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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Accumulation du capital et solidarit&#233; nationale : les le&#231;ons &#224; tirer de Piketty</title>
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		<dc:date>2015-06-01T12:39:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Accumulation du capital</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son livre &#224; succ&#232;s Le capital au XXIe si&#232;cle Thomas Piketty a fait sensation en expliquant, statistiques massives &#224; l'appui, que le capital tendait &#224; s'accumuler irr&#233;sistiblement au cours de l'histoire, car son rendement est toujours sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon lui la soci&#233;t&#233; de rentiers qui pr&#233;valait avant 1914 a beau avoir &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;e par les guerres, le ph&#233;nom&#232;ne a repris depuis ; il conduit &#224; l'&#233;mergence de nouvelles classes profitant de revenus et de pouvoirs rapidement croissants. D'o&#249; un vrai probl&#232;me politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut contester certaines donn&#233;es ou analyses de notre auteur. Ceci dit, il appara&#238;t ind&#233;niable que la soci&#233;t&#233; nouvelle &#233;merg&#233;e depuis 30 ans, en symbiose avec la mondialisation, pr&#233;sente sur ce plan un d&#233;fi majeur pour les communaut&#233;s humaines et notamment pour la solidarit&#233; nationale. La question m&#233;rite donc d'&#234;tre pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Accumulation-du-capital-+.html" rel="tag"&gt;Accumulation du capital&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Accumulation du capital et solidarit&#233; nationale : le&#231;ons de Piketty&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une th&#232;se &#224; v&#233;rifier, mais une vraie question&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se principale du livre &#224; succ&#232;s de Thomas Piketty, Le capital au XXIe si&#232;cle , est comme on sait que le capital tend &#224; s'accumuler au cours de l'histoire, car son rendement est sup&#233;rieur &#224; la croissance de l'&#233;conomie. D&#232;s lors le capital tend sur la dur&#233;e &#224; repr&#233;senter un stock croissant en proportion du revenu national ; en outre ses d&#233;tenteurs jouissent ainsi d'une proportion appr&#233;ciable de ce m&#234;me revenu. Cette situation avait conduit avant 1914 &#224; une soci&#233;t&#233; de rentiers : une partie relativement appr&#233;ciable de la population, au moins les 10 % les plus avantag&#233;s, poss&#233;dait une proportion extr&#234;mement &#233;lev&#233;e du stock de capital et pouvaient vivre de son produit ; ces fameuses rentes &#233;taient &#224; l'&#233;poque un moyen bien plus s&#251;r de parvenir &#224; un revenu &#233;lev&#233; que des r&#233;mun&#233;rations salariales, m&#234;me les plus hautes. Cette soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; pulv&#233;ris&#233;e au XXe si&#232;cle, du fait des guerres et des secousses induites ; mais selon son analyse le processus d'accumulation a repris depuis, m&#234;me si c'est avec des caract&#233;ristiques un peu diff&#233;rentes, posant potentiellement des probl&#232;mes sociaux et politiques consid&#233;rables. En m&#234;me temps, il reste manifeste dans les constatations de notre auteur que l'in&#233;galit&#233;, &#233;ventuellement simplement frein&#233;e, ou r&#233;orient&#233;e, est un fait permanent. Quitte &#224; ce qu'une classe en remplace un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est ind&#233;niablement de grande qualit&#233;, agr&#233;able &#224; lire et remarquablement bien document&#233;. Aux Etats-Unis ce pav&#233; fut pendant des mois un bestseller. Je ne vais pas examiner ici la validit&#233; des s&#233;ries statistiques et des analyses techniques de l'auteur. Ni sa vision politique, d'ailleurs bien moins &#233;labor&#233;e que ses remarquables analyses &#233;conom&#233;triques, et pour tout dire un peu simpliste. Mais les observations faites sont suffisamment plausibles pour m&#233;riter r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une exp&#233;rience historique somme toute limit&#233;e malgr&#233; les apparences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut &#233;videmment s'interroger sur la validit&#233; sur le long terme de l'hypoth&#232;se d'un rendement du capital tr&#232;s sup&#233;rieur &#224; la croissance (m&#234;me si l'analyse de notre auteur &#233;tait confirm&#233;e sur les p&#233;riodes qu'il analyse). Si en effet le revenu du capital n'est pas consomm&#233; suffisamment, et que donc il s'accumule, en bonne logique il devrait finir par atteindre un plafond, ne serait-ce que le revenu total du pays consid&#233;r&#233;, et son rendement devrait finir par d&#233;cro&#238;tre. Quitte &#224; ce que cela se fasse par purges violentes comme au XXe si&#232;cle. C'est une premi&#232;re limite historique de l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en ajouter une autre, qui est socio-politique. Dans les soci&#233;t&#233;s anciennes, ce qu'il voit comme une pure rente avait un sens assez diff&#233;rent. Tout d'abord le revenu du capital &#233;tait en grande partie consomm&#233; par les suppos&#233;s &#8216;rentiers' et donc non accumul&#233;, ce qui peut expliquer que le rendement du capital puisse rester &#233;lev&#233;. Mais surtout, avant la r&#233;volution industrielle, les termes de rente et de rendement du capital ne rendent pas compte de la r&#233;alit&#233; sociale et politique du ph&#233;nom&#232;ne. Car on avait affaire &#224; un pr&#233;l&#232;vement qui n'&#233;tait qu'en partie &#233;conomique et qui correspondait &#224; un r&#244;le diff&#233;rent des classes dirigeantes, notamment aristocratiques, r&#244;le qui &#233;tait politique et culturel. Ce n'&#233;tait pas la &#8216;rente' qui d&#233;finissait le f&#233;odal ou m&#234;me le noble. M&#234;me si la base &#233;conomique pouvait &#234;tre techniquement semblable, ces soci&#233;t&#233;s et ces classes dirigeantes avaient une base de l&#233;gitimit&#233; ou de pouvoir tr&#232;s diff&#233;rente du rentier fa&#231;on 1900, qui lui n'avait pour motif &#224; ses revenus que la propri&#233;t&#233;. C'est a fortiori vrai si on prend en compte le r&#244;le de l'Eglise, propri&#233;taire tr&#232;s important alors, mais qui assurait des fonctions sp&#233;cifiques consid&#233;rables, notamment d'&#233;ducation et de solidarit&#233;. Les rentiers du XIXe si&#232;cle, qui n'&#233;taient sociologiquement que des rentiers, &#233;taient donc sur ce plan un ph&#233;nom&#232;ne bien particulier et historiquement sp&#233;cifique, limit&#233; en outre &#224; une &#233;poque exceptionnelle par la stabilit&#233; de la monnaie et des structures sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui au XXe si&#232;cle a produit la chute de ces rentiers ? Une cause commune : la guerre - mais peu par effet direct. Elle a conduit surtout &#224; une radicalisation du pouvoir d'Etat, qui d'une part a mobilis&#233; des ressources sans pr&#233;c&#233;dent, et d'autre part a recouru &#224; des politiques h&#233;t&#233;rodoxes, notamment par manipulation de la monnaie, blocage des prix, inflation, imp&#244;ts, nationalisations ou confiscations etc. Le bouleversement de la guerre a donc permis la remise en cause &#224; grande &#233;chelle des &#233;quilibres &#233;conomiques et sociaux ant&#233;rieurs ; l'exemple de l'imp&#244;t sur le revenu est ici tr&#232;s parlant - n&#233;gligeable avant, il est devenu d'un coup consid&#233;rable, et l&#233;gitim&#233;. Ce qui apparente cette mutation &#224; une forme de r&#233;volution par des moyens diff&#233;rents. D'o&#249; une conclusion pratique essentielle : l'accumulation du capital est tr&#232;s vuln&#233;rable &#224; une crise si elle est assez grave pour conduire le politique &#224; des mesures drastiques, et &#224; prendre l'argent l&#224; o&#249; il est. Du moins lorsque la d&#233;tention de ce capital ne repose que sur une propri&#233;t&#233; abstraite, sans base de l&#233;gitimit&#233; autre, et sans pouvoir direct, politique ou &#233;conomique &#8211; car elle s'av&#232;re alors tr&#232;s vuln&#233;rable aux bouleversements. Car que signifie concr&#232;tement la concentration du patrimoine ? D'un c&#244;t&#233; il donne un revenu ; d'un autre c&#244;t&#233; il donne un pouvoir. Ces deux questions sont socialement et politiquement importantes mais assez diff&#233;rentes. Plus importante que l'accumulation est la double question de la l&#233;gitimit&#233; de la structure &#233;conomique et sociale, et du pouvoir, &#233;conomique ou autre. Le rentier 1900 n'avait pas le m&#234;me r&#244;le politique et social, ni le m&#234;me pouvoir que l'aristocrate jusqu'au XVIIe si&#232;cle, ni d'ailleurs que le propri&#233;taire d'entreprise : en cas de secousse, il &#233;tait donc plus vuln&#233;rable politiquement. Un cr&#233;ancier pur est toujours tr&#232;s vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la situation d&#233;crite correspondait &#224; une p&#233;riode relativement courte de l'histoire. On ne peut donc pas extrapoler. D'autant que, &#224; nouveau, la probabilit&#233; que l'accumulation du capital dure ind&#233;finiment est peu plausible. Mais cela n'emp&#234;che pas de poser la question pour notre &#233;poque. Car le m&#233;canisme peut fonctionner au moins un temps, et en outre il a montr&#233; qu'il pouvait d&#233;boucher sur une rupture. Il est donc judicieux de s'en pr&#233;occuper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle classe : les cadres sup&#233;rieurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la soci&#233;t&#233; actuelle comme le note Piketty le terme de rentier est devenu p&#233;joratif. Les formes de justification sont donc d&#233;sormais diff&#233;rentes ; la principale est l'entreprise, tant comme employeur que comme lieu d'investissement. Concr&#232;tement, selon l'analyse de notre auteur, la nouveaut&#233; dans la p&#233;riode r&#233;cente a &#233;t&#233; l'&#233;mergence d'une classe de hauts revenus salariaux, suffisamment pr&#233;pond&#233;rante pour que ce soit elle qui p&#232;se socialement. En termes num&#233;riques, le d&#233;cile sup&#233;rieur des hauts revenus n'est plus compos&#233; de rentiers mais de salari&#233;s. Il en est autrement du millime sup&#233;rieur, mais dit-il il n'est pas assez nombreux pour peser comme classe. En termes de revenus, l'h&#233;g&#233;monie sociale voire culturelle des rentiers est donc remplac&#233;e par cette classe de cadres au sens large, professions lib&#233;rales, artistes et autres compris. Ce nouveau mode de s&#233;lection est plus favorable au travailleur comp&#233;titif et il en exalte les qualit&#233;s ; il est coh&#233;rent avec la mise en avant de l'entreprise et de la performance. Mais du coup il est humiliant pour les autres, ceux qui ont &#233;chou&#233; dans la course, car dans la logique ambiante ils ne peuvent s'en prendre qu'&#224; eux-m&#234;mes et sont en un sens culpabilis&#233;s. Tout ceci est en outre beaucoup plus marqu&#233; aux Etats-Unis, ce qui donne un horizon de r&#233;f&#233;rence partag&#233; aux supersalari&#233;s en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En compl&#233;ment, on voit &#233;merger une classe moyenne sup&#233;rieure de propri&#233;taires, qui relativise le monopole sur le contr&#244;le du capital des tr&#232;s hauts patrimoines. D'o&#249; corr&#233;lativement un retour partiel des revenus du capital, et m&#234;me de l'h&#233;ritage, voire de la rente, d'autant que l'immobilier joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans ce retour du capital. Mais on l'a dit cela ne conduit pas au retour d'une large classe de rentiers comme auparavant. Dans le processus qui a conduit &#224; emp&#234;cher qu'&#233;merge une telle classe, nous dit l'auteur, l'imp&#244;t joue un r&#244;le important car m&#234;me s'il s'est r&#233;duit par rapport &#224; l'apr&#232;s-guerre il reste plus &#233;lev&#233; qu'en 1900. D'o&#249; dit-il l'int&#233;r&#234;t d'un imp&#244;t mod&#233;r&#233; pour r&#233;guler ou att&#233;nuer les effets d'accumulation, que ce soit du capital ou des revenus. M&#234;me s'il est rendu plus difficile par la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajoute que culturellement tout cela s'accompagne d'une h&#233;g&#233;monie des valeurs &#233;conomiques dans la soci&#233;t&#233;, et d'une relativisation des valeurs culturelles au sens large. Elles comptaient encore de fa&#231;on appr&#233;ciable pour le rentier, au moins en affichage ; c'&#233;tait un h&#233;ritage de la tradition aristocratique. Outre l'effet de l'h&#233;donisme actuel, cette &#233;volution accentue la dimension mat&#233;rialiste de notre &#233;poque. A cela s'ajoute le fait que cette nouvelle classe manag&#233;riale tend &#224; diminuer de fa&#231;on croissante sa solidarit&#233; avec son pays d'origine, ce qui peut la fragiliser politiquement &#8211; m&#234;me si la mondialisation joue en leur faveur, puisqu'elle affaiblit la prise que la soci&#233;t&#233; a sur eux. En bref, autant cette classe peut snober ceux qui ne lui appartiennent pas, en soulignant qu'ils ont perdu dans une comp&#233;tition r&#233;put&#233;e l&#233;gitime et en mettant en avant ses propres performances, autant elle a r&#233;duit plus encore ses liens avec sa communaut&#233; support ; ce qui peut &#234;tre un facteur de fragilit&#233; politique, malgr&#233; ses performances. Et notamment si ces derni&#232;res s'av&#232;rent contestables, &#224; l'occasion d'une crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La superclasse capitaliste mondiale, minuscule en ombre mais surpuissante &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant il y a nous dit Piketty un autre ph&#233;nom&#232;ne et un autre danger : l'&#233;mergence d'une classe de supercapitalistes, importants non par leur nombre, qui est bien plus faible que celui des rentiers d'autrefois, mais par leur pouvoir immense, et sans cesse croissant. Si leur r&#244;le est significatif, ce n'est pas comme classe, assez nombreuse pour &#234;tre sociologiquement visible, mais par l'autre effet possible de la concentration de patrimoine : le pouvoir. D'autant qu'eux non seulement ne consomment pas leur revenu, qui est bien trop &#233;lev&#233; pour cela, mais ils obtiennent des rendements de leur capital bien plus &#233;lev&#233;s que les autres, et donc tr&#232;s fortement cumulatif. Un tel ph&#233;nom&#232;ne se combine au niveau mondial avec des rentes collectives d&#233;mentielles, notamment celles obtenues par les pays p&#233;troliers du Moyen Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un effet de concentration de richesse et de pouvoir au niveau plan&#233;taire qui pose des questions majeures et in&#233;dites, s&#251;rement pour le fonctionnement des march&#233;s, mais bien plus encore pour celui de la soci&#233;t&#233; internationale. Remarquons d'ailleurs que cela ne joue pas qu'au profit d'individus : outre les Etats rentiers, on citera les universit&#233;s am&#233;ricaines dont il souligne la puissance financi&#232;re. L'effet d'accumulation peut donc &#234;tre collectif, mais sans &#234;tre social. Face &#224; cela, la proposition de Piketty (un imp&#244;t mondial sur le capital) est &#224; la fois coh&#233;rente avec son propos, et tout &#224; fait irr&#233;alisable &#8211; ne serait-ce que par l'absence de consensus comme d'un pouvoir capable de mettre cela en &#339;uvre au niveau mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Perspectives - au-del&#224; de Piketty&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au-del&#224; des analyses de notre auteur, la question de la secousse qui &#224; terme peut remettre en cause ces d&#233;s&#233;quilibres consid&#233;rables est directement pos&#233;e. Elle se pose en termes in&#233;dits, puisque de tels effets &#233;chappent au pouvoir politique &#224; un degr&#233; inconnu des deux derniers si&#232;cles. D'o&#249; un certain paradoxe : alors que le pouvoir politique n'a eu de cesse depuis la fin de la guerre d'accro&#238;tre son emprise sur la soci&#233;t&#233;, ou plus exactement le niveau de ses d&#233;penses, parall&#232;lement les nouvelles classes de supercadres d'un c&#244;t&#233;, des nouvelles puissances du capital de l'autre, ont une capacit&#233; croissante &#224; lui &#233;chapper. Cela doit conduire le politique &#224; une r&#233;vision en profondeur de ses priorit&#233;s. S'il veut maintenir ses fonctions essentielles, il est en effet amen&#233; in&#233;luctablement &#224; ruser avec ces ph&#233;nom&#232;nes qu'il ne peut ma&#238;triser que de fa&#231;on partielle. L'analyse pr&#233;c&#233;dente conduit &#224; souligner deux r&#233;visions majeures au moins, parmi bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233; la capacit&#233; de l'Etat &#224; lever l'imp&#244;t atteint manifestement ses limites, &#224; un niveau de pr&#233;l&#232;vement d'ailleurs historiquement tr&#232;s &#233;lev&#233;. Simultan&#233;ment il doit se pr&#233;occuper de la capacit&#233; de la communaut&#233; nationale &#224; garder une certaine ma&#238;trise de son destin. D'o&#249; des r&#233;visions d&#233;chirantes. D&#233;j&#224;, le r&#234;ve social-d&#233;mocrate d'une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement r&#233;gul&#233;e par l'Etat, du berceau &#224; la tombe, se confirme d&#233;finitivement hors de port&#233;e, en supposant qu'il ait jamais &#233;t&#233; souhaitable. Il faut donc maintenir un niveau &#233;lev&#233; de solidarit&#233;, bien s&#251;r, mais beaucoup plus concentr&#233; : sur les besoins les plus sensibles, et sur ce qui est vraiment facteur de communaut&#233;, famille en t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233; et de fa&#231;on essentielle, le politique devrait porter une bien plus grande attention au r&#244;le du vrai capital, c'est-&#224;-dire des actions, car c'est le facteur principal d'exercice du pouvoir et donc d'orientation de l'&#233;conomie. Outre la cr&#233;ation d'entreprises qui est une priorit&#233; manifeste, cela devrait conduire &#224; r&#233;duire drastiquement le r&#244;le de la dette, notamment de la dette publique qui est g&#233;n&#233;ralement parasitaire. Mais surtout &#224; souligner le besoin d'instruments collectifs d'accumulation et de d&#233;tention de ce capital, pour peser face aux masses &#233;normes disponibles au niveau international. Pour ne citer que trois outils majeurs pour ce faire, fonds de pension, fonds souverains et fondations, devraient faire l'objet tous trois d'un effort collectif prioritaire et donc d'avantages juridiques et fiscaux &#224; la hauteur de l'enjeu. Sans parler de la diffusion d'une vision plus v&#233;ritablement &#233;thique de l'orientation de ces investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble implique une r&#233;vision profonde de l'image que la collectivit&#233; se fait d'elle-m&#234;me et de ses priorit&#233;s. Mais surtout un effort de longue haleine. Urgents tous deux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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