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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La d&#233;mographie glaciale qui attend l'Eglise, et sa disparition de la sc&#232;ne publique</title>
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		<dc:date>2023-01-24T16:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Eglises b&#226;timents</dc:subject>
		<dc:subject>Nombre de pr&#234;tres</dc:subject>
		<dc:subject>Pratique religieuse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les r&#233;cents propos de Roselyne Bachelot, estimant qu'il y avait trop d'&#233;glises et qu'une partie appr&#233;ciable de celles-ci, notamment en milieu rural, devrait &#234;tre vendue ou d&#233;truite, ont justement scandalis&#233; par leur brutalit&#233;. Il n'emp&#234;che qu'il y a une question r&#233;elle, celle des cons&#233;quences collectives de l'effondrement d&#233;mographique du catholicisme. Comme tout effondrement de ce type, l'effet n'est que progressif et permet le maintien d'impressions r&#233;tiniennes sur d'assez longues dur&#233;es. Mais en m&#234;me temps la d&#233;mographie est implacable &#224; terme. En l'occurrence, elle met en &#233;vidence la quasi-certitude d'un effondrement au moins quantitatif encore plus visible du catholicisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Pratique-religieuse-+.html" rel="tag"&gt;Pratique religieuse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;cents propos de Roselyne Bachelot, estimant qu'il y avait trop d'&#233;glises et qu'une partie appr&#233;ciable de celles-ci, notamment en milieu rural, devrait &#234;tre vendue ou d&#233;truite, ont justement scandalis&#233; par leur brutalit&#233;. Il n'emp&#234;che qu'il y a une question r&#233;elle, celle des cons&#233;quences collectives de l'effondrement d&#233;mographique du catholicisme. Comme tout effondrement de ce type, l'effet n'est que progressif et permet le maintien d'impressions r&#233;tiniennes sur d'assez longues dur&#233;es. Mais en m&#234;me temps la d&#233;mographie est implacable &#224; terme. En l'occurrence, elle met en &#233;vidence la quasi-certitude d'un effondrement au moins quantitatif encore plus visible du catholicisme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la dimension proprement religieuse qui sera au centre de l'attention ici, mais sa signification pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Compte tenu de l'importance traditionnelle dans la vie collective du pays du catholicisme et de son h&#233;ritage, il est important d'y r&#233;fl&#233;chir d&#232;s maintenant. Mon propos ne sera pas non plus la recherche des causes de cet effondrement, ni la question (en soi importante bien s&#251;r) de ce qu'il faudrait faire. Mais de ce que signifient les chiffres. Y compris au niveau des b&#226;timents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement d&#233;j&#224; act&#233; et surtout attendu du nombre de pr&#234;tres est le premier facteur. Actuellement le rythme d'ordinations est d'environ 120 par an (toutes fili&#232;res) et d'environ 100 (dioc&#233;sains et communaut&#233;s non religieuses) contre plus de 1000 (fluctuant alors fortement selon les ann&#233;es) vers 1950, soit 1/10. Ce chiffre tend en outre &#224; baisser. M&#233;caniquement, en supposant m&#234;me qu'il se stabilise, cela implique en r&#233;gime de croisi&#232;re un nombre de pr&#234;tres actifs en paroisse de l'ordre de 4500 au plus (en supposant 45 ans d'activit&#233; sans d&#233;fection) soit moins de 1/10 des 51 000 de l'&#233;poque &#8211; ce qui est coh&#233;rent avec les ordinations. Naturellement cela suppose, de fa&#231;on bien optimiste, une stabilisation des ordinations au niveau actuel, alors que la tendance longue est &#224; la baisse. Notons incidemment que l'application d'un coefficient semblable au nombre de dioc&#232;ses aboutirait &#224; envisager tout au plus un dioc&#232;se par r&#233;gion administrative actuelle &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pensent que cela implique une rar&#233;faction par rapport &#224; la demande des fid&#232;les et en d&#233;duisent le besoin d'une autre pastorale. Mais si on regarde les donn&#233;es, ce n'est pas &#233;vident, m&#234;me si ce que recouvrent les chiffres disponibles n'est pas clair. Selon les &#233;valuations avanc&#233;es ici ou l&#224; les &#8216;messalisants' (auto-d&#233;clar&#233;s) seraient d&#233;sormais (2016) de l'ordre de 4,5 % de la population (ENS Lyon). D'autres s&#233;ries de chiffres (ceux qu'utilise par exemple G. Cuchet), sont plus bas : moins de 2% dans la p&#233;riode r&#233;cente (1,8 % en 2017 enqu&#234;te Ipsos, Yann Raison du Cl&#233;ziou). Quant &#224; la pratique vers 1950-1960, on parle en g&#233;n&#233;ral de 25 &#224; 28 % (m&#234;me si certains &#233;voquent 40 &#224; 45 %). Ces diverses s&#233;ries de chiffres ne sont pas n&#233;cessairement coh&#233;rentes. En ordre de grandeur, si on retient ces 25-28 % pour l'&#233;poque, la r&#233;duction oscille entre 1/12 avec le chiffre de 1,8%, et serait plus forte que celle du nombre de pr&#234;tres ; mais de 1/6 avec 4,5 %, ce qui serait plus faible - mais on compare alors des chiffres autod&#233;clar&#233;s avec des mesures. Ajoutons que le taux d'encadrement par des pr&#234;tres dans les ann&#233;es 1950-60 restait relativement &#233;lev&#233;. Il est &#224; noter en outre que cela inclut des chiffres tr&#232;s variables selon les g&#233;n&#233;rations, et que les chiffres de pratique seraient bien plus bas aujourd'hui si on enlevait les plus &#226;g&#233;s (en 2006, les retrait&#233;s faisaient 44% des pratiquants). Et bien entendu l'extrapolation de la tendance ant&#233;rieure conduirait &#224; des chiffres encore inf&#233;rieurs. En r&#233;sum&#233; donc, la baisse du nombre de pr&#234;tres est peut-&#234;tre un peu plus rapide que les besoins des fid&#232;les, mais ce n'est pas certain, surtout sur la dur&#233;e. Cela ne para&#238;t en tout cas pas de nature changer significativement les donn&#233;es de base de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en sens inverse rappeler que subsiste, m&#234;me si c'est l&#224; aussi en baisse r&#233;guli&#232;re, un halo de non-pratiquants qui se tournent vers l'Eglise pour les grandes occasions. Cela dit, les actes de bapt&#234;me, confirmation et mariages en 2019 &#233;taient de 290 000 soit autour de 64 par pr&#234;tre dans le r&#233;gime de croisi&#232;re ci-dessus, un peu plus de 1 par semaine ; et ils seront certainement plus bas &#224; l'avenir. Pas de quoi surcharger lesdits pr&#234;tres. En outre, 13 % des enfants sont baptis&#233;s d&#232;s leur premi&#232;re ann&#233;e de vie (signe d'un relatif engagement des parents)&#8230; contre 94% vers 1960. Cela n'augure pas d'un rayonnement massif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, on s'achemine clairement vers une &#233;glise consid&#233;rablement redimensionn&#233;e, et dont la pr&#233;sence locale ne peut &#234;tre que tr&#232;s faible, m&#234;me dans l'hypoth&#232;se d'une stabilisation. Pour prendre un d&#233;partement rural que je connais bien, l'Ard&#232;che (dioc&#232;se de Viviers), avec une population de 327 000 aurait arithm&#233;tiquement en gros 20 pr&#234;tres &#8211; en supposant une p&#233;r&#233;quation nationale car le niveau des vocations y est tr&#232;s bas. Il y en avait plus de 600 en 1900. Cela permettrait le maintien d'un nombre r&#233;duit de points de contact : 20 si les pr&#234;tres restaient isol&#233;s, moins de dix s'ils &#233;taient regroup&#233;s par 2 ou 3, ce qui serait tr&#232;s souhaitable. Ce qui veut dire d'une part que les pratiquants devront perdre l'habitude d'aller &#224; l'&#233;glise du bourg voisin comme aujourd'hui, et plut&#244;t faire 30 ou 40 km pour pratiquer ; on se rapproche alors de la consultation d'un sp&#233;cialiste. Cela veut dire aussi qu'il n'y aura pas de pratique religieuse au sens traditionnel et m&#234;me actuel dans la tr&#232;s grande majorit&#233; des &#233;glises-b&#226;timents. Et bien s&#251;r le maintien d'un dioc&#232;se serait tr&#232;s al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra objecter que d'autres types de pratiques religieuses sont th&#233;oriquement concevables. Mais sans entrer dans le d&#233;bat canonique, d&#233;j&#224; aujourd'hui la fr&#233;quentation des &#233;glises dans ce m&#234;me dioc&#232;se concerne de fa&#231;on majoritaire et souvent exclusive des personnes ayant plus de 60 ans. Si on extrapole d&#233;mographiquement, il n'y aura &#224; l'avenir pas de quoi alimenter plus que la r&#233;union &#233;pisodique de groupes r&#233;duits. Ce qui peut &#233;ventuellement avoir un sens pour eux, mais n'a plus de pertinence ou de visibilit&#233; dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ville, la situation est quelque peu diff&#233;rente. Outre que l'assistance est souvent plus jeune, la question de la distance se pose autrement. A N&#238;mes par exemple, avec 150 000 habitants, l'arithm&#233;tique nationale donnerait en gros une dizaine de pr&#234;tres, ce qui permet encore une certaine pr&#233;sence pas trop &#233;loign&#233;e, qu'il serait d'ailleurs raisonnable de concentrer sur 3 ou 4 points. On n'irait plus &#224; l'&#233;glise du quartier, mais on n'aurait pas &#224; se d&#233;placer de fa&#231;on excessive par rapport &#224; ce qu'on fait dans la vie civile. Mais naturellement cela ne permet pas une pr&#233;sence sociale appr&#233;ciable ; ni l&#224; aussi ne justifie &#224; soi seul l'&#233;quipement actuel en &#233;difices de culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tableau est sensiblement plus sombre que ce qu'on peut voir encore aujourd'hui en allant dans les &#233;glises. Ici aussi la lenteur des &#233;volutions d&#233;mographiques cr&#233;e une r&#233;manence r&#233;tinienne trompeuse. Domin&#233;e par les g&#233;n&#233;rations &#226;g&#233;es, l'activit&#233; actuelle des paroisses, pourtant beaucoup plus basse qu'autrefois, reste, surtout hors des villes importantes, bien plus &#233;lev&#233;e que ce qu'elle sera &#224; l'avenir, surtout en dehors des tr&#232;s grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le point bien sp&#233;cifique &#233;voqu&#233; au d&#233;but, &#224; savoir l'avenir des &#233;glises-b&#226;timents, ce qui vient d'&#234;tre rappel&#233; ne nous dit pas ce qu'il pourra &#234;tre. Cela d&#233;pendra notamment, bien s&#251;r, du degr&#233; d'attachement au patrimoine comme tel. Mais cela met en &#233;vidence le fait que dans leur grande majorit&#233; ces &#233;glises n'auront plus de justification par l'activit&#233; religieuse. En outre, les g&#233;n&#233;rations d'&#233;lus locaux qui se rappelaient leur bapt&#234;me ou leur mariage dans un tel endroit auront en grande partie disparu ; et leurs &#233;lecteurs n'auront en grande majorit&#233; plus d'id&#233;e pr&#233;cise du christianisme. Cela dit, nous ne savons pas ce que signifiera pour eux ce b&#226;timent &#233;trange, mais frappant et familier, qu'on appelle l'&#233;glise, l&#224; au centre du village et pouvant symboliser ce village. En ville, il y aura probablement moins d'&#233;motion, les &#233;difices religieux ne justifiant pas d'un int&#233;r&#234;t majeur &#233;tant plus menac&#233;s, les autres (minoritaires) restant relativement utilis&#233;s par le culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/produit/politique-magazine-n-221/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/produi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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