<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=400&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;rive europ&#233;enne : la norme au lieu de la d&#233;cision </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-derive-europeenne-la-norme-au-lieu-de-la-decision.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-derive-europeenne-la-norme-au-lieu-de-la-decision.html</guid>
		<dc:date>2026-01-24T16:25:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie</dc:subject>
		<dc:subject>Norme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour d&#233;cider et &#233;laborer une v&#233;ritable strat&#233;gie. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc sortir de ce sch&#233;ma mental mortif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ideologie-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Norme-+.html" rel="tag"&gt;Norme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/euro-76019_1920.jpg?1787417297' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'Union europ&#233;enne appara&#238;t de plus en plus d&#233;pass&#233;e sur la sc&#232;ne internationale, ce n'est pas une surprise, ni le hasard de d&#233;cisions malheureuses. En fait c'est dans sa nature profonde que r&#233;side le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive europ&#233;enne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fait de base : le d&#233;crochage de l'Europe en termes &#233;conomiques et technologiques. Or il co&#239;ncide clairement avec la formation de l'Union europ&#233;enne actuelle, celle de Maastricht. Cyrille Dalmont (Figaro Vox 19 d&#233;cembre 2025) note ainsi que la part europ&#233;enne du PIB mondial est pass&#233;e de 25 % en 1990 &#224; 14 % aujourd'hui, malgr&#233; l'extension du nombre de membres. La comparaison avec les Etats-Unis est encore plus frappante. En 1992, les deux zones pesaient &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me poids dans l'&#233;conomie mondiale, l'Europe b&#233;n&#233;ficiant m&#234;me d'un l&#233;ger avantage. Mais en 2024, le PIB par habitant aux &#201;tats-Unis en 2024 est de 84 809 dollars contre 43 145 dollars au sein de l'Union europ&#233;enne (Banque mondiale). Toujours selon Dalmont, sur les 1 000 plus grandes entreprises technologiques mondiales, les &#201;tats-Unis en concentrent 467, qui repr&#233;sentent plus de 80 % de la capitalisation totale. L'UE n'en rassemble que 139, pour moins de 5 % de la capitalisation globale. Dans les 100 premi&#232;res, le d&#233;s&#233;quilibre est encore plus brutal : 59 entreprises am&#233;ricaines, deux europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on peut ne pas consid&#233;rer que le PNB ou la technologie sont les seuls crit&#232;res d&#233;finitifs pour juger un pays ou ses performances. Mais l'Europe a r&#233;guli&#232;rement affich&#233; sur la p&#233;riode ses ambitions dans ces mati&#232;res. Son &#233;chec relatif est donc patent. Et on ne parle pas de la comparaison avec la Chine - encore moins de la capacit&#233; militaire&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la question : est-ce une simple loup&#233;, une porte qui n'a pas &#233;t&#233; vue ? Ou est-ce structurel ? Dalmont accuse la tendance europ&#233;enne &#224; la surr&#232;glementation : la Commission reconna&#238;t, dit-il, une hausse de 27 % de la charge r&#233;glementaire en dix ans dans les secteurs industriels. Le point est incontestable. Mais au-del&#224; m&#234;me de cette surr&#232;glementation, il faut souligner surtout la tendance europ&#233;enne &#224; voir la r&#233;glementation comme le principal moyen d'action. On &#233;met des normes au lieu de cr&#233;er. Mais on ne pr&#233;pare pas un avenir ni ne d&#233;finit une strat&#233;gie en empilant des normes : celles-ci peuvent avoir un sens dans des limites raisonnables, mais cela suppose qu'il y ait en sous-jacent une dynamique, une position gagnante, et donc une volont&#233; strat&#233;gique, partag&#233;e dans la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est ce que l'Union europ&#233;enne est incapable de produire. Pour une raison simple : elle n'a pas &#233;t&#233; construite pour cela. A un double niveau : d'abord parce que c'est une construction fondamentalement id&#233;ologique, avec la cons&#233;quence qu'on y gouverne &#224; partir d'id&#233;es a priori et non par de vrais choix strat&#233;giques et donc politiques ; ensuite, parce que son organisation et son mode de prise de d&#233;cision confortent cette orientation fondamentale. Certes, on retrouve par l&#224; un &#233;cho de ce qu'on constate dans les pays membres eux-m&#234;mes, de fa&#231;on amplifi&#233;e et radicalis&#233;e. Mais la diff&#233;rence est qu'au niveau europ&#233;en, c'est inh&#233;rent &#224; la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'erreur d'un moralisme id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;tour par le choix moral permet de le comprendre mieux. Comment en effet fonde-t-on ses choix, sinon sur une id&#233;e de ce qu'il est bon de faire, ce qui suppose qu'on ait cette id&#233;e du bien, donc au sens large une forme d'&#233;thique ou morale ? Il y a pour simplifier trois conceptions : l'&#233;thique de responsabilit&#233; (cons&#233;quentialiste), l'&#233;thique d&#233;ontologique (kantienne), l'&#233;thique du jugement &#233;clair&#233; (aristot&#233;licienne). Or il y a une affinit&#233; entre le syst&#232;me de pens&#233;e dominant, notamment au niveau europ&#233;en, et la logique d&#233;ontologique, de type kantien. On pose des principes a priori, suppos&#233;s de valeur universelle, et on juge la situation &#224; partir de l&#224;. Le soutien &#224; l'Ukraine, ou l'entr&#233;e des migrants, sont typiques de ce genre de raisonnement, tellement en faveur au niveau europ&#233;en. Bien entendu, derri&#232;re, d'autres motivations peuvent appara&#238;tre, ou se cacher, qui sont de logique diff&#233;rente. Mais m&#234;me s'il y a une certaine hypocrisie, la mani&#232;re dont elle se manifeste et s'habille est sp&#233;cifique ; et en r&#233;alit&#233; l'id&#233;ologie est centrale dans le d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, le syst&#232;me impose une id&#233;ologie, celle du politiquement correct, en s'appuyant sur le r&#244;le croissant des juges, qui se substitue aux politiques, ou impose aux citoyens des r&#232;gles qu'ils n'ont jamais valid&#233;es. Et surtout le raisonnement juridique lui-m&#234;me est typiquement de type d&#233;ontologique ou kantien. Or ce n'est pas le bon mode d'exercice de la justice, comme Adrian Vermeule l'a brillamment rappel&#233; dans le cas de la constitution am&#233;ricaine. Tout autre en effet est l'approche de la morale des vertus, &#224; savoir d'un jugement moral visant &#224; la recherche d'un bien objectif qui s'appr&#233;cie en conscience au vu de la situation, sous l'&#233;clairage de principes mais sans automatisme &#8211; ce qui suppose d'abord une formation morale adapt&#233;e du juge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me remarque vaut pour tout d&#233;cideur. Celui qui d&#233;cide est celui qui prend ses responsabilit&#233;s au vu de la situation, en choisissant la voie qui en conscience lui para&#238;t la bonne. Et pas en d&#233;clinant un syst&#232;me de pens&#233;e pr&#233;construit, qu'ensuite il suit aveugl&#233;ment ; &#224; nouveau, l'Ukraine ou les migrants en sont des exemples consternants. Dans un cas, on refuse obstin&#233;ment de tenir compte de la r&#233;alit&#233; de ce qu'est un conflit, et on poursuit au nom de principes abstraits un combat d&#233;sormais perdu, apr&#232;s avoir sacrifi&#233; des actifs majeurs en Russie et cr&#233;&#233; un handicap &#233;nerg&#233;tique d&#233;vastateur. Dans l'autre, on d&#233;clenche puis encourage une acc&#233;l&#233;ration torrentielle de migrations dont on s'acharne &#224; miner toute possibilit&#233; r&#233;aliste de les contenir, toujours au nom de principes abstraits &#8211; malgr&#233; la tr&#232;s relative inflexion r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cision et responsabilit&#233; personnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une telle mani&#232;re de proc&#233;der a un autre inconv&#233;nient majeur : celui d'encourager et de faciliter un des vices majeures de nos soci&#233;t&#233;s : l'irresponsabilit&#233;. Dans un grand nombre de domaines, les d&#233;cisions sont prises de plus en plus sur la base de suppos&#233;es constatations m&#234;lant a priori id&#233;ologie et suppos&#233;es expertises, face &#224; quoi on explique aux m&#233;dias g&#233;n&#233;ralement complices et &#224; la population qu'il n'y pas d'autre choix. Cela permet d'&#233;luder toute vraie responsabilit&#233; personnelle des suppos&#233;s dirigeants. Nassim Taleb l'avait rappel&#233; avec force dans son livre Skin in the game : il y a un ab&#238;me entre celui qui d&#233;cide personnellement en ayant un enjeu personnel direct, c'est-&#224;-dire en engageant sa responsabilit&#233;, et celui qui d&#233;cide sans que l'effet de la d&#233;cision, bon ou mauvais, l'affecte r&#233;ellement. Autrefois, le second cas pouvait prendre la figure du potentat &#224; l'ancienne, jugeant selon son arbitraire personnel. Mais dans nos soci&#233;t&#233;s, cela prend essentiellement la figure de celui qui d&#233;cide en s'abritant derri&#232;re les normes d'un c&#244;t&#233;, les proc&#233;dures de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas des institutions europ&#233;ennes en est un exemple spectaculaire : pour la plupart non &#233;lues, sinon indirectement, et pour un temps bref, elles ne se retrouvent jamais face &#224; des &#233;lecteurs qui pourraient leur demander des comptes. M&#234;me les parlementaires y sont &#233;lus en fait sur une base politique nationale ; et lorsqu'il y a de nouvelles &#233;lections, personne ne fait de lien entre eux et ce qu'ils ont vot&#233; pendant leur mandat. L'irresponsabilit&#233; y atteint donc un degr&#233; spectaculaire, consid&#233;rablement plus qu'au niveau des Etats membres (encore que les dirigeants de ces derniers s'en tirent souvent &#224; rejetant la responsabilit&#233; sur &#171; l'Europe &#187; - bien entendu sans qu'on sache qui est vis&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc bien ce m&#233;canisme m&#234;lant irresponsabilit&#233; et choix proc&#233;duraux ou id&#233;ologiques qui est la cause centrale de l'&#233;chec des institutions europ&#233;ennes, et derri&#232;re elles, une des causes majeures (avec d'autres) du recul g&#233;n&#233;ral des pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur&lt;/i&gt; Politique Magazine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
