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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Moralisme perverti et judiciarisation</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Moralisme-perverti-et-judiciarisation.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;On assiste &#224; la multiplication de faits troublants, dont le rapprochement confirme l'ampleur du changement du regard sur la moralit&#233; et le contr&#244;le social qui affecte nos soci&#233;t&#233;s. Cela touche tous les pays dits occidentaux, anglo-saxons en premier lieu. Mais ce qu'il para&#238;t int&#233;ressant de souligner est la mani&#232;re de proc&#233;der. Rien &#224; voir avec les pr&#233;fets &#224; l'ancienne, fa&#231;on Napol&#233;on III, agissant directement comme repr&#233;sentants du pouvoir, ou un syst&#232;me totalitaire assumant d'&#234;tre tel : on a ici des autorit&#233;s suppos&#233;es ind&#233;pendantes, comme l'Arcom, agissant en fonction d'une mission suppos&#233;e de moralisation publique. Ou encore des entreprises, r&#233;seaux sociaux ou banques, cens&#233;es appliquer une &#8216;d&#233;ontologie' ou une &#8216;&#233;thique' qu'ils ont le devoir d'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne entre en r&#233;sonnance avec un autre, de plus grande ampleur et plus inqui&#233;tant, qui est la judiciarisation d'un ensemble de pr&#233;occupations personnelles ou collectives. Ce n'est plus le parti ou le pouvoir qui d&#233;cident - qui restent tous deux politiques ; mais le juge, qui en principe ne l'est pas &#8211; et cela au nom d'une suppos&#233;e morale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre cette &#8216;morale' n'est pas la morale, mais une suppos&#233;e moralit&#233; &#224; base relativiste, fond&#233;e sur le culte f&#233;tichique de l'autonomie de la personne, y compris dans la d&#233;finition par chacun de ses propres r&#232;gles et valeurs, m&#234;me quand elle est paradoxale. Ainsi lorsqu'on vous oblige &#224; consid&#233;rer comme femme un individu dont l'&#233;vidence de vos yeux vous montre que c'est un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la morale c'est la recherche du bien, et notamment du bien commun. Ce n'est donc pas l'id&#233;e de moralisation qui doit &#234;tre rejet&#233;e, mais son d&#233;voiement radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Principes-politiques-.html" rel="directory"&gt;Sociologie et vie commune&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un moralisme envahissant et pervers&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; la multiplication de faits troublants, dont le rapprochement confirme l'ampleur du changement du regard sur la moralit&#233; et le contr&#244;le social qui affecte nos soci&#233;t&#233;s. Cela touche tous les pays dits occidentaux, anglo-saxons en premier lieu. Des exemples fran&#231;ais r&#233;cents vont de l'acharnement de l'Arcom contre les cha&#238;nes ne respectant pas la doxa officielle, &#224; la fermeture arbitraire de comptes sur les r&#233;seaux sociaux et de comptes bancaires, sans explication m&#234;me pr&#233;texte. Ce qui est vis&#233; alors est plut&#244;t ce qu'on appelle g&#233;n&#233;riquement l'extr&#234;me-droite, d&#233;cid&#233;ment partout pr&#233;sente. Le c&#244;t&#233; lutte politique saute aux yeux. Mais ce qu'il para&#238;t int&#233;ressant de souligner est la mani&#232;re de proc&#233;der et l'argument donn&#233;. Rien &#224; voir en effet avec les pr&#233;fets &#224; l'ancienne, fa&#231;on Napol&#233;on III, agissant directement comme repr&#233;sentants du pouvoir : on a ici des autorit&#233;s suppos&#233;es ind&#233;pendantes, agissant en fonction d'une mission suppos&#233;e de moralisation publique. Ou encore des entreprises, r&#233;seaux sociaux ou banques, cens&#233;es appliquer une &#8216;d&#233;ontologie' ou une &#8216;&#233;thique' qu'ils ont le devoir d'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, en soi, qu'une entreprise se reconnaisse une obligation morale, sous le nom de responsabilit&#233; sociale (RSE) est dans son principe une bonne chose, car de quoi parle la morale sinon de la recherche du bien, et qu'esp&#233;rer de mieux que des organisations puissantes cherchent le bien ? Certes, on s'attendrait naturellement &#224; ce que ce bien soit d'abord cherch&#233; dans leur mission propre : offrir des biens et services r&#233;ellement bons et utiles, &#224; un prix convenable, en respectant l'environnement et traitant bien ses collaborateurs, ses clients et ses fournisseurs. Le bon sens &#224; l'ancienne y verrait une priorit&#233;, avant de se pr&#233;occuper des m&#339;urs sexuelles des collaborateurs, ou de lutter contre l'affreuse extr&#234;me-droite. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, ces pr&#233;occupations ont pour elles le double avantage de ne rien co&#251;ter, car sans effet sur le business, et de donner un brevet politiquement correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La judiciarisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ph&#233;nom&#232;ne entre en r&#233;sonnance avec un autre, de plus grande ampleur et plus inqui&#233;tant, qui est la judiciarisation d'un ensemble de pr&#233;occupations personnelles ou collectives. Ainsi le d&#233;lit d'entrave dans le cas de l'avortement, ou lorsqu'on vous oblige &#224; consid&#233;rer comme femme, avec des pronoms f&#233;minins, un individu dont l'&#233;vidence de vos yeux vous montre que c'est un homme. Ce peut &#234;tre du fait de la loi ; c'est plus souvent la d&#233;marche propre des juges, qui se sont arrog&#233; depuis 40 ans des pouvoirs exorbitants, soi-disant pour v&#233;rifier la conformit&#233; de textes de lois ou de r&#232;glements &#224; la constitution (on vise en r&#233;alit&#233; des d&#233;clarations de droits mises en pr&#233;ambule, qui n'&#233;taient d'ailleurs pas faites pour cela), et en pratique &#224; poser un jugement sur des textes pourtant d&#233;cid&#233;s par des autorit&#233;s l&#233;gitimes. Ce faisant, ils se substituent de fait &#224; la d&#233;cision politique m&#234;me suppos&#233;e &#8216;d&#233;mocratique', par appr&#233;ciation sur la base de principes &#224; pr&#233;tention moralisante. De m&#234;me pour le juge constitutionnel, comme on l'a revu tout r&#233;cemment (euthanasie, r&#233;seaux sociaux). Ce n'est plus le parti ou le pouvoir qui d&#233;cide - qui restent tous deux politiques ; mais le juge, qui en principe ne l'est pas. Au-del&#224; des questions de personnes, cela joue d&#233;sormais aussi un r&#244;le majeur dans bien d'autres domaines, par exemple le blocage judiciaire de grands travaux collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de diff&#233;rences &#233;videntes, ce ph&#233;nom&#232;ne a une affinit&#233; importante avec le premier. Dans les deux cas, on juge selon un syst&#232;me de r&#233;f&#233;rences d&#233;sormais dominant et se pr&#233;sentant comme moralisant. Dans les deux cas, le d&#233;cideur n'est pas habilit&#233; politiquement. Ce qui est coh&#233;rent avec le moralisme, car ce qui est mis en avant n'est plus apparemment une question de pouvoir, mais l'application d'un sch&#233;ma suppos&#233; moral, qui est en r&#233;alit&#233; id&#233;ologique, et n'a pas de compte &#224; rendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle &lt;i&gt;morale&lt;/i&gt;, nouvelles m&#233;thodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que cette &#8216;morale' n'est pas la morale de nos p&#232;res encore vant&#233;e par Jules Ferry, mais une moralit&#233; &#224; base relativiste, fond&#233;e sur le culte f&#233;tichique de l'autonomie de la personne et prenant la place de l'h&#233;t&#233;ronomie de la loi naturelle. En r&#233;alit&#233; d'ailleurs, ce n'est pas m&#234;me l'autonomie qui est vis&#233;e, mais le culte d'une autod&#233;termination absolue, y compris dans la d&#233;finition par chacun de ses propres r&#232;gles et valeurs, m&#234;me quand elle est paradoxale. Rappelons &#224; nouveau le cas de la transition de genre : je n'ai pas le droit de dire l'&#233;vidence (que ce monsieur n'est pas une femme), car ce qui compte est ce qu'il dit de lui-m&#234;me : il s'identifie comme femme, et donc toute la soci&#233;t&#233; est tenue de le suivre. Ce n'est pas la question du respect de la personne (principe en soi moral) qui est ici en jeu, mais le suppos&#233; respect d&#251; comme un absolu &#224; toute expression arbitraire de cette personne. En outre, non seulement cette suppos&#233;e morale est une fausse morale, mais elle intervient dans un contexte politique et culturel constructiviste : comme dans la tradition r&#233;volutionnaire, on voit fondamentalement la soci&#233;t&#233; comme quelque chose qui peut et doit &#234;tre remodel&#233; &#224; partir de principes pos&#233;s a priori. Aucune h&#233;sitation donc &#224; imposer cette id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref donc, on a le croisement de trois &#233;l&#233;ments : une nouvelle pseudo-moralit&#233; de l'autod&#233;termination, un constructivisme social &#224; base id&#233;ologique, et une judiciarisation ou proc&#233;duralit&#233;. Ces trois &#233;l&#233;ments se combinent de fa&#231;on coh&#233;rente : s'il s'agit en effet de reconstruire la soci&#233;t&#233; &#224; partir de principes abstraits qui affirment qu'il n'y a pas de vrai ou de bien en soi en dehors de l'autod&#233;finition de chacun, la prise de d&#233;cision sort du champ de la responsabilit&#233; politique au sens traditionnel, et devient la mise en &#339;uvre d'un programme id&#233;ologique dont le seul but est pr&#233;cis&#233;ment cette autonomisation de l'individu. Quoi de plus logique alors que d'en faire un jeu de principes s'appliquant &#224; tout le monde, sous le contr&#244;le de corps sp&#233;cialis&#233;s dont les autorit&#233;s dites ind&#233;pendantes et les tribunaux sont l'expression naturelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens inverse, un juriste am&#233;ricain comme Adrian Vermeule a rappel&#233; dans un livre r&#233;cent, Common Good Constitutionalism (Recovering the Classical Legal Tradition), ce que peut &#234;tre une interpr&#233;tation juridique de la loi (en l'esp&#232;ce de la constitution am&#233;ricaine) selon la tradition classique, appliqu&#233;e &#224; la recherche de ce que peut &#234;tre le bien objectif, le bien commun, et cela d&#232;s la d&#233;finition m&#234;me des droits. Les droits sont en effet une expression de la justice, qui attribue &#224; chacun ce qui lui est d&#251; : ce qu'on reconna&#238;t lui &#234;tre objectivement d&#251;. On n'a pas &#224; reconna&#238;tre un droit sur la base de ce que proclame arbitrairement un individu, mais au vu de ce qui lui est r&#233;ellement d&#251; par la soci&#233;t&#233;. Pour ce faire, on ne cherche pas &#224; reconstruire la soci&#233;t&#233; &#224; partir d'un corpus d'id&#233;es abstraites ; on la prend &#224; la lumi&#232;re de son exp&#233;rience historique et de la v&#233;rit&#233; des faits, et on d&#233;cide en conscience de ce qui va dans le sens du bien commun, reconnu comme s'imposant objectivement comme bien, &#224; rechercher avec prudence et humilit&#233;. Qu'un homme se prenne pour une femme est alors identifi&#233; comme son probl&#232;me personnel ; la soci&#233;t&#233; peut parfois avoir &#224; l'aider, mais pas &#224; le suivre dans son fantasme, encore moins l'imposer &#224; tous. De m&#234;me, un d&#233;bat politique doit &#234;tre libre, car c'est dans sa logique m&#234;me, sauf pour ce qui n'a pas de pertinence pour ce d&#233;bat (comme les insultes personnelles). Un &#233;quipement est &#224; appr&#233;cier en fonction de ce qu'il apporte au bien commun. Un migrant clandestin est &#224; respecter mais n'a aucun droit &#224; imposer son s&#233;jour sur place. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste avec ce qu'est devenue la pratique judiciaire se r&#233;v&#232;le alors impressionnant. Ce n'est donc pas l'id&#233;e de moralisation qui doit &#234;tre rejet&#233;e, mais son d&#233;voiement radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre dans &lt;/i&gt; Politique magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trumpisme et le populisme : que ferait Aristote ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Trumpisme-et-le-populisme-que-ferait-Aristote.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Trump</dc:subject>
		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas bien sur de multiples plans, et doivent donc changer de cap en profondeur. Ceux qui sont attach&#233;s &#224; ce qu'on appelle pens&#233;e conservatrice au sens large, et plus profond&#233;ment &#224; la pens&#233;e politique classique, le savent depuis longtemps. Mais sur le plan concret, ce qui remet en cause aujourd'hui le syst&#232;me existant, c'est quelque chose d'assez diff&#233;rent, malgr&#233; certaines affinit&#233;s r&#233;elles : c'est ce qu'on appelle populisme. Trump est un exemple particuli&#232;rement d&#233;monstratif des questions que cela pose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les amalgames sont faciles, surtout &#224; notre &#233;poque o&#249; pr&#233;domine un mode de pens&#233;e binaire, et o&#249; la dialectique domine le d&#233;bat public. Le besoin de rupture qu'impose la situation et la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s conduit &#224; des actions souvent contestables et/ou condamn&#233;es &#224; l'&#233;chec, qui peuvent compromettre la transition vers la vraie transformation, porteuse d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de Trump le confirme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Trump-+.html" rel="tag"&gt;Trump&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Conservatisme-+.html" rel="tag"&gt;Conservatisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Alternative-politique-+.html" rel="tag"&gt;Alternative politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Populisme-+.html" rel="tag"&gt;Populisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/aristotle-6381362_640.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nos soci&#233;t&#233;s ne vont pas bien sur de multiples plans, et doivent donc changer de cap en profondeur. Ceux qui sont attach&#233;s &#224; ce qu'on appelle pens&#233;e conservatrice au sens large, et plus profond&#233;ment &#224; la pens&#233;e politique classique, le savent depuis longtemps. Mais sur le plan concret, ce qui remet en cause aujourd'hui le syst&#232;me existant, c'est quelque chose d'assez diff&#233;rent, malgr&#233; certaines affinit&#233;s r&#233;elles : c'est ce qu'on appelle populisme. Trump est un exemple particuli&#232;rement d&#233;monstratif des questions que cela pose.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un style violent et des id&#233;es peu claires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; par Trump, c'est non seulement un style particulier, exceptionnellement abrasif, et donc source de conflits plus que de paix ou de recherche commun du bien commun. Ce sont aussi et surtout des th&#232;mes ou des id&#233;es mises en avant, et des actions, qui se concilient mal avec une vision conservatrice au sens large, et encore moins avec la pens&#233;e classique, celle d'Aristote ou de saint Thomas. Le refus pur et simple d'une politique moralisante, comme pr&#233;tendait l'&#234;tre la politique am&#233;ricaine auparavant, d&#233;bouche notamment chez lui sur le refus de l'id&#233;e m&#234;me de r&#233;f&#233;rence au vrai et au bien, au profit du primat affich&#233; de l'int&#233;r&#234;t national non qualifi&#233;. Et ses options &#233;conomiques et sociales manquent &#224; l'&#233;vidence de clart&#233; et de coh&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce faisant, le choc produit par le trumpisme et les r&#233;actions n&#233;gatives que cela suscite, de fa&#231;on souvent l&#233;gitime, peuvent conduire &#224; des effets pr&#233;occupants pour qui est attach&#233; &#224; cette vision conservatrice au sens large et &#224; la pens&#233;e classique. Car les amalgames sont faciles, surtout &#224; notre &#233;poque o&#249; pr&#233;domine un mode de pens&#233;e binaire, et o&#249; la dialectique qui domine le d&#233;bat public utilise syst&#233;matiquement ce classement : on met dans la colonne du mal des gens ou des comportements inacceptables et on y assimile tout ce qu'on veut combattre. Vous n'&#234;tes pas de gauche et refusez la doxa dominante, donc vous &#234;tes fasciste, raciste, sexiste etc. Vous ne faite pas chorus avec toutes les condamnations du trumpisme, et donc vous &#234;tes un populiste revanchard et cynique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet est &#233;videment accentu&#233; dans le cas pr&#233;cis de Trump par son style personnel et son agressivit&#233; extravagante. Mais la question se pose bien au-del&#224; : c'est celle de ce qu'on appelle populisme au sens large. Et au-del&#224;, celle des choix concrets qu'impose l'histoire, notamment &#224; des &#233;poques de transition entre deux mondes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Besoin de rupture et dangers de l'amalgame&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle situation de transition, un r&#233;gime politique vit sur des principes et r&#233;f&#233;rences contestables qu'il faut remplacer par d'autres ; et une partie appr&#233;ciable de la population souffre de cette &#233;tat de fait - en fait la majorit&#233;, et &#224; terme le pays en g&#233;n&#233;ral. Cette population est alors conduite &#224; remettre en cause les &#233;lites en place. Mais si la bonne r&#233;volution mentale ne s'est pas faite, ou pas assez, avec adoption de r&#233;f&#233;rences porteuses d'avenir, la r&#233;volte n'a pas de cadre autre que de revendications de base, ou de slogans. C'est alors dans le cadre de ce qu'on appelle populisme. Dans ce cas, le renversement de paradigme pouvant conduire &#224; une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur des principes diff&#233;rents n'est pas encore l&#224;. De fait aujourd'hui encore les id&#233;es dominantes restent celles qui inspirent nos soci&#233;t&#233;s depuis deux si&#232;cles, &#224; travers leurs multiples avatars - m&#234;me si cette domination donne des signes de faiblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, ce qui est &#224; la base de ce populisme peut donc &#234;tre tout &#224; fait justifi&#233;. Mais il vient de la p&#233;riph&#233;rie. Et donc d'une part il ne s'appuie pas sur une conception politique alternative &#233;labor&#233;e. Et d'autre part il n'est pas pass&#233; par le filtre du savoir dont disposent les gens en place. S'y ajoute le fait que dans sa lutte pour parvenir au pouvoir, ce populisme doit passer &#224; travers les obstacles du r&#233;gime en place. D'o&#249; in&#233;vitablement un c&#244;t&#233; grossier et simpliste. Ensuite, pour gouverner il se heurte &#224; l'hostilit&#233; des structures, alors m&#234;me qu'il sait assez mal comment discerner ce qu'il a &#224; faire concr&#232;tement. D'o&#249; une vuln&#233;rabilit&#233; aux critiques, et un risque &#233;lev&#233; d'&#233;chec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, et c'est l&#224; notre point, ces limites finissent par toucher aussi leurs compagnons de route et plus largement tous ceux auxquels on les assimile, dans le cadre dialectique d&#233;crit ci-dessus, et notamment tous les critiques du r&#233;gime en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, le besoin de rupture qu'impose la situation et la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s conduit &#224; des actions souvent contestables et/ou condamn&#233;es &#224; l'&#233;chec, qui peuvent compromettre la transition vers la vraie transformation, porteuse d'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas Trump en est une bonne illustration, et cela m&#234;me en faisant la part de sa personnalit&#233; et de son comportement sp&#233;cifique. Il a en effet r&#233;uni sous son nom une coalition h&#233;t&#233;rog&#232;ne : MAGA isolationnistes, conservateurs traditionnels, chr&#233;tiens, libertariens, etc. sans parler des magnats de la Silicon Valley. Ce qui les r&#233;unit est un ennemi commun : la gauche woke pour simplifier, avec son effarante emprise ant&#233;rieure sur la vie publique et intellectuelle am&#233;ricaine. Et c'est Trump qui en est le liant, et qui donc est l'arbitre ultime de ses choix. Tout ce beau monde est donc embarqu&#233; avec lui, avec tous les risques correspondant. Cela n'emp&#234;che pas cette action d'avoir plusieurs dimensions tout &#224; fait utiles et positives. Mais le sch&#233;ma d'ensemble est passablement al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que faire alors ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation est un fait. Elle ne saurait justifier l'inaction. Mais il n'y a &#233;videmment pas de solution miracle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que tout ce qui concerne le travail en profondeur, l'&#233;laboration d'un corpus d'id&#233;es, et leur diffusion, garde tout son sens. Corr&#233;lativement, le maintien d'une analyse critique, relevant les bons c&#244;t&#233;s ou m&#234;me l'utilit&#233; &#233;ventuelle du populisme tout en en critiquant les limites et les risques, continuer &#224; rester une besoin incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste le fait m&#234;me du tour que prend le combat politique, le fait que les coups de boutoir qui &#233;branlent le r&#233;gime se font en dominante sous le signe du populisme, avec les limites qu'on a &#233;voqu&#233;es. On ne peut pas ne pas appuyer certaines de ces secousses ; et on ne doit en m&#234;me temps pas lui donner de blanc-seing. L'exercice &#224; conduire rel&#232;ve donc par certains c&#244;t&#233;s du pilotage &#224; vue, combin&#233; avec la fermet&#233; sur les principes essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, en prenant du recul, cela n'a rien de nouveau, ni d'exceptionnel. Une certaine clart&#233; sur les id&#233;es et principes politiques ne donne en g&#233;n&#233;ral pas pour autant un guide pratique s&#251;r pour l'action, car les situations r&#233;elles sont in&#233;vitablement opaques et embrouill&#233;es. Seuls ceux qui croient en un grand r&#233;cit progressiste, en un sens de l'histoire, s'imaginent qu'il y a un fil d'Ariane s&#251;r menant &#224; une soci&#233;t&#233; meilleure. Un Maurras s'&#233;tait battu avant 1914 pour l'id&#233;e que la monarchie &#233;tait le plus s&#251;r garant de la libert&#233; nationale ; il a tr&#232;s loyalement d&#233;fendu l'union sacr&#233;e en 14-18. Mais il a vu, juste apr&#232;s, s'effondrer la plus grande partie des monarchies europ&#233;ennes ; puis &#224; terme plus lointain, l'id&#233;e d&#233;mocratique r&#233;gner en ma&#238;tre sur le continent. Avait-il tort sur l'union sacr&#233;e en 14-18 ? Non sans doute. Mais le choix responsable dans une situation donn&#233;e est une chose, le r&#233;sultat en est une autre. Il y a trop de variables dans l'&#233;quation pour qu'on puisse agir &#224; coup s&#251;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e politique classique n'a jamais envisag&#233; quoi que ce soit de ce type. Elle sait que le politique est le royaume de l'inachev&#233; et de l'imparfait. Aristote avait d&#233;velopp&#233; une pens&#233;e extraordinairement puissante et novatrice. Peut-on dire que son &#233;l&#232;ve Alexandre l'a mise en &#339;uvre ? Et d'ailleurs, qu'aurait pens&#233; Aristote de Trump ? La r&#233;ponse est dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre dans &lt;/i&gt; Politique magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La violence politique dans la France d'aujourd'hui</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Violence politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il y a une violence end&#233;mique &#224; l'extr&#234;me droite, elle y reste sporadique et le fait de groupuscules rejet&#233;s par les dirigeants politiques class&#233;s de ce c&#244;t&#233;. En revanche un climat de violence potentielle est entretenu &#224; gauche par l'id&#233;ologie dominante et sa dialectique : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect. Les Insoumis y excellent, comme toue la mouvance woke et l'&#233;cologisme radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combin&#233; avec la baisse g&#233;n&#233;rale du respect envers les institutions et avec l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population, cela laisse mal augurer de la paix civile &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mont&#233;e pr&#233;occupante mais encore contenue &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inqui&#233;tude sur la mont&#233;e de la violence politique dans la France d'aujourd'hui a pris un tour nouveau avec la mort de Quentin Deranque le 14 f&#233;vrier dernier. Il ne s'agissait en effet plus d'une bagarre ayant mal tourn&#233;, mais de l'acharnement d'une meute contre un homme tomb&#233; &#224; terre. L'adversaire est alors consid&#233;r&#233; comme indigne de vivre du seul fait de son positionnement politique. Qu'on ait d&#233;couvert ensuite des textes choquants de la victime n'y change rien. Plus largement, les enqu&#234;tes paraissent confirmer une r&#233;elle croissance de la violence politique dans la p&#233;riode r&#233;cente, encore en &#233;vidence avec les municipales. La longue suite de manifestations des Gilets jaunes avait &#233;t&#233; elle aussi &#233;maill&#233;e de violences prenant un tour in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition en varie selon les cas, allant de la violence physique (ou de la mort) &#224; une pression plus ou moins marqu&#233;e. Certes, les cas de brutalit&#233; extr&#234;me restent encore limit&#233;es, morts notamment. Si on en croit les &#233;tudes disponibles ici ou l&#224;, elles paraissent mettre plus fr&#233;quemment en cause les extr&#233;mismes de droite, mais de fa&#231;on sporadique du fait de petits groupes diss&#233;min&#233;s sur le territoire : un risque r&#233;el mais bien d&#233;limit&#233;. En revanche, l'extr&#234;me gauche se signale par la fr&#233;quence de la violence dans la vie politique elle-m&#234;me. Depuis des ann&#233;es, on a vu r&#233;guli&#232;rement des manifestations d&#233;g&#233;n&#233;rer du fait de black-blocks ou d'antifas, d&#233;truisant ou pillant magasins ou mobilier urbain. S'y est ajout&#233;e une vague additionnelle &#224; motivation ou pr&#233;texte &#233;cologique. Longtemps end&#233;mique &#224; Notre Dame des Landes, elle a pass&#233; un palier nouveau avec les bassines de Sainte-Soline ou l'autoroute Toulouse-Castres. Plus les menaces de troubles, visant &#224; emp&#234;cher une personnalit&#233;, m&#234;me de gauche, de parler, notamment &#224; l'universit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on la compare avec bien des &#233;pisodes de notre histoire, cette mont&#233;e incontestable de la violence ne frappe cependant pas par son ampleur et sa radicalit&#233;. Mais elle pr&#233;sente plusieurs traits originaux et pr&#233;occupants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dissym&#233;trie significative entre droite et gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les politiques, m&#233;dias ou plus g&#233;n&#233;ralement tous ceux qui prennent la parole, condamnent la violence politique dans son principe, et n'en font pas le moyen d'une action politique l&#233;gitime. Toutefois, une dissym&#233;trie appara&#238;t ici : alors que le RN affiche une condamnation sans appel de tels actes et de tout propos paraissant l'approuver, le discours des Insoumis est consid&#233;rablement plus agressif, et de plus en plus, en commen&#231;ant par Jean-Luc M&#233;lanchon. Le soutien apport&#233; &#224; l'antifa Rapha&#235;l Arnaud, fondateur de la Jeune garde impliqu&#233;e &#224; Lyon, t&#233;moigne de cette attitude. Et certains intellectuels proches du courant vont loin dans la mise en cause de leurs adversaires. Pour ne prendre qu'un exemple, un Geoffroy de Lagasnerie remet en cause le principe de la d&#233;mocratie, justifiant le pouvoir exerc&#233; par des minorit&#233;s &#171; avanc&#233;es &#187; sur des majorit&#233;s suppos&#233;es conservatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la diff&#233;rence de strat&#233;gie verbale, d&#233;diabolisation d'un c&#244;t&#233; et provocation de l'autre, cette dissym&#233;trie est r&#233;v&#233;latrice d'une dissym&#233;trie plus large, depuis longtemps manifeste dans le discours politique, selon laquelle aucun accord politique n'est possible avec ce qu'on qualifie d'extr&#234;me-droite, alors que cela reste licite avec l'extr&#234;me-gauche, m&#234;me apr&#232;s les &#233;v&#233;nements r&#233;cents. Cette dissym&#233;trie refl&#232;te le maintien de l'h&#233;g&#233;monie du discours de gauche, qu'on peut dater pour simplifier de 1945. Mais la th&#233;matique est largement reprise au centre ou m&#234;me &#224; droite. Cela permet d'utiliser un vieux ressort dialectique, selon la strat&#233;gie ancienne de l'antifascisme : on divise le monde en bons et m&#233;chants, et cela permet de d&#233;valoriser un adversaire en le mettant dans la colonne du mal, o&#249; on le regroupe avec des personnages infr&#233;quentables, cens&#233;ment fascistes ou nazis. La conclusion est qu'ils ne m&#233;ritent aucune forme de respect ni droit &#224; la parole ; cela peut conduire &#224; justifier l'exercice de la violence &#224; leur &#233;gard. Y compris d&#233;sormais la r&#233;pression judiciaire, notamment au nom de l'antiracisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu on peut aussi rep&#233;rer une d&#233;shumanisation de l'adversaire dans certaines sous-cultures de ce qu'on appelle extr&#234;me-droite, d&#233;bouchant sur des violences. Mais c'est sporadique et reste le fait de groupuscules marginalis&#233;s, et ils sont reni&#233;s par ceux qui sont suppos&#233;s &#234;tre repr&#233;sentatifs de ce bord politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification nouvelle de cette violence&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une telle situation, une telle dissym&#233;trie, remonte &#224; longtemps, les modalit&#233;s qu'elle prend sont nouvelles. A gauche, le r&#244;le central &#233;tait autrefois celui du Parti communiste, li&#233; certes &#224; une tradition d'une grande violence, mais en m&#234;me temps disciplin&#233;. Aujourd'hui dominent d'un c&#244;t&#233; la n&#233;buleuse des Insoumis, qui rel&#232;ve d'un tradition anarcho-gauchiste, et de l'autre un &#233;cologisme contestataire, anarchisant et &#224; pr&#233;tention moralisante. On peut ajouter &#224; cela la th&#233;matique soci&#233;tale, notamment la th&#233;orie du genre, avec son potentiel disruptif. Plus largement, &#224; la base du wokisme ou de ce qu'on appelle l'intersectionnalit&#233; se trouve une perception de la soci&#233;t&#233; comme divis&#233;e en groupes irr&#233;ductibles, dont certains sont des victimes de ladite soci&#233;t&#233;, ce qui leur donne un droit &#224; la revanche, et disqualifie a priori la parole des autres. La pr&#233;tention moralisante et la suppos&#233;e urgence sont alors mis en avant pour justifier une action directe, &#233;ventuellement brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre pays, selon un sondage YouGov pour The Economist de septembre 2025, 20 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; gauche pensent que la violence politique peut &#234;tre justifi&#233;e, contre 7 % des Am&#233;ricains politiquement &#224; droite ou au centre. Ce chiffre monte &#224; pr&#232;s de 30% pour les Am&#233;ricains de gauche &#226;g&#233;s entre 18 et 39 ans (source Wikip&#233;dia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoutent deux faits nouveaux majeurs. L'un est la croissance d'une forme de dissidence d'une partie du pays &#224; l'&#233;gard des institutions, et donc de l'id&#233;e m&#234;me d'ordre. M&#234;me, comme on l'a vu avec les municipales, s'il s'agit d'&#233;lus locaux : les exigences et le m&#233;pris &#224; leur &#233;gard croissent simultan&#233;ment. L'autre fait nouveau est l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante du pays du fait des migrations. Certes, le terrorisme islamiste reste marginal, m&#234;me si le sens de la solidarit&#233; musulmane est fort chez bien des musulmans. Mais les &#233;meutes de banlieues sont r&#233;v&#233;latrices d'une violence latente ; et le fait est qu'au moins un parti, les Insoumis, joue agressivement la carte ethnique, remettant en cause les r&#233;f&#233;rences communes de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; droit, le renouveau des id&#233;es conservatrices reste limit&#233;. Une partie croissante de la population adh&#232;re &#224; l'id&#233;e qu'il y a un exc&#232;s de migrants, mais cela n'implique pas en soi d&#233;shumanisation de ces migrants. Les groupes violents restent &#224; ce stade minoritaires, contrairement au discours de bien des m&#233;dias. Sur le plan politique, l'absence de reprise du discours violent, et la domination du RN, parti centralis&#233;, rendent improbable un d&#233;bordement significatif. Reste que la vigilance &#224; l'&#233;gard des activistes est, de ce c&#244;t&#233; aussi, plus que jamais un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la question : sommes-nous sur le point de basculer dans un r&#233;gime g&#233;n&#233;ral d'affrontements politiques violents ? Une r&#233;ponse claire ne peut &#234;tre donn&#233;e ; historiquement, il n'a jamais &#233;t&#233; ais&#233; de pr&#233;voir des troubles, &#224; commencer par 1789. Ce qui peut &#234;tre reconnu de fa&#231;on peu contestable est d'une part la mont&#233;e d'antagonismes de plus en plus irr&#233;ductibles, conduisant &#224; d&#233;moniser l'adversaire. Et d'autre part, le fait que le degr&#233; d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de la population va encore s'accentuer avec l'immigration, s'ajoutant &#224; la d&#233;composition des r&#233;f&#233;rences communes. Ce sont les ingr&#233;dients d'une mont&#233;e sensible de la violence. Cela dit, l'histoire montre que la pr&#233;sence d'ingr&#233;dients ne suffit pas pour d&#233;clencher un processus r&#233;el d'affrontements. D'autres facteurs jouent un r&#244;le important, comme la situation socio-&#233;conomique, notamment une &#233;ventuelle crise, ou une pouss&#233;e terroriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui importera alors est dans quelle mesure un certain sens de la communaut&#233; aura pu &#234;tre restaur&#233;, malgr&#233; les d&#233;rives disruptives. Mais &#224; terme, dans une soci&#233;t&#233; multiculturelle et multiethnique, en outre travaill&#233;e par des syst&#232;me de valeurs incompatibles, le risque de violences peut devenir incontr&#244;lable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur La Nef, mai 2026&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>La France ingouvernable : le&#231;ons d'un m&#233;lodrame navrant</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-France-ingouvernable-lecons-d-un-melodrame-navrant.html</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Syst&#232;me majoritaire</dc:subject>
		<dc:subject>Pays ingouvernable</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La pr&#233;sente assembl&#233;e est manifestement ingouvernable. Pourtant le syst&#232;me m&#234;me pr&#233;tendait avoir &#233;t&#233; construit justement pour &#234;tre gouvernable, et il l'a &#233;t&#233; pendant plus de 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles ressources institutionnelles seraient envisageables ? La moins &#233;loign&#233;e de notre syst&#232;me serait le scrutin &#224; l'anglaise, qui donne des majorit&#233;s fortes, m&#234;me si c'est brutal et un peu artificiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m&#234;me cela ne r&#233;soudrait pas les profondes divergences de fond. Dont la seule issue est une r&#233;organisation en profondeur des droites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/istockphoto-451017213-2048x2048.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sente assembl&#233;e est manifestement ingouvernable : tr&#232;s fragment&#233;e, elle ne permet pas de regroupement conduisant &#224; une v&#233;ritable majorit&#233;, m&#234;me de coalition l&#226;che. Un bloc tr&#232;s &#224; droite (RN et alli&#233;s), un bloc tr&#232;s &#224; gauche (LFI, Ecolos et PC), un bloc au centre (Renaissance et alli&#233;s plus ou moins fiables) ; et entre ce dernier et les deux bords, le PS d'un c&#244;t&#233; et LR de l'autre, parfois proches, parfois hostiles. On insiste avec raison sur l'absurdit&#233; de la dissolution de 2024 du point de vue m&#234;me de Macron. Mais ce n'est pas elle qui explique l'ingouvernabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le syst&#232;me m&#234;me pr&#233;tendait avoir &#233;t&#233; construit pour &#234;tre gouvernable, et il l'a &#233;t&#233; pendant plus de 50 ans. Ce qui ne veut pas dire qu'on gouvernait bien : la d&#233;rive a &#233;t&#233; presque constante, en tout cas &#224; partir de 1974. Mais on gouvernait, alors qu'on ne peut plus. Comment le comprendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu de cuisine politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait de base est bien s&#251;r le fait majoritaire. Pendant l'essentiel de l'histoire de la Ve, il y a eu une majorit&#233; claire &#224; l'Assembl&#233;e, normalement dans la ligne du Pr&#233;sident, parfois en cohabitation. La majorit&#233; a pu &#234;tre divis&#233;e, mais le syst&#232;me fonctionnait. Au pire, on a utilis&#233; des m&#233;canismes brutaux comme le 49.3, notamment sous le gouvernement Rocard. Cela ne marche plus. Malgr&#233; le maintien du syst&#232;me &#233;lectoral majoritaire (&#224; deux tours), suppos&#233; conduire &#224; ces majorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des forces politiques, les changements visibles sont de deux types. L'un est l'&#233;mergence de forces dites extr&#234;mes : LFI et RN, le second surtout car il est d&#233;sormais &#224; m&#234;me d'&#233;lire une grand nombre de d&#233;put&#233;s avec le scrutin existant. LFI en revanche resterait marginal sans l'alliance avec les autres partis de gauche ; cela dit, il g&#234;ne consid&#233;rablement la gauche de gouvernement par sa surench&#232;re. L'autre nouveaut&#233; est l'&#233;trange construction macroniste, qui a suffisamment r&#233;ussi pour affaiblir fortement les deux anciens partis de gouvernement, mais pas assez pour les tuer et prendre le contr&#244;le de tout le terrain central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il de ce point de vue ailleurs en Europe ? La pouss&#233;e de ce qu'on appelle extr&#234;me droite est fr&#233;quente sans &#234;tre g&#233;n&#233;rale. Mais le traitement en est tr&#232;s variable, avec en gros trois situations : ostracisme, en Allemagne ; entr&#233;e possible dans des coalitions aux Pays Bas et surtout en Italie, faiblesse relative en Espagne mais coalitions r&#233;gionales ; ou enfin marginalit&#233; mais possibilit&#233; de victoire &#224; l'avenir avec l'aide du mode de scrutin (Royaume -Uni).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, on ne voit nulle part l'&#233;quivalent m&#234;me approximatif du macronisme. Le cas le moins &#233;loign&#233; est l'Allemagne, o&#249; l'AFD est clairement ostracis&#233;e, au moins autant que le RN en France : le syst&#232;me s'en tire (au moins formellement) parce que les partis de gouvernement forment alors des coalitions, facilit&#233;es par le syst&#232;me &#233;lectoral &#224; la proportionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise doit beaucoup &#224; une particularit&#233; institutionnelle : le Pr&#233;sident &#233;lu au suffrage universel, surtout avec le quinquennat. C'&#233;tait moins visible auparavant, car ledit pr&#233;sident &#233;tait clairement rang&#233; dans un des deux camps qui alternaient. Mais l'institution a permis le hapax de Macron : son &#233;lection d'abord, la constitution de son bloc ensuite, malgr&#233; les forces allant en sens inverse (lesquelles ont permis le maintien des moignons PS et LR). Et dans la p&#233;riode actuelle cela p&#232;se sur toute la vie politique : d'abord par r&#233;action &#224; Macron, tr&#232;s affaibli mais toujours l&#224; ; ensuite en vue de la prochaine pr&#233;sidentielle, o&#249; une seule personne sera &#233;lue (et non une coalition), laquelle peut esp&#233;rer ensuite une majorit&#233; &#224; la Chambre. En sens contraire, d'ici l&#224;, se mouiller dans une coalition est doublement dangereux : compromission avec un Macron d&#233;valu&#233;, et brouillage du message en vue de la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des sorties techniques ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me est donc tr&#232;s gripp&#233;. Bien entendu il pourrait se d&#233;bloquer apr&#232;s la pr&#233;sidentielle : si on en croit les sondages, ce serait avec un pr&#233;sident RN, qui obtiendrait une majorit&#233; ensuite. Mais ce dernier point est loin d'&#234;tre s&#251;r. Sans parler de sa capacit&#233; &#224; gouverner, compte tenu de l'hostilit&#233; farouche du gros de l'appareil politique et m&#233;diatique. Quant &#224; un &#233;ventuel pr&#233;sident centriste ou de gauche, il risque plus encore de ne pas avoir de majorit&#233;. Le d&#233;faut du syst&#232;me actuel a donc bien des chances de se maintenir, ou de r&#233;&#233;merger t&#244;t ou tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortir en modifiant le m&#233;canisme est alors tentant. Les exemples &#233;trangers montrent que deux voies diff&#233;rentes sont envisageables. Dans l'une, on cherche &#224; favoriser les coalitions ; c'est la voie allemande ; cela imposerait l'instauration de la proportionnelle. Mais il n'est pas &#233;vident que cela d&#233;boucherait sur une solution. Sans parler du peu de go&#251;t des politiques fran&#231;ais pour les coalitions, cela se heurte &#224; nouveau au principe pr&#233;sidentiel : si le pr&#233;sident reste ce qu'il est, une fois &#233;lu il cherchera une majorit&#233;, mais la proportionnelle ne le lui donnera pas ; on risque alors de retrouver la situation actuelle. Il faudrait donc aussi r&#233;former la pr&#233;sidence, pour la rendre moins centrale. En outre, en Allemagne m&#234;me le succ&#232;s n'est pas garanti : outre que les coalitions actuelles y sont peu convaincantes, l'hypoth&#232;se d'une poursuite de la mont&#233;e de l'AFD rendra le syst&#232;me ing&#233;rable, sauf coalition avec elle. Moindre pr&#233;sidence, proportionnelle, disparition du cordon sanitaire autour du RN : la voie allemande supposerait des changements tr&#232;s profonds, sans garantie de r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre voie est la voie anglosaxonne : le vote majoritaire &#224; un tour, &#224; l'anglaise. Elle ne donne pas &#224; coup s&#251;r une majorit&#233;, mais elle agit puissamment dans ce sens. Avec ce syst&#232;me, les &#233;lections fran&#231;aises de 2024 auraient connu un raz-de-mar&#233;e du RN : on peut ne pas aimer, mais ce serait clair. Cela peut se combiner avec un pr&#233;sident &#224; la fran&#231;aise : il aurait selon les cas une bonne majorit&#233;, en tout cas plus facilement, ou il devrait endurer une cohabitation. Dit autrement, c'est un syst&#232;me plus compatible avec les oppositions politiques frontales que nous connaissons. La voie am&#233;ricaine est plus &#233;loign&#233;e, car si les Chambres sont d&#233;favorables au pr&#233;sident, le syst&#232;me se grippe, et il n'y a pas de premier ministre pour permettre une cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la voie anglaise, brutale et un peu artificielle, para&#238;t la plus coh&#233;rente avec le syst&#232;me de la Ve. Mais bien entendu, les chances qu'elle soit adopt&#233;e en France paraissent &#224; ce stade n&#233;gligeables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Prenons du recul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le risque parait &#233;lev&#233; que le syst&#232;me fran&#231;ais soit durablement gripp&#233;, la dimension institutionnelle, technique, que nous venons d'&#233;voquer n'est pas seule en cause. Car elle ne sert qu'&#224; canaliser adroitement les pulsions diverses qui agitent la population d'un c&#244;t&#233;, la classe politique et m&#233;diatique de l'autre. Or manifestement de ce c&#244;t&#233; cela bouillonne, et dans des directions vari&#233;es. Et pas qu'en France : voir les &#171; guerres de cultures &#187; am&#233;ricaines, Reform au Royaume Uni ; l'AFD allemande etc. Cela ne rend pas facile une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si on extrapole l'exp&#233;rience r&#233;cente, ce qui a le mieux march&#233; c'est le mod&#232;le Giorgia Meloni en Italie : une orientation franche vers la droite, en coalition. M&#234;me si la permanence n'en est pas assur&#233;e, et en mettant &#224; part toute appr&#233;ciation sur la politique suivie, c'est encore ce qui est le plus performant. Cela dit, la transposition en France supposerait de s&#233;rieuses &#233;volutions : la fin du cordon sanitaire autour du RN &#233;videmment, mais aussi une mutation profonde de ce dernier, ou plut&#244;t un r&#233;&#233;quilibrage par d'autres forces &#224; droite. Car sinon son monolithisme h&#233;g&#233;monique le conduirait rapidement &#224; l'&#233;chec. Ce n'est donc pas gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ficits irr&#233;ductibles, d&#233;sindustrialisation, immigration, natalit&#233; effondr&#233;e, bruits de bottes etc., les probl&#232;mes ne manquent pas. Mais nous n'avons manifestement pas achev&#233; la d&#233;gustation des fruits acerbes de la d&#233;mocratie postmoderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine : &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/la-france-ingouvernable-lecons-dun-melodrame-navrant/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'effondrement de la natalit&#233;, menace existentielle, signe de mort int&#233;rieure</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/L-effondrement-de-la-natalite-menace-existentielle-signe-de-mort-interieure.html</link>
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		<dc:date>2025-11-25T08:09:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La natalit&#233; a continu&#233; sa baisse, et dans une grande partie des pays du monde, elle est en dessous du seuil de renouvellement, voire tr&#232;s en dessous, notamment dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Seuls sont nettement au-dessus les pays d'Afrique subsaharienne et quelques pays musulmans d'Asie du Sud. Mais chez eux aussi elle baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est tr&#232;s simple : si les taux de natalit&#233; des pays avanc&#233;s se maintiennent plus ou moins au niveau actuel, et si les autres pays descendent tous en dessous de 2, sur la longue dur&#233;e l'humanit&#233; dispara&#238;tra. C'est purement arithm&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation parfaitement in&#233;dite dans l'histoire pose deux s&#233;ries de questionnements : au niveau de l'humanit&#233;, et pour nos pays. Et conduit &#224; s'interroger sur ce ph&#233;nom&#232;ne stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/human-5249576_640.jpg?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La natalit&#233; a continu&#233; sa baisse, et dans une grande partie des pays du monde, elle est en dessous du seuil de renouvellement (2,1 enfants par femme), voire tr&#232;s en dessous, notamment dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Seuls sont nettement au-dessus les pays d'Afrique subsaharienne et quelques pays musulmans d'Asie du Sud. Mais chez eux aussi elle baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation parfaitement in&#233;dite dans l'histoire de l'humanit&#233; pose deux s&#233;ries de questionnements : au niveau de l'humanit&#233;, et pour nos pays. Et conduit &#224; s'interroger sur ce ph&#233;nom&#232;ne stup&#233;fiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me pour l'humanit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pour l'humanit&#233; est tr&#232;s simple : si les taux de natalit&#233; des pays avanc&#233;s se maintiennent plus ou moins au niveau actuel, et si les autres pays descendent tous en dessous de 2, sur la longue dur&#233;e l'humanit&#233; dispara&#238;tra. C'est purement arithm&#233;tique. Cela n'emp&#234;cherait pas la population de nombreux pays de cro&#238;tre encore pendant un certain temps ; en outre, le processus, s'il se v&#233;rifiait, serait in&#233;vitablement long ; mais le r&#233;sultat est clair et serait dans ce cas in&#233;luctable. Et cela quelles que soient les migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne serait &#233;vit&#233; que dans deux cas : l'un, si les pays actuellement au-dessus de 2,1 y restaient. C'est possible th&#233;oriquement, mais ce n'est pas la tendance en cours, et aucun pays ne l'a fait jusqu'ici. Ou alors, parce que les m&#339;urs changent et qu'on se remet &#224; avoir une moyenne sup&#233;rieure &#224; 2.1 enfants par femme, au moins dans certains pays, et qu'on y reste. Rien ne l'indique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il se d&#233;duit de tout cela une conclusion simple : le choix de vie actuel des pays d&#233;velopp&#233;s n'est pas tenable sur la dur&#233;e. Ce ne peut &#234;tre que des m&#339;urs provisoires pour une p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est suffisamment grave pour qu'on s'en alarme, y compris dans des milieux progressistes, au moins dans le monde anglophone. Prenons par exemple &lt;i&gt;After the Spike (Population Progress, and the Case for People)&lt;/i&gt;, que viennent de publier deux &#233;conomistes am&#233;ricains, qui se pr&#233;sentent pourtant entre autres comme partisans r&#233;solus de l'avortement libre. Ils d&#233;montrent de fa&#231;on claire et chiffr&#233;e la tendance s&#233;culaire et ancienne de la natalit&#233; &#224; baisser. De ce fait, la hausse massive de la population mondiale, depuis deux si&#232;cles, n'&#233;tait pas due &#224; une natalit&#233; qui serait en hausse, mais exclusivement &#224; l'effondrement de la mortalit&#233; infantile. Ils montrent la g&#233;n&#233;ralisation de cette tendance lourde dans toutes les civilisations et cultures. Et ils montrent aussi que l'efficacit&#233; des politiques natalistes est toute relative (quelle que soit leur justification par ailleurs, en termes de solidarit&#233;). Ils montrent aussi que la pr&#233;sence d'une population nombreuse et plus encore, en croissance, ne se heurte &#224; aucun obstacle r&#233;el de type malthusien ou &#233;cologique. Mieux, une population plus abondante signifie une interaction plus grande et par l&#224; une cr&#233;ativit&#233; sup&#233;rieure, notamment en termes d'innovation. D'o&#249; un vigoureux plaidoyer en faveur d'un objectif au moins de stabilisation de la natalit&#233; moyenne autour de 2.1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le probl&#232;me pour nos pays, la France en particulier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la tendance est l&#224;. Quelle en est la signification pour nos pays ? Apr&#232;s s'&#234;tre longtemps berc&#233;e de l'id&#233;e qu'elle &#233;tait une exception, la France est d&#233;sormais dans le m&#234;me lot que les autres : sa natalit&#233; (avec une composante d'origine immigr&#233;e croissante) est pass&#233;e franchement en dessous de 1,9. Ce qui veut dire que, r&#233;duite &#224; elle-m&#234;me, sur la dur&#233;e sa population diminuera (c'est le cas d&#233;j&#224; d'autres) ; son seul &#233;l&#233;ment de stabilit&#233; ou de croissance est l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement la natalit&#233; des pays d'Afrique, bien qu'en baisse r&#233;guli&#232;re, reste tr&#232;s &#233;lev&#233;e. L'inertie d&#233;mographique aidant, la population africaine va donc cro&#238;tre consid&#233;rablement d'ici la fin du si&#232;cle, tandis que celle de l'Europe (hors cet apport) va se r&#233;duire de plus en plus. La conclusion est l&#224; aussi claire : sauf retournement significatif de tendance, c'est ce que d'aucuns appellent un grand remplacement. Nul besoin de complotisme, et aucun racisme l&#224;-dedans : c'est factuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc et pour les quelques g&#233;n&#233;rations qui viennent, l'enjeu pour nos pays est consid&#233;rable et imm&#233;diat : c'est soit la mort lente, soit plus probablement le remplacement (et peut-&#234;tre la mort ensuite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque est attach&#233; &#224; son pays, sa culture et son apport sp&#233;cifique &#224; l'humanit&#233; ne peut qu'&#234;tre boulevers&#233; par ces perspectives. Et plus largement, pour le premier sc&#233;nario, quiconque pense qu'il est bon que l'humanit&#233; existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des personnes attach&#233;es &#224; la famille et au pays pense alors aux prestations familiales. De fait, le co&#251;t d'un ou plusieurs enfants est appr&#233;ciable. Et il n'est que justifi&#233;, en pure perspective de justice et de solidarit&#233;, qu'un effort important soit fait pour aider ces familles. Mais malheureusement, l'exp&#233;rience montre que cela ne suffit pas : il n'y a pas de corr&#233;lation forte entre natalit&#233; et allocations familiales ou effort additionnel. On pourrait penser alors &#224; des mesures plus brutales ; l'une, logique, serait de r&#233;server pour l'avenir le b&#233;n&#233;fice des retraites par r&#233;partition aux familles ayant eu des enfants, en proportion du nombre de ceux-ci &#8211; puisque ce sont les enfants devenus adultes qui payent ces retraites &#224; leurs a&#238;n&#233;s. Mais les chances de voir une telle mesure adopt&#233;e sont, reconnaissons-le, tr&#232;s faibles. En outre, la violence n'est sans doute pas appropri&#233;e comme moyen de convaincre les gens de faire des enfants. Par ailleurs, rappeler les &#233;l&#233;ments rationnels expos&#233;s ci-dessus serait certainement utile, mais cela ne para&#238;t pas non plus pouvoir d&#233;boucher sur une inflexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les raisons de cet effondrement de la natalit&#233; sont profondes et plus encore que culturelles, anthropologiques. Signalons ici le remarquable opuscule que vient de publier Olivier Rey : &lt;i&gt;D&#233;f&#233;condit&#233;, ses raisons, sa d&#233;raison&lt;/i&gt;. Il montre le lien &#233;troit entre l'&#233;volution des m&#339;urs et la d&#233;natalit&#233; : la pr&#233;dominance d'un mode de vie bas&#233; sur un suppos&#233; accomplissement de soi individualiste, o&#249; les enfants sont une g&#234;ne ; le repli sur la famille nucl&#233;aire, alors m&#234;me que les parents sont absents du foyer la plupart du temps et qu'une partie de la charge &#233;ducative est reprise par l'&#233;cole ; l'&#233;ducation permissive qui rend ces m&#234;mes enfants souvent insupportables ; la disparition du sens de la transmission entre g&#233;n&#233;rations, dans une soci&#233;t&#233; qui exige le changement permanent, etc. S'y ajoute l'ombre de plus en plus lourde des angoisses environnementales. Pour la premi&#232;re fois dans l'histoire, l'id&#233;e qu'il est bon que l'humanit&#233; se perp&#233;tue est m&#234;me remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, avoir des enfants et les &#233;lever a toujours repr&#233;sent&#233; un co&#251;t, financier, mais peut-&#234;tre plus encore, d'opportunit&#233; et de souci. En valeur relative, ce co&#251;t alternatif est consid&#233;r&#233; plus &#233;lev&#233; aujourd'hui ; et les avantages anciens de la famille sont maintenant fournis par l'ext&#233;rieur. Mais l'essentiel n'est pas l&#224; : on ne comprend plus l'importance vitale pour l'accomplissement d'une vie d'homme de faire et d'&#233;duquer des enfants ; on est incapable de se hausser au-del&#224; de la perspective mat&#233;rielle, dans ce qu'il faut bien appeler une forme d'implosion spirituelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces tendances lourdes qu'il faudrait renverser. J'ai abord&#233; cette question &#224; plusieurs reprises ici m&#234;me &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-politique-familiale-est-necessaire-mais-elle-ne-suffit-pas-pour-redresser-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-po...&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Natalite-quand-une-societe-ne-croit-plus-en-son-avenir.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Natal...&lt;/a&gt; ; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Famil...&lt;/a&gt; . Le point central est un renversement de perspective, qui doit conduire &#224; admettre collectivement que chacun a deux t&#226;ches dans la vie : l'une, de fonder une vraie famille avec enfants ; l'autre, de travailler pour la soci&#233;t&#233;. Autrefois le second &#233;tait m&#234;me subordonn&#233; au premier. Or le moment qui est le plus favorable pour une famille est entre 20 et 35 ans. Il faut donc briser le sch&#233;ma actuel pour lequel c'est le moment o&#249; on est cens&#233; se d&#233;vouer exclusivement &#224; sa carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au fond une humanit&#233; qui ne met pas au premier rang de ses priorit&#233;s les g&#233;n&#233;rations futures est morte dans son c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;sordre politique fran&#231;ais et sa source profonde : l'h&#233;g&#233;monie culturelle d'une gauche pourtant &#224; la d&#233;rive</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-desordre-politique-francais-et-sa-source-profonde-l-hegemonie-culturelle-de.html</link>
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		<dc:date>2025-10-19T14:18:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;g&#233;monie</dc:subject>
		<dc:subject>Macron</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pathologie Macron On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Hegemonie-+.html" rel="tag"&gt;H&#233;g&#233;monie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gauche-+.html" rel="tag"&gt;Gauche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/prison-370111_640.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pathologie Macron &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la fonction, m&#234;me ind&#233;pendamment de ses id&#233;es et orientations. D&#233;fauts qui ont pris depuis un tour catastrophique : la dissolution et le cirque que nous subissons depuis un an en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa d&#233;charge tr&#232;s partielle, il subit ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e. Cet endroit rend fou, entre isolement, exaltation, et perte de contact avec le r&#233;el. Seuls des caract&#232;res tr&#232;s tremp&#233;s y ont r&#233;sist&#233; : de Gaulle, sans doute Pompidou, et pour notre malheur, Mitterrand (qui habitait chez lui). Mais la d&#233;rive est encore pire avec Macron. Alors que les effectifs de la pr&#233;sidence restent minuscules, il fait tout remonter &#224; lui. Un esprit normal n'y r&#233;sisterait pas, a fortiori quelqu'un qui donne des signes clairs de d&#233;s&#233;quilibre, et qui n'a jamais g&#233;r&#233; que sa secr&#233;taire (comme ministre il n'avait aucun autonomie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le blocus du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IIl ne peut pas &#234;tre sain dans un r&#233;gime dit d&#233;mocratique d'organiser un cordon sanitaire prophylactique autour d'un parti majeur, d&#233;sormais et de loin le premier de France. Ce faisant, on ignore toute une partie de l'opinion, et on restreint massivement les solutions politiques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'issue possible de ce qu'on appelle populisme est double. Soit devenir un parti de gouvernement nouveau. Soit s'effilocher et se fondre dans le paysage. Mais dans les deux cas, il ne sert &#224; rien de l'isoler dans un ghetto. Quant &#224; une possible d&#233;rive autoritaire, elle peut toucher tous les partis ; et le r&#233;gime sait l'&#234;tre quand il s'agit d'imposer ses lubies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le RN &#233;tait vraiment un parti subversif, il faudrait l'interdire &#8211; et donc faire une entorse &#224; la d&#233;mocratie. Mais l'ostraciser n'a pas de sens, sauf que cela permet de faire &#233;lire par contraste des gens qui ne le m&#233;ritent pas. Y compris (&#224; Avignon) un antifa fich&#233; S !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que le programme de ce parti, notamment &#233;conomique, est en partie irr&#233;aliste ou dangereux, et que sa capacit&#233; &#224; gouverner n'est pas d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;rive de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patrimoine id&#233;ologique de la gauche est multiple, mais deux dimensions majeures le caract&#233;risaient autrefois : d'un c&#244;t&#233; la tradition r&#233;volutionnaire, progressiste, la suppos&#233;e &#233;mancipation, ce qu'on peut appeler l'id&#233;ologie d&#233;mocratique ; et d'un autre c&#244;t&#233;, la tradition socialiste, au sens ouvrier et populaire du terme. La premi&#232;re est n&#233;faste. La deuxi&#232;me a pu &#234;tre dangereuse, mais elle avait un aspect l&#233;gitime et b&#233;n&#233;fique. Malheureusement, c'est elle que la nouvelle gauche a liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la premi&#232;re ligne, dans sa forme actuelle, est particuli&#232;rement aberrante, avec d&#233;rive woke, passion pour l'immigration (et pour l'&#233;lectorat correspondant), et d&#233;lires multiples (caricature d'&#233;cologie, mesures soci&#233;tales de plus en plus inhumaines etc.).Ce faisant, elle ne propose aucune r&#233;ponse aux probl&#232;mes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement cette gauche, d&#233;sormais politiquement minoritaire, continue dans une large mesure &#224; donner le ton au d&#233;bat public (malgr&#233; la pr&#233;tendue presse Bollor&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une droite toujours pas &#233;mancip&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; droite &#187;, la mal&#233;diction que symbolise le nom de Chirac est toujours l&#224; : elle reste en suj&#233;tion morale par rapport aux diktats de la gauche. Des signes d'&#233;mancipation apparaissent, mais ils restent tr&#232;s insuffisants. Car ce que ses &#233;lus veulent pour la plupart, c'est &#234;tre dans le syst&#232;me. Or c'est encore la gauche qui y donne le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total donc, cette h&#233;g&#233;monie de la gauche (au sens de Gramsci) dans l'expression publique des id&#233;es, dans sa forme actuelle d&#233;connect&#233;e de la population, appara&#238;t comme un point n&#233;vralgique. C'est au fond elle qui a permis l'&#233;lection et la r&#233;&#233;lection de Macron, le blocage du RN, l'inhibition de la droite ; et plus largement l'oubli du peuple. Alors qu'elle n'apporte aucune solution, m&#234;me illusoire. Tant qu'elle ne sera pas surmont&#233;e (m&#233;dias, associations, enseignement, magistrature&#8230;), rien de substantiel ne sera vraiment possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/le-desordre-politique-francais-et-lhegemonie-culturelle-de-la-gauche/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Parler de volont&#233; du peuple a-t-il un sens ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-peuple-a-t-il-une-volonte.html</link>
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		<dc:date>2025-09-11T07:07:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;mocratie</dc:subject>
		<dc:subject>Volont&#233; du peuple</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 2024 les Fran&#231;ais ont &#233;lu l'Assembl&#233;e nationale actuelle. Chacun a vot&#233; au moins au premier tour pour celui qu'il pr&#233;f&#233;rait, au moins relativement. Mais aucun n'a vot&#233; pour l'Assembl&#233;e telle que nous la connaissons ; aucun ne l'a voulue. Peut-on alors dire qu'elle refl&#232;te la volont&#233; du peuple ? Evidemment non. La m&#234;me remarque vaut pour pratiquement tout r&#233;sultat d'&#233;lection. A la rigueur, si une majorit&#233; absolue vote pour un candidat ou un parti, on pourra dire qu'une majorit&#233; de gens les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/ai-generated-9073523_640.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2024 les Fran&#231;ais ont &#233;lu l'Assembl&#233;e nationale actuelle. Chacun a vot&#233; au moins au premier tour pour celui qu'il pr&#233;f&#233;rait, au moins relativement. Mais aucun n'a vot&#233; pour l'Assembl&#233;e telle que nous la connaissons ; aucun ne l'a voulue. Peut-on alors dire qu'elle refl&#232;te la volont&#233; du peuple ? Evidemment non. La m&#234;me remarque vaut pour pratiquement tout r&#233;sultat d'&#233;lection. A la rigueur, si une majorit&#233; absolue vote pour un candidat ou un parti, on pourra dire qu'une majorit&#233; de gens les a choisis. Mais m&#234;me l&#224;, ce ne sera pas &#171; le peuple &#187; pris dans son ensemble qui aura choisi, juste un grand nombre de participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a un ph&#233;nom&#232;ne apparemment analogue sur le march&#233;. Le processus d'agr&#233;gation des d&#233;cisions individuelles peut y conduire &#224; un r&#233;sultat que personne ne veut. Prenons un chanteur ou d'un footballeur qui gagne &#233;norm&#233;ment d'argent. Un libertarien dit : si des milliers de personnes acceptent de payer cher une place de concert, pourquoi les en emp&#234;cher ? Et pourquoi critiquer le fait que le chanteur gagne des sommes &#233;normes ? L'&#233;conomiste S. Zamagni r&#233;pond que l'achat individuel de places ne signifie pas approbation de la r&#233;sultante, &#224; savoir le niveau de revenu du chanteur. La m&#234;me libert&#233; de choix que les participants manifestent au niveau individuel pourrait les conduire &#224; pr&#233;f&#233;rer un autre r&#233;sultat collectif, si on leur avait pos&#233; sp&#233;cifiquement la question. Cela dit, sur un march&#233;, on peut expliquer que les clients ont eu ce qu'ils voulaient &#224; titre principal : la place au spectacle ; la richesse du chanteur ou du footballeur n'est qu'un effet collat&#233;ral. Par ailleurs, si les gens sont m&#233;contents de cet effet, on peut imaginer des dispositifs correctifs. Mais pour les &#233;lections, ce n'est pas possible, car la difficult&#233; ne r&#233;sulte pas d'un effet collat&#233;ral : c'est bien sur la composition de l'assembl&#233;e qu'on les interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une autre configuration &#233;conomique, si beaucoup de gens demandent un bien rare, son prix augmente ; et ce n'est pas n&#233;cessairement ce qu'ils voulaient. Mais la hausse du prix traduit de fa&#231;on indiscutable le fait que le bien est recherch&#233;, et notamment par les int&#233;ress&#233;s. Leur message n'est donc pas trahi ; le r&#233;sultat est coh&#233;rent avec leur action. Et ils ach&#232;tent s'ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une certaine analogie entre les &#233;lections et les ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques &#233;voqu&#233;s, mais une diff&#233;rence majeure : avec ses limites, le march&#233; refl&#232;te assez directement un certain choix des gens ; en revanche, dans les &#233;lections, le r&#233;sultat peut surprendre tous les participants et les laisser insatisfaits, comme en 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons plus loin. D&#233;j&#224;, les processus &#233;lectoraux sont discutables en tant que mesure de la suppos&#233;e volont&#233; populaire. Si ces m&#234;mes &#233;lections de 2024 avaient eu lieu au Royaume Uni (scrutin majoritaire &#224; un tour), il y aurait eu un raz de mar&#233;e de d&#233;put&#233;s RN. A la proportionnelle, une assembl&#233;e sans majorit&#233;, mais o&#249; le RN aurait eu beaucoup plus d'&#233;lus. O&#249; est alors la volont&#233; populaire ? M&#234;me &#224; la proportionnelle, o&#249; on peut expliquer que cela refl&#232;te mieux l'opinion populaire, le r&#233;sultat n'aurait &#233;t&#233; voulu par personne. Certes, dans les pays &#224; proportionnelle, il y a une pratique de compromis qui permet &#224; un gouvernement de se d&#233;gager. Mais on ne peut pas dire que c'est la volont&#233; du peuple. Et quand il d&#233;bouche sur un syst&#232;me difficilement gouvernable, comme en France, cela a encore moins de sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les votants ont exprim&#233; chacun une opinion : on peut parler d'une forme de volont&#233; (on ne regardera pas ici sur quoi elle est fond&#233;e). Mais on peut d&#233;j&#224; s'interroger sur les questions pos&#233;es (en cas de r&#233;f&#233;rendum), ou sur le choix des candidats et des partis, qui ne conviennent pas n&#233;cessairement aux &#233;lecteurs. Et surtout, ces millions de volont&#233;s sont ensuite agr&#233;g&#233;es selon certains proc&#233;d&#233;s. Ce qui se passe alors, en d&#233;finitive, c'est l'&#233;quivalent d'un filtrage &#224; partir des sentiments, opinions et pr&#233;f&#233;rences plus ou moins conscients des citoyens ; ce processus de filtrage permet d'obtenir des voix, qu'on compte ensuite, en fonction du syst&#232;me &#233;lectoral. Et on donne la victoire &#224; celui qui a le plus de voix. Certes, cela permet une certaine relation entre le r&#233;sultat et les sentiments ou opinions des citoyens. Par exemple, le r&#233;sultat du RN au premier tour de 2024 montre une pouss&#233;e en sa faveur, compar&#233; &#224; 2022 et a fortiori &#224; 2017. Mais d'autres ont vot&#233; autrement et il y a eu divergence ; le RN n'&#233;tait pas majoritaire, ni personne d'autre. Et donc on a une assembl&#233;e divis&#233;e et en l'esp&#232;ce ingouvernable Comment peut-on parler &#224; ce propos d'une volont&#233; populaire ? Qu'est-ce que le peuple est suppos&#233; avoir voulu ? En fait rien : aucune d&#233;cision n'en ressort et &#224; nouveau, personne n'avait voulu le r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre genre, le peuple am&#233;ricain a-t-il voulu M. Trump ? Les d&#233;mocrates s&#251;rement pas ; les autres ont tout au plus fait une pari sur cet homme, sans savoir au fond ce qui allait se passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce &#224; dire que le syst&#232;me est arbitraire ou trompeur ? Pas tout &#224; fait : c'est un moyen conventionnel pour permettre aux gens de s'exprimer par leur vote, et &#224; partir de l&#224; de b&#226;tir des organes de gouvernement et de l&#233;gislation, b&#233;n&#233;ficiant d'une part d'une certaine relation avec les opinions des gens, et d'autre part et surtout de l'aura de l&#233;gitimit&#233; que donne le respect de proc&#233;dures constitutionnelles accept&#233;es par tous et suppos&#233;es &#171; d&#233;mocratiques &#187;. Ce syst&#232;me a ses avantages et ses inconv&#233;nients, &#224; comparer avec ceux d'autres syst&#232;mes, si ceux -ci sont l&#233;gitimes. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que les termes de &#171; volont&#233; du peuple &#187; ou de &#171; peuple souverain &#187; ne d&#233;crivent pas une r&#233;alit&#233;. Il est d'ailleurs symptomatique qu'on peut &#224; l'occasion s'asseoir tranquillement sur cette &#171; volont&#233; &#187; du &#171; peuple souverain &#187;, comme on l'a vu avec le r&#233;f&#233;rendum de 2005, en adoptant les dispositions refus&#233;es par une autre proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui donne la vraie force op&#233;ratoire d'une d&#233;cision dans un pays d&#233;mocratique, c'est la l&#233;galit&#233; de la proc&#233;dure, pas une suppos&#233;e volont&#233; du peuple. Et comme la proc&#233;dure incorpore au d&#233;part un m&#233;canisme refl&#233;tant quelque chose de la volont&#233; des citoyens pris individuellement, lesdits citoyens ont le sentiment qu'ils sont pour quelque chose dans le r&#233;sultat, et qu'il est par l&#224; l&#233;gitime. Avec un autre avantage, qui est la flexibilit&#233; ; les gens en place peuvent avoir &#224; partir s'ils perdent les &#233;lections qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, contrairement aux illusions des r&#233;volutionnaires de tout bord, dans le champ d&#233;mocratique il n'y a pas d'alternative cr&#233;dible &#224; ce m&#233;canisme de d&#233;gagement d'un r&#233;sultat qu'on pourra appeler d&#233;cision du peuple. La d&#233;mocratie directe est impraticable avec des millions de personnes, sauf par r&#233;f&#233;rendum, ce qui n'est possible que sur des questions pr&#233;cises, et ne donne pas une politique d'ensemble ou une &#233;quipe dirigeante. Quant aux comit&#233;s de citoyens, la pratique macronienne a montr&#233; qu'ils sont manipulables et n'ont pas beaucoup d'autorit&#233;. Reste la rue : l'&#233;meute, la r&#233;volution, mais chacun sait qu'elles sont le fait de minorit&#233;s nullement repr&#233;sentatives du peuple. M&#234;me quand apr&#232;s coup il ratifie les &#233;v&#232;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consid&#233;rations &#233;clairent tristement la situation politique d&#233;sastreuse de la France &#224; ce jour. En fait, le peuple n'est certainement pas content, et dans leur majorit&#233; les gens rejettent le macronisme. On parle alors de d&#233;ni de d&#233;mocratie. Mais cela ne veut pas dire que ce peuple veut pr&#233;cis&#233;ment quelque chose d'autre. Au sens propre, il ne veut rien, en cela qu'il n'a pas une volont&#233; pr&#233;cise. Et concr&#232;tement, il r&#233;agira aux &#233;v&#233;nements, en fonction de ces &#233;v&#233;nements. La question est donc : qui proposera, &#224; un moment donn&#233;, ou plut&#244;t fera advenir, quelque chose qui se stabilisera et permettra de gouverner ; ce qui veut dire, en contexte d&#233;mocratique, qui recevra &#224; un moment ou un autre, une onction &#233;lectorale suffisante, souvent d'ailleurs a posteriori. Mais d'ici l&#224;, le m&#233;canisme est &#224; bout de souffle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une d&#233;rive progressiste : sacraliser l'autod&#233;termination de l'individu</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Une-derive-progressiste-sacraliser-l-autodetermination-de-l-individu.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>
		<dc:subject>Culture de mort</dc:subject>
		<dc:subject>Euthanasie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'exemple du d&#233;bat sur l'euthanasie est a priori surprenant. Ses adversaires ont d&#233;velopp&#233;s des tr&#233;sors d'arguments raisonnables pour montrer l'immoralit&#233; de ce d&#233;veloppement, et sa contradiction avec des convictions par ailleurs admises par tous et mises dans les lois. Or ils n'ont en rien emport&#233; le d&#233;bat. C'est que les partisans de l'euthanasie ont une conception diff&#233;rente de la morale et par l&#224; du sacr&#233;. Ce qu'ils sacralisent, c'est l'autod&#233;termination de l'individu.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Principes-politiques-.html" rel="directory"&gt;Sociologie et vie commune&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Relativisme-+.html" rel="tag"&gt;Relativisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Culture-de-mort-+.html" rel="tag"&gt;Culture de mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Euthanasie-+.html" rel="tag"&gt;Euthanasie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/mouth-guard-4955470_640.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une intensit&#233; &#233;motive qui paralyse l'argumentation rationnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une erreur que nous commettons tous spontan&#233;ment est d'aborder les convictions des autres selon leur contenu intellectuel ou rationnel. Or la dimension &#233;motionnelle est essentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On connait d&#233;j&#224; le cas de scientifiques attach&#233;s &#224; leur th&#233;orie et pouvant la d&#233;fendre passionnellement, mais cela ne donne pas toute la mesure du ph&#233;nom&#232;ne. Car dans le domaine politique et moral, la valorisation &#233;motionnelle d'une conviction ne r&#233;v&#232;le pas seulement un degr&#233; d'attachement ; elle signale souvent un ressort puissant : une forme de sacralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de loi sur l'euthanasie : on a d&#233;velopp&#233; des tr&#233;sors d'arguments tr&#232;s raisonnables, souvent remarquablement, pour montrer l'immoralit&#233; de ce d&#233;veloppement, et sa contradiction avec des convictions par ailleurs admises par tous et mises dans les lois : la protection des plus faibles ; l'aide &#224; apporter &#224; quelqu'un qui veut se suicider pour l'en emp&#234;cher. Bien s&#251;r, il y a de ce c&#244;t&#233; aussi une dimension &#233;motionnelle, l'horreur &#224; l'&#233;gard de ce qui est une forme de meurtre ; et une dimension explicitement religieuse chez beaucoup. Mais elles ne sont pas n&#233;cessaires. Les arguments rationnels &#233;voqu&#233;s sont forts par eux-m&#234;mes. Or il est &#233;vident qu'ils n'ont en rien emport&#233; le d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est significatif ici est en effet ce qui se passe de l'autre c&#244;t&#233;. L'intensit&#233; de l'effort en faveur de l'euthanasie ne s'explique pas par le seul positionnement politique. Il y a l&#224; aussi un &#233;l&#233;ment de conviction intense, et se voulant &#224; sa fa&#231;on moral. D'o&#249; provient-il ? Sans doute de l'id&#233;e du droit absolu de l'individu de choisir son destin comme il l'entend, et m&#234;me sa nature. C'est donc cette nouvelle &#8216;morale' qu'il faut interroger, d'autant qu'on la retrouve dans bien des causes soci&#233;tales actuelles, le mariage pour tous &#233;tant l'&#233;tape la plus caract&#233;ristique, ou les &#8216;causes' LGBT. La mobilisation &#233;motionnelle y va bien au-del&#224; de l'enjeu, ainsi la passion dans certains milieux pour la cause des &#8216;trans'. On touche manifestement l&#224; &#224; une dimension qui pour les convaincus est sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle sacralit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons ici un autre ph&#233;nom&#232;ne remarquable : le glissement observ&#233; depuis 60 ans du culte du h&#233;ros au culte de la victime, qui tend pr&#233;cis&#233;ment &#224; &#234;tre sacralis&#233;e, comme le montre l'excellente analyse de Fran&#231;ois Azouvi Du h&#233;ros &#224; la victime : la m&#233;tamorphose contemporaine du sacr&#233;. Ce qui est d'ailleurs en consonance avec une certaine mentalit&#233; d&#233;mocratique : par d&#233;finition, le h&#233;ros, ce n'est pas tout un chacun ; tandis que la victime, c'est potentiellement tout le monde. La victime n'a aucun m&#233;rite dans son sort (contrairement au h&#233;ros) ; elle demande certes soin et sollicitude, mais pas une sacralisation. Pourquoi alors celle-ci ? Sans doute parce que ce qui est en cause est le fait que s'il y a victime, c'est qu'on a touch&#233; &#224; la personne et &#224; ses droits, suppos&#233;s sacr&#233;s ind&#233;pendamment de ce que cette personne est ou fait (sauf dans le cas de ceux qui contreviennent &#224; cette nouvelle morale, qu'on appellera les fascistes). C'est cette sacralisation qui conduit &#224; des vagues d'indignation intense (comme dans le cas de George Floyd), qui vont bien au-del&#224; du cas concern&#233;. C'est l&#224; en un sens une nouvelle religion de l'individu ; en comprenant bien s&#251;r le mot religion au sens figur&#233;, car il y a l&#224; nulle transcendance. Mais cela comporte une dimension &#233;vidente de &#8216;sacr&#233;' : les Droits sont sacr&#233;s, l'immunit&#233; personnelle est sacr&#233;e (toujours hors &#8216;fascistes'). Cette absolutisation de l'auto-d&#233;termination conduit m&#234;me, dans le cas de l'euthanasie, &#224; glorifier un suppos&#233; droit &#224; dispara&#238;tre. Vous n'&#234;tes pas victime parce que vous allez mourir, car vous le choisissez ; vous &#234;tes victime parce que vous souffrez, et que l'affreuse soci&#233;t&#233; ne vous aide pas &#224; mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela se relie &#224; un autre ph&#233;nom&#232;ne : le glissement d'une compr&#233;hension de la d&#233;mocratie comme gouvernement du peuple &#224; une d&#233;mocratie identifi&#233;e &#224; des principes, et notamment aux Droits, tels qu'interpr&#233;t&#233;s par les juges et les Cours supr&#234;mes. On n'h&#233;site plus &#224; casser ou brider l'expression populaire si elle est contraire aux Principes sacr&#233;s. Certes, le progressisme a toujours &#233;t&#233; au fond &#233;litiste et autoritaire, la fraction avanc&#233;e conduisant le peuple car, une fois &#233;clair&#233;, il comprendra que c'&#233;tait pour son bien. Mais justement, autrefois le progressiste avait confiance dans l'id&#233;e que le peuple comprendrait. Ici on a l'impression qu'il n'en est plus si s&#251;r, car la tentation populiste menace et l'inqui&#232;te beaucoup, et qu'il faut donc canaliser ce peuple. La sc&#232;ne europ&#233;enne actuelle en montre bien des exemples. Mais parmi les causes de cette &#233;volution, il faut compter, comme not&#233; ci-dessus, le glissement &#233;motionnel et parareligieux qui s'est produit. Pour simplifier, dans la mesure o&#249; il y avait une mystique chez les r&#233;publicains &#224; l'ancienne, elle portait sur le peuple ; maintenant elle s'en d&#233;tache, et ne vise plus que l'individu et ses &#8216;Droits'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme du chr&#233;tien progressiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci a incidemment des cons&#233;quences curieuses dans le petit monde des chr&#233;tiens progressistes. Ils sont habitu&#233;s &#224; refuser de voir les d&#233;rives de notre soci&#233;t&#233; comme telles, et au contraire &#224; interpr&#233;ter ce qui se passe comme un mouvement historique en soi sain, qu'il faut simplement bien comprendre et canaliser. M&#234;me si c'est quand m&#234;me assez &#233;loign&#233; de ce qu'un chr&#233;tien viserait spontan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le progressiste se trouve en porte-&#224;-faux lorsque cette &#233;volution heurte frontalement une conviction chr&#233;tienne profonde, comme dans le cas de l'euthanasie. Alors que dans le cas du mariage pour tous, il a pu se sentir peu concern&#233;, voire choqu&#233; par la mobilisation de ses coreligionnaires conservateurs, ici il se regimbe. Sauf cas particulier, la grande majorit&#233; d'entre eux s'est oppos&#233;e au projet de loi. Ces progressistes plus sinc&#232;res font alors l'exp&#233;rience douloureuse de ce que vit le &#8216;conservateur', qui voit depuis longtemps ses convictions profondes bless&#233;es par l'&#233;volution sociale. Mais ici le conflit est entre deux convictions &#233;motionnellement intenses : leur foi d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre leur attachement irrationnel &#224; ce si&#232;cle, nourri d'une lecture na&#239;ve de Vatican II. Gageons qu'ils finiront en majorit&#233; par surmonter cette p&#233;rip&#233;tie d&#233;sagr&#233;able. Mais peut-&#234;tre certains finiront par comprendre qu'il y a l&#224; un vrai probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a derri&#232;re ces controverses &#233;motionnellement intenses (une morale r&#233;ellement v&#233;cue est &#233;motionnellement toujours intense), un d&#233;bat de fond, qui oppose en d&#233;finitive deux morales diff&#233;rentes. Plus pr&#233;cis&#233;ment, on a d'un c&#244;t&#233; une vraie morale au sens classique du terme, n&#233;cessairement &#8216;h&#233;t&#233;ronome' pour parler comme Marcel Gauchet. Car une morale, c'est la reconnaissance qu'une chose est bonne ou mauvaise objectivement ; le bien et le mal ne peuvent &#234;tre le fait de choix personnels, lesquels sont des pr&#233;f&#233;rences, et non des exigences morales. Et d'un autre c&#244;t&#233;, une pr&#233;tendue &#8216;morale' de l' &#8216;autonomie', qui est en quelque sorte une &#8216;morale' des r&#232;gles du jeu : chacun d&#233;finit sa morale personnelle comme il le souhaite ; et le sacr&#233; se d&#233;place sur le respect absolu cens&#233; devoir &#234;tre apport&#233; &#224; ce &#8216;libre' choix. En ce sens, et contrairement &#224; ce qu'on lit ici ou l&#224;, les wokes attach&#233;s au sort des &#8216;communaut&#233;s' cens&#233;ment opprim&#233;es (noirs, femmes, LGBT etc.) sont dans la droite ligne des suppos&#233;es Lumi&#232;res et de leur programme dit d'&#233;mancipation, fond&#233; sur le refus de l'h&#233;t&#233;ronomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le sacr&#233; s'applique &#224; des r&#233;alit&#233;s profond&#233;ment antinomiques, l'opposition est radicale et le dialogue rationnel tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/une-derive-progressiste-sacraliser-lautodetermination-de-lindividu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;r&#232;glement social, des soci&#233;t&#233;s animales aux soci&#233;t&#233;s humaines</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-dereglement-social-des-societes-animales-aux-societes-humaines.html</link>
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		<dc:date>2025-04-12T16:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;cadence</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;r&#232;glement social</dc:subject>
		<dc:subject>Natalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soci&#233;t&#233;s animales</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Paul Val&#233;ry disait que nos civilisations sont mortelles. Et il y a bien des exemples de soci&#233;t&#233;s qui ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; ce sujet int&#233;ressant d'examiner les m&#233;canismes pouvant conduire &#224; ce r&#233;sultat, y compris en partant d'exp&#233;riences sur des soci&#233;t&#233;s animales, comme celle de John Calhoun sur des rats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle montre qu'une soci&#233;t&#233; animale peut s'installer dans une d&#233;rive qui aboutit &#224; sa disparition, par d&#233;rapage de ses m&#339;urs, alors m&#234;me que sa base mat&#233;rielle est satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec un effet majeur : l'oubli des g&#233;n&#233;rations futures et donc de sa reproduction. Cela vous rappelle quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/crowd-5076714_1920.jpg?1787417296' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paul Val&#233;ry disant que nos civilisations sont mortelles : il pensait au drame de 14-18. Et il y a bien d'autres exemples de soci&#233;t&#233;s qui ont disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; ce sujet int&#233;ressant d'examiner les m&#233;canismes possibles pouvant conduire &#224; ce r&#233;sultat, y compris en partant d'exp&#233;riences animales comme celle de John Calhoun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'exp&#233;rience Calhoun&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1958, John B. Calhoun mena des exp&#233;riences de surpopulation chez les rats (&#8216;Univers 25'). Son sujet premier &#233;tait la question de l'espace. Mais cette exp&#233;rience offre une mati&#232;re &#224; r&#233;flexion bien plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les donn&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Wikip&#233;dia, &#171; Calhoun a fourni une cage &#224; des rats avec de la nourriture et de l'eau en quantit&#233; suffisante pour soutenir toute augmentation de la population. En revanche la cage avait une taille jug&#233;e suffisante pour seulement 50 rats. La population a culmin&#233; &#224; 2200 rats&#8230;et, par la suite, a montr&#233; une vari&#233;t&#233; de comportements anormaux, souvent destructeurs. Sa conclusion &#233;tait que l'espace lui-m&#234;me est une n&#233;cessit&#233;. Des &#233;tudes ult&#233;rieures impliquant les humains ont montr&#233; que ce n'est pas le simple manque d'espace qui provoque ce ph&#233;nom&#232;ne. C'est la n&#233;cessit&#233; pour les membres de la communaut&#233; d'interagir entre eux. Lorsque les interactions forc&#233;es d&#233;passent un certain seuil, les normes sociales c&#232;dent&#8230; Les rats d&#233;veloppent des comportements extr&#234;mement anormaux pouvant mener &#224; l'extinction de la population &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc rien en terme physiques qui explique ce ralentissement : tout se passe au niveau social et comportemental. Des ph&#233;nom&#232;nes divers apparaissent, affectant les comportements sexuels et maternels. Les m&#226;les dominants excluent les autres de la reproduction, qui errent alors, devenant soit agressifs et en bande, soit isol&#233;s ; ils attaquent les femelles et les plus jeunes. Certains m&#226;les deviennent exclusivement homosexuels ou hypersexuels ; ou ne se soucient plus de reproduction. Les femelles, excessivement sollicit&#233;es, s'isolent et ne sortent plus ; parfois elles abandonnent leurs petits ou les attaquent, et finissent par ne plus se reproduire. Il y a m&#234;me ce que Calhoun a appel&#233; un &#8216;cloaque comportemental' : &#171; les animaux s'entassaient ensemble en grand nombre dans un seul des quatre enclos interconnect&#233;s o&#249; r&#233;sidait la colonie... dans l'enclos d&#233;di&#233; &#224; l'alimentation, laissant des populations clairsem&#233;es dans les autres enclos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces rats, pourtant sociaux en soi, deviennent donc individualistes et ne s'occupent plus que d'eux-m&#234;mes. La population d&#233;cline puis la reproduction s'arr&#234;te, les rares jeunes ne survivent plus que quelques jours. Ensuite la population s'effondre. L'espace redevient disponible, et les rats sont encore &#224; m&#234;me de procr&#233;er. ; mais l'esprit social a disparu, et rien ne contrebalance la d&#233;rive. M&#234;me mises en contact avec des cong&#233;n&#232;res normaux, les derni&#232;res femelles ne changent pas de comportement et se contentent de manger et de dormir, sans procr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc des animaux &#8216;sociaux' qui finissent par adopter des comportements asociaux alors qu'il n'y a aucun probl&#232;me de ressources ; comme si les derniers membres n'avaient plus les moyens &#8216;mentaux' (et sociaux) de red&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'espace, objet initial de l'exp&#233;rience, est &#233;videmment une des causes majeures de ce d&#233;r&#232;glement, notamment avec la multiplication excessive des interactions entre sujets. Mais un autre facteur explicatif essentiel est le fait que ces animaux n'avaient plus de d&#233;fi, plus rien &#224; accomplir, plus de lutte contre l'adversit&#233;, source de coh&#233;sion sociale. Dit autrement, ce groupe n'&#233;tait plus confront&#233; aux causes de mort que l'on trouve dans la nature (privation de nourriture, pr&#233;dation, maladie etc.). Et ces deux facteurs s'ajoutent : trop d'interactions sans but ni sens cr&#233;ent assez logiquement de la violence inutile, puis la lassitude et l'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233; des causes possibles, il reste deux constatations troublantes. La premi&#232;re est que l'effet n'est pas purement rationnel et adaptatif : si la cause n'&#233;tait que l'espace, l'effet devrait &#234;tre en rapport. Or ce qui se d&#233;r&#232;gle, c'est l'ensemble des rapports sociaux et des comportements individuels. En outre, ce que Calhoun appelle &#8216;cloaque comportemental', &#224; savoir une accumulation des rats dans certaines parties, montre que cela aboutit entre autres &#224; une restriction de l'espace, cette fois volontaire, et non &#224; une dispersion. Enfin, si la remise en cause de la reproduction peut s'expliquer par la question de l'espace, elle devrait s'arr&#234;ter avec la baisse de la population. Or, deuxi&#232;me constatation importante, les comportements acquis &#224; cette occasion ne cessent plus apr&#232;s. Ils ont pu &#234;tre dans une certaine mesure fonctionnels (face &#224; la surpopulation), mais ils subsistent au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t donc est que l'explication par l'espace ne suffit pas, et donc que l'absence de d&#233;fi joue un r&#244;le a priori important aussi. Mais surtout qu'il y a eu une sorte de d&#233;structuration culturelle : les rats ont progressivement en quelque sort d&#233;sappris les modes de comportements normaux, permettant &#224; des groupes de se renouveler. Et cette d&#233;structuration devient une sorte de nouvelle nature, qui persiste ensuite, aboutissant &#224; leur disparition.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Et notre soci&#233;t&#233; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, l'&#234;tre humain est plus complexe que de simples souris de laboratoire. Mais ce sont aussi des &#234;tres sociaux, et les relations qu'ils ont avec les autres sont d&#233;cisives pour leur survie. Notamment la qualit&#233; des liens affectifs, le souci des enfants et de leur &#233;ducation, en un mot de la famille. Si donc ils peuvent prendre du recul par rapport &#224; ce qu'on appelle chez les animaux l'instinct, ce qui s'y ajoute et en partie s'y substitue est un ensemble de traits culturels et de comportements, qui peut parfaitement d&#233;river, tout comme celui des rats dans cette exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a soulign&#233; justement la ressemblance de cette exp&#233;rience avec certains traits de la soci&#233;t&#233; actuelle : l'individualisme &#233;videmment, enracin&#233; dans une id&#233;ologie dominante ; la violence ; les comportements asociaux et d&#233;viants ; ou l'id&#233;e qu'on n'a rien &#224; accomplir. Et bien s&#251;r l'effondrement des taux de natalit&#233;. Ce qui conduirait &#224; s'inqui&#233;ter pour l'avenir. Sur ces points effectivement, la ressemblance est directe ; or dans le cas humain, il est douteux que la restriction d'espace soit le facteur explicatif principal &#8211; m&#234;me si l'entassement urbain y fait penser, car l'humanit&#233; a connu d'autres cas d'entassement sans produire les m&#234;mes effets, en Asie par exemple. Il faut donc recourir &#224; l'explication par les facteurs culturels : soient que ceux-ci n'aient pas permis de r&#233;agir &#224; une situation d&#233;favorable (entassement ou abondance excessive de biens), soit qu'ils aient &#233;volu&#233; dans un sens contreproductif, ou les deux ensemble. C'est ce qui para&#238;t le plus probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut d'ailleurs ajouter &#224; la d&#233;natalit&#233; d'autres d&#233;r&#232;glements majeurs de nos soci&#233;t&#233;s, tout aussi dysfonctionnels, par exemple l'empilement des dettes, ou les risques &#233;cologiques. Or aucun des deux n'a &#224; voir avec l'entassement, mais r&#233;sultent de pratiques collectives d&#233;viantes &#8211; potentiellement meurtri&#232;res &#224; terme, si un virage majeur n'est pas pris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point &#224; souligner, qui n'est d'ailleurs pas sans rapport avec l'exp&#233;rience des rats, qui est qu'un comportement qui a pu apparaitre adapt&#233; et justifi&#233; peut devenir contreproductif, si les int&#233;ress&#233;s s'y attachent et le valorisent. On trouve ici le r&#244;le pervers que peuvent avoir des id&#233;ologies, la&#239;ques ou religieuses. Un exemple fameux d'un tel d&#233;sastre est celui des habitants de l'&#238;le de P&#226;ques, qui pour fabriquer leurs c&#233;l&#232;bres statues &#224; motif religieux ont progressivement d&#233;bois&#233; toute l'&#238;le et cr&#233;&#233; une catastrophe &#233;cologique. Or, de leur point de vue, faire ces statues &#233;tait une cause noble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute ce qu'on observe dans nos soci&#233;t&#233;s. Car ce n'est pas seulement la consommation qu'il faut incriminer, mais toute une id&#233;ologie devenue dominante avec le postmodernisme, l'id&#233;ologie du droit pour chacun de faire ce qui lui pla&#238;t sous r&#233;serve du droit identique du voisin - dernier effet d'un paradigme de neutralit&#233; pr&#233;sent depuis trois si&#232;cles. D'o&#249;, entre autres, l'oubli de tout sens de la communaut&#233;, sauf comme source de pr&#233;bendes et de protection juridique (id&#233;ologie des droits) et une individualisme maladif. Et plus encore, l'oubli du sens de la responsabilit&#233; envers la post&#233;rit&#233; et la descendance, et donc la famille, pourtant au centre de toutes les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Tradition et communaut&#233;</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Tradition-et-communaute.html</link>
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		<dc:date>2024-12-06T17:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Tradition</dc:subject>
		<dc:subject>Tradition et communaut&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il y a une vision fausse tr&#232;s r&#233;pandue, qui d&#233;peint le r&#244;le de la tradition dans les soci&#233;t&#233;s anciennes, comme un diktat, un imp&#233;ratif arbitraire et &#233;touffant impos&#233; du dehors aux personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut arriver. Mais g&#233;n&#233;raliser cette description est insuffisant ou faux, tant pour d&#233;crire ces soci&#233;t&#233;s que pour comprendre ce qu'est une tradition. Car une tradition ne se comprend pas sans reconna&#238;tre son double r&#244;le, de r&#233;gulation de la soci&#233;t&#233; sur la base de l'exp&#233;rience acquise, et de constitution m&#234;me de cette soci&#233;t&#233;, par le rapprochement des personnes autour de r&#233;alit&#233;s communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple par les courses camarguaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nos soci&#233;t&#233;s prennent le chemin inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
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/ 
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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Tradition-et-communaute-13-+.html" rel="tag"&gt;Tradition et communaut&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a une vision fausse tr&#232;s r&#233;pandue dans les sciences humaines qui d&#233;peint le r&#244;le de la tradition dans les soci&#233;t&#233;s anciennes, comme une forme de diktat, d'imp&#233;ratif arbitraire impos&#233; du dehors aux personnes. On aurait dit et pens&#233; : c'est la tradition et donc on fait, sans se poser de question. Les m&#234;mes mettent en avant la distinction entre des soci&#233;t&#233;s autonomes (la n&#244;tre) et d'autres, h&#233;t&#233;ronomes ; dans celles-ci, la loi commune, les valeurs et r&#233;f&#233;rences fondamentales, tomberaient en quelque sorte du ciel comme des absolus indiscutable &#224; prendre tel quel sans d&#233;bat. Ceci se fait, cela ne se fait pas, sans discussion. Notamment au nom de la tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle description recouvre une certaine r&#233;alit&#233;, mais la r&#233;flexion reste tr&#232;s insuffisante, tant pour d&#233;crire ces soci&#233;t&#233;s, que surtout pour comprendre ce qu'est une tradition. Sur le premier point, pour prendre un exemple, quiconque conna&#238;t un tant soit peu l'histoire m&#233;di&#233;vale sait que c'&#233;tait une soci&#233;t&#233; mobile, en &#233;volution constante, et nullement fig&#233;e, encore moins au nom d'une tradition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second point rejoint mon propos ici, qui relie tradition et communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais prendre un exemple actuel dans un domaine totalement diff&#233;rent. Dans ma r&#233;gion, il y a la tradition des courses de taureaux camarguaises ; et partout, la population ou une partie appr&#233;ciable de celle-ci y va, toutes classes et &#226;ges confondus. C'est clairement reconnu, et v&#233;cu comme traditionnel. Mais &#233;videmment pas en ob&#233;issant &#224; un quelconque imp&#233;ratif traditionnaliste, ou &#224; la suite d'une pression sociologique. C'est surtout d'abord un fait simple : la communaut&#233; locale s'y retrouve dans quelque chose qu'elle juge int&#233;ressant et o&#249; elle a plaisir &#224; se rassembler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve ici un des aspects ou fonctions de la tradition, qui est la s&#233;lection au cours de l'histoire de certaines mani&#232;res de faire, jug&#233;es positives ou int&#233;ressantes. J'ai analys&#233; plus en d&#233;tail cette nature de la tradition dans mon Eloge de la tradition (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-tradition-ou-l-Histoire-comme.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.com/La-t...&lt;/a&gt;l ), ainsi que l'effet d&#233;l&#233;t&#232;re qui r&#233;sulte de l'id&#233;ologie relativiste moderne, hostile &#224; la tradition mais source d'un individualisme sans limites, destructeur du lien social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela s'appuie aussi sur le fait que c'est un instrument d'identification de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que, plus g&#233;n&#233;ralement, une norme sociale v&#233;cue ne sert pas qu'&#224; r&#233;guler les comportements comme le ferait une norme l&#233;gale ou r&#233;glementaire : elle a aussi pour r&#244;le de constituer la communaut&#233;, dans son ressenti. Dans ce contexte, on appelle tradition un usage commun qui n'est ni obligatoire &#224; proprement parler, ni principalement &#224; but moral ou r&#233;gulateur, mais communautaire, &#233;tant entendu bien s&#251;r qu'il apporte aussi un contenu, par exemple un certain spectacle dans le cas des courses camarguaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; cette lumi&#232;re qu'on peut regarder en sens inverse ce que J&#233;rome Fourquet nous d&#233;crit comme &#171; m&#233;tamorphoses fran&#231;aises &#187; : ces mutations majeures dans les comportements fran&#231;ais depuis environ 40 ans, qu'il pr&#233;sente encore r&#233;cemment dans son dernier livre du m&#234;me nom. Qu'il s'agisse de l'effondrement du catholicisme (ou sur un mode mineur, du communisme), de l'am&#233;ricanisation, des modes asiatiques, ou de la prolif&#233;ration anarchique des pr&#233;noms, un point commun est la rupture d'une tradition structurante, ant&#233;rieurement indiscut&#233;e, sans qu'elle soit remplac&#233;e par une autre jouant un r&#244;le analogue. Rupture qui appara&#238;t d'embl&#233;e li&#233;e &#224; une mont&#233;e de l'individualisme sous une forme radicale et &#224; une rupture relative du lien social. D'o&#249; d'ailleurs les mutations qu'on observe dans le champ politique, ou dans des manifestations de type nouveau, tr&#232;s peu structur&#233;es, comme les gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai, parall&#232;lement, que plusieurs des &#233;volutions que d&#233;crit Fourquet sont d'un autre ordre, principalement &#233;conomique : la d&#233;sindustrialisation, ou le tertiaire commercial dominant la vie commune, et maintenant la livraison &#224; domicile. Mais en r&#233;alit&#233; ces &#233;volutions renforcent l'effet pr&#233;c&#233;dent, puisque l&#224; aussi un &#233;l&#233;ment rassembleur ou commun se trouve remplac&#233; par un autre qui n'a plus cet effet : le supermarch&#233; est purement fonctionnel, et plus encore la livraison &#224; domicile, contrairement au commerce traditionnel qui est un support de sociabilit&#233;. De m&#234;me le tourisme de masse rapporte, mais il ne cr&#233;e aucun lien social ; il d&#233;value m&#234;me la sp&#233;cificit&#233; locale en en faisant un objet commercial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me sens, on trouvera un &#233;l&#233;ment comme les migrations de masse, qui dans ce contexte de d&#233;composition relative du collectif, &#224; la fois rencontrent moins d'obstacle, et surtout ne d&#233;bouchent pas naturellement sur une forme d'int&#233;gration par assimilation, puisqu'il y a de moins en moins de soci&#233;t&#233;, car de moins en moins de r&#233;f&#233;rences communes. Moins de traditions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quand le grand retournement, le retour &#224; une autre conception et pratique de la vie commune ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAND-RETOURNEMENT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.com/POUR...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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