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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Un grand retournement se pr&#233;pare, en travaillant les alternatives</title>
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		<dc:date>2019-11-06T10:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview par Michel Janva pour le Salon Beige, 6 novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un retournement politique en profondeur suppose aussi, &#224; c&#244;t&#233; des mouvements dans la soci&#233;t&#233;, le recours &#224; une pens&#233;e forte et construite, enracin&#233;e dans le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Pensee-classique-+.html" rel="tag"&gt;Pens&#233;e classique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Immigration-+.html" rel="tag"&gt;Immigration&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Interview par Michel Janva pour le Salon Beige, 6 novembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesalonbeige.fr/un-grand-retournement-se-prepare-en-travaillant-les-alternatives/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lesalonbeige.fr/un-gran...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre de Lauzun (X et ENA), ancien directeur g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration bancaire fran&#231;aise et d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association fran&#231;aise des march&#233;s financiers (AMAFI), vient de publier &#8220;Pour un grand retournement politique. Faces aux impasses du paradigme actuel&#8220;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous l'avons interrog&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans votre ouvrage, vous proposez &#8220;un grand retournement politique&#8221; sur les bases de la pens&#233;e classique. Mais pensez-vous que notre soci&#233;t&#233; puisse sortir de ce que vous nommez &#8220;le paradigme actuel&#8221; ? Suffira-t-il de cr&#233;er des m&#233;dias alternatifs, des &#233;coles libres, de manifester massivement&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un paradigme, c'est ce qui structure la pens&#233;e collective et son expression publique. Le paradigme actuel date de plus de trois si&#232;cles, mais il n'a atteint le plein d&#233;veloppement qui est d&#233;sormais le sien que dans les ann&#233;es 60-70 du si&#232;cle dernier &#8211; notamment dans ce m&#233;lange de relativisme au niveau des id&#233;es, de reniement de la culture collective et de l'attachement national, et de sape en mati&#232;re de m&#339;urs, qui caract&#233;rise d&#233;sormais notre vie publique. Le &#8216;politiquement correct' qui domine nos m&#233;dias (et de plus en plus nos lois) en est une expression. Mais changer de paradigme est une op&#233;ration lourde, un grand retournement, et cela suppose la constatation collective explicite de son &#233;chec. Nous n'en sommes pas encore l&#224;. Mais ce qui est s&#251;r, c'est que ce grand retournement se pr&#233;pare, en travaillant les alternatives. Notamment &#224; deux niveaux. Le culturel d'abord, et l'&#233;ducation et l'&#233;cole sont ici essentiels, car il faut des outils de pens&#233;e et des r&#233;f&#233;rences pour remplacer celles qui dominent. Et le politique, plus exactement les batailles politiques, m&#234;me quand la pr&#233;dominance du paradigme rend la victoire difficile &#8211; comme on le voit avec le mariage pour tous ou la PMA. Car par l&#224; au minimum la prise de conscience se renforce, on mesure la profondeur de ce qui s&#233;pare une soci&#233;t&#233; saine de celle qui s'&#233;tale sous nos yeux, et donc l'ampleur du changement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi je plaide dans ce livre pour le retour &#224; la pens&#233;e politique classique, celle d'Aristote et de Thomas d'Aquin. Non seulement parce que c'est la pens&#233;e la plus &#233;quilibr&#233;e et la plus juste pour comprendre le fonctionnement sain des soci&#233;t&#233;s humaines. Mais surtout parce qu'un retournement de pens&#233;e en profondeur suppose aussi, &#224; c&#244;t&#233; des mouvements dans la soci&#233;t&#233;, le recours &#224; une pens&#233;e forte et construite, enracin&#233;e dans le r&#233;el. D'autant qu'une telle pens&#233;e civilis&#233;e aide &#224; &#233;viter d'autres d&#233;rives, plus ou moins barbares, que l'&#233;chec probable &#224; terme de nos soci&#233;t&#233;s peut tout aussi bien susciter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au vu de l'immigration, ne pensez-vous pas que nous risquons de sortir du paradigme actuel pour tomber aux mains de l'islam ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un des points les plus inqui&#233;tants de notre situation actuelle. On peut &#234;tre tent&#233; de trouver long le temps n&#233;cessaire &#224; la reconversion en profondeur des esprits qui est &#224; mon sens n&#233;cessaire, si on le compare avec l'acc&#233;l&#233;ration des mouvements migratoires et de leurs effets. Selon J. Fourquet de l'IFOP, notre pays compte environ 20% de personnes suffisamment peu assimil&#233;es pour donner &#224; leur enfant un pr&#233;nom arabo-islamique. Ce pourcentage &#233;tait n&#233;gligeable il y a 30-40 ans. Une simple extrapolation des donn&#233;es actuelles conduirait &#224; pr&#233;voir une majorit&#233; d'enfants similaires dans un peu plus d'une g&#233;n&#233;ration. D'autant que l'explosion d&#233;mographique africaine combin&#233;e &#224; une bien plus grande familiarisation des candidats avec la situation de nos pays a bien des chances d'acc&#233;l&#233;rer les migrations. Or dans le cas de la France les pays de d&#233;part sont en majorit&#233; musulmans. Ce sont des extrapolations mais elles sont assez suggestives pour montrer l'importance d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais inversement on voit bien que sans changement en profondeur de nos priorit&#233;s collectives, de notre esprit public, nous sommes hors d'&#233;tat de r&#233;agir. Comme d'ailleurs de proposer une v&#233;ritable assimilation &#224; la partie des immigr&#233;s qui voudrait s'orienter en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les migrations bouleverseront de fa&#231;on croissante la probl&#233;matique de nos soci&#233;t&#233;s et la position de notre paradigme relativiste. Les migrants viennent d'une horizon radicalement diff&#233;rent ; l'id&#233;ologie dominante chez nous ne vient &#233;videmment pas d'eux, m&#234;me si elle favorise leur arriv&#233;e tout en inhibant tout r&#233;flexe de d&#233;fense. Mais au fur et &#224; mesure que la proportion s'&#233;l&#232;vera et que les probl&#232;mes se multiplieront, la contradiction &#233;clatera entre l'id&#233;ologie actuellement dominante et cette population nouvelle qui lui est totalement &#233;trang&#232;re. En clair, dans la figure limite d'une France qui s'islamiserait largement, nos progressistes auraient de moins en moins de place. L'Islam leur fera la peau. Leur contradiction est totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dit autrement, la question de la migration est le cas le plus &#233;vident de l'&#233;chec de ce paradigme &#224; r&#233;soudre un probl&#232;me majeur. Or c'est comme cela que de tels paradigmes sont historiquement d&#233;pass&#233;s : quand on a compris qu'ils m&#232;nent &#224; des impasses, et qu'il faut chercher ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En exposant la diversit&#233; des r&#233;gimes politiques, vous &#233;crivez qu'un peuple peut retirer le pouvoir &#224; quelqu'un qui l'exerce mal. A l'heure des gilets jaunes et des grandes contestations &#8220;populistes&#8221;, pensez-vous que cette situation soit actuelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses sont vraies en m&#234;me temps, que la pens&#233;e classique a toujours soulign&#233;es. D'un c&#244;t&#233;, la m&#233;thode r&#233;volutionnaire pour changer de r&#233;gime politique s'est av&#233;r&#233;e historiquement contre-productive et souvent catastrophique. D'un autre c&#244;t&#233;, la l&#233;gitimit&#233; ultime, m&#234;me des r&#233;gimes monarchiques, est dans le peuple, non au niveau des votes mais dans la conviction que ce peuple a de la l&#233;gitimit&#233; du r&#233;gime politique, lui reconnaissant pleinement le droit d'exercer son pouvoir. Quand la situation se d&#233;grade au point que le r&#233;gime en place n'a plus les ressources pour assurer les services qu'on attend de lui, il est alors normal et justifi&#233; d'envisager de la changer. Mais dans la pens&#233;e classique cela suppose, comme pour la guerre juste, non seulement d'&#234;tre s&#251;r de sa cause, mais aussi qu'on soit convaincu que le changement apportera une am&#233;lioration r&#233;elle, avec des chances &#233;lev&#233;es de succ&#232;s. Ce qui suppose une alternative cr&#233;dible et construite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manifestement les Gilets jaunes n'&#233;taient pas dans ce cas de figure. Outre leur relative ambigu&#239;t&#233; sur le fond, le point central est leur refus obstin&#233; et structurel, d&#232;s le d&#233;but, de se construire comme mouvement politique. Ce n'&#233;tait donc pas une alternative cr&#233;dible. Quant aux populismes, leur faiblesse dans l'analyse, les programmes et les politiques propos&#233;es ne leur permettent pas, ou pas encore, d'&#234;tre une alternative d'ensemble. Du moins en Europe occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous n'h&#233;sitez pas &#224; effectuer un rapprochement entre nazisme et transhumanisme. Cette analyse ne p&#234;che-t-elle pas par exc&#232;s (le fameux point Godwin) ou faut-il vraiment s'inqui&#233;ter du militantisme en faveur d'une nouvelle race sup&#233;rieure ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapprochement n'est &#233;videmment que partiel : il s'agit notamment de mettre en &#233;vidence ce qu'on refuse commun&#233;ment de voir, &#224; savoir la profonde modernit&#233; du nazisme dans ses c&#244;t&#233;s les plus monstrueux. Certes sa pr&#233;tendue base scientifique &#233;tait inconsistante. Mais il adh&#233;rait &#224; l'id&#233;e d'un usage massif de la science pour cr&#233;er une humanit&#233; nouvelle. Ce faisant il n'&#233;tait pas isol&#233; : par exemple l'eug&#233;nisme, la s&#233;lection orient&#233;e de l'esp&#232;ce humaine, &#233;tait populaire &#224; l'&#233;poque, notamment dans une partie de la gauche qui se voulait &#8216;progressiste'. D'o&#249; aussi l'euthanasie, pi&#232;ce majeure du dispositif nazi, commune &#224; ce r&#233;gime et &#224; cette gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le transhumanisme part &#233;videmment d'un base historique et politique radicalement diff&#233;rente par bien des aspects. Mais lui aussi ambitionne d'agir par des moyens qui se veulent scientifiques afin de transformer l'esp&#232;ce humaine, comprise essentiellement comme un fait biologique. L'affinit&#233; avec le nazisme est sur ce plan r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sur le lib&#233;ralisme, vous appelez au discernement en distinguant lib&#233;ralisme philosophique, par nature relativiste, et le lib&#233;ralisme &#233;conomique, avec lequel nous pouvons &#234;tre parfois en accord. Vous vous d&#233;marquez ainsi d'une analyse qui estime que l'on ne peut pas s&#233;parer ces deux aspects du lib&#233;ralisme, lequel doit donc &#234;tre rejet&#233; en bloc. Ou alors y a-t-il plusieurs lib&#233;ralismes &#233;conomiques ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est d'abord ici de vocabulaire. Le lib&#233;ralisme philosophique se fonde sur le refus de la v&#233;rit&#233; et du bien objectifs qui sont au c&#339;ur de la pens&#233;e classique, et il glisse naturellement vers le relativisme : chacun se fabrique ses v&#233;rit&#233;s et ses valeurs comme il l'entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En politique comme en &#233;conomie la situation est en partie diff&#233;rente. Il y a un lib&#233;ralisme politique qui est la cons&#233;quence dans ce champ du lib&#233;ralisme philosophique dans un sens relativiste. Ainsi dans la PMA et la GPA. Mais il y a aussi un usage du mot lib&#233;ral en politique qui recouvre des r&#233;alit&#233;s positives, comme l'&#233;tat de droit ou le souci des libert&#233;s. Un Tocqueville est tr&#232;s repr&#233;sentatif de ce positionnement interm&#233;diaire, qui se dit lib&#233;ral, mais qui est tr&#232;s proche des classiques par certains traits. De m&#234;me, un certain lib&#233;ralisme &#233;conomique, refusant tout souci &#233;thique ou culturel en &#233;conomie, toute action politique, et pr&#233;tendant n'avoir pour seul guide que le jeu du march&#233;, prolonge &#233;videmment dans ce champ le lib&#233;ralisme &#233;conomique. Mais on peut aussi dans le langage usuel parler d'&#233;conomie lib&#233;rale pour d&#233;signer une &#233;conomie d'entreprise fond&#233;e sur l'initiative des personnes et leur confrontation sur des march&#233;s, admettant une certaine r&#233;gulation publique et surtout la n&#233;cessaire orientation des choix &#233;conomiques en r&#233;f&#233;rence &#224; des valeurs &#233;thiques et culturelles. Comme celle que promeut la Doctrine sociale de l'Eglise : Jean-Paul II avait d'ailleurs tr&#232;s bien fait la distinction. Critiquer &#8216;le' lib&#233;ralisme suppose donc de s'assurer qu'on s'est bien compris : la critique d'un corpus id&#233;ologique d'ensemble se justifie &#224; condition de ne pas &#234;tre entra&#238;n&#233; par le vocabulaire &#224; rejeter des biens essentiel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview dans l'Incorrect sur &#034;Pour un grand retournement politique&#034;</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Interview-dans-l-Incorrect-sur-Pour-un-grand-retournement-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Interview-dans-l-Incorrect-sur-Pour-un-grand-retournement-politique.html</guid>
		<dc:date>2019-11-01T11:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Interview par Beno&#238;t Dumoulin paru sur l'Incorrect au sujet de mon livre &#034;Pour un grand retournement politique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrimer notre action politique &#224; la pens&#233;e politique classique afin de sortir de l'impasse du paradigme progressiste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article paru sur l'Incorrect 30 Octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lincorrect.org/pierre-de-lauzun-pour-un-grand-retournement-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://lincorrect.org/pierre-de-la...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Beno&#238;t Dumoulin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Haut-fonctionnaire &#233;m&#233;rite, essayiste et ancien d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral de l'Association Fran&#231;aise des March&#233;s Financiers, Pierre de Lauzun vient de publier Pour un grand retournement politique (&#233;ditions du bien commun, 2019), essai dans lequel il propose d'arrimer notre action politique &#224; la pens&#233;e politique classique afin de sortir de l'impasse du paradigme progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de la n&#233;cessit&#233; de revenir &#224; la pens&#233;e politique classique. Comment la d&#233;finiriez-vous et &#224; quoi s'oppose-t-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e politique classique commence avec Aristote, se d&#233;veloppe avec saint Thomas d'Aquin et se retrouve encore en bonne partie dans la pens&#233;e conservatrice. Elle allie une d&#233;marche assez pragmatique sur la mani&#232;re dont les soci&#233;t&#233;s fonctionnent &#8211; comme interaction assez complexe d'&#234;tres humains qu'il faut arriver &#224; agencer au mieux &#8211; avec, de l'autre c&#244;t&#233;, une exigence de recherche de la v&#233;rit&#233; ou du bien commun, consid&#233;r&#233; comme le moyen d'obtenir le meilleur r&#233;sultat possible dans un contexte donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e politique classique s'oppose &#224; ce que j'appelle le paradigme de neutralit&#233;, qui &#233;merge au XVIIe si&#232;cle, avec notamment Hobbes et Locke en Grande-Bretagne ainsi que la philosophie des Lumi&#232;res au XVIIIe si&#232;cle. Apr&#232;s la guerre des religions, penser le vrai et le bien devient trop compliqu&#233; dans une Europe qui s'est d&#233;chir&#233;e au sujet de la v&#233;rit&#233; religieuse. On r&#233;duit donc le bien commun au plus petit d&#233;nominateur commun en partant du principe que chacun fait ce qu'il veut sans nuire &#224; son voisin, l'&#201;tat ou le march&#233; &#233;tant charg&#233; d'arbitrer entre les diff&#233;rentes volont&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette philosophie qui triomphe avec la d&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen dont l'article 4 proclame que &#171; la libert&#233; consiste &#224; pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas &#224; autrui &#187;. On est alors tout &#224; fait dans le paradigme de l'individualisme lib&#233;ral. Dans le socialisme, enfin, on retrouve, combin&#233;e avec l'id&#233;e de solidarit&#233;, cette m&#234;me id&#233;e r&#233;volutionnaire selon laquelle l'homme se construit et se d&#233;finit lui-m&#234;me sans r&#233;f&#233;rence &#224; un ordre naturel pr&#233;existant. Le socle de cette modernit&#233; politique est donc la destruction du bien comme recherche commune de la communaut&#233; politique, au profit des droits individuels ou collectifs auto-construits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment passe-t-on du modernisme au post-modernisme &#224; partir des ann&#233;es 60 ? Y a-t-il rupture ou continuit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu un grand virage dans les ann&#233;es 60 avec le post-modernisme, mais il trouve ses racines dans le modernisme lui-m&#234;me. En effet, les modernes avaient maintenu au XIXe si&#232;cle un certain nombre d'&#233;l&#233;ments classiques et traditionnels, comme par exemple une conception de la famille ou de la morale encore calqu&#233;e sur l'ordre classique, l'instituteur la&#239;c enseignant sur ce plan &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que le cur&#233;. C'est d'ailleurs ce que disait Jules Ferry pour rassurer la soci&#233;t&#233; inqui&#232;te de la d&#233;christianisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela s'op&#233;rait sur la base d'une incoh&#233;rence doctrinale. Car ces r&#233;publicains maintenaient des &#233;l&#233;ments classiques sans savoir pourquoi. Ils ne d&#233;ployaient pas totalement le potentiel r&#233;volutionnaire inscrit dans les principes de 1789. La conception de la famille au moment de la R&#233;volution &#233;tait strictement lib&#233;rale &#8211; un contrat entre deux individus &#8211; mais au XIXe si&#232;cle on &#233;tait revenu &#224; une vision plus traditionnelle &#8211; disons interm&#233;diaire &#8211; de la famille qui maintenait beaucoup d'acquis de la pens&#233;e classique, tout en s'inspirant de la doxa r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les combats men&#233;s dans le domaine soci&#233;tal ont, pour l'instant, &#233;t&#233; perdus politiquement par ceux qui les ont men&#233;s, le paradigme lib&#233;ral ne permettant pas de combattre &#224; armes &#233;gales avec les tenants du progressisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans les ann&#233;es 60 que l'histoire s'est r&#233;acc&#233;l&#233;r&#233;e jusqu'&#224; aboutir aux batailles anthropologiques sur la PMA et la GPA, qui sont finalement dans la droite ligne de la pens&#233;e moderne. C'est ce qui explique que tous les combats men&#233;s dans le domaine soci&#233;tal ont, pour l'instant, &#233;t&#233; perdus politiquement par ceux qui les ont men&#233;s ; le paradigme lib&#233;ral ne permettant pas de combattre &#224; armes &#233;gales avec les tenants du progressisme. C'est comme si vous deviez combattre sur un ring de boxe avec des r&#232;gles fix&#233;es par l'adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment lutter contre le paradigme lib&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, il faut savoir le nommer et le rep&#233;rer. Par exemple dans cette objection consistant pour les &#171; lib&#233;raux &#187; &#224; r&#233;pondre &#224; tous ceux qui veulent limiter l'hypertrophie des droits individuels : &#171; en quoi ces avanc&#233;es soci&#233;tales vous g&#234;nent-elles ? Elles ne vous enl&#232;vent aucun droit mais nous en procurent un de notre c&#244;t&#233; &#187;. R&#233;flexe parfaitement lib&#233;ral qui ignore la notion m&#234;me d'un bien commun qui transcende la libert&#233; de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il faut pouvoir remettre en cause le paradigme dominant tout en agissant &#224; l'int&#233;rieur de ce syst&#232;me tant qu'il pr&#233;domine. Un changement de paradigme s'inscrit dans le temps long, mais il faut pouvoir en pr&#233;parer les conditions. Je pense par exemple &#224; la question de l'enseignement libre. La libert&#233; scolaire devient d'autant plus capitale que la soci&#233;t&#233; post-moderniste diverge de plus en plus de la pens&#233;e classique. C'est pourquoi il faut des &#238;lots de r&#233;sistance &#224; la pens&#233;e dominante, sans sombrer non plus dans le communautarisme qui est le contraire du bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut pouvoir remettre en cause le paradigme dominant tout en agissant &#224; l'int&#233;rieur de ce syst&#232;me tant qu'il pr&#233;domine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; un niveau plus large, c'est un probl&#232;me de masse critique et de changement qui ne peut s'op&#233;rer que parce qu'une pens&#233;e a commenc&#233; &#224; infuser en profondeur les esprits et provoquer un point de basculement de la soci&#233;t&#233;. Ceci est affaire de circonstances. Regardez les chr&#233;tiens sous l'empire romain : ils ne s'opposaient pas au pouvoir de l'empereur mais juste au paradigme idol&#226;trique selon lequel les pouvoirs religieux et politique sont confondus. Il fallait donc sacrifier aux idoles, ce qu'ils refusaient. D'o&#249; leur pers&#233;cution jusqu'au moment o&#249; une masse critique de chr&#233;tiens a pu inverser le cours de l'histoire. Il ne tient qu'&#224; nous de nous inspirer de leur action capillaire pour renverser le paradigme progressiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Face &#224; la d&#233;rive de nos soci&#233;t&#233;s, revenons &#224; Aristote et Saint Thomas &#187;</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-Aristote-et-Saint-Thomas.html</guid>
		<dc:date>2019-09-23T10:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Entretien Figaro Vox sur &#034;Pour un grand retournement politique&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Pour faire face aux probl&#232;mes de notre temps et pour &#233;viter les apories de la confrontation entre &#171; conservateurs &#187; et &#171; lib&#233;raux &#187;, l'essayiste et ancien haut fonctionnaire Pierre de Lauzun entend revenir &#224; la pens&#233;e classique d'Aristote &#224; Thomas d'Aquin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lien :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/vox/politique/face-a-la-derive-de-nos-societes-revenons-a-aristote-et-saint-thomas-20190920&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/vox/politiqu...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou lire le texte :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;1)	Vous vous proposez, dans votre dernier livre, d'effectuer un &#171; grand retournement politique &#187; qui consisterait &#224; r&#233;habiliter la &#171; pens&#233;e classique &#187;. Pouvez-vous pr&#233;ciser ce que vous entendez par l&#224; ? Qu'est-ce que la pens&#233;e classique, et &#224; quoi l'opposez-vous ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars d'un constat, celui d'une profonde d&#233;rive dans nos soci&#233;t&#233;s. La perte d'&#233;l&#233;ments essentiels de notre culture et de nos raisons de vivre ensemble. J'en vois la cause dans le relativisme qui domine l'esprit public, relativisme issu d'un paradigme &#224; l'&#339;uvre de fa&#231;on croissante depuis trois si&#232;cles. C'est cette id&#233;e que le seul bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ce qu'il appelle vrai ou bien, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. D'o&#249; un individualisme ravageur, qui mine potentiellement les biens communs b&#226;tis patiemment au cours des si&#232;cles, qui en outre se contredit en condamnant aujourd'hui ceux qui s'y opposent, au nom du politiquement correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternative, c'est la pens&#233;e classique, n&#233;e avec Aristote, Cic&#233;ron et Thomas d'Aquin et toujours vivante. Contrairement &#224; l'image qu'on en donne, elle est avant tout pragmatique : elle sait que les soci&#233;t&#233;s humaines r&#233;sultent de l'interaction complexe et &#233;motionnelle de personnes libres au cours du temps, et qu'on ne peut les manipuler &#224; volont&#233; &#224; partir de th&#233;ories abstraites, contradictoires et changeantes. La pens&#233;e classique est une immense r&#233;flexion sur notre exp&#233;rience de si&#232;cles de vie en commun. Elle est attach&#233;e &#224; des principes essentiels comme la recherche du bien et du vrai objectifs, le r&#244;le central de la personne, le besoin pour elle de communaut&#233;s solidaires et d'une &#233;ducation humaniste. C'est cela qui en fait une pens&#233;e incarn&#233;e, proche de la r&#233;alit&#233; v&#233;cue des gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2)	Vous insistez sur la n&#233;cessit&#233; de rechercher la v&#233;rit&#233;, &#224; rebours du relativisme moderne. Mais est-il encore possible aujourd'hui de parler de v&#233;rit&#233; ? La d&#233;construction op&#233;r&#233;e dans de nombreux champs des sciences humaines n'a-t-elle pas montr&#233; qu'en fait de v&#233;rit&#233;s objectives, les v&#233;rit&#233;s qui structurent l'ordre social sont le plus souvent le fruit d'un rapport de forces ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un pr&#233;jug&#233; typique du paradigme de neutralit&#233;. Comme on a pos&#233; qu'on ne pouvait pas atteindre le vrai ou le bien, on se rabat sur ce qui est imm&#233;diatement accessible : le mat&#233;rialisme pour les uns, les rapports de force pour les autres. La d&#233;construction, grand sport des intellectuels depuis deux si&#232;cles, est devenue pathologique avec la postmodernit&#233; depuis les ann&#233;es 60. Curieusement le d&#233;constructeur ne se demande jamais d'o&#249; vient sa propre pens&#233;e, quel est le processus inconscient, &#233;conomique, physicochimique ou autre qui a g&#233;n&#233;r&#233; son soup&#231;on et sa d&#233;construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment une communaut&#233; d'hommes peut-elle vivre et cr&#233;er ensemble si elle n'a pas en commun des r&#233;f&#233;rences essentielles, sans lesquelles la confiance n'est pas possible ? Et si des forces cherchent &#224; manipuler cette recherche du bien et du vrai, il a fallu d'abord que chacun croie possible, y compris les chantres du soup&#231;on, de discerner un certain vrai ou un certain bien qui ne soit pas le seul fruit de l'oppression, mais une croyance qui s'impose &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3)	En l'absence de communaut&#233;s et de r&#233;f&#233;rences communes, c'est l'argent, dites-vous, qui devient &#171; le seul &#233;l&#233;ment d'arbitrage &#187;. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent a une propri&#233;t&#233; essentielle, il est m&#234;me fait pour cela : il est en soi neutre. Pour faire une op&#233;ration avec, il faut un acheteur et un vendeur d'accord sur la chose et le prix. Point. Nul besoin de vrai ou de bien, de communaut&#233;, de relation humaine. Dans une soci&#233;t&#233; relativiste, c'est l'outil id&#233;al. Nous ne sommes d'accord sur rien ? Tant pis : si nous avons confiance dans la monnaie, nous pouvons toujours faire une transaction. Ou r&#233;clamer une subvention...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;4)	L'&#233;conomie semble &#234;tre une science dans laquelle les enseignements de la pens&#233;e classique se font plus rares&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'&#233;conomie est &#233;tonnante. Elle est n&#233;e du souci moral de confesseurs m&#233;di&#233;vaux, qui ont &#233;tudi&#233; l'activit&#233; des marchands pour voir ce qui y &#233;tait bon ou mauvais. Depuis, l'obsession de l'&#233;conomie est d'appara&#238;tre comme une science et de se d&#233;gager de tout jugement de valeur, surtout moral. A vrai dire, cette belle assurance bat un peu de l'aile : outre sa difficult&#233; &#224; faire des pr&#233;visions, il appara&#238;t de plus en plus que l'&#233;conomie &#233;tant un fait humain, l'analyse des valeurs qui animent les hommes en est une composante essentielle. Et que si on ne se pose pas la question des finalit&#233;s &#233;thiques, le r&#233;sultat a toutes chances de ne pas &#234;tre bon. Ce que l'homme de la rue comprend, malgr&#233; son peu de connaissance technique, peut-&#234;tre parce que sans le savoir il est plus en phase avec la pens&#233;e classique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;5)	Comment un classique peut-il lutter contre la place de plus en plus d&#233;mesur&#233;e que prend l'Etat dans nos vies quotidiennes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire simple, il y a deux grands moyens de tourner l'action des hommes vers un bien. Le premier est la coercition : la puissance publique. Le second est la conduite int&#233;rieure : les m&#339;urs, &#233;thique ou morale. La vraie libert&#233; repose sur celle-ci, car c'est une pl&#233;nitude int&#233;rieure, qui suppose d'&#234;tre orient&#233;e vers le bien. Mais dans un contexte relativiste, elle est rong&#233;e par l'ambiance dominante. On recourt donc encore plus au premier. Quand l'ins&#233;curit&#233; r&#232;gne parce que certains se croient tout permis, on met plus de police et de cam&#233;ras de surveillance ; d&#232;s qu'un incident se produit, on fait de nouvelles lois ; d&#232;s qu'un besoin &#233;merge, on augmente les imp&#244;ts etc. D'autant que les exigences &#224; l'&#233;gard de l'Etat, h&#233;t&#233;roclites, augmentent sans cesse, puisqu'on est tous victimes et responsables de rien. C'est le contraire de la pens&#233;e classique qui propose &#224; chacun de faire siennes la morale, les normes, la pens&#233;e de si&#232;cles d'exp&#233;rience humaine pour devenir une personne pleinement responsable et autonome, capable de soutenir et accomplir la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui veut dire qu'on n'en sortira pas principalement par des changements politiques, par la puissance publique, m&#234;me s'ils doivent y contribuer : c'est &#224; une r&#233;forme en profondeur de nos valeurs et priorit&#233;s personnelles qu'il faut s'atteler, en commen&#231;ant par soi et autour de soi, par une action &#224; la base, par l'&#233;ducation et par l'exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;6)	Que voulez-vous dire lorsque vous reprochez au conservatisme ses &#171; ambigu&#239;t&#233;s &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot est ambigu par son &#233;tymologie : conserver ce qui existe ne vaut que si c'est bon. Bien s&#251;r, la pens&#233;e classique est pragmatique, et pr&#233;f&#232;re dans le doute ne pas intervenir pour bouleverser la soci&#233;t&#233; au risque de faire pire. Elle conservera alors ce qui existe : c'est son c&#244;t&#233; &#171; conservateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, ce qu'on appelle &#171; conservatisme &#187; en politique, au sens que lui donnent les Anglo-saxons, pr&#233;sente bien des traits de la pens&#233;e classique dont il est souvent l'expression. Mais avec une limite majeure : ce conservatisme donne moins d'importance &#224; la recherche du vrai ou du bien objectifs, et il tend &#224; composer avec les id&#233;es dominantes. Aux Etats-Unis, de nos jours, un conservateur sera suppos&#233; ultralib&#233;ral en &#233;conomie, ce qui est contraire &#224; la tradition conservatrice, m&#234;me am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;7)	Dans un entretien r&#233;cent au Figaro, Mark Lilla oppose la figure du conservateur &#224; celle du lib&#233;ral, qui ne se situe pas dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e mais consid&#232;re l'individu d&#233;tach&#233; de toute communaut&#233;. Cette vision du lib&#233;ralisme est-elle r&#233;ductrice ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot lib&#233;ral est encore plus pi&#233;g&#233;. Cela peut viser un lib&#233;ralisme philosophique qui est un relativisme ; mais cela peut aussi se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tat de droit et aux libert&#233;s, ou &#224; l'&#233;conomie de march&#233;. A notre &#233;poque o&#249; on adore mettre des &#233;tiquettes sur les gens pour ne pas les &#233;couter, cette h&#233;sitation dans la d&#233;finition permet toutes les manipulations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mark Lilla parle du lib&#233;ralisme philosophique : il vise &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187;. Et il l'oppose au conservatisme, attach&#233; &#224; la transmission de la culture et des traditions tout en &#233;tant pragmatique, face &#224; un monde compliqu&#233; et impr&#233;visible. M&#234;me si Lilla lui-m&#234;me se r&#233;clame ensuite d'un &#171; lib&#233;ralisme mod&#233;r&#233; &#187;, celui de Tocqueville par exemple, qui pr&#233;sente bien des traits conservateurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est s&#251;r pour le classique est que &#171; l'individu porteur de droits d&#233;tach&#233; de la soci&#233;t&#233; &#187; est une chim&#232;re. C'est dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e, avec ses lois et surtout ses m&#339;urs, sa culture, sa recherche collective du vrai et du bien au cours des si&#232;cles, que la personne humaine et ses droits peuvent s'&#233;panouir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;8)	Au fond, un classique est quelqu'un qui consid&#232;re que l'&#233;mancipation n'est pas l'accomplissement ultime de la personne.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, pas n&#233;cessairement. Le mot accomplissement contient l'id&#233;e de compl&#233;tude : cela veut dire qu'on a atteint la pleine r&#233;alisation de ce que l'on pouvait &#234;tre de mieux. Par d&#233;finition, l'accomplissement suppose la recherche du bien. Et au d&#233;part, l'&#233;mancipation veut dire qu'on n'est plus sous tutelle. C'est le cas de l'homme adulte qui a atteint son plein &#233;panouissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quand de nos jours on comprend l'&#233;mancipation dans un sens relativiste, celui de notre paradigme actuel, on cherche &#224; se d&#233;gager de toute id&#233;e de bien ou de vrai objectifs, de toute communaut&#233;, et on croit que l'id&#233;al est que chacun se fabrique ses valeurs comme il l'entend, l&#224; o&#249; il veut, comme il veut. Non seulement c'est illusoire, mais cela n'a rien &#224; voir avec un accomplissement. C'est m&#234;me la recette de l'&#233;chec, ou de l'infantilisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie &#233;mancipation, c'est de devenir un adulte accompli, dans la communaut&#233;. Exactement ce que nous propose la pens&#233;e classique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Il ne faut pas abandonner l'action politique &#187;</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html</guid>
		<dc:date>2019-09-13T10:10:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Avenir de la d&#233;mocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans son dernier livre intitul&#233; &lt;i&gt;Pour un grand retournement politique&lt;/i&gt;, l'essayiste Pierre de Lauzun s'interroge sur les notions de valeurs communes, de progr&#232;s et de conservatisme. Avec en ligne de mire cette question : quelle est la place d'un chr&#233;tien en politique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Aymeric Pourbaix pour &lt;i&gt;France catholique&lt;/i&gt; Mercredi 11 septembre 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A la suite de diff&#233;rents penseurs (notamment Pierre Manent, Marcel Gauchet), vous diagnostiquez l'impasse du fonctionnement politique actuel. Pour quelle raison ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un regard superficiel confirme l'impasse actuelle : le d&#233;calage croissant entre les opinions et les &#233;lites politiques, le d&#233;litement et l'&#233;clatement des partis et la mont&#233;e de ce qu'on appelle populisme, en sont des sympt&#244;mes imm&#233;diats. Derri&#232;re on peut lire la sourde angoisse naissant de la d&#233;gradation du lien social et de la perte de rep&#232;res, sans parler de la mondialisation, des migrations ou de l'&#233;cologie. Tout se passe comme si face &#224; une mont&#233;e des interrogations, on ne se sentait pas les ressources collectives pour les affronter ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; des p&#233;rip&#233;ties politiques, fran&#231;aises ou autres, j'y vois le signe d'un ph&#233;nom&#232;ne plus profond et de longue dur&#233;e : l'aggravation des effets destructeurs du paradigme qui domine notre pens&#233;e collective depuis trois si&#232;cles et qui culmine dans le relativisme et l'individualisme actuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce que l'on appelle le &#171; populisme &#187; en est-il un sympt&#244;me ? Plus qu'une solution ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le populisme en est manifestement un sympt&#244;me, et un sympt&#244;me important : c'est en effet une remise en question parfois brutale des &#233;lites dominantes, en qui un partie appr&#233;ciable de la population n'a plus confiance. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il peut avoir une influence appr&#233;ciable dans l'imm&#233;diat sur nos syst&#232;mes politiques, comme le montrent les exemples de Trump, Johnson, Salvini ou Orban, et peut-&#234;tre de fa&#231;on plus durable. Mais ces noms montrent d&#233;j&#224; que le populisme recouvre des r&#233;alit&#233;s tr&#232;s variables. Surtout, pour &#234;tre une solution sur la dur&#233;e, un mouvement politique doit montrer qu'il peut d&#233;boucher sur une vie commune profond&#233;ment renouvel&#233;e, y compris au niveau de la vie politique. Cela suppose que la vision sur laquelle vit la soci&#233;t&#233; soit elle-m&#234;me renouvel&#233;e en profondeur et traduite dans les faits ; ce qui implique une &#233;laboration intellectuelle appr&#233;ciable, combin&#233;e avec l'&#233;mergence d'&#233;lites nouvelles et de mani&#232;res nouvelles de vivre en commun. Mais &#224; ce stade non seulement les divers populismes ne proposent rien de tel, mais leur positionnement m&#234;me les conduit &#224; refuser la plupart de ces t&#226;ches. D'o&#249; &#224; terme le risque soit de l'&#233;chec, soit d'une d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette politique neutre que vous observez a des racines profondes (XVIIe). Lesquelles ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme de neutralit&#233;, ou relativiste, dont je parlais est ce principe qui s'oppose &#224; ce qu'ambitionnait la pens&#233;e classique : la recherche collective du bien de la personne et de la communaut&#233; &#224; la lumi&#232;re de l'exp&#233;rience des si&#232;cles, l'&#233;ducation au vrai et au bien, et le pragmatisme dans les constructions politiques. Il la rejette au profit du refus de l'id&#233;e de bien objectif et de l'affirmation fondatrice du droit de chacun de se fabriquer ses valeurs comme il l'entend, sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; comme le proclame la D&#233;claration des droits de l'homme de 1789. Dans cette optique le d&#233;bat est suppos&#233; r&#233;gner, mais dans les faits les r&#233;f&#233;rences communes se r&#233;duisent au minimum : le mat&#233;rialisme, l'argent et le politiquement correct. Il trouve ses origines au XVIIe si&#232;cle, mais n'a fait sentir que progressivement tous ses effets ; une &#233;tape majeure en a &#233;t&#233; la r&#233;volution des m&#339;urs des ann&#233;es 60, et ses effets encore en cours, notamment sur la famille. Un paradigme est ce qui conditionne toute la pens&#233;e collective, il est donc tr&#232;s structurant et ne peut &#234;tre remise en cause facilement, car penser autrement est socialement tr&#232;s difficile tant que son emprise subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Y a-t-il eu des apports positifs de la pens&#233;e moderne (id&#233;e de personne humaine ?)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r ; le fait qu'un paradigme colore et oriente la pens&#233;e collective ne la st&#233;rilise pas ; mais il la gauchit s&#233;rieusement. La notion de personne humaine, par exemple, vient du christianisme, et ne me para&#238;t pas avoir sensiblement progress&#233;. En revanche l'id&#233;e de formaliser des droits, m&#234;me si elle a des racines m&#233;di&#233;vales chr&#233;tiennes, est caract&#233;ristique de la modernit&#233;. Cette id&#233;e moderne est en soi un outil utile ; mais encore faudrait-il que ces droits soient bien &#233;nonc&#233;s et fond&#233;s sur une id&#233;e de bien objectif. L'Eglise a fini par reconna&#238;tre leur utilit&#233;, mais notons-le, c'est sur la base de la d&#233;claration universelle de 1948, qui &#233;tait un compromis raisonnable, pas de celle de 1789 qui est beaucoup plus typique de notre paradigme. Mais l'influence de ce dernier se poursuit, de sorte que la conception commune actuelle de ces droits s'&#233;loigne consid&#233;rablement de 1948.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui la pens&#233;e politique chr&#233;tienne se cherche (Sens commun, Poissons roses, etc). O&#249; puiser les ressources intellectuelles pour sortir des oppositions purement partisanes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; premi&#232;re est de reconna&#238;tre ce biais structurellement mal orient&#233; de notre pens&#233;e collective, qui la met en porte &#224; faux par rapport aux exigences chr&#233;tiennes, quelle que soit l'orientation politique que le chr&#233;tien retient ensuite. Si on ne reconna&#238;t pas ce fait, on oscille entre trois &#233;cueils : l'acceptation de fait des dominantes de l'&#233;poque, des combats souvent perdus, ou un refus sans espoir. Un outil commun majeur est ici la Doctrine sociale de l'Eglise, sachant que c'est un champ d'&#233;tude en constant enrichissement et non un corpus d&#233;finitivement arr&#234;t&#233;, m&#234;me si les principes sont stables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;On ne consent pas toujours &#224; la mort, disait Thibon&#8230; Comment les chr&#233;tiens doivent-ils se positionner dans cette p&#233;riode (longue) de transition ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que le syst&#232;me &#233;lectoral oblige &#224; des choix politiques tr&#232;s fr&#233;quents&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif de bien garder &#224; l'esprit la distinction des deux horizons : l'horizon long, structurel, mais indispensable &#224; terme, du remplacement du paradigme dominant par un autre ; et l'horizon court de la vie imm&#233;diate. L&#224; o&#249; l'action est de toute fa&#231;on indispensable, et aussi plus &#224; notre port&#233;e, c'est au niveau de la base, dans notre action autour de nous : famille, travail, associations, entreprise, commune etc., ainsi que dans la r&#233;flexion et l'&#233;laboration intellectuelle, indispensable comme je l'ai rappel&#233;. Et c'est aussi cette action-l&#224; qui est la plus f&#233;conde &#224; long terme, car si elle est suffisamment suivie par assez de gens elle finit par permettre une vraie transformation. Mais il ne faut pas abandonner l'action politique, m&#234;me si elle est plus frustrante par nature, et qu'elle l'est plus encore si vous vous inspirez de principes ou valeurs qui sont en porte &#224; faux par rapport au syst&#232;me de pens&#233;e dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le conservatisme se doit d'&#234;tre cr&#233;atif, dites-vous&#8230; Comment concilier avec l'id&#233;e de progr&#232;s (apport&#233; par le christianisme) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e d'un temps lin&#233;aire, o&#249; le pass&#233; et l'avenir ne se r&#233;p&#232;tent pas, avec un d&#233;but et une fin, est effectivement chr&#233;tienne. Elle implique un effort personnel et collectif pour que demain soit meilleur qu'aujourd'hui. Mais elle se distingue du progressisme au sens na&#239;f, qui croit in&#233;luctable ce progr&#232;s. Le chr&#233;tien qui est cons&#233;quent avec sa foi sait que le mal et le p&#233;ch&#233; existent, et donc que tout progr&#232;s peut &#234;tre remis en cause, et est d'ailleurs souvent ambigu. Il faut donc &#224; la fois agir dans le sens de ce qu'on pense en conscience &#234;tre celui du bien ; mais savoir les limites de l'action en la mati&#232;re, le politique n'&#233;tant pas un domaine o&#249; on refa&#231;onne &#224; son gr&#233; la soci&#233;t&#233; sans risque majeur, et ne pas s'imaginer que l'on va &#233;tablir le Royaume de Dieu sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle place pour la religion catholique &#224; c&#244;t&#233; du politique en France ? Les catholiques doivent-ils renoncer au r&#234;ve de (re)construire la cit&#233; chr&#233;tienne, si jamais elle a exist&#233;&#8230; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une cit&#233; chr&#233;tienne, quel que soit le sens de ce terme, suppose un peuple chr&#233;tien. Ce n'est plus le cas de la France actuelle, loin de l&#224;, et cela ne para&#238;t pas devoir &#234;tre &#224; port&#233;e rapidement, encore que cela soit entre les mains de Dieu. En outre, seule l'&#233;vang&#233;lisation pourra y conduire. On pourra alors d&#233;battre de ce qu'est une &#8216;cit&#233; chr&#233;tienne', ce concept &#224; la fois d&#233;sirable et ambigu, car en soi une cit&#233; est de ce monde et ne peut &#234;tre dite pleinement chr&#233;tienne, m&#234;me si, comme les papes l'enseignaient autrefois, une cit&#233; o&#249; le peuple et les dirigeants cherchent &#224; &#234;tre chr&#233;tiens est en soi un objectif d&#233;sirable. Mais nous n'en sommes pas l&#224;, notamment avec notre paradigme dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ici l&#224;, les catholiques n'ont aucune raison de renoncer au champ politique, ni de cacher leurs convictions ; ils doivent donc s'engager ; mais il est peu probable que cela conduise &#224; des formations politiques sp&#233;cifiques significatives. Les chr&#233;tiens sous l'Empire romain, minoritaires, n'ont pas emprunt&#233; cette voie ; ce n'est qu'apr&#232;s une &#233;volution de plusieurs si&#232;cles qu'elle s'est ouverte, et de fa&#231;on bien ambigu&#235;, avec Constantin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation Facebook :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.france-catholique.fr/Il-ne-faut-pas-abandonner-l-action-politique.html?fbclid=IwAR1baDYnONVuFhPfkv09boAljL-alMt1emJbEfN29WpMW_TlA6ncisBI4HA#.XXjPzPfrbAU.facebook&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.france-catholique.fr/Il...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Comment repenser l'engagement politique</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Comment-repenser-l-engagement-politique.html</link>
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		<dc:date>2019-09-02T10:12:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Populisme</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Faute de raisons de vivre communes et partag&#233;es, la vie politique s'expose &#224; des impasses. Pierre de Lauzun, auteur de &#034;Pour un grand retournement politique&#034;, essai paru au printemps 2019 aux &#201;ditions du bien commun, explique &#224; Aleteia comment renouer avec l'exp&#233;rience des si&#232;cles qui a tiss&#233; les voies du bien-vivre ensemble. Sans cette prise de recul, aucune transformation des mentalit&#233;s en profondeur ne pourra aboutir.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Idees-politiques-.html" rel="directory"&gt;Id&#233;es politiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Conservatisme-+.html" rel="tag"&gt;Conservatisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Grand-retournement-+.html" rel="tag"&gt;Grand retournement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Faute de raisons de vivre communes et partag&#233;es, la vie politique s'expose &#224; des impasses. Pierre de Lauzun, auteur de &#034;Pour un grand retournement politique&#034;, essai paru au printemps 2019 aux &#201;ditions du bien commun, explique &#224; Aleteia comment renouer avec l'exp&#233;rience des si&#232;cles qui a tiss&#233; les voies du bien-vivre ensemble. Sans cette prise de recul, aucune transformation des mentalit&#233;s en profondeur ne pourra aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aleteia : conduit &#224; vous interroger sur les difficult&#233;s r&#233;currentes de la politique actuelle &#224; unir les citoyens autour de la m&#234;me conception du bien commun, vous constatez une opposition entre deux grandes visions de la politique : la pens&#233;e politique classique et la pens&#233;e moderne, individualiste et relativiste. Sur quoi s'opposent pr&#233;cis&#233;ment ces deux grandes visions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre de Lauzun : Mon point de d&#233;part est le constat d'une grave d&#233;rive dans nos soci&#233;t&#233;s : malgr&#233; de spectaculaires r&#233;sultats nous perdons quelque chose d'essentiel dans notre culture et de nos raisons de vivre ensemble. J'en vois la cause dans ce paradigme qui domine notre vie commune depuis trois si&#232;cles, l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale. Elle a fait progressivement sentir ses effets jusqu'&#224; culminer dans le relativisme actuel, pour qui le seul bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il veut ses valeurs et r&#233;f&#233;rences sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin. Cet individualisme ronge les biens communs essentiels que l'humanit&#233; avait construits au cours de son histoire. D'autant que dans un deuxi&#232;me temps il condamne tout ce qui le contredit, au nom du politiquement correct. Il faut d&#232;s lors se tourner vers l'alternative fond&#233;e sur ce que l'exp&#233;rience des si&#232;cles d&#233;gage comme r&#233;f&#233;rence s&#251;re pour la vie commune : la pens&#233;e classique n&#233;e avec Aristote ou Thomas d'Aquin et toujours vivante depuis. Elle nourrit la doctrine sociale de l'&#201;glise mais elle peut tout autant parler aux incroyants de bonne volont&#233;. On y trouve la reconnaissance de l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne peut se d&#233;velopper qu'au sein de communaut&#233;s solidaires, moyennant une &#233;ducation humaniste, tourn&#233;e vers le vrai et le bien. Et aussi la conscience que les soci&#233;t&#233;s, fruits de l'interaction des personnes, sont des &#233;difices complexes construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories &#233;difi&#233;es a priori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi la pens&#233;e politique fond&#233;e sur ce relativisme individualiste menace les conditions de la vie d&#233;mocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre parfait, la d&#233;mocratie est actuellement le seul r&#233;gime qui fonde une l&#233;gitimit&#233; dans nos pays. Mais ce mot recouvre trois r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes qu'on confond : le r&#233;gime politique repr&#233;sentatif ; le paradigme de neutralit&#233; ; et l'&#201;tat de droit. On tend ainsi &#224; appeler &#171; d&#233;mocratique &#187; ce qui respecte l'id&#233;ologie, m&#234;me si cela va contre la volont&#233; populaire et le gouvernement du peuple. Ce qui fonde la d&#233;mocratie est l'id&#233;e qu'il faut que chacun ait sa part dans les d&#233;cisions publiques. Le paradigme moderne, lui, nous dit que toutes les opinions se valent. Mais la d&#233;cision commune donnera de bien meilleurs r&#233;sultats comme effort collectif de recherche du bien commun, et non comme compromis entre des choix arbitraires (sous la dict&#233;e des m&#233;dias). Et le vrai vivre-ensemble suppose la responsabilit&#233; &#233;thique de chacun au sein de communaut&#233;s solidaires. La d&#233;mocratie comme r&#233;gime politique fonctionnerait donc bien mieux sans ce paradigme dont l'action corrosive d&#233;truit lentement mais s&#251;rement les fondements de la vie en commun. Alors que les soci&#233;t&#233;s ant&#233;rieures avaient ce qu'on peut appeler des incubateurs de vertus, la d&#233;mocratie moderne en manque. Au d&#233;but, le respect des valeurs communes ant&#233;rieures impr&#233;gnait les gens ; mais elles sont de plus en plus consid&#233;r&#233;es comme un choix personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que la pens&#233;e classique &#171; reste plus ou moins latente dans la vie et la pens&#233;e commune &#187; : que voulez-vous dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondement de la pens&#233;e classique est le processus s&#233;culaire de d&#233;cantation par les soci&#233;t&#233;s humaines de ce qui est bon ou souhaitable, &#224; la lumi&#232;re de la conscience et de la r&#233;flexion, sur la base de l'exp&#233;rience de tous. Il n'y a rien de moins naturel en revanche que l'id&#233;e que toutes les opinions sont &#233;quivalentes et l&#233;gitimes sous r&#233;serve du m&#234;me droit du voisin. Il a fallu trois si&#232;cles pour p&#233;n&#233;trer le peuple de cette id&#233;e, ce qui n'a abouti qu'avec la r&#233;volution culturelle des ann&#233;es soixante. Et pourtant la sagesse ancienne, les r&#233;flexes naturels sont toujours pr&#233;sents. On le voit avec la famille : peu touch&#233;e jusqu'en 1968, elle fait maintenant l'objet de conceptions h&#233;t&#233;roclites et optionnelles, avec en commun le refus individualiste de s'engager. Or le principe m&#234;me de la famille est l'engagement mutuel sur la dur&#233;e. Pourtant dans la pratique la r&#233;alit&#233; de la famille subsiste de fa&#231;on &#233;tonnante : une proportion appr&#233;ciable des gens reste fid&#232;le &#224; son conjoint, &#233;l&#232;ve au mieux ses enfants, et est solidaire de parents dans le besoin. Donc continue &#224; vivre selon les valeurs ant&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retournement de la vie politique suppose-t-il n&#233;cessairement le retour &#224; une anthropologie classique, comme l'anthropologie chr&#233;tienne (la dignit&#233; de la personne humaine, l'interd&#233;pendance des groupes et des individus, la soci&#233;t&#233; ordonn&#233;e par le bien commun&#8230;) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retourner un tel paradigme est une op&#233;ration de grande ampleur, qui prend du temps, bien au-del&#224; d'un mouvement d'opinion. Cela demande trois choses : reb&#226;tir une pens&#233;e politique ; agir &#224; la base dans les communaut&#233;s ; et ne pas d&#233;laisser le champ politique. Mais dans l'intervalle, les syst&#232;mes de r&#233;gulation collective continueront &#224; imposer leur cadre de pens&#233;e, en allant plus loin &#224; chaque fois. Certes on discerne des signes d'affaiblissement de son emprise, mais cela ne la fait pas encore dispara&#238;tre. En t&#233;moigne l'&#233;chec des essais d'expression divergentes. La Manif pour tous en est un bon exemple : on n'a en effet jamais vu une telle manifestation paisible et &#171; d&#233;mocratique &#187; avec tant de monde (plus du million). Et cependant il n'y a eu aucune prise en compte politique ou m&#233;diatique du ph&#233;nom&#232;ne, m&#234;me hypocrite. Bien au contraire, le mouvement a continu&#233; sur sa route avec la PMA, bient&#244;t la GPA et l'euthanasie. Parce que l'argumentation de La Manif pour tous, fond&#233;e sur une forme de loi naturelle, est simplement irrecevable dans ce contexte de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre perspective, tout retournement politique r&#233;el est difficilement imaginable par la voie de la r&#233;volte et m&#234;me par la voie des alliances partisanes, assez artificielles. Le pr&#233;alable &#224; ce retournement passe-t-il seulement par la voie d'une sorte de conversion morale et culturelle de la &#171; masse &#233;lectorale critique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voie de la r&#233;volte pr&#233;sente des risques &#233;lev&#233;s de d&#233;chirement du tissu social et de violence, et de trahison des attentes s'il n'y a pas eu transformation de la vision commune. De m&#234;me avec le populisme : r&#233;volte indign&#233;e contre des &#233;lites discr&#233;dit&#233;es, rien n'implique qu'il aille toujours dans le bon sens, encore moins qu'il obtienne des r&#233;sultats s'il en reste l&#224;. Ainsi avec les Gilets jaunes. Il en est de m&#234;me des partis protestataires s'ils n'ont pas de pens&#233;e forte, ni des dirigeants aptes &#224; gouverner. Cela dit l'action politique est indispensable. Car de nombreuses mesures urgentes sont &#224; prendre et des espaces de libert&#233; &#224; &#233;largir : &#233;ducation, immigration, &#233;conomie, d&#233;fense, coop&#233;ration europ&#233;enne, d&#233;ficits etc. Encore faut-il pour cela d&#233;passer la revendication et mettre des comp&#233;tences au service d'une vraie cr&#233;ativit&#233;. Certes, le contexte est frustrant car on doit en permanence jouer avec des vents contraires, et les alliances politiques sont difficiles et instables. Des opportunit&#233;s se pr&#233;sentent, mais il faut garder &#224; l'esprit la port&#233;e du renversement de pens&#233;e &#224; op&#233;rer. Donc qu'un r&#233;sultat obtenu un jour pourra &#234;tre retourn&#233; tant que la logique dominante reste adverse. Cela &#233;vite les impatiences et les d&#233;sillusions, car le vrai succ&#232;s ne se situe pas sur ce registre. L'une des forces de la pens&#233;e classique est qu'elle donne du recul : on se perd moins dans les miasmes du d&#233;bat politique au jour le jour. Sans pour autant cesser d'agir en gardant le cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de &#171; reconstruction des solidarit&#233;s &#187;. Existe-t-il des voies d'engagement politique concr&#232;tes possibles et m&#234;me prioritaires, pas n&#233;cessairement &#233;lectorales, et r&#233;ellement utiles &#224; la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action &#224; la base est prioritaire. Toutes les grandes transformations de la soci&#233;t&#233; se font d'abord &#224; la base. La soci&#233;t&#233; de demain se joue dans les familles et dans l'&#233;ducation. Puis dans les associations, les entreprises, les &#233;coles ind&#233;pendantes et tout lieu d'innovation &#233;conomique et sociale, o&#249; se combine une gratuit&#233; bien r&#233;elle et l'esprit d'entreprise. Ces communaut&#233;s &#233;l&#233;mentaires sont bien plus libres et mobiles que l'appareil public, et ce dernier ne peut pas tout contr&#244;ler. Sachant qu'une telle approche n'implique pas un repli communautaire ou priv&#233;. Car il faut aussi se remuer au niveau de la soci&#233;t&#233;, dans toutes les structures o&#249; cela s'av&#232;re possible, notamment politiques, malgr&#233; leurs limites &#233;videntes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru sur Aleteia :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.aleteia.org/2019/08/29/comment-repenser-lengagement-politique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.aleteia.org/2019/08/29/c...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La pens&#233;e classique doit souffler en Europe</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-pensee-classique-doit-souffler-en-Europe.html</link>
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		<dc:date>2019-08-27T10:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Conservatisme</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Pens&#233;e classique</dc:subject>
		<dc:subject>Grand retournement</dc:subject>
		<dc:subject>Paradigme relativiste</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Si l'on admet que les id&#233;es m&#232;nent le monde, alors il est plus que jamais n&#233;cessaire de comprendre celles qui nous dirigent aujourd'hui. Entre la pens&#233;e classique et la pens&#233;e relativiste, ce sont deux conceptions de l'homme et du monde qui ne per&#231;oivent pas les &#233;v&#233;nements de la m&#234;me fa&#231;on. Comment alors reb&#226;tir une soci&#233;t&#233; commune et favoriser la fraternit&#233; et le bien commun dans un corps social qui se d&#233;lite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien avec Pierre de Lauzun auteur de Pour un grand retournement politique. Face aux impasses du paradigme actuel, Le Bien commun, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par la revue Conflits.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous pr&#233;sentez deux paradigmes intellectuels qui s'opposent, et qui ont des cons&#233;quences politiques et sociales fortes : le paradigme classique et le paradigme relativiste. En quoi les deux s'opposent-ils et pourquoi le paradigme relativiste est-il dominant aujourd'hui ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme relativiste domine notre culture commune depuis trois si&#232;cles, mais n'a fait sentir que progressivement ses effets. C'est l'id&#233;e qu'il n'y a pas de v&#233;rit&#233; objective en mati&#232;re morale, politique et sociale, et que chacun se d&#233;termine donc comme il l'entend. D&#232;s lors la seule notion du bien que doit reconna&#238;tre la soci&#233;t&#233; est le droit de chacun &#224; d&#233;finir comme il l'entend ses valeurs et r&#233;f&#233;rences sous r&#233;serve du droit &#233;quivalent du voisin &#8211; ce qu'on trouve pour la premi&#232;re fois clairement exprim&#233;e dans la D&#233;claration des Droits de l'homme de 1789. Il en r&#233;sulte une lente d&#233;rive, qui ronge ces biens communs essentiels qu'&#224; des degr&#233;s divers l'humanit&#233; avait rep&#233;r&#233;s ou construits au cours de son histoire. Au stade actuel, cela se traduit par une radicalit&#233; et une emprise consid&#233;rables, dont t&#233;moigne ce qu'on appelle le politiquement correct, une police de la pens&#233;e qui e&#251;t &#233;t&#233; impensable sous cette forme il y a cinquante ans. Mais &#233;chapper &#224; l'emprise d'un paradigme dominant n'est pas simple. Un paradigme est un cadre qui structure et oriente toute la pens&#233;e collective d'une &#233;poque. Comme l'a montr&#233; Kuhn en mati&#232;re scientifique, un paradigme n'est d&#233;pass&#233; que lorsqu'un autre &#233;merge du fait que le premier rencontre des difficult&#233;s insurmontables. Tant qu'on n'en est pas l&#224;, la pens&#233;e reste conditionn&#233;e par le paradigme pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e classique pr&#233;sente un cadre de pens&#233;e tout &#224; fait diff&#233;rent et donc v&#233;ritablement alternatif. Elle se fonde sur l'exp&#233;rience des si&#232;cles, qui permet de d&#233;gager par la r&#233;flexion et l'usage une r&#233;f&#233;rence s&#251;re pour la vie et l'action communes. Elle a &#233;t&#233; formalis&#233;e en politique notamment par Aristote, Cic&#233;ron puis Thomas d'Aquin et est toujours vivante depuis, inspirant &#224; des degr&#233;s divers des penseurs comme Burke, MacIntyre ou Scruton, voire Tocqueville. Dans cette conception on trouve d'abord le sens de l'objectivit&#233; du bien et du vrai ; l'importance centrale de la personne, qui ne peut exister et se d&#233;velopper qu'au sein de communaut&#233;s solidaires, gr&#226;ce &#224; une &#233;ducation humaniste, tourn&#233;e vers le vrai et le bien. Un autre aspect important est la conscience que les soci&#233;t&#233;s sont des &#233;difices complexes, construits au cours du temps et non &#224; partir de th&#233;ories &#233;difi&#233;es a priori, impliquant l'interaction de tr&#232;s nombreuses personnes et qui se r&#233;git par des r&#232;gles de vie d&#233;gag&#233;es au cours du temps et int&#233;rioris&#233;es. L'une des forces de la pens&#233;e classique, m&#234;me dans un contexte hostile comme le n&#244;tre, c'est qu'elle donne du recul. Ce qui aide &#224; ne pas se perdre dans les m&#233;andres du d&#233;bat politique au jour le jour, sans pour autant cesser d'esp&#233;rer et d'agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La pens&#233;e politique est parfois confuse, car les concepts employ&#233;s sont polys&#233;miques ou mal d&#233;finis. Il en est ainsi des concepts de lib&#233;ral et de conservateur. Comment ces deux concepts peuvent-ils se d&#233;finir et quels sont leurs points communs et leurs points de divergence avec la pens&#233;e classique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui les concepts politiques sont fr&#233;quemment ambigus et mal d&#233;finis. Cela ne r&#233;sulte pas seulement de la complexit&#233; du sujet, ou de limites intellectuelles. C'est aussi du fait de leur r&#244;le comme banni&#232;res dans le combat politique, soit pour rassembler, soit pour stigmatiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot lib&#233;ral est un des plus ambigus qui soient. Si on discerne bien un lib&#233;ralisme philosophique qui s'inscrit clairement dans le cadre de notre paradigme, on trouve aussi un lib&#233;ralisme politique ou un lib&#233;ralisme &#233;conomique dont le sens peut varier selon les personnes ou les contextes : le premier entre la mise en &#339;uvre politique de notre paradigme, et le souci l&#233;gitime de l'&#233;tat de droit ou de l'autonomie des personnes face &#224; l'&#201;tat ; le second entre le laissez-faire int&#233;gral ou le culte irrationnel du march&#233; absolutis&#233;, et la promotion d'une &#233;conomie de libre initiative et d'entreprise, o&#249; le march&#233; trouve sa place. En faisant un bloc du lib&#233;ralisme, on risque de sacrifier au passage des dimensions essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de conservatisme n'est gu&#232;re plus claire. Cela peut viser tout partisan de la situation politique qui domine un pays &#224; un moment donn&#233; : en ce sens Brejnev &#233;tait conservateur. Mais, de fa&#231;on plus fr&#233;quente, on d&#233;signe par l&#224; un courant de pens&#233;e politique, bien repr&#233;sent&#233; dans le monde anglo-saxon, mais pas seulement, que j'analyse comme une forme d&#233;riv&#233;e de la pens&#233;e classique, hybrid&#233;e sous l'emprise du paradigme actuellement dominant. D'o&#249; un certain flou. Ainsi aux &#201;tats-Unis on a fini par appeler conservateur quelqu'un qui en &#233;conomie est ultra-lib&#233;ral ; m&#234;me si tout r&#233;cemment on sent une nette &#233;volution pour retrouver une conception plus conforme &#224; la tradition conservatrice. Le conservateur se veut pragmatique, mais tend &#224; privil&#233;gier la pr&#233;servation d'une situation existante. C'est souvent justifi&#233;. Mais cela reste conditionn&#233; par cette situation. Et au fur et &#224; mesure qu'elle &#233;volue, le conservatisme glisse avec, et risque de confondre le provisoire avec l'essentiel, ou ses int&#233;r&#234;ts avec le bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous &#233;crivez : &#171; Un d&#233;bat qui ne pose pas la v&#233;rit&#233;, y compris la v&#233;rit&#233; morale, comme objectif commun n'est plus un d&#233;bat, car il n'y a plus de crit&#232;re commun ; c'est au mieux une n&#233;gociation. [&#8230;] Et si tout est n&#233;goci&#233;, alors les rapports de forces les plus brutaux finiront pas l'emporter, et finalement l'&#233;tat de nature au sens violent de Hobbes. Au minimum une d&#233;linquance latente. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sur bien des points, il semble que la notion de v&#233;rit&#233; a disparu et que l'usage de la raison s'efface. Comment reb&#226;tir alors un paradigme classique dans ces conditions ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La base de notre paradigme relativiste est bien ce refus de reconna&#238;tre que l'on ne peut d&#233;battre s&#233;rieusement sur le vrai ou le bien que si les participants admettent au d&#233;part une id&#233;e r&#233;gulatrice, qui est que l'objet de tout d&#233;bat est la recherche du vrai en soi ou du bien en soi ; c'est ce qui inspirait Socrate dans ses discussions serr&#233;es, notamment avec les sophistes, anc&#234;tres de nos relativistes actuels. M&#234;me si la recherche de cette v&#233;rit&#233; et de ce bien est un effort constant, jamais termin&#233;. MacIntyre a tr&#232;s bien analys&#233; cette question. Sinon il ne reste plus que le rapport de force, physique, juridique, &#233;conomique, dialectique ou autre ; et notamment le r&#232;gne de l'argent, qui est mat&#233;riellement neutre : on peut toujours mettre un prix sur quelque chose m&#234;me si on n'est d'accord sur rien d'autre. C'est ce que nous constatons de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reb&#226;tir un paradigme classique suppose certes l'exercice du d&#233;bat socratique, mais en gardant en t&#234;te la puissance actuelle de l'emprise du paradigme, qui structure la pens&#233;e collective et plus encore le d&#233;bat. Certes au fond d'eux-m&#234;mes les personnes savent que la v&#233;rit&#233; ou le bien n'ont de sens qu'objectif, mais dans la majeure partie des cas le cadre de pens&#233;e r&#233;gnant ne leur permet pas de le reconna&#238;tre ou de l'int&#233;grer. Il faut pour cela que l'exp&#233;rience personnelle ou collective leur ait mis sous les yeux les limites de ce paradigme, ses &#233;checs. Au stade actuel cela reste trop partiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous d&#233;montrez &#233;galement que le relativisme aboutit &#224; une culture de mort, qui se manifeste notamment dans les conflits : bombardements de villes, massacres de civils, etc. Le relativisme n'est-il pas alors un facteur aggravant des guerres ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terrible d&#233;gradation de la fa&#231;on de mener la guerre depuis un peu plus de deux si&#232;cles a plusieurs causes, y compris la technologie ou la passion d&#233;mocratique, mais le relativisme y a une part appr&#233;ciable : l'Europe ancienne reconnaissait en effet &#234;tre une communaut&#233;, fond&#233;e sur des valeurs communes, f&#234;l&#233;es il est vrai &#224; la R&#233;forme. Mais &#224; partir du moment o&#249; vous consid&#233;rez qu'il n'y a plus rien de commun entre vous et l'ennemi, potentiellement tout est permis. Ce qui est compatible avec des pr&#233;tentions moralisantes, mais selon les crit&#232;res nouveaux : je d&#233;fends la libert&#233;, donc je peux raser Dresde ou Nagasaki. Et je peux aussi mener une guerre totalement dissym&#233;trique sans &#233;tat d'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Autre sujet g&#233;opolitique, l'id&#233;alisme, qui cherche &#224; imposer la d&#233;mocratie par la guerre et qui nie les sp&#233;cificit&#233;s des peuples et des cultures. Dans les relations internationales, relativisme et r&#233;alisme ne s'opposent-ils pas aussi autour du refus ou de l'acceptation du paradigme classique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;alisme d&#233;mocratique est en effet un ph&#233;nom&#232;ne assez curieux : je pr&#233;tends me battre pour la libert&#233; des gens et leur droit &#224; se d&#233;terminer comme ils le veulent ; mais au nom de cette abstraction et pour faire passer mon id&#233;e, je n'h&#233;site pas &#224; employer la violence la plus d&#233;brid&#233;e. L'approche classique, bien plus ferme sur les principes, et notamment sur l'existence d'un bien objectif, sait en m&#234;me temps que la vie commune des hommes est un fait complexe, et que l'imposition d'un programme unilat&#233;ral, surtout par la violence, a toutes chances de produire des effets pires que le mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans chaque situation, elle recommande la recherche du bien, et elle est autrement plus ferme sur l'id&#233;e d'un bien objectif et de principes moraux qu'une approche inspir&#233;e par le paradigme relativiste ; mais elle sait aussi que ce bien se discerne &#224; la lumi&#232;re d'une analyse sp&#233;cifique, d'un jugement propre &#224; la situation consid&#233;r&#233;e qui peut &#234;tre complexe et o&#249; les cons&#233;quences d'une action peuvent &#234;tre inattendues. Ce qui est d&#233;j&#224; vrai au niveau personnel l'est a fortiori au niveau collectif et plus encore international, o&#249; il n'y a plus d'arbitre et o&#249; la violence n'est pas ais&#233;ment r&#233;gul&#233;e. Concr&#232;tement la question n'&#233;tait pas de savoir si M. Kadhafi &#233;tait satisfaisant d'un point de vue id&#233;al ; mais de savoir ce qu'il fallait faire avec la Libye de l'&#233;poque pour obtenir le meilleur ou le moins mauvais effet possible. Et donc certainement pas de l'attaquer comme on l'a fait dans ce qui se r&#233;v&#232;le avec le recul avoir &#233;t&#233; un v&#233;ritable d&#233;lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous analysez la question de l'autorit&#233; et de la s&#233;curit&#233;, &#233;crivant que &#034;L'&#201;tat moderne est absolu par nature, du fait de son monopole de la force, de la loi, de la conscription, de l'imp&#244;t, et de l'organisation commune &#8211; d'o&#249; son contr&#244;le de la famille, de l'&#233;ducation, des m&#339;urs, etc. Il n'y a aucune limite th&#233;orique &#224; son pouvoir, qui s'exerce directement sur les individus. Un tel accroissement du pouvoir de l'&#201;tat n'a &#233;t&#233; possible qu'avec la fiction qu'il &#233;tait le fait des citoyens eux-m&#234;mes (ce qu'on appelle d&#233;mocratie). On a alors moins cherch&#233; la s&#233;curit&#233; &#224; l'&#233;gard du pouvoir, mais plus la participation au pouvoir.&#034; L'&#201;tat essaye aujourd'hui d'assurer un contr&#244;le social des personnes : contr&#244;le de la pens&#233;e, des naissances, de la mort, des modes de d&#233;placement &#233;galement. Existe-t-il encore des espaces de libert&#233; dans cette vision politique ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons bien que le degr&#233; de contr&#244;le sur les citoyens dont dispose l'&#201;tat moderne aurait &#233;t&#233; jug&#233; effroyable par les g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes et les &#233;poques anciennes. Un totalitarisme fond&#233; sur ces outils serait terrifiant. Ce qui le freine de fa&#231;on appr&#233;ciable est d'une part le fait, cher &#224; la pens&#233;e classique, de l'&#233;tat des rapports humains dans la soci&#233;t&#233;, qui reste encore mod&#233;r&#233; par l'usage et n'a pas fait l'objet de transgression irr&#233;versible : sous cet angle, il est clair que toute remise en question majeure et violente des rapports sociaux et politiques offrirait &#224; un tel totalitarisme une opportunit&#233; consid&#233;rable. Et d'autre part l'existence dans le syst&#232;me juridique de crans d'arr&#234;t, ce qu'on appelle l'&#233;tat de droit ou libert&#233;s fondamentales, h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode lib&#233;rale ; &#224; ceci pr&#232;s que le relativisme fait que leur contenu est passablement impr&#233;cis et pourra &#234;tre appr&#233;ci&#233; tout autrement si les dominantes de la soci&#233;t&#233; y conduisent. La mont&#233;e de l'intol&#233;rance du politiquement correct en t&#233;moigne ; ou l'exemple des deux guerres mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une autre id&#233;e que vous analysez est celle de la nation, qui est confront&#233;e &#224; plusieurs enjeux : mouvements migratoires, finances mondialis&#233;es, guerre du droit, etc. La nation a-t-elle encore une place dans ce nouveau monde ou bien est-elle une antiquit&#233; qui doit s'effacer ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nation reste la seule communaut&#233; politique vivante de nos jours, malgr&#233; ces menaces bien r&#233;elles. Vivante dans l'esprit des gens, et op&#233;rationnelle par son organisation concr&#232;te, c'est la seule base de solidarit&#233; active et concr&#232;te. L'alternative n'est pas une utopie mondialisante, qui est sans fondement dans la r&#233;alit&#233; ; ni un ensemble de r&#233;seaux &#233;conomiques s'appuyant sur une soft law incapable d'ordonner la vie commune des personnes et d&#233;pourvue de pouvoir coercitif l&#233;gitime. La seule alternative possible est en fait de type imp&#233;rial : un pouvoir rustique, mais qui n'exige pas pour fonctionner d'&#234;tre fond&#233; sur une communaut&#233; : de ce point de vue, la poursuite de l'&#233;clatement de nos communaut&#233;s, nationales, en une mosa&#239;que h&#233;t&#233;rog&#232;ne peut rendre un jour les solutions imp&#233;riales les seules praticables. Fort heureusement nous n'en sommes pas encore l&#224;, m&#234;me si la direction est claire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'analyse objective et r&#233;aliste du monde actuel peut devenir d&#233;primante pour les jeunes g&#233;n&#233;rations, notamment ceux qui sont &#233;tudiants et qui peuvent avoir l'impression que l'avenir ne va leur r&#233;server que des catastrophes (crise financi&#232;re, enjeu migratoire, atonie de l'Europe, etc.). Quels motifs d'esp&#233;rance peut-on leur donner ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre qu'&#224; bien des &#233;poques les perspectives disponibles pouvaient conduire &#224; douter de l'avenir de fa&#231;on analogue, et que se sentir d&#233;prim&#233; est le plus s&#251;r moyen pour que les faits le justifient, l'important est &#224; nouveau la recherche de ce qu'on a &#224; faire l&#224; o&#249; on est, &#224; la base : de ce qu'il est bien de faire et qu'on peut faire. Cela n'emp&#234;che pas de se pr&#233;occuper ou d'agir face aux catastrophes possibles. Mais il n'est pas raisonnable de fonder son &#233;quilibre de vie sur ce sur quoi on n'a qu'un pouvoir d'action limit&#233;. Ce qui peut donner un sens &#224; notre vie est par nature ce qui est &#224; notre port&#233;e, sous notre main. Et cela d'autant plus que, collectivement, le d&#233;passement de cette d&#233;pression collective qu'induit notre paradigme relativiste &#233;tant la seule voie collectivement s&#251;re, c'est par la multiplication de conversions individuelles qu'elle se fera, c'est-&#224;-dire du changement de la vision de chacun, op&#233;rant &#224; son niveau dans sa famille, sa profession, ses engagements associatifs, l'&#233;cole de ses enfants, etc. Si chacun attend les autres, rien ne se fera ; d&#232;s qu'on s'engage, on a trouv&#233; la premi&#232;re r&#233;ponse &#224; ses interrogations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans la revue Conflits &lt;a href=&#034;https://www.revueconflits.com/pierre-de-lauzun-bien-commun9004-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.revueconflits.com/pierr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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