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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Que faire de la Bourse de Paris ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Que-faire-de-la-Bourse-de-Paris.html</link>
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		<dc:date>2013-12-16T19:24:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Bourse de Paris</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le rachat de notre Bourse Euronext par la plateforme am&#233;ricaine ICE, qui a annonc&#233; son intention de c&#233;der la partie europ&#233;enne de l'activit&#233;, conduit &#224; poser la question de l'utilit&#233; de la Bourse et de son contr&#244;le national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils sont en g&#233;n&#233;ral indiff&#233;rents &#224; l'avenir de la Place de Paris, nos politiques s'en &#233;meuvent. Tant mieux en un sens. Faut&#8211;il donc se mobiliser ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, plus que la Bourse, l'enjeu n'est-il pas la Place dans son ensemble ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Bourse-de-Paris-+.html" rel="tag"&gt;Bourse de Paris&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article pr&#233;c&#233;dent j'ai &#233;voqu&#233; la question de l'investissement en actions comme exigence collective majeure. Mais qui dit actions dit march&#233; financier et plus particuli&#232;rement Bourse, comme plateforme de cotation. Faut-il en avoir une ? Faut-il la contr&#244;ler ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'organisation de la Bourse : un enjeu collectif essentiel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Revenons au point de d&#233;part. A quoi sert un march&#233;, plus particuli&#232;rement le march&#233; des actions ? A d&#233;terminer le prix auquel acheteurs et vendeurs d'un titre peuvent &#224; un instant donn&#233; l'&#233;changer, dans un cadre aussi large et &#233;quitable que possible. Ce qui n'est pas neutre pour l'&#233;conomie consid&#233;r&#233;e. Car c'est sur la base de ce prix que les entreprises vont voir valoris&#233;s leurs actifs et donc que s'appr&#233;cie leur strat&#233;gie. C'est l&#224; aussi que se fixera le co&#251;t de leur capital (le prix auquel ils peuvent lever de nouveaux capitaux). C'est donc aussi l&#224; donc que se d&#233;terminera le prix auquel ils pourront r&#233;aliser des op&#233;rations de croissance externe en acqu&#233;rant d'autres entreprises, ou &#234;tre eux-m&#234;mes la cible d'un tiers. Et c'est &#233;galement sur la base de ce prix que les &#233;pargnants vont voir leurs investissements valoris&#233;s. C'est l&#224; enfin que sera d&#233;termin&#233; le prix de la couverture des risques financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#232;s lors essentiel que les uns et les autres aient la conviction que le march&#233; est ouvert, transparent, &#233;quitable, et qu'il leur offre le meilleur r&#233;sultat possible. Or de ce point de vue l'&#233;volution des Bourses n'est pas bonne. La mise en concurrence de toutes ces plateformes les a conduites &#224; chercher le rendement et donc &#224; favoriser les flux les plus importants, notamment le trading haute fr&#233;quence, pendant qu'une partie croissante des transactions partait dans l'ombre (c'est ce qu'on appelle les &#8216;dark pools') - sans que les autres investisseurs les connaissent. Il y a donc d&#233;sormais deux poids et deux mesures. Parall&#232;lement ce trading haute fr&#233;quence, qui permet des transactions chaque dix milli&#232;me de seconde, ne repose par construction que sur une forme de sp&#233;culation, d&#233;connect&#233;e des informations &#233;conomiques r&#233;elles, puisque celles-ci ne changent &#233;videmment pas tous les dix milli&#232;mes de secondes. Il laisse donc planer sur les transactions de bourse le soup&#231;on d'une dominante sp&#233;culative, r&#233;serv&#233;e &#224; certains, les autres pouvant se faire en permanence doubler par de tels traders.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, l'existence et le bon fonctionnement du march&#233; est une des composantes du bien commun. Or le support du march&#233; ce sont ces plateformes de confrontation qu'on appelle bourses. Peut-on alors consid&#233;rer que les Bourses sont des structures commerciales ordinaires, comme le pr&#233;tend entre autres la directive europ&#233;enne MIF. Ne faut-il pas plut&#244;t admettre que leur r&#244;le est sp&#233;cifique, comme outil commun, ce qui implique une organisation particuli&#232;re ? Reste que pour cela le mod&#232;le n'est pas d'embl&#233;e &#233;vident. Ce peut &#234;tre ce qui existait autrefois avec notre Bourse de Paris dans son palais Brongniart sous forme modernis&#233;e : une plateforme d&#233;di&#233;e unique (qui doit &#234;tre d&#232;s lors mutualis&#233;e ou publique). Ce peut &#234;tre aussi une formule nouvelle, organisant intelligemment une multiplicit&#233; de plateformes concurrentielles reli&#233;es entre elles. Mais dans la r&#233;vision en cours de la MIF l'Europe a &#233;lud&#233; ce d&#233;bat, pr&#233;f&#233;rant raffiner &#224; l'infini sur des modalit&#233;s de d&#233;tail. Ce qui est certain, c'est que ce d&#233;bat doit &#234;tre lanc&#233;. Et plus largement celui de la bonne structure des march&#233;s. Car la structure des march&#233;s est une des d&#233;terminantes de leur int&#233;grit&#233; et de leur bon fonctionnement. Politiquement et &#233;conomiquement, l'enjeu est bien trop important pour l'esquiver. Mais pour pouvoir avoir droit au chapitre sur cette question, encore faut-il avoir un march&#233;, et une comp&#233;tence pour en parler. Or Paris est en train ici de perdre progressivement tous ses atouts.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Resituer l'enjeu de la Bourse de Paris dans son contexte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette question se pose celui du contr&#244;le de la plateforme boursi&#232;re. Le ministre de l'&#233;conomie vient de donner son aval au rachat de NYSE-Euronext par la plateforme am&#233;ricaine ICE, qui a annonc&#233; son intention de remettre en bourse la partie europ&#233;enne de l'activit&#233;, en n'en conservant que le segment d&#233;riv&#233;, organis&#233; &#224; Londres autour de Liffe. Qui contr&#244;lera alors &#224; terme cette future entit&#233; cot&#233;e, support de la cotation des entreprises fran&#231;aises ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y r&#233;pondre, revenons d'abord au cadre global. L'existence d'un march&#233; financier sain et &#224; la disposition de la communaut&#233; consid&#233;r&#233;e est un enjeu collectif important. Enjeux en termes d'emploi, de localisation des centres de d&#233;cision, de prise en compte des int&#233;r&#234;ts r&#233;gionaux, de ma&#238;trise des risques syst&#233;miques et m&#234;me d'influence de la France dans les instances, internationales et europ&#233;ennes, qui r&#233;gulent les march&#233;s. Certains disent que l'enjeu emploi est mineur : une poign&#233;e de traders ! Les m&#234;mes probablement qui au plus fort de la crise financi&#232;re, d&#233;claraient que la France n'a pas besoin de ces traders, et qu'ils n'avaient qu'&#224; aller exercer ailleurs. Parce qu'&#233;videmment la France n'a pas besoin du march&#233; financier. Elle qui emprunte chaque ann&#233;e des centaines de milliards - et qui vient d'approuver des r&#232;gles internationales (B&#226;le 3 et les autres) qui accroissent massivement le r&#244;le des march&#233;s dans le financement de l'&#233;conomie. Comme si un trader &#224; Londres ou au fin fond de l'Asie avait le m&#234;me souci des entreprises fran&#231;aises qu'un trader parisien dont elles sont le fonds de commerce, vital pour lui. En outre, dans un monde o&#249; le cr&#233;dit bancaire aura une part bien moins importante du financement de l'&#233;conomie, au profit du march&#233;, la r&#233;gulation de march&#233; devient un enjeu essentiel. Mais quelle capacit&#233; peut-on avoir &#224; influer sur cette r&#233;gulation si on n'a plus de Bourse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui vaut pour l'&#233;conomie vaut pour l'&#233;pargnant. Plus que jamais la veuve de Carpentras a besoin d'une Place financi&#232;re fran&#231;aise forte et comp&#233;titive. Sinon, le Vaucluse passera par Londres et non plus par Paris. La mise en &#339;uvre de la directive MIF a ouvert la voie &#224; une r&#233;volution financi&#232;re. Faisant dispara&#238;tre toutes les barri&#232;res qui s&#233;paraient les march&#233;s financiers europ&#233;ens, elle ouvrait d'un coup un champ immense &#224; la comp&#233;tition. Notre veuve l&#233;gendaire n'avait jusqu'&#224; r&#233;cemment pas le choix pour passer ses ordres. Elle peut d&#233;sormais acheter ses titres de Bouygues ou de Carrefour &#224; Londres ou &#224; Francfort si elle trouve le prix meilleur. Et tout interm&#233;diaire partout en Europe peut lui offrir librement ses services. L'attention politique port&#233;e &#224; l'&#233;volution d'Euronext peut donc &#234;tre consid&#233;r&#233;e justifi&#233;e, et on doit saluer l'int&#233;r&#234;t port&#233; par le ministre &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que cet int&#233;r&#234;t est trop concentr&#233; sur le seul Euronext. Car une Bourse n'est qu'une pi&#232;ce, centrale mais minime, dans un &#233;cosyst&#232;me consid&#233;rablement plus vaste. Sa valeur symbolique est forte, mais consid&#233;r&#233;e seule, elle est sans utilit&#233;. Car ce n'est qu'un lieu de mise en relation entre &#233;metteurs et investisseurs, &#224; travers des interm&#233;diaires. Mais si les uns et les autres s'en d&#233;tournent parce qu'on leur rend la vie impossible, elle perd tout son sens. Or tous investisseurs, interm&#233;diaires, &#233;metteurs, sont satur&#233;s de taxes et de charges ; et justement terrifi&#233;s par la perspective d'une taxe europ&#233;enne sur les transactions financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La le&#231;on est claire. Une gare, aussi magnifique et fonctionnelle soit-elle, est de peu d'utilit&#233; sans rails, ni trains et passagers. Pour que cela ne soit pas le sort de la Bourse de Paris, il faut la r&#233;inscrire dans un environnement adapt&#233; &#224; l'enjeu. L'environnement fran&#231;ais actuel est sur ce plan mortif&#232;re. Il s'agit donc de reconstruire un &#233;cosyst&#232;me de march&#233; efficace et comp&#233;titif, en mesure de r&#233;pondre aux besoins des &#233;pargnants et des entreprises, et c'est pour notre pays une priorit&#233; majeure. Pas pour s'aligner sur la vision irresponsable de march&#233;s sans r&#232;gles ni contr&#244;le. Mais pour pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finir sa propre vision des march&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Se ressaisir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut alors imaginer deux sc&#233;narios. Dans le sc&#233;nario noir, la Place de Paris perd le match. Cela commence par le passage des ordres. Si les ordres vont tous &#224; Londres, les op&#233;rateurs de march&#233;s s'y concentreront plus que jamais ; avec eux l'analyse financi&#232;re, et toute la mati&#232;re grise du march&#233;. C'est d&#233;j&#224; bien avanc&#233;. Les g&#233;rants suivront &#224; leur tour. Le r&#233;seau fran&#231;ais de la banque, d&#233;coupl&#233; du vrai march&#233;, ne sera plus qu'un canal de transmission, mal plac&#233; pour donner &#224; notre veuve la vision directe et les conseils avertis qu'elle en attend. Et qui &#224; Londres s'int&#233;ressera &#224; la PME de Carpentras qui cherche sur la Bourse les moyens de son d&#233;veloppement ? C'est toute notre &#233;conomie qui verra son syst&#232;me nerveux s'&#233;tioler et abandonnera son destin. Quant &#224; l'espoir d'infl&#233;chir l'&#233;volution malsaine de la structure de march&#233; actuelle, il dispara&#238;tra d&#233;finitivement. Or c'est le sc&#233;nario en cours de r&#233;alisation : l'activit&#233; financi&#232;re fond &#224; vue d'&#339;il &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien n'est pourtant totalement jou&#233;. Car il y a aussi un sc&#233;nario rose, o&#249; la communaut&#233; nationale fait ce qu'il faut et la Place de Paris finit par s'assurer une position de choix dans la nouvelle distribution des cartes. B&#233;n&#233;ficiant d'une concentration puissante de cerveaux, elle serait un des lieux o&#249; se dessine la physionomie de l'&#233;conomie europ&#233;enne de demain. Sur cette base une action devrait &#234;tre entreprise pour moraliser le fonctionnement collectif, et notamment r&#233;viser les directives bruxelloises dans un sens plus conforme &#224; l'int&#233;grit&#233; des march&#233;s, au service de tous. Notre veuve, qui partage l'inqui&#233;tude de la majorit&#233; des Fran&#231;ais sur l'avenir des retraites et s'efforce d'&#233;pargner au mieux, b&#233;n&#233;ficierait en direct d'une expertise financi&#232;re s&#251;re, car puis&#233;e &#224; la source. G&#233;rant elle-m&#234;me son &#233;pargne, ou faisant plus probablement appel &#224; une gestion alors proche d'elle, elle aurait de quoi saisir les meilleures opportunit&#233;s, celles qui correspondent &#224; ses besoins dans les meilleures conditions de s&#233;curit&#233; et de comp&#233;tence. Et la PME voisine ne mourrait pas oubli&#233;e, car les investisseurs seraient proches d'elle et la conna&#238;traient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc temps qu'on arr&#234;te de se gorger de mots sur l'&#233;conomie financi&#232;re et l'&#233;conomie r&#233;elle. Dans une &#233;conomie qui ne peut qu'&#234;tre assez largement ouverte, notre lacune n'est pas l'exc&#232;s de la finance fran&#231;aise, mais son insuffisance. Il y a au moins huit fois plus de professionnels du march&#233; financier &#224; Londres qu'&#224; Paris et sans doute plus. Nous critiquons la finance anglo-saxonne, et nous lui confions notre destin ! Devons-nous &#234;tre fiers de ce brillant r&#233;sultant ? Le nerf de la guerre est l&#224;, et nous le d&#233;laissons.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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