<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=369&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>La postmodernit&#233; est dans une crise durable</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-postmodernite-est-dans-une-crise-durable.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-postmodernite-est-dans-une-crise-durable.html</guid>
		<dc:date>2012-12-04T17:46:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Postmodernit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;M&#233;ga-crise financi&#232;re de 2008, crise de la zone euro, mont&#233;e en force des pays &#233;mergents, d&#233;bats sur les m&#339;urs etc. : tout change de fa&#231;on dramatique. Dans les domaines les plus vari&#233;s, &#233;conomie, mondialisation, m&#339;urs. L'histoire bouge-t-elle &#224; nouveau ? Sommes-nous &#224; une &#233;poque charni&#232;re ? Bien s&#251;r. Il en sera ainsi tant que nous en resterons dans cette postmodernit&#233; o&#249; nous pataugeons depuis 1968.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nouvelle r&#233;daction de l'article)&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Crise-+.html" rel="tag"&gt;Crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Postmodernite-+.html" rel="tag"&gt;Postmodernit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour comprendre cette nouvelle phase, il faut l'inscrire dans le mouvement s&#233;culaire qui nous a fait sortir autour de 1968 de cette p&#233;riode de certitudes qu'on appelle la modernit&#233;, qui &#233;tait encore dominante dans une apr&#232;s-guerre en pleine reconstruction. La postmodernit&#233; qui a suivi a connu une premi&#232;re phase jusqu'en 2008. C'&#233;tait une p&#233;riode d'exploration exp&#233;rimentale sans s&#233;lection, de lib&#233;ralisme dans tous les domaines - la finance comme les m&#339;urs ; mais aussi une course entre les vieux pays d&#233;velopp&#233;s et les &#233;mergents. Et puisqu'on ne choisissait pas et que rien n'est gratuit, d'accumulation des passifs dans tous les domaines, et notamment d'endettement forcen&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase o&#249; nous sommes est une forme de retour du r&#233;el, initi&#233;e par la crise financi&#232;re mais qui ne s'y limite pas. Le ralentissement &#233;conomique, l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire, la puissance reconnue des pays &#233;mergents s'y combinent avec le raidissement du politiquement correct &#8211; notamment la multiplication des d&#233;lits d'opinion. On voit donc plus de contr&#244;le collectif ; du moins plus de tentatives en ce sens. Mais aussi plus d'individualisme tribal, notamment par les r&#233;seaux internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La postmodernit&#233; se caract&#233;rise par le picorage et l'absence de choix. Il est d&#232;s lors logique qu'aucun sch&#233;ma de pens&#233;e directeur ne se d&#233;gage qui permette de s'orienter dans cette &#233;volution. La logique qui finira par en sortir ne se lira qu'au fil de l'eau, ou apr&#232;s coup. Dans l'intervalle, chacun se d&#233;brouille ; dans un contexte plut&#244;t raide et frustrant. En attendant, &#224; terme, la sortie de la postmodernit&#233; - qui ne pouvait &#234;tre de toute fa&#231;on qu'une longue transition. Voyons plus en d&#233;tails comment.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La sortie de la modernit&#233; (jusqu'en 1968)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape couvre l'apr&#232;s-guerre et se termine dans les grands bouleversements de 1968 &#8211; 1973. C'est la fin de la modernit&#233; sous domination occidentale, qui a commenc&#233; vers la fin du XVIIIe si&#232;cle. Ce qui domine cette &#233;tape, outre la guerre froide et la d&#233;colonisation, c'est la reconstruction &#233;conomique, ce qu'on a appel&#233; les &#8216;30 glorieuses' : une forte croissance dans une direction qui se croyait bien assur&#233;e, la naissance de la soci&#233;t&#233; de consommation, le d&#233;but de la construction europ&#233;enne (en petit comit&#233;). On reconstruit &#224; la diable, avec beaucoup d'&#233;nergie, mais sans bien voir ce qui suivra, dans un monde apparemment simple, domin&#233; par deux superpuissances, l'Europe faisant lentement le deuil de son r&#244;le pass&#233;. On liquide beaucoup de r&#233;alit&#233;s pass&#233;es datant de l'avant-guerre. Si la paix n'est pas assur&#233;e, si la r&#233;volution reste en th&#233;orie possible, on a de solides certitudes sur la soci&#233;t&#233; et son &#233;volution &#8211; m&#234;me si ces certitudes divergent selon les gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la fin de la p&#233;riode est marqu&#233;e par des bouleversements inattendus, en outre majeurs et durables : d'abord les changements de m&#339;urs symbolis&#233;s par 1968 et dont on ne mesurera que progressivement la port&#233;e, ensuite la crise p&#233;troli&#232;re qui signale le d&#233;but du r&#233;&#233;quilibrage Nord Sud, enfin l'&#233;mergence de la question &#233;cologique. Il s'agissait l&#224; d'une mutation historique majeure, qui nous a fait entrer dans la p&#233;riode de la postmodernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La postmodernit&#233; : phase 1, l'exploration (1968-2008)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A la suite de quoi une deuxi&#232;me &#233;tape commence, la premi&#232;re de cette postmodernit&#233;. On peut la caract&#233;riser comme un cycle de diversification et de concurrence, mais sans &#233;limination. Il ira en gros jusqu'en 2007. On essaye dans toutes les directions, dans le cadre d'une mondialisation sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine croissante, sous le signe d'un lib&#233;ralisme affirm&#233;. On retrouve bien s&#251;r l&#224; le d&#233;veloppement des nouvelles m&#339;urs, de plus en plus traduites dans la loi ; le lib&#233;ralisme &#233;conomique et le d&#233;veloppement de march&#233;s mondiaux d&#233;r&#233;gul&#233;s, notamment financiers ; la mont&#233;e de ce qu'on appellera les pays &#233;mergents alors en voie d'industrialisation. Et l'Europe approfondit son exp&#233;rience, en extension g&#233;ographique comme dans ses ambitions. Sans &#234;tre vraiment utopique, c'est une &#233;poque de diversification croissante des voies et options possibles sans s&#233;lection : tout cohabite. Ce qui est &#233;limin&#233; n'est que la fin retard&#233;e du processus ant&#233;rieur : disparition de l'URSS et de l'apartheid. A noter aussi, faute justement de choix suffisants, la mont&#233;e partout de plus en plus rapide de l'endettement, public ou priv&#233;, qui sert d'exutoire ou de drogue. On peut voir dans tout cela une certaine ressemblance avec les ann&#233;es 20. En g&#233;n&#233;ral ce genre de choses finit mal et la r&#233;alit&#233; fait un retour brutal.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La postmodernit&#233; : phase 2, le retour obscur du r&#233;el (depuis 2008)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle phase d&#233;bute vers 2008 avec la crise financi&#232;re &#8211; m&#234;me si on manque encore &#233;videmment de recul. On commence &#224; ramasser les cartes. La p&#233;riode se caract&#233;rise par un certain retour de la s&#233;lection et de l'&#233;limination et la tendance &#224; des essais de normalisation. Mais sans plan ni grille de lecture. On peut en voir un premier exemple avec les crises de la dette publique, notamment dans cette construction aventureuse qu'a &#233;t&#233; la zone euro : au minimum cela r&#233;duit ou &#233;limine pour l'avenir cette facilit&#233; d&#233;lirante qu'a &#233;t&#233; l'endettement. De ce fait, l'Europe ou plut&#244;t l'euro-zone doit d&#233;sormais choisir entre son r&#234;ve f&#233;d&#233;raliste et la r&#233;alit&#233; nationale : le saut en avant f&#233;d&#233;ral tente les pouvoirs, mais il accro&#238;tra encore la rigidit&#233; du syst&#232;me, sans proposer de vrai accord politique sur l'objectif. Autre exemple, au niveau mondial, l'&#233;mergence d&#233;sormais acquise des grands pays non occidentaux est d&#233;sormais formalis&#233;e : c'est le G 20 et la multiplicit&#233; de ses acteurs, surtout de la Chine. La multipolarit&#233; est organis&#233;e et reconnue ; les grandes zones s'affirment et se diff&#233;rencient - mais cela ne construit pas un syst&#232;me mondial coh&#233;rent et les effets en sont par nature impr&#233;visibles. Citons encore les mesures de r&#233;gulation financi&#232;re, qui serrent la vis des acteurs sans r&#233;former suffisamment les march&#233;s, ce qui fera cohabiter des zones de rigidit&#233; et des zones d'anarchie. Ou les r&#233;volutions arabes qui liquident des r&#233;gimes autoritaires la&#239;cs et st&#233;riles mais pour glisser dans un islamisme illusoire. On peut enfin voir des signes importants de changement de phase dans la formalisation ou la rigidit&#233; croissante des revendications issues des nouvelles m&#339;urs post-68 : le mariage pour tous comme revendication &#233;galitaire formelle, le d&#233;lit d'homophobie comme r&#233;pression brutale du d&#233;bat. L'emprise du politiquement correct domine de plus en plus le d&#233;bat public, celui qui compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, tout ceci n'est ni gai, ni toujours dans le bon sens. Un r&#233;sultat para&#238;t se confirmer : la zone de libert&#233; para&#238;t se restreindre. Ceci dit, en sous-main, au niveau des personnes, parfois r&#233;unies dans des mouvements collectifs, les choses sont au contraire plus fluides : l'Internet, incontr&#244;lable, brouille les cartes. Mais cela accro&#238;t la difficult&#233; &#224; pr&#233;voir, &#224; &#233;clairer et &#224; mobiliser durablement. Et chacun se constitue son environnement de proximit&#233;, ou son r&#233;seau, dans une sorte d'individualisme connect&#233;, qui peut se combiner chez les meilleurs avec un sens r&#233;el des responsabilit&#233;s y compris morales, adapt&#233; &#224; cette nouvelle donne o&#249; les rep&#232;res collectifs sont peu lisibles et le d&#233;bat public obscurci par le politiquement correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un trait commun en tout cas : d&#233;sormais rien n'est clair ; aucun sch&#233;ma de pens&#233;e directeur ne permet clairement de guider, comprendre ou au moins illustrer l'&#233;volution en cours d&#233;sormais, sinon les id&#233;es re&#231;ues de la phase ant&#233;rieure, bricol&#233;es tant bien que mal. Ce n'est pas un nouvel &#226;ge glaciaire, car les choses bougent ; mais un ajustement improvis&#233;. Il est appliqu&#233; &#224; des populations inqui&#232;tes parce qu'avides de s&#233;curit&#233; comme d'&#233;galit&#233; dans un monde qui en est avare : elles ont peu de chance d'y trouver leur compte, et se d&#233;brouilleront dans leur petit monde parall&#232;le, distinct de la grande sc&#232;ne publique. Une logique finira certainement par sortir de tout cela, mais apr&#232;s coup, ou plus tard. Et cela signifiera alors qu'on sortira de la postmodernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Nouvelle r&#233;daction 2 janvier)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
