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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>L'&#233;conomie apr&#232;s le Covid D&#233;bats sur 'L'Incorrect' et vid&#233;o Proclero</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/L-economie-apres-le-Covid-Debats-sur-L-Incorrect-et-video-Proclero.html</link>
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		<dc:date>2020-06-05T09:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Economie et covid</dc:subject>
		<dc:subject>Crise sanitaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; Comment un virus microscopique a-t-il pu d&#233;stabiliser en profondeur nos &#233;conomies ? N'&#233;taient-elles pas d&#233;j&#224; fragilis&#233;es par des id&#233;ologies qui nous auraient priv&#233;s des moyens de nous d&#233;fendre ? Lesquelles faut-il incriminer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et comment reconstruire notre &#233;conomie apr&#232;s le Covid ? Telles sont les questions auxquelles ont accept&#233; de r&#233;pondre Mathieu Detchessahar, professeur &#224; l'Institut d'&#233;conomie et de management l'Universit&#233; de Nantes, et Pierre de Lauzun &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Incorrect&lt;/i&gt; juin 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;+ Webconf&#233;rence Proclero avec Don Pascal Andr&#233; Dumont mardi 9 juin. Relay&#233; par Radio Notre-Dame. &#034;Occasion d'essayer de prendre un peu de recul et de hauteur par rapport &#224; la crise actuelle afin de faire &#224; son sujet quelques diagnostics et de souligner les esp&#233;rances qu'elle peut porter pour l'avenir. Notre volont&#233; est d'&#233;clairer cette crise de 2020 &#224; travers une cl&#233; de lecture plus inhabituelle, celle des principes fondamentaux de la Doctrine Sociale de l'Eglise&#034;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Economie-generale-a-.html" rel="directory"&gt;Economie g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Economie-et-covid-+.html" rel="tag"&gt;Economie et covid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Crise-sanitaire-+.html" rel="tag"&gt;Crise sanitaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Comment un virus microscopique a-t-il pu d&#233;stabiliser en profondeur nos &#233;conomies ? N'&#233;taient-elles pas d&#233;j&#224; fragilis&#233;es par des id&#233;ologies qui nous auraient priv&#233;s des moyens de nous d&#233;fendre ? Lesquelles faut-il incriminer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et comment reconstruire notre &#233;conomie apr&#232;s le Covid ? Telles sont les questions auxquelles ont accept&#233; de r&#233;pondre Mathieu Detchessahar, professeur &#224; l'Institut d'&#233;conomie et de management l'Universit&#233; de Nantes, et Pierre de Lauzun &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'Incorrect&lt;/i&gt; juin 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir le document ci-dessous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Webconf&#233;rence Proclero avec Don Pascal Andr&#233; Dumont mardi 9 juin. Relay&#233; par Radio Notre-Dame. &#034;Occasion d'essayer de prendre un peu de recul et de hauteur par rapport &#224; la crise actuelle afin de faire &#224; son sujet quelques diagnostics et de souligner les esp&#233;rances qu'elle peut porter pour l'avenir. Notre volont&#233; est d'&#233;clairer cette crise de 2020 &#224; travers une cl&#233; de lecture plus inhabituelle, celle des principes fondamentaux de la Doctrine Sociale de l'Eglise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VPBoMgMhAcI&amp;t=1499s&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VPB...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://radionotredame.net/2020/conferences/conference-proclero-avec-pierre-de-lauzun-crise-de-2020-quels-diagnostics-quelles-esperances-274124/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://radionotredame.net/2020/con...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le virus et nous, ou comment se pr&#233;parer &#224; la prochaine crise </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-virus-et-nous-ou-comment-se-preparer-a-la-prochaine-crise.html</link>
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		<dc:date>2020-05-18T09:41:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Risques</dc:subject>
		<dc:subject>Crise sanitaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8216;Nous sommes en guerre', disait notre cher pr&#233;sident. Ce n'est clairement &lt;br class='autobr' /&gt;
pas une guerre, mais il y a une dimension vraie dans le propos. Et donc, mobilisons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on faire pour aider &#224; pr&#233;venir ce genre de d&#233;sastre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma le 18 mai 2020&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Prevention-des-risques-+.html" rel="tag"&gt;Risques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Crise-sanitaire-+.html" rel="tag"&gt;Crise sanitaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#8216;Nous sommes en guerre', disait notre cher pr&#233;sident. Ce n'est clairement &lt;br class='autobr' /&gt;
pas une guerre, mais il y a une dimension vraie dans le propos. Et donc, mobilisons-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui frappe le plus dans cette affaire est la disproportion entre la cause et le danger, ou l'effet attendu. Un virus contagieux certes, mais de mortalit&#233; plut&#244;t r&#233;duite et concentr&#233;e sur une population bien d&#233;termin&#233;e, a immobilis&#233; nos &#233;conomies sur des semaines, avec des effets ravageurs. Si une cause aussi limit&#233;e a pu produire un tel effet, cela veut dire que cela peut se reproduire ais&#233;ment, pour de multiples raisons. Nous avons donc pour l'avenir un gros probl&#232;me de risque, sanitaire, &#233;videmment. Mais aussi &#233;videmment d'un autre ordre, aux effets eux aussi massifs &#8211; par exemple, un risque politique (ainsi une r&#233;volution en Arabie saoudite&#8230;). Or cette exp&#233;rience montre que comme communaut&#233;s politiques nous sommes ridiculement mal pr&#233;par&#233;s. Comme &#224; des degr&#233;s divers la plupart des d&#233;mocraties occidentales. Et nous r&#233;agissons lentement, et tr&#232;s mal. Compar&#233;s &#224; la Cor&#233;e ou Taiwan, c'est m&#234;me effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que c'est la t&#226;che du politique, le privil&#232;ge r&#233;galien par excellence. Bien s&#251;r, en un sens c'est vrai. Mais d'une part la mani&#232;re dont notre politique assume cette t&#226;che est pour le moins peu convaincante, notamment dans les pays latins et anglosaxons. D'autre part, il ne suffit pas de faire de beaux plans au niveau supr&#234;me, ou &#224; celui des Etats-Majors. Il faut aussi qu'ils soient suivis d'effet. Et que la population soit convaincue. Or si on a r&#233;agi si peu, si tard et si mal &#224; cette crise, ce n'est pas seulement du fait de l'impr&#233;paration, ni de l'inconscience ou de la pusillanimit&#233; des dirigeants (pas seulement fran&#231;ais) &#8211; tous deux pourtant manifestes. C'est aussi et sans doute surtout du fait de leur peur bleue des r&#233;actions de l'opinion. Avec le recul, il aurait par exemple fallu au minimum interdire les rassemblements de plus de 50 personnes d&#232;s fin janvier, g&#233;n&#233;raliser masques et tests. Imaginons le toll&#233; si cela avait &#233;t&#233; fait. La pr&#233;paration de l'opinion est donc centrale. Non pas la pr&#233;paration en termes de communication, mais la conscience collective, ce qui est tout autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement il n'y a pas de recette magique. Mais on peut tenter de se baser sur les exemples v&#233;cus. Par exemple, on fait des stress tests avec les banques, ce qui veut dire que des &#233;quipes nombreuses et suppos&#233;es comp&#233;tentes venant du superviseur bancaire testent &#224; intervalles r&#233;guliers la capacit&#233; des banques &#224; r&#233;sister &#224; des chocs. Bien des entreprises font de m&#234;me dans leur domaine. Dans le domaine public, on a fait mieux : on a m&#234;me un organisme, le SGSDN, en charge de la pr&#233;vention des grands risques nationaux, dont l'anc&#234;tre, le SGDN, existait d&#232;s avant la derni&#232;re guerre (eh oui). Entre autres t&#226;ches, il est suppos&#233; faire des plans sur les risques majeurs possibles, et sur la mani&#232;re d'y r&#233;agir. Nous le connaissons bien &#224; G&#233;opragma : trois d'entre nous au moins y ont travaill&#233;, &#224; des &#233;poques diverses. Ce m&#234;me SGDSN s'&#233;tait m&#234;me en l'esp&#232;ce fendu de rapports, qui pr&#233;voyaient les mesures &#224; prendre dans le cas pr&#233;cis d'un nouvelle &#233;pid&#233;mie du type actuel. Il recommandait notamment d'agir pr&#233;ventivement et tr&#232;s vite &#8211; avec usage massifs de masques. Mais il n'a pas &#233;t&#233; suivi d'effet&#8230; et comme on sait, on a au contraire liquid&#233; lesdits masques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit donc, le premier probl&#232;me n'est pas l'absence de r&#233;flexion ; mais l'absence de mise en &#339;uvre de mesures de pr&#233;caution (au bon sens du terme). Et de sensibilisation populaire. Trop souvent, dans nos soci&#233;t&#233;s faibles et peureuses, parler de pr&#233;caution veut dire : ne pas agir, par peur des cons&#233;quences. Alors que ce qu'on leur demande, c'est ce qu'on appelle prendre ses pr&#233;cautions, et donc au contraire agir, pour parer aux risques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment alors faire monter d'un cran ou de deux l'attention g&#233;n&#233;rale, et pr&#233;parer le public &#224; ce genre de probl&#232;mes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose une m&#233;thode, parmi d'autres : celle d'un rapport annuel, public comme celui de la Cour des Comptes, peut-&#234;tre avec d&#233;bat parlementaire, provenant d'un organisme d&#233;di&#233; qui soit tenu de faire des recommandations publiques, s'il voit un risque majeur et qu'il pense qu'il faut agir. Avec si n&#233;cessaire, un statut prot&#233;g&#233; comme celui de la Cour. Et qu'il puisse mobiliser des moyens - y compris pour faire des tests. On pourrait appeler cela Conseil national de s&#233;curit&#233;, mais dans un sens diff&#233;rent de ce qui se passe aux Etats-Unis, qui serait notamment moins sous la coupe du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le champ de ce qui peut &#234;tre couvert ainsi va loin. Car outre les &#233;pid&#233;mies, les crises politico-militaires, ou les crises financi&#232;res, cela inclut n&#233;cessairement tout un pan de politique industrielle, d&#233;cisive pour la s&#233;curit&#233; collective comme on le voit maintenant avec les masques ou les m&#233;dicaments ; et cela s'&#233;tend aussi &#224; bien d'autres sujets. Cela ne fait pas double emploi avec les organismes comp&#233;tents : s'agissant d'une crise financi&#232;re par exemple, ou g&#233;opolitique, il ne s'agit pas de traiter la cause elle-m&#234;me, mais de mesurer l'impact possible de la crise sur la vie du pays, d'avertir, de susciter le d&#233;bat, et de r&#233;veiller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il enfin besoin de dire qu'un tel organe se situerait n&#233;cessairement au niveau national, le seul &#224; m&#234;me de traiter ce genre de question ? Cela n'exclut pas une mise en commun europ&#233;enne d'id&#233;es ou de moyens, quand c'est appropri&#233;, cas par cas. Mais le ressort premier de la responsabilit&#233; n'est pas &#224; ce niveau-l&#224;. On l'a vu &#224; nouveau dans cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permettrait aussi de r&#233;pondre, devant le public, aux probl&#232;mes et inqui&#233;tudes qui s'y r&#233;pandent, notamment de ceux qui naissent de la mondialisation. Non pas par en haut, selon des sch&#233;mas id&#233;ologiques, mais concr&#232;tement, &#224; partir de nos vrais besoins, en tentant de mesurer ce qu'on peut et doit faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 18 mai 2020&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/le-virus-et-nous-ou-comment-se-preparer-a-la-prochaine-crise/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://geopragma.fr/le-virus-et-nou...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#171; syst&#232;me &#187; est en crise, mais de quel syst&#232;me parlons-nous ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-systeme-est-en-crise-mais-de-quel-systeme-parlons-nous.html</link>
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		<dc:date>2020-04-01T09:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Crise</dc:subject>
		<dc:subject>Bien commun</dc:subject>
		<dc:subject>Crise sanitaire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avec la crise du coronavirus, la soci&#233;t&#233; et l'&#233;conomie subissent un choc violent. Beaucoup esp&#232;rent que ce sera l'occasion d'un choc salutaire ; et effectivement ce serait indispensable. Encore faudrait-il ne pas succomber aux facilit&#233;s du manich&#233;isme, et en profiter pour fourguer ses chers petits sch&#233;mas binaires qui pr&#233;tendent expliquer tout. Il y a mieux &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le Figaro Vox&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Crise-sanitaire-+.html" rel="tag"&gt;Crise sanitaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Manich&#233;isme et sortie de crise : o&#249; sont nos vrais probl&#232;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la crise du coronavirus, la soci&#233;t&#233; et l'&#233;conomie subissent un choc violent. Beaucoup esp&#232;rent que ce sera l'occasion d'un choc salutaire ; et effectivement ce serait indispensable. Encore faudrait-il ne pas succomber aux sir&#232;nes du manich&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A c&#244;t&#233; des tenants du &#171; syst&#232;me &#187; tel qu'il fonctionne actuellement, et qui esp&#232;rent au plus vite que tout revienne au plus t&#244;t comme avant, il y a en effet les amateurs de solutions simples. Un des sch&#233;mas favoris de nos dialecticiens en herbe, c'est l'opposition entre un bloc liant le mondialisme, la finance, la sp&#233;culation, le capitalisme, la d&#233;sindustrialisation, les march&#233;s et la surconsommation, qui s'opposerait &#224; un bloc vertueux m&#234;lant l'Etat, le service public , la protection sociale et la solidarit&#233;. Il y a beaucoup de vrai l&#224;-dedans, mais aussi beaucoup de na&#239;vet&#233;, de simplisme, et m&#234;me de franches erreurs. Rappelons quelques faits simples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la crise actuelle n'a rien &#224; voir directement ni avec la finance ni avec la sp&#233;culation. Ce n'est pas 2008. Elle n'est m&#234;me pas d'origine &#233;conomique. Bien s&#251;r, elle a mis en &#233;vidence les terribles m&#233;faits de la mondialisation commerciale et industrielle avec son culte des flux tendus et des d&#233;localisations et ses concentrations de production en Chine, qui nous laissent terriblement d&#233;munis. Mais si la finance y a contribu&#233;, cela se serait fait tout autant sans elle. Parce que les entreprises int&#233;ress&#233;es et les consommateurs y ont beaucoup gagn&#233; ; parce que l'id&#233;ologie mondialiste &#233;tait partout, &#224; commencer par les trait&#233;s europ&#233;ens ; parce que l'on a remis&#233; l'ind&#233;pendance nationale aux oubliettes. On dira que la finance a &#224; voir avec la terrible fragilit&#233; de notre syst&#232;me, du fait de son endettement d&#233;mentiel. Et on aura raison. Sauf que, pour s'endetter, il faut le vouloir. Ce ne sont pas les march&#233;s financiers qui obligent les Etats &#224; s'endetter, c'est leur incapacit&#233; &#224; contr&#244;ler leurs d&#233;ficits, donc &#224; choisir politiquement. Sans compter que le surendettement mondial r&#233;sulte largement de la politique mon&#233;taire et budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite on dit que si nous sommes sous-&#233;quip&#233;s sur le plan m&#233;dical, notamment dans nos h&#244;pitaux, c'est la faute de l'aust&#233;rit&#233;, des march&#233;s, ou de Bruxelles. L&#224; encore, ce n'est pas s&#233;rieux de la part d'un pays dont les pouvoirs publics canalisent 56 % du PNB. Il est donc &#233;vident que ce n'est pas la d&#233;pense qui manque chez nous ; mais qu'elle est mal utilis&#233;e, voire tr&#232;s mal. On parle de d&#233;mant&#232;lement du service public, ce qui veut dire qu'on pense qu'avant, cela allait mieux. Mais justement, avant, la d&#233;pense publique &#233;tait plus faible qu'aujourd'hui. Comment faisait-on ? Comment fait la Cor&#233;e qui se tire mieux que nous de la crise alors que ses d&#233;penses de sant&#233; rapport&#233;es au PNB repr&#233;sentent la moiti&#233; des n&#244;tres ? Comment se fait-il qu'on n'ait pas investi massivement en masques et tests, qui ne co&#251;tent pas cher ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point central commun : nous sommes mal g&#233;r&#233;s. Pas par ce seul gouvernement, mais depuis longtemps. Parce que la d&#233;cision est bureaucratique et corporatiste, qu'elle g&#232;re la contrainte budg&#233;taire selon la r&#233;sistance aux &#233;conomies et non selon les vraies priorit&#233;s, parce qu'elle est incapable d'investir sur l'avenir, parce que pour elle la pr&#233;caution c'est de bloquer ce qui est nouveau, et non pas prendre ses pr&#233;cautions pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le changement est n&#233;cessaire. Mais il suppose de d&#233;monter les dichotomies simplistes et de regarder les points qui font mal. Oui, il y a un r&#244;le majeur pour l'Etat, un r&#244;le accru, mais pas pour un Etat plus gras, au contraire : pour un Etat plus concentr&#233; mais avec des priorit&#233;s claires, notamment de r&#233;gulation et de protection ultime, avec de vrais d&#233;cideurs &#224; sa t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il ne faut pas oublier que la soci&#233;t&#233; ne se r&#233;duit pas &#224; l'Etat. Que la soci&#233;t&#233; civile ne se r&#233;duit pas &#224; l'&#233;conomie ou au capitalisme. Que l'&#233;conomie d'entreprise et de march&#233; se r&#233;duit pas au court-termisme ou &#224; la sp&#233;culation. Encadrer les march&#233;s, et par exemple supprimer les droits de vote des sp&#233;culateurs, oui, bien s&#251;r : qui investit dans une entreprise doit lui &#234;tre fid&#232;le. Mais cela ne suffit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut en fait un nouveau pacte entre la soci&#233;t&#233; et l'Etat : d&#233;finissant ses actions prioritaires, sur le long terme (et donc en &#233;cologie aussi) mais sans faire marcher la planche &#224; billet ; prot&#233;geant ses secteurs clefs et remisant l'id&#233;ologie mondialiste, mais sans fermeture ni repli ; contr&#244;lant et r&#233;gulant &#233;nergiquement ses march&#233;s et sa finance, sans les tuer ; lib&#233;rant l'initiative, mais cultivant le d&#233;vouement &#224; la chose publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est essentiel. On voit les pays de l'Asie libre, Cor&#233;e, Taiwan, Singapour, Hongkong, voire Japon plut&#244;t mieux r&#233;agir que nous, avec moins de contraintes. Esp&#233;rons que cela se poursuivra. Mais d'ores et d&#233;j&#224; une le&#231;on est claire : ces pays ont une culture impr&#233;gn&#233;e de la chose publique, du bien de la soci&#233;t&#233;, non par action de l'Etat, mais dans l'esprit des citoyens. C'est peut-&#234;tre du confucianisme, reste que c'est non seulement vertueux, mais bien utile. La deuxi&#232;me erreur &#224; r&#233;pudier, apr&#232;s notre culte de la bureaucratie et nos capitalistes avides, c'est donc notre individualisme pathologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le Figaro Vox 31 mars 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lefigaro.fr/vox/politique/pierre-de-lauzun-le-systeme-est-en-crise-mais-de-quel-systeme-parlons-nous-20200401&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lefigaro.fr/vox/politiq...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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