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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Communautarisme et immigration </title>
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		<dc:date>2014-09-10T16:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Communautarisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On brandit le risque du communautarisme et on a raison. De fait dans nos pays toute une partie de la population ne s'identifie plus &#224; la communaut&#233; nationale et privil&#233;gie ses r&#233;f&#233;rences d'origine, quitte bien s&#251;r &#224; profiter des droits associ&#233;s &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation n'est pas compatible &#224; terme avec le maintien d'une communaut&#233;, et notamment en l'esp&#232;ce avec un syst&#232;me d&#233;mocratique, lequel suppose qu'on s'identifie au peuple qui vote et d&#233;termine la majorit&#233;. S'identifier suppose de former avec lui une communaut&#233; de destin - ce qui suppose &#224; son tour un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun et un engagement dans la communaut&#233; nationale. Ce n'est d&#233;sormais plus un fait acquis, allant de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation est profond&#233;ment nouvelle et demande une r&#233;vision en profondeur de notre conception de la nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Communautarisme-+.html" rel="tag"&gt;Communautarisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communautarisme et immigration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en France on appelle communautarisme est la formation au sein d'une nation de sous-communaut&#233;s ayant des r&#233;f&#233;rences sociales, culturelles, religieuses ou ethniques fortes et distinctes du reste de la communaut&#233; nationale, leur permettant d'&#234;tre une r&#233;f&#233;rence essentielle voire principale pour l'identit&#233; de leurs membres, et ordonnant de ce fait leur fonctionnement social et politique. Elles se mettent alors en concurrence avec la r&#233;f&#233;rence nationale, au moins dans certains domaines essentiels pour la vie commune. Dans la pratique, comme on sait la question du communautarisme se pose pour des populations originaires de cultures &#233;loign&#233;es de la nationale et pr&#233;sentant une forte sp&#233;cificit&#233; revendiqu&#233;e. Cela n'a rien &#224; voir avec ces communaut&#233;s que sont les familles, r&#233;gions, communes, professions etc., qui ne se situent pas sur le m&#234;me terrain. Cela ne vise pas non plus la sp&#233;cificit&#233; de parties de la population cultivant des affinit&#233;s d'origine mais sans en faire un &#233;l&#233;ment de structuration de leur vie collective et sans que cela remette en cause leur identification nationale. Ainsi les Irlandais ou Polonais aux Etats-Unis se sentent am&#233;ricains tout en cultivant sans inconv&#233;nient le sens de leurs origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend en France &#224; faire une distinction majeure entre la situation fran&#231;aise et un communautarisme anglo-saxon, terme par lequel on vise une propension suppos&#233;e plus importante des autorit&#233;s de ces pays &#224; accepter une certaine reconnaissance de ces communaut&#233;s, en mati&#232;re juridique, scolaire, etc. Cette diff&#233;rence de traitement recouvre une certaine r&#233;alit&#233;. Mais ce qui est commun entre ces pays et des pays unitaires et formellement &#233;galitaires comme la France est bien plus important ; c'est le fait de base de l'existence m&#234;me de communaut&#233;s ayant ces sp&#233;cificit&#233;s et vivant cela, autant que possible dans le pays d'accueil comme dans le pays de d&#233;part et en r&#233;f&#233;rence &#224; lui, dans des sortes de ghettos volontaires. Elles tendent &#224; refuser l'assimilation et m&#234;me &#224; rejeter l'identification au pays d'accueil, alors m&#234;me que leurs membres en portent le passeport, votent et profitent de ses avantages. Ce sentiment est en outre fortement exacerb&#233; par la diffusion d'un victimisme, puissamment entretenu par le discours masochiste dominant selon lequel la France est responsable de tous leurs maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;volution pose un probl&#232;me de fond. L'existence de telles sous-communaut&#233;s est compatible avec des syst&#232;mes autoritaires ou imp&#233;riaux, qui ne supposent pas l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la population qu'ils assujettissent, moyennant attitude paisible des personnes concern&#233;es. Mais c'est contradictoire avec le principe d'une d&#233;mocratie. Celle-ci suppose en effet que les &#233;lections se fassent sur la base d'options sur lesquelles on vote, et donc au sein d'une population suffisamment coh&#233;rente et homog&#232;ne pour que la minorit&#233; accepte la loi de la majorit&#233; comme repr&#233;sentative d'un peuple auquel tous s'identifient. Si ce n'est pas le cas, soit on appartient &#224; la communaut&#233; minoritaire en question et on tend &#224; ne pas tenir la majorit&#233; pour l&#233;gitime &#8211; puisqu'elle appartient &#224; un autre peuple ; soit on fait partie de ce peuple en soi majoritaire, et on jugera suspecte une majorit&#233; si elle est obtenue avec les votes de la communaut&#233; allog&#232;ne en question. D'autant que ladite communaut&#233; peut influer sur le vote sans se sentir li&#233;e par lui. Cela finira par bloquer le syst&#232;me. Et &#224; ce moment-l&#224; la d&#233;mocratie sera remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue l'&#233;volution est pr&#233;occupante. Si l'approche anglo-saxonne n'est pas convaincante, la fran&#231;aise ne l'est pas plus. Elle a m&#234;me plusieurs inconv&#233;nients propres. Le fait d'abord de ne pas poser clairement le principe qu'une communaut&#233; nationale suppose une minimum de r&#233;f&#233;rences communes aboutit &#224; accorder la nationalit&#233; de fa&#231;on indiscrimin&#233;e et sans v&#233;ritable exigence, notamment d'une volont&#233; claire et sinc&#232;re d'adh&#233;sion. Cela ne posait pas de probl&#232;mes autrefois avec des populations qui soit s'assimilaient, soit repartaient (rappelons que la majorit&#233; des migrants europ&#233;ens est retourn&#233;e chez elle, seule une minorit&#233; est rest&#233;e mais alors avec un choix clair d'assimilation). Mais on ne peut pas accepter que des gens profitent du syst&#232;me et votent sans se sentir solidaires, tout en s'identifiant avec un pays d'origine plus ou moins mythifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre erreur de perspective typiquement fran&#231;aise est de tout juger &#224; travers le prisme officiel consistant &#224; confondre l'identit&#233; nationale avec la R&#233;publique, les Droits de l'Homme, la la&#239;cit&#233; etc. Or, outre les limites de ces concepts, ce qui fait la France n'est pas ces principes, qui sont d'ailleurs revendiqu&#233;s par un tr&#232;s grand nombre d'autres pays ; c'est un peuple concret : une histoire, une culture, une langue, des m&#339;urs etc. En outre cela conduit &#224; mal poser les probl&#232;mes. On le voit notamment avec la question de la la&#239;cit&#233;, qu'on brandit alors qu'on ne veut lutter que contre certaines pratiques musulmanes, lesquelles posent probl&#232;me non parce que religieuses, mais parce qu'elles impliquent des attitudes jug&#233;es inacceptables dans la communaut&#233; nationale. L'exemple &#233;vident est celles visant le comportement public des femmes. Porter un voile complet n'a pas le m&#234;me sens que porter un signe vraiment religieux au sens &#233;troit du mot. C'est rappeler avec force qu'on appartient &#224; une communaut&#233; diff&#233;rente, et que cette communaut&#233; voit autrement la femme. Mais en s'en prenant aux signes religieux sans pr&#233;cision, on agresse les autres citoyens sur ce qui est un droit &#233;l&#233;mentaire : manifester sa religion, ce qui est aussi respectable que n'importe quelle manifestation d'opinion ; et on n'envoie pas le bon message ni ne pose les vraies questions. Celles-ci portent d'une part sur l'appartenance nationale, et d'autre part sur les questions sp&#233;cifiques que pose l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Islam est en effet une religion qui tend &#224; poser des probl&#232;mes politiques tout &#224; fait particuliers. C'est la seule religion qui dans son expression traditionnelle exalte la conqu&#234;te et l'a pratiqu&#233;e activement pendant toute son histoire. C'est aussi la seule religion qui incorpore dans la loi religieuse un v&#233;ritable code civil. C'est enfin la seule religion qui consid&#232;re que l'affiliation principale de quelqu'un est la communaut&#233;, musulmane. Il est donc l&#233;gitime de demander si elle est en l'&#233;tat compatible sur une &#233;chelle significative avec l'appartenance &#224; une autre communaut&#233; politique. Ou au minimum il est l&#233;gitime de demander des garanties sur ce plan &#224; ceux qui la pratiquent chez vous. D'o&#249; la question, pas facile il est vrai : comment l'Islam peut-il se r&#233;former pour &#234;tre compatible avec des pays occidentaux, qu'on comprenne ce terme au sens de leur tradition principalement chr&#233;tienne, ou au sens de leur r&#233;alit&#233; actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement il faudrait poser clairement le principe de l'assimilation des immigrants &#224; la communaut&#233; nationale. S'assimiler n'implique pas de reprendre telles quelles toutes les habitudes et dominantes locales, mais de s'int&#233;grer et s'identifier clairement et activement avec cette communaut&#233; et d'adopter des m&#339;urs compatibles avec cette int&#233;gration. En d'autres termes il faut qu'ils choisissent clairement. Ce choix doit &#234;tre celui des parents plus que des jeunes, certes plus ou moins agit&#233;s mais qui sont trop souvent &#233;duqu&#233;s par leurs parents dans cette culture du ghetto et du refus. Simultan&#233;ment il faut tirer les cons&#233;quences de cette exigence d'int&#233;gration, sur l'immigration, sur l'&#233;cole, et sur la politique &#224; l'&#233;gard de l'Islam. Mais aussi bien s&#251;r sur la nationalit&#233;, qui ne doit pas &#234;tre automatique mais assum&#233;e et comporter des exigences. Faute de quoi la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; s'impose. Ceci dit je vois bien les limites du terme d'identit&#233;, dont il ne faut pas abuser. La notion d'identit&#233;, relativement r&#233;cente, est impr&#233;cise et trompeuse. C'est une fa&#231;on parfois maladroite de d&#233;signer un patrimoine commun &#224; un groupe ou plut&#244;t une communaut&#233;, la solidarit&#233; que cela implique entre ses membres, et leur mission de poursuivre et d&#233;velopper ces &#233;l&#233;ments communs. Mais la connotation du mot &#8216;identit&#233;' est &#233;triqu&#233;e : en l'utilisant, on para&#238;t d&#233;finir normativement ce que sont en eux-m&#234;mes les membres de ce groupe. Ce qui est &#224; la fois trop ambitieux et trop r&#233;ducteur. La question est essentiellement de ce qu'on a &#224; dire et &#224; faire, &#233;tant entendu que parmi ces devoirs il y a le maintien et l'approfondissement d'un patrimoine commun et donc d'une tradition, et leur mise en &#339;uvre pratique. Dans le cas d'une nation, il s'agit &#224; la fois d'un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui servent de rep&#232;res au vivre-ensemble de cette nation, l'explicitent et l'&#233;clairent, d'&#233;l&#233;ments culturels qui sont la contribution propre de cette nation &#224; l'universel, notamment la langue, la culture et la fa&#231;on dont elle int&#232;gre le patrimoine universel. Car contrairement &#224; ce que pense l'id&#233;ologie dominante, une communaut&#233; politique a un besoin vital de ces rep&#232;res communs, et une d&#233;mocratie plus que tout autre. Et pour en revenir &#224; nos immigr&#233;s, ce n'est que dans la reconstruction d'une r&#233;f&#233;rence positive et porteuse de sens que se trouve la possibilit&#233; de leur proposer une forme d'int&#233;gration. Pas en leur envoyant des soixante-huitards attard&#233;s ou les missionnaires de la th&#233;orie du gender.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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