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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Taxer les riches ?</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Taxer-les-riches.html</link>
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		<dc:date>2025-09-18T12:21:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Fortune</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#232;s riches</dc:subject>
		<dc:subject>Fiscalit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Zucman</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La taxe Zucman fait beaucoup parler d'elle. Au motif que les tr&#232;s riches payeraient moins d'imp&#244;ts que les autres, il est propos&#233; de taxer 2 % de leurs actifs. Nous regarderons ici le fondement moral et politique de la question : est-il juste ou &#233;quitable de cr&#233;er un tel imp&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguons d'embl&#233;e deux motivations totalement diff&#233;rentes : d'un c&#244;t&#233; le rabotage &#233;galitariste des grandes fortunes, et de l'autre la juste contribution &#224; l'effort fiscal. Le premier fait changer de soci&#233;t&#233;. Le second seul m&#233;rite examen, mais un fiscalit&#233; &#233;quitable doit rentrer dans le principe g&#233;n&#233;ral : on ne taxe que le v&#233;ritable revenu. Si des dispositifs permettent &#224; certains d'y &#233;chapper, il faut les contrer. Mais sauf cas particuliers, on ne taxe pas quelqu'un pour le d&#233;poss&#233;der d'une propri&#233;t&#233; l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Zucman-+.html" rel="tag"&gt;Zucman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/shakedown-1340048_640.webp?1787417304' class='spip_logo spip_logo_right' width='138' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La taxe Zucman fait beaucoup parler d'elle. Au motif que les tr&#232;s riches (en l'esp&#232;ce plus de 100 millions d'euros d'actifs) payeraient moins d'imp&#244;ts que les autres et notamment sur le revenu, il est propos&#233; de taxer 2 % (annuels) de la totalit&#233; de leurs actifs, ou au minimum d'exiger un paiement minimal d'imp&#244;ts &#224; cette hauteur. Nous regarderons ici le fondement moral et politique de la question : est-il juste ou &#233;quitable de cr&#233;er un tel imp&#244;t ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguons d'embl&#233;e deux motivations totalement diff&#233;rentes : d'un c&#244;t&#233; le rabotage &#233;galitariste des grandes fortunes, et de l'autre la juste contribution &#224; l'effort fiscal. Ce que Zucman met en avant est le second motif, mais le premier est &#233;videmment pr&#233;sent dans bien des partisans de la taxe. Commen&#231;ons par le second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La juste contribution &#224; l'effort fiscal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est que les tr&#232;s riches contribuent moins que les autres, alors qu'on s'attendrait en &#233;quit&#233; &#224; ce qu'ils contribuent plus, au moins en proportion (on n'&#233;voquera pas ici la question de la progressivit&#233; &#233;ventuelle de l'imp&#244;t).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant d'abord ce qu'on peut appeler &#233;quit&#233;. Dans son principe, selon la d&#233;claration de droits de 1948 et selon d'ailleurs le bon sens, l'imp&#244;t doit se r&#233;f&#233;rer &#224; la capacit&#233; contributive des personnes concern&#233;es, leurs &#171; facult&#233;s &#187; selon le terme employ&#233;. Or cela peut concerner deux types de ressources au sens large : les revenus et le patrimoine d&#233;tenu. Les revenus sont &#233;videmment concern&#233;s : si une ann&#233;e donn&#233;e vous gagnez quelque chose, cette richesse n'avait pas &#233;t&#233; impos&#233;e auparavant ; elle est disponible pour vous et dans le principe il para&#238;t clair que cela entre dans vos &#171; facult&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est moins imm&#233;diate pour le patrimoine. D'embl&#233;e, qui dit patrimoine &#233;voque des biens qui ont normalement d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fiscalis&#233;s, au moins &#224; leur origine. En effet, le patrimoine a trois sources possibles. Soit les biens ont &#233;t&#233; gagn&#233;s et &#233;pargn&#233;s, &#224; partir de revenus qui ont donc &#233;t&#233; impos&#233;s ; soit ils ont &#233;t&#233; h&#233;rit&#233;s, et alors ils ont &#233;t&#233; doublement fiscalis&#233;s : ant&#233;rieurement, et au moment de la succession. Soit encore ils ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, et ce sont essentiellement des biens de production au sens large (plus des cas particuliers, comme des objets d'art par exemple). Mais alors ou ces biens sont la source de revenus, et alors l'imp&#244;t intervient en principe, ou ils ne produisent rien. Dans ce dernier cas peut-on consid&#233;rer qu'ils sont des ressources ou &#171; facult&#233;s &#187; et qu'on peut les ponctionner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine fiscale, et notamment celle du Conseil constitutionnel, consid&#232;re de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale que l'imp&#244;t doit &#234;tre pay&#233; au moyen des revenus. En effet, si les revenus ne permettent pas de le payer, ou si le pr&#233;l&#232;vement porte sur un pourcentage excessif de ceux-ci, l'imp&#244;t aboutit &#224; la confiscation d'une partie de la propri&#233;t&#233;. Or si celle-ci est l&#233;gale, elle ne peut &#234;tre confisqu&#233;e, tout au plus saisie et indemnis&#233;e dans des cas bien pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, cela n'emp&#234;che pas dans son principe que la base d'imposition soit autre que le revenu. Autrefois on utilisait plus largement le patrimoine comme base, car il &#233;tait plus visible (immobilier, terres etc.), alors que les revenus &#233;taient mal connus ; la taxe fonci&#232;re est un r&#233;sidu de cette &#233;poque. Mais encore faut-il qu'il y ait un motif pour taxer ainsi un actif : ainsi, dans le cas de la taxe fonci&#232;re, le lien entre ce foncier et une collectivit&#233; locale. Surtout, pour &#233;viter l'effet confiscation, cela impose de mettre un plafond fonction des revenus. C'est ce qu'on avait avec l'ISF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux familles de questions ont &#233;t&#233; soulev&#233;es &#224; ce propos. La premi&#232;re est celle des plus-values latentes : un actif entr&#233; dans votre patrimoine &#224; un certain prix s'est entretemps appr&#233;ci&#233; et vaut plus. Donc, dira-t-on, vous avez d&#233;sormais plus de ressources qu'auparavant, et ce surplus n'a, lui, jamais &#233;t&#233; impos&#233;. Ce qui est vrai ; mais en m&#234;me temps le bien, lui, n'a pas chang&#233;. Il n'y a donc lieu de l'imposer que s'ils se transforme en ressource effective, c'est-&#224;-dire est vendu, d'o&#249; l'imposition des plus-values. Sinon, ma maison vaut peut-&#234;tre plus cher, mais c'est la m&#234;me. L'entreprise a peut-&#234;tre grossi, ou a un potentiel tel qu'elle s'est appr&#233;ci&#233;e, mais son r&#233;sultat, lui, a pu rester limit&#233;. En outre, si on veut imposer la plus-value latente, cela a le grave inconv&#233;nient de taxer quelque chose d'hypoth&#233;tique : l'estimation n'est pas toujours facile, et les m&#234;mes raisons qui ont conduit &#224; un valorisation estimative sup&#233;rieure peuvent dans l'avenir conduire &#224; l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan pratique le d&#233;bat en cours l'a montr&#233; : la taxe indiscrimin&#233;e du patrimoine est notamment une menace grave pour les entreprises &#224; fort potentiel mais sans r&#233;sultat ou sans versement de dividende. A nouveau, on ne taxe l&#233;gitimement que sur la base d'un revenu constat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question est celle de revenus qui ont &#233;t&#233; dissimul&#233;s, parqu&#233;s, ou requalifi&#233;s de fa&#231;on &#224; &#233;chapper &#224; l'imposition des revenus. Cela veut dire que ce sont bien des revenus, c'est-&#224;-dire de l'argent effectivement gagn&#233; par une entit&#233; qu'un individu d&#233;tient, directement ou non ; mais des revenus qu'il n'a pas per&#231;us lui-m&#234;me. Par exemple des dividendes vers&#233;s par une entreprise productive (et qui ont donc pay&#233; l'IS, par exemple &#224; 25%), mais per&#231;us par une holding qu'il contr&#244;le. S'ils avaient &#233;t&#233; vers&#233;s &#224; la personne, celle-ci aurait pay&#233; dessus ce qu'on appelle la flat tax de 30% (soit un imp&#244;t total de 47.5%). La question est complexe, notamment selon le r&#233;gime fiscal de la holding, mais m&#233;rite examen ; en soi, sans entrer dans la technique, s'il appara&#238;t que la holding sert &#224; cagnotter sans payer l'imp&#244;t (ou bien moins), il y a incontestablement rupture d'&#233;quit&#233; par rapport &#224; celui qui reconna&#238;t avoir per&#231;u un revenu. Un m&#233;canisme correctif est alors justifi&#233;. Mais ce n'est a priori pas par un imp&#244;t g&#233;n&#233;ral sur le patrimoine : d'une part, il faut qu'il y ait un vrai revenu au d&#233;part, donc un dividende vers&#233; par la soci&#233;t&#233; fille, et d'autre part, il faut mettre en &#233;vidence un m&#233;canisme d'&#233;vitement de l'imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons enfin qu'une taxe de type Zucman, en regard des graves inconv&#233;nients soulign&#233;s, est d'un rendement comparativement m&#233;diocre. Les 20 milliards d'euros annonc&#233;s, qui seraient sans doute bien inf&#233;rieurs dans la r&#233;alit&#233;, sont &#224; comparer &#224; environ 170 milliards de d&#233;ficit budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le rabotage &#233;galitariste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc la deuxi&#232;me motivation des partisans d'une telle taxe : le rabotage &#233;galitariste. De fait, un des motifs de ce type de taxe est qu'il y a des fortunes &#233;normes, et qu'elles ont massivement augment&#233; depuis 30 ans et notamment r&#233;cemment. J'ai &#233;voqu&#233; cette question dans un autre article &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-question-des-tres-riches.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-qu...&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je rappelais d'abord &#224; ce sujet que ces nouveaux milliardaires n'avaient pas pris cet argent &#224; d'autres : ils avaient fond&#233; (ou h&#233;rit&#233; puis d&#233;velopp&#233;) des entreprises qui avaient pris une valeur &#233;norme, directement reflet de leur succ&#232;s ; sauf irr&#233;gularit&#233;, il n'est donc pas injuste de dire qu'ils l'ont gagn&#233; . Cela dit, le reste de la soci&#233;t&#233; n'est pas non plus pour rien dans ce succ&#232;s : apr&#232;s tout, l'Internet a &#233;t&#233; invent&#233; par l'arm&#233;e am&#233;ricaine&#8230;Il ont donc un devoir envers la collectivit&#233;. Par ailleurs, sauf &#224; &#233;tatiser enti&#232;rement la soci&#233;t&#233;, une partie pr&#233;pond&#233;rante des propri&#233;t&#233;s et notamment des entreprises est d&#233;tenue par des personnes, et in&#233;vitablement de fa&#231;on tr&#232;s in&#233;gale. Leur fortune peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e potentiellement l&#233;gitime. Mais elle peut poser d'autres probl&#232;mes : d'une part, n'ont-ils pas trop de pouvoir ? D'autre part, quel usage en font-ils, et rendent-ils &#224; la soci&#233;t&#233; les services qu'ils doivent lui rendre ? En un mot, quelle est leur contribution au bien commun ? Selon la r&#233;ponse apport&#233;e, on peut envisager, dans des cas justifi&#233;s, une intervention publique. Mais ce sera pour un motif de cet ordre, pas par un a priori &#233;galitariste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand donc certains, dont Thomas Piketty , proposent de taxer ces fortunes &#224; 5% par an puis de taxer &#224; 90% les grosses successions, le motif est &#233;galitariste ; il vise en fait &#224; faire dispara&#238;tre ces fortunes ou &#224; les pr&#233;cariser. Ce qui veut dire qu'on change de soci&#233;t&#233; pour basculer dans une forme d'&#233;tatisme. Or ce qui est remarquable est que l'effet fiscal, pour les budgets publics et donc potentiellement pour la collectivit&#233;, en serait bien maigre, en regard de l'extr&#234;me brutalit&#233; du syst&#232;me. Cela rapporterait dit-on 5 % du revenu national. Mais le budget public est dix fois plus gros ; et les diff&#233;rences de pression fiscale entre les divers pays d&#233;velopp&#233;s sont bien sup&#233;rieures &#224; ce chiffre : entre 45.6% en France et 40 % en moyenne europ&#233;enne, ou 35% en Grande Bretagne. En supposant m&#234;me qu'on r&#233;cup&#232;re bien ces 5 % par cette r&#233;volution et cette &#233;tatisation massive, ce qui est fort douteux, ce qu'on gagne pourrait donc l'&#234;tre avec un autre syst&#232;me fiscal classique, et sans r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La motivation n'est donc pas fiscale, elle est politique, et d'une politique de type r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion la question pos&#233;e par la premi&#232;re approche m&#233;rite examen, mais un fiscalit&#233; &#233;quitable doit rentrer dans le principe g&#233;n&#233;ral : on ne taxe que le v&#233;ritable revenu. Si des dispositifs permettent &#224; certains d'y &#233;chapper, il faut les contrer. Mais sauf cas particuliers, on ne taxe pas quelqu'un pour le d&#233;poss&#233;der d'une propri&#233;t&#233; l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma tribune analogue sur Aleteia &lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2025/09/19/la-taxe-zucman-est-elle-fiscalement-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2025/09/19/l...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passage sur RCF 23 septembre 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
A la lumi&#232;re de l'Evangile, que penser de la taxe Zucman ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Invit&#233; de la Matinale 18 min&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rcf.fr/articles/actualite/taxe-zucman-que-dit-levangile&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.rcf.fr/articles/actuali...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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