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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le progr&#232;s humain suppose une forme de confiance, et par l&#224; d'autorit&#233;</title>
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		<dc:date>2024-07-23T16:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Autorit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Confiance et autorit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faut-il tout comprendre pour adh&#233;rer et donner sa confiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est clair avec la foi. En fait, r&#233;guli&#232;rement dans nos vies, nous rencontrons des affirmations ou des enseignements qui ne nous sont pas compr&#233;hensibles en l'&#233;tat, mais qui peuvent et doivent &#234;tre pour nous des &#233;l&#233;ments vitaux de progr&#232;s. C'est &#233;vident dans toute l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela met en &#233;vidence qu'un facteur majeur du progr&#232;s humain, personnel ou collectif, est un &#233;l&#233;ment d'autorit&#233; - bien compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Confiance-et-autorite-+.html" rel="tag"&gt;Confiance et autorit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faut-il tout comprendre pour adh&#233;rer et donner sa confiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vangile para&#238;t montrer le contraire. Celui de saint Jean, admirablement analys&#233; par dom Guillerand (&lt;i&gt;Ma&#238;tre, o&#249; demeurez-vous ?&lt;/i&gt;) d&#233;crit notamment l'hostilit&#233; montante des &#8216;Juifs' contre J&#233;sus, et le dilemme qui se pose alors aux disciples. Or dans ce contexte heurt&#233;, ce qui frappe est le langage sans concession de J&#233;sus : il pose clairement la question d'un choix absolu &#224; faire entre l'adh&#233;sion &#224; sa personne et son message, ou le refus ; et il le fait avec des affirmations qui paraissent faites pour d&#233;router et rebuter les Juifs en question. Ainsi quand il parle sans plus d'explication de manger son corps et boire son sang pour &#234;tre sauv&#233;, ou quand il s'affirme de fait comme Dieu (&#8216;avant qu'Abraham fut, je suis'), dans un monde o&#249; c'&#233;tait impensable. Le seul &#233;l&#233;ment d'argumentation qu'il propose se r&#233;f&#232;re &#224; ses miracles et &#224; son absence de p&#233;ch&#233; ; mais cela ne suffit pas pour faire adh&#233;rer aux propositions pr&#233;c&#233;dentes. C'est qu'il faut pour cela la foi, l'adh&#233;sion &#224; sa personne, la confiance plac&#233;e en lui, bien au-del&#224; du contenu imm&#233;diat de ses paroles, et malgr&#233; l'incompr&#233;hension qu'elles suscitent. Une foi qui demandait d'ailleurs &#224; ces disciples bien plus que ce qu'elle demandera par la suite, apr&#232;s la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foi implique une adh&#233;sion de confiance qui est hors de port&#233;e de ceux qui n'ont pas cette gr&#226;ce. Une des cons&#233;quences de ce fait est que le chemin qui peut &#234;tre fait par des croyants avec des non-croyants, tout en &#233;tant justifi&#233;, est n&#233;cessairement partiel et atteint &#224; un moment sa limite. Dans les affaires de la cit&#233;, cela s'arr&#234;te &#224; ce qui peut &#234;tre atteint (dans le meilleur des cas) par la raison naturelle. Cela n'implique pas de taire sa foi, au risque de l'incompr&#233;hension : la manifester donne en effet une chance &#224; l'interlocuteur d'&#234;tre touch&#233; par elle. Mais du point de vue de la vie sociale, cela limite la possibilit&#233; d'action ou d'influence de la foi sur la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, ce qui apparait ici avec la foi retrouve un fait humain plus large. R&#233;guli&#232;rement dans nos vies, nous rencontrons des affirmations ou des enseignements qui ne nous sont pas compr&#233;hensibles en l'&#233;tat, mais qui peuvent et doivent &#234;tre pour nous des &#233;l&#233;ments vitaux de progr&#232;s. Dans la majorit&#233; des cas, ils seront compris par la suite, mais il faut dans un premier temps les int&#233;grer sans les comprendre. C'est &#233;vident dans le cas des jeunes enfants ; mais cela vaut aussi pour la suite du processus &#233;ducatif. Dans cette perspective, la p&#233;dagogie post-soixante-huitarde fond&#233;e sur l'id&#233;e de l'individu apprenant est une erreur anthropologique majeure : pr&#233;cis&#233;ment, l'individu qui apprend ne sait pas, et n'est en g&#233;n&#233;ral pas en mesure d'appr&#233;cier ; il a besoin d'un ma&#238;tre. Certes, chaque fois qu'il pourra comprendre, il faudra recourir &#224; sa raison ; et au bout du processus, il faudra en g&#233;n&#233;ral qu'il comprenne le pourquoi de ce qu'on lui aura enseign&#233;. Mais ce peut &#234;tre tr&#232;s long, et le terme peut &#234;tre tardif dans sa vie. La p&#233;dagogie confuc&#233;enne traditionnelle, qui fait une large place &#224; la m&#233;moire, au fait d'apprendre par c&#339;ur des sentences ou des po&#232;mes, avait bien compris cela elle aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela met enfin en &#233;vidence qu'un facteur majeur du progr&#232;s humain, personnel ou collectif, est un &#233;l&#233;ment d'autorit&#233;. Car le fait qu'on &#233;coute quelqu'un et lui fait confiance pour montrer le chemin, en fonction de ce qu'il est, est caract&#233;ristique de ce qu'on appelle &#8216;faire autorit&#233;'. D'o&#249; le besoin essentiel de donner une juste place &#224; l'autorit&#233;. Ce qui s'av&#232;re diam&#233;tralement oppos&#233; &#224; l'id&#233;ologie des Lumi&#232;res, qui veut que chacun porte &#224; tout moment ses jugements, id&#233;alement sur la base de la raison, dans les limites de ce qu'il peut comprendre. Ce qui, en d&#233;finitive, se r&#233;v&#232;le justement &#234;tre un comportement assez peu conforme &#224; la raison, si elle est bien comprise. Bien entendu, une telle autorit&#233; doit avoir montr&#233;, par l'exp&#233;rience ou tout autre motif, qu'elle est raisonnablement fiable ; et &#224; terme suffisamment long, qu'elle soit jug&#233;e sur ses fruits. Bien entendu aussi, les abus sont possibles et bien connus. Bien entendu encore, cela n'implique pas le droit &#224; imposer des vues par la violence. Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; ce qu'on doit raisonnablement admettre : bien comprise, l'autorit&#233; fond&#233;e sur la confiance est un &#233;l&#233;ment indispensable et m&#234;me vital du progr&#232;s personnel et collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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