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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Conf&#233;rence sur le capitalisme &#224; Ichtus</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Conference-sur-le-capitalisme-a-Ichtus.html</link>
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		<dc:date>2024-04-05T09:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ma conf&#233;rence sur le capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Du capitalisme industriel au capitalisme financier : tous anticapitalistes ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le 2 avril 2024 &#224; Ichtus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir et &#233;couter en visio&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Economie-generale-a-.html" rel="directory"&gt;Economie g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma conf&#233;rence sur le capitalisme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034;Du capitalisme industriel au capitalisme financier : tous anticapitalistes ?&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; le 2 avril 2024 &#224; Ichtus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://vimeo.com/930297417?share=copy&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://vimeo.com/930297417?share=copy&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La faute au seul capitalisme ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-faute-au-seul-capitalisme.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-faute-au-seul-capitalisme.html</guid>
		<dc:date>2016-12-05T16:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C'est devenu un th&#232;me &#224; la mode dans le microcosme catholique : tous nos maux sont dus au lib&#233;ralisme &#233;conomique et &#224; lui seul. Pas seulement la d&#233;gradation de l'environnement ou la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s, ce qui a du sens. Mais la loi Taubira, la d&#233;gradation de la famille, la GPA, l'avortement, la laideur ambiante, la d&#233;gradation de l'orthographe, l'immigration, Madame Vallaud Belkacem, Daech, l'Arabie S&#233;oudite, les guerres&#8230; Peu importe l'effet, la cause est universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle pens&#233;e est bien confortable...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Capitalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ideologie-dominante-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie dominante&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lanef.net/t_article/la-faute-au-seul-capitalisme-pierre-de-lauzun-26285.asp?page=1&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lanef.net/t_article/la-f...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
La faute au seul capitalisme ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est devenu un th&#232;me &#224; la mode dans le microcosme catholique : tous nos maux sont dus au lib&#233;ralisme &#233;conomique et &#224; lui seul. Pas seulement la d&#233;gradation de l'environnement ou la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s, ce qui du sens. Mais la loi Taubira, la d&#233;gradation de la famille, la GPA, l'avortement, la laideur ambiante, la d&#233;gradation de l'orthographe, l'immigration, madame Vallaud Belkacem, Daech, l'Arabie saoudite, les guerres&#8230;Peu importe l'effet, la cause est universelle. Partout c'est pour gagner leur fric que les capitalistes r&#233;pandent le mal, et on retrouve leur main sale et int&#233;ress&#233;e derri&#232;re tout ce qui ne va pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle pens&#233;e est bien confortable. D'abord parce que les capitalistes ce sont les autres, les riches, les puissants. Plus besoin de s'interroger sur nos propres pratiques. Ensuite parce que l'explication s'applique &#224; tout. Plus besoin d'analyser la question ; on trouve toujours le m&#234;me coupable &#224; la fin. Sauf que la r&#233;alit&#233; est un peu plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement d'abord un minimum d'analyse montre que les id&#233;es nouvelles qui ont progressivement mis &#224; bas la chr&#233;tient&#233; remontent au XVIIe si&#232;cle, bien avant l'arriv&#233;e du lib&#233;ralisme &#233;conomique. La d&#233;marche qui a conduit Machiavel, Hobbes, Locke puis les &#171; Lumi&#232;res &#187; et leurs successeurs ne r&#233;sulte pas d'un plan machiav&#233;lique des financiers du temps mais d'un tournant majeur, anthropologique, l'instauration d'un nouveau paradigme o&#249; l'homme pr&#233;tend se construire lui-m&#234;me et sa soci&#233;t&#233; sans r&#233;f&#233;rence une v&#233;rit&#233; morale objective et &#224; Dieu. D&#233;veloppement fondateur (ou plut&#244;t destructeur) qui fera petit &#224; petit sentir ses effets jusqu'au relativisme actuel. L&#224; est le fait essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement ensuite parce que les puissances d'argent ne sont pas &#224; l'origine des id&#233;es mais &#224; leur remorque. Les Bill Gates et autres Soros mettent des milliards &#224; la disposition de ces id&#233;es d&#233;l&#233;t&#232;res. Mais ils ne les ont ni invent&#233;es ni d&#233;velopp&#233;es. L'avortement, le f&#233;minisme outrancier, la GPA, la d&#233;gradation de la famille ont &#233;t&#233; imagin&#233;s par d'autres et l'emportent parce que conformes &#224; l'id&#233;ologie dominante. Mais ce ne sont pas des business significatifs. Leur importance anthropologique est tout autre que leur importance financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que le lib&#233;ralisme &#233;conomique soit inoffensif, sous sa forme radicale et d&#233;brid&#233;e. Dans son domaine propre d'abord, &#233;conomique : on ne voit que trop ses effets destructeurs sur les communaut&#233;s nationales et leurs patrimoines culturels, sociaux et &#233;cologiques. Ensuite par sa diffusion d'une image unidimensionnelle de l'homme, r&#233;duit au r&#244;le de simple producteur ou consommateur. Mais aurait-il tant d'influence si au pr&#233;alable le syst&#232;me de pens&#233;e et de valeur collectif n'avait &#233;t&#233; boulevers&#233; par des id&#233;ologies enracin&#233;es profond&#233;ment en nous ? En fait la relation entre eux est autre. Quand il n'y a plus de vraies valeurs communes, seul l'argent peut servir d'arbitre, car il est parfaitement neutre &#224; leur &#233;gard. Consid&#233;rer un enfant &#224; na&#238;tre comme une marchandise d&#233;montre la corruption de nos repr&#233;sentations collectives, qui n'ont plus d'inhibition et ouvrent la porte &#224; toutes les pratiques. Mais sur ce march&#233; ignoble, c'est la demande qui pr&#233;c&#232;de l'offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que toutes ces critiques laissent ouverte la question : que faire &#224; la place ? Personne ne propose une &#233;tatisation &#224; la sovi&#233;tique, et il est peu cr&#233;dible de tout construire avec des coop&#233;ratives ou des associations ; en outre rien ne garantit qu'elles seront vertueuses. L'Eglise l'avait bien compris qui a toujours d&#233;fendu un syst&#232;me &#233;conomique d&#233;centralis&#233;, libre mais r&#233;gul&#233;, ce qui suppose la propri&#233;t&#233; et l'entreprise - et simultan&#233;ment un profond renouvellement de nos valeurs, et donc notre conversion. Le march&#233; trouve sa place dans cette vision, car comment faire interagir autrement des personnes et des entreprises libres de leur action ? Beno&#238;t XVI avait eu la finesse de distinguer le march&#233; comme outil, des priorit&#233;s de ses participants : ce sont ces priorit&#233;s qui l'orientent et lui donnent sa direction. Plus, bien s&#251;r, les r&#232;gles qui le r&#233;gissent, et donc le niveau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne r&#233;formera donc pas notre soci&#233;t&#233; malade et ses d&#233;viances perverses, y compris son mat&#233;rialisme et le culte de l'argent, en ne s'en prenant qu'&#224; un capitalisme fantasm&#233; suppos&#233; racine de tout. Il est &#233;videmment une partie importante de la question. Il n'est pas la seule question. Changer les priorit&#233;s personnelles et collectives va bien au-del&#224;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise Finance et morale</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Crise-Finance-et-morale.html</link>
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		<dc:date>2010-02-27T14:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Capitalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Morale et finance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Moraliser le capitalisme apr&#232;s la crise : la finance &lt;br class='autobr' /&gt;
La finance est sur la sellette. Son fonctionnement collectif, ses techniques, sa r&#233;glementation sont directement en cause. L'accusation morale joue aussi un r&#244;le important : ce secteur avide d'argent ferait des profits d&#233;mentiels en faisant supporter ses pertes par la communaut&#233;. Qu'en est-t-il vraiment ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise &lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons cependant d'abord quelques faits sur la crise. D'abord ; c'est une bulle du cr&#233;dit, pas une crise des march&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Morale-et-finance-+.html" rel="tag"&gt;Morale et finance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moraliser le capitalisme apr&#232;s la crise : la finance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance est sur la sellette. Son fonctionnement collectif, ses techniques, sa r&#233;glementation sont directement en cause. L'accusation morale joue aussi un r&#244;le important : ce secteur avide d'argent ferait des profits d&#233;mentiels en faisant supporter ses pertes par la communaut&#233;. Qu'en est-t-il vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La crise&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons cependant d'abord quelques faits sur la crise. D'abord ; c'est une bulle du cr&#233;dit, pas une crise des march&#233;s ou de la sp&#233;culation. A l'origine, on trouve des cr&#233;dits hypoth&#233;caires &#224; risque &#233;lev&#233;, octroy&#233;s sur le march&#233; am&#233;ricain et reconditionn&#233;s par des titrisations complexes, souvent dot&#233;es de notations excellentes. Des cr&#233;dits : ce n'est donc pas une crise boursi&#232;re. Et ce n'est pas non plus une crise sp&#233;culative : certes les op&#233;rateurs cherchaient des r&#233;mun&#233;rations rapides, mais issues de commissions, pas de positions sur les march&#233;s. Est-ce d'ailleurs une crise de march&#233; ? Car s'agit-il de march&#233;s ? Sans doute au niveau du placement. Mais pas du march&#233; secondaire, pratiquement inexistant. En fait c'&#233;tait des cr&#233;dits bancaires, empaquet&#233;s de fa&#231;on compliqu&#233;e et peu lisible sous l'&#233;tiquette de valeur mobili&#232;re, et achet&#233;s parce qu'&#224; notation identique, le rendement &#233;tait meilleur qu'avec les produits classiques. La crise en a r&#233;v&#233;l&#233; les failles : des pr&#234;ts trop souvent octroy&#233;s n'importe comment par n'importe qui, des instruments illisibles ou trop compliqu&#233;s, des notations peu fiables ou pas faites pour l'usage qu'on en faisait, un filtre insuffisant des professionnels qui mesuraient mal leurs risques. En outre la liquidit&#233; sur le march&#233; secondaire s'est av&#233;r&#233;e nulle et les valorisations fond&#233;es sur le &#171; mark to market &#187; se sont effondr&#233;es. En bref, nous avons affaire &#224; un pseudo-march&#233;. Et le diagnostic est clair : des erreurs professionnelles graves, personnelles et collectives, mais qui sont en m&#234;me temps des erreurs morales &#8211; ce qui est en g&#233;n&#233;ral le cas ; on y reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'est d&#233;velopp&#233;, ce n'est pas seulement du fait de pratiques aberrantes, activ&#233;es par des r&#233;mun&#233;rations d&#233;tach&#233;es de toute consid&#233;ration de risque et le culte collectif de l'avidit&#233; (greed). Cela suppose aussi ce qu'il faut appeler une id&#233;ologie. Les crises du cr&#233;dit, classiques en cas d'expansion mon&#233;taire, sont de loin les plus meurtri&#232;res. Mais celle-ci a &#233;t&#233; consid&#233;rablement aggrav&#233;e par une foi aveugle dans ce qu'on appelait en bloc le &#8216;march&#233;'. Foi aveugle qui se traduit dans l'id&#233;e que le &#8216;march&#233;' trouve spontan&#233;ment son organisation - alors que l'histoire prouve largement le contraire : il lui faut des r&#232;gles du jeu et des arbitres. Foi aveugle qui a aussi conduit &#224; des r&#232;gles comptables affirmant imperturbablement que la meilleure valeur est celle du &#8216;march&#233;', m&#234;me s'il est sporadique, mal inform&#233; et peu fiable. Le tout aggrav&#233; par des erreurs de r&#233;gulation : outre un d&#233;faut de surveillance, il faut rappeler le r&#244;le jou&#233; par des r&#232;gles prudentielles (B&#226;le I &#233;tait alors en vigueur) encourageant l'arbitrage r&#233;glementaire en faveur de l'opacit&#233; : d&#232;s qu'on sortait un actif du bilan, on &#233;conomisait du capital et on &#233;chappait largement &#224; la supervision. On laissait ainsi un no man's land &#233;norme prolif&#233;rer, et on pinaillait sur les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A quoi sert la finance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cela remet-il en cause la finance comme telle, et notamment celle de march&#233; ? Non. Sur ce point, rappelons en effet quelques faits simples. La finance traite du rapport entre risque et rendements et donc arbitre entre les investissements possibles, parmi dans les diff&#233;rents projets en lice. Il ne s'agit pas seulement d'amener l'argent l&#224; o&#249; l'esp&#233;rance de gain est la plus grande, car ces diff&#233;rents projets pr&#233;sentent des risques et des chances tr&#232;s diff&#233;rents, sur lesquels les opinions varient. Il s'agit de choisir et de financer ceux qui pr&#233;sentent le meilleur r&#233;sultat pour un certain risque qu'on accepte d'assumer. Il n'est pas question de n'assumer aucun risque, car c'est la certitude de l'immobilisme et donc un risque plus important encore. Mais pas non plus de jouer &#224; la roulette. Et le choix varie selon le type d'argent que chacun est charg&#233; de g&#233;rer. Face aux nombreux projets en concurrence, l'arbitrage se fait par le march&#233; financier : le plus attirant recueille le plus de fonds, ou les paye moins cher. Cela revient au fond &#224; un vote sur la qualit&#233; relative des projets ; avec cette diff&#233;rence qu'il y a une r&#233;compense (ou une punition) pour chaque choix puisque ce qui est investi (ou pr&#234;t&#233;) se trouvera en fin de course r&#233;tribu&#233;, ou perdu. R&#233;compense qui est mesur&#233;e autant que faire se peut au fil de l'eau par le march&#233; encore, puisque les titres repr&#233;sentatifs de l'op&#233;ration ou du pr&#234;t sont en permanence achet&#233;s et vendus, int&#233;grant en permanence la vari&#233;t&#233; des opinions et informations : lorsqu'une action monte ou baisse, le cours de bourse est une appr&#233;ciation port&#233;e sur l'&#233;volution dans la dur&#233;e du m&#234;me couple risque/rendement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes ce n'est pas la seule m&#233;thode de financement possible. Alternativement, la m&#234;me op&#233;ration de pr&#234;t ou de placement peut ou a pu &#234;tre faite par une banque ou un investisseur fortun&#233; intervenant en direct. Mais dans ce cas il n'y a pas de march&#233; secondaire : le financier garde l'op&#233;ration dans ses livres jusqu'&#224; son terme. Il est bien vu aujourd'hui de vanter cette m&#233;thode. Mais il faut bien en voir les limites : outre que l'absence de cotation ne donne pas d'indication ext&#233;rieure et notamment l'opinion de tierces personnes sur la cr&#233;ance consid&#233;r&#233;e, il est in&#233;vitable que de telles entit&#233;s (les banques notamment) soient des soci&#233;t&#233;s &#224; risque potentiel &#233;lev&#233; : elles doivent donc &#234;tre g&#233;r&#233;es avec beaucoup de soin et sont &#233;troitement r&#233;gul&#233;es. Elles ne sauraient assumer le gros des financements n&#233;cessaires et notamment ceux en fonds propres, les plus al&#233;atoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parfait, loin de l&#224;, et il faut travailler &#224; mieux faire fonctionner ces m&#233;canismes. Mais quoiqu'il en soit, l'activit&#233; financi&#232;re est une activit&#233; indispensable au fonctionnement d'une &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e un tant soit peu &#233;volu&#233;e. Le Compendium le dit d'ailleurs clairement (N&#176; 368 sqq.). La seule alternative est une &#233;conomie dirig&#233;e (o&#249; la d&#233;cision d'investissement est prise par un processus administratif ou politique) : comme on sait elles n'ont fait la preuve ni de leur efficacit&#233;, ni de leur moralit&#233;. Cette activit&#233; est donc en soi bonne ou neutre. Mais cela n'emp&#234;che &#233;videmment pas qu'elle puisse &#234;tre immorale cas par cas, ou de fa&#231;on plus syst&#233;mique, selon le comportement des agents, individuel ou collectif. Avec la logique id&#233;ale de la fonction ainsi d&#233;crite, nous avons m&#234;me un instrument de mesure de ce qui peut et doit &#234;tre attendu des agents qui y op&#232;rent. Cette question de la moralit&#233; se pose alors &#224; plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les niveaux de la moralit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'un, le plus imm&#233;diat, est d'ordre d&#233;ontologique et vise le comportement des acteurs (en l'esp&#232;ce des financiers) : la r&#233;cente crise du subprime nous le conforme encore si besoin est. L'autre touche au processus de march&#233; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premier niveau de responsabilit&#233; : le comportement personnel et la &#8216;technique'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prendrai ici des exemples concrets v&#233;cus, tels qu'ils se posent dans la pratique professionnelle. Dans la banque d'investissement et de march&#233;, sans aller plus loin, l'exemple du subprime, outre la dimension technique de la chose, montre l'importance que peuvent avoir des d&#233;faillances d'ordre moral : d&#233;faut de conseil et de vigilance, exc&#232;s d'avidit&#233;, absence de responsabilisation sur ce qu'on produit, vend ou conseille etc. Des produits comportant des cr&#233;dits malsains, octroy&#233;s dans des conditions contestables, ont &#233;t&#233; incorpor&#233;s dans des instruments de march&#233; trop complexes et peu lisibles, not&#233;s par des agences de rating de fa&#231;on l&#233;g&#232;re ou parfois irresponsable, puis vendus &#224; des investisseurs eux-m&#234;mes aveugl&#233;s par l'app&#226;t du gain. Au-del&#224; de toute la technologie sophistiqu&#233;e, et m&#234;me si les acheteurs &#233;taient eux aussi des professionnels suppos&#233;s comp&#233;tents, n'a-t-on pas aussi p&#233;ch&#233;, moralement, contre des exigences au fond &#233;l&#233;mentaires de juste prix et de conseil ? Notons ici un point essentiel : le lien &#233;troit entre comp&#233;tence technique et moralit&#233;. Qui ne comprend pas la technique consid&#233;r&#233;e a du mal &#224; discerner ce qui est bien ou mal. Qui ne respecte pas des r&#232;gles morales ne peut &#234;tre sur la dur&#233;e un bon professionnel. En facteur commun bien s&#251;r &#224; toutes ces remarques, un ressort malsain : un app&#226;t immod&#233;r&#233; du gain. Encore faut-il &#234;tre lucide : il n'est pas le monopole des financiers. C'est un risque inh&#233;rent &#224; tout acteur op&#233;rant dans une &#233;conomie d&#233;centralis&#233;e et mon&#233;taris&#233;e. Mais dans la finance le risque est plus grand du fait de la position centrale du syst&#232;me. Et surtout dans le cas des march&#233;s financiers, car les mouvements &#233;conomiques y prennent un caract&#232;re particuli&#232;rement abstrait, tout en portant sur des masses d'argent &#233;normes, propices &#224; des profits consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me niveau de responsabilit&#233; : les pr&#233;f&#233;rences collectives et le Bien commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre niveau, moins souvent mis en avant, porte sur le r&#233;sultat du processus de march&#233; lui-m&#234;me : trop souvent, en milieu chr&#233;tien ou plus largement parmi les personnes &#224; souci &#233;thique, on raisonne comme si les march&#233;s n'avaient qu'une fonction technique ind&#233;pendante des priorit&#233;s et hi&#233;rarchies des acteurs. Curieusement, ce faisant on reprend l'id&#233;e re&#231;ue, l'enseignement des manuels d'&#233;conomie politique. Il appara&#238;t au contraire que la confrontation des pr&#233;f&#233;rences que constitue le march&#233; donnera un r&#233;sultat diff&#233;rent si ces pr&#233;f&#233;rences sont diff&#233;rentes. En d'autres termes, des march&#233;s anim&#233;s par des acteurs recherchant un certain bien ou au minimum s'imposant des contraintes diff&#233;rentes de celles que nous connaissons, ou se donnant d'autres objectifs sans pour autant s'opposer aux lois &#233;conomiques quand il y en a, donneront des r&#233;sultats diff&#233;rents de celui de march&#233;s anim&#233;s par des acteurs ne recherchant que leur profit au sens mat&#233;riel imm&#233;diat. Et ce n'est pas une simple diff&#233;rence de court terme et de long terme, de respect des r&#232;gles ou de tricherie : c'est une affaire de priorit&#233;s personnelles et collectives. Vrai pour tout agent &#233;conomique, cette affirmation l'est a fortiori pour des financiers dont la t&#226;che est la confrontation de l'ensemble des projets &#233;conomiques en vue de leur financement, ce qui est un r&#244;le de vraie plaque tournante de l'&#233;conomie. C'est notamment pour cela que la question des fonds dits &#233;thiques et plus particuli&#232;rement le fait que les investisseurs financiers ultimes se pr&#233;occupent de r&#232;gles et r&#233;f&#233;rences autres que le r&#233;sultat imm&#233;diat est un enjeu tr&#232;s important. D'autant que sur ce plan en un sens nous sommes presque tous des financiers, car nous d&#233;tenons quasiment tous de l'&#233;pargne et son orientation envoie un message fort au syst&#232;me &#233;conomique. M&#234;me si la responsabilit&#233; des professionnels de la finance est premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le r&#244;le de la finance, reflet de nos valeurs dominantes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est que, en d&#233;finitive, la finance n'est pas une excroissance par rapport au reste de l'&#233;conomie de march&#233; et notamment pas dans une direction moins morale. Certes la recherche du profit, donc potentiellement le culte exclusif de l'argent est le crit&#232;re central d'allocation des ressources. Mais c'est au c&#339;ur m&#234;me de l'&#233;conomie lib&#233;rale. Certes les fluctuations sont fortes. Mais c'est logique pour des collectifs humains soumis aux ph&#233;nom&#232;nes de foules et de mode dans une &#233;conomie en pleine mutation, qui prend en charge l'int&#233;gration progressive de syst&#232;mes &#233;conomiques extr&#234;mement dissemblables. Certes les mesures correctives de type social-d&#233;mocrate sont battues en br&#232;che. Mais outre qu'on peut disputer de leur pertinence, elles correspondaient &#224; un &#233;tat du monde sp&#233;cifique et d&#233;pass&#233; par le processus de rapprochement des &#233;conomies appel&#233; mondialisation. Certes il est choquant de voir des profits d&#233;mesur&#233;s pour une activit&#233; non li&#233;e visiblement &#224; la production mat&#233;rielle. Mais cela a toujours &#233;t&#233; vrai du commerce ; c'est pour cela que les marxistes le consid&#233;raient non productif : or on a vu ce que donnait une &#233;conomie qui ne reconnaissait pas le r&#244;le du commerce. En d&#233;finitive, tout march&#233; est un lieu d'&#233;change, o&#249; les valeurs d&#233;coulent directement de la confrontation des appr&#233;ciations personnelles. Il est alors clair que l'absence de morale collective explicite, qui caract&#233;rise nos soci&#233;t&#233;s, aboutit &#224; faire r&#233;gner la loi des volont&#233;s particuli&#232;res, arbitr&#233;es par le march&#233; exprim&#233; en termes mon&#233;taires ; et sur le plan des capitaux, par le march&#233; financier. En d'autres termes, c'est la logique lib&#233;rale, au sens philosophique, de nos soci&#233;t&#233;s, qui met la finance telle qu'elle existe au centre de leur vie collective. Il y a donc bien quelque chose de malsain ; mais ce n'est pas principalement dans l'outil financier en soi, c'est dans le r&#244;le qu'il joue in&#233;vitablement dans une soci&#233;t&#233; qui n'a pas de crit&#232;re de choix, parce qu'elle ne reconna&#238;t pas de norme morale, et qui se fait arbitrer par le profit imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me central que pose notre syst&#232;me &#233;conomique, n'est donc pas seulement le fonctionnement m&#234;me des circuits de l'argent, mais le syst&#232;me de valeur collectif. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la canalisation des march&#233;s, &#224; leur r&#233;gulation intelligente, bien au contraire ; et ils en ont le plus grand besoin. Mais cela ne fait que rationaliser l'existant. Or la question est plus profonde ; elle est morale et m&#234;me spirituelle. Si la Doctrine sociale de l'Eglise diff&#232;re du lib&#233;ralisme ambiant, ainsi d'ailleurs que des conceptions socialistes ou sociale-d&#233;mocrates, c'est sur ce plan : en fait c'est toute la conception de l'homme et de la soci&#233;t&#233; qui est diff&#233;rente. De m&#234;me qu'on a les politiciens qu'on m&#233;rite (ou dont on s'accommode) on a la finance qui r&#233;sulte de nos valeurs collectives r&#233;elles, ou celle qui prosp&#232;re en leur absence&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Publi&#233; initialement dans Libert&#233; politique)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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