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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La morale, les affaires et la pr&#233;sidentielle</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-morale-les-affaires-et-la-presidentielle.html</link>
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		<dc:date>2017-02-01T16:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Morale et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;sidentielles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'actualit&#233; politique est domin&#233;e &#224; nouveau par les affaires &#8211; au moins au niveau m&#233;diatique. L'affaire Fillon bien s&#251;r ; les reproches analogues faits &#224; Marine Le Pen ; les accusations contre E. Macron, et tout ce qui pourra venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne rentrerai pas ici dans l'analyse des faits incrimin&#233;s : je m'interroge sur leur port&#233;e et le sens de ces campagnes de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e au fond. Doit-on vraiment choisir le futur gouvernement du pays sur la seule base des affaires en cours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, que s'agit-il de juger chez des gouvernants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y r&#233;pondre conduit &#224; prendre du champ par rapport &#224; l'hyst&#233;rie ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Presidentielles-+.html" rel="tag"&gt;Pr&#233;sidentielles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La morale, les affaires et la pr&#233;sidentielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; politique est domin&#233;e &#224; nouveau par les affaires &#8211; au moins au niveau m&#233;diatique. L'affaire Fillon bien s&#251;r ; mais aussi les reproches analogues faits &#224; Marine Le Pen ; les accusations contre E. Macron etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne rentrerai pas ici dans l'analyse des faits incrimin&#233;s : je m'interroge sur leur port&#233;e et le sens de ces campagnes de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pr&#233;sente avec une acuit&#233; particuli&#232;re en pleine campagne &#233;lectorale pour les pr&#233;sidentielles, mais en fait se pose en permanence : que s'agit-il de juger chez des gouvernants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne r&#233;ponse est semble-t-il : comment ils gouvernent ? C'est-&#224;-dire que pr&#233;tendent-ils vouloir faire et que font-ils effectivement ? Appliqu&#233; &#224; un candidat cela veut dire : quel est son programme ? Le mettra-t-il en &#339;uvre (le pourra-t-il et le voudra-t-il) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inclut bien s&#251;r une appr&#233;ciation sur son caract&#232;re. Et en un sens, sur sa moralit&#233;. Dans quelle mesure ? Dans la mesure o&#249; caract&#232;re et moralit&#233; influent sur l'action de la personne. Sous cet angle le dirigeant doit avoir une forme de vertu : celle qui le rend plus apte &#224; bien gouverner. D'autant plus que gouverner comprend une dimension d'exemplarit&#233; : le dirigeant est visible, et les citoyens comparent son attitude avec le comportement qu'ils en attendent. En ce sens un dirigeant id&#233;al sera un dirigeant vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela para&#238;t justifier le d&#233;bat en cours. Et pourtant on sent bien qu'il y a quelque chose qui sonne faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord bien s&#251;r parce que le souci de moralit&#233; y est totalement instrumentalis&#233;. Personne n'a le moindre doute sur les motivations des attaquants : d&#233;molir la personnalit&#233; vis&#233;e et en tout cas ses chances d'&#234;tre &#233;lu (ou ensuite de pouvoir mener sa politique). C'est le destin lamentable de la moralit&#233; dans notre &#233;poque relativiste : plus on la relativise (chacun choisit ses valeurs, pas d'ordre moral), plus le besoin de moralit&#233; ressurgit sous forme sauvage et se fait instrumentaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite et plus profond&#233;ment parce que la question centrale n'est pas pos&#233;e : celle de la pertinence des accusations pour le vrai d&#233;bat, qui est le choix du dirigeant. Il va de soi que meilleur le dirigeant sera, mieux ce sera. C'est presque tautologique. Mais concr&#232;tement il s'agit d'&#233;lire des hommes imparfaits, en pond&#233;rant les &#233;l&#233;ments qu'on juge positifs et ceux qu'on juge n&#233;gatifs ; c'est d'ailleurs vrai de l'ensemble du programme comme du jugement port&#233; sur la capacit&#233; de la personne &#224; tenir la fonction. Une fonction qui est d'abord politique : il s'agit de diriger le pays pendant 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une accusation d'ordre moral pointant sur un point limit&#233;, en partie priv&#233;, a bien s&#251;r sa pertinence : elle entre comme composante dans le jugement d'ensemble. Mais il est absurde de consid&#233;rer que c'est le crit&#232;re exclusif (sauf acte abominable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, m&#234;me si les accusations port&#233;es contre Mme Le Pen, M. Fillon, M. Macron ou d'autres &#233;taient litt&#233;ralement ce que les m&#233;dia en disent (et d'autres accusations similaires), est-ce sur cette base exclusive qu'il faut se prononcer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble &#233;vident qu'il y a d'autres crit&#232;res autrement plus importants que des histoires d'attach&#233;s parlementaires ou de d&#233;clarations ISF. M&#234;me si ce qui est d&#233;nonc&#233; dans ces divers cas (&#224; tort ou &#224; raison, je n'en juge pas ici) n'est &#233;videmment pas bien, m&#234;me si cela jette une ombre sur la personne si cela se trouvait confirm&#233; : ce n'est pas suffisant pour que quelqu'un qui est fermement en faveur de l'un de ces candidats, ou contre tel autre, avale la perspective d'un quinquennat rat&#233; uniquement parce que son candidat serait r&#233;cus&#233; pour de tels motifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Fin de mandat pr&#233;sidentiel : prenons de la hauteur </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Fin-de-mandat-presidentiel-prenons-de-la-hauteur.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Fin-de-mandat-presidentiel-prenons-de-la-hauteur.html</guid>
		<dc:date>2010-10-21T17:13:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Pr&#233;sidentielles</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est de 2010. Il garde h&#233;las toute sa valeur en 2016, apr&#232;s un quinquennat perdu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des perspectives politiques imm&#233;diates, ce qui frappe dans la classe politique en g&#233;n&#233;ral et en premier lieu chez le pr&#233;sident est l'absence d'analyse structurelle de la soci&#233;t&#233; et des causes profondes de d&#233;s&#233;quilibre, d'o&#249; r&#233;sulte l'incapacit&#233; &#224; d&#233;finir un projet r&#233;ellement mobilisateur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Retours aux fondamentaux &lt;br class='autobr' /&gt;
En mati&#232;re &#233;conomique et sociale nous relevons trois grands axes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte est de 2010. Il garde h&#233;las toute sa valeur en 2016, apr&#232;s un quinquennat perdu.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au-del&#224; des perspectives politiques imm&#233;diates, ce qui frappe dans la classe politique en g&#233;n&#233;ral et en premier lieu chez le pr&#233;sident est l'absence d'analyse structurelle de la soci&#233;t&#233; et des causes profondes de d&#233;s&#233;quilibre, d'o&#249; r&#233;sulte l'incapacit&#233; &#224; d&#233;finir un projet r&#233;ellement mobilisateur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retours aux fondamentaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique et sociale nous relevons trois grands axes de questionnement. Le premier est bien s&#251;r &lt;i&gt;le mod&#232;le social&lt;/i&gt;. C'est un probl&#232;me de base : il est essentiel pour l'identit&#233; collective des Fran&#231;ais et notamment le sens qu'ils donnent &#224; la solidarit&#233; nationale, mais il est fond&#233; en grande partie sur des mythes, certes importants &#233;motivement, mais bloquants. Nous en soulignerons trois : le mythe de l'acquis social ; celui du r&#244;le de l'Etat ; et celui de l'&#233;galit&#233;. Quand nous disons mythe, cela ne pas veut dire que la base &#233;motive sous-jacente n'est pas justifi&#233;e dans son intention premi&#232;re ; mais que la forme qu'elle prend est celle d'une illusion conduisant &#224; une impasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mythe de l'acquis social par exemple se fonde sur la repr&#233;sentation d'une &#233;chelle lin&#233;aire du progr&#232;s faisant &#233;voluer constamment les curseurs dans le m&#234;me sens, faute de quoi il y a r&#233;gression. Or d'une part l'&#233;volution d'autres facteurs (comme la dur&#233;e de vie par rapport &#224; la retraite &#224; 60 ans) conduit naturellement &#224; la remettre en cause. D'autre part et surtout une telle garantie ne peut &#234;tre jamais &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme acquise. En fait ce qui a un sens dans la solidarit&#233; est le fait d'&#234;tre solidaire au vu de ce qu'il est possible de faire &#224; un moment donn&#233;, nullement qu'on construit une soci&#233;t&#233; radieuse garantissant &#224; chacun que tout ce qui est acquis l'est pour la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'Etat ensuite, comme garant universel, repose sur un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; irr&#233;aliste et au fond non d&#233;sirable dans laquelle c'est l'Etat qui r&#233;gule l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et lui donne sa seule v&#233;ritable signification. Or non seulement c'est une grave amputation de la libert&#233; des citoyens et des communaut&#233;s naturelles, mais c'est intenable sur la dur&#233;e, ne serait-ce que parce que cela aboutit &#224; la paralysie de l'Etat lui-m&#234;me, soumis de ce fait &#224; trop d'exigences contradictoires. Comme on sait le r&#244;le de l'Etat est le Bien commun de l'ensemble de la soci&#233;t&#233; compos&#233;e de personnes et de communaut&#233;s multiples, nullement une prise en charge universelle de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La passion de l'&#233;galit&#233; enfin suscite une grande intensit&#233; &#233;motionnelle, mais elle est aussi et surtout source de frustrations constantes notamment parce qu'elle se heurte directement &#224; l'incapacit&#233; pratique de faire une mesure r&#233;aliste de cette &#233;galit&#233; et a fortiori de la mettre en pratique. Sans compter que la libert&#233; reconnue par ailleurs cr&#233;e naturellement un niveau appr&#233;ciable d'in&#233;galit&#233;. Le tout conduit en outre &#224; une conception schizophr&#233;nique de la justice, d&#233;chir&#233;e entre l'id&#233;e qu'elle se confond avec l'&#233;galit&#233; et celle, contradictoire, qu'elle implique proportion entre les services rendus, &#233;videmment in&#233;gaux, et leur r&#233;compense. Or si le terme &#233;galit&#233; a un sens, c'est par rapport &#224; la possibilit&#233; autant que possible ouverte &#224; chaque personne humaine, selon ses possibilit&#233;s et sa position dans la soci&#233;t&#233;, de s'&#233;panouir s'il le souhaite r&#233;ellement ; cela n'a rien &#224; voir avec un exercice d'imp&#233;rialisme arithm&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces incoh&#233;rences de fond du syst&#232;me le rendent incapable de prendre la mesure de lui-m&#234;me, m&#234;me si l'on fait abstraction de toutes les pressions externes qui agissent sur lui, pourtant par ailleurs &#233;normes comme bien s&#251;r la mondialisation. L'exemple des retraites est ici caricatural. Rappelons que la question, pourtant centrale, n'&#233;tait pas dans les programmes &#233;lectoraux de 2010. Il y a ici une sorte de volont&#233; r&#233;solue de pr&#233;server les tabous et les a priori devant des &#233;vidences pourtant simples et ais&#233;ment compr&#233;hensibles de tous, qui est symptomatique d'un probl&#232;me plus structurel, d'une crise des r&#233;f&#233;rences collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement le probl&#232;me ne se limite pas au syst&#232;me social au sens &#233;troit : on le retrouve notamment dans la question de l'&#233;ducation, dont il faut souligner l'urgence, mais qui ne fait l'objet d'aucune r&#233;forme v&#233;ritablement structurelle alors que l'Education nationale patauge dans l'inefficience, l'in&#233;galit&#233; et la destruction organis&#233;e de la culture. On pourrait y ajouter l'immigration et bien d'autres sujets. Ce qui frappe dans tous ces cas est que les mythes ambiants ont un pouvoir suffisant non seulement pour bloquer les solutions, mais pour inhiber la capacit&#233; m&#234;me &#224; poser v&#233;ritablement les probl&#232;mes dans toutes leurs dimensions, et pour les r&#233;duire &#224; quelques d&#233;bats id&#233;ologiquement acceptables et dont la violence &#233;motionnelle n'a d'&#233;gale que l'&#233;troitesse artificielle du champ ainsi d&#233;battu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me grand champ est ensuite celui de &lt;i&gt;l'Europe&lt;/i&gt;, qui r&#233;v&#232;le les m&#234;mes sympt&#244;mes. A c&#244;t&#233; de positions r&#233;flexes saines de certains comme la r&#233;ticence &#224; faire entrer la Turquie dans un contexte de civilisation, d'histoire et de solidarit&#233; qui n'est pas le sien, on retrouve la m&#234;me incapacit&#233; &#224; faire face aux probl&#232;mes structurels par blocage id&#233;ologique et abus des tabous. Ce dont t&#233;moigne par exemple le tour de passe-passe du trait&#233; de Lisbonne, visant &#224; cr&#233;er un ancrage suppos&#233; populaire mais contre une volont&#233; exprim&#233;e dans des r&#233;f&#233;rendums incontestables, et donc en &#233;vitant tout contact avec le peuple. Cette capacit&#233; de c&#233;cit&#233; a &#233;t&#233; encore mise en &#233;vidence par la crise de la zone euro. Il faut souligner l'extr&#234;me gravit&#233; de la signification de cette crise, qui va bien au-del&#224; d'un probl&#232;me technique ou d'un de ces spasmes qui agitent sporadiquement les march&#233;s financiers. Ici aussi le mythe en cause &#233;tait celui de l'acquis, ici acquis communautaire : l'id&#233;e que l'Union construit par &#233;tapes irr&#233;versibles un avenir planifi&#233;. Or ce que la crise a montr&#233; c'est la faiblesse de la base m&#234;me de la construction commune : une m&#234;me monnaie est utilis&#233;e par des pays extr&#234;mement diff&#233;rents, dont les processus politiques, essentiels pour la d&#233;finition de la politique &#233;conomique, sont exclusivement nationaux ; les m&#233;canismes de garantie mutuelle n'&#233;tant (comme il est logique de s'y attendre) absolument pas &#224; la mesure de ce que signifie la mise en commun d'un outil aussi essentielle que la monnaie (et ils le restent aujourd'hui malgr&#233; les mesures prises). C'est pourtant cet outil qui est suppos&#233; repr&#233;senter un horizon ind&#233;passable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me grand champ &#224; consid&#233;rer est bien entendu &lt;i&gt;le monde ou plut&#244;t la mondialisation&lt;/i&gt;. On voit bien le besoin d'une r&#233;gulation globale de cet ensemble de plus en plus interconnect&#233; et interagissant. Mais la mise en &#339;uvre s'av&#232;re autrement plus difficile que les utopistes ne l'expliquent. Le G 20 par exemple est sans doute une bonne chose dans son principe. Mais si on en attend une r&#233;gulation globale rationnelle et responsable, on va bien au-del&#224; de ce que peut donner cette enceinte qui ne peut faire que des choses bien d&#233;limit&#233;es, fruits de n&#233;gociations pures dans lesquelles la prise en compte de la rationalit&#233; objective ne joue qu'un r&#244;le limit&#233; ; et o&#249; , moins encore qu'en Europe, personne n'est responsable de la plan&#232;te prise dans son ensemble, ni devant elle ; et cela vaut non seulement pour des questions de souverainet&#233; essentielles comme les monnaies mais aussi de la r&#233;gulation financi&#232;re. Et m&#234;me si un accord est trouv&#233;, la mise en &#339;uvre peut &#234;tre tellement diff&#233;rente selon les zones que la r&#233;gulation commune a en fait cr&#233;&#233; plus de distorsions qu'elle n'en a &#233;limin&#233;es : l'exemple des bonus est sur ce plan notable. En pratique donc on r&#233;gule ce qu'on a pu se mettre sous la dent, et tant pis si les effets vont &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rents selon les r&#233;gions concern&#233;es. Il est d'ailleurs remarquable que ce niveau international s'int&#233;resse plus aux institutions financi&#232;res qu'aux march&#233;s, alors que ces deniers sont plus centraux dans la cr&#233;ation et la diss&#233;mination des crises. Mais leur r&#233;gulation d'ensemble serait autrement ambitieuse et donc hors de port&#233;e : on r&#233;gule ce qu'on peut et comme on peut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier point essentiel &#224; relever : comme le mod&#232;le politique ne parvient pas &#224; traiter v&#233;ritablement les probl&#232;mes pos&#233;s &#224; lui, puisque l'absence de r&#233;f&#233;rences communes sur le fond emp&#234;che la mise en place de politiques &#224; la hauteur de la situation et donc ayant un degr&#233; suffisant d'exigence, il faut un exutoire. C'est la dette. On s'endette, de fa&#231;on d&#233;sormais criminelle, parce qu'on traite l'absence de consensus en empruntant sur le dos des g&#233;n&#233;rations futures. Et c'est particuli&#232;rement dangereux dans le cas de la zone euro, parce que les pays qui la composent n'empruntent pas dans leur monnaie - contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue. C'est un bon exemple d'une d&#233;ficience d'ordre politique et au-del&#224; symbolique, qui se traduit concr&#232;tement, sur le terrain financier, enti&#232;rement et cyniquement sur le dos de l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, dans aucun de ces domaines on ne traite au fond les questions centrales, qui sont bien plus que des questions techniques, si lourdes ou complexes soient-elles, mais rel&#232;vent de probl&#233;matiques de mod&#232;les de soci&#233;t&#233;, de r&#233;f&#233;rences de vie collective, centrales &#224; une &#233;poque comme la n&#244;tre qui est une &#233;tape de mutation majeure, et plus encore du fait de la mondialisation. De ce fait un communiquant sans id&#233;e arr&#234;t&#233;e comme Nicolas Sarkozy doit jouer sur des symboles sur lesquels il n'a pas de ma&#238;trise ni d'initiative, dont le sens est presque toujours donn&#233; par d'autres ou l'h&#233;ritage id&#233;ologique collectif, et qui ne sont pas pertinents pour la soci&#233;t&#233; actuelle. Ce qui le conduit &#224; sauter de symbole en symbole au gr&#233; de l'actualit&#233; ou de sa programmation, mais sans jouer sur les fondamentaux du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des chr&#233;tiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci interpelle directement le chr&#233;tien. Ce qu'il a devant ses yeux est une communaut&#233; manquant de boussole et de rep&#232;res essentiels. Il a, lui, des &#233;l&#233;ments &#224; proposer. Notons parmi les points ici pertinents de la Doctrine sociale la solidarit&#233;, si du moins elle est combin&#233;e avec la subsidiarit&#233;, et l'importance des communaut&#233;s naturelles, notamment la famille et la nation, si bien soulign&#233;e par Jean-Paul II. Ce qui donne potentiellement aux chr&#233;tiens les moyens non pas tant de cr&#233;er un parti qui leur soit propre, mais s&#251;rement une pens&#233;e propre. Il y a l&#224; largement de quoi non seulement proposer des pistes, mais aussi peser sur les &#233;volutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme on l'a vu c'est sur les donn&#233;es fondamentales qu'il faut en derni&#232;re analyse agir, sur les ressorts premiers et essentiels de l'agir humain collectif. Ce qui implique une reconstruction politique. Et un point essentiel ici est qu'une telle reconstruction ne peut se faire qu'&#224; partir de la base et non par en-haut. Au fond, au d&#233;part c'est chaque personne qui doit progressivement &#234;tre transform&#233;e. Car en derni&#232;re analyse tout commence par la conversion. Puis de proche en proche ses domaines d'action. Nous donnerons ici un premier exemple proche, &#224; la base, celui des &#233;coles ind&#233;pendantes, dont chaque cr&#233;ation est aussi un acte politique de conqu&#234;te d'un territoire d'autonomie, &#233;chappant &#224; l'id&#233;ologie de la rue de Grenelle. Puis sur un plan bien plus large, historique, un deuxi&#232;me exemple, celui de l'Empire romain : le fait est que l'action lente des chr&#233;tiens a mis plusieurs si&#232;cles pour aboutir &#224; une soci&#233;t&#233; v&#233;ritablement diff&#233;rente, renouvel&#233;e dans ses bases ; et cela n'a v&#233;ritablement d&#233;bouch&#233; qu'au Moyen Age. Entre-temps on avait cultiv&#233; l'illusion, r&#233;currence dans l'histoire de l'action chr&#233;tienne en politique, du d&#233;miurge ou du grand b&#226;tisseur qui reconstruit depuis le haut : or ce fut l'&#233;chec, avec le Bas-Empire puis Byzance, &#233;chec qui contraste avec le formidable succ&#232;s de la reconstruction m&#233;di&#233;vale. Ce serait naturellement bien plus rapide aujourd'hui ; mais la logique reste la m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant n&#233;gliger la vie politique ? Bien s&#251;r que non. Nos dirigeants ne sont s&#251;rement pas en &#233;tat de faire le genre de synth&#232;se dont on aurait besoin ; mais ils sont sensibles au poids qu'on peut avoir dans l'opinion. Raison de plus pour agir, non pas n&#233;cessairement contre, mais au moins en partie en dehors. Un homme comme l'actuel pr&#233;sident est par exemple un synth&#233;tiseur d'effets assez imm&#233;diats, sans grand dessein global ; mais il est pragmatique ; il a appris certaines choses. D'autres sur l'&#233;chiquier politique, de bords divers, peuvent &#234;tre eux aussi sensibles &#224; certaines priorit&#233;s si elles sont exprim&#233;es avec suffisamment de force ou de poids. C'est l&#224; aussi pragmatiquement qu'il faut jouer, sur les uns ou les autres, sans se commettre, ni rejeter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur la base d'une intervention le 17 novembre 2010 &#224; l'espace Bernanos ; r&#233;union organis&#233;e par la Fondation de service politique&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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