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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Ukraine : il est temps de conclure</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Ukraine-il-est-temps-de-conclure.html</link>
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		<dc:date>2025-03-03T17:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste au d&#233;part, la guerre d&#233;fensive men&#233;e par les Ukrainiens ne peut &#234;tre gagn&#233;e, et la prolonger n'aboutit qu'&#224; la destruction de ce pays courageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas parce que Trump le dit que c'est automatiquement faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, est choquant, erron&#233; et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; nous qu'il incombe d'&#234;tre capable de nous d&#233;fendre. Avec des alli&#233;s, mais d'abord soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/winter-7045730_1920.jpg?1787417306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut savoir terminer une guerre, m&#234;me juste au d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une guerre juste, jusqu'&#224; quand ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'&#233;crivais d&#232;s mars 2022 dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-guerre-en-Ukraine-et-la-notion.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La guerre en Ukraine et la notion de guerre juste&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;). Apr&#232;s avoir montr&#233; que, selon cette notion, la guerre men&#233;e alors par les Russes ne pouvait &#234;tre qualifi&#233;e de juste - m&#234;me si les torts sont bien plus partag&#233;s qu'on le dit -, car ils ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment agress&#233; l'Ukraine sans besoin d&#233;montrable. Mais celle des Ukrainiens &#233;tait juste au d&#233;part. Je concluais toutefois : &#171; le crit&#232;re tr&#232;s pragmatique de la guerre juste ne s'applique pas une fois pour toutes au d&#233;but de la guerre. On peut donc &#234;tre conduit &#224; changer son appr&#233;ciation en fonction du d&#233;roul&#233; des &#233;v&#233;nements : r&#233;sultats militaires sur le terrain, degr&#233; de mont&#233;e aux extr&#234;mes de la guerre, ou encore position de n&#233;gociation de l'autre partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est tr&#232;s improbable que la guerre c&#244;t&#233; russe trouve une justification &#224; l'avenir. Mais la remarque vaut c&#244;t&#233; ukrainien... Supposons d'abord, &#224; un bout, que les Russes s'enlisent, mais sans interrompre leur effort de guerre et leurs bombardements, et qu'ils limitent leurs pr&#233;tentions &#224; la non-entr&#233;e dans l'Otan et &#224; l'ind&#233;pendance du Donbass : on peut concevoir qu'une paix sur cette base apparaisse pr&#233;f&#233;rable aux Ukrainiens &#224; la destruction continue du pays... Supposons maintenant inversement que les Russes basculent dans une guerre totale, y compris nucl&#233;aire : dans ce cas l'Ukraine pourrait avoir &#224; envisager de cesser le combat, qui resterait l&#233;gitime dans son principe mais qu'elle pourrait estimer trop co&#251;teux humainement pour que l'obstination se justifie. Supposons enfin que la Russie n'arrive pas &#224; achever sa conqu&#234;te, et qu'il paraisse envisageable qu'elle finisse par l&#226;cher prise : alors la poursuite du combat se justifierait pleinement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation actuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant la r&#233;ponse &#224; ces questions. L'Ukraine a essay&#233; de l'emporter, comptant notamment sur la faiblesse &#233;tonnante qu'a montr&#233;e au d&#233;part l'arm&#233;e russe, sur des sanctions occidentales exceptionnelles, sur le courage de ses soldats et l'aide re&#231;ue. C'&#233;tait peut-&#234;tre jouable. Mais au plus tard &#224; l'&#233;t&#233; 2023 cela s'est av&#233;r&#233; hors de port&#233;e. Pendant ce temps le pays &#233;tait ravag&#233;, sa jeunesse d&#233;cim&#233;e, ou en exil. Il n'est d&#232;s lors plus justifi&#233; de continuer ind&#233;finiment. Et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; aujourd'hui, en mars 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cela soit d&#233;fendu par Donald Trump, aux m&#233;thodes brutales et volontiers cyniques, n'enl&#232;ve rien &#224; ces constatations. Que Trump admette que les torts sont plus partag&#233;s qu'on le dit et qu'il faut accepter ce sans quoi il ne peut y avoir de paix (perte de territoires par l'Ukraine, et non-entr&#233;e dans l'Otan), n'en fait pas &lt;i&gt;ipso facto&lt;/i&gt; un agent de Poutine : il ne fait que d&#233;crire la r&#233;alit&#233;. M&#234;me si, bien s&#251;r, il pourrait s'y prendre autrement et montrer plus de sensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'un peuple ukrainien martyre. M&#234;me si, aussi, on peut se demander si son mode de n&#233;gociation conduira au meilleur r&#233;sultat possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d&#233;sormais la trajectoire finale est claire. Dans l'int&#233;r&#234;t m&#234;me de la survie de l'Ukraine, il faut arr&#234;ter les frais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; expliquer que l'Ukraine doit continuer &#224; se battre pour prot&#233;ger l'Europe, c'est choquant, erron&#233; et dangereux. Choquant de demander aux Ukrainiens de se suicider pour nous pr&#233;server. Erron&#233; parce que cette guerre a d&#233;montr&#233; les limites de l'arm&#233;e russe, en supposant m&#234;me qu'elle ait des vell&#233;it&#233;s d'aller plus loin. Dangereux parce que si cela d&#233;bouche sur l'effondrement de l'arm&#233;e ukrainienne, on aura fait un beau cadeau &#224; Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, une conclusion s'impose, qui est, elle, indiscutable : pour exister dans le monde r&#233;el, il faut &#234;tre capable de se d&#233;fendre. Et ne compter ni sur un grand fr&#232;re (am&#233;ricain), ni sur la mort de ses amis. Il faut des alli&#233;s, mais toute d&#233;fense est d'abord nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Voir aussi mon livre tout r&#233;cent : &lt;i&gt;La guerre juste, apr&#232;s l'Ukraine et Gaza&lt;/i&gt; (chez Boleine) &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/La-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/La-gu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La guerre juste</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-guerre-juste.html</link>
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		<dc:date>2024-10-21T14:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'expression &#171; guerre juste &#187; est-elle contradictoire ? Elle s'ancre pourtant dans une longue tradition de pens&#233;e. Quand peut-on parler de guerre juste ? Par exemple pour se d&#233;fendre d'un agresseur. Mais quels crit&#232;res retenir ? Et comment les mettre en &#339;uvre dans les conflits bien r&#233;els qui nous entourent, Ukraine, Gaza ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion propos&#233;e ici, loin de fournir une justification facile &#224; des conflits, offre des outils pour discerner ce qui est en jeu dans une guerre. Quelle est la fin que se propose celui qui la fait ? Les moyens qu'il met en &#339;uvre sont-ils proportionn&#233;s ? Est-il s&#251;r que le r&#233;sultat sera meilleur ? C'est ce qu'il faut analyser, selon une approche r&#233;aliste et de ce fait nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru en d&#233;cembre 2024 chez Boleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/51h5nljyxhl__sl1500_.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru en d&#233;cembre 2024 chez Boleine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://editions-boleine.fr/catalogue/80-la-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://editions-boleine.fr/catalog...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on parler de guerre juste ? Pour certains, la guerre &#233;tant fondamentalement mauvaise ne peut &#234;tre juste, tant du fait de sa violence que des haines durables qu'elle s&#232;me. D'autre craignent qu'admettre l'id&#233;e qu'il y a des guerres justes est ouvrir la porte &#224; la justification de toutes sortes des guerres. Pourtant on ne peut pas toujours &#233;viter la guerre : il arrive qu'on vous l'impose. Faudrait-il alors se laisser faire et laisser les agresseurs faire la loi ? La l&#233;gitime d&#233;fense est un cas &#233;vident de guerre qu'on ne peut pas ne pas mener. Il y a donc au moins un cas de guerre juste. D'o&#249; la question : quand et comment peut-on admettre que malgr&#233; ses horreurs une guerre peut et doit &#234;tre men&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains disent que la question est d&#233;pass&#233;e avec les armes nucl&#233;aires : quel sens a une guerre si elle d&#233;bouche sur la disparition de tout ? Mais, en dehors m&#234;me de la question de la dissuasion, l'exp&#233;rience des cinquante derni&#232;res ann&#233;es montre de nombreuses guerres de tout type qui restent en de&#231;&#224; du conflit nucl&#233;aire. Et pour qui la r&#233;flexion sur la guerre juste garde son sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la question se pose dans un cadre international o&#249; les Etats sont souverains, o&#249; il n'y a pas une autorit&#233; mondiale qui arbitre entre leurs diff&#233;rends. L'ONU n'a pas d'autorit&#233; sur eux. Mais cela n'implique pas qu'il n'existe pas des r&#232;gles d'ordre moral, ant&#233;rieures et en un sens sup&#233;rieures &#224; leur souverainet&#233;. En l'absence d'un Etat universel, la consid&#233;ration du bien commun incombe de fait aux diff&#233;rents Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion peut avoir un effet op&#233;rationnel, en vue d'une d&#233;cision sur une situation o&#249; l'usage de la force est une option. On pourrait objecter que cela ne vaut que pour celui qui a le souci du bien, ou une moralit&#233;, mais que le cynique ne sera pas concern&#233;. C'est vrai, &#224; ceci pr&#232;s que les justifications morales p&#232;sent sur le moral des parties. En outre il n'est pas inutile que le cynique sache &#224; partir de quand d'autres se sentiront en droit de r&#233;agir. Et des non-bellig&#233;rants peuvent influer sur l'issue d'un conflit, par exemple par des embargos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#233;luder la r&#233;flexion sur la guerre juste en disant que la priorit&#233; est &#224; la recherche de la paix suppose le probl&#232;me r&#233;solu. Dans la r&#233;alit&#233;, il appara&#238;t &#224; chaque &#233;poque des acteurs dangereux pour les autres &#8211; par int&#233;r&#234;t, id&#233;ologie ou autre. Il est donc essentiel d'avoir les id&#233;es claires sur ce qu'il est justifi&#233; de faire face &#224; eux. A un niveau plus fondamental, il est dangereux de penser que la mort et la souffrance sont les plus grands maux possibles, et que d&#232;s lors la soumission &#224; une force mauvaise est meilleure que la mort ou la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre paru fin 2024 chez Boleine &#171; La guerre juste, apr&#232;s l'Ukraine et Gaza &#187; je rappelle et analyse les principes classiques de la guerre juste, puis je les applique aux cas actuels : la guerre d'Ukraine et la guerre de Gaza, alors m&#234;me qu'elles ne sont pas termin&#233;es. Je compl&#232;te par le cas d'une guerre civile (la Syrie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet de prendre du recul et de porter un regard un peu plus objectif et lucide, comment on pourra le voir en le lisant. Et je rappelle un imp&#233;ratif : &#233;viter la manie des conflits id&#233;ologiques, ou celle des suppos&#233;s conflits de civilisation. Ils brouillent le jugement et excluent qu'il puisse s'agir de guerre juste, contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue aujourd'hui dans les pays occidentaux. En effet, entre autres consid&#233;rations et notamment la mani&#232;re m&#234;me de conduire la guerre &lt;i&gt;(jus in bello&lt;/i&gt;), pour &#234;tre dite juste une guerre doit certes d'abord poursuivre un objectif justifi&#233;, mais elle suppose aussi &#224; la fois qu'on puisse &#234;tre raisonnablement convaincu qu'on peut par-l&#224; arriver &#224; une situation r&#233;ellement meilleure, et qu'on ait des chances raisonnables de succ&#232;s (&lt;i&gt;jus ad bellum&lt;/i&gt;). Et donc une guerre juste suppose d'abord une analyse r&#233;aliste de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs et dans la m&#234;me perspective, on ne peut conclure qu'une guerre donn&#233;e est juste de fa&#231;on d&#233;finitive. Selon le cours des &#233;v&#233;nements, elle peut &#234;tre juste au d&#233;part et moins ensuite, ou elle peut le devenir alors qu'elle ne l'&#233;tait pas vraiment. Eventuellement du fait de la mani&#232;re de conduire cette guerre, mais aussi voire surtout en fonction des perspectives de succ&#232;s et des chances de parvenir &#224; une situation meilleure en continuant les op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une conclusion &#224; tirer de cet examen, c'est un double message. Un message de modestie et de prudence d'abord. Il est souvent difficile de porter un jugement &#233;quilibr&#233; face &#224; un conflit ou &#224; l'hypoth&#232;se d'une guerre, afin de discerner si on peut la consid&#233;rer en raison comme une juste guerre. Tant l'analyse des faits, les hypoth&#232;ses sur l'&#233;volution future des combats, ou la pr&#233;vision de l'effet final ne sont pas des sciences exactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi un message d'encouragement &#224; se poser cette question de la guerre juste, car l'horreur que suscite la guerre prend dans nos soci&#233;t&#233;s techniquement &#233;volu&#233;es une tout autre ampleur. Et les questions m&#234;me que l'on se pose dans cette perspective sont propres &#224; mod&#233;rer, chez celui qui se les pose, les ardeurs agressives ou &#233;motionnelles, les classements en blanc et noir, que nos soci&#233;t&#233;s affectionnent trop souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il pour cela accepter une asc&#232;se particuli&#232;re, conduisant &#224; la fois &#224; ne pas s'abandonner &#224; la passion id&#233;ologique, quand bien m&#234;me on croit profond&#233;ment &#224; certaines causes ou valeurs ; et &#224; ne pas tomber non plus dans l'illusion pacifiste, croyant la paix toujours &#224; port&#233;e de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc avoir &#224; faire des guerres, mais avec prudence et r&#233;flexion. Exercice fort peu naturel dans ce qui est une des exp&#233;riences les plus &#233;motionnellement intenses de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : pour conna&#238;tre les conclusions particuli&#232;res du livre sur l'Ukraine et Gaza&#8230; il faut le lire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-guerre-juste-apres-lukraine-et-gaza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-guerre-just...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecouter l'&#233;mission sur Radio Courtoisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rc.fr/2025/07/14/libre-journal-de-la-defense-du-14-juillet-2025-peut-on-encore-parler-de-guerre-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.rc.fr/2025/07/14/libre-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'une guerre est juste ou pas s'appr&#233;cie dans le temps et cela peut changer avec les faits : Ukraine, Gaza </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Qu-une-guerre-est-juste-ou-pas-s-apprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer.html</link>
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		<dc:date>2023-12-04T16:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gaza-+.html" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les donn&#233;es du d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la justesse d'une guerre ne se limite pas &#224; la justesse de la cause d&#233;fendue, mais aussi &#224; la haute probabilit&#233; du succ&#232;s des op&#233;rations, et &#224; la conviction raisonnablement &#233;tablie que la situation r&#233;sultante sera sensiblement meilleure que ce qu'elle aurait &#233;t&#233; sinon. Tous facteurs de consid&#233;ration r&#233;aliste qui sont par nature &#233;volutifs. En ce sens donc, r&#233;alisme et moralit&#233; ne s'opposent pas : bien au contraire ils se combinent &#233;troitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, comme je l'ai soulign&#233; par ailleurs, la guerre une fois d&#233;clench&#233;e a sa logique (&lt;i&gt;Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt;. Comme je le disais dans cet article : qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment. Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent. Mais tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me. C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre d'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons la guerre en Ukraine. Sans remonter aux origines, il para&#238;t clair que la r&#233;sistance ukrainienne &#224; l'invasion russe &#233;tait une guerre juste. Corr&#233;lativement, il &#233;tait justifi&#233; pour les Europ&#233;ens et les Am&#233;ricains de vouloir &#233;viter une d&#233;ferlante russe qui aurait d&#233;s&#233;quilibr&#233; le continent, et donc d'aider les Ukrainiens, en particulier par des armes. En revanche, l'ampleur des sanctions &#233;conomiques &#233;tait totalement disproportionn&#233;e et courait un risque &#233;lev&#233; d'&#234;tre contreproductive. Sur ce dernier plan, les faits ont confirm&#233; cette analyse : la perte s&#232;che de plus de 100 milliards d'actifs europ&#233;ens en Russie a &#233;t&#233; une grave sottise, sans parler du co&#251;t de le guerre, direct ou indirect ; parall&#232;lement, la Russie a progressivement r&#233;orient&#233; son activit&#233; en la rendant bien plus autonome et surtout travaille &#224; ressusciter son complexe militaro-industriel, dans la tradition sovi&#233;tique, ce qui n'est certainement pas une &#233;volution souhait&#233;e par le c&#244;t&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au terrain principal, qui est la guerre elle-m&#234;me, la perspective d'une victoire ukrainienne est d&#233;sormais plus &#233;loign&#233;e que jamais. Si donc la r&#233;action initiale &#233;tait justifi&#233;e, le jugement &#224; porter n'est plus le m&#234;me. Ni les chances de gain, ni la perspective d'une situation meilleure ne sont favorables. Et une escalade occidentale, que certains appellent de leur v&#339;ux, serait d&#233;vastatrice. En termes clairs, pour les Ukrainiens la recherche d'une solution de paix devient de plus en plus seule pertinente, ou au moins de cessation des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre &#224; Gaza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant &#224; Gaza (voir ici mon article &lt;i&gt;Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ?&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, l'agresseur imm&#233;diat et caract&#233;ris&#233; le 7 octobre dernier est le Hamas, marqu&#233; en outre par une barbarie r&#233;v&#233;latrice. De plus, le programme du Hamas pr&#233;voit la destruction d'Isra&#235;l, et il para&#238;t cr&#233;dible que telle est bien leur but. D&#232;s lors l'attaque d'Isra&#235;l sur Gaza par para&#238;t justifi&#233;e en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse ici de c&#244;t&#233; une question pourtant importante : celle des modalit&#233;s de l'op&#233;ration, notamment &#224; l'&#233;gard des civils, car y r&#233;pondre suppose une information qui me para&#238;t actuellement trop parcellaire. Certes, &#224; partir du moment o&#249; un pouvoir politique utilise sa population comme bouclier, on voit mal comment l'&#233;radiquer sans des dommages sur celle-ci ; encore faut-il les r&#233;duire le plus possible, et pour cela il faut savoir dans quelle mesure la m&#233;thode suivie par Isra&#235;l le fait. Je laisse donc ce d&#233;bat ouvert &#224; ce stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point qui nous concerne plus directement ici est la suite des op&#233;rations. D'un c&#244;t&#233;, la guerre suscite des r&#233;actions &#233;motionnelles consid&#233;rables, notamment dans le monde arabo-musulman, mais aussi ailleurs dans le monde. On peut certes souligner qu'il y a l&#224; deux poids et deux mesures par rapport &#224; bien d'autres situations souvent plus douloureuses pour des populations elles aussi musulmanes, mais qui ne suscitent pas les m&#234;mes indignations bruyantes (Iraq contre Daech avec notamment la prise de Mossoul, Syrie, Y&#233;men, Ouigours etc.). Ce qui est vrai ; mais il faut n&#233;anmoins prendre en compte la r&#233;alit&#233; de cette diff&#233;rence de traitement, sans doute due en bonne partie au fait qu'ici l'autre protagoniste (Isra&#235;l) est per&#231;u comme occidental. Une telle r&#233;action peut avoir &#233;ventuellement des cons&#233;quences g&#233;opolitiques non n&#233;gligeables, et pourrait d&#233;raper en guerre &#233;largie dans la r&#233;gion &#8211; m&#234;me si ce n'est pas le plus probable &#224; ce stade. Sous un autre angle, on constate la m&#234;me pression &#233;motionnelle en Isra&#235;l, pays d&#233;mocratique obs&#233;d&#233; par la question des otages et par l&#224; vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, en soi la logique de l'op&#233;ration isra&#233;lienne est de finir ce qui a &#233;t&#233; commenc&#233; : si la guerre s'arr&#234;te demain sans &#233;limination de l'essentiel des forces du Hamas, d'une certaine mani&#232;re son effet sera limit&#233;, et par l&#224; sa justification &#233;ventuelle r&#233;duite. Toutes choses &#233;gales par ailleurs, au point o&#249; ils en sont, il peut &#234;tre alors l&#233;gitime pour Isra&#235;l de continuer. Cela dit, la pression, notamment externe, peut conduire &#224; une issue hybride, qui risque de ne rien clarifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est une autre consid&#233;ration qui sera d&#233;cisive pour appr&#233;cier la justesse de cette guerre : ce que fera Isra&#235;l sur la question palestinienne. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, en consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et donc, comme je le disais &#224; ce sujet dans l'article en question, soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte. D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, par un paradoxe apparent, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, &#224; nouveau, le d&#233;luge d'&#233;motions contradictoires que suscitent ces conflits, surtout le dernier, est sans commune mesure avec les consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; celles-ci : c'est en regardant les r&#233;alit&#233;s en face qu'on peut progresser. D'autant que l'utilisation abusive d'arguments moralisants par les divers camps en pr&#233;sence exige de prendre du recul. Plus que jamais, l'utilisation d'arguments moraux dans des conflits suppose une analyse lucide et attentive, en outre susceptible d'&#233;voluer dans le temps. La raisonnement prudentiel est une chose, la vengeance ou l'&#233;motion incontr&#244;l&#233;e une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 3 d&#233;cembre 2023 sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/quune-guerre-est-juste-ou-pas-sapprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer-avec-les-faits-ukraine-gaza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/quune-guerre-e...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ukraine et Russie : naissance de nations</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Ukraine-et-Russie-naissance-de-nations.html</link>
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		<dc:date>2023-06-07T15:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>Russie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Ukraine mettent en &#233;vidence une fois de plus une cons&#233;quence inattendue ou peu soulign&#233;e des conflits majeurs &#224; l'&#233;poque moderne : la red&#233;finition ou m&#234;me la d&#233;finition d'un fait national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'esp&#232;ce, un fait national ukrainien nouveau, sortant de l'ambig&#252;it&#233;, largement d&#233;russifi&#233; ; et peut &#234;tre &#224; terme une Russie toujours puissance mais post-imp&#233;riale, et donc plus nationale russe qu'empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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/ 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Ukraine mettent en &#233;vidence une fois de plus une cons&#233;quence inattendue ou peu soulign&#233;e des conflits majeurs &#224; l'&#233;poque moderne : la red&#233;finition ou m&#234;me la d&#233;finition d'un fait national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les syst&#232;mes politiques traditionnels ou dans les empires, le fait national n'est pas vital pour la d&#233;finition du r&#233;gime politique, m&#234;me s'il y est plus ou moins latent. En revanche, lorsque ces syst&#232;mes &#233;voluent dans un sens plus &#8216;d&#233;mocratique' il devient un enjeu important. On en a eu un exemple spectaculaire en Yougoslavie, o&#249; le syst&#232;me titiste, qui restait une autocratie communiste, reconnaissait certes la diversit&#233; des peuples composant le pays, mais ce n'&#233;tait pas ce qui formait la base du r&#233;gime. Quand il a &#233;clat&#233;, non seulement les diff&#233;rentes composantes ont pris leur ind&#233;pendance, mais le r&#244;le d&#233;sormais strat&#233;gique du facteur national a conduit &#224; des op&#233;rations souvent cruelles de s&#233;paration, les minorit&#233;s ethniques qui cohabitaient auparavant avec la majorit&#233; locale &#233;tant somm&#233;es de partir ou de se soumettre : c'est ce qu'on a appel&#233; non sans un certain cynisme le nettoyage ethnique. Il s'est d'ailleurs fait surtout au d&#233;triment des Serbes - dont les propres essais de &#171; nettoyage &#187; en Bosnie ont scandalis&#233; &#224; juste titre, mais plus que les mouvements en sens inverse, pourtant tout aussi r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans d'autres cas, la situation &#233;tait beaucoup plus floue et ind&#233;termin&#233;e. Les modalit&#233;s de dissolution de l'ex-URSS ont &#233;t&#233; dans un premier temps non-violentes. Mais ce qui para&#238;t sous cet angle a priori pr&#233;f&#233;rable a aussi pour cons&#233;quence de laisser l'ind&#233;termination durer plus longtemps. D'un c&#244;t&#233;, la Russie restait dans une position floue entre l'h&#233;ritage de l'empire, sovi&#233;tique et auparavant tsariste, et un avenir possible de nation comme les autres, &#224; base ethnoculturelle sinon homog&#232;ne, du moins &#224; identit&#233; dominante claire. D'un autre c&#244;t&#233;, l'Ukraine restait dans un entre-deux, s'&#233;talant d'un Ouest de tradition occidentale mais minoritaire et partisan d'une nationalisme purement ukrainien, &#224; un Est s'identifiant comme ethniquement russe, et avec un grand centre entre les deux, plut&#244;t ukrainien dans sa perception de soi, mais dont la culture &#233;tait largement russe et qui utilisait plus le russe que l'ukrainien dans la plupart de ses manifestations publiques : c'&#233;tait d'ailleurs le cas du Pdt Zelenski, russophone pour l'essentiel avant les &#233;v&#233;nements r&#233;cents, notamment dans sa carri&#232;re &#8216;artistique'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on avait eu auparavant des signes r&#233;guliers dans l'histoire de la pr&#233;sence d'&#233;l&#233;ments nationaux ukrainiens : la langue, la sp&#233;cificit&#233; culturelle et sociologique, des r&#233;voltes, la r&#233;action &#224; des pers&#233;cutions russes comme sous Staline, ou les &#233;v&#233;nements ambigus de la seconde guerre mondiale. Mais d'une part, pendant le gros de l'histoire (hors extr&#234;me Ouest), le pays &#233;tait inclus dans l'empire russe ou l'URSS ; et d'autre part la culture &#233;tait tr&#232;s largement impr&#233;gn&#233;e de Russie. La litt&#233;rature &#233;tait bien plus russe qu'ukrainienne. De nombreux Ukrainiens ont fait tranquillement carri&#232;re dans l'empire, tsariste ou sovi&#233;tique ; et nombreux sont les gens qui en Russie ont une ascendance ou une famille ukrainienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'allons pas &#233;voquer ici les causes et modalit&#233;s du conflit en cours : mais souligner sa cons&#233;quence la plus directe : le pr&#233;cipit&#233; national en Ukraine, au sens chimique du terme. Quelle que soit l'issue militaire du conflit, du moins parmi les hypoth&#232;ses plausibles, on aura au bout du compte l'&#233;quivalent du &#8216;nettoyage ethnique' &#224; la yougoslave : une partie restera &#224; la Russie et sera russe ; et une autre partie, majoritaire, sera ukrainienne et seulement cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; ce paradoxe apparent : l'action de V. Poutine aura &#233;t&#233;, tr&#232;s involontairement, une contribution majeure &#224; la constitution d'une nation ukrainienne &#224; identit&#233; tranch&#233;e, largement &#233;pur&#233;e de toute influence russe. Il est en effet d'ores et d&#233;j&#224; pratiquement acquis que, quelles que soit les p&#233;rip&#233;ties, on aura une nation ukrainienne qui non seulement ne parlera qu'ukrainien et ne se sentira que telle, percevant probablement sa personnalit&#233; comme occidentale, mais aura &#233;radiqu&#233; autant que possible de sa m&#233;moire les &#233;l&#233;ments russes. Concr&#232;tement, on n'&#233;tudiera plus le russe dans les &#233;coles que comme langue &#233;trang&#232;re et si on lit de la litt&#233;rature, ce sera en ukrainien ou par des traductions d'&#339;uvres occidentales. Un bouleversement profond, qui &#233;voque par certains c&#244;t&#233;s la rupture organis&#233;e par Atat&#252;rk par rapport &#224; la culture ottomane, dans la m&#234;me volont&#233; d'affirmation d'un nationalisme nouveau. Et donc ce qui se passe sous nos yeux est en un sens le processus d'&#233;mergence d'une nation en train de se constituer comme telle, du moins dans la pr&#233;sentation consciente qu'elle aura d'elle-m&#234;me, y compris ce qu'on appelle par ailleurs son &#171; roman national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, dans un autre contexte, le geste d'Hitler annexant une Autriche dont l'identit&#233; nationale &#233;tait rien moins qu'assur&#233;e, a abouti lui aussi en derni&#232;re analyse &#224; cristalliser une identit&#233; nationale autrichienne distincte de l'allemande, qui n'&#233;tait nullement &#233;vidente avant 1918. Seule diff&#233;rence, importante : l'Autriche reste germanophone et sa culture reste largement commune avec l'allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce r&#233;sultat ne sera pas uniquement le fait des d&#233;cisions de V. Poutine, tant s'en faut : le r&#244;le du c&#244;t&#233; ukrainien aura &#233;videmment &#233;t&#233; d&#233;cisif aussi, notamment avec Maidan et depuis. Mais sans les gestes radicaux du dirigeant russe, le pr&#233;cipit&#233; national ukrainien serait sans doute rest&#233; plus limit&#233; et plus ambigu. Si donc la Russie pourra peut-&#234;tre r&#233;cup&#233;rer des tranches appr&#233;ciables de territoires sur la base de ceux actuellement occup&#233;s et les assimiler, d'une part cela restera quelque peu en de&#231;&#224; de la zone ant&#233;rieurement plut&#244;t russophone (Odessa en est un bon exemple), et d'autre part elle perdra ce faisant l'&#226;me de tout le reste, qui lui sera devenu &#233;tranger et orient&#233; vers l'Ouest. Ind&#233;pendamment donc de toute consid&#233;ration morale ou normative ainsi que de la dimension internationale, on peut donc s'interroger sur le r&#233;sultat local du point de vue russe : il n'est pas &#233;vident qu'au final tout cela ait &#233;t&#233; une tr&#232;s bonne op&#233;ration pour la Russie, dans la perspective qui &#233;tait la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, du point de vue du fait national, on peut prendre une autre approche : contrairement &#224; ce que pensent une majorit&#233; d'observateurs, non seulement ce sera &#224; terme une &#233;tape dans l'&#233;mergence d'une nation ukrainienne aux contours tranch&#233;s, mais cela peut &#233;ventuellement conduire &#224; un fait analogue pour la Russie elle-m&#234;me, devenant plus nettement nationale russe, et moins imp&#233;riale au sens propre du terme. D'autant plus que l'empire d&#233;passe manifestement ses moyens. Ce qui ne veut pas dire un pays sans ambition de puissance, ou devenant secondaire sur la sc&#232;ne internationale ; mais ce sera alors d'une fa&#231;on diff&#233;rente du pass&#233;. Am&#233;ricains et Chinois par exemple ont sous diff&#233;rentes formes une volont&#233; de puissance claire, mais les deux pays sont fond&#233;s sur une nation relativement homog&#232;ne, du moins dans sa grande majorit&#233;, et ne visent pas la construction d'un v&#233;ritable empire pluriethnique au-del&#224; de leurs fronti&#232;res. L'empire russe puis l'URSS &#233;taient eux clairement et massivement pluriethniques et assum&#233;s comme tels, m&#234;me s'ils &#233;tait construits autour du peuple russe. On peut imaginer qu'une fois int&#233;gr&#233;e la d&#233;chirure en cours, ce sera beaucoup moins le cas &#224; l'avenir de la Russie, quel que soit son r&#233;gime.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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