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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La morale, les affaires et la pr&#233;sidentielle</title>
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		<dc:date>2017-02-01T16:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Morale et politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;sidentielles</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'actualit&#233; politique est domin&#233;e &#224; nouveau par les affaires &#8211; au moins au niveau m&#233;diatique. L'affaire Fillon bien s&#251;r ; les reproches analogues faits &#224; Marine Le Pen ; les accusations contre E. Macron, et tout ce qui pourra venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne rentrerai pas ici dans l'analyse des faits incrimin&#233;s : je m'interroge sur leur port&#233;e et le sens de ces campagnes de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e au fond. Doit-on vraiment choisir le futur gouvernement du pays sur la seule base des affaires en cours ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, que s'agit-il de juger chez des gouvernants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y r&#233;pondre conduit &#224; prendre du champ par rapport &#224; l'hyst&#233;rie ambiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Presidentielles-+.html" rel="tag"&gt;Pr&#233;sidentielles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La morale, les affaires et la pr&#233;sidentielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'actualit&#233; politique est domin&#233;e &#224; nouveau par les affaires &#8211; au moins au niveau m&#233;diatique. L'affaire Fillon bien s&#251;r ; mais aussi les reproches analogues faits &#224; Marine Le Pen ; les accusations contre E. Macron etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne rentrerai pas ici dans l'analyse des faits incrimin&#233;s : je m'interroge sur leur port&#233;e et le sens de ces campagnes de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question se pr&#233;sente avec une acuit&#233; particuli&#232;re en pleine campagne &#233;lectorale pour les pr&#233;sidentielles, mais en fait se pose en permanence : que s'agit-il de juger chez des gouvernants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne r&#233;ponse est semble-t-il : comment ils gouvernent ? C'est-&#224;-dire que pr&#233;tendent-ils vouloir faire et que font-ils effectivement ? Appliqu&#233; &#224; un candidat cela veut dire : quel est son programme ? Le mettra-t-il en &#339;uvre (le pourra-t-il et le voudra-t-il) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inclut bien s&#251;r une appr&#233;ciation sur son caract&#232;re. Et en un sens, sur sa moralit&#233;. Dans quelle mesure ? Dans la mesure o&#249; caract&#232;re et moralit&#233; influent sur l'action de la personne. Sous cet angle le dirigeant doit avoir une forme de vertu : celle qui le rend plus apte &#224; bien gouverner. D'autant plus que gouverner comprend une dimension d'exemplarit&#233; : le dirigeant est visible, et les citoyens comparent son attitude avec le comportement qu'ils en attendent. En ce sens un dirigeant id&#233;al sera un dirigeant vertueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela para&#238;t justifier le d&#233;bat en cours. Et pourtant on sent bien qu'il y a quelque chose qui sonne faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord bien s&#251;r parce que le souci de moralit&#233; y est totalement instrumentalis&#233;. Personne n'a le moindre doute sur les motivations des attaquants : d&#233;molir la personnalit&#233; vis&#233;e et en tout cas ses chances d'&#234;tre &#233;lu (ou ensuite de pouvoir mener sa politique). C'est le destin lamentable de la moralit&#233; dans notre &#233;poque relativiste : plus on la relativise (chacun choisit ses valeurs, pas d'ordre moral), plus le besoin de moralit&#233; ressurgit sous forme sauvage et se fait instrumentaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite et plus profond&#233;ment parce que la question centrale n'est pas pos&#233;e : celle de la pertinence des accusations pour le vrai d&#233;bat, qui est le choix du dirigeant. Il va de soi que meilleur le dirigeant sera, mieux ce sera. C'est presque tautologique. Mais concr&#232;tement il s'agit d'&#233;lire des hommes imparfaits, en pond&#233;rant les &#233;l&#233;ments qu'on juge positifs et ceux qu'on juge n&#233;gatifs ; c'est d'ailleurs vrai de l'ensemble du programme comme du jugement port&#233; sur la capacit&#233; de la personne &#224; tenir la fonction. Une fonction qui est d'abord politique : il s'agit de diriger le pays pendant 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une accusation d'ordre moral pointant sur un point limit&#233;, en partie priv&#233;, a bien s&#251;r sa pertinence : elle entre comme composante dans le jugement d'ensemble. Mais il est absurde de consid&#233;rer que c'est le crit&#232;re exclusif (sauf acte abominable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, m&#234;me si les accusations port&#233;es contre Mme Le Pen, M. Fillon, M. Macron ou d'autres &#233;taient litt&#233;ralement ce que les m&#233;dia en disent (et d'autres accusations similaires), est-ce sur cette base exclusive qu'il faut se prononcer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me semble &#233;vident qu'il y a d'autres crit&#232;res autrement plus importants que des histoires d'attach&#233;s parlementaires ou de d&#233;clarations ISF. M&#234;me si ce qui est d&#233;nonc&#233; dans ces divers cas (&#224; tort ou &#224; raison, je n'en juge pas ici) n'est &#233;videmment pas bien, m&#234;me si cela jette une ombre sur la personne si cela se trouvait confirm&#233; : ce n'est pas suffisant pour que quelqu'un qui est fermement en faveur de l'un de ces candidats, ou contre tel autre, avale la perspective d'un quinquennat rat&#233; uniquement parce que son candidat serait r&#233;cus&#233; pour de tels motifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le tueur norv&#233;gien et la morale </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-tueur-norvegien-et-la-morale.html</link>
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		<dc:date>2011-07-27T17:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Relativisme</dc:subject>
		<dc:subject>Morale et politique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Bien interpr&#233;ter le sympt&#244;me &lt;br class='autobr' /&gt;
L'effrayante affaire du tueur norv&#233;gien nous conduit &#224; poser plusieurs questions importantes. Le discours dominant tend &#224; conclure directement que c'est parce qu'il y a des discours de haines ou d'hostilit&#233; &#224; certaines communaut&#233;s (musulmans en l'esp&#232;ce) que de tels &#233;v&#232;nements se produisent. Mais le passage de ce genre d'id&#233;ologie &#224; la tuerie suppose deux &#233;tapes suppl&#233;mentaires qui demandent explication. D'abord, le tueur a conclu de l'id&#233;e suppos&#233;e qu'il y a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bien interpr&#233;ter le sympt&#244;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effrayante affaire du tueur norv&#233;gien nous conduit &#224; poser plusieurs questions importantes. Le discours dominant tend &#224; conclure directement que c'est parce qu'il y a des discours de haines ou d'hostilit&#233; &#224; certaines communaut&#233;s (musulmans en l'esp&#232;ce) que de tels &#233;v&#232;nements se produisent. Mais le passage de ce genre d'id&#233;ologie &#224; la tuerie suppose deux &#233;tapes suppl&#233;mentaires qui demandent explication. D'abord, le tueur a conclu de l'id&#233;e suppos&#233;e qu'il y a menace musulmane &#224; celle que le seul moyen de lutter contre est la violence, en bref que nous sommes en guerre. Ce qui implique d'abord qu'il voit la situation politique, la voie l&#233;gale, comme sans espoir. Mais plus profond&#233;ment cela suppose un rejet en bloc de cette soci&#233;t&#233; au point de vouloir la d&#233;truire, une rage int&#233;rieure allant bien au-del&#224; du politique, dont les racines sont dans la psychologie et l'histoire personnelle. La deuxi&#232;me &#233;tape ensuite consiste &#224; passer de cette obsession de la guerre &#224; la prise pour cible non des suppos&#233;s ennemis, dirigeants, forces publiques, ou les migrants eux-m&#234;mes, mais de citoyens banals de son propre pays et notamment de jeunes. Ce qui pour le coup n'a plus de sens politique et confirme l'id&#233;e d'un rejet visc&#233;ral allant bien au-del&#224; de tout raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne veut pas dire que les discours de haine hostiles &#224; telle ou telle communaut&#233; soient sans r&#244;le ou sans effet. Mais pendant tout le XXe si&#232;cle des discours autrement plus violents que ceux qu'on entend dans notre soci&#233;t&#233; ont &#233;t&#233; prof&#233;r&#233;s &#224; droite ou &#224; gauche sans d&#233;boucher sur ce genre de tueries individuelles. On a eu des horreurs certes, chacun le sait, mais diff&#233;rentes, collectives et organis&#233;es, avec des cibles d'ailleurs plus coh&#233;rentes avec l'id&#233;ologie affich&#233;e. Donc il y a quelque chose de sp&#233;cifique dans notre soci&#233;t&#233; qui conduit &#224; ce genre de cons&#233;quence. Ce qui est en revanche commun avec les massacres du XXe si&#232;cle est l'effondrement des inhibitions morales. Il parait visiblement &#233;vident &#224; ce tueur que du moment qu'il se sent en guerre il est normal qu'il massacre des civils, en outre des jeunes sans pouvoir r&#233;el &#8211; ce qui est monstrueux quel que soit le motif. Mais de fait, les guerres depuis 80 ans sont des op&#233;rations barbares o&#249; on tue les civils en masse, et ou, plus grave, on l'assume collectivement et sans remords.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait nouveau ici est qu'il n'h&#233;site pas &#224; se faire son jugement seul (ou presque). Ici c'est la phase ultra-individualiste qui est en cause, caract&#233;ristique de la modernit&#233; actuelle. On ne se sent plus int&#233;gr&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; ni li&#233; &#224; elle et on n'h&#233;site pas &#224; rompre radicalement non seulement avec toutes ses r&#232;gles mais aussi avec les principes de morale et d'humanit&#233; les plus &#233;l&#233;mentaires. Ce qui &#224; son tour met l'accent sur le probl&#232;me de notre soci&#233;t&#233;, qui veut organiser la cohabitation paisible de citoyens tout en affirmant qu'il n'y a pas d'autres principes ou valeurs communes que le respect du droit &#233;quivalent du voisin. En bref on refuse la notion de morale objective, et le besoin corr&#233;latif d'une &#233;ducation en ce sens, pour n'avoir qu'une morale de r&#232;gles du jeu, rebaptis&#233;e respect. Mais quelqu'un qui se r&#233;volte contre la soci&#233;t&#233; ne voit aucune raison d'&#234;tre li&#233; par ses r&#232;gles du jeu. Contrairement &#224; des r&#232;gles morales, &#224; une croyance, qui obligent chacun pour des raisons profondes et objectives, int&#233;rioris&#233;es, de telles r&#232;gles du jeu collectives rel&#232;vent plus de la pression sociologique ou politique que de quoi que ce soit d'essentiel. Et les d&#233;viants passent outre. On le voit avec tous ces faits divers de tortures gratuites pratiqu&#233;es par des gens sans aucun remords ensuite. De fa&#231;on isol&#233;e - ou, peut-&#234;tre un jour, collective. Ce qui peut devenir r&#233;ellement effrayant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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