.1 enfants par femme, au moins dans certains pays, et qu'on y reste. Rien ne l'indique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il se d&#233;duit de tout cela une conclusion simple : le choix de vie actuel des pays d&#233;velopp&#233;s n'est pas tenable sur la dur&#233;e. Ce ne peut &#234;tre que des m&#339;urs provisoires pour une p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est suffisamment grave pour qu'on s'en alarme, y compris dans des milieux progressistes, au moins dans le monde anglophone. Prenons par exemple &lt;i&gt;After the Spike (Population Progress, and the Case for People)&lt;/i&gt;, que viennent de publier deux &#233;conomistes am&#233;ricains, qui se pr&#233;sentent pourtant entre autres comme partisans r&#233;solus de l'avortement libre. Ils d&#233;montrent de fa&#231;on claire et chiffr&#233;e la tendance s&#233;culaire et ancienne de la natalit&#233; &#224; baisser. De ce fait, la hausse massive de la population mondiale, depuis deux si&#232;cles, n'&#233;tait pas due &#224; une natalit&#233; qui serait en hausse, mais exclusivement &#224; l'effondrement de la mortalit&#233; infantile. Ils montrent la g&#233;n&#233;ralisation de cette tendance lourde dans toutes les civilisations et cultures. Et ils montrent aussi que l'efficacit&#233; des politiques natalistes est toute relative (quelle que soit leur justification par ailleurs, en termes de solidarit&#233;). Ils montrent aussi que la pr&#233;sence d'une population nombreuse et plus encore, en croissance, ne se heurte &#224; aucun obstacle r&#233;el de type malthusien ou &#233;cologique. Mieux, une population plus abondante signifie une interaction plus grande et par l&#224; une cr&#233;ativit&#233; sup&#233;rieure, notamment en termes d'innovation. D'o&#249; un vigoureux plaidoyer en faveur d'un objectif au moins de stabilisation de la natalit&#233; moyenne autour de 2.1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me pour nos pays, la France en particulier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la tendance est l&#224;. Quelle en est la signification pour nos pays ? Apr&#232;s s'&#234;tre longtemps berc&#233;e de l'id&#233;e qu'elle &#233;tait une exception, la France est d&#233;sormais dans le m&#234;me lot que les autres : sa natalit&#233; (avec une composante d'origine immigr&#233;e croissante) est pass&#233;e franchement en dessous de 1,9. Ce qui veut dire que, r&#233;duite &#224; elle-m&#234;me, sur la dur&#233;e sa population diminuera (c'est le cas d&#233;j&#224; d'autres) ; son seul &#233;l&#233;ment de stabilit&#233; ou de croissance est l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement la natalit&#233; des pays d'Afrique, bien qu'en baisse r&#233;guli&#232;re, reste tr&#232;s &#233;lev&#233;e. L'inertie d&#233;mographique aidant, la population africaine va donc cro&#238;tre consid&#233;rablement d'ici la fin du si&#232;cle, tandis que celle de l'Europe (hors cet apport) va se r&#233;duire de plus en plus. La conclusion est l&#224; aussi claire : sauf retournement significatif de tendance, c'est ce que d'aucuns appellent un grand remplacement. Nul besoin de complotisme, et aucun racisme l&#224;-dedans : c'est factuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc et pour les quelques g&#233;n&#233;rations qui viennent, l'enjeu pour nos pays est consid&#233;rable et imm&#233;diat : c'est soit la mort lente, soit plus probablement le remplacement (et peut-&#234;tre la mort ensuite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque est attach&#233; &#224; son pays, sa culture et son apport sp&#233;cifique &#224; l'humanit&#233; ne peut qu'&#234;tre boulevers&#233; par ces perspectives. Et plus largement, pour le premier sc&#233;nario, quiconque pense qu'il est bon que l'humanit&#233; existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des personnes attach&#233;es &#224; la famille et au pays pense alors aux prestations familiales. De fait, le co&#251;t d'un ou plusieurs enfants est appr&#233;ciable. Et il n'est que justifi&#233;, en pure perspective de justice et de solidarit&#233;, qu'un effort important soit fait pour aider ces familles. Mais malheureusement, l'exp&#233;rience montre que cela ne suffit pas : il n'y a pas de corr&#233;lation forte entre natalit&#233; et allocations familiales ou effort additionnel. On pourrait penser alors &#224; des mesures plus brutales ; l'une, logique, serait de r&#233;server pour l'avenir le b&#233;n&#233;fice des retraites par r&#233;partition aux familles ayant eu des enfants, en proportion du nombre de ceux-ci &#8211; puisque ce sont les enfants devenus adultes qui payent ces retraites &#224; leurs a&#238;n&#233;s. Mais les chances de voir une telle mesure adopt&#233;e sont, reconnaissons-le, tr&#232;s faibles. En outre, la violence n'est sans doute pas appropri&#233;e comme moyen de convaincre les gens de faire des enfants. Par ailleurs, rappeler les &#233;l&#233;ments rationnels expos&#233;s ci-dessus serait certainement utile, mais cela ne para&#238;t pas non plus pouvoir d&#233;boucher sur une inflexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les raisons de cet effondrement de la natalit&#233; sont profondes et plus encore que culturelles, anthropologiques. Signalons ici le remarquable opuscule que vient de publier Olivier Rey : &lt;i&gt;D&#233;f&#233;condit&#233;, ses raisons, sa d&#233;raison&lt;/i&gt;. Il montre le lien &#233;troit entre l'&#233;volution des m&#339;urs et la d&#233;natalit&#233; : la pr&#233;dominance d'un mode de vie bas&#233; sur un suppos&#233; accomplissement de soi individualiste, o&#249; les enfants sont une g&#234;ne ; le repli sur la famille nucl&#233;aire, alors m&#234;me que les parents sont absents du foyer la plupart du temps et qu'une partie de la charge &#233;ducative est reprise par l'&#233;cole ; l'&#233;ducation permissive qui rend ces m&#234;mes enfants souvent insupportables ; la disparition du sens de la transmission entre g&#233;n&#233;rations, dans une soci&#233;t&#233; qui exige le changement permanent, etc. S'y ajoute l'ombre de plus en plus lourde des angoisses environnementales. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, l'id&#233;e qu'il est bon que l'humanit&#233; se perp&#233;tue est m&#234;me remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, avoir des enfants et les &#233;lever a toujours repr&#233;sent&#233; un co&#251;t, financier, mais peut-&#234;tre plus encore, d'opportunit&#233; et de souci. En valeur relative, ce co&#251;t alternatif est consid&#233;r&#233; plus &#233;lev&#233; aujourd'hui ; et les avantages anciens de la famille sont maintenant fournis par l'ext&#233;rieur. Mais l'essentiel n'est pas l&#224; : on ne comprend plus l'importance vitale pour l'accomplissement d'une vie d'homme de faire et d'&#233;duquer des enfants ; on est incapable de se hausser au-del&#224; de la perspective mat&#233;rielle, dans ce qu'il faut bien appeler une forme d'implosion spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces tendances lourdes qu'il faudrait renverser. J'ai abord&#233; cette question &#224; plusieurs reprises ici m&#234;me &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-politique-familiale-est-necessaire-mais-elle-ne-suffit-pas-pour-redresser-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-po...&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Natalite-quand-une-societe-ne-croit-plus-en-son-avenir.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Natal...&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt; . Le point central est un renversement de perspective, qui doit conduire &#224; admettre collectivement que chacun a deux t&#226;ches dans la vie : l'une, de fonder une vraie famille avec enfants ; l'autre, de travailler pour la soci&#233;t&#233;. Autrefois le second &#233;tait m&#234;me subordonn&#233; au premier. Or le moment qui est le plus favorable pour une famille est entre 20 et 35 ans. Il faut donc briser le sch&#233;ma actuel pour lequel c'est le moment o&#249; on est cens&#233; se d&#233;vouer exclusivement &#224; sa carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au fond une humanit&#233; qui ne met pas au premier rang de ses priorit&#233;s les g&#233;n&#233;rations futures est morte dans son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;r&#232;glement social, des soci&#233;t&#233;s animales aux soci&#233;t&#233;s humaines</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-dereglement-social-des-societes-animales-aux-societes-humaines.html</link>
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		<dc:date>2025-04-12T16:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;cadence</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;r&#232;glement social</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;s animales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Paul Val&#233;ry disait que nos civilisations sont mortelles. Et il y a bien des exemples de soci&#233;t&#233;s qui ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; ce sujet int&#233;ressant d'examiner les m&#233;canismes pouvant conduire &#224; ce r&#233;sultat, y compris en partant d'exp&#233;riences sur des soci&#233;t&#233;s animales, comme celle de John Calhoun sur des rats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle montre qu'une soci&#233;t&#233; animale peut s'installer dans une d&#233;rive qui aboutit &#224; sa disparition, par d&#233;rapage de ses m&#339;urs, alors m&#234;me que sa base mat&#233;rielle est satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un effet majeur : l'oubli des g&#233;n&#233;rations futures et donc de sa reproduction. Cela vous rappelle quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/crowd-5076714_1920.jpg?1787417296' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paul Val&#233;ry disant que nos civilisations sont mortelles : il pensait au drame de 14-18. Et il y a bien d'autres exemples de soci&#233;t&#233;s qui ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; ce sujet int&#233;ressant d'examiner les m&#233;canismes possibles pouvant conduire &#224; ce r&#233;sultat, y compris en partant d'exp&#233;riences animales comme celle de John Calhoun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exp&#233;rience Calhoun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1958, John B. Calhoun mena des exp&#233;riences de surpopulation chez les rats (&#8216;Univers 25'). Son sujet premier &#233;tait la question de l'espace. Mais cette exp&#233;rience offre une mati&#232;re &#224; r&#233;flexion bien plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les donn&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Wikip&#233;dia, &#171; Calhoun a fourni une cage &#224; des rats avec de la nourriture et de l'eau en quantit&#233; suffisante pour soutenir toute augmentation de la population. En revanche la cage avait une taille jug&#233;e suffisante pour seulement 50 rats. La population a culmin&#233; &#224; 2200 rats&#8230;et, par la suite, a montr&#233; une vari&#233;t&#233; de comportements anormaux, souvent destructeurs. Sa conclusion &#233;tait que l'espace lui-m&#234;me est une n&#233;cessit&#233;. Des &#233;tudes ult&#233;rieures impliquant les humains ont montr&#233; que ce n'est pas le simple manque d'espace qui provoque ce ph&#233;nom&#232;ne. C'est la n&#233;cessit&#233; pour les membres de la communaut&#233; d'interagir entre eux. Lorsque les interactions forc&#233;es d&#233;passent un certain seuil, les normes sociales c&#232;dent&#8230; Les rats d&#233;veloppent des comportements extr&#234;mement anormaux pouvant mener &#224; l'extinction de la population &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc rien en terme physiques qui explique ce ralentissement : tout se passe au niveau social et comportemental. Des ph&#233;nom&#232;nes divers apparaissent, affectant les comportements sexuels et maternels. Les m&#226;les dominants excluent les autres de la reproduction, qui errent alors, devenant soit agressifs et en bande, soit isol&#233;s ; ils attaquent les femelles et les plus jeunes. Certains m&#226;les deviennent exclusivement homosexuels ou hypersexuels ; ou ne se soucient plus de reproduction. Les femelles, excessivement sollicit&#233;es, s'isolent et ne sortent plus ; parfois elles abandonnent leurs petits ou les attaquent, et finissent par ne plus se reproduire. Il y a m&#234;me ce que Calhoun a appel&#233; un &#8216;cloaque comportemental' : &#171; les animaux s'entassaient ensemble en grand nombre dans un seul des quatre enclos interconnect&#233;s o&#249; r&#233;sidait la colonie... dans l'enclos d&#233;di&#233; &#224; l'alimentation, laissant des populations clairsem&#233;es dans les autres enclos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rats, pourtant sociaux en soi, deviennent donc individualistes et ne s'occupent plus que d'eux-m&#234;mes. La population d&#233;cline puis la reproduction s'arr&#234;te, les rares jeunes ne survivent plus que quelques jours. Ensuite la population s'effondre. L'espace redevient disponible, et les rats sont encore &#224; m&#234;me de procr&#233;er. ; mais l'esprit social a disparu, et rien ne contrebalance la d&#233;rive. M&#234;me mises en contact avec des cong&#233;n&#232;res normaux, les derni&#232;res femelles ne changent pas de comportement et se contentent de manger et de dormir, sans procr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc des animaux &#8216;sociaux' qui finissent par adopter des comportements asociaux alors qu'il n'y a aucun probl&#232;me de ressources ; comme si les derniers membres n'avaient plus les moyens &#8216;mentaux' (et sociaux) de red&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'espace, objet initial de l'exp&#233;rience, est &#233;videmment une des causes majeures de ce d&#233;r&#232;glement, notamment avec la multiplication excessive des interactions entre sujets. Mais un autre facteur explicatif essentiel est le fait que ces animaux n'avaient plus de d&#233;fi, plus rien &#224; accomplir, plus de lutte contre l'adversit&#233;, source de coh&#233;sion sociale. Dit autrement, ce groupe n'&#233;tait plus confront&#233; aux causes de mort que l'on trouve dans la nature (privation de nourriture, pr&#233;dation, maladie etc.). Et ces deux facteurs s'ajoutent : trop d'interactions sans but ni sens cr&#233;ent assez logiquement de la violence inutile, puis la lassitude et l'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233; des causes possibles, il reste deux constatations troublantes. La premi&#232;re est que l'effet n'est pas purement rationnel et adaptatif : si la cause n'&#233;tait que l'espace, l'effet devrait &#234;tre en rapport. Or ce qui se d&#233;r&#232;gle, c'est l'ensemble des rapports sociaux et des comportements individuels. En outre, ce que Calhoun appelle &#8216;cloaque comportemental', &#224; savoir une accumulation des rats dans certaines parties, montre que cela aboutit entre autres &#224; une restriction de l'espace, cette fois volontaire, et non &#224; une dispersion. Enfin, si la remise en cause de la reproduction peut s'expliquer par la question de l'espace, elle devrait s'arr&#234;ter avec la baisse de la population. Or, deuxi&#232;me constatation importante, les comportements acquis &#224; cette occasion ne cessent plus apr&#232;s. Ils ont pu &#234;tre dans une certaine mesure fonctionnels (face &#224; la surpopulation), mais ils subsistent au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t donc est que l'explication par l'espace ne suffit pas, et donc que l'absence de d&#233;fi joue un r&#244;le a priori important aussi. Mais surtout qu'il y a eu une sorte de d&#233;structuration culturelle : les rats ont progressivement en quelque sort d&#233;sappris les modes de comportements normaux, permettant &#224; des groupes de se renouveler. Et cette d&#233;structuration devient une sorte de nouvelle nature, qui persiste ensuite, aboutissant &#224; leur disparition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et notre soci&#233;t&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, l'&#234;tre humain est plus complexe que de simples souris de laboratoire. Mais ce sont aussi des &#234;tres sociaux, et les relations qu'ils ont avec les autres sont d&#233;cisives pour leur survie. Notamment la qualit&#233; des liens affectifs, le souci des enfants et de leur &#233;ducation, en un mot de la famille. Si donc ils peuvent prendre du recul par rapport &#224; ce qu'on appelle chez les animaux l'instinct, ce qui s'y ajoute et en partie s'y substitue est un ensemble de traits culturels et de comportements, qui peut parfaitement d&#233;river, tout comme celui des rats dans cette exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a soulign&#233; justement la ressemblance de cette exp&#233;rience avec certains traits de la soci&#233;t&#233; actuelle : l'individualisme &#233;videmment, enracin&#233; dans une id&#233;ologie dominante ; la violence ; les comportements asociaux et d&#233;viants ; ou l'id&#233;e qu'on n'a rien &#224; accomplir. Et bien s&#251;r l'effondrement des taux de natalit&#233;. Ce qui conduirait &#224; s'inqui&#233;ter pour l'avenir. Sur ces points effectivement, la ressemblance est directe ; or dans le cas humain, il est douteux que la restriction d'espace soit le facteur explicatif principal &#8211; m&#234;me si l'entassement urbain y fait penser, car l'humanit&#233; a connu d'autres cas d'entassement sans produire les m&#234;mes effets, en Asie par exemple. Il faut donc recourir &#224; l'explication par les facteurs culturels : soient que ceux-ci n'aient pas permis de r&#233;agir &#224; une situation d&#233;favorable (entassement ou abondance excessive de biens), soit qu'ils aient &#233;volu&#233; dans un sens contreproductif, ou les deux ensemble. C'est ce qui para&#238;t le plus probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'ailleurs ajouter &#224; la d&#233;natalit&#233; d'autres d&#233;r&#232;glements majeurs de nos soci&#233;t&#233;s, tout aussi dysfonctionnels, par exemple l'empilement des dettes, ou les risques &#233;cologiques. Or aucun des deux n'a &#224; voir avec l'entassement, mais r&#233;sultent de pratiques collectives d&#233;viantes &#8211; potentiellement meurtri&#232;res &#224; terme, si un virage majeur n'est pas pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point &#224; souligner, qui n'est d'ailleurs pas sans rapport avec l'exp&#233;rience des rats, qui est qu'un comportement qui a pu apparaitre adapt&#233; et justifi&#233; peut devenir contreproductif, si les int&#233;ress&#233;s s'y attachent et le valorisent. On trouve ici le r&#244;le pervers que peuvent avoir des id&#233;ologies, la&#239;ques ou religieuses. Un exemple fameux d'un tel d&#233;sastre est celui des habitants de l'&#238;le de P&#226;ques, qui pour fabriquer leurs c&#233;l&#232;bres statues &#224; motif religieux ont progressivement d&#233;bois&#233; toute l'&#238;le et cr&#233;&#233; une catastrophe &#233;cologique. Or, de leur point de vue, faire ces statues &#233;tait une cause noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute ce qu'on observe dans nos soci&#233;t&#233;s. Car ce n'est pas seulement la consommation qu'il faut incriminer, mais toute une id&#233;ologie devenue dominante avec le postmodernisme, l'id&#233;ologie du droit pour chacun de faire ce qui lui pla&#238;t sous r&#233;serve du droit identique du voisin - dernier effet d'un paradigme de neutralit&#233; pr&#233;sent depuis trois si&#232;cles. D'o&#249;, entre autres, l'oubli de tout sens de la communaut&#233;, sauf comme source de pr&#233;bendes et de protection juridique (id&#233;ologie des droits) et une individualisme maladif. Et plus encore, l'oubli du sens de la responsabilit&#233; envers la post&#233;rit&#233; et la descendance, et donc la famille, pourtant au centre de toutes les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La politique familiale est n&#233;cessaire, mais elle ne suffit pas pour redresser la d&#233;mographie </title>
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		<dc:date>2024-06-18T12:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;mographie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique familiale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Une politique familiale est n&#233;cessaire, avant toute consid&#233;ration nataliste. Faire et &#233;lever des enfants est une t&#226;che majeure, car cela construit l'avenir de la soci&#233;t&#233;. Celle-ci ne peut donc qu'y porter une grande attention, en termes de simple justice d&#233;j&#224;, et a fortiori au vu des enjeux pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire qu'une telle politique suffise pour redresser la natalit&#233;, tant s'en faut. Ni que le recul de ces prestations en France soit la cause principale de l'effondrement de notre natalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres facteurs sont aussi &#224; l'&#339;uvre : des comportements collectifs h&#233;donistes, une conception fausse de la famille, et des syst&#232;mes de valeurs d&#233;sesp&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Article paru dans &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Politique-familiale-+.html" rel="tag"&gt;Politique familiale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une politique familiale est n&#233;cessaire, avant toute consid&#233;ration nataliste. Faire et &#233;lever des enfants est une t&#226;che majeure, car cela construit l'avenir de la soci&#233;t&#233; dans ce qu'il a d'essentiel. Celle-ci ne peut donc qu'y porter une grande attention, m&#234;me si c'est d'abord de la responsabilit&#233; des familles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;valuations du travail domestique, gratuit, montrent qu'il repr&#233;sente une activit&#233; consid&#233;rable : m&#234;me sur la base d'une valorisation faible de l'heure pass&#233;e (au SMIC) elles conduisent &#224; un tiers du PIB ou plus. Or cette activit&#233; n'est pas assur&#233;e de fa&#231;on comparable par tous : certains ont plusieurs enfants et y passent du temps ; d'autres au contraire n'en ont pas ou un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, en termes de simple justice, et a fortiori au vu des enjeux pour l'avenir, une politique familiale est indispensable. Au-del&#224; de dispositifs fiscaux comme le quotient familial, refl&#233;tant une plus faible capacit&#233; contributive, la question est d'un niveau d'allocations familiales aidant efficacement tout foyer &#233;levant des enfants. Voire d'un v&#233;ritable salaire familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire qu'une telle politique suffise pour redresser la natalit&#233; ? Ou, que le recul marqu&#233; de ces prestations en France soit la cause principale de l'effondrement de notre natalit&#233; ? Les faits paraissent ne pas aller dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un article r&#233;cent du &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt; (John Burn-Murdoch, 29 mars 2024) estime qu'entre 1980 et 2019, les pays d&#233;velopp&#233;s (OCDE) ont presque tripl&#233; leurs d&#233;penses r&#233;elles (en dollars constants par t&#234;te) en allocations familiales et autres. Mais dans le m&#234;me temps, leur f&#233;condit&#233; a baiss&#233; de 1,85 &#224; 1,53 par femme, de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re et forte depuis 15 ans. Les graphiques par pays le montrent : partout des d&#233;penses plut&#244;t en hausse ou stables (sauf l&#233;g&#232;re baisse r&#233;cente en France et au Royaume Uni), mais des f&#233;condit&#233;s en baisse, parfois forte m&#234;me quand les aides augmentent nettement (Cor&#233;e, Finlande, Canada). Quant aux corr&#233;lations entre aides et natalit&#233;, elles sont certes positives, mais pas tr&#232;s fortes, avec une forte dispersion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui montre que d'autres facteurs sont &#224; l'&#339;uvre : des syst&#232;mes de valeurs et des comportements collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ceux-ci, l'importance d&#233;sormais vitale du co&#251;t de l'&#233;ducation, d&#233;sormais &#233;lev&#233; en argent mais aussi en temps, m&#234;me si c'est moins net en France. Ce qui peut &#234;tre dissuasif. Selon une &#233;tude cit&#233;e, &#171; en 1965, les m&#232;res de jeunes enfants dans les pays d&#233;velopp&#233;s consacraient en moyenne un peu plus d'une heure par jour &#224; des activit&#233;s avec leurs enfants. En 2018, c'&#233;tait pass&#233; &#224; trois heures, et en Cor&#233;e, &#224; pr&#232;s de quatre &#187; (le taux de f&#233;condit&#233; y a chut&#233; &#224; 0,72), tandis qu'en France, o&#249; ce temps est plus faible et a plut&#244;t baiss&#233; (2 heures) le taux de natalit&#233; a mieux r&#233;sist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur est l'&#233;volution des priorit&#233;s. &#171; En 1993, 61 % des Am&#233;ricains disaient qu'avoir des enfants &#233;tait important pour une vie &#233;panouie &#187;, aujourd'hui c'est 26 %. On note aussi la baisse de la part des jeunes adultes vivant en couple. S'y ajoute l'inqui&#233;tude croissante pour l'avenir, notamment pour des motifs &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cela ? C'est d'abord l'h&#233;donisme ambiant, la pr&#233;f&#233;rence pour des alternatives moins engageantes que des enfants, et jug&#233;es plus gratifiantes. Mais au fond cela refl&#232;te l'orientation globale de la soci&#233;t&#233;. Comme je l'ai montr&#233; ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale. Entre 25 et 35 ans la famille devrait &#234;tre une priorit&#233;, personnelle et collective, sans nuire &#224; la perspective professionnelle - notamment pour les jeunes femmes. Ce que nos soci&#233;t&#233;s refusent de voir et d'organiser. Et de corriger la pression de la comp&#233;tition scolaire par une p&#233;dagogie orient&#233;e vers le d&#233;veloppement personnel et social et donc la culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoute plus profond&#233;ment un facteur spirituel. Pour donner un sens &#224; sa vie, croire en un avenir malgr&#233; les peurs, on a besoin de se relier en une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure, source de confiance et de motivation, qui offre une perspective essentielle au-del&#224; de l'imm&#233;diat. Or, outre la perte de la foi, ce qui caract&#233;rise nos soci&#233;t&#233;s est un nihilisme latent, d'o&#249; le recul du patriotisme et du sens de la soci&#233;t&#233;, et une p&#233;dagogie qui n'est plus tourn&#233;e vers la transmission d'une culture. Et donc pas vers l'avenir. Le ressort a largement disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&lt;i&gt;Article paru dans&lt;/i&gt; La Nef)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Natalit&#233; : quand une soci&#233;t&#233; ne croit plus en son avenir</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Natalite-quand-une-societe-ne-croit-plus-en-son-avenir.html</link>
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		<dc:date>2024-02-22T16:08:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la soci&#233;t&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'effondrement de la natalit&#233; fran&#231;aise est un &#233;v&#233;nement majeur et nous sommes d&#233;sormais loin du seuil de remplacement de 2,05. En cela on rejoint l'&#233;volution des autres pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or de tels niveaux de natalit&#233; ne peuvent pas &#234;tre un &#233;tat permanent de l'humanit&#233;, car ils signifient &#224; terme long la disparition de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des facteurs &#233;conomiques, cela traduit une forme de d&#233;pression collective, d'implosion sourde. Comme si le ressort avait disparu ou s'&#233;tait d&#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Denatalite-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;natalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Natalite-+.html" rel="tag"&gt;Natalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Avenir-de-la-societe-+.html" rel="tag"&gt;Avenir de la soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'effondrement de la natalit&#233; fran&#231;aise est un &#233;v&#233;nement majeur ; avec 1,68 enfants par femme, migrants compris, nous sommes d&#233;sormais loin du seuil de remplacement de 2,05. Certes cela rejoint l'&#233;volution des autres pays d&#233;velopp&#233;s ; mais ce qu'on pouvait voir comme une exception et une r&#233;ussite est d&#233;sormais &#224; peine diff&#233;rent de ce qui se passe ailleurs. M&#234;me s'il y a bien pire, comme en Cor&#233;e du Sud (0.8 enfants par femme).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le constat d&#233;mographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans &lt;i&gt;Les dilemmes de la natalit&#233;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Les-dilemmes-de-la-natalite.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Les-d...&lt;/a&gt; la natalit&#233; peut pendant un temps &#234;tre en dessous du seuil de renouvellement : la population baisse, cela cr&#233;e de graves probl&#232;mes pour les retraites et pour la cr&#233;ativit&#233; collective, mais c'est concevable. En revanche sur la longue dur&#233;e cela d&#233;bouche sur la disparation de la population concern&#233;e. Ce qui veut dire que nos niveaux de natalit&#233; ne peuvent pas &#234;tre un &#233;tat permanent de l'humanit&#233;. On r&#233;p&#232;te en &#233;cologie que l'humanit&#233; ne pourrait pas vivre selon l'actuel mode de vie am&#233;ricain, car la plan&#232;te n'y suffirait pas. La m&#234;me phrase peut &#234;tre prise en sens inverse : l'humanit&#233; ne peut pas vivre ind&#233;finiment avec la natalit&#233; actuelle des pays avanc&#233;s, car elle dispara&#238;trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or tous les pays, d&#232;s qu'ils atteignent un certain niveau de d&#233;veloppement (au moins social et culturel, sinon &#233;conomique, au moins de mentalit&#233;), ont des seuils de remplacement inf&#233;rieurs &#224; 1,7 enfants par femme et souvent beaucoup moins, la principale exception &#233;tant en Afrique noire. Et il est &#233;vident que cet effondrement ne r&#233;sulte en rien d'un choix individuel ou collectif pour une r&#233;duction temporaire, afin d'atteindre un niveau de population plus faible, jug&#233; plus d&#233;sirable. Ce qui se passe est d'une autre nature et m&#233;rite un examen particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Incidemment, la question de l'Afrique se pose et elle est majeure. L'inertie d&#233;mographique est telle que m&#234;me si la natalit&#233; africaine (moyenne de plus de 4 enfants par femme) venait &#224; baisser fortement et rapidement, la croissance de la population y restera tr&#232;s &#233;lev&#233;e jusqu'au si&#232;cle prochain (9% de la population mondiale en 1900, 25% en 2050, 40 % en 2100). Ce qui veut dire que se profile un autre probl&#232;me majeur : le d&#233;s&#233;quilibre entre l'Afrique noire et le reste du monde, et en particulier l'Europe voisine. Mais c'est une autre question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel diagnostic ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi a-t-on des enfants ? Il y avait autrefois deux dimensions majeures d&#233;sormais caduques : une sexuelle et biologique ; et une &#233;conomique, le souci de ses vieux jours, qui pour la majorit&#233; des gens &#233;tait assur&#233; par les enfants. Or ces deux facteurs ont disparu de nos soci&#233;t&#233;s : le lien entre sexualit&#233; et reproduction peut d&#233;sormais &#234;tre suspendu ; et les vieux jours sont assur&#233;s par des dispositifs sociaux. De m&#234;me, la satisfaction de transmettre &#224; ses enfants un outil de travail ou une propri&#233;t&#233; peut subsister mais pas pour la majorit&#233; des gens. Restent donc les seules motivations personnelles, morales, spirituelles, ou affectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traditionnellement, le d&#233;sir d'enfant a deux composantes : l'un est l'amour, cette g&#233;n&#233;rosit&#233; naturelle qui fait que faire des enfants et les &#233;lever est une des joies les plus grandes et les plus nobles ; l'autre est le prolongement de soi-m&#234;me que les enfants repr&#233;sentent, et, plus largement, le renouvellement de la soci&#233;t&#233;, la continuation de la vie. Il semble que ces deux motivations subsistent comme d&#233;sirs profonds, mais que d'autres consid&#233;rations sont plus fortes et expliquent la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend souvent &#224; en chercher la cause dans la dimension &#233;conomique ; par exemple le recul de la politique familiale en France (effectivement lamentable notamment depuis Hollande). Ou dans certains pays les exigences sociales ressenties, qui font des enfants un fardeau lourd : jeunes tra&#238;nant chez leurs parents jusqu'&#224; plus de 30 ans en Italie ; ou poids de la scolarit&#233; au sens large en Asie de l'Est. On met aussi en avant l'angoisse &#233;cologique et un souhait de diminution de la population, r&#233;pandu dans les jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces facteurs sont r&#233;els mais jouent de fa&#231;on variable selon les pays, alors que l'effondrement de la natalit&#233; est g&#233;n&#233;ral. Et si une politique familiale g&#233;n&#233;reuse est n&#233;cessaire, elle n'est pas suffisante, comme le montrent les pays nordiques (Finlande en particulier) et d'autres. D'ailleurs, on a autrefois assum&#233; sans faiblir des niveaux de natalit&#233; bien plus &#233;lev&#233;s avec des niveaux de vie autrement plus bas, ainsi en Europe au XIXe si&#232;cle (le surplus partant aux Am&#233;riques) ; le contre-exemple fran&#231;ais, dont la natalit&#233; &#233;tait alors relativement effondr&#233;e, montrant qu'un choix diff&#233;rent &#233;tait techniquement possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une implosion int&#233;rieure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc manifestement une autre dimension, qui touche aux pr&#233;f&#233;rences collectives et au syst&#232;me de valeurs. C'est bien s&#251;r d'abord l'h&#233;donisme ambiant et la pr&#233;f&#233;rence pour des alternatives autrement moins engageantes que des enfants, et que beaucoup trouvent plus gratifiantes. Et la fragilisation de la famille, qui est un autre sympt&#244;me du m&#234;me mal. Nos soci&#233;t&#233;s n'ont pas int&#233;gr&#233; ce que je soulignait dans un article pr&#233;c&#233;dent (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt; ), que toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale, et qu'entre 25 et 35 ans la famille devrait avoir une priorit&#233;, notamment pour les jeunes femmes, sans nuire &#224; leur perspective professionnelle. Ce que nos soci&#233;t&#233;s refusent absolument de voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela nous met sur la piste d'un autre facteur, d'ordre spirituel au sens large du terme, comme le soulignent r&#233;cemment plusieurs auteurs peu suspects de nostalgie. Ainsi dans un livre r&#233;cent le sociologue allemand H. Rosa, apr&#232;s avoir not&#233; que notre soci&#233;t&#233; est fond&#233;e sur une croissance constante, mais se heurte &#224; l'impression actuelle de d&#233;gradation, notamment &#233;cologique, rappelle que pour donner un sens &#224; nos vies (ou reconna&#238;tre ce sens) nous avons besoin d'&#234;tre interpell&#233;s par une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure (Dieu ou analogue) qui offre &#224; la fois une perspective au-del&#224; des donn&#233;es imm&#233;diates de ce monde, une motivation forte pour croire en un avenir malgr&#233; les peurs, et en d&#233;finitive une forme de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On objectera que si la corr&#233;lation entre natalit&#233; et foi chr&#233;tienne a &#233;t&#233; longtemps forte, ce n'est plus vrai : on a par exemple &#224; la fois une pratique religieuse encore forte mais une faible natalit&#233; en Italie, Pologne etc. Mais en r&#233;alit&#233;, si les consid&#233;rations ambiantes l'emportent, c'est &#233;videmment parce que la foi y est en r&#233;alit&#233; faible et impacte peu la vie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on convergente, E. Todd dans son dernier livre rapproche l'effondrement de toute r&#233;alit&#233; religieuse, m&#234;me r&#233;siduelle, dans les pays avanc&#233;s (et notamment du protestantisme anglosaxon) avec la d&#233;sagr&#233;gation de la famille et l'effondrement de la natalit&#233;. D'o&#249; un nihilisme latent, qui se traduit aussi dans le recul massif du patriotisme et plus g&#233;n&#233;ralement du sens de la soci&#233;t&#233;, ou dans la pr&#233;f&#233;rence pour la consommation par rapport &#224; la production. D'o&#249; aussi la tendance &#224; la baisse du niveau culturel et &#233;ducatif (et m&#234;me du QI). J'y ajouterai une p&#233;dagogie aberrante fruit du relativisme, qui n'est plus tourn&#233;e vers l'&#233;ducation et la transmission d'un savoir et d'une culture. Et qui donc de fait n'est plus tourn&#233;e vers l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci pointe vers une forme de d&#233;pression collective, d'implosion sourde, int&#233;rioris&#233;e mais collectivement entretenue, et tout &#224; fait compatible, au moins pendant un temps, avec des m&#339;urs dans l'ensemble plut&#244;t douces, sans signal imm&#233;diat et manifeste de narcose, alors que celle-ci progresse sourdement. Comme si le ressort avait disparu ou s'&#233;tait d&#233;tendu. C'est grave, docteur. Sans retournement majeur, c'est m&#234;me &#224; terme mortel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt; n&#176; 233&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir aussi mon article : &lt;i&gt;La politique familiale est n&#233;cessaire, mais elle ne suffit pas pour redresser la d&#233;mographie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-politique-familiale-est-necessaire-mais-elle-ne-suffit-pas-pour-redresser-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-po...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Famille et vie professionnelle : changer de paradigme </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html</link>
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		<dc:date>2023-12-21T16:16:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Famille et profession</dc:subject>
		<dc:subject>Famille et natalit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale. Celle-ci est tout aussi d&#233;cisive que l'autre, car par elle la soci&#233;t&#233; se renouvelle et assure la formation des g&#233;n&#233;rations futures. Abord&#233;e traditionnellement sous le seul angle de la natalit&#233;, cette exigence est donc bien plus large. Or la gestion simultan&#233;e de ces deux responsabilit&#233;s n'est pas simple, notamment pour les femmes. Il faut donc y travailler en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre soci&#233;t&#233; ne raisonne pas ainsi. Culturellement individualiste, elle laisse les individus se d&#233;brouiller et g&#233;rer leurs contraintes plus ou moins contradictoires, avec finalement peu de soutien et de reconnaissance - hors certaines prestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc renverser les priorit&#233;s : ce que chacun fait pour sa famille est aussi important pour la soci&#233;t&#233; que le travail accompli &#224; l'ext&#233;rieur, et doit &#234;tre pris en compte et soutenu comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-+.html" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-et-profession-+.html" rel="tag"&gt;Famille et profession&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-et-natalite-+.html" rel="tag"&gt;Famille et natalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale. Celle-ci est tout aussi d&#233;cisive que l'autre, car par elle la soci&#233;t&#233; se renouvelle et assure la formation des g&#233;n&#233;rations futures. Abord&#233;e traditionnellement sous le seul angle de la natalit&#233;, cette exigence est donc bien plus large. Or la gestion simultan&#233;e de ces deux responsabilit&#233;s n'est pas simple, notamment pour les femmes. Il faut donc y travailler en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre soci&#233;t&#233; ne raisonne pas ainsi. Culturellement individualiste, elle laisse les individus se d&#233;brouiller et g&#233;rer leurs contraintes plus ou moins contradictoires, avec finalement peu de soutien et de reconnaissance - hors certaines prestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc renverser les priorit&#233;s : ce que chacun fait pour sa famille est aussi important pour la soci&#233;t&#233; que le travail accompli &#224; l'ext&#233;rieur, et doit &#234;tre pris en compte et soutenu comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme des jeunes entre famille et profession&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme entre famille et vie professionnelle est en soi simple. L'&#226;ge id&#233;al pour fonder une famille et s'en occuper au moment o&#249; les enfants demandent le plus de soin est entre 20 et 40 ans, plus particuli&#232;rement entre 25 et 35. Or l'organisation de notre vie professionnelle fait de ces m&#234;mes p&#233;riodes celles o&#249; se joue une &#233;tape essentielle pour la poursuite d'une carri&#232;re. Et rien ne prend en compte ce dilemme. R&#233;sultat : une majorit&#233; des gens reporte l'&#226;ge de formation de la famille, et bien souvent en r&#233;duit la taille. Le m&#234;me dilemme se poursuit, &#224; un moindre degr&#233;, pour les parents, jusqu'&#224; la cinquantaine, lorsque les enfants arrivent &#224; la sortie de l'adolescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or nous sommes dans une soci&#233;t&#233; de comp&#233;tition intense, o&#249; tout retard pris peut s'av&#233;rer irrattrapable ; ce qui exacerbe les dilemmes pr&#233;c&#233;dents. Comme le dit Ulrich Beck : &#171; le march&#233; du travail exige la mobilit&#233; sans tenir compte des situations personnelles. Le couple et la famille exigent le contraire. [&#8230;] Le sujet du march&#233; est l'individu seul, d&#233;barrass&#233; de tout &#8216;handicap' relationnel, conjugal ou familial &#187;. L'investissement que demande la profession peut devenir exigeant, absorbant toutes les ressources utiles. Dans ce combat, c'est la famille qui part perdante, tant les personnes concern&#233;es que leurs enfants, et en d&#233;finitive nous tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la difficult&#233; se pr&#233;sente avec beaucoup plus de force dans le cas des jeunes femmes, qui ont en g&#233;n&#233;ral par go&#251;t et par nature une implication bien plus grande dans la naissance et l'&#233;ducation des jeunes enfants (voir ici mon article pr&#233;c&#233;dent &lt;i&gt;Sur la condition de la femme dans la soci&#233;t&#233; actuelle&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Sur-la-condition-de-la-femme-dans-la-societe-actuelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Sur-l...&lt;/a&gt;). Elles sont donc d'autant plus tiraill&#233;es entre les aspirations contradictoires de la vie familiale et de la vie professionnelle, et on ne peut que les frustrer en ne les prenant pas s&#233;rieusement en compte tous les deux. L'id&#233;e que la solution est dans un partage plus grand des t&#226;ches avec les p&#232;res est en partie trompeuse : ce peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment de progr&#232;s possible, mais pas la solution, car les deux sexes sont r&#233;ellement diff&#233;rents, et l&#233;gitimement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines peuvent avoir une pr&#233;f&#233;rence nette pour l'un des deux ; bien souvent, ce sera alors plut&#244;t pour la famille. Dans ce cas, il n'est ni juste ni b&#233;n&#233;fique que cela les p&#233;nalise tant dans leur insertion sociale que par la suite dans la reprise d'une profession, si elles le souhaitent. Dit autrement, il est naturel et in&#233;vitable que deux mod&#232;les coexistent, souvent successivement : celles qui veulent passer un temps important et &#233;ventuellement exclusif dans la vie familiale ; et celles qui tout en prenant en charge leurs enfants, veulent une vie professionnelle active. Il est irr&#233;aliste et contreproductif de ne promouvoir qu'un seul mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle fait l'objet d'une litt&#233;rature tr&#232;s abondante. Mais la perspective adopt&#233;e dans cette litt&#233;rature est largement celle d'une conciliation au niveau personnel entre deux d&#233;sirs l&#233;gitimes. Ce qu'elle est bien s&#251;r, mais elle est beaucoup plus encore : c'est en effet une exigence collective majeure. Et donc il est vital que la soci&#233;t&#233; s'organise autrement. En priorit&#233;, pour permettre aux jeunes entre 25 et 35 ans, notamment les jeunes femmes, de fonder leur famille dans des conditions convenables, tout en assurant les d&#233;buts de leur vie professionnelle. Ensuite, que ceux qui assument compl&#232;tement la dimension familiale ne soient pas p&#233;nalis&#233;s par la suite. De m&#234;me ceux qui, entre 35 et 50 ans, s'occupent activement de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Cela vise trois niveaux : les personnes, les employeurs, et les pouvoirs publics. On ne peut qu'en &#233;voquer ici les grands axes, en se concentrant sur les employeurs et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes montrent qu'une proportion appr&#233;ciable des p&#232;res et surtout des m&#232;res ont des difficult&#233;s &#224; concilier leurs responsabilit&#233;s professionnelles et familiales, tant pratiquement que psychologiquement (stress accru), et qu'ils jugent le soutien des employeurs insuffisant. Les employeurs doivent donc compl&#233;tement int&#233;grer deux id&#233;es. L'une, qu'il est normal et naturel que des parents, notamment des m&#232;res, aient besoin de dispositifs adapt&#233;s, d'horaires de travail, de temps partiel, de cr&#232;ches sur place ou de temps pour y avoir acc&#232;s, ainsi que de charge de travail et de travail &#224; distance adapt&#233;, voire d'aide financi&#232;re etc. Quand on veut, on trouve des solutions pour s'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre id&#233;e est qu'il est stupide de ne vouloir que des carri&#232;res lin&#233;aires &#224; plein temps. Une personne dou&#233;e qui n'a eu &#224; 35 ans qu'une exp&#233;rience professionnelle faible peut parfaitement &#234;tre tr&#232;s vite tout aussi productive qu'une autre. Dur pour les entreprises ? Mais elles ont d&#251; dans le pass&#233; absorber des &#233;volutions d'une tout autre ampleur, qui apparaissent d&#233;sormais comme allant de soi (dur&#233;e du travail, travail p&#233;nible, cong&#233;s, droit du travail etc.). Et bien entendu la soci&#233;t&#233; doit y prendre sa part, en fournissant un cadre juridique adapt&#233;, incitatif et parfois contraignant, ce qu'elle ne fait que partiellement (cong&#233;s de naissance et parentaux etc., prestations - cr&#232;ches etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me soci&#233;t&#233;, en outre, doit prendre la pleine mesure de l'importance du travail domestique. Ce travail, dont une part majoritaire est assur&#233;e par les femmes (qui ont donc des journ&#233;es de travail plus longues et plus de stress, si cela se cumule avec une profession) est quantitativement tr&#232;s sous-estim&#233; ; or en r&#233;alit&#233; il repr&#233;sente, m&#234;me en fourchette basse d'&#233;valuation, plus de 40 % du PNB (voir mon article &lt;i&gt;Le trou noir de la science &#233;conomique : la famille&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-trou-noir-de-la-science-economique-la-famille.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-tr...&lt;/a&gt;). Et il est aussi qualitativement sous-estim&#233;, puisqu'&#224; c&#244;t&#233; de t&#226;ches r&#233;p&#233;titives, il comporte des &#233;l&#233;ments essentiels d'harmonie de la vie commune et surtout un r&#244;le vital pour la soci&#233;t&#233;, avec l'&#233;ducation des enfants. Si donc il peut &#234;tre r&#233;duit par externalisation ou m&#233;canisation de certaines t&#226;ches, il ne peut et ne doit pas devenir marginal. Il serait donc normal qu'il soit collectivement consid&#233;r&#233; comme ce qu'il est, une contribution essentielle &#224; la vie commune. En particulier, les prestations familiales doivent &#234;tre revues pour prendre en compte ce fait ; en outre cela doit ouvrir de vrais droits &#224; retraite, que la personne ait une activit&#233; professionnelle ou pas ; d'autant qu'en r&#233;gime de r&#233;partition, les retraites sont pay&#233;es par les g&#233;n&#233;rations futures, mais encore faut-il qu'elles existent et soient &#233;duqu&#233;es. De telles transformations sont lourdes, mais l'enjeu en vaut la peine, et ce n'est que justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme on voit, cela n'a de chance de d&#233;boucher que si le regard de tous est profond&#233;ment chang&#233; ; en un mot, cela suppose un changement dans la vision commune de ce qu'est une soci&#233;t&#233;, essentiellement au profit de la famille, comprise comme une fin en soi, vitale pour la soci&#233;t&#233;, et non comme une option de consommation ou un genre de vie personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine n. 231 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/civilisation/famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/civili...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur la condition de la femme dans la soci&#233;t&#233; actuelle</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Sur-la-condition-de-la-femme-dans-la-societe-actuelle.html</link>
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		<dc:date>2023-11-22T16:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Condition de la femme</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'&#233;volution consid&#233;rable et par bien des c&#244;t&#233;s positive de la condition f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s continue de soulever bien des interrogations. Non sans motif, car la question est loin d'&#234;tre stabilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de pens&#233;e postmoderne actuellement dominant est ici particuli&#232;rement nocif, occultant certains probl&#232;mes et en cr&#233;ant d'autres. Il faut donc reprendre la r&#233;flexion sur d'autres bases, en prenant en compte des &#233;volutions souvent b&#233;n&#233;fiques - mais aussi l'apparition de difficult&#233;s nouvelles, notamment pour les femmes elles-m&#234;mes. Plusieurs livres r&#233;cents peuvent nous y aider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose aussi de rappeler certaines r&#233;alit&#233;s de base, dans la ligne de la pens&#233;e classique. Elles concernent tant la reconnaissance de la sp&#233;cificit&#233; des femmes et des hommes, que les exigences du plein d&#233;veloppement de la vie humaine : celle-ci suppose des communaut&#233;s de personnes, orient&#233;es vers le bien commun et donc le bien de tous leurs membres ; et parmi ces communaut&#233;s, notamment, la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Condition-de-la-femme-+.html" rel="tag"&gt;Condition de la femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Feminisme-+.html" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution consid&#233;rable et par bien des c&#244;t&#233;s positive de la condition f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s continue de soulever bien des interrogations. Non sans motif, car la question est loin d'&#234;tre stabilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre de pens&#233;e postmoderne est ici particuli&#232;rement nocif, occultant certains probl&#232;mes et en cr&#233;ant d'autres. Il faut donc reprendre la r&#233;flexion sur d'autres bases, dans la ligne de la pens&#233;e classique, sans nostalgie d&#233;plac&#233;e, en prenant en compte des &#233;volutions souvent b&#233;n&#233;fiques - mais aussi l'apparition de difficult&#233;s nouvelles, notamment pour les femmes elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela suppose aussi de rappeler certaines r&#233;alit&#233;s de base. Elles concernent tant la reconnaissance de la sp&#233;cificit&#233; des femmes et des hommes, que les exigences du plein d&#233;veloppement de la vie humaine : celle-ci suppose des communaut&#233;s de personnes, orient&#233;es vers le bien commun et donc aussi le bien de tous leurs membres, et parmi elles, notamment, la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des constats nouveaux, venant d'horizons divers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois livres r&#233;cents et tr&#232;s int&#233;ressants sont ici &#224; mentionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En perspective f&#233;ministe mais dissidente, V&#233;ra Nikolski dans &lt;i&gt;F&#233;minic&#232;ne&lt;/i&gt; souligne la rationalit&#233; de la division des t&#226;ches qui a pr&#233;valu des origines de l'homme &#224; la p&#233;riode r&#233;cente. Elle d&#233;crit la situation ant&#233;rieure comme l'am&#233;nagement rationnel de deux diff&#233;rences majeures entre les deux sexes, d&#233;cisives avant l'&#233;mergence de la technique moderne : d'un c&#244;t&#233; la faiblesse physique relative des femmes, les rendant moins aptes au travail des champs ou &#224; la guerre ; et de l'autre la tr&#232;s forte contrainte de la reproduction, qui &#233;tait alors une activit&#233; quasi permanente vu la mortalit&#233; infantile tr&#232;s &#233;lev&#233;e, et en outre tr&#232;s incapacitante. Ce qui s'ajoute &#224; la troisi&#232;me diff&#233;rence majeure : celle des go&#251;ts et penchants spontan&#233;s. D&#232;s lors, pour elle, ce qui explique ce qu'on a appel&#233; l'&#233;mancipation des femmes est principalement le progr&#232;s technique et le d&#233;veloppement &#233;conomique, car ils ont fortement relativis&#233; l'effet de ces diff&#233;rences. En revanche, elle souligne le faible r&#244;le des &#8216;luttes' f&#233;ministes : la transformation s'est en r&#233;alit&#233; faite largement toute seule avec fort peu de r&#233;sistance, d&#232;s que la base technique est apparue. Rien &#224; voir avec les d&#233;chirures violentes des r&#233;volutions, des luttes sociales ou des d&#233;colonisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, elle est tr&#232;s pessimiste sur l'&#233;volution de l'&#233;conomie et de la technique, et proche du collapsisme ; elle en d&#233;duit un risque majeur, &#224; terme, pour l'&#233;volution de la condition f&#233;minine ; et recommande aux femmes d'aller dans les m&#233;tiers scientifiques et techniques. Elle reconna&#238;t qu'elles y sont moins port&#233;es malgr&#233; leur capacit&#233; comparable, et cela en dehors d'une suppos&#233;e influence de la soci&#233;t&#233; ; c'est que, dit-elle, les femmes ont un go&#251;t pour les relations humaines, pour les personnes plus que pour les objets ; et c'est l'inverse pour les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un sens analogue, Laetitia Strauch-Bonart (&lt;i&gt;Les hommes sont-ils obsol&#232;tes ? Enqu&#234;te sur la nouvelle in&#233;galit&#233; des sexes&lt;/i&gt;), analyse en d&#233;tail et avec chiffres la d&#233;gradation relative de la place des hommes, notamment aux niveaux sociaux moyens et inf&#233;rieurs. Relevant elle aussi la pr&#233;f&#233;rence relative des hommes pour les sciences et techniques et des femmes pour les m&#233;tiers litt&#233;raires, juridiques et m&#233;dicaux (m&#234;me quand elles sont meilleures en sciences), elle le relie elle aussi au fait que les hommes pr&#233;f&#232;rent l'&#233;tude des choses, les femmes celle des personnes. De plus, les hommes &#233;tant plus tourn&#233;s vers la comp&#233;tition et plus extr&#234;mes, et les femmes plus vers la coop&#233;ration, les secondes se battent moins pour le sommet de la hi&#233;rarchie. En outre, comme on sait, bien des femmes pr&#233;f&#232;rent r&#233;ellement la famille ou les enfants et y investissent spontan&#233;ment plus de temps que les hommes, m&#234;me si, dit-elle, l'esp&#232;ce humaine est une des rares o&#249; il y a un certain int&#233;r&#234;t des m&#226;les pour les enfants, quoique moins que les femmes. Ce choix, dit-elle, elles le font librement, mais la soci&#233;t&#233; ne le reconna&#238;t pas ; elle consid&#232;re les m&#233;tiers f&#233;minins comme inf&#233;rieurs parce que moins r&#233;mun&#233;r&#233;s (sages-femmes, juges, psychologue) et exige la parit&#233; partout. Ce qui revient &#224; exiger des femmes l'adoption de m&#339;urs masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;ra Nikolski s'appuie notamment sur un gros livre du prolifique Emmanuel Todd (&lt;i&gt;O&#249; en sont-elles ? Une esquisse de l'histoire des femmes&lt;/i&gt;). Outre des analyses analogues &#224; celles &#233;voqu&#233;es, ce dernier estime par ailleurs et de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale qu'il y a une h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique f&#233;minine dans nos soci&#233;t&#233;s, avec des effets dans de nombreux domaines. Ainsi, selon lui, la femme ayant depuis les origines une orientation plus tourn&#233;e vers les rapports interindividuels et la famille, et l'homme plus vers la soci&#233;t&#233; et les identifications collectives, les &#233;volutions r&#233;centes vers l'individualisme se ressentent de l'influence de celles-l&#224; ; il &#171; pose donc l'effondrement des croyances collectives et l'&#233;panouissement du n&#233;olib&#233;ralisme comme li&#233;s &#224; l'&#233;mancipation des femmes &#187;. Selon lui, il y a m&#234;me une forme de &#8216;matridominance' id&#233;ologique dans les classes moyennes ; mais comme les hommes (certains du moins) gardent le pouvoir &#233;conomique et technique, &#171; une petite bourgeoisie f&#233;minine conteste une classe moyenne sup&#233;rieure masculine &#187;. Dans un contexte de d&#233;clin &#233;conomique et de blocage de la mobilit&#233; sociale ascendante, cela se traduit par la col&#232;re f&#233;ministe ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il note la dominante f&#233;minine et f&#233;ministe dans tous les champs importants id&#233;ologiquement : lettres, anthropologie, sociologie et m&#234;me r&#233;cemment g&#233;ographie, sciences politiques ou philosophie. Ce qui conduirait &#224; une pens&#233;e de l'interindividuel plus que du collectif. Ce qui expliquerait aussi que l'individualisme s'accompagne du politiquement correct, expression de la forme d'autorit&#233; sp&#233;cifique aux femmes. Cette m&#234;me pr&#233;dominance expliquerait selon lui l'acceptation de l'homosexualit&#233;, les femmes l'acceptant en g&#233;n&#233;ral mieux. Ou celle des transsexuels, qu'il voit comme trouble identitaire : or dit-il l'identit&#233; est une question de rapport au collectif, et avec le recul des religions, la qu&#234;te identitaire a mu&#233; en une &#171; autodestruction active de toute identit&#233; &#187;. Mais ce n'est pas un pur nihilisme, car cela se veut bienveillant, selon une caract&#233;ristique f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;conomie, le fait central pour lui est la tertiarisation des soci&#233;t&#233;s occidentales, qui a permis un emploi f&#233;minin massif, mais a suppos&#233; le transfert de l'industrie, qui est plus masculine, vers des pays de culture diff&#233;rente : &#171; plus les femmes ont avanc&#233;, plus l'industrie a recul&#233; &#187;. Certes, au niveau mondial, l'industrie a progress&#233;. Mais c'est pour lui d&#251; aux pays &#8216;patrilin&#233;aires' qui vont de la Chine &#224; l'est de l'Europe (Allemagne compris) et au monde indo-musulman. La sp&#233;cialisation &#233;conomique aurait donc permis &#224; chaque bloc de &#171; mieux r&#233;aliser leur tendance anthropologique profonde &#187;. D'o&#249; une double fragilit&#233; : celle des pays matricentr&#233;s d&#233;sindustrialis&#233;s et donc plus vuln&#233;rables, et aussi celle des autres, dont la faiblesse est la reproduction, du fait d'une f&#233;condit&#233; tr&#232;s basse - car selon lui il y a corr&#233;lation entre le statut sup&#233;rieur des femmes et la f&#233;condit&#233;, m&#234;me s'il reconna&#238;t qu'elle faiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il note enfin que ce qui est en soi une faiblesse relative des hommes (le fait de ne pas porter les enfants) aboutit &#224; ce qu'ils continuent de se concentrer sur la r&#233;ussite professionnelle. Situation qui est tr&#232;s diff&#233;rente pour les femmes ; leurs choix de vie deviennent en effet plus anxiog&#232;nes : il y a le m&#233;tier, mais la procr&#233;ation reste une option. Le dilemme est particuli&#232;rement fort entre 25 et 35 ans ; mais, dit-il, les hommes n'y sont pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question de l'influence sur la pens&#233;e collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces analyses soul&#232;vent deux s&#233;ries de questions : l'une porte sur l'influence du r&#244;le nouveau des femmes sur la vie publique ; l'autre sur la place effective des femmes dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, il est malais&#233; de mesurer l'impact effectif du r&#244;le public croissant des femmes sur la pens&#233;e collective. Moindre conscience des exigences de la vie collective et recentrement sur la vie priv&#233;e individualiste, pr&#233;dominance de la compassion sur la rigueur ou sur la prise de risque, &#233;mergence croissante d'une masculinit&#233; sauvage dans les couches les moins int&#233;gr&#233;es, tol&#233;rance envers des modes de vie plus ou moins aberrants, acceptation de fait passive des migrations etc. : voil&#224; certes des tendances ind&#233;niables de nos soci&#233;t&#233;s, mais le lien pr&#233;sum&#233; avec le r&#244;le des femmes reste indirect et pas enti&#232;rement d&#233;montr&#233;. Quoi qu'il en soit, le fait de poser la question est utile : on prend alors conscience du fait que, comme le r&#244;le du p&#232;re et celui de la m&#232;re, les deux s&#233;ries de dimensions qu'ils expriment ou symbolisent sont tous deux importants, mais qu'il importe que chacun soit &#224; sa juste place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est surtout important de souligner que ce que nos auteurs voient comme une forme d'h&#233;g&#233;monie f&#233;minine relative est tr&#232;s fortement color&#233;, notamment dans l'id&#233;ologie f&#233;ministe courante, par l'id&#233;ologie dominante, postmoderne et relativiste, dont les racines sont profondes et anciennes, et qui n'est pas sp&#233;cifiquement f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, la question pos&#233;e ne manque pas de conduire &#224; r&#233;fl&#233;chir sur certaines &#233;volutions professionnelles en cours : est-il bon par exemple que les juges soient pour l'essentiel des femmes, et de plus en plus les enseignants ou les m&#233;decins ? Quel risque court-on dans la marginalisation de professions essentielles et &#224; dominante culturelle masculine comme l'arm&#233;e et m&#234;me l'industrie ? Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le besoin d'une r&#233;flexion renouvel&#233;e sur la place des femmes dans la vie commune&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;, et le discours f&#233;ministe qui domine, sont tourn&#233;s vers la seule femme au travail et, dans cette perspective, l'&#233;limination des suppos&#233;es &#171; discriminations &#187;. Mais cela &#233;limine la possibilit&#233; d'un travail au foyer, sauf de fa&#231;on sporadique apr&#232;s la naissance ; le f&#233;minisme a d'ailleurs vis&#233; notamment &#224; &#8216;lib&#233;rer' la femme du travail domestique. Tout ceci r&#233;sulte d'une tendance fonci&#232;rement individualiste : on ne regarde que travail et pouvoir, et dans cette optique, avoir des enfants devient un handicap pour la femme. L'homme reste en r&#233;alit&#233; le mod&#232;le pour tout : devenir enceinte est pour une femme un obstacle &#224; la pleine &#233;galit&#233;. Et de fa&#231;on symptomatique, notre soci&#233;t&#233; est la seule qui n'a pas de discours sur la maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme on sait, et comme le r&#233;p&#232;te depuis ses origines la pens&#233;e classique, la famille est la cellule fondamentale de la soci&#233;t&#233;, encore avant le travail. Mettre au monde des enfants et les &#233;lever est essentiel et vital, au niveau des personnes et &#224; celui de la soci&#233;t&#233; ; et si l'&#233;quilibre ancien, pr&#233;industriel, est &#233;videmment d&#233;pass&#233;, il subsiste des facteurs majeurs de diff&#233;renciation entre les sexes et leurs aspirations, ainsi que des fonctions &#224; assumer de part et d'autre. Comment peut-on alors analyser ces questions dans la perspective de la pens&#233;e classique, et notamment de la loi naturelle ? La question de la femme me para&#238;t en effet &#234;tre un bon exemple de la flexibilit&#233; de l'id&#233;e de loi naturelle : les principes sont invariants, mais les situations changent ; et au cours de l'histoire, de nouvelles questions et donc angles de vision apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu, les diff&#233;rences entre hommes et femmes sont de trois types. Ce sont d'abord des diff&#233;rences physiques majeures et en soi incontournables comme la force physique et le r&#244;le dans la reproduction. De ce fait, dans la situation ant&#233;rieure, la morale naturelle et donc la loi naturelle &#233;taient conduites &#224; recommander aux femmes une tr&#232;s forte priorit&#233; &#224; l'aspect reproduction, et &#224; laisser aux hommes les activit&#233;s physiques lourdes et le combat. C'est bien moins vrai aujourd'hui, ce qui permet aux femmes d'envisager d'assumer toute une gamme d'activit&#233;s. Cela dit, il reste quelques contraintes, comme la force physique dans certains cas (voir l'exemple du sport, o&#249; les deux sexes sont s&#233;par&#233;s, mais o&#249; tous deux pratiquent). Et surtout la reproduction et l'&#233;ducation, m&#234;me si la contrainte est bien moindre qu'autrefois. Il y a ensuite des pr&#233;dispositions relatives, moins imm&#233;diatement &#233;videntes et moins r&#233;dhibitoires, mais qui peuvent impliquer des dominantes, ainsi par exemple la combativit&#233; frontale, plus grande sans doute chez les hommes, mais possible chez les femmes. Il y a enfin les go&#251;ts et tendances, certes en partie conditionn&#233;s socialement, mais qui existent aussi en soi, et de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e : les femmes plus port&#233;es sur la relation avec des personnes, et les hommes avec les choses, donc les femmes plus sur le soin, et les hommes plus ing&#233;nieurs. Cela ne veut pas dire une plus grande capacit&#233; de l'un ou de l'autre, mais un go&#251;t, et souvent une vocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la loi naturelle va consid&#233;rer simultan&#233;ment l'&#233;panouissement des personnes et les exigences de la vie en soci&#233;t&#233;. Ce qui ne d&#233;bouche pas n&#233;cessairement sur des automatismes : le go&#251;t plus grand des femmes pour le soin a &#233;videmment tout son sens socialement, mais cela n'emp&#234;che pas que certaines femmes investissent des m&#233;tiers qui ne sont pas dans cette tendance spontan&#233;e de la majorit&#233; d'entre elles. Inversement, le r&#244;le plus grand et l'influence &#224; l'occasion pr&#233;pond&#233;rante des femmes signifie sans doute une augmentation des possibilit&#233;s pour elles ; mais pas automatiquement une am&#233;lioration, pour elles et pour la soci&#233;t&#233;, et en tout cas pas dans tous les domaines. On le voit aujourd'hui avec la situation des nombreuses femmes seules &#233;levant leurs enfants, et plus encore celles de milieu modeste, qui sont particuli&#232;rement d&#233;favoris&#233;es. Ni une meilleure satisfaction de leurs pr&#233;f&#233;rences, loin de l&#224;, comme le montre la moindre valorisation de m&#233;tiers dits f&#233;minins, et surtout l'absence totale de valorisation du travail domestique et dans une large mesure de la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ces derniers points sont &#233;videmment d&#233;cisifs. La tendance croissante &#224; ramener le r&#244;le de la parentalit&#233; &#224; un choix personnel de consommation parmi d'autres, avec les partenaires de son choix, est collectivement d&#233;sastreuse tant pour les g&#233;n&#233;rations futures et donc la survie de la soci&#233;t&#233; que pour une &#233;ducation appropri&#233;e des enfants. Elle est d'ailleurs aussi particuli&#232;rement n&#233;gative pour les femmes, qui dans la r&#233;alit&#233; portent le poids d'une part appr&#233;ciable des effets de cette d&#233;rive, comme elles souffrent plus de la r&#233;surgence de l'ins&#233;curit&#233; et d'une violence masculine sauvage. La restauration d'une autre conception de la famille, communaut&#233; dans laquelle on s'engage pour la vie, est ici cruciale, comme celle d'une autorit&#233; qui ne se confonde pas avec la compassion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela suppose aussi d'avoir r&#233;pondu &#224; la question : quelle est la r&#233;ponse optimale &#224; donner &#224; la double vocation pr&#233;sente chez une grande partie des femmes, entre r&#244;le familial et vie professionnelle, comme &#224; celle du statut social de la femme qui se consacre &#224; sa famille. Sur ces points il faut d'abord reconna&#238;tre qu'on n'a pas trouv&#233; point d'&#233;quilibre. Tiraill&#233;e entre carri&#232;re et maternit&#233;, la femme court un risque &#233;lev&#233; de sacrifier l'une &#224; l'autre, ou les deux &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette recherche d'un &#233;quilibre diff&#233;rent, deux pr&#233;suppos&#233;s de l'&#233;poque (m&#233;dias et intellos notamment) conduisent &#224; des impasses. L'un est l'id&#233;e que les deux sexes sont indiff&#233;renci&#233;s (m&#234;mes go&#251;ts et m&#234;mes aptitudes), ce qui conduit &#224; poser normativement et sottement qu'ils doivent &#234;tre repr&#233;sent&#233;s tous deux &#224; part &#233;gale dans tous les m&#233;tiers. L'autre est la mise en position normative de l'individualisme, ce qui conduit &#224; occulter les exigences de la vie communautaire et notamment celles de la famille, pour r&#233;duire celle-ci &#224; un contrat de cohabitation, et &#224; faire l'impasse sur le r&#244;le socialement d&#233;cisif du travail domestique (j'ai &#233;voqu&#233; ce sujet plus en d&#233;tails ailleurs ; notamment mon article dans &lt;a href=&#034;https://www.librairietequi.com/A-70680-famille-et-economie-a-la-lumiere-de-la-doctrine-sociale-de-l-eglise.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.librairietequi.com/A-70...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;flexion est une t&#226;che majeure, et notamment pour ceux qui sont attach&#233;s aux enseignements de la pens&#233;e classique, au bien commun, et &#224; l'&#233;panouissement de tous au sein de nos communaut&#233;s. Elle vise &#224; la fois l'action des pouvoirs publics et celle de tous, y compris les employeurs et les entreprises. Elle porte &#224; la fois sur les repr&#233;sentations collectives, les valeurs reconnues par la soci&#233;t&#233; ; sur l'organisation du travail et des carri&#232;res (notamment entre 25 et 35 ans) ; et sur les circuits d'argent. Vaste chantier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sous une forme l&#233;g&#232;rement diff&#233;rente dans&lt;/i&gt; Politique magazine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite dans : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dilemmes de la natalit&#233; </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;mographie ne laisse personne indiff&#233;rent. Mais aujourd'hui le d&#233;bat change de nature : alors qu'il &#233;tait domin&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies par la menace d'une surpopulation, il tend de fa&#231;on croissante &#224; porter sur l'effondrement de la natalit&#233;. En effet, si la population totale de la plan&#232;te a cru massivement depuis 60 ans, la natalit&#233; elle tend &#224; d&#233;croitre rapidement avec le d&#233;veloppement. Et si on extrapole ce donn&#233;es, donc &#224; priorit&#233;s collectives identiques, cela veut dire que le risque &#224; terme est une baisse sensible de la population ; et m&#234;me, &#224; terme tr&#232;s long, si on en restait sur la m&#234;me tendance, cela signifierait la disparition des populations concern&#233;es. Une seule exception, &#224; peu de chose pr&#232;s, mais massive : l'Afrique noire, o&#249; c'est exactement l'inverse. On voit les probl&#232;mes g&#233;opolitiques et g&#233;o&#233;conomiques que tout cela pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Demographie-.html" rel="directory"&gt;Natalit&#233;, r&#244;le des sexes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Denatalite-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;natalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Natalite-+.html" rel="tag"&gt;Natalit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Demographie-257-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;mographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mographie ne laisse personne indiff&#233;rent. Mais aujourd'hui le d&#233;bat change de nature : alors qu'il &#233;tait domin&#233; depuis plusieurs d&#233;cennies par la menace d'une surpopulation, il tend de fa&#231;on croissante &#224; porter sur l'effondrement de la natalit&#233;. En effet, si la population totale de la plan&#232;te a cru massivement depuis 60 ans, la natalit&#233; elle tend &#224; d&#233;croitre rapidement avec le d&#233;veloppement. Dans la plupart des pays avanc&#233;s elle est actuellement en dessous du seuil de renouvellement, parfois fortement ; et quand elle est au-dessus, c'est &#224; peine. Dans les pays en position interm&#233;diaire, on constate la m&#234;me tendance &#224; une basse sensible. Et si on extrapole ce donn&#233;es, donc &#224; priorit&#233;s collectives identiques, cela veut dire que le risque &#224; terme est une baisse sensible de la population ; et m&#234;me, &#224; terme tr&#232;s long, si on en restait sur la m&#234;me tendance, cela signifierait la disparition des populations concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule exception, &#224; peu de chose pr&#232;s, mais massive : l'Afrique noire, o&#249; c'est exactement l'inverse. Continent sous-peupl&#233; vers 1950, il explose d&#233;mographiquement ; en extrapolant il pourrait repr&#233;senter 40% de la population mondiale vers la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inutile d'insister sur les probl&#232;mes g&#233;opolitiques et g&#233;o&#233;conomiques que tout cela pose. D'un c&#244;t&#233;, un risque de ralentissement, de recroquevillement de populations vieillies, avec en outre des probl&#232;mes effrayants de financement des retraites. De l'autre, une surpopulation aigu&#235;, dans la zone la moins d&#233;velopp&#233;e du monde, et d&#232;s lors une pouss&#233;e a priori irr&#233;sistible vers l'&#233;migration, notamment vers l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte la question du bon niveau de natalit&#233; se pose de fa&#231;on aigue, avec une dimension g&#233;opolitique voire civilisationnelle majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut ajouter que sur le plan des principes, elle se poserait aussi dans une communaut&#233; homog&#232;ne et isol&#233;e. Et cela conduit directement &#224; la question de la libert&#233; totale des couples en la mati&#232;re. Quand la population &#233;tait r&#233;gul&#233;e de fa&#231;on &#8216;naturelle', en fait par les limites de la production agricole et par les maladies, il n'y avait pas trop &#224; se pr&#233;occuper de la question. Un &#233;quilibre se maintenait, en quelque sorte par la force des choses. Ce n'est plus le cas aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a d&#233;sormais un double risque possible. Si d'un c&#244;t&#233; les couples font la gr&#232;ve des ventres, l'issue &#224; tr&#232;s long terme est la disparition collective de la population concern&#233;e ; ou plus probablement, auparavant, la substitution par une autre population. Et plus radicalement, si toute l'humanit&#233; adoptait cette mani&#232;re de vivre, l'issue &#224; terme serait sa disparition. On r&#233;p&#232;te en &#233;cologie que l'humanit&#233; ne pourrait pas vivre selon l'actuel mode de vie am&#233;ricain, car la plan&#232;te n'y suffirait pas. La m&#234;me phrase peut &#234;tre reprise ici, mais en sens exactement inverse : l'humanit&#233; ne peut litt&#233;ralement pas vivre ind&#233;finiment avec la natalit&#233; actuelle des Allemands, des Italiens, des Cor&#233;ens ou des Japonais &#8211; car elle dispara&#238;trait. Bien entendu, l'effondrement d&#233;mographique des pays avanc&#233;s peut continuer pendant un temps, puis se redresser ; dans ce cas, cela aurait pour seul effet de r&#233;duire la densit&#233; de population. En revanche ce n'est pas un mode de vie qu'on peut perp&#233;tuer ind&#233;finiment. Ce ne peut &#234;tre qu'une transition, soit vers sa r&#233;pudiation et le retour &#224; des pratiques plus natalistes, soit vers la disparition des populations concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la limite vers le haut n'est pas moins r&#233;elle, l'hypoth&#232;se d'une croissance ind&#233;finie posant elle aussi de redoutables probl&#232;mes. Localement, parce qu'elle peut &#234;tre source de mis&#232;re et de surpeuplement. Mais aussi plus substantiellement parce que la plan&#232;te n'est pas faite pour nourrir une population illimit&#233;e. M&#234;me si on supposait que les limites &#233;cologiques puissent &#234;tre surmont&#233;es. Car il y a au moins une limite absolue : l'espace. Une terre qui aurait cent milliards d'habitants serait infernale, m&#234;me si on pouvait les nourrir. Et il n'y a pas d'alternative cr&#233;dible &#224; vue humaine, pour aller ailleurs dans l'univers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ethiquement, en mettant &#224; part toutes les transitions possibles, en r&#233;gime de croisi&#232;re on n'&#233;chappe donc pas, une fois atteinte une population jug&#233;e optimale, &#224; une fluctuation autour de ce chiffre, et donc &#224; une natalit&#233; moyenne tournant autour de 2 enfants par femme. En moyenne bien s&#251;r : s'il y a beaucoup de femmes sans enfants, il peut et doit y en avoir d'autres avec des familles nombreuses. Et on peut monter puis baisser ou l'inverse. Mais dans certaines limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors ? L'action concr&#232;te &#224; mener d&#233;pend de l&#224; o&#249; on se trouve. Je laisse &#224; d'autres la question de l'Afrique ; nous sommes en France. La France n'est clairement pas surpeupl&#233;e ; sa densit&#233; est bien plus faible que celle de la plupart des pays d'Europe. Or sa natalit&#233; fl&#233;chit, n'assurant plus le renouvellement des g&#233;n&#233;rations - en partie du fait de la destruction de la politique familiale op&#233;r&#233;e depuis 10 ans. On ne peut donc que souligner le besoin &#233;vident et urgent en France du retour une politique familiale active. Mais s&#233;lective : s'il est logique et bon que la population fran&#231;aise de souche souhaite investir pour se perp&#233;tuer, il n'y a pas de sens &#224; ce qu'elle finance son remplacement &#224; terme par d'autres, du moins s'ils ne s'assimilent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci conduit par ailleurs &#224; souligner la faiblesse de la r&#233;flexion catholique sur ce point. Dans la ligne de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le pape Fran&#231;ois &#233;voque rapidement le probl&#232;me de la d&#233;mographie dans Laudato si, mais pour s'en tirer par une pirouette. Il explique en effet au n&#176; 50 : &#171; au lieu de r&#233;soudre les probl&#232;mes des pauvres et de penser &#224; un monde diff&#233;rent, certains se contentent seulement de proposer une r&#233;duction de la natalit&#233;. Les pressions internationales sur les pays en d&#233;veloppement ne manquent pas, conditionnant des aides &#233;conomiques &#224; certaines politiques de &#8216;sant&#233; reproductive'. Mais s'il est vrai que la r&#233;partition in&#233;gale de la population et des ressources disponibles cr&#233;e des obstacles au d&#233;veloppement et &#224; l'utilisation durable de l'environnement, il faut reconna&#238;tre que la croissance d&#233;mographique est pleinement compatible avec un d&#233;veloppement int&#233;gral et solidaire. Accuser l'augmentation de la population et non le consum&#233;risme extr&#234;me et s&#233;lectif de certains est une fa&#231;on de ne pas affronter les probl&#232;mes. &#187; Ce faisant il n'affronte pas vraiment le probl&#232;me (pas plus que ses pr&#233;d&#233;cesseurs &#224; ma connaissance : voir le Compendium de la Doctrine sociale qui comme solution ne parle que de d&#233;veloppement - article 483). Or on peut partager autant qu'on veut, il reste un double probl&#232;me &#224; terme, d'espace et de pression &#233;cologique. Cet &#233;vitement est en outre un paradoxe, car les &#233;cologistes dont le pape se rapproche dans ce document sont eux en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s hostiles &#224; la croissance d&#233;mographique (et peuvent de ce fait errer dans l'autre sens). Or la question est majeure, et &#233;thiquement incontournable. Le moins qu'on puisse dire est qu'on aurait besoin ici d'une s&#233;rieuse r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans &lt;i&gt;Libert&#233; politique&lt;/i&gt; n&#176; 88 mai 2021.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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