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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>L'&#232;re des bulles financi&#232;res</title>
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		<dc:date>2015-09-14T12:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise financi&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Bulle financi&#232;re</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Panique sur les march&#233;s, h&#233;catombe boursi&#232;re,&#8230;. Le krach boursier chinois semble avoir pris tout le monde de court. En r&#233;alit&#233;, rien d'&#233;tonnant dans cet &#233;v&#233;nement. L'envol&#233;e boursi&#232;re chinoise &#233;tait une &#233;norme bulle. Et comme toutes les bulles, elle a fini par &#233;clater. On s'en &#233;meut toujours mais on n'en tire aucune le&#231;on. Et m&#234;me avec le cr&#233;dit on vit sur une &#233;norme bulle&#8230; bien plus inqui&#233;tante que la chinoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi cette addiction de nos soci&#233;t&#233;s aux bulles financi&#232;res ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Bulle-financiere-+.html" rel="tag"&gt;Bulle financi&#232;re&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La bulle boursi&#232;re qui s'est form&#233;e en Chine ces derniers mois a fini par &#233;clater faisant souffler un vent de panique sur les march&#233;s et &#233;clipsant en une journ&#233;e la crise grecque. Beaucoup d'investisseurs avaient mis&#233; sur la croissance continue et spectaculaire de l'&#233;conomie chinoise - de l'ordre de 10% par an en moyenne depuis 2003 avec un pic de pr&#232;s de 15% en 2007 &#8211; sans voir qu'une telle croissance avait quelque chose de n&#233;cessairement temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la mani&#232;re dont la Bourse avait traduit cette croissance &#233;tait plus irrationnelle encore. Avant de s'effondrer, la Bourse de Shanghai s'&#233;tait ainsi envol&#233;e de 150 % en moins d'un an !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est pourtant clair que quand la croissance d'actifs est aussi forte et rapide, il y a toutes les chances qu'elle ne corresponde pas &#224; leur valeur r&#233;elle. C'est qu'une bulle, d&#233;connect&#233;e de l'&#233;conomie r&#233;elle, est en train de se former et de gonfler. Et comme toute bulle qui ne cesse d'enfler, elle finit par &#233;clater. C'est ce qui s'est produit en cette fin ao&#251;t. La croissance chinoise s'est ralentie, plus que pr&#233;vu, passant sous les 7%, le gouvernement a d&#233;valu&#233; le yuan, et les inqui&#233;tudes sur le niveau du cr&#233;dit se sont amplifi&#233;es. Rien que de tr&#232;s pr&#233;visible, m&#234;me si on ne sait pas &#224; l'avance quand la prise de conscience interviendra. Mais la chute a affol&#233; les investisseurs, doutant tout &#224; coup de la r&#233;alit&#233; et de la solidit&#233; du boom &#233;conomique chinois, sur fond de soup&#231;ons de manipulation des statistiques par les autorit&#233;s. R&#233;sultat : en moins de deux mois la Bourse de Shanghai a perdu pr&#232;s de 40% de sa valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On revient &#224; une triste le&#231;on : on ne tire jamais d'enseignements des bulles pr&#233;c&#233;dentes et de leur in&#233;vitable &#233;clatement. Car ce n'est &#233;videmment pas la premi&#232;re bulle qui fait la Une des journaux. On a bien s&#251;r en m&#233;moire le krach de 1929. Et dans la p&#233;riode r&#233;cente, citons notamment la bulle de la nouvelle &#233;conomie Internet en 1999-2000 et la bulle des subprimes de 2007-2008. Et demain il y en aura encore d'autres, n'en doutons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre, arr&#234;tons-nous un instant sur ce ph&#233;nom&#232;ne des bulles, anxiog&#232;ne mais somme toute assez classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bulle se forme lorsque le march&#233; est inond&#233; par l'argent qui y est investi, que les cours s'envolent et qu'ils atteignent des niveaux tr&#232;s excessifs par rapport &#224; la valeur r&#233;elle des actifs. A la base, il y a la conviction que la valeur des actifs est beaucoup plus &#233;lev&#233;e que celle qu'en donne le march&#233;, et donc que le prix auquel ils pourront &#234;tre revendus sera beaucoup plus &#233;lev&#233;. Et m&#234;me ceux qui estiment que le prix est devenu tr&#232;s excessif par rapport &#224; la valeur fondamentale ne veulent pas prendre le risque de sortir trop t&#244;t et de perdre le gain suppl&#233;mentaire qu'ils pourraient r&#233;aliser. Ainsi le mouvement s'auto-v&#233;rifie et s'entretient avant d'&#233;clater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par certains c&#244;t&#233;s un tel mouvement est in&#233;vitable sur des march&#233;s, qui sont des interactions collectives. Mais ce n'est pas forc&#233;ment dramatique. Normalement le march&#233; finit par se corriger lui-m&#234;me. Cela n'a pas d'effet collectif majeur dans les cas de bulles classiques, o&#249; les actifs sont financ&#233;s en fonds propres et sont n&#233;goci&#233;s sur des march&#233;s raisonnablement liquides, ce qui fait qu'il n'y a pas d'effet syst&#233;mique. On l'a vu encore en 2000 : la bulle a &#233;clat&#233;, la baisse rapide des cours a corrig&#233; les exc&#232;s et r&#233;&#233;quilibr&#233; le march&#233;. Naturellement au prix d'un ralentissement de l'&#233;conomie, de la baisse des portefeuilles et du d&#233;couragement de nombre d'investisseurs ; mais sans disruption majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel n'est pas le cas des bulles o&#249; les achats d'actifs sont financ&#233;s &#224; cr&#233;dit, ce dont la crise de 1929 est l'arch&#233;type inoubliable. Non seulement la facilit&#233; du cr&#233;dit donne &#224; la bulle une tout autre ampleur, mais son &#233;clatement met les investisseurs dans une position intenable : devant rembourser leur cr&#233;dit, ils cherchent &#224; limiter leur perte en vendant en masse au plus mauvais moment, cr&#233;ant des effets en cha&#238;ne d&#233;vastateurs. Il semble que la bulle boursi&#232;re chinoise soit, en partie notable, de ce type. Mais dans son cas il se pourrait que l'effet soit dans une certaine mesure att&#233;nu&#233; par la pr&#233;dominance d'investisseurs priv&#233;s, non institutionnels, moins impliqu&#233;s dans le tissu des d&#233;pendances r&#233;ciproques qui caract&#233;rise les institutions financi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement pr&#233;occupante est la g&#233;n&#233;ralisation du mod&#232;le de la bulle financ&#233;e &#224; cr&#233;dit, surtout quand il s'agit de march&#233;s de beaucoup plus grande ampleur. Deux sont classiquement la source des plus grandes d&#233;rives collectives : l'immobilier et les march&#233;s de taux. Tous deux sont dans une mesure importante financ&#233;s &#224; cr&#233;dit ; tous deux peuvent donner l'illusion d'une s&#233;curit&#233; relative (la pierre et le b&#233;ton d'un c&#244;t&#233;, les garanties publiques ou les ratings de l'autre) ; tous deux sont de taille gigantesque et dans leur majorit&#233; de faible liquidit&#233; naturelle. La crise des subprimes mariait les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons en fait aujourd'hui sur ces deux march&#233;s &#224; la formation de bulles exceptionnelles par leur ampleur et aggrav&#233;es par deux ph&#233;nom&#232;nes tr&#232;s regrettables. C'est d'abord et surtout l'exc&#232;s d&#233;mesur&#233; et anormal d'argent, l'intervention sans frein des banques centrales : quand la planche &#224; billets fonctionne &#224; plein r&#233;gime il faut bien placer cet argent, ce qui nourrit artificiellement la demande, &#233;loignant d'autant la correction du march&#233;. Et, fait pathologique, la demande se fait alors tr&#232;s forte pour une intervention publique, donc encore &#224; cr&#233;dit ou par cr&#233;ation de liquidit&#233;s. On l'a vu avec la crise boursi&#232;re chinoise, mais ce n'est pas all&#233; tr&#232;s loin. Mais on le voit surtout &#224; haute dose, sur toute la plan&#232;te, dans l'endettement public et les bulles immobili&#232;res. Comme si nos soci&#233;t&#233;s ne tol&#233;raient pas les p&#233;riodes n&#233;cessairement difficiles r&#233;sultant de la correction des exc&#232;s ant&#233;rieurs et pr&#233;f&#233;raient &#224; chaque soup&#231;on de crise intensifier les doses de leur drogue favorite : le cr&#233;dit. Comme si plus on souffrait des effets de l'alcool, plus on devrait boire. Dans les d&#233;mocraties comme dans le r&#233;gime autoritaire chinois. La culture de la bulle si on peut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela peut s'ajouter la mauvaise r&#233;gulation. Notamment, lorsque des ratios prudentiels sont inadapt&#233;s ils accroissent l'impact des crises voire les suscitent car ils rendent anormalement peu co&#251;teux en fonds propres des sp&#233;culations &#224; risque, s&#233;curisant en outre artificiellement les op&#233;rateurs. Aujourd'hui encore la dette publique est par exemple consid&#233;r&#233;e risque nul : pas de fonds propres ! Qui peut le croire ? Dans un autre ordre d'id&#233;e la baisse de liquidit&#233; qui r&#233;sulte de mesures par ailleurs compr&#233;hensibles rend les chocs plus brutaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on l'a vu, l'&#233;clatement de ces bulles a des cons&#233;quences spectaculaires et tr&#232;s graves. Ce fut le cas en 1929, ou avec les subprimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question alors : pourquoi ne tire-t-on aucune le&#231;on de ces bulles qui se succ&#232;dent ? Bien s&#251;r on a pris des mesures consid&#233;rables depuis 2008. Mais elles ont plus consist&#233; en un renforcement de la r&#233;silience des institutions bancaires, ou la r&#233;duction des effets de contagions, qu'en de la pr&#233;vention directe : plus que jamais on a inond&#233; le march&#233; de liquidit&#233;s, depuis 7 ans d&#233;j&#224;. Sans doute parce que ce serait une remise en question trop douloureuse et que nous pr&#233;f&#233;rons faire le choix de la facilit&#233;. On a pris l'habitude des &#171; drogues douces &#187; : de l'argent facile et pas cher, et on ne tol&#232;re plus les corrections normales du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bulles sont en quelque sorte &#8230; dans l'air du temps. Mais contrairement &#224; leur cousines de savon, leur &#233;clatement fait tr&#232;s mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur Le Cercle des Echos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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