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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le c&#339;ur dans Dilexit nos</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dilexit nos</dc:subject>
		<dc:subject>Le coeur en spiritualit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Pape Fran&#231;ois</dc:subject>
		<dc:subject>Foi et raison</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La derni&#232;re encyclique du pape Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Dilexit nos&lt;/i&gt; est consacr&#233;e &#224; un sujet qui a surpris beaucoup de gens : la d&#233;votion au Sacr&#233; C&#339;ur de J&#233;sus. Elle contient &#224; ce titre un message &#224; la fois essentiel et profond&#233;ment &#233;mouvant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t cependant suggestif d'&#233;voquer un aspect particulier qui sous-tend ce texte : l'anthropologie. Celle propos&#233;e dans &lt;i&gt;Dilexit nos&lt;/i&gt; m&#233;rite un examen sp&#233;cifique, notamment du fait qu'elle s'&#233;loigne sur plusieurs points de la conception classique, notamment par sa survalorisation de l'affectivit&#233;. En m&#234;me temps, elle explique ou &#233;claire bien des attitudes et choix du pape Fran&#231;ois, attach&#233; aux &#233;lans du c&#339;ur mais m&#233;fiant envers la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La derni&#232;re encyclique du pape Fran&#231;ois, &lt;i&gt;Dilexit nos&lt;/i&gt; est consacr&#233;e &#224; un sujet qui a surpris beaucoup de gens : la d&#233;votion au Sacr&#233; C&#339;ur de J&#233;sus. Elle contient &#224; ce titre un message &#224; la fois essentiel et profond&#233;ment &#233;mouvant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t cependant suggestif d'&#233;voquer un aspect particulier qui sous-tend ce texte : l'anthropologie. Celle propos&#233;e dans &lt;i&gt;Dilexit nos&lt;/i&gt; m&#233;rite un examen sp&#233;cifique, notamment du fait qu'elle s'&#233;loigne sur plusieurs points de la conception classique, notamment par sa survalorisation de l'affectivit&#233;. En m&#234;me temps, elle explique ou &#233;claire bien des attitudes et choix du pape Fran&#231;ois, attach&#233; aux &#233;lans du c&#339;ur mais m&#233;fiant envers la raison.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Essai d'analyse&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le central du c&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point central est la mise en exergue d'une niveau essentiel dans ce qui constitue notre personne : le c&#339;ur, lieu de l'int&#233;riorit&#233; et centre de la personne. Comme dit le &#167; 9, c'est : &#171; le lieu o&#249; toute personne, quelle que soit sa cat&#233;gorie et sa condition, fait sa synth&#232;se ; l&#224; o&#249; l'&#234;tre concret trouve la source et la racine de toutes ses autres forces, convictions, passions et choix&#8230; le centre, le centre de lui-m&#234;me &#187;. Le c&#339;ur (&#167;10) est &#171; distinct des forces et des passions humaines consid&#233;r&#233;es isol&#233;ment les unes des autres &#187; ; et dans ce &#171; centre personnel &#187;, &#171; la seule chose qui puisse tout unifier est en fin de compte l'amour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette expression de &#8216;c&#339;ur' est en m&#234;me temps un symbole (&#167; 53) : &#171; au cours de l'histoire et dans diverses parties du monde, le c&#339;ur est devenu le symbole de l'intimit&#233; la plus personnelle, ainsi que de l'affection, des &#233;motions et de la capacit&#233; d'aimer&#8230;. Lorsqu'une personne tombe amoureuse et qu'elle est proche de l'&#234;tre aim&#233;, les battements de son c&#339;ur s'acc&#233;l&#232;rent ; lorsqu'une personne souffre d'abandon ou de tromperie de la part d'un &#234;tre aim&#233;, elle ressent une forte oppression au niveau du c&#339;ur. Pour exprimer qu'une chose est sinc&#232;re et vient vraiment du centre de la personne, on dit : &#8220;Je te le dis du fond du c&#339;ur&#8221;. &#187; On voit ici combien, dans cette conception, ce c&#339;ur de notre personnalit&#233; est d'abord le lieu d'&#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais (&#167; 10) &#171; beaucoup se sont sentis en s&#233;curit&#233; dans le domaine plus contr&#244;lable de l'intelligence et de la volont&#233; afin de construire leurs syst&#232;mes de pens&#233;e&#8230; La n&#233;gligence du c&#339;ur se fait au profit de la rationalit&#233; (ou de la volont&#233;) qui sont des concepts plus ma&#238;trisables intellectuellement. &#187; Et donc ( &#167; 9) : &#171; Malheureusement, des mod&#232;les de comportement assez r&#233;pandus amplifient sa dimension rationnelle et technologique, ou &#224; l'inverse sa dimension instinctive. Le c&#339;ur fait d&#233;faut &#187;. Cette menace est ancienne (&#167; 10) : &#171; la d&#233;valorisation du centre intime de l'homme &#8211; du c&#339;ur &#8211; vient de tr&#232;s loin : on la trouve d&#233;j&#224; dans le rationalisme grec et pr&#233;chr&#233;tien, dans l'id&#233;alisme postchr&#233;tien et dans le mat&#233;rialisme sous ses diverses formes. Le c&#339;ur a peu de place dans l'anthropologie et il est une notion &#233;trang&#232;re pour la grande pens&#233;e philosophique. D'autres concepts tels que la raison, la volont&#233; ou la libert&#233; lui ont &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;s &#187;. &#171; Sa signification est vague et on ne lui a pas donn&#233; de place sp&#233;cifique dans la vie humaine. Peut-&#234;tre parce qu'il n'&#233;tait pas facile de le placer parmi les id&#233;es &#8220;claires et distinctes&#8221; ou en raison de la difficult&#233; &#224; se conna&#238;tre soi-m&#234;me : il semblerait que la r&#233;alit&#233; la plus intime soit aussi la plus lointaine de la connaissance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lieu d'une connaissance sup&#233;rieure gr&#226;ce &#224; l'amour&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de ce r&#244;le central (&#167; 13), &#171; il faut que toutes les actions soient plac&#233;es sous le &#8220;contr&#244;le politique&#8221; du c&#339;ur, que l'agressivit&#233; et les d&#233;sirs obsessionnels se calment dans le bien le plus grand que leur offre le c&#339;ur et dans sa force contre les maux ; il faut que l'intelligence et la volont&#233; se mettent &#233;galement &#224; son service, en sentant et go&#251;tant les v&#233;rit&#233;s plut&#244;t qu'en voulant les dominer comme certaines sciences ont tendance &#224; le faire ; il faut que la volont&#233; d&#233;sire le bien le plus grand que le c&#339;ur conna&#238;t, et que l'imagination et les sentiments se laissent mod&#233;rer par le battement du c&#339;ur. &#187; Comme on voit donc, l'intelligence et la volont&#233; ne sont pas des dimensions essentielles de ce c&#339;ur de notre &#234;tre, mais ils sont &#224; son service ; ce n'est pas l'intelligence ou la raison qui conna&#238;t le bien essentiel, mais le c&#339;ur. En outre, m&#234;me si ce dernier ne se confond pas avec les sentiments, ayant des &#8216;battements' il n'en est pas moins affectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le c&#339;ur a une capacit&#233; de connaissance unique, due au fait qu'il est le si&#232;ge de l'amour (&#167; 16) : &#171; cette force unique du c&#339;ur nous aide &#224; comprendre pourquoi il est dit que, lorsqu'une r&#233;alit&#233; est saisie avec le c&#339;ur il est possible de mieux la conna&#238;tre, et plus compl&#232;tement &#187;. La cause en est connue : &#171; &#8216;le fond de la r&#233;alit&#233; c'est l'amour' &#187; (Saint Bonaventure). Et d'&#233;voquer Heidegger, pour qui &#171; la philosophie ne commence pas par un concept pur ou une certitude, mais par une &#233;motion &#187;. Ce qui laisse entendre &#224; nouveau que le c&#339;ur est d'abord &#233;motionnel, et donc qu'on conna&#238;t mieux et plus profond&#233;ment par l'&#233;motion seule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#167; 21 pr&#233;cise d&#232;s lors : &#171; Le noyau de tout &#234;tre humain, son centre le plus intime, n'est pas le noyau de l'&#226;me mais de toute la personne dans son identit&#233; unique qui est &#224; la fois &#226;me et corps. Tout s'unifie dans le c&#339;ur qui peut &#234;tre le si&#232;ge de l'amour avec la totalit&#233; de ses composantes spirituelles, &#233;motionnelles et m&#234;me physiques. En d&#233;finitive, si l'amour y r&#232;gne, la personne r&#233;alise son identit&#233; de mani&#232;re pleine et lumineuse, car tout &#234;tre humain a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; avant tout pour l'amour, il est fait dans ses fibres les plus profondes pour aimer et &#234;tre aim&#233; &#187;. De ce fait (&#167; 23), &#171; lorsqu'une personne r&#233;fl&#233;chit, cherche, m&#233;dite sur son &#234;tre et son identit&#233; ou bien analyse des questions sup&#233;rieures ; lorsqu'elle r&#233;fl&#233;chit au sens de sa vie et m&#234;me lorsqu'elle recherche Dieu, si elle &#233;prouve la joie d'avoir entrevu quelque chose de la v&#233;rit&#233;, cela trouve son point culminant dans l'amour. En aimant, la personne sent qu'elle sait pourquoi et dans quel but elle vit... C'est pourquoi, face &#224; son myst&#232;re personnel, la question la plus d&#233;cisive que chacun peut se poser est peut-&#234;tre la suivante : ai-je un c&#339;ur ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La relation v&#233;ritable &#224; Dieu est d'abord par le c&#339;ur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc aussi &#224; ce niveau que la rencontre de Dieu prend v&#233;ritablement son sens. Au 25 : &#171; l&#224; o&#249; le philosophe arr&#234;te sa r&#233;flexion, le c&#339;ur croyant aime, adore, demande pardon et s'offre pour servir &#224; l'endroit que le Seigneur lui donne de choisir pour le suivre. Il r&#233;alise alors qu'il est le &#8220;tu&#8221; de Dieu et qu'il peut &#234;tre un &#8220;je&#8221; parce que Dieu est un &#8220;tu&#8221; pour lui... Accepter son amiti&#233; est une affaire de c&#339;ur et nous constitue en tant que personnes au sens plein du terme &#187;. D'ailleurs (&#167; 26) &#171; saint Bonaventure&#8230; enseignait que &#8216;la foi est dans l'intellect de mani&#232;re &#224; provoquer le sentiment. Ainsi, le fait de savoir que le Christ est mort pour nous ne reste pas une connaissance mais devient n&#233;cessairement sentiment, amour' &#187;. Et pour saint John Henry Newman, &#171; le lieu de la rencontre la plus profonde, avec lui-m&#234;me et avec le Seigneur, n'&#233;tait pas la lecture ou la r&#233;flexion, mais le dialogue priant &#187; dans le c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui donne son sens aussi &#224; la d&#233;votion au Sacr&#233; C&#339;ur (&#167; 48) : &#171; La d&#233;votion au C&#339;ur du Christ n'est pas le culte d'un organe s&#233;par&#233; de la personne de J&#233;sus. Nous contemplons et adorons J&#233;sus-Christ tout entier, le Fils de Dieu fait homme, repr&#233;sent&#233; dans une image o&#249; son c&#339;ur est mis en &#233;vidence. Le c&#339;ur de chair est consid&#233;r&#233; comme l'image ou le signe privil&#233;gi&#233; du centre le plus intime du Fils incarn&#233; et de son amour &#224; la fois divin et humain car, plus que tout autre membre de son corps, il est &#8216;signe ou symbole naturel de son immense charit&#233;' &#187; (Pie XII). Et pour lui aussi, le c&#339;ur est d'abord un lieu d'&#233;motion, l'amour en premier lieu (&#167; 60) : &#171; un regard tourn&#233; vers le C&#339;ur du Seigneur contemple une r&#233;alit&#233; physique, sa chair humaine qui permet au Christ d'avoir des &#233;motions et des sentiments bien humains, comme nous, quoi qu'enti&#232;rement transform&#233;s par son amour divin. &#187; Ce r&#244;le de l'&#233;motion se retrouve aussi dans les Exercices Spirituels (&#167; 144) : &#171; Lorsque le retraitant se trouve devant le c&#244;t&#233; bless&#233; du Christ, Ignace lui propose d'entrer dans son c&#339;ur. C'est une mani&#232;re de faire m&#251;rir le c&#339;ur sous la conduite d'un &#8220;ma&#238;tre des affections&#8221; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quemment, cette d&#233;votion au Sacr&#233; C&#339;ur comble les lacunes de la th&#233;ologie, trop &#233;troitement rationnelle. Au &#167; 63 : &#171; &#8216;en raison de l'influence de la pens&#233;e grecque, la th&#233;ologie a longtemps rel&#233;gu&#233; le corps et les sentiments dans le monde du pr&#233;humain, du sous-humain ou tentateur du v&#233;ritable humain. Mais ce que la th&#233;ologie n'a pas r&#233;solu en th&#233;orie a &#233;t&#233; r&#233;solu dans la pratique par la spiritualit&#233;' &#187; &#171; Tout cela a suppl&#233;&#233; aux lacunes de la th&#233;ologie en nourrissant l'imagination et le c&#339;ur, l'amour et la tendresse pour le Christ, l'esp&#233;rance et la m&#233;moire, le d&#233;sir et la nostalgie. La raison et la logique ont pris d'autres chemins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences pratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela conduit aussi &#224; d&#233;passer une autre d&#233;viation, qui est un activisme pur (&#167; 88) : &#171; le C&#339;ur du Christ nous lib&#232;re en m&#234;me temps d'un autre dualisme : celui des communaut&#233;s et des pasteurs qui se concentrent uniquement sur les activit&#233;s ext&#233;rieures, les r&#233;formes structurelles d&#233;pourvues d'&#201;vangile, les organisations obsessionnelles, les projets mondains, les r&#233;flexions s&#233;cularis&#233;es, les propositions qui se pr&#233;sentent comme des prescriptions que l'on veut parfois imposer &#224; tous &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela nous incite aussi &#224; la charit&#233; (&#167; 205) : &#171; quel culte serait rendu au Christ si nous nous contentions d'une relation individuelle, sans nous int&#233;resser &#224; aider les autres &#224; moins souffrir et &#224; mieux vivre ? Peut-on plaire au C&#339;ur qui a tant aim&#233; en restant dans une exp&#233;rience religieuse intime, sans cons&#233;quences fraternelles et sociales ? &#187;. Et aussi &#224; la mission : &#171; il ne s'agit pas non plus d'&#339;uvrer &#224; une promotion sociale d&#233;pourvue de sens religieux qui, en fin de compte, voudrait donner &#224; l'homme moins que ce que Dieu veut pour lui. C'est pourquoi nous devons conclure ce chapitre en rappelant la dimension missionnaire de notre amour pour le C&#339;ur du Christ &#187;. Et il ajoute enfin (&#167; 217) : &#171; le contenu des encycliques sociales Laudato si' et Fratelli tutti n'est pas &#233;tranger &#224; notre rencontre avec l'amour de J&#233;sus-Christ. En nous abreuvant de cet amour, nous devenons capables de tisser des liens fraternels, de reconna&#238;tre la dignit&#233; de tout &#234;tre humain et de prendre soin ensemble de notre maison commune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Br&#232;ves remarques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nul doute que ces analyses contiennent un message essentiel. Dieu est amour, et la personne humaine dans ce qu'elle a de plus profond et d'essentiel est aussi fondamentalement appel&#233;e &#224; l'amour. Il est donc tout &#224; fait pertinent de parler d'un &#8216;c&#339;ur' qui est &#224; la fois, en poursuivant l'image, centre le plus profond de notre &#234;tre, et si&#232;ge de l'amour. Cela dit, le texte exprime cette r&#233;alit&#233; d'une mani&#232;re sp&#233;cifique, et notamment en le contrastant avec l'intelligence et la rationalit&#233; d'une part, la volont&#233; de l'autre. On retrouve ici la m&#233;fiance profonde du pape Fran&#231;ois face &#224; tout ce qui est d&#233;marche trop rationnelle ou intellectuelle, m&#233;fiance &#233;tendue ici &#224; la volont&#233;. Certes, le c&#339;ur ainsi compris est pr&#233;sent&#233; comme distinct des &#8216;sentiments' ou &#8216;passions', et comme lieu de synth&#232;se, permettant notamment de ma&#238;triser ces sentiments et passions. Mais il est en m&#234;me temps essentiellement affectivit&#233; et &#233;motion. Une affectivit&#233; qui est selon lui source d'une forme sup&#233;rieure de &#8216;connaissance', qui &#233;chapperait &#224; la philosophie et m&#234;me &#224; la th&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e classique, et la tradition th&#233;ologique n'ont pas m&#233;connu cette dimension essentielle. Mais cela ne les conduisaient pas &#224; confiner l'intellect et la volont&#233; dans un r&#244;le subalterne. Ce qui fait en effet la sp&#233;cificit&#233; de l'&#234;tre humain, notamment par contraste avec les animaux, c'est d'&#234;tre un &#234;tre conscient, capable de raison. Tout processus de connaissance digne de ce nom suppose par nature de voir, de comprendre et de discerner (&lt;i&gt;intelligere&lt;/i&gt;) ce qu'est la r&#233;alit&#233; qui est en face de lui. Bien entendu, si la rationalit&#233; est r&#233;duite &#224; la conception instrumentale ou abstraite qui tend &#224; dominer la pens&#233;e moderne, elle reste en de&#231;&#224; de ce r&#244;le essentiel. Mais le d&#233;passement de cette conception &#233;triqu&#233;e, aujourd'hui dominante, ne doit pas conduire &#224; exalter la seule affectivit&#233;. Le Logos du Prologue de l'Evangile de saint Jean n'est pas affectivit&#233; pure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de l'homme, en pratique, l'affectivit&#233; ou ce qu'il per&#231;oit comme amour n'est pas un guide parfaitement s&#251;r ; il a besoin du regard critique de la raison, y compris dans la recherche du bien. Et ce bien une fois identifi&#233; et authentifi&#233;, il faut ensuite un acte sp&#233;cifique de la volont&#233; pour le rechercher et le suivre. Comme on le voit par exemple dans le mariage, l'affectivit&#233; peut d&#233;truire le bien de la fid&#233;lit&#233; et de l'engagement envers l'autre ; il faut un acte de la volont&#233; pour parvenir &#224; la r&#233;alit&#233; de l'amour authentique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il peut donc &#234;tre d&#233;s&#233;quilibr&#233; de trop insister sur le c&#339;ur per&#231;u essentiellement comme si&#232;ge d'&#233;motion, m&#234;me subjectivement tourn&#233; vers l'amour. Le c&#339;ur de notre &#234;tre, qui se situe d'ailleurs dans notre &#226;me et non au-del&#224;, trouve son sens v&#233;ritable dans la synth&#232;se et juste harmonie entre notre intelligence, comprise comme capacit&#233; de perception du vrai, du beau et du bien (ces derniers termes incluant l'affectivit&#233;) et notre volont&#233;, qui engage notre &#234;tre au service de cette v&#233;rit&#233; et de ce bien. Bien entendu, au niveau spirituel, l'intelligence et la volont&#233; sont relativis&#233;es par la perception d'une r&#233;alit&#233; sup&#233;rieure, qui est Amour mais qui est aussi &#202;tre transcendant et Beaut&#233; parfaite, et pas pas pure affectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce message vibrant du pape Fran&#231;ois permet de mieux le comprendre : dans ce qu'il a de plus touchant, par son attachement profond au r&#244;le de l'Amour, que ce soit celui de Dieu ou celui de nos fr&#232;res. Mais aussi dans cette tentation de refuser le regard critique et le recul de la raison, qui le font s'emballer pour des causes per&#231;ues &#233;motionnellement sous un certain angle, sans consid&#233;ration suffisante des autres dimensions du r&#233;el. Ainsi avec les migrants. Voir ici &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Pape-Francois-esquisse-de.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.com/Pape...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment comprendre qu'il puisse y avoir plusieurs religions, et une seule vraie ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Comment-comprendre-qu-il-puisse-y-avoir-plusieurs-religions-et-une-seule-vraie.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Foi et raison</dc:subject>
		<dc:subject>Pluralit&#233; des religions</dc:subject>
		<dc:subject>Religion vraie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La pluralit&#233; des religions a pour troubler le croyant. Et particuli&#232;rement le chr&#233;tien. Comme ce que chacune dit est sur des points importants contradictoire avec ce que disent les autres, elles ne peuvent &#234;tre vraies en m&#234;me temps. Or il est intrins&#232;que &#224; toute religion de pr&#233;tendre sinon repr&#233;senter la v&#233;rit&#233; toute enti&#232;re, du moins d'&#234;tre vraie pour l'essentiel sur son c&#339;ur de croyance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est alors la possibilit&#233; pour une religion de se pr&#233;senter comme religion vraie, comme le christianisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mon interview sur RCF.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pluralit&#233; des religions a pour troubler le croyant. Et particuli&#232;rement le chr&#233;tien. Comme ce que chacune dit est sur des points importants contradictoire avec ce que disent les autres, c'est-&#224;-dire incompatible, elles ne peuvent &#234;tre vraies en m&#234;me temps. Or il est intrins&#232;que &#224; toute religion de pr&#233;tendre repr&#233;senter sinon la v&#233;rit&#233; toute enti&#232;re, du moins d'&#234;tre vraie pour l'essentiel sur son c&#339;ur de croyance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pluralit&#233; contradictoire des religions est a priori difficile &#224; d&#233;passer. En effet, m&#234;me lorsqu'elles affirment &#234;tre compatibles avec la raison, ou rationnelles, elles ne pr&#233;tendent pas &#234;tre d&#233;montrables, au sens d'une d&#233;monstration philosophique et encore moins scientifique. Le catholicisme, qui va le plus loin dans le sens d'une d&#233;monstration possible, limite celle-ci &#224; la seule existence de Dieu ; mais il distingue bien le fait de conclure &#224; l'existence de Dieu et celui d'avoir la foi. Celle-ci suppose en effet une relation &#224; Dieu, une adh&#233;sion et une confiance en Dieu, et la reconnaissance de la R&#233;v&#233;lation biblique comme Parole de Dieu, qui sont d'une nature diff&#233;rente et ne reposent pas sur une d&#233;monstration rationnelle. Tout au plus est possible une argumentation de vraisemblance et de coh&#233;rence (ce qu'on appelle apolog&#233;tique), mais qui n'est pas une d&#233;monstration. En bref, la foi est alors une croyance tr&#232;s particuli&#232;re qui repose en derni&#232;re analyse sur un don de Dieu, croyance certaine puisqu'elle peut aller jusqu'au martyre, mais sans &#234;tre un savoir au sens propre. Voir l&#224;-dessus mon livre Philosophie de la foi, &#233;voqu&#233; ici :&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Philosophie-de-la-foi.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Philo...&lt;/a&gt;. Ou encore &lt;a href=&#034;https://questions.aleteia.org/articles/159/la-foi-suppose-t-elle-un-saut-dans-lirrationnel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://questions.aleteia.org/artic...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de ceci qu'il n'y a pas de moyen rationnel pour d&#233;terminer directement la v&#233;rit&#233; de l'une ou de l'autre. Sachant cependant que le comparaison des doctrines et enseignements, ainsi que des comportements des fid&#232;les ou au moins de certains, peut donner des arguments forts de plausibilit&#233; en faveur de telle ou telle religion, notamment par comparaison avec d'autres. Mais une telle d&#233;marche conduit tout au plus &#224; en retenir une seule comme candidat possible &#224; la v&#233;rit&#233;, pas &#224; d&#233;montrer cette v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains s'en tirent en renon&#231;ant &#224; la r&#233;f&#233;rence m&#234;me &#224; la v&#233;rit&#233;, au sens plein de ce mot, compris comme v&#233;rit&#233; objective. La religion devient alors l'expression d'un sentiment subjectif et purement personnel. Mais outre que ce n'est pas ainsi que les religions ont &#233;t&#233; et restent comprises par la plupart des croyants, cela conduit &#224; en changer la nature. Croire en un Dieu sauveur par exemple, c'est croire qu'Il peut sauver, effectivement, vraiment, et notamment dans la vie &#233;ternelle. Si la vie &#233;ternelle est une belle r&#234;verie, on n'est donc en r&#233;alit&#233; plus dans le cadre d'une vrai religion. On se rabat alors sur la morale, par exemple sur la place de l'amour et de la charit&#233; dans le christianisme ; ce qui est certes estimable, mais n'exige plus la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres recourent &#224; des conceptions syncr&#233;tistes comme celle de John Hick, qui postulent l'existence d'un R&#233;alit&#233; ultime, en un sens transcendante, et dont les diff&#233;rentes religions ne seraient qu'une approximation ou r&#233;fraction. Mais par d&#233;finition on ne saurait rien de plus de cette R&#233;alit&#233;. Et donc on ne pourrait avoir de religion de cette R&#233;alit&#233;, seulement des religions diverses. Mais alors comment consid&#233;rer une religion particuli&#232;re ? On serait oblig&#233; de n'y voir qu'un reflet, remettant en cause la plupart de ses enseignements, et de ses promesses, y compris le salut et la vie &#233;ternelle. L&#224; aussi il n'en resterait plus grand chose de consistant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors la seule d&#233;marche possible : chercher Dieu , ou la V&#233;rit&#233; ou le Salut, dans les religions existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci reste vrai de religions comme le bouddhisme, m&#234;me s'il prend beaucoup plus ses distances &#224; l'&#233;gard de l'id&#233;e de v&#233;rit&#233; au sens chr&#233;tien. Ce qui fait qu'il peut s'accommoder plus facilement d'une pluralit&#233; de religions, les autres &#233;tant alors vues comme des &#233;tapes possibles et provisoires dans une s&#233;rie de r&#233;incarnations, ce qui n'emp&#234;che pas de parvenir au bout de celles-ci &#224; l'Illumination, et m&#234;me peut provisoirement y contribuer. Mais le bouddhisme aussi propose une voie de salut, et par l&#224; ce que le non-bouddhiste qualifiera sans h&#233;sitation de pr&#233;tention &#224; une forme de v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que certains comme encore r&#233;cemment Yann Schmitt en d&#233;duisent une argumentation contre la possibilit&#233; m&#234;me de la v&#233;rit&#233; en religion, et concluent &#224; leur fausset&#233;. En effet, disent-ils, chaque croyant croit &#224; la v&#233;rit&#233; de sa religion, et donc &#224; la fausset&#233;, au moins sur des points importants, des autres. Mais ces diff&#233;rentes assertions sont contradictoires, sans qu'il y ait moyen de lever le dilemme. Le vrai musulman et le vrai chr&#233;tien croient tous deux fermement en un Dieu unique et transcendant, mais l'un nie la Trinit&#233; et l'Incarnation, l'autre non seulement les affirme mais en fait un point central de sa foi. Comment alors comprendre ces t&#233;moignages contradictoires ? Pour ces critiques, cela veut simplement dire qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; l&#224;-dedans, simplement des v&#233;cus subjectifs. Ce raisonnement a une force incontestable dans la pratique, mais il me para&#238;t sp&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, on ne peut conclure de la pluralit&#233; d'exp&#233;riences de foi contradictoires &#224; l'id&#233;e qu'elles sont toutes fausses : en effet, rien ne s'oppose en termes logiques &#224; ce qu'une seule soit vraie. Quand je dis ici qu'une seule soit vraie, cela ne signifie &#233;videmment pas qu'elle contienne toute la v&#233;rit&#233; ; encore moins que ce que dit l'autre est tout faux. Bien au contraire, outre qu'il y a un noyau commun de pr&#233;ceptes &#224; toutes les religions, elles contiennent toutes (du moins les plus significatives et durables) n&#233;cessairement un ensemble appr&#233;ciable d'&#233;l&#233;ments vrais ou bons, sans quoi personne n'y adh&#233;rerait de fa&#231;on durable. Il est m&#234;me possible de fa&#231;on non contradictoire qu'une seule soit vraie dans son message essentiel, mais que d'autres aient d&#233;velopp&#233; historiquement plus qu'elle tel ou tel &#233;l&#233;ment en soi vrai et bon. A condition que la religion vraie soit &#224; m&#234;me d'int&#233;grer cet &#233;l&#233;ment &#224; un moment ou un autre, sans contradiction avec le reste de son message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste cependant &#224; rendre compte de l'existence de ces religions diff&#233;rentes, donnant naissance &#224; ce qui appara&#238;t au premier abord comme une forme de foi alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas &#233;vident que la r&#233;ponse soit la m&#234;me du point de vue de chaque religion. En me situant ici dans le cadre du christianisme (plus exactement catholique) il convient de rappeler ce point sur lequel Joseph Ratzinger (Beno&#238;t XVI) insistait : le fait qu'il se pr&#233;sente comme &lt;i&gt;religion vraie&lt;/i&gt;. Dans cette optique, la foi est comme on l'a dit un don de Dieu. D&#232;s lors, la foi v&#233;ritable ne peut &#234;tre que chr&#233;tienne : Dieu ne va pas donner &#224; quelqu'un une croyance en Lui qui Le pr&#233;sente de fa&#231;on au moins en partie erron&#233;e. Concr&#232;tement, celui qui a la foi croira que J&#233;sus Christ est Dieu, Fils du P&#232;re, mort et ressuscit&#233; pour nous sauver. La d&#233;claration &#8216;&lt;i&gt;Dominus Jesus&lt;/i&gt;' du m&#234;me auteur, approuv&#233;e explicitement par Jean-Paul II, est claire l&#224;-dessus : voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Petite-analyse-de-la-Declaration-Dominus-Iesus.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Petit...&lt;/a&gt;. D&#232;s lors on ne peut envisager s&#233;rieusement que l'Islam, qui nie ces faits, puisse &#234;tre l'objet d'un foi don de Dieu. M&#234;me si bien s&#251;r il contient de nombreux &#233;l&#233;ments vrais et bons. Comme le dit le document (7) : &#171; On doit donc tenir fermement la distinction entre la foi th&#233;ologale [celle du chr&#233;tien] et la croyance dans les autres religions. Alors que la foi est l'accueil dans la gr&#226;ce de la v&#233;rit&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e, qui &#8216;permet de p&#233;n&#233;trer le myst&#232;re, dont elle favorise une compr&#233;hension coh&#233;rente' (Jean-Paul II, Encycl. &lt;i&gt;Fides et ratio&lt;/i&gt;, n. 13), la croyance dans les autres religions est cet ensemble d'exp&#233;riences et de r&#233;flexions, tr&#233;sors humains de sagesse et de religiosit&#233;, que l'homme dans sa recherche de la v&#233;rit&#233; a pens&#233; et v&#233;cu, pour ses relations avec le Divin et l'Absolu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors voir ce qu'on appelle, de fa&#231;on donc discutable, la &#171; foi &#187; musulmane par exemple ? Si on pose, ce qui para&#238;t &#233;vident, qu'un grand nombre de croyants musulmans sont sinc&#232;res, il faut expliquer ce qui fonde cette croyance. La d&#233;claration ci-dessus fait appara&#238;tre qu'elles sont le fruit d'une recherche humaine, recherche de Dieu qui est en soi bonne, mais qui n'a d&#233;bouch&#233; dans leur cas et &#224; ce stade que sur des v&#233;rit&#233;s partielles. Mais comme l'homme est fait pour Dieu, et que sa raison le conduit en principe &#224; conclure &#224; l'existence de Dieu, ou au moins d'une V&#233;rit&#233; transcendante, il n'est pas &#233;tonnant qu'il puisse d&#233;velopper une croyance intense et profonde dans une religion m&#234;me non r&#233;v&#233;l&#233;e par Dieu ; &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; si, comme dans le cas de l'Islam, elle reprend des &#233;l&#233;ments r&#233;v&#233;l&#233;s d'origine jud&#233;o-chr&#233;tienne. Apr&#232;s tout d'ailleurs, on constate tous les jours dans d'autres domaines qu'il puisse y avoir intensit&#233; de croyance sinc&#232;re pour une id&#233;e au moins en partie fausse. Ce qui peut d'ailleurs rendre compte du fait que la foi d'un chr&#233;tien puisse &#234;tre plus tourment&#233;e et vacillante que celle d'un musulman : ce n'est pas l'intensit&#233; subjective &#224; un moment donn&#233; qui est l'&#233;talon de la v&#233;racit&#233;. C'est soit les &#339;uvres, soit l'intensit&#233; de foi au moment de l'&#233;preuve, et le sens d'un vie donn&#233;e pour sa foi. C'est toute la diff&#233;rence entre le martyr chr&#233;tien, mort pour ne pas renier sa foi, et le martyr musulman, mort dans une guerre sainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore au-del&#224;, une autre ligne d'explication est celle que je d&#233;veloppe par ailleurs dans &lt;i&gt;Le Ciel et la For&#234;t, tome II, Le christianisme et les autres religions&lt;/i&gt;. A savoir que &#171; le christianisme fournit la clef de l'exp&#233;rience religieuse de l'humanit&#233;, en cela qu'il int&#232;gre sous une forme sup&#233;rieure tout ce que ces religions ont de positif, tout ce qui en elles a vraiment un sens. Et donc leur noyau de v&#233;rit&#233;. Alors qu'en sens inverse elles ne peuvent int&#233;grer ce qui est essentiel au message chr&#233;tien. Il fournit donc la voie de la v&#233;rit&#233; la plus compl&#232;te qu'il nous soit accessible de conna&#238;tre &#187;. Je renvoie ici &#224; ce livre, ou en aper&#231;u &#224; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Diversite-des-religions-le-christianisme-clef-de-l-experience-religieuse-de-l.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Diver...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon interview sur ce sujet RCF Belgique &#034;Pierre de Lauzun, une chronique tr&#232;s franche !&#034; au 13 octobre 2023&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rcf.fr/culture/1617?episode=415859&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.rcf.fr/culture/1617?epi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La foi suppose-t-elle un saut dans l'irrationnel ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-foi-suppose-t-elle-un-saut-dans-l-irrationnel.html</link>
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		<dc:date>2016-09-03T09:34:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Foi et raison</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La foi suppose par nature un saut dans un autre ordre de connaissance qui fait entrer en relation avec une Personne infinie et aimante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce saut, bien loin d'&#234;tre irrationnel, conforte la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://questions.aleteia.org/articles/159/la-foi-suppose-t-elle-un-saut-dans-lirrationnel/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://questions.aleteia.org/articl...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Philosophie de la foi</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Philisophie-de-la-foi.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Foi et raison</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie de la foi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Foi et raison s'opposent diam&#233;tralement : une &#233;vidence pour la plupart des Europ&#233;ens. Mais ce faisant on ne comprend pas un fait essentiel de l'exp&#233;rience humaine. La foi catholique est une exp&#233;rience qui pr&#233;tend &#224; la v&#233;rit&#233;. Elle peut donc &#234;tre examin&#233;e rationnellement. Mais pour l'appr&#233;cier comme v&#233;rit&#233;, il faut se placer de son point de vue, sans perdre pour autant l'exigence rationnelle. Il ne s'agit pas ici de preuves de l'existence de Dieu, mais de l'exp&#233;rience de foi elle-m&#234;me. Elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/philo_foi.jpg?1787417301' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Philosophie-foi-Pierre-Lauzun/dp/1515214095/ref=sr_1_5?__mk_fr_FR=&#197;M&#197;&#381;&#213;&#209;&amp;dib=eyJ2IjoiMSJ9.OrnoCDpanmyZcBiIRPGCIEOUhYCBh2Rv7gVRuq3iTi0-gNEeKkyg64IzDz5k6ExsDj-NHPeGDULjx8byQmOl9hwbYkBgJ8fetci3KFnlD1NUT3mLUI8TLgVH-WMlN6epoxdk5nM0rwOeonHNZyBsX_EcXaWY6lfKUXAutQ5QGSNV0lVpASCMgXT2bbf0YYt1MP19NH2_INJoN2i4FVPd-2wttg-b_IytSSekJiy0B9WExfidSp0WXuFn8u6x6SQOXqDj6OkmxCTZBLtU-_gKCzbiK-g0SfZwFaWKYgBQa9s.Polm-6CUd5jvW1BOc0F9ubHCDSA2_IES6Dz2m0x3PcI&amp;dib_tag=se&amp;keywords=Pierre+de+Lauzun&amp;qid=1748268872&amp;sr=8-5&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.amazon.fr/Philosophie-f...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Foi et raison s'opposent diam&#233;tralement : une &#233;vidence pour la plupart des Europ&#233;ens. Mais ce faisant on ne comprend pas un fait essentiel de l'exp&#233;rience humaine. La foi catholique est une exp&#233;rience qui pr&#233;tend &#224; la v&#233;rit&#233;. Elle peut donc &#234;tre examin&#233;e rationnellement. Mais pour l'appr&#233;cier comme v&#233;rit&#233;, il faut se placer de son point de vue, sans perdre pour autant l'exigence rationnelle. Il ne s'agit pas ici de preuves de l'existence de Dieu, mais de l'exp&#233;rience de foi elle-m&#234;me. Elle se pr&#233;sente comme une v&#233;rit&#233; bas&#233;e sur une exp&#233;rience diff&#233;rente, qui ne peut &#234;tre d&#233;montr&#233;e, un rapport &#224; des r&#233;alit&#233;s non connues par nos autres moyens de connaissance. Sa source, c'est d'abord ce que Dieu nous a fait conna&#238;tre Lui-m&#234;me : ce qu'on appelle R&#233;v&#233;lation. La foi propose donc une connaissance qui est en m&#234;me temps relation, accessible &#224; notre raison m&#234;me si son objet la d&#233;passe. Et il n'y a aucun motif de ne pas admettre cette forme de connaissance. Elle est source de v&#233;rit&#233;s propres, que la raison peut comprendre et analyser. Elle peut donc apporter beaucoup &#224; la pens&#233;e rationnelle, surtout si celle-ci en vient &#224; ne plus croire en elle-m&#234;me. La foi est alors contre toute attente le plus s&#251;r fondement de la raison.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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