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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La pens&#233;e classique doit souffler en Europe</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-pensee-classique-doit-souffler-en-Europe.html</link>
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		<dc:date>2019-08-27T10:15:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Paradigme relativiste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'on admet que les id&#233;es m&#232;nent le monde, alors il est plus que jamais n&#233;cessaire de comprendre celles qui nous dirigent aujourd'hui. Entre la pens&#233;e classique et la pens&#233;e relativiste, ce sont deux conceptions de l'homme et du monde qui ne per&#231;oivent pas les &#233;v&#233;nements de la m&#234;me fa&#231;on. Comment alors reb&#226;tir une soci&#233;t&#233; commune et favoriser la fraternit&#233; et le bien commun dans un corps social qui se d&#233;lite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Pierre de Lauzun auteur de Pour un grand retournement politique. Face aux impasses du paradigme actuel, Le Bien commun, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par la revue Conflits.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous pr&#233;sentez deux paradigmes intellectuels qui s'opposent, et qui ont des cons&#233;quences politiques et sociales fortes : le paradigme classique et le paradigme relativiste. En quoi les deux s'opposent-ils et pourquoi le paradigme relativiste est-il dominant aujourd'hui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme relativiste domine notre culture commune depuis trois si&#232;cles, mais n'a fait sentir que progressivement ses effets. C'est l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale, et que chacun se d&#233;termine donc comme il l'entend. D&#232;s lors la seule notion du bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ses valeurs et r&#233;f&#233;rences sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; ce qu'on trouve pour la premi&#232;re fois clairement exprim&#233;e dans la D&#233;claration des Droits de l'homme de 1789. Il en r&#233;sulte une lente d&#233;rive, qui ronge ces biens communs essentiels qu'&#224; des degr&#233;s divers l'humanit&#233; avait rep&#233;r&#233;s ou construits au cours de son histoire. Au stade actuel, cela se traduit par une radicalit&#233; et une emprise consid&#233;rables, dont t&#233;moigne ce qu'on appelle le politiquement correct, une police de la pens&#233;e qui e&#251;t &#233;t&#233; impensable sous cette forme il y a cinquante ans. Mais &#233;chapper &#224; l'emprise d'un paradigme dominant n'est pas simple. Un paradigme est un cadre qui structure et oriente toute la pens&#233;e collective d'une &#233;poque. Comme l'a montr&#233; Kuhn en mati&#232;re scientifique, un paradigme n'est d&#233;pass&#233; que lorsqu'un autre &#233;merge du fait que le premier rencontre des difficult&#233;s insurmontables. Tant qu'on n'en est pas l&#224;, la pens&#233;e reste conditionn&#233;e par le paradigme pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e classique pr&#233;sente un cadre de pens&#233;e tout &#224; fait diff&#233;rent et donc v&#233;ritablement alternatif. Elle se fonde sur l'exp&#233;rience des si&#232;cles, qui permet de d&#233;gager par la r&#233;flexion et l'usage une r&#233;f&#233;rence s&#251;re pour la vie et l'action communes. Elle a &#233;t&#233; formalis&#233;e en politique notamment par Aristote, Cic&#233;ron puis Thomas d'Aquin et est toujours vivante depuis, inspirant &#224; des degr&#233;s divers des penseurs comme Burke, MacIntyre ou Scruton, voire Tocqueville. Dans cette conception on trouve d'abord le sens de l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne peut exister et se d&#233;velopper qu'au sein de communaut&#233;s solidaires, gr&#226;ce &#224; une &#233;ducation humaniste, tourn&#233;e vers le vrai et le bien. Un autre aspect important est la conscience que les soci&#233;t&#233;s sont des &#233;difices complexes, construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories &#233;difi&#233;es a priori, impliquant l'interaction de tr&#232;s nombreuses personnes et qui se r&#233;git par des r&#232;gles de vie d&#233;gag&#233;es au cours du temps et int&#233;rioris&#233;es. L'une des forces de la pens&#233;e classique, m&#234;me dans un contexte hostile comme le n&#244;tre, c'est qu'elle donne du recul. Ce qui aide &#224; ne pas se perdre dans les m&#233;andres du d&#233;bat politique au jour le jour, sans pour autant cesser d'esp&#233;rer et d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La pens&#233;e politique est parfois confuse, car les concepts employ&#233;s sont polys&#233;miques ou mal d&#233;finis. Il en est ainsi des concepts de lib&#233;ral et de conservateur. Comment ces deux concepts peuvent-ils se d&#233;finir et quels sont leurs points communs et leurs points de divergence avec la pens&#233;e classique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui les concepts politiques sont fr&#233;quemment ambigus et mal d&#233;finis. Cela ne r&#233;sulte pas seulement de la complexit&#233; du sujet, ou de limites intellectuelles. C'est aussi du fait de leur r&#244;le comme banni&#232;res dans le combat politique, soit pour rassembler, soit pour stigmatiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot lib&#233;ral est un des plus ambigus qui soient. Si on discerne bien un lib&#233;ralisme philosophique qui s'inscrit clairement dans le cadre de notre paradigme, on trouve aussi un lib&#233;ralisme politique ou un lib&#233;ralisme &#233;conomique dont le sens peut varier selon les personnes ou les contextes : le premier entre la mise en &#339;uvre politique de notre paradigme, et le souci l&#233;gitime de l'&#233;tat de droit ou de l'autonomie des personnes face &#224; l'&#201;tat ; le second entre le laissez-faire int&#233;gral ou le culte irrationnel du march&#233; absolutis&#233;, et la promotion d'une &#233;conomie de libre initiative et d'entreprise, o&#249; le march&#233; trouve sa place. En faisant un bloc du lib&#233;ralisme, on risque de sacrifier au passage des dimensions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de conservatisme n'est gu&#232;re plus claire. Cela peut viser tout partisan de la situation politique qui domine un pays &#224; un moment donn&#233; : en ce sens Brejnev &#233;tait conservateur. Mais, de fa&#231;on plus fr&#233;quente, on d&#233;signe par l&#224; un courant de pens&#233;e politique, bien repr&#233;sent&#233; dans le monde anglo-saxon, mais pas seulement, que j'analyse comme une forme d&#233;riv&#233;e de la pens&#233;e classique, hybrid&#233;e sous l'emprise du paradigme actuellement dominant. D'o&#249; un certain flou. Ainsi aux &#201;tats-Unis on a fini par appeler conservateur quelqu'un qui en &#233;conomie est ultra-lib&#233;ral ; m&#234;me si tout r&#233;cemment on sent une nette &#233;volution pour retrouver une conception plus conforme &#224; la tradition conservatrice. Le conservateur se veut pragmatique, mais tend &#224; privil&#233;gier la pr&#233;servation d'une situation existante. C'est souvent justifi&#233;. Mais cela reste conditionn&#233; par cette situation. Et au fur et &#224; mesure qu'elle &#233;volue, le conservatisme glisse avec, et risque de confondre le provisoire avec l'essentiel, ou ses int&#233;r&#234;ts avec le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous &#233;crivez : &#171; Un d&#233;bat qui ne pose pas la v&#233;rit&#233;, y compris la v&#233;rit&#233; morale, comme objectif commun n'est plus un d&#233;bat, car il n'y a plus de crit&#232;re commun ; c'est au mieux une n&#233;gociation. [&#8230;] Et si tout est n&#233;goci&#233;, alors les rapports de forces les plus brutaux finiront pas l'emporter, et finalement l'&#233;tat de nature au sens violent de Hobbes. Au minimum une d&#233;linquance latente. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sur bien des points, il semble que la notion de v&#233;rit&#233; a disparu et que l'usage de la raison s'efface. Comment reb&#226;tir alors un paradigme classique dans ces conditions ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de notre paradigme relativiste est bien ce refus de reconna&#238;tre que l'on ne peut d&#233;battre s&#233;rieusement sur le vrai ou le bien que si les participants admettent au d&#233;part une id&#233;e r&#233;gulatrice, qui est que l'objet de tout d&#233;bat est la recherche du vrai en soi ou du bien en soi ; c'est ce qui inspirait Socrate dans ses discussions serr&#233;es, notamment avec les sophistes, anc&#234;tres de nos relativistes actuels. M&#234;me si la recherche de cette v&#233;rit&#233; et de ce bien est un effort constant, jamais termin&#233;. MacIntyre a tr&#232;s bien analys&#233; cette question. Sinon il ne reste plus que le rapport de force, physique, juridique, &#233;conomique, dialectique ou autre ; et notamment le r&#232;gne de l'argent, qui est mat&#233;riellement neutre : on peut toujours mettre un prix sur quelque chose m&#234;me si on n'est d'accord sur rien d'autre. C'est ce que nous constatons de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reb&#226;tir un paradigme classique suppose certes l'exercice du d&#233;bat socratique, mais en gardant en t&#234;te la puissance actuelle de l'emprise du paradigme, qui structure la pens&#233;e collective et plus encore le d&#233;bat. Certes au fond d'eux-m&#234;mes les personnes savent que la v&#233;rit&#233; ou le bien n'ont de sens qu'objectif, mais dans la majeure partie des cas le cadre de pens&#233;e r&#233;gnant ne leur permet pas de le reconna&#238;tre ou de l'int&#233;grer. Il faut pour cela que l'exp&#233;rience personnelle ou collective leur ait mis sous les yeux les limites de ce paradigme, ses &#233;checs. Au stade actuel cela reste trop partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous d&#233;montrez &#233;galement que le relativisme aboutit &#224; une culture de mort, qui se manifeste notamment dans les conflits : bombardements de villes, massacres de civils, etc. Le relativisme n'est-il pas alors un facteur aggravant des guerres ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terrible d&#233;gradation de la fa&#231;on de mener la guerre depuis un peu plus de deux si&#232;cles a plusieurs causes, y compris la technologie ou la passion d&#233;mocratique, mais le relativisme y a une part appr&#233;ciable : l'Europe ancienne reconnaissait en effet &#234;tre une communaut&#233;, fond&#233;e sur des valeurs communes, f&#234;l&#233;es il est vrai &#224; la R&#233;forme. Mais &#224; partir du moment o&#249; vous consid&#233;rez qu'il n'y a plus rien de commun entre vous et l'ennemi, potentiellement tout est permis. Ce qui est compatible avec des pr&#233;tentions moralisantes, mais selon les crit&#232;res nouveaux : je d&#233;fends la libert&#233;, donc je peux raser Dresde ou Nagasaki. Et je peux aussi mener une guerre totalement dissym&#233;trique sans &#233;tat d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Autre sujet g&#233;opolitique, l'id&#233;alisme, qui cherche &#224; imposer la d&#233;mocratie par la guerre et qui nie les sp&#233;cificit&#233;s des peuples et des cultures. Dans les relations internationales, relativisme et r&#233;alisme ne s'opposent-ils pas aussi autour du refus ou de l'acceptation du paradigme classique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme d&#233;mocratique est en effet un ph&#233;nom&#232;ne assez curieux : je pr&#233;tends me battre pour la libert&#233; des gens et leur droit &#224; se d&#233;terminer comme ils le veulent ; mais au nom de cette abstraction et pour faire passer mon id&#233;e, je n'h&#233;site pas &#224; employer la violence la plus d&#233;brid&#233;e. L'approche classique, bien plus ferme sur les principes, et notamment sur l'existence d'un bien objectif, sait en m&#234;me temps que la vie commune des hommes est un fait complexe, et que l'imposition d'un programme unilat&#233;ral, surtout par la violence, a toutes chances de produire des effets pires que le mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans chaque situation, elle recommande la recherche du bien, et elle est autrement plus ferme sur l'id&#233;e d'un bien objectif et de principes moraux qu'une approche inspir&#233;e par le paradigme relativiste ; mais elle sait aussi que ce bien se discerne &#224; la lumi&#232;re d'une analyse sp&#233;cifique, d'un jugement propre &#224; la situation consid&#233;r&#233;e qui peut &#234;tre complexe et o&#249; les cons&#233;quences d'une action peuvent &#234;tre inattendues. Ce qui est d&#233;j&#224; vrai au niveau personnel l'est a fortiori au niveau collectif et plus encore international, o&#249; il n'y a plus d'arbitre et o&#249; la violence n'est pas ais&#233;ment r&#233;gul&#233;e. Concr&#232;tement la question n'&#233;tait pas de savoir si M. Kadhafi &#233;tait satisfaisant d'un point de vue id&#233;al ; mais de savoir ce qu'il fallait faire avec la Libye de l'&#233;poque pour obtenir le meilleur ou le moins mauvais effet possible. Et donc certainement pas de l'attaquer comme on l'a fait dans ce qui se r&#233;v&#232;le avec le recul avoir &#233;t&#233; un v&#233;ritable d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous analysez la question de l'autorit&#233; et de la s&#233;curit&#233;, &#233;crivant que &#034;L'&#201;tat moderne est absolu par nature, du fait de son monopole de la force, de la loi, de la conscription, de l'imp&#244;t, et de l'organisation commune &#8211; d'o&#249; son contr&#244;le de la famille, de l'&#233;ducation, des m&#339;urs, etc. Il n'y a aucune limite th&#233;orique &#224; son pouvoir, qui s'exerce directement sur les individus. Un tel accroissement du pouvoir de l'&#201;tat n'a &#233;t&#233; possible qu'avec la fiction qu'il &#233;tait le fait des citoyens eux-m&#234;mes (ce qu'on appelle d&#233;mocratie). On a alors moins cherch&#233; la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;gard du pouvoir, mais plus la participation au pouvoir.&#034; L'&#201;tat essaye aujourd'hui d'assurer un contr&#244;le social des personnes : contr&#244;le de la pens&#233;e, des naissances, de la mort, des modes de d&#233;placement &#233;galement. Existe-t-il encore des espaces de libert&#233; dans cette vision politique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons bien que le degr&#233; de contr&#244;le sur les citoyens dont dispose l'&#201;tat moderne aurait &#233;t&#233; jug&#233; effroyable par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes et les &#233;poques anciennes. Un totalitarisme fond&#233; sur ces outils serait terrifiant. Ce qui le freine de fa&#231;on appr&#233;ciable est d'une part le fait, cher &#224; la pens&#233;e classique, de l'&#233;tat des rapports humains dans la soci&#233;t&#233;, qui reste encore mod&#233;r&#233; par l'usage et n'a pas fait l'objet de transgression irr&#233;versible : sous cet angle, il est clair que toute remise en question majeure et violente des rapports sociaux et politiques offrirait &#224; un tel totalitarisme une opportunit&#233; consid&#233;rable. Et d'autre part l'existence dans le syst&#232;me juridique de crans d'arr&#234;t, ce qu'on appelle l'&#233;tat de droit ou libert&#233;s fondamentales, h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode lib&#233;rale ; &#224; ceci pr&#232;s que le relativisme fait que leur contenu est passablement impr&#233;cis et pourra &#234;tre appr&#233;ci&#233; tout autrement si les dominantes de la soci&#233;t&#233; y conduisent. La mont&#233;e de l'intol&#233;rance du politiquement correct en t&#233;moigne ; ou l'exemple des deux guerres mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une autre id&#233;e que vous analysez est celle de la nation, qui est confront&#233;e &#224; plusieurs enjeux : mouvements migratoires, finances mondialis&#233;es, guerre du droit, etc. La nation a-t-elle encore une place dans ce nouveau monde ou bien est-elle une antiquit&#233; qui doit s'effacer ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation reste la seule communaut&#233; politique vivante de nos jours, malgr&#233; ces menaces bien r&#233;elles. Vivante dans l'esprit des gens, et op&#233;rationnelle par son organisation concr&#232;te, c'est la seule base de solidarit&#233; active et concr&#232;te. L'alternative n'est pas une utopie mondialisante, qui est sans fondement dans la r&#233;alit&#233; ; ni un ensemble de r&#233;seaux &#233;conomiques s'appuyant sur une soft law incapable d'ordonner la vie commune des personnes et d&#233;pourvue de pouvoir coercitif l&#233;gitime. La seule alternative possible est en fait de type imp&#233;rial : un pouvoir rustique, mais qui n'exige pas pour fonctionner d'&#234;tre fond&#233; sur une communaut&#233; : de ce point de vue, la poursuite de l'&#233;clatement de nos communaut&#233;s, nationales, en une mosa&#239;que h&#233;t&#233;rog&#232;ne peut rendre un jour les solutions imp&#233;riales les seules praticables. Fort heureusement nous n'en sommes pas encore l&#224;, m&#234;me si la direction est claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'analyse objective et r&#233;aliste du monde actuel peut devenir d&#233;primante pour les jeunes g&#233;n&#233;rations, notamment ceux qui sont &#233;tudiants et qui peuvent avoir l'impression que l'avenir ne va leur r&#233;server que des catastrophes (crise financi&#232;re, enjeu migratoire, atonie de l'Europe, etc.). Quels motifs d'esp&#233;rance peut-on leur donner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre qu'&#224; bien des &#233;poques les perspectives disponibles pouvaient conduire &#224; douter de l'avenir de fa&#231;on analogue, et que se sentir d&#233;prim&#233; est le plus s&#251;r moyen pour que les faits le justifient, l'important est &#224; nouveau la recherche de ce qu'on a &#224; faire l&#224; o&#249; on est, &#224; la base : de ce qu'il est bien de faire et qu'on peut faire. Cela n'emp&#234;che pas de se pr&#233;occuper ou d'agir face aux catastrophes possibles. Mais il n'est pas raisonnable de fonder son &#233;quilibre de vie sur ce sur quoi on n'a qu'un pouvoir d'action limit&#233;. Ce qui peut donner un sens &#224; notre vie est par nature ce qui est &#224; notre port&#233;e, sous notre main. Et cela d'autant plus que, collectivement, le d&#233;passement de cette d&#233;pression collective qu'induit notre paradigme relativiste &#233;tant la seule voie collectivement s&#251;re, c'est par la multiplication de conversions individuelles qu'elle se fera, c'est-&#224;-dire du changement de la vision de chacun, op&#233;rant &#224; son niveau dans sa famille, sa profession, ses engagements associatifs, l'&#233;cole de ses enfants, etc. Si chacun attend les autres, rien ne se fera ; d&#232;s qu'on s'engage, on a trouv&#233; la premi&#232;re r&#233;ponse &#224; ses interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans la revue Conflits &lt;a href=&#034;https://www.revueconflits.com/pierre-de-lauzun-bien-commun9004-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.revueconflits.com/pierr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour un grand retournement politique</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Pour-un-grand-retournement-politique.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Nation</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Paradigme relativiste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vient de para&#238;tre aux Editions du Bien Commun, groupe T&#233;qui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise collectif en France est grand. Le besoin de nouveaut&#233; &#233;vident. Pourtant on ne d&#233;colle pas au-del&#224; la lib&#233;ration sauvage de la parole &#224; la base. Pourquoi, au-del&#224; des hommes et de leurs limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; mon sens parce qu'on sous-estime grandement l'ampleur du changement &#224; op&#233;rer. Il ne s'agit en effet pas de simples rapports de force entre des id&#233;es ou des &#233;quipes, mais de renverser les structures de pens&#233;e dominantes depuis des si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux impasses du paradigme actuel, quelques enseignements de la pens&#233;e classique &#224; l'usage de ceux qu'on appelle la droite, et des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite de la pr&#233;sentation...&lt;/p&gt;

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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Analyse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paradigme structurant la pens&#233;e collective&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le malaise collectif en France est grand. Le besoin de nouveaut&#233; &#233;vident. Pourtant on ne d&#233;colle pas au-del&#224; d'une relative lib&#233;ration sauvage de la parole &#224; la base. Pourquoi, au-del&#224; des hommes et de leurs limites ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; mon sens parce qu'on sous-estime grandement l'ampleur du changement &#224; op&#233;rer. Il ne s'agit en effet pas de simples rapports de force entre des id&#233;es ou des &#233;quipes, mais de renverser les structures de pens&#233;e dominantes depuis des si&#232;cles. Plus exactement de renverser le paradigme fondateur de la soci&#233;t&#233; moderne, qui remonte au XVIIe si&#232;cle, celui que j'ai appel&#233; paradigme de neutralit&#233; et qui est &#224; la base de ce qu'on appelle aujourd'hui le relativisme, dans la phase actuelle, post-moderne, de l'histoire des id&#233;es. Un paradigme ainsi compris est ce qui structure et oriente la production m&#234;me de la pens&#233;e, en &#233;liminant les autres voies possibles. Ce paradigme en question est l'id&#233;e que l'homme peut et doit se faire lui-m&#234;me, qu'il n'y a pas de bien ou de vrai objectifs autres que ce que l'homme se d&#233;finit, individuellement ou collectivement. Ce qui d&#233;bouche apparemment sur l'acceptation de principe de toute id&#233;e ou valeur mais conduit vite sur l'&#233;limination de tout ce qui contredit ce principe : tout ce qui affirme telle ou telle chose comme vraie ou bonne en soi. A chaque phase de l'histoire, les cons&#233;quences de ce cadre de pens&#233;e sont all&#233;es dans le sens d'une radicalit&#233; croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais renverser un paradigme est une op&#233;ration lourde, en profondeur, et donc tr&#232;s lente. Cela suppose une longue lutte, mais aussi et surtout que l'&#233;chec du paradigme dominant devienne manifeste. Dans l'intervalle, la majorit&#233; des gens et surtout les syst&#232;mes de r&#233;gulation collective continuent &#224; suivre ce cadre de pens&#233;e, en allant encore plus loin &#224; chaque fois, et en r&#233;primant ce qui va contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous en sommes encore l&#224; avec notre paradigme. On rencontre des signes d'affaiblissement de cette emprise ; mais elle subsiste. En t&#233;moignent justement les &#233;checs des expressions divergentes : la Manif pour tous en est un bon exemple ; on n'a en effet jamais vu des manifestations avec tant de monde, mais le message n'a pas &#233;t&#233; pris en compte. Et le mouvement de d&#233;rive s'est poursuivi avec la PMA, et bient&#244;t la GPA. Parce que ces &#233;tapes sont dans la logique du syst&#232;me de pens&#233;e dominant, et que ce que dit la Manif pour tous, qui repose sur la loi naturelle, est irrecevable dans ce contexte. Un autre exemple de cette emprise est le refus du syst&#232;me dominant de consid&#233;rer l'ampleur et la signification de l'immigration de masse que conna&#238;t l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'alternative v&#233;ritable : la pens&#233;e classique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative est une forme de pens&#233;e int&#233;grant les bases de notre civilisation et &#224; valeur universelle. Le mot de &#8216;droite' ne permet pas de fonder une telle alternative car la droite politique est largement un d&#233;potoir d'anciennes gauches m&#234;l&#233;es &#224; des courants de pens&#233;e r&#233;siduels. Parler de &#8216;conservatisme' est plus proche de l'id&#233;e. Mais ce mot ne l&#232;ve pas totalement l'ambigu&#239;t&#233;. Parce que le conservatisme glisse dans le temps et int&#232;gre avec pragmatisme certaines des id&#233;es dominantes du moment, notamment lib&#233;rales. Et ce m&#234;me pragmatisme ne favorise pas la conceptualisation et la lucidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en fait se tourner vers ce qui la v&#233;ritable pens&#233;e alternative de notre civilisation, la pens&#233;e classique, celle d'Aristote ou de saint Thomas. Une partie appr&#233;ciable en est d'ailleurs repr&#233;sent&#233;e dans ce que la tradition conservatrice a de meilleur. On y trouve d'abord l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne se comprend que dans la communaut&#233;, et de l'&#233;ducation si elle est appropri&#233;e, humaniste. S'y ajoute la conscience que les soci&#233;t&#233;s sont des &#233;difices complexes, construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories abstraites. D'o&#249; l'importance d'id&#233;es peu &#224; la mode comme la tradition (l'exp&#233;rience collective) ou l'autorit&#233; bien comprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenir &#224; cette sagesse politique suppose une r&#233;orientation majeure de notre regard pour sortir du paradigme dominant. Pour cela il faut du temps, et le d&#233;bat ne suffit pas. Surtout dans un contexte spirituel comme le n&#244;tre, o&#249; le christianisme se contracte &#224; vue d'&#339;il. Cela exclut de compter sur la religion &#224; court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le point d'appui national et ses limites&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les institutions qui r&#233;sistent aux id&#233;es dominantes, la premi&#232;re est la nation. Elle reste le seul cadre significatif pour la plupart des gens, celui o&#249; nos soci&#233;t&#233;s se constituent : en droit, et pour construire une solidarit&#233; &#233;conomique et sociale. Seul le principe national fait que des soldats meurent pour sauver des touristes en vadrouille. C'est en fait le seul facteur de solidarit&#233; politique agissante &#224; l'&#233;poque actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne veut pas dire que les menaces contre la nation ne soient pas consid&#233;rables. Citons au moins la s&#233;cession d'une partie des &#233;lites au profit d'un mondialisme abstrait, et le r&#234;ve f&#233;d&#233;raliste europ&#233;en. En outre le fait national ne donne donc pas &#224; soi seul la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qu'on appelle le populisme encore moins. On comprend la r&#233;volte populaire contre des &#233;lites discr&#233;dit&#233;es. Mais rien ne garantit qu'un tel mouvement aille dans le bon sens. Faute de cadre mental et organisationnel, le risque est une d&#233;rive anarchique. Les Gilets jaunes par exemple sont l'expression de la souffrance r&#233;elle d'une partie du peuple fran&#231;ais, et leur action peut secouer le cocotier ; mais ce n'est pas une solution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-on faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il faut agir. Surtout qu'on risque d'&#234;tre pris de vitesse par l'islamisation. Mais pour cela il faut d'abord &#234;tre bien conscient au nom de quels principes ou valeurs on le fait. Et de l'hostilit&#233; naturelle de l'environnement ambiant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir d'abord &#224; la base. La soci&#233;t&#233; de demain se joue d'abord dans les familles et dans l'&#233;ducation. Et plus largement dans toutes les associations ou entreprises, toutes les communaut&#233;s &#233;l&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'implique pas pour autant de se replier sur des affaires priv&#233;es. Car il faut aussi agir au niveau politique, m&#234;me europ&#233;en. De nombreuses mesures urgentes &#224; prendre, sur des enjeux de survie : immigration, culture, &#233;conomie, d&#233;fense etc. Encore faut-il pour cela d&#233;passer le stade purement revendicatif et rechercher une vraie comp&#233;tence au service d'une vraie cr&#233;ativit&#233; : ce n'est pas parce que les gens dits comp&#233;tents ont fait des sottises qu'on peut se passer de la comp&#233;tence. Et comme dans toute action politique jouer sur les circonstances, les organisations et les personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en gardant bien pr&#233;sent &#224; l'esprit que ce que pourquoi on se bat est une renversement s&#233;culaire de pens&#233;e et de valeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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