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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>L'obsession plan&#233;taire de la course &#224; la richesse, et sa fin possible</title>
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		<dc:date>2014-03-07T14:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Multipolarit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Croissance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Depuis 1975 environ la valeur dominante est l'&#233;conomie, la course &#224; la richesse et &#224; la consommation - combin&#233;e avec l'&#233;volution des m&#339;urs. Elle emporte toute la plan&#232;te et conditionne tout son jeu g&#233;opolitique. Mais cela ne garantit pas sa p&#233;rennit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes on ne voit pas les germes d'une &#233;volution culturelle majeure qui nous d&#233;tacherait de la fascination qu'exerce la course &#224; la richesse ainsi que l'&#233;volution des m&#339;urs. La fin de cette emprise r&#233;sultera donc probablement d'une crise majeure, &#233;conomique ou militaire, mais elle est ind&#233;niablement en germe dans bien des dimensions du mod&#232;le actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne serait donc qu'ensuite que l'humanit&#233; explorera de nouvelles voies. Mais celle-ci doivent se pr&#233;parer d&#232;s maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Croissance-+.html" rel="tag"&gt;Croissance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les grandes p&#233;riodes du XXe si&#232;cle : de l'Europe bourgeoise au culte collectif de l'&#233;conomie de consommation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le XXe si&#232;cle en son d&#233;but &#233;tait totalement domin&#233; par le mod&#232;le culturel politique et &#233;conomique de l'Europe bourgeoise, lib&#233;rale et nationale. Dans une deuxi&#232;me phase qui va de 1914 &#224; 1962 le fait dominant a &#233;t&#233; son dynamitage politique et militaire, dramatique et violent, par chocs successifs. On a vu appara&#238;tre des mod&#232;les politiques alternatifs ; mais aucun n'a dur&#233; et certains (fascistes) ont disparu d&#232;s cette m&#234;me p&#233;riode. Apr&#232;s la guerre, la fin de la p&#233;riode a vu s'achever la d&#233;sagr&#233;gation de l'Europe pr&#233;c&#233;demment dominante, avec la d&#233;colonisation, l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, et la menace sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me phase o&#249; nous sommes encore aujourd'hui est caract&#233;ris&#233;e par un glissement vers un nouveau paradigme (qu'on peut appeler postmoderne), domin&#233; par l'&#233;conomie de consommation devenue la r&#233;f&#233;rence collective principale, notamment en Europe apr&#232;s les Etats-Unis. Cela a commenc&#233; par une transition de 1962 &#224; 1975, dans laquelle c'est la dimension culturelle de l'Europe bourgeoise qui s'est dissoute, avec la r&#233;volution des m&#339;urs et l'effondrement de la la culture classique. Cette m&#234;me p&#233;riode de transition a vu les derni&#232;res guerres structurantes (guerres isra&#233;lo arabes, choc p&#233;trolier, partition du Pakistan) : depuis cette date (1975 environ) le paysage international est quasiment fig&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque actuelle, o&#249; nous sommes depuis 1975 environ, est donc enti&#232;rement domin&#233;e par le th&#232;me de la croissance &#233;conomique, de la course &#224; la richesse, coupl&#233; &#224; l'&#233;volution des m&#339;urs. D'o&#249; deux sous-questions : pour les uns, quand auront-ils acc&#232;s &#224; cette m&#234;me consommation ? Pour les autres, comment aller plus loin dans la m&#234;me direction ? Cette dominante &#233;conomique se couple avec la poursuite de la r&#233;volution des m&#339;urs et sa traduction sur les plans juridique et id&#233;ologique (famille &#233;clat&#233;e, euthanasie, sexualit&#233; anarchique etc.). Ajoutons que les rares guerres intervenues depuis 1975 n'ont pas &#233;t&#233; structurantes &#8211; quelle que soient leur f&#233;rocit&#233; (Iraq-Iraq, guerre du Golfe, invasion de l'Iraq, guerre civile yougoslave, guerres civiles libyenne puis syrienne etc.). c'est que la question qui domine le destin de chaque pays et r&#233;gion est d&#233;sormais la m&#234;me, elle porte sur l'&#233;conomie. La r&#233;ponse est variable selon les endroits, pas la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une exception au moins apparente &#224; ce sc&#233;nario relativement homog&#232;ne et sans &#233;v&#232;nements significatifs : c'est l'effondrement des deux r&#233;gimes id&#233;ologiques datant de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, le communisme sovi&#233;tique et l'apartheid. L'impact g&#233;opolitique du premier au moins a &#233;t&#233; consid&#233;rable. Mais il n'a pas chang&#233; la dominante mondiale, &#233;conomique et culturelle ; il l'a m&#234;me en un sens pleinement confirm&#233;e, puisque c'est en &#233;conomie que l'URSS a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira qu'il y a aussi le th&#232;me islamiste. Pas sous l'angle terroriste, qui a finalement eu peu de cons&#233;quence ; mais comme base politique possible. A mon sens toutefois il n'efface pas le th&#232;me &#233;conomique. En effet ce qu'on constate dans les pays concern&#233;s c'est soit une situation &#224; la turque o&#249; l'islamisme se combine (au moins un temps) avec la croissance, et on ne fait alors pas exception au sch&#233;ma d'ensemble. Soit alors un &#233;chec, au moins par absence de rayonnement. Il appara&#238;t donc que l'islamisme, important culturellement et r&#233;gionalement, ne l'est pas tant en termes de priorit&#233; collective plan&#233;taire, et a fortiori g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat est que les seuls r&#233;gimes qui ne sont pas dans leur apparence formelle des d&#233;mocraties, la Chine et les pays du Golfe, ne remettent pas en cause les dominantes &#233;conomiques et culturelles de l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pas d'&#233;volution importante sans grande rupture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quel peut &#234;tre l'avenir d'une communaut&#233; mondiale ainsi h&#233;g&#233;monis&#233;e par une id&#233;e fixe ? Tout d'abord, si le th&#232;me &#233;conomique est totalement dominant (avec son corollaire qui est la nouvelle id&#233;ologie des m&#339;urs), le succ&#232;s ou l'&#233;chec en la mati&#232;re devient l'enjeu principal. Un &#233;chec en particulier peut entra&#238;ner l&#224; o&#249; il se produit des modifications politiques et sociales importantes. Ce sera donc le premier crit&#232;re &#224; suivre pour tenter de rep&#233;rer les inflexions et mutations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Faisons d'abord l'hypoth&#232;se d'une absence de rupture d'ensemble dans cette croissance &#233;conomique. On peut alors imaginer trois situations contrast&#233;es selon les niveaux de d&#233;veloppement. Les pays d&#233;velopp&#233;s d'abord conna&#238;tront des ruptures importantes de leur mod&#232;le social, du fait de la mondialisation et des nouvelles technologies, &#224; quoi s'ajoutera une immigration importante. D'o&#249; un effet de confusion, d'irr&#233;solution et de division interne. Mais s'il n'y a pas de crise majeure cela ne devrait pas bouleverser leur dominante. Ensuite, les pays &#233;mergents qui r&#233;ussissent et s'affirment devraient normalement poursuivre dans la m&#234;me direction, m&#234;me s'ils peuvent conna&#238;tre des revendications nouvelles difficiles &#224; g&#233;rer. Il y a enfin ceux qui ratent. Ils conna&#238;tront des p&#233;riodes troubl&#233;es et seront tent&#233;s &#224; l'occasion par la recherche de voies nouvelles. Mais cela ne para&#238;t pas aller jusqu'au d&#233;veloppement d'id&#233;ologies de gauches, de type socialiste : elles seront plut&#244;t nationalistes &#8211; mais a priori pas tr&#232;s cr&#233;atives ; et en tout cas on n'en voit pas les germes. Au total, dans cette hypoth&#232;se sans crise majeure, on ne voit pas comment pourrait &#233;merger une mod&#232;le vraiment alternatif &#224; horizon pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut mieux le voir en prenant un exemple, celui de l'&#233;poque classique du XVIe au XVIIIe si&#232;cle. En dehors de l'articulation avec le religieux, qui s'est stabilis&#233;e au milieu de la p&#233;riode (1648), il n'y a pas eu pas de modification du mod&#232;le politique : la monarchie plus ou moins absolue domine ; pas non plus de bouleversement dans l'horizon culturel. Le grand changement porteur de bouleversements collectifs s'est fait &#224; partir de 1750, pas avant, et d'abord dans les consciences et les valeurs ; mais il a fallu cette pr&#233;paration culturelle pour qu'il se traduise avec la R&#233;volution. La question est alors : y a-t-il sous nos yeux une &#233;volution analogue ? La r&#233;ponse est que c'est loin d'&#234;tre &#233;vident : aucun signe appr&#233;ciable ne para&#238;t l'annoncer. Sauf &#224; terme long, on serait alors tent&#233; de privil&#233;gier l'hypoth&#232;se d'un maintien de la dimension dominante, &#233;conomique - avec son corolaire dans les m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit on peut concevoir que des &#233;volutions progressives et plus ou moins divisibles affectent ce mod&#232;le, formant le terreau pour une &#233;volution ult&#233;rieure plus radicale. On l'a vu, le point de d&#233;part est peu prometteur : Chine et Islam, les deux sous-mod&#232;les h&#233;t&#233;rodoxes subsistant, ne sont pas vraiment alternatifs. Peut-on imaginer une mutation importante du mod&#232;le des pays concern&#233;s ? Elle est tout &#224; fait concevable dans le cas chinois, dans des directions plus vari&#233;es qu'on ne le dit habituellement. Moins dans celui de l'Islam ; mais on peut imaginer une islamisation sur base quantitative, par exemple de l'Europe &#8211; &#233;tant entendu que ce ne pourrait &#234;tre significatif qu'&#224; terme long. D'autres mod&#232;les culturels peuvent &#233;merger dans d'autres contextes, par exemple dans le riche terreau de la civilisation indienne. Une autre sc&#232;ne &#224; observer de pr&#232;s sera celle des pays au c&#339;ur du syst&#232;me dominant, et notamment des pays avanc&#233;s (dans tous les sens du terme d'ailleurs). Se pose notamment la question de la fragilisation croissante des d&#233;mocraties occidentales, par conjonction du bouleversement acc&#233;l&#233;r&#233; du mod&#232;le social, des d&#233;sordres des finances publiques et des monnaies, et des cons&#233;quences de l'&#233;volution des m&#339;urs, qui ronge la vie commune sous l'effet d'un individualisme permissif et asocial. La difficult&#233; croissante &#224; g&#233;rer la vie commune doit logiquement aboutir &#224; certain stade &#224; une mutation progressive du syst&#232;me politique. Ceci dit comme on ne voit pas appara&#238;tre les prodromes d'un changement important dans les valeurs collectives, il est probable que cela prendrait la forme d'un glissement vers des d&#233;mocraties plus muscl&#233;es, plus apparentes que r&#233;elles, qui peuvent &#234;tre des formes de transition vers d'autres r&#233;gimes politiques. Y compris avec durcissement transitoire du politiquement correct actuel, tant qu'un tournant majeur dans les valeurs n'aura pas eu lieu.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouveau paradigme apr&#232;s une crise majeure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On a fait l'hypoth&#232;se d'une absence de grande crise. Mais justement, est-il r&#233;aliste d'imaginer une absence de crise et de rupture majeure dans le syst&#232;me mondial, avec tous ses d&#233;s&#233;quilibres ? Deux hypoth&#232;ses de crise dans le mod&#232;le &#233;conomique lui-m&#234;me sont alors &#224; &#233;voquer. La premi&#232;re est celle d'une grande crise &#233;conomique ou financi&#232;re, insuffisamment ma&#238;tris&#233;e. Il est probable qu'une telle crise se produira un jour, ne serait-ce qu'au vu des d&#233;s&#233;quilibres existants, et il n'est pas &#233;vident qu'on puisse la maitriser avec succ&#232;s &#224; chaque fois. En soi elle n'est pas radicalement incompatible avec le maintien du syst&#232;me. Mais en r&#233;alit&#233; elle devrait tr&#232;s violemment secouer tel ou tel pays et y entra&#238;ner des ruptures majeures (sur le mod&#232;le de 1929), y compris rupture de la mondialisation et de l'ouverture. Ce qui peut consid&#233;rablement acc&#233;l&#233;rer les &#233;volutions et &#233;ventuellement d&#233;boucher sur une rupture dans le paradigme dominant. La seconde hypoth&#232;se est celle d'une remise en cause durable du mod&#232;le de d&#233;veloppement lui-m&#234;me, par exemple par crise &#233;cologique et choc sur les prix de mati&#232;res premi&#232;res, ou &#224; la suite de mutations technologiques. Cela ne para&#238;t pas &#234;tre l'hypoth&#232;se la plus probable dans les ann&#233;es qui viennent. Mais cela a bien des chances de devenir vrai &#224; terme plus long. Et naturellement l&#224; aussi cela remettrait en cause le paradigme dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; de ce type de crise, rien n'exclut la possibilit&#233; de conflits g&#233;opolitiques, par choc d'int&#233;r&#234;ts majeurs, bien au contraire : cela a des chances s&#233;rieuses et croissantes de se produire avec la mont&#233;e de nouvelles puissances. L'Asie en serait la sc&#232;ne naturelle ; on peut imaginer que l'&#233;quilibre des forces y d&#233;bouche sur une crise majeure, politico-militaire, sur le mod&#232;le de 1914. C'est le second grand sch&#233;ma possible de grande rupture. Une variante est qu'une crise &#233;conomique, mod&#232;le 1929, se combine avec elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que dans ces divers cas c'est la crise g&#233;opolitique et/ou &#233;conomique qui est le facteur d&#233;clencheur, sans rupture majeure pr&#233;alable au niveau id&#233;ologique ou culturel, celle-ci &#233;tant acc&#233;l&#233;r&#233;e (ou produite) par le conflit ou de la crise, et non l'inverse. Notre &#233;volution ressemblerait alors &#224; la fin de l'&#232;re bourgeoise, et non &#224; la fin de l'&#232;re classique : ce serait 1914 ou 1929, ou leur combinaison. Mais pas 1789.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes donc en d&#233;finitive dans une p&#233;riode &#233;trange d'harmonie et de s&#233;curit&#233; relative apparente : c'est ce qu'on appelle l'&#339;il du cyclone. Mais ce paradigme &#233;trange ne sera pas &#233;ternel. Que faire dans l'intervalle, sinon cr&#233;er partout o&#249; on peut les &#233;l&#233;ments de civilisation, de reconstruction, et de paix qui permettront que la transition &#224; une autre &#233;poque se fasse sur les bases les moins mauvaises (ou les meilleures) possibles ? Ceci vaut pour tous les domaines, mais plus particuli&#232;rement pour celui de la culture et des valeurs, alors m&#234;me qu'il para&#238;t aujourd'hui marginalis&#233;, ou colonis&#233; par une anthropologie erron&#233;e. Car lorsque le besoin viendra, c'est &#224; ce qui vit encore qu'on se rattachera. La sagesse chinoise le sait depuis longtemps : c'est au c&#339;ur de l'hiver que se pr&#233;pare l'&#233;t&#233;. C'est quand tout va dans l'autre sens qu'il est f&#233;cond de semer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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