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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Vatican II et les tradis : r&#233;ponse &#224; certaines id&#233;es fausses</title>
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		<dc:date>2022-07-14T15:58:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Catholicisme</dc:subject>
		<dc:subject>Rite extraordinaire</dc:subject>
		<dc:subject>Vatican II</dc:subject>
		<dc:subject>Traditionnaliste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'anniversaire du motu proprio &lt;i&gt;Traditionis custodes&lt;/i&gt; remet la question sur le tapis : &#234;tre attach&#233; au rite tridentin, ou extraordinaire, signifie-t-il qu'on refuse Vatican II et qu'on se met par l&#224; en dehors de la communion de l'Eglise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains le pensent, notamment &#224; la suite de d&#233;clarations du pape Fran&#231;ois. Et donc ils approuvent la tentative en cours d'&#233;limination de ce rite, au double nom de l'unit&#233; et du Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle analyse, sans base dans l'histoire ou dans la foi, serait en fait ruineuse pour le catholicisme - religion de la permanence de la foi &#224; travers son d&#233;veloppement, et non d'un flux de type l&#233;gislatif o&#249; chaque &#233;tape remplace et annule la pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Question : &#234;tre attach&#233; au rite tridentin, ou extraordinaire, signifie-t-il qu'on refuse Vatican II et qu'on se met par l&#224; en dehors de la communion de l'Eglise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains le pensent, notamment &#224; la suite de d&#233;clarations du pape Fran&#231;ois. Le raisonnement est simple : Vatican II a d&#233;bouch&#233; sur le rite actuel dit ordinaire ; qui ne l'accepte pas n'accepte pas le Concile, et se met en dehors. Point &#224; la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rite dit tridentin a &#233;t&#233; le rite ordinaire de l'Eglise romaine (plus exactement de la curie et de la papaut&#233;) sans grand changement depuis environ 15 si&#232;cles. Avant Pie V il coexistait dans la chr&#233;tient&#233; latine avec de multiples rites apparent&#233;s ; la d&#233;cision de ce pape a &#233;t&#233; de le codifier (sans cr&#233;er un rite nouveau comme certains l'expliquent sans la moindre base), et d'&#233;liminer tous les rites qui &#233;taient alors anciens de moins de 200 ans. Par la suite, la Contrer&#233;forme a tendu &#224; g&#233;n&#233;raliser ce rite plus largement &#8211; m&#234;me si les usages locaux ont subsist&#233; dans bien des endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel rite pratiqu&#233; pendant une si longue p&#233;riode par l'Eglise, et au plus haut niveau, est par d&#233;finition parfaitement conforme &#224; la foi et apte &#224; exprimer l'objet du rituel concern&#233;, et notamment &#224; offrir le saint sacrifice de la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le Concile Vatican II ne s'est nulle part donn&#233; pour but de transformer l'Eglise catholique, ni de lui faire franchir une &#233;tape radicalement nouvelle, ni de faire dispara&#238;tre des maux graves qui l'auraient affect&#233;e. On peut toujours pr&#233;tendre que c'e&#251;t &#233;t&#233; n&#233;cessaire ; mais on ne peut pas dire que c'est ce qu'a voulu faire le Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la liturgie, la Constitution conciliaire, &lt;i&gt;Sacrosanctum Concilium&lt;/i&gt;, demandait une r&#233;vision des livres alors en vigueur, ceux de saint Pie V, rite qui a d'ailleurs &#233;t&#233; celui de tout le Concile jusqu'&#224; la fin et sans objection. Il s'agissait de faciliter la participation des fid&#232;les, de simplifier certains points, d'utiliser ici ou l&#224; la langue locale et d'enrichir les lectures propos&#233;es. Elle a &#233;t&#233; approuv&#233;e par une tr&#232;s forte majorit&#233;, y compris de nombreux &#233;v&#234;ques conservateurs dont Mgr Lefebvre. Il s'agissait donc bien d'une r&#233;vision de la liturgie et non d'une r&#233;&#233;criture. Et si on en &#233;tait rest&#233; l&#224;, il n'y aurait pas eu de d&#233;bat sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, et dans le cadre du gigantesque happening qui s'est empar&#233; alors d'une partie de l'Eglise, invoquant un esprit du Concile qui n'a pas de base dans les textes de ce dernier, il a &#233;t&#233; proc&#233;d&#233; &#224; une refondation radicale de la liturgie latine. Bouleversement du calendrier, &#233;limination de fait du latin et du gr&#233;gorien, retournement des autels et de l'orientation, r&#233;&#233;criture de la majorit&#233; des oraisons, communion dans la main, flot massif de lectures nouvelles etc., les changements sont radicaux. Mais ils ne peuvent s'autoriser d'une demande expresse en ce sens du Concile. Ils sont l&#233;gitimes, puisque le pape Paul VI les a promulgu&#233;s, mais on ne peut pr&#233;tendre que tels qu'ils sont, ils sont ce qu'a demand&#233; le Concile. Ils en sont tout au plus une interpr&#233;tation particuli&#232;re, selon un processus de bouleversement sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire liturgique de l'Eglise - comme Beno&#238;t XVI l'a rappel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors de celui qui reste attach&#233; &#224; la liturgie ant&#233;rieure ? Compte tenu de l'ampleur du bouleversement liturgique, l'esprit des deux rites est tr&#232;s diff&#233;rent. Et donc on peut parfaitement se reconnaitre dans ce rite ant&#233;rieur et avoir des difficult&#233;s &#224; trouver sa joie dans le nouveau, sans que cela implique un &#233;tat d'esprit rebelle. Cela traduit chez la plupart une diff&#233;rence de sensibilit&#233;. Chez certains cela peut impliquer en outre une nette pr&#233;f&#233;rence pour le pr&#233;c&#233;dent rite, parce qu'il exprimerait mieux la conception catholique traditionnelle, toujours valable, sur le sens de la messe. Mais en quoi cela serait-il r&#233;pr&#233;hensible ? En quoi cela s'opposerait-il aux textes conciliaires ? Bien s&#251;r il y a aussi des gens qui refusent le concile ; mais parmi les adeptes du rite ant&#233;rieur rest&#233;s dans la communion de l'Eglise ils sont une tr&#232;s faible minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ajoute qu'il y a toujours eu multiplicit&#233; des rites dans l'Eglise, et m&#234;me dans l'Eglise latine, tout cela conduit comme une &#233;vidence &#224; admettre qu'&#224; c&#244;t&#233; de ce pari qu'a &#233;t&#233; la r&#233;daction d'une nouvelle liturgie, il y ait place pour ceux qui ressentent une nette pr&#233;f&#233;rence pour l'autre (ou sont porteurs d'une conviction en sa faveur). Les arguments visant &#224; justifier une &#233;limination de la liturgie ant&#233;rieure et consistant &#224; invoquer soit une r&#232;gle liturgique pos&#233;e par le Concile, soit un bouleversement de l'Eglise qui serait exig&#233; par ce dernier, soit encore le besoin de l'unit&#233;, sont donc sans fondement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233; toutefois, on sent pointer derri&#232;re de telles affirmations une autre id&#233;e : que le Concile est &#224; voir non comme une &#233;tape dans la vie de l'Eglise, visant comme on l'a explicit&#233; &#224; l'&#233;poque &#224; parler au monde d'aujourd'hui et &#224; dialoguer avec lui dans une langage plus adapt&#233; ; mais comme une rupture profonde, une r&#233;forme radicale d'usages et de conceptions non pas seulement d&#233;su&#232;tes, mais fausses, balay&#233;es par les progr&#232;s de la pens&#233;e ou de la foi et l'&#233;volution du monde. C'est ce que Beno&#238;t XVI appelait, pour la rejeter, une herm&#233;neutique de la rupture. Rarement explicit&#233;e comme telle, du moins &#224; un certain niveau, cette conception est sous-jacente au raisonnement de beaucoup de gens &#8211; et de th&#233;ologiens ou de pr&#233;lats. Dans cette optique &#233;videmment, ce qui est nouveau remplace et annule ce qu'il y avait avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les tenants de cette position ne comprennent pas que ce faisant ils ruinent toute la logique de l'Eglise catholique, dont ils se r&#233;clament pourtant. Car l'autorit&#233; que celle-ci reconna&#238;t au magist&#232;re suppose &#224; la fois la coh&#233;rence de ce magist&#232;re dans le temps, bas&#233;e sur la permanence de la foi, et donc l'absence de rejet de ce qui a &#233;t&#233; valid&#233; &#224; une &#233;poque, et l'acceptation d'une pluralit&#233; de charismes. Sinon on bascule dans la secte, o&#249; le poids de l'autorit&#233; est suppos&#233; absolu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Mai 68 et Vatican II : les deux r&#233;volutions</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Mai-68-et-Vatican-II-les-deux-revolutions.html</link>
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		<dc:date>2018-06-29T13:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Vatican II</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comment le Concile a ouvert les bras au monde au moment pr&#233;cis o&#249; celui-ci partait dans la direction oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article par dans Aleteia&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment le Concile a ouvert les bras au monde au moment pr&#233;cis o&#249; celui-ci partait dans la direction oppos&#233;e.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on rapprocher Vatican II et mai 68 ? Entre les foules de jeunes en r&#233;volte et les v&#233;n&#233;rables &#233;v&#234;ques assembl&#233;s dans Saint-Pierre la diff&#233;rence para&#238;t &#233;norme. Pourtant ils ont quelque chose en commun, et au minimum un r&#244;le central dans les bouleversements des ann&#233;es soixante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Concile, quel concile ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Concile avait pour t&#226;che ce que Jean XXIII appelait l'aggiornamento : ne pas changer le d&#233;p&#244;t de la foi mais le dire autrement et dialoguer avec le monde d'aujourd'hui. Le r&#233;sultat est-il en rapport ? Certains insistent sur la mutation, d'autres sur la continuit&#233;. Mais le bouleversement est incontestable. Beno&#238;t XVI avait distingu&#233; le Concile des textes (en th&#233;orie le seul vrai) et le Concile des m&#233;dias. Le mouvement massif de remise en cause qui a alors saisi l'&#201;glise serait alors en grande partie le fruit de cette interpr&#233;tation appel&#233;e concile des m&#233;dias, qui ne s'appuie que partiellement sur les textes conciliaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la r&#233;alit&#233; est plus complexe. Car m&#234;me dans les textes les changements sont importants. Le langage utilis&#233; est tr&#232;s nouveau ; les anath&#232;mes (listes de propositions condamn&#233;es comme fausses) sont supprim&#233;s ; on donne la priorit&#233; absolue au pastoral, etc. Ce qui fait qu'en restant en principe coh&#233;rent on envoie en r&#233;alit&#233; un message assez diff&#233;rent. Par exemple, dans le texte sur les autres religions, Nostra Aetate, on ne parle que de ce que ces religions ont de bon. On peut donc dire qu'on ne change rien. Mais en fait on change l'attitude : au lieu de voir d'abord ces religions comme fausses, on s'attache aux &#233;l&#233;ments communs. Ce qui permettra ensuite &#224; certains de dire qu'elles ont une valeur comme telles. Ce que ne dit pas le texte. Mais son flou sur le sujet a permis le glissement. On voit alors poindre une des affinit&#233;s possibles avec mai 68. &#171; Il est interdit d'interdire &#187; disait ce dernier : en un sens, c'est un peu ce qu'a fait le Concile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le seul point commun. Sous un autre angle, les effets de mai 68 sont faibles doctrinalement, mais consid&#233;rables dans la pratique et les m&#339;urs ; or c'est aussi ce qui se passe avec le Concile (au moins celui des m&#233;dias). Prenons la liturgie : des changements aussi embl&#233;matiques que l'orientation du culte ou la communion dans la main ne r&#233;sultent pas de textes conciliaires, mais de la pratique, ent&#233;rin&#233;e par les autorit&#233;s. On peut enfin noter aussi, en commun, cet optimisme utopique caract&#233;ristique de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des diff&#233;rences sensibles&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En revanche, en termes de r&#233;sultats concrets les r&#233;sultats sont inverses. &#201;videmment si on voit mai 68 (et tous les &#233;v&#233;nements apparent&#233;s, partout dans le monde d&#233;velopp&#233;) comme une r&#233;volution, c'est un &#233;chec. Mais en r&#233;alit&#233; ce n'&#233;tait pas d'abord une r&#233;volution politique. L'effet principal, massif, en a &#233;t&#233; de bouleverser les m&#339;urs, &#224; commencer par les relations sexuelles, et de refuser toute autorit&#233; et tradition ; avec pour produit involontaire final l'exaltation de la consommation et de l'argent. En tout cas son impact en a &#233;t&#233; immense ; les effets s'en sont fait sentir jusqu'&#224; nos jours, impr&#233;gnant toute la soci&#233;t&#233; bien au-del&#224; de son point de d&#233;part. De son c&#244;t&#233; le Concile n'avait pas l'intention de changer les traits essentiels de la foi catholique. Et s'il a pr&#233;sid&#233; lui aussi &#224; un bouleversement sans pr&#233;c&#233;dent, on a constat&#233; en m&#234;me temps un effondrement quantitatif. L'impr&#233;gnation de la soci&#233;t&#233; par la foi chr&#233;tienne, qui restait tr&#232;s forte, est devenue au fil du temps minime. Sur ce plan donc la ressemblance a ses limites. Dans un cas on a vu une mutation majeure (pas enti&#232;rement voulue) et un effet puissant ; dans l'autre, l'effet socialement visible (je ne parle pas de l'int&#233;riorit&#233; spirituelle) a &#233;t&#233; l'effondrement quantitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble qu'on puisse trouver la raison de ce contraste dans les positions oppos&#233;es des deux &#233;v&#233;nements par rapport &#224; leurs traditions respectives ainsi qu'&#224; l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; (&#233;mancipation, rejet des normes, individualisme, relativisme), qui refl&#233;tait une tendance lourde d&#233;j&#224; pr&#233;sente, lib&#233;rale et r&#233;volutionnaire. Mai 68 allait tout &#224; fait dans le sens de cette &#233;volution. Mais l'&#201;glise &#233;tait dans la position inverse. Dans la phase ant&#233;rieure elle s'&#233;tait oppos&#233;e vigoureusement &#224; la modernit&#233; ; et cela avait donn&#233; certains r&#233;sultats m&#234;me si elle connaissait une lente attrition, car elle r&#233;sistait assez bien. Cela dit, de fa&#231;on souterraine, une partie du clerg&#233; et des fid&#232;les &#233;taient plus ouverts aux &#171; valeurs &#187; de l'&#233;poque et esp&#233;raient des retrouvailles avec le monde moderne ; s'ajoutant au besoin permanent de ressourcement spirituel et au renouvellement n&#233;cessaire, cela a conduit au Concile. On esp&#233;rait m&#234;me, assez na&#239;vement, que cela pourrait d&#233;boucher sur une rechristianisation. D'o&#249; l'optimisme, et des initiatives plus ou moins d&#233;brid&#233;es. Des traits d'&#233;poque caract&#233;ristiques, mais inattendus dans une institution o&#249; la tradition et l'autorit&#233; jouaient un r&#244;le central. Mais cela a &#233;t&#233; per&#231;u comme un v&#233;ritable t&#234;te-&#224;-queue par rapport aux attitudes pr&#233;c&#233;dentes, d'o&#249; une grande confusion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;
Des fruits assez diff&#233;rents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le r&#233;sultat. Dans un livre r&#233;cent, Guillaume Cuchet a admirablement analys&#233; l'effondrement de l'&#201;glise catholique en France, commen&#231;ant dans les ann&#233;es 1960 et poursuivie ensuite. On dit que la baisse &#233;tait s&#233;culaire et continue depuis bien longtemps : c'est inexact. Elle a &#233;t&#233; brutale, et pas vraiment pr&#233;par&#233;e par des signes avant-coureurs. On le voit au fait que la conviction commune au d&#233;but des ann&#233;es soixante &#233;tait &#224; la stabilisation de la pratique (sous r&#233;serve d'une lente &#233;rosion s&#233;culaire et de l'exode rural) ; d'o&#249; l'optimisme de l'&#201;glise du temps, qui explique en un sens le Concile et son ton na&#239;vement confiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Guillaume Cuchet le montre, la baisse soudaine de la pratique date de 1965 et pas de 1968 comme beaucoup le croient. Il y a &#233;videmment l&#224; &#224; l'&#339;uvre des mouvements sociologiques majeurs. Mais souligne-t-il, la datation pr&#233;cise du d&#233;crochage et sa brutalit&#233; mettent en &#233;vidence le choc du Concile et de sa mise en &#339;uvre. La pratique religieuse, obligatoire avant sous peine de p&#233;ch&#233; mortel, l'a &#233;t&#233; d'un coup beaucoup moins. Dieu n'&#233;tait plus (aussi) un juge mais pur amour, incapable de condamner qui que ce soit. Les fins derni&#232;res ont disparu de la pastorale. Certes, ce n'est pas le Concile qui a relativis&#233; la pratique (notamment le r&#244;le de la confession) ou l'id&#233;e de l'enfer. Mais outre qu'il n'insistait pas dessus, il a dans la perception commune relativis&#233; l'id&#233;e que le Salut s'obtenait normalement par l'&#201;glise et ses pratiques. Et de son c&#244;t&#233; le clerg&#233; a progressivement d&#233;mont&#233; l'ancien syst&#232;me de normes, de pratique et de dogmes, ainsi que la religiosit&#233; populaire, tout en bouleversant la liturgie. Pour Guillaume Cuchet tout se passe donc comme si Vatican II avait entra&#238;n&#233; la r&#233;volution qu'il voulait &#233;viter. M&#234;me si pour lui la crise se serait produite de toute fa&#231;on, quoique plus tard et autrement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tout ne pouvait continuer comme avant&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne sait &#233;videmment pas ce qui se serait pass&#233; s'il n'y avait pas eu ce Concile, d&#233;cision personnelle de Jean XXIII. Ou avec un Concile diff&#233;rent. Avec le recul toutefois, on reste &#233;tonn&#233; de l'improvisation et surtout de la na&#239;vet&#233; du processus. La lecture des signes des temps si pris&#233;e alors s'est av&#233;r&#233;e assez d&#233;fectueuse : le Concile a ouvert les bras au monde au moment pr&#233;cis o&#249; celui-ci partait dans la direction oppos&#233;e. On a voulu alors oublier l'id&#233;e ch&#232;re &#224; l'&#201;glise pr&#233;conciliaire que la modernit&#233; contenait des ferments incompatibles avec le message chr&#233;tien. Or non seulement ces ferments &#233;taient bien l&#224;, mais ils se sont nettement aggrav&#233;s avec le passage &#224; la postmodernit&#233; relativiste et libertaire apr&#232;s 1968. Pour ne prendre qu'un domaine, rien ne montre que le Concile ait eu la moindre anticipation de l'avortement de masse, des m&#339;urs dites libres, de la pornographie, de l'effondrement du mariage etc., qui allaient d&#233;ferler sur nos soci&#233;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ne vaut pas dire que tout pouvait continuer comme avant, tant s'en faut : notamment, il fallait chercher &#224; parler aux hommes de notre temps, et reconna&#238;tre ce qu'il y a de bon dans le monde moderne. Plus encore, une r&#233;forme spirituelle s'imposait. Mais il est &#233;tonnant qu'on ait &#224; ce point sous-estim&#233; les tendances profondes de l'&#233;poque et ses ferments destructeurs. Et encore plus &#233;tonnant est le fait que cinquante ans apr&#232;s, l'&#201;glise ne soit pas en &#233;tat de prendre lucidement la mesure de ce qui lui est arriv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans Aleteia le 27 juin 2018&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2018/06/27/mai-68-et-vatican-ii-les-deux-revolutions/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2018/06/27/m...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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