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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Faut-il punir les boomers pour la lamentable situation de la France ? </title>
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		<dc:date>2025-09-05T13:11:54Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Retraites</dc:subject>
		<dc:subject>Boomers</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bayrou a mis en cause assez brutalement les boomers le 28 ao&#251;t dernier. D'o&#249; une pol&#233;mique g&#233;n&#233;rale partant dans tous les sens. Mettons &#224; part le sieur Bayrou et regardons de plus pr&#232;s : qu'y a-t-il de vrai et de faux dans cette accusation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra alors que m&#234;me si les boomers ont &#233;t&#233; plut&#244;t avantag&#233;s, la responsabilit&#233; dans la d&#233;rive est largement partag&#233;e. Et que l'effort &#224; faire concerne tous, m&#234;me si, sur les retraites, les boomers sont en premi&#232;re ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Economie-generale-a-.html" rel="directory"&gt;Economie g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Boomers-+.html" rel="tag"&gt;Boomers&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/baby-boomer-442252_640.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fran&#231;ois Bayrou a mis en cause assez brutalement les boomers le 28 ao&#251;t dernier : &#171; Qu'une g&#233;n&#233;ration ne pense pas &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante, qu'elle lui impose, sans le lui dire, la charge d'avoir &#224; payer pendant des d&#233;cennies, des facilit&#233;s que nous avons rencontr&#233;es aujourd'hui, ce n'est pas normal &#187;. Et il ajout&#233; : &#171; il y a une deuxi&#232;me cat&#233;gorie de population victime, et c'est insupportable, ce sont les plus jeunes. Nous sommes en train d'accepter qu'ils soient r&#233;duits en esclavage en les obligeant, pour des d&#233;cennies, &#224; rembourser les emprunts qui ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;s, le c&#339;ur l&#233;ger, par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une pol&#233;mique g&#233;n&#233;rale partant dans tous les sens, comme toujours &#224; notre &#233;poque. Mettons &#224; part le sieur Bayrou et regardons de plus pr&#232;s : qu'y a-t-il de vrai et de faux dans cette accusation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des motifs r&#233;els de mise en cause&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a bien des arguments pour accuser les boomers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les boomers, c'est en gros la g&#233;n&#233;ration n&#233;e entre 1945 et 1965, &#233;poque de natalit&#233; relativement forte. Ils ont pass&#233; leur vie active, pour faire large, de 1970-75 &#224; ce jour. Une p&#233;riode diff&#233;rente de ce qu'on a appel&#233; les 30 glorieuses (1945-1975), avec laquelle on la confond souvent ; celle-ci a &#233;t&#233; une p&#233;riode de reconstruction et de croissance forte, &#224; faible endettement, c'est celle du nucl&#233;aire et du TGV. Mais o&#249; les boomers n'&#233;taient pas aux commandes, voire encore &#224; l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique, la p&#233;riode d'activit&#233; des boomers, &#224; partir de 1975, a &#233;t&#233; aussi celle d'un d&#233;rapage progressif : des d&#233;ficits permanents et un endettement continu, essentiellement dus au financement insuffisant de d&#233;penses courantes, avec parfois l'alibi de crises. Ce fut aussi un p&#233;riode de d&#233;cisions politiques d&#233;lirantes : la retraite &#224; 60 ans, les nationalisations, les 35 heures, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu moins favoris&#233;e dans son emploi et ses perspectives que la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, celle des boomers a &#233;t&#233; dans l'ensemble plus faste que celle qui la suit. Cette g&#233;n&#233;ration a eu sans doute une charge de travail sup&#233;rieure &#8211; mais elle a moins cotis&#233;. Son niveau de vie a &#233;t&#233; favoris&#233; par l'absence de vraies mesures de redressement. Et elle touche sa retraite au moment o&#249;, compar&#233; aux actifs, le niveau en est particuli&#232;rement &#233;lev&#233;. Enfin, un nombre appr&#233;ciable de ses membres a pu se constituer un patrimoine cons&#233;quent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit donc bien comment peut se b&#226;tir un r&#233;quisitoire : gr&#226;ce &#224; une lente d&#233;rive jamais corrig&#233;e, on leur a financ&#233; par la dette une vie et une fin de vie confortables, sans qu'ils aient &#224; payer cette dette &#224; l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait ajouter &#224; cela la responsabilit&#233; centrale de cette g&#233;n&#233;ration dans la mutation anthropologique de la fin des ann&#233;es 60, symbolis&#233;e par 1968 : la jeunesse de l'&#233;poque, ce sont les boomers. On ne construit plus, on revendique et on jouit. Et le niveau &#233;ducatif s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant ce n'est pas si simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objections et d&#233;bats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est facile d'objecter d&#233;j&#224; que ce tableau est trop globalisant. Ce qu'on appelle g&#233;n&#233;ration est loin d'&#234;tre homog&#232;ne, et il faudrait une analyse bien plus fine pour r&#233;ellement comparer les itin&#233;raires de vie et de carri&#232;re des uns et des autres, compar&#233;s avec la situation actuelle. Il y a &#233;videmment des boomers qui vivent mal et ne sont en rien des privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse que donnent cependant le plus souvent les boomers est : ce n'est pas nous, ce sont les gouvernements qui ont fait n'importe quoi. En soi, il est vrai que les gouvernements de cette longue p&#233;riode ont &#233;t&#233; globalement mauvais et irresponsables, qu'ils soient &#233;tiquet&#233;s &#224; gauche ou &#224; droite. Il est n&#233;anmoins facile de mettre toute la responsabilit&#233; sur ces dirigeants seuls. Outre qu'ils ont &#233;t&#233; &#233;lus par quelqu'un, ils ont eu &#224; g&#233;rer une situation qui &#233;tait fonction de l'&#233;tat de l'opinion. Et les boomers n'ont jamais &#233;t&#233; majoritaires dans l'&#233;lectorat. Il suffit de rappeler les al&#233;as des r&#233;formes successives des retraites, &#224; commencer par celle de Jupp&#233; en 1995, pour mesurer les obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, dans tous ces processus les boomers n'ont pas &#233;t&#233; seuls. Il n'y a pas eu une g&#233;n&#233;ration qui a d&#233;rap&#233;, suivie par une prise de conscience chez celles qui ont suivi. La France active d'aujourd'hui, d&#233;sormais sans boomers, n'est pas mieux g&#233;rable qu'avant. Et les g&#233;n&#233;rations actuelles ne paraissent pas avoir reni&#233; tous les errements de celle d'avant, tant s'en faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc les boomers ont plus largement profit&#233; dans leur ensemble de ces 50 ann&#233;es et restent plut&#244;t avantag&#233;s, la responsabilit&#233; de la d&#233;rive collective est largement partag&#233;e. D&#232;s lors, en pratique, faire le proc&#232;s global de toute une g&#233;n&#233;ration n'a pas beaucoup de sens et risque de ne pas mener tr&#232;s loin. On le voit mieux en &#233;voquant les questions concr&#232;tes qui se posent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en d&#233;duire aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'a dit, deux questions majeures se posent aujourd'hui au niveau collectif : les retraites et la dette. On pourrait &#233;voquer aussi les patrimoines, mais si c'est en termes d'in&#233;galit&#233;s, cela d&#233;passe et de beaucoup les seuls boomers. Ceux-ci ne sont directement en cause que sous l'angle de l'h&#233;ritage, qui est plus micro&#233;conomique que global : il faudrait certainement faciliter les transmissions aux g&#233;n&#233;rations suivantes, mais cela ne changerait pas radicalement la situation d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des retraites, la question cruciale est : quel est le niveau de retraites qui serait &#224; la fois d&#233;sirable et soutenable ? Jusqu'ici, seule l'Agirc-Arrco a trouv&#233; un &#233;quilibre. Pour le reste, bien au-del&#224; des boomers, il y a eu et il reste un consensus g&#233;n&#233;ral pour r&#233;former au minimum, et donc pas assez. Sans &#233;voquer tout ce sujet complexe, il est manifeste que le niveau actuel de la plupart des retraites doit &#234;tre ajust&#233; (les plus faibles mises &#224; part), notamment en jouant sur l'inflation ; les curseurs d'&#226;ge doivent &#234;tre d&#233;plac&#233;s, les privil&#232;ges d'une partie du secteur public au sens large &#233;limin&#233;s. En outre, il faut revoir certains traitements fiscaux comme l'abattement de 10% au titre de l'imp&#244;t sur le revenu ou les diff&#233;rences entre actifs et retrait&#233;s pour la CSG. Sur tous ces points, les boomers sont les premiers int&#233;ress&#233;s, puisqu'ils ont d&#233;sormais l'&#226;ge de la retraite ; mais il s'agit de mettre en place un syst&#232;me &#233;quitable, pas de les cibler comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette est une autre question, plus complexe. M&#234;me si elle n'a pas techniquement &#224; &#234;tre rembours&#233;e comme pour un particulier, elle p&#232;se lourdement et p&#232;sera encore plus &#224; l'avenir : ce sont les int&#233;r&#234;ts dus, c'est le besoin de trouver chaque ann&#233;e des refinancements, c'est le fait qu'elle rend tr&#232;s difficiles de nouveaux investissements. Sans parler du risque de crise, qui est &#233;lev&#233;. Il est de fait qu'elle a &#233;t&#233; contract&#233;e &#224; une &#233;poque o&#249; les boomers &#233;taient actifs. Mais, de nouveau, ils n'&#233;taient pas les seuls, loin de l&#224;. Elle est notamment aujourd'hui plus du triple de ce qu'elle &#233;tait en 2000 ; or pendant la p&#233;riode en cause, 2000-2025, les boomers &#233;taient minoritaires et n'avaient en g&#233;n&#233;ral pas de traitement particulier. L'exception, ce sont les retraites, puisque c'est eux qui profitent d'un syst&#232;me, m&#234;me si tous l'ont voulu ; raison de plus pour agir sur ce point. Mais cela ne traitera qu'une partie de la question. En r&#233;alit&#233;, c'est toute la communaut&#233; nationale qui doit fournir un effort pour ne pas laisser ce fardeau aux g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distinguons donc deux questions : le jugement historique que l'on peut porter sur une p&#233;riode de l'histoire d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre les mesures concr&#232;tes &#224; prendre. Celles-ci sont urgentes et concernent tous, m&#234;me si les boomers sont plus impact&#233;s. Et donc, aborder le sujet sous l'angle d'un conflit de g&#233;n&#233;rations n'est pas la bonne m&#233;thode : l'urgence, c'est de retrouver d&#232;s que possible les conditions d'un &#233;quilibre. Juste et durable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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