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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La question du mal : articles dans La Nef</title>
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		<dc:date>2024-03-28T16:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Question du mal</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu et le mal</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La question du mal est une vieille interrogation de l'humanit&#233;, peut-&#234;tre d&#232;s les origines. Elle fait l'objet d'un dossier sp&#233;cial de la revue &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt; , dans lequel je suis intervenu par deux articles, l'un, introductif, sur ce qu'on peut appeler la dimension philosophique, l'autre sur la question de la relation entre le mal et l'existence de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les id&#233;es que j'ai d&#233;velopp&#233;es dans mon livre &lt;i&gt;Dieu le mal et l'histoire&lt;/i&gt;, paru en 2022 chez T&#233;qui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Religion-et-foi-religion-et-politique-.html" rel="directory"&gt;Foi et th&#233;ologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Question-du-mal-+.html" rel="tag"&gt;Question du mal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Dieu-et-le-mal-+.html" rel="tag"&gt;Dieu et le mal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question du mal fait l'objet d'un dossier sp&#233;cial de la revue &lt;i&gt;La Nef&lt;/i&gt; , dans lequel je suis intervenu par deux articles qu'in trouvera ci-apr&#232;s, l'un, introductif, sur ce qu'on peut appeler la dimension philosophique, l'autre sur la question de la relation entre le mal et l'existence de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les id&#233;es que j'ai d&#233;velopp&#233;es dans mon livre &lt;i&gt;Dieu le mal et l'histoire&lt;/i&gt;, paru en 2022 chez T&#233;qui.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question du mal : le niveau philosophique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question du mal est une vieille interrogation de l'humanit&#233;, peut-&#234;tre d&#232;s les origines. La dimension chr&#233;tienne est ici essentielle, et ce sera l'objet des diff&#233;rents articles de ce num&#233;ro. Mais il importe d'examiner au pr&#233;alable la mani&#232;re dont le probl&#232;me se pose avant cela : ce qu'on peut appeler la dimension philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mal naturel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re distinction &#224; faire est entre le mal naturel et le mal issu de la responsabilit&#233; d'un &#234;tre spirituel, ange ou homme. Le mal naturel, le fait m&#234;me que notre monde soit imparfait, ne r&#233;sulte pas d'&#233;vidence de la responsabilit&#233; humaine. Sinon, il faudrait imaginer une &#233;poque o&#249; l'homme et les animaux ne connaissaient ni le mal ni la mort. Or cela para&#238;t contradictoire avec la science et avec notre exp&#233;rience. Les &#234;tres vivants tels que nous les connaissons souffrent et meurent, en dehors de toute intervention humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par ailleurs, ce qui caract&#233;rise notre monde est la limitation des ressources, &#224; commencer par l'espace. Dans ces conditions, la reproduction de la vie n'est pas possible sans la mort, qui permet de limiter le nombre des &#234;tres vivants &#224; un moment. Mais s'il n'y a pas reproduction, il n'y a pas &#233;mergence d'&#234;tres nouveaux. Le d&#233;veloppement m&#234;me d'un &#234;tre vivant, &#224; commencer par le simple fait de manger, suppose dans ce monde la disparition d'un autre, donc une destruction et une souffrance. Or ce d&#233;veloppement est en soi bon. Il appara&#238;t donc que c'est la nature telle que nous la connaissons qui comporte ce mal naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souffrance : on peut estimer que c'est elle qui donne au mal toute sa signification. En effet, la disparition d'un &#234;tre qui ne souffre pas ne para&#238;t pas d'embl&#233;e constituer un mal. Mais dans le cas des &#234;tres vivants la souffrance est un &#233;l&#233;ment essentiel de leur survie et plus encore de leur capacit&#233; de progr&#232;s, car elle les conduit &#224; prendre en compte les menaces et &#224; y r&#233;agir. C'est encore plus vrai dans le cas d'&#234;tres libres comme les hommes. En un sens donc, la souffrance, comprise comme sensibilit&#233; au mal, est pour nous n&#233;cessaire au bien lui-m&#234;me. Bien entendu on peut concevoir un monde sans souffrance, et o&#249; toute limitation dispara&#238;t : celui de la vie &#233;ternelle ; mais il sera radicalement diff&#233;rent de notre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici l&#224;, c'est l'homme qui per&#231;oit et subit plus fortement la pr&#233;sence du mal, parce qu'il est conscient. C'est d'autant plus vrai qu'il se sait &#234;tre une personne, unique, ce qui accro&#238;t le scandale de la souffrance et de la mort. Mais en m&#234;me temps lui seul peut &#224; son niveau lutter contre avec l'aide de Dieu (seul d&#233;cisif), et esp&#233;rer la r&#233;ponse &#224; sa question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mal moral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mal moral est tr&#232;s diff&#233;rent. Si le mal naturel peut d&#233;boucher sur un bien, puisque l'ordre de la nature le pr&#233;suppose, le mal moral par lui-m&#234;me jamais. Qu'un en &#234;tre libre, dot&#233; de conscience, choisisse un mal moral est un &#233;garement, car il ne s'oriente pas vers le bien v&#233;ritable auquel il est ordonn&#233;, et se perd en recherchant un bien particulier ; c'est ce qu'on appelle p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, le mal moral r&#233;sulte directement de la libert&#233; ; or elle est en soi bonne. Non seulement c'est un don de Dieu mais c'est un &#233;l&#233;ment de similitude avec Lui, et un moyen n&#233;cessaire pour atteindre son plein d&#233;veloppement. Il n'est pas de Dieu d'amour pensable sans libert&#233;. Il en r&#233;sulte qu'un monde comportant la libert&#233; et par l&#224; le risque d'un mal moral est meilleur qu'un monde sans libert&#233;. D'autant que Dieu peut tirer de ce mal un bien sup&#233;rieur. Dans cette perspective, tout mal a son utilit&#233;, comme motif &#224; rachat ou &#224; progr&#232;s, car c'est une occasion de gr&#226;ce et de progr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mal compris comme n&#233;gativit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la nature du mal ? Dans la conception classique, ce n'est pas une substance, existant par soi-m&#234;me ; c'est la privation d'un bien qui devrait &#234;tre l&#224; ; par lui-m&#234;me il n'a pas de consistance ni d'existence propre &#8211; car il ne faut parler de mal si la limite r&#233;sulte de la nature de la chose consid&#233;r&#233;e. Dans tout d&#233;sir, ce qui est d&#233;sir&#233; n'est pas le mal que cela peut comporter, mais une dimension de bien que contient l'objet du d&#233;sir. C'est la cons&#233;quence de la d&#233;finition m&#234;me du bien : c'est ce qui nous attire, parce que cela correspond &#224; une demande de notre nature. Il n'y a donc pas sym&#233;trie entre le mal et le bien. Seul le bien est originel et existe par soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un choix mauvais, un bien partiel nous conduit &#224; choisir ce qui en r&#233;alit&#233; est source d'amoindrissement ou de destruction. De ce point de vue, en un sens, plus un &#234;tre est mauvais, plus il est impuissant. Il cherche un certain bien, mais ce n'est pas celui qu'il faudrait, ou pas comme il le faudrait ; et il ne trouve que le contraire de ce qu'il cherchait ; il rencontre le malheur, alors que son &#234;tre cherchait le bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'appel &#224; Dieu&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle r&#233;flexion rationnelle, philosophique, rend compte de la logique profonde de l'existence du mal. Nous n'en restons pas moins sur notre faim, car notre &#234;tre profond reste heurt&#233; par la pr&#233;sence du mal, lequel nous appara&#238;t comme un myst&#232;re fondamental, notamment le mal moral sous ses formes les plus troublantes (&lt;i&gt;mysterium iniquitatis&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pour le croyant, la question prend un tour tr&#232;s diff&#233;rent, d&#232;s lors qu'elle est inscrite dans le contexte de sa relation avec Dieu. D'un c&#244;t&#233; cela soul&#232;ve la question de la pr&#233;sence du mal dans un monde cr&#233;&#233; par un Dieu qui est Amour, qui sera &#233;voqu&#233; dans les articles qui suivent. D'un autre c&#244;t&#233;, justement, l'appel &#224; Dieu que suscite la pr&#233;sence du mal, et la r&#233;ponse de Dieu, constituent une des dimensions essentielles de la vie de foi et du message biblique. Dieu r&#233;pond au mal par un bien plus grand encore, d&#233;j&#224; au niveau de sa Providence quotidienne, et surtout du fait de ce geste inou&#239; consistant &#224; S'incarner et &#224; prendre le mal sur lui, afin de nous ouvrir &#224; l'infini de la vie &#233;ternelle &#8211; si nous acceptons librement ce don. C'est ce que nous verrons dans les diff&#233;rents articles qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le mal et l'existence de Dieu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Position du d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse philosophique de la question du mal pose au croyant une question majeure, car elle conduit &#224; l'id&#233;e que Dieu tol&#232;re un certain mal. Cela choque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait observer au pr&#233;alable que la question n'aurait pas beaucoup de sens si Dieu n'existait pas. Car dans ce cas, c'est le terme de bien qui n'aurait pas de sens. Dans une optique mat&#233;rialiste, le mal est tout au plus un ph&#233;nom&#232;ne neuronal, commun avec l'animal, et donc rien d'essentiel. D'une certaine mani&#232;re donc, le croyant voit et ressent plus consciemment le mal que l'ath&#233;e, pour qui ce ne devrait pas &#234;tre un probl&#232;me. Mais pour le croyant la question se pose : comment un Dieu tout-puissant admet-il l'existence du mal, s'Il aurait pu l'emp&#234;cher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Dieu est tout-puissant, il peut tout, sauf ce qui est contradictoire ou impossible. Or l'id&#233;e d'un monde sans mal n'est ni contradictoire ni impossible. On peut donc pr&#233;tendre qu'un Dieu tout-puissant aurait pu cr&#233;er un monde sans mal et o&#249; on ferait librement le bien. Inversement, r&#233;pondre &#224; la question du mal implique de montrer que Dieu &lt;i&gt;peut&lt;/i&gt; avoir des raisons pour accepter un certain mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le pr&#233;c&#233;dent article, on a vu que notre monde n'est pas concevable sans mal naturel (la souffrance et la mort). Plus largement, un univers mat&#233;riel, s'il n'est pas statique, comporte n&#233;cessairement le possibilit&#233; que des choses puissent p&#233;rir. Or on ne peut qualifier de mauvais ce qui r&#233;sulte de la nature m&#234;me de quelque chose. La vie est un bien ; elle suppose un d&#233;veloppement mais il est difficilement concevable sans la mort. De m&#234;me, la cr&#233;ation d'&#234;tres conscients et libres est un bien, mais elle implique la possibilit&#233; du mal moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il faut rappeler qu'il peut &#234;tre n&#233;cessaire qu'une partie, prise seule, puisse &#234;tre d&#233;ficiente, si c'est pour le bien ou la beaut&#233; du tout ; le sens ne se prend qu'un niveau de l'ensemble. Ce qui revient &#224; reconna&#238;tre qu'il faut examiner si ce qu'on a per&#231;u comme mal n'est pas compens&#233; et surtout largement d&#233;pass&#233; par un bien sup&#233;rieur. En particulier, si le mal et la souffrance sont indispensables &#224; la vie dans un monde mat&#233;riel non statique, il est clair qu'il vaut mieux qu'il existe plut&#244;t qu'il n'y ait rien. Et on voit assez de bien dans l'univers pour reconna&#238;tre qu'il est bon qu'il existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on justifier le mal au nom d'un bien sup&#233;rieur ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains contestent ce raisonnement, en &#233;voquant des maux tels qu'on ne voit pas quel bien peut en r&#233;sulter ou les compenser, et cela d&#232;s le mal naturel. Dans un d&#233;bat c&#233;l&#232;bre, William Rowe pose l'exemple d'une biche qui meurt en souffrant dans un incendie de for&#234;t. Et de poser la question : peut-on raisonnablement penser qu'il y a un bien plus grand que la souffrance de la biche, mais qui suppose celle-ci ? Cela sera encore plus vrai, dit-il, dans le cas d'une souffrance humaine. Quel bien sup&#233;rieur peut justifier ou compenser la souffrance gratuite d'un enfant ? Il ajoute qu'on ne pourra jamais d&#233;montrer que ces souffrances n'auraient pas pu &#234;tre &#233;vit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'embl&#233;e que si on prend cette analyse comme argument contre l'existence de Dieu, elle est contestable. Si quelqu'un est croyant , c'est que, pour des raisons diverses, il pense que Dieu existe. Il pourra en d&#233;duire qu'il y a des raisons &#224; la pr&#233;sence de tel ou tel mal : le fait qu'il ne les connaisse pas avec pr&#233;cision ne fait pas par lui-m&#234;me dispara&#238;tre les motifs pour lesquels il croit en l'existence de Dieu. Et cela d'autant plus que notre connaissance d&#233;taill&#233;e du monde est extr&#234;mement limit&#233;e. Si on reprend l'exemple de la biche, il n'est pas raisonnable de demander qu'on pr&#233;cise le bien &#233;ventuel qui contrebalancerait ce mal, car il n'y a aucune raison pour que ce bien nous apparaisse, surtout en regard de l'infini de la sagesse divine, inaccessible &#224; notre savoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est le point de d&#233;part m&#234;me de Rowe qui est arbitraire. Au nom de quoi affirmer que ce qui appara&#238;t comme un mal n'est jamais justifiable ? Nous avons l'exemple contraire de la r&#233;demption chr&#233;tienne : un bien infini que Dieu nous a donn&#233;, celui de prendre tout le mal sur Lui. D'un c&#244;t&#233;, ce bien est exceptionnel ; mais d'un autre c&#244;t&#233;, il aurait &#233;t&#233; impossible sans ce mal qu'est le p&#233;ch&#233;. De fait, souffrir m&#234;me de fa&#231;on tr&#232;s dure n'est &#224; chaque fois qu'un fait limit&#233;. Il est donc possible et logique de consid&#233;rer que cela puisse &#234;tre compens&#233; et au-del&#224; par un bien plus grand, surtout s'il est infini. Or en particulier, la perspective m&#234;me de la vie &#233;ternelle implique un d&#233;s&#233;quilibre infini en faveur du bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il convient d'aller au-del&#224; encore. Car si l'argumentation pr&#233;c&#233;dente n'implique pas par elle-m&#234;me la n&#233;gation de la r&#233;alit&#233; de la souffrance, il reste que Dieu est effectivement tout-puissant, et que Sa Providence couvre l'ensemble des &#233;v&#233;nements du monde. Or &#233;motionnellement le spectacle du mal et de la souffrance nous r&#233;volte, et l&#233;gitimement. Mais l'int&#233;r&#234;t des consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes est d'&#233;viter de nous laisser submerger par ces &#233;motions subjectives, et d'en appeler en permanence &#224; la r&#233;alit&#233; de Dieu, &#233;ternel et tout-puissant, et parfaitement bon, au-del&#224; de toute souffrance. Non pour nier le mal et la souffrance, mais pour avoir &#224; l'esprit dans quel contexte elle s'ins&#232;re, et seulement alors penser le sens possible de la souffrance ou du mal. S'il a pleinement conscience de l'infini de Dieu, le croyant peut et doit &#234;tre troubl&#233; profond&#233;ment par la consid&#233;ration d'un mal horrible, mais il n'en d&#233;duira pas que sa foi est vaine, tout au contraire, car d'un c&#244;t&#233;, &#224; nouveau, il en d&#233;duira qu'il ne conna&#238;t pas les raisons sp&#233;cifiques de Dieu, et surtout, d'un autre c&#244;t&#233;, il se rappellera que Dieu est le seul &#224; qui il peut faire appel face &#224; ce mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marilyn McCord Adams &#233;voque ici le cas d'une personne subissant des maux si horribles qu'il semble que sa vie ne vaille pas d'&#234;tre v&#233;cue. Celui qui tue son enfant dans un accident de voiture n'acceptera pas qu'on lui dise que c'&#233;tait un mal &#224; accepter dans le cadre d'un &#233;quilibre global. Mais pouvoir expliquer les causes d'un mal importe au fond assez peu : ce qui compte est comment l'amour de Dieu peut s'exprimer pour nous, quel espoir nous est offert par Dieu, et par l&#224; comprendre que toute vie vaut la peine d'&#234;tre v&#233;cue, par ce qu'elle est accueil du don de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous retrouvons ici, au-del&#224; du r&#233;confort de la vie de foi en ce monde, la perspective de la vie &#233;ternelle. Car si le croyant ne peut en g&#233;n&#233;ral pas savoir comment Dieu intervient particuli&#232;rement dans la vie d'une personne qui souffre, ni le percevoir, il croit dans la promesse d'amour infini qu'est la vie &#233;ternelle, qui est en soi un bien incommensurable &#224; tout mal, et qui est en un sens d&#233;j&#224; pr&#233;sente en nous. Il ne s'agit pas ici d'ignorer ou d'oublier le mal ou la souffrance subie, encore moins de se dispenser d'agir contre ce mal, mais de rappeler cet horizon ultime qui assure la victoire du bien. En un mot, seule la bont&#233; de Dieu et son amour peuvent vaincre le mal - surtout s'il est horrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi pouvons-nous faire le mal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons mis jusqu'ici l'accent sur le mal naturel, ou physique. Mais il reste la question du mal moral : celui qui d&#233;pend de la libert&#233; de l'homme (et de l'ange). Certes l&#224; aussi la r&#233;ponse pr&#233;c&#233;dente subsiste : Dieu peut accepter un mal s'il en tire un plus grand bien. En outre la libert&#233; est bonne en soi ; mais elle implique la possibilit&#233; de choisir le mal. Mais il y a en l'esp&#232;ce un objection suppl&#233;mentaire sp&#233;cifique : pourquoi le choix du mal peut-il se faire, compte tenu de la sup&#233;riorit&#233; &#233;vidente du bien ? Dit autrement, pourquoi le monde n'est-il pas tel que le choix du mal moral, m&#234;me th&#233;oriquement possible, soit en pratique exclu ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A nouveau, le fait que Dieu a cr&#233;&#233; un monde distinct de Lui, implique qu'il soit expos&#233; &#224; l'imperfection, sinon rien n'existerait en dehors de Lui ; d'autant qu'Il lui a permis d'&#233;voluer en dehors de Lui, par ses propres forces (m&#234;me si elles sont un don de Dieu). Il ne pouvait alors que cr&#233;er un monde poss&#233;dant certaines limites ou imperfections. Qu'un autre monde serait peut-&#234;tre marginalement meilleur que le n&#244;tre n'a de ce point de vue aucune importance. Plus sp&#233;cifiquement, il y aurait une bizarrerie &#224; revendiquer des &#234;tres meilleurs que nous ne sommes : soit cela ne serait qu'une diff&#233;rence de degr&#233;, soit de tels &#234;tres ne seraient plus des &#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question devient alors : Dieu devait-il emp&#234;cher le p&#233;ch&#233; d'exister ? Le fait est qu'Il a cr&#233;&#233; une race humaine qui pouvait p&#233;cher et qui l'a fait, et Il le savait car Il est omniscient. John L. Mackie dit ne pas comprendre pourquoi Dieu n'a pas fait des hommes construits de telle fa&#231;on qu'ils auraient toujours choisi librement le bien. Mais, d&#233;j&#224;, &#224; nouveau, seraient-ils vraiment libres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, l'homme (comme l'ange) est simultan&#233;ment ouvert &#224; l'&#234;tre et &#224; l'amour infini de Dieu, sans limite ; mais il est en lui-m&#234;me limit&#233;, et en particulier il n'a pas en lui-m&#234;me sa loi, ce qui le fait &#234;tre. D'o&#249; la tentation de se suffire &#224; lui-m&#234;me ; c'est-&#224;-dire de chercher &#224; r&#233;aliser son aspiration fondamentale &#224; l'infini, sans reconna&#238;tre cette incapacit&#233; intrins&#232;que, en voulant &#234;tre sa loi &#224; lui-m&#234;me. Cette combinaison de l'imperfection et de l'autonomie expose logiquement &#224; mal choisir et &#224; chuter : c'est le p&#233;ch&#233; de Lucifer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains &#233;voquent alors l'action possible de la Providence. Par exemple, de fa&#231;on imag&#233;e, Dieu pouvait faire r&#233;sonner le tonnerre au moment o&#249; Eve cueillait le fruit du mal. Et il aurait fallu que Dieu intervienne syst&#233;matiquement d&#232;s qu'un &#234;tre humain aurait &#233;t&#233; tent&#233;. Mais &#224; nouveau, quel sens aurait une libert&#233; qui serait syst&#233;matiquement remise en cause dans ses effets ? On pourrait dire aussi que le mal ne serait pas choisi si Dieu Se manifestait &#224; l'homme dans Sa pl&#233;nitude. Mais alors il n'y aurait plus de libert&#233;. Surtout, le sens ne serait plus du tout le m&#234;me pour l'homme : conna&#238;tre Dieu serait un donn&#233; absolu et incontournable, et non le fruit de sa r&#233;ponse personnelle, de son cheminement en r&#233;ponse &#224; un appel de Dieu, respectueux de sa libert&#233;. Le cheminement libre est une voie sup&#233;rieure et donc meilleure, malgr&#233; ses risques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains encore objectent que si les hommes sont libres, et que Dieu ne peut pas les contr&#244;ler ult&#233;rieurement, on ne peut pas dire qu'Il est tout-puissant. Mais un &#234;tre peut &#234;tre tout-puissant et se donner des limites, alors qu'un cercle carr&#233; est en soi impossible. Dans aucun monde il n'est possible que des cr&#233;atures libres ne fassent jamais de mal de fa&#231;on certaine. Si le libre arbitre est une limite &#224; ce que Dieu peut faire, Dieu l'accepte parce qu'Il consid&#232;re qu'un monde le comportant est meilleur &#8211; et notamment parce qu'Il tire toujours un bien d'un mal. Et cr&#233;er ce monde &#233;tait un bien, outre &#224; nouveau la perspective de la vie &#233;ternelle. C'est particuli&#232;rement vrai pour le chr&#233;tien, car la r&#233;demption, le sacrifice sur la croix et le rachat de l'humanit&#233;, sont un bien infini, donc sup&#233;rieur &#224; tous les maux possibles ; or ce bien serait impossible sans le p&#233;ch&#233;. C'est le sens du &#8216;&lt;i&gt;felix culpa&lt;/i&gt;' de la nuit de P&#226;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du progr&#232;s int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute la perspective du progr&#232;s int&#233;rieur. Saint Ir&#233;n&#233;e nous explique que pour des &#234;tres comme nous, la perfection suppose une maturation, laquelle suppose que nous soyons expos&#233;s &#224; la possibilit&#233; de faire le mal. Certains demandent pourquoi il faut endurer des souffrances pour progresser, sans parler des &#233;checs possibles. Mais l&#224; encore, un tel processus caract&#233;rise toute vie terrestre ; notamment, le r&#244;le premier de la souffrance &#233;tant de reconna&#238;tre un mal, progresser suppose un signal, une certaine souffrance. Et si le don de Dieu est plus grand dans la r&#233;demption, cela implique que de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale le passage par des &#233;preuves rend capable de recevoir plus. Des &#234;tres libres doivent se former librement : &#224; nouveau, c'est la sup&#233;riorit&#233; de celui qui a surmont&#233; les tentations par rapport &#224; celui qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour rester innocent. Un univers sans mal possible ressemblerait &#224; un environnement id&#233;al pour animal domestique : il n'y aurait plus de place pour la vertu morale, ni pour l'amour. En r&#233;sum&#233;, le monde n'est pas un paradis, c'est un lieu de pr&#233;paration. Ce qui compte est de faire advenir une &#226;me, dans le temps, progressivement, de la pr&#233;parer &#224; l'accueil de l'amour infini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui appara&#238;t ici finalement est le lien &#233;troit &#233;tabli entre une cr&#233;ation ayant n&#233;cessairement ses limites, comportant le bien essentiel de la libert&#233;, et le r&#244;le du temps et de l'histoire. Car c'est dans le temps que nous pouvons surmonter le mal en vue d'un bien qui le d&#233;passe, mais que ce mal a en un sens rendu possible. Ce qui ne prend pleinement son sens que dans la perspective du savoir et de l'amour infinis de Dieu. C'est donc &#224; nouveau l'horizon de la vie &#233;ternelle qui permet de conclure pleinement &#224; la possibilit&#233; du d&#233;passement du mal, dans ce monde soumis au temps mais qui b&#233;n&#233;ficie de ce m&#234;me temps, et que cet horizon relativise radicalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; La Nef,&lt;i&gt; n&#176; 367 mars 2024&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dieu, le mal et l'histoire</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dieu et le mal</dc:subject>
		<dc:subject>Dieu le mal et l'histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La question du mal est une vieille et fondamentale interrogation de l'humanit&#233;, qui a donn&#233; lieu &#224; des r&#233;flexions innombrables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre qui vient de para&#238;tre, je cherche &#224; l'&#233;clairer par son lien avec le temps et l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le croyant, chr&#233;tien du moins, l'existence du mal est &#224; la fois un formidable d&#233;fi (comment un Dieu bon est-il compatible avec le mal ?) et un motif majeur de sa foi (c'est Dieu qui sauve). Le message r&#233;v&#233;l&#233; comporte &#224; la fois l'ouverture du salut pour tous, et la possibilit&#233; que certains optent pour le refus de Dieu, ce qu'on appelle la damnation. Mais ces &#233;v&#233;nements dramatiques se d&#233;roulent dans le temps. De fa&#231;on latente ou explicite, la question du mal se relie donc directement au temps, et par l&#224; &#224; l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/dieu_le_mal_l_histoire.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Introduction du livre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question du mal est une vieille et fondamentale interrogation de l'humanit&#233;, qui a donn&#233; lieu &#224; des r&#233;flexions innombrables. Je chercherai ici &#224; l'&#233;clairer par son lien avec le temps et l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le croyant, chr&#233;tien du moins, l'existence du mal est &#224; la fois un formidable d&#233;fi (comment un Dieu bon est-il compatible avec le mal ?) et un motif majeur de sa foi (c'est Dieu qui sauve). Le message r&#233;v&#233;l&#233; comporte &#224; la fois l'ouverture du salut pour tous, et la possibilit&#233; que certains optent pour le refus de Dieu, ce qu'on appelle la damnation. Mais ces &#233;v&#233;nements dramatiques se d&#233;roulent dans le temps. De fa&#231;on latente ou explicite, la question du mal se relie donc directement au temps, et par l&#224; &#224; l'histoire. Plus pr&#233;cis&#233;ment, le sens m&#234;me du temps est dans la possibilit&#233; de notre combat avec le mal, qui se d&#233;roule sous le regard aimant et juste de Dieu. Lui-m&#234;me &#233;ternel et donc hors du temps, Il assume personnellement le temps et ses al&#233;as par l'Incarnation, et donc notre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du temps et de l'&#233;ternit&#233; fait donc &#233;troitement corps avec la question du mal, telle qu'elle est appr&#233;hend&#233;e par la r&#233;v&#233;lation chr&#233;tienne. C'est d&#233;j&#224; vrai au niveau de la personne. Mais ce l'est plus encore au niveau de l'histoire, qui est le lieu des d&#233;m&#234;l&#233;s de l'humanit&#233; avec le mal, jusqu'&#224; la fin des temps et l'Apocalypse. Il n'est d&#232;s lors pas surprenant que le christianisme soit de toutes les religions celle seule qui a d&#233;velopp&#233; une affinit&#233; avec l'histoire et lui ait reconnu un sens particulier. Il y a donc grand int&#233;r&#234;t &#224; &#233;voquer simultan&#233;ment les deux questions du mal et de l'histoire, afin de les &#233;clairer mutuellement. C'est ce que je vais tenter de faire ici.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Recensions remarquables&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lanef.net/2023/08/31/lectures-juillet-aout-2023/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lanef.net/2023/08/31/lectur...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIEU, LE MAL ET L'HISTOIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
PIERRE DE LAUZUN&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;qui, 2022, 200 pages, 18 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La question du mal demeure centrale, elle est assur&#233;ment celle qui &#233;loigne des personnes de Dieu ou les emp&#234;che de s'en approcher. Les r&#233;ponses philosophiques et spirituelles, parfaitement convaincantes sur le papier, existent toutefois, mais sont mal &#224; propos lorsque l'on est soi-m&#234;me confront&#233; &#224; un mal scandaleux, comme la mort d'un enfant. Car la meilleure argumentation n'emp&#234;chera jamais d'effacer la part du myst&#232;re qui entoure l'existence du mal, m&#234;me si l'on sait en th&#233;orie, par la foi, que Dieu peut tirer un bien de tout mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; cette lancinante question, Pierre de Lauzun nous offre ici un livre remarquable par sa richesse, sa clart&#233; et sa fiabilit&#233;. La premi&#232;re partie de l'ouvrage est consacr&#233;e au mal en tant que telle et &#224; la r&#233;ponse de Dieu. Il expose les arguments classiques sur le mal comme cons&#233;quence de la libert&#233;, comment un monde limit&#233; et donc forc&#233;ment imparfait suppose obligatoirement le mal, sans esquiver la part de myst&#232;re d&#251; au fait que nous ne pouvons conna&#238;tre les raisons de Dieu en toutes choses. Puis il aborde le d&#233;bat sur le p&#233;ch&#233; originel, notion importante et n&#233;cessaire trop souvent remise en cause aujourd'hui : &#171; La notion du p&#233;ch&#233; originel implique cette affirmation essentielle que Dieu est innocent de ce p&#233;ch&#233; &#187; ; il pr&#233;sente diff&#233;rentes th&#232;ses dont celle de Mgr L&#233;onard dans Les raisons de croire (2010), expose le r&#244;le de Satan, &#171; facteur majeur, permanent, pr&#233;sent dans tous les processus normaux de ce monde &#187;&#8230; &#171; La r&#233;volte contre le mal, &#233;crit tr&#232;s justement Pierre de Lauzun, n'a de sens que si l'on suppose &#224; la fois l'existence de Dieu et l'immortalit&#233; de l'&#226;me. La question du mal ne peut v&#233;ritablement &#234;tre pos&#233;e qu'&#224; Dieu. &#187; En conclusion de cette partie, l'auteur r&#233;sume : &#171; L'id&#233;e que Dieu compense tout mal par un bien, ne serait-ce que par celui, infini, de la vie &#233;ternelle, prend un tout autre relief si on croit, comme le chr&#233;tien, que par la Croix le Christ et donc Dieu a pris toute souffrance sur lui. Dieu donne ainsi un sens direct et personnel &#224; la souffrance. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde partie s'int&#233;resse &#224; la dimension historique, &#224; laquelle les chr&#233;tiens sont plus particuli&#232;rement sensibles du fait que leur religion est incarn&#233;e dans l'histoire par le Dieu qui s'est fait homme. Si, d'un point de vue surnaturel, l'histoire a un sens puisque, depuis Adam et &#200;ve, Abraham et l'av&#232;nement annonc&#233; du Christ, elle conduit &#224; la parousie, la question se pose aussi d'un point de vue profane. Ainsi Pierre de Lauzun nous offre-t-il ici de passionnantes r&#233;flexions plus personnelles sur la notion de &#171; progr&#232;s &#187;, sur l'&#233;mergence des grandes civilisations et des empires, sur l'irruption de l'islam et la possible dimension pr&#233;-apocalyptique de notre &#233;poque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ma&#238;tre livre sur tous ces sujets si essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Geffroy&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;rard Leclerc dans &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; du 29 septembre 2023 ; ci-joint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon article dans Politique Magazine : &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/civilisation/dieu-le-mal-et-lhistoire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/civili...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;TABLE DES MATIERES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LE MAL, L'HISTOIRE ET LE SALUT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 1 LA QUESTION DU MAL&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MAL INTRINSEQUE, OU MAL METAPHYSIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MAL ET L'EXISTENCE DE DIEU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE MAL MORAL ET LA LIBERTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 2 LE SALUT INSCRIT DANS L'HISTOIRE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE PECHE ORIGINEL ET LE MAL&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA CHUTE : PERSPECTIVES COSMIQUES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 3 DIEU PREND SUR LUI LE POIDS DU PECHE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRUCIFIXION ET RESURRECTION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIEU PEUT-IL SOUFFRIR ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DIEU EST-IL SOUMIS AU TEMPS ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 4 LA REPONSE DE DIEU AU MAL&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA PRISE EN CHARGE PAR LA PROVIDENCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DU TEMPS A L'ETERNITE, LE PROVISOIRE ET L'INFINI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;HISTOIRE DE SALUT, HISTOIRE PROFANE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 5 UN RAPPORT UNIQUE AU TEMPS ET A L'HISTOIRE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA FOI CHRETIENNE ET L'HISTOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUELLE LECTURE CHRETIENNE DE L'HISTOIRE ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 6 LE SENS DE L'HISTOIRE PROFANE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MODERNITE ET POSTMODERNITE FACE A L'HISTOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HISTOIRE PROFANE COMME PROGRES ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PROGRES PROFANE ET PERSPECTIVE CHRETIENNE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 7 LECTURE POSSIBLE DE L'HISTOIRE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEUX ECLAIRAGES : L'HISTOIRE SAINTE ET LA CITE DE DIEU&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'HISTOIRE PROFANE APRES PENTECOTE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LES DERNIERS TEMPS ; L'ECLAIRAGE DE L'APOCALYPSE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CHAPITRE 8 LA PERSPECTIVE FINALE ET LE JUGEMENT	&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUGEMENT ET L'APPEL A LA VIE ETERNELLE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE JUGEMENT DERNIER ET L'HISTOIRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;COMPLEMENT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LA DAMNATION&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COURTE BIBLIOGRAPHIE&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;LIBRAIRES&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://livre.fnac.com/a16859343/Pierre-de-Lauzun-Dieu-le-mal-et-l-histoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://livre.fnac.com/a16859343/Pi...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.decitre.fr/livres/dieu-le-mal-et-l-histoire-9782740324318.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.decitre.fr/livres/dieu-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.chire.fr/A-231927-dieu-le-mal-et-l-histoire.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.chire.fr/A-231927-dieu-le-mal-e...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.librairie-emmanuel.fr/dieu-le-mal-et-lhistoire-p-158957&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.librairie-emmanuel.fr/d...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.librairietequi.com/A-70427-dieu-le-mal-et-l-histoire.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.librairietequi.com/A-70...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.amazon.fr/Dieu-mal-lhistoire-Pierre-Lauzun/dp/2740324316/ref=sr_1_2?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85%C5%BD%C3%95%C3%91&amp;keywords=Pierre+de+Lauzun&amp;qid=1667490689&amp;qu=eyJxc2MiOiIzLjYyIiwicXNhIjoiMy40NiIsInFzcCI6IjIuMjQifQ%3D%3D&amp;sr=8-2&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.amazon.fr/Dieu-mal-lhis...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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