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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le d&#233;sordre politique fran&#231;ais et sa source profonde : l'h&#233;g&#233;monie culturelle d'une gauche pourtant &#224; la d&#233;rive</title>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;g&#233;monie</dc:subject>
		<dc:subject>Macron</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pathologie Macron On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/prison-370111_640.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pathologie Macron &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la fonction, m&#234;me ind&#233;pendamment de ses id&#233;es et orientations. D&#233;fauts qui ont pris depuis un tour catastrophique : la dissolution et le cirque que nous subissons depuis un an en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa d&#233;charge tr&#232;s partielle, il subit ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e. Cet endroit rend fou, entre isolement, exaltation, et perte de contact avec le r&#233;el. Seuls des caract&#232;res tr&#232;s tremp&#233;s y ont r&#233;sist&#233; : de Gaulle, sans doute Pompidou, et pour notre malheur, Mitterrand (qui habitait chez lui). Mais la d&#233;rive est encore pire avec Macron. Alors que les effectifs de la pr&#233;sidence restent minuscules, il fait tout remonter &#224; lui. Un esprit normal n'y r&#233;sisterait pas, a fortiori quelqu'un qui donne des signes clairs de d&#233;s&#233;quilibre, et qui n'a jamais g&#233;r&#233; que sa secr&#233;taire (comme ministre il n'avait aucun autonomie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le blocus du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IIl ne peut pas &#234;tre sain dans un r&#233;gime dit d&#233;mocratique d'organiser un cordon sanitaire prophylactique autour d'un parti majeur, d&#233;sormais et de loin le premier de France. Ce faisant, on ignore toute une partie de l'opinion, et on restreint massivement les solutions politiques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'issue possible de ce qu'on appelle populisme est double. Soit devenir un parti de gouvernement nouveau. Soit s'effilocher et se fondre dans le paysage. Mais dans les deux cas, il ne sert &#224; rien de l'isoler dans un ghetto. Quant &#224; une possible d&#233;rive autoritaire, elle peut toucher tous les partis ; et le r&#233;gime sait l'&#234;tre quand il s'agit d'imposer ses lubies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le RN &#233;tait vraiment un parti subversif, il faudrait l'interdire &#8211; et donc faire une entorse &#224; la d&#233;mocratie. Mais l'ostraciser n'a pas de sens, sauf que cela permet de faire &#233;lire par contraste des gens qui ne le m&#233;ritent pas. Y compris (&#224; Avignon) un antifa fich&#233; S !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que le programme de ce parti, notamment &#233;conomique, est en partie irr&#233;aliste ou dangereux, et que sa capacit&#233; &#224; gouverner n'est pas d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;rive de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patrimoine id&#233;ologique de la gauche est multiple, mais deux dimensions majeures le caract&#233;risaient autrefois : d'un c&#244;t&#233; la tradition r&#233;volutionnaire, progressiste, la suppos&#233;e &#233;mancipation, ce qu'on peut appeler l'id&#233;ologie d&#233;mocratique ; et d'un autre c&#244;t&#233;, la tradition socialiste, au sens ouvrier et populaire du terme. La premi&#232;re est n&#233;faste. La deuxi&#232;me a pu &#234;tre dangereuse, mais elle avait un aspect l&#233;gitime et b&#233;n&#233;fique. Malheureusement, c'est elle que la nouvelle gauche a liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la premi&#232;re ligne, dans sa forme actuelle, est particuli&#232;rement aberrante, avec d&#233;rive woke, passion pour l'immigration (et pour l'&#233;lectorat correspondant), et d&#233;lires multiples (caricature d'&#233;cologie, mesures soci&#233;tales de plus en plus inhumaines etc.).Ce faisant, elle ne propose aucune r&#233;ponse aux probl&#232;mes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement cette gauche, d&#233;sormais politiquement minoritaire, continue dans une large mesure &#224; donner le ton au d&#233;bat public (malgr&#233; la pr&#233;tendue presse Bollor&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une droite toujours pas &#233;mancip&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; droite &#187;, la mal&#233;diction que symbolise le nom de Chirac est toujours l&#224; : elle reste en suj&#233;tion morale par rapport aux diktats de la gauche. Des signes d'&#233;mancipation apparaissent, mais ils restent tr&#232;s insuffisants. Car ce que ses &#233;lus veulent pour la plupart, c'est &#234;tre dans le syst&#232;me. Or c'est encore la gauche qui y donne le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total donc, cette h&#233;g&#233;monie de la gauche (au sens de Gramsci) dans l'expression publique des id&#233;es, dans sa forme actuelle d&#233;connect&#233;e de la population, appara&#238;t comme un point n&#233;vralgique. C'est au fond elle qui a permis l'&#233;lection et la r&#233;&#233;lection de Macron, le blocage du RN, l'inhibition de la droite ; et plus largement l'oubli du peuple. Alors qu'elle n'apporte aucune solution, m&#234;me illusoire. Tant qu'elle ne sera pas surmont&#233;e (m&#233;dias, associations, enseignement, magistrature&#8230;), rien de substantiel ne sera vraiment possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/le-desordre-politique-francais-et-lhegemonie-culturelle-de-la-gauche/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;lections europ&#233;ennes 2019 : retour aux r&#233;alit&#233;s</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Elections-europeennes-2019-retour-aux-realites.html</link>
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		<dc:date>2019-06-02T12:42:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Elections</dc:subject>
		<dc:subject>Macron</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par certains c&#244;t&#233;s les &#233;lections europ&#233;ennes sont un nouveau tremblement de terre dans le paysage politique fran&#231;ais. Et de fait au-del&#224; de l'anecdote (car des &#233;lections, surtout europ&#233;ennes, sont des &#233;v&#233;nements al&#233;atoires et par l&#224; anecdotiques) elles sont porteuses de le&#231;ons durables et importantes, notamment pour ceux qu'on appelle conservateurs, et la droite en g&#233;n&#233;ral. L'&#233;chec est manifeste, mais n'a rien pour surprendre, ni pour d&#233;courager.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par certains c&#244;t&#233;s les &#233;lections europ&#233;ennes sont un nouveau tremblement de terre dans le paysage politique fran&#231;ais. Et de fait au-del&#224; de l'anecdote (car des &#233;lections, surtout europ&#233;ennes, sont des &#233;v&#233;nements al&#233;atoires et par l&#224; anecdotiques) elles sont porteuses de le&#231;ons durables et importantes, notamment pour ceux qu'on appelle conservateurs, et la droite en g&#233;n&#233;ral. L'&#233;chec est manifeste, mais n'a rien pour surprendre, ni pour d&#233;courager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P&#233;rip&#233;ties partisanes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait majeur est &#233;videmment le glissement de LREM, le parti macronien de la R&#233;publique En Marche, ou plut&#244;t de sa base &#233;lectorale, de la gauche vers la droite. Stable en pourcentage par rapport au premier tour des pr&#233;sidentielles de 2017, il a en r&#233;alit&#233; mang&#233; une bonne part de l'&#233;lectorat de Fillon, mais perdu de l'autre c&#244;t&#233;, notamment au profit des &#233;cologistes. R&#233;sultat : les R&#233;publicains, &#233;cras&#233;s entre cette pouss&#233;e et le RN stable, s'effondrent &#224; un plus bas historique et sont en crise ouverte. Et &#224; gauche si la division continue &#224; r&#233;gner, le total de la gauche de gouvernement est de 23 % ce qui n'est pas si mal &#8211; sauf que d&#233;sormais les &#233;cologistes sont en t&#234;te. Parall&#232;lement les Insoumis se sont effondr&#233;s aussi, ce qui signe l'&#233;chec de M&#233;lenchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bipolarit&#233; entre LREM et RN fonctionne donc bien. Mais avec de r&#233;elles limites. D'abord le RN ex-FN ne progresse pas vraiment, et para&#238;t incapable de rassembler au-del&#224; de son bastion, lequel lui assure un niveau appr&#233;ciable qui le met en t&#234;te, mais qui est en soi bas pour un parti qui se voudrait leader. Ensuite LREM ayant vu sa base glisser est tout sauf stabilis&#233;. Il se confirme que l'habilet&#233; tactique (et la chance) de son mentor est efficace pour le mettre en position strat&#233;gique, mais pas pour susciter une vrai adh&#233;sion ni pour arrondir son noyau dur de vrais fid&#232;les. Et il se confirme aussi qu'il est difficile de manger &#224; la fois sur la droite et sur la gauche. La probabilit&#233; est cependant que la droite ait sa priorit&#233;. Ce qui veut dire en clair que LREM devient le parti de l'ordre, quoique d'un ordre &#8216;progressiste', en sus d'&#234;tre le parti de l'&#233;conomie lib&#233;rale et de l'Europe. C'est peut-&#234;tre sur cette position qu'il peut se stabiliser ; en t&#233;moigne le vote massif des retrait&#233;s en sa faveur, autrefois noyau dur des R&#233;publicains. Incidemment, Macron doit une fi&#232;re chandelle aux Gilets Jaunes, qui l'ont inscrit comme chef du parti de l'ordre, tout en l'obligeant &#224; rectifier, en partie mais suffisamment, quelques-unes de ses plus grosses b&#234;tises (avec les retrait&#233;s justement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela lib&#232;re de la place &#224; gauche, et les &#233;cologistes en profitent ; pas id&#233;al mais moindre mal pour Macron, car ce sont des opposants avec qui il peut traiter ; en outre dans le pass&#233; ils n'ont pas &#233;t&#233; tr&#232;s concluants comme chefs de file, car trop instables. Ils b&#233;n&#233;ficient en effet de l'int&#233;r&#234;t public pour l'&#233;cologie, mais sont avant tout une variante bobo de la gauche de gouvernement, simplement un peu plus sp&#233;cialis&#233;e sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire que la place pour la droite non macronienne est tr&#232;s &#233;troite. L'interpr&#233;tation des t&#233;nors opposants &#224; Wauquiez est sur ce plan fausse : les &#233;lecteurs qui ont fui LR n'ont pas &#233;t&#233; rebut&#233;s par une position dite &#8216;conservatrice' (au sens fort du terme) ; ils ont vot&#233; pour le parti de l'ordre, qui n'est plus LR mais LREM. D'ailleurs les sondages de janvier donnaient &#224; LR le score qu'il a eu. Bien entendu, les personnalit&#233;s ont beaucoup jou&#233; : &#224; ce stade, Wauquiez n'est pas un leader ou un rassembleur, et il passe tr&#232;s mal. Bellamy a &#233;t&#233; appr&#233;ci&#233; personnellement mais est encore moins un leader politique. En outre et surtout, au-del&#224; de ces d&#233;fauts personnels, leur ligne manquait terriblement de clart&#233; : elle &#233;tait loin de marquer une rupture conservatrice (encore moins un alignement sur le RN comme le racontent certains farceurs &#224; LR) - ce qui aurait suppos&#233; une attitude tr&#232;s diff&#233;rente de rupture avec le mod&#232;le pass&#233; de l'UMP et des R&#233;publicains, notamment dans leur vote &#224; Bruxelles, jusqu'ici totalement lign&#233; sur le PPE et conformiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette analyse se confirme, il n'y a pas de place pour la ligne de retour &#224; une sorte d'UMP, ce que recommandent au fond les t&#233;nors LR en r&#233;volte, de Larcher &#224; P&#233;cresse et Bertrand, car les lecteurs pr&#233;f&#233;reront alors la r&#233;alit&#233; LREM &#224; la copie vieillotte qu'ils proposeront. Sauf &#224; constituer un groupe proche de Macron, fa&#231;on &#8216;Agir', mais en subordination de fait, et en liant leur sort au sien, au moins pour un temps (notamment en vue des municipales). Mais la seule option qui reste pour les vrais conservateurs est aussi une voie &#233;troite : un socle de voix qui n'a plus rien &#224; voir avec LR, et signifie donc une grande faiblesse aux l&#233;gislatives ; donc une travers&#233;e du d&#233;sert &#233;prouvante et la recherche d'un vrai leader. On comprend donc les vieux caciques ; mais on l'a dit cela ne leur donne pas de voie de salut autre que comme suppl&#233;tifs d'En Marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; RN il garde sa force comme on l'a dit, mais reste fig&#233;. Le r&#244;le de Marine Le Pen, leader h&#233;r&#233;ditaire actuel, y est pour beaucoup. Son style, ses m&#233;thodes, son parti-pris de m&#233;diocrit&#233; ne lui permettent pas de rassembler au-del&#224; des fid&#232;les et de constituer une force de gouvernement cr&#233;dible. D'autant qu'en cons&#233;quence son programme reste h&#233;t&#233;roclite, l'&#233;tatisme socialisant de sa position &#233;conomique &#233;tant notamment r&#233;dhibitoire pour les &#233;lecteurs de droite, tandis que ses positions politiques sur les migrants le rendent inacceptable &#224; gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : il n'est d'abord pas &#233;tonnant que les commentateurs voient ici une victoire pour E. Macron. Mais une victoire fragile, car elle n'est due qu'&#224; l'habilit&#233; de la man&#339;uvre. L'adh&#233;sion reste tr&#232;s basse dans le pays, qui n'a jamais &#233;t&#233; aussi peu rassembl&#233; depuis 1958. D'o&#249; le risque permanent de claquage, soit par r&#233;volte comme ce fut le cas pour les Gilets jaunes, soit par mauvaise gestion d'un &#233;v&#233;nement, soit par &#233;mergence d'un leader cr&#233;dible. Sa r&#233;&#233;lection en 2022, tr&#232;s probable au vu de la situation actuelle, reste donc al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me conclusion : l'effondrement &#233;lectoral apparent des id&#233;es &#8216;conservatrices'. Le pr&#233;c&#233;dent parti de l'ordre (UMP puis LR) ne les respectait pas beaucoup mais un peu parfois (avec des vell&#233;it&#233;s de parier l&#224;-dessus sous Sarkozy) ; le nouveau (LREM) s'en moque, notamment en termes de m&#339;urs, et sa matrice est progressiste. Naturellement cet effondrement du relais politique des conservateurs ne signifie rien en profondeur ; mais cela douche les espoirs na&#239;fs de beaucoup, &#224; la suite de la Manif pour tous et de Fillon. En avant pour PMA, GPA, euthanasie etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le&#231;on substantielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me tourne maintenant vers ces lecteurs qui comme moi s'attachent au d&#233;sir d'un renouveau de notre pays, enfin fid&#232;le &#224; son immense h&#233;ritage et assumant avec courage le changement en profondeur qui s'impose. Ce que beaucoup ont esp&#233;r&#233; de ce qui paraissait &#234;tre une fr&#233;missement de la pens&#233;e conservatrice, voire un glissement &#224; droite de l'opinion. Comme on le constate, on en est loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote des catholiques pratiquants &#224; ces europ&#233;ennes en a douch&#233; plus d'un. Et de fait il est symptomatique, si on peut se fier &#224; des sondages pas faciles &#224; faire (vu le petit nombre). D&#233;sertant la droite ancienne des LR pour qui ils votaient en masse, ils ne sont all&#233;s de fa&#231;on appr&#233;ciable ni vers les Verts (malgr&#233; Laudato Si), ni vers le reste de la gauche (le progressisme chr&#233;tien para&#238;t bien mourant), ni vers Mme Le Pen (qui reste anath&#232;me). Mais en nette majorit&#233; vers Emmanuel Marcon et son LREM. Malgr&#233; son positionnement progressiste. Non pas le parti du portefeuille comme certains le disent (car ces &#233;lecteurs n'ont dans leur grande majorit&#233; pas profit&#233; de mesures comme l'ISF), mais &#224; nouveau le parti de l'ordre et de l'Europe. Comme les retrait&#233;s (qu'ils sont d'ailleurs souvent). Ce qui veut dire tout simplement d'une part que ces personnes ne sont pas p&#233;n&#233;tr&#233;es d'un pens&#233;e classique ou conservatrice leur servant de boussole : elles peuvent se mobiliser en ce sens, comme avec la Manif pour tous, mais repartir ailleurs en fonction d'autres int&#233;r&#234;ts et priorit&#233;s &#8211; que dans la perspective du combat &#233;lectoral on a toujours grand tort de n&#233;gliger. L'&#233;conomie par exemple. Cela signifie d'autre part que le combat pour un changement r&#233;el est loin d'&#234;tre facile et &#224; issue rapide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;voque la question en profondeur dans un livre qui vient de para&#238;tre, juste avant ces &#233;lections : &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;. Je l'&#233;voque dans &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/POUR-UN-GRAND-RETOURNEMENT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/POUR-...&lt;/a&gt;. J'y montre justement la profondeur du changement &#224; op&#233;rer, qui pour &#234;tre vraiment substantiel doit se faire dans le sens d'un retour &#224; la pens&#233;e classique (dont le conservatisme au bon sens du terme est un d&#233;riv&#233; adaptatif). Il ne s'agit en effet pas de simples rapports de force entre des id&#233;es ou des &#233;quipes, mais de renverser des structures de pens&#233;e dominantes depuis des si&#232;cles, un paradigme qui est au c&#339;ur de notre fa&#231;on de penser collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de conscience de cette r&#233;alit&#233; explique &#224; la fois la difficult&#233; d'obtenir un r&#233;sultat dans le champ du combat politique, et cependant la n&#233;cessit&#233; de ce combat. Car on navigue &#224; contre-courant, dans une soci&#233;t&#233; qui comprend mal au nom de quoi on se bat, et surtout r&#233;agit vite par des condamnations radicales, d&#232;s qu'elle sent qu'il s'agit d'un retournement en profondeur des valeurs dominantes. D'autant en outre que dans le champ politique le succ&#232;s ne d&#233;pend pas que de la justesse des id&#233;es, tant s'en faut, mais plus encore de la personnalit&#233; des leaders (et de leur ad&#233;quation aux circonstances), de la capacit&#233; &#224; int&#233;grer des dimensions multiples, et des circonstances, voire de la chance. Sans De Gaulle, 1958 aurait &#233;t&#233; tr&#232;s diff&#233;rent. Sans 1958, le sort de De Gaulle de m&#234;me. Or ni ces leaders ni ces circonstances ne sont d&#233;pendants de nous. Les deux horizons temporels sont donc de nature tr&#232;s diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup souhaitent une recomposition de la droite dans son ensemble, groupant au moins conservateurs, souverainistes et populistes, et &#233;ventuellement plus. On voit l'int&#233;r&#234;t qu'aurait la d&#233;marche, dans le champ politique. A terme proche cela para&#238;t cependant irr&#233;aliste, au moins tant que les R&#233;publicains n'auront pas vu l'&#233;chec du retour &#224; l'UMP, tant que Marine Le Pen sera l&#224;, tant que les chapelles dominent ailleurs, et tant qu'un leader ne s'est pas d&#233;tach&#233; (et Marion Mar&#233;chal ne peut l'&#234;tre &#224; ce stade, pour ne parler que d'elle). Le moment n'est donc pas propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc &#224; la fois lever la t&#234;te au-dessus du guidon, regarder droit devant soi, et savoir que cette course-l&#224; ne se gagne vraiment que sur la longue dur&#233;e. Et que cela suppose de passer par une succession de p&#233;rip&#233;ties hasardeuses, qu'il ne faut pas rater ou pas toujours, mais qui &#224; elles seules ont assez peu de signification. Le vrai horizon est ailleurs, et la vraie fid&#233;lit&#233; s'y attache, comme le vrai courage. Et l'occasion viendra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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