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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>La force de combattre</title>
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		<dc:date>2021-08-18T08:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Sup&#233;riorit&#233; guerri&#232;re</dc:subject>
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		<dc:subject>Force de combattre</dc:subject>
		<dc:subject>Patriotisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Afghanistan ont stup&#233;fait le monde. Le plus frappant est le contraste entre une arm&#233;e de 300 000 hommes arm&#233;e et &#233;quip&#233;e par les Am&#233;ricains, et leurs adversaires qui sont au nombre d'environ 50 &#224; 80 000 et beaucoup plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous rappelle d&#233;j&#224; un fait bien connu, qui est que la capacit&#233; de combat n'est pas d'abord le nombre et l'&#233;quipement, mais la volont&#233; de se battre. Mais derri&#232;re, sous-jacent il faut rappeler un autre fait fondamental : le fait que la sup&#233;riorit&#233; &#224; la guerre peut permettre &#224; un groupe de population r&#233;duit et minoritaire de dominer un peuple beaucoup plus large, y compris plus d&#233;velopp&#233; et plus riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Force-de-combattre-+.html" rel="tag"&gt;Force de combattre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Patriotisme-+.html" rel="tag"&gt;Patriotisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;v&#233;nements d'Afghanistan ont stup&#233;fait le monde. Le plus frappant est le contraste entre une arm&#233;e de 300 000 hommes arm&#233;e et &#233;quip&#233;e par les Am&#233;ricains, et leurs adversaires qui sont au nombre d'environ 50 &#224; 80 000, avec quelques ressources grappill&#233;es ici ou l&#224;, quelque peu aid&#233;s par les Pakistanais mais fondamentalement beaucoup plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui nous rappelle d&#233;j&#224; un fait tout simple et bien connu, qui est que la capacit&#233; de combat n'est pas d'abord le nombre et l'&#233;quipement, mais la volont&#233; de se battre. Mais derri&#232;re, sous-jacent il faut rappeler un autre fait fondamental : &lt;i&gt;le fait que la sup&#233;riorit&#233; &#224; la guerre peut permettre &#224; un groupe de population r&#233;duit et minoritaire de dominer un peuple beaucoup plus large, y compris plus d&#233;velopp&#233; et plus riche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples historiques sont nombreux. C'est par exemple ce qui est arriv&#233; &#224; l'empire romain. Les barbares ont gagn&#233; alors qu'ils &#233;taient massivement moins nombreux. On a mis en cause tout &#224; tour la d&#233;cadence morale des Romains, la fiscalit&#233; du bas-empire, la fuite des &#233;lites, ou m&#234;me le r&#244;le des chr&#233;tiens. Mais sans entrer dans le d&#233;tail de ces causes (financi&#232;res, morales, politiques ou autres), ce qui est une question complexe et d&#233;battue, le fait simple et ind&#233;niable est qu'ils n'arrivaient plus &#224; monter une arm&#233;e de taille et de puissance commensurable &#224; l'empire. D'o&#249; un r&#233;sultat d&#233;sastreux. Un autre grand empire, la Chine a aussi &#233;t&#233; envahie &#224; deux reprises par des barbares inf&#233;rieurs en nombre et en culture (par les Mongols au XIIIe s. puis par les Mandchous au XVIe s.) avec des cons&#233;quences elles aussi graves m&#234;me si elles n'ont pas &#233;t&#233; mortelles. On peut faire la m&#234;me remarque sans doute pour les invasions musulmanes diverses (Arabes au VIIe s. au d&#233;triment des Byzantins et plus encore des Perses, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Songeons y : les hommes jeunes, Afghans ou Maliens, qui viennent se &#8216;r&#233;fugier' chez nous n'ont pas voulu non plus courir le risque de se battre. Certes leurs arm&#233;es nationales ne sont sans doute pas des mod&#232;les. Mais le fait est qu'il n'y a dans ces pays aucune force digne de ce nom en face des islamistes. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce que j'&#233;crivais &#224; ce propos en juin 2019, &#224; propos de la mort de membres d'un commando en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour que le pouvoir politique en charge puisse donner &#224; un commando l'ordre de prendre des risques graves afin d'accomplir une mission, [] il faut par construction qu'il ait devant lui des gens qui acceptent de prendre ce risque. Il se trouve qu'il y en a encore, et beaucoup, dans l'arm&#233;e fran&#231;aise. Cela nous para&#238;t donc aller de soi. Ce ne l'est pas du tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut bien comprendre en effet ce qui leur est demand&#233; : courir un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'op&#233;ration. C'est le m&#233;tier du soldat ou du militaire direz-vous. Oui, mais justement, l&#224; est bien la question : pourquoi des individus, de grande qualit&#233; personnelle, acceptent les risques d'un tel m&#233;tier ? Evidemment pas au vu de la r&#233;mun&#233;ration, compar&#233;e &#224; celle de la plupart des m&#233;tiers du civil ; et de toute fa&#231;on, comment une r&#233;mun&#233;ration mon&#233;taire pourrait-elle compenser un risque &#233;lev&#233; de mourir dans l'accomplissement de son travail ? Il y a bien des mercenaires direz-vous. Oui mais justement, ces personnes ne sont en rien des mercenaires. Et fort heureusement, car le mercenaire calcule, et n'h&#233;site pas &#224; se retourner en cas de besoin. Il n'a donc pas la fiabilit&#233; de ces soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous connaissons la r&#233;ponse bien s&#251;r : quelle que soit la fa&#231;on dont on la nomme ou la fonde, il y a une &#233;thique du soldat, fond&#233;e notamment sur ce qu'on doit bien appeler le patriotisme ; l'id&#233;e qu'il est juste et noble d'accepter le risque de mourir pour une cause qui le m&#233;rite, et notamment pour sa communaut&#233;. Il est manifeste que nous avons collectivement un besoin absolu de telles personnes. Car sans eux, pas d'arm&#233;e possible, pas m&#234;me de gendarmerie. Mais du coup la question se d&#233;place : qu'est-ce qui fait que dans un pays des personnes vivent ce patriotisme, ou cet esprit de sacrifice, jusqu'au bout s'il le faut ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un si&#232;cle la r&#233;ponse &#233;tait alors relativement simple, au moins en premi&#232;re analyse. Hors franges marginales, toute la soci&#233;t&#233; enseignait un tel patriotisme et l'esprit de sacrifice correspondant, et en &#233;tait p&#233;n&#233;tr&#233;e. Cela n'avait pas que des vertus : il y avait des hypocrites ; il y a eu aussi des trag&#233;dies comme 14-18. Mais quoi qu'il en soit, la question de la d&#233;fense, de la protection, avait sur ce plan une r&#233;ponse : des personnes, nombreuses, acceptaient cette exigence jusqu'au sacrifice de leur vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a en a encore aujourd'hui, la preuve en est donn&#233;e chaque jour, et les cas plus m&#233;diatiques &#233;voqu&#233;s ci-dessus nous le rappellent ; ils nous montrent aussi que le public y est sensible et reconnaissant. L'image de l'arm&#233;e est bonne. Fort bien. Mais la question demeure : justement, pourquoi y en a-t-il encore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'esprit public a bien chang&#233; depuis un si&#232;cle. Peut-on s&#233;rieusement soutenir que le patriotisme et l'esprit de sacrifice sont parmi les piliers fondateurs de notre soci&#233;t&#233;, notamment dans la mani&#232;re dont elle se pr&#233;sente elle-m&#234;me, dans l'opinion, dans les m&#233;dias, &#224; l'&#233;cole ? Les programmes scolaires sont-ils con&#231;us pour susciter cet &#233;tat d'esprit chez les &#233;l&#232;ves ? La r&#233;volution culturelle soixante-huitarde est-elle adapt&#233;e &#224; la production de ce genre d'hommes ? Et l'&#233;ducation nationale, centr&#233;e sur l'id&#233;e de l'&#233;l&#232;ve qui s'&#233;duque lui-m&#234;me, qui cherche sa voie comme il l'entend, selon ses propres vues et int&#233;r&#234;ts ? Evidemment non. Encore moins, bien s&#251;r, l'&#233;tat d'esprit h&#233;doniste et calculateur qui imbibe notre vie commune, ou le relativisme affich&#233;, dans lequel chacun d&#233;finit sa voie comme il l'entend. Car dans une telle perspective, sauf t&#234;tes br&#251;l&#233;es, on serait fou de prendre le risque de se faire tuer ; surtout s'il s'agit d'ex&#233;cuter les ordres d'un pouvoir politique sur lequel on n'a qu'assez peu de prise, et qui peut poursuivre n'importe quel objectif, y compris m&#233;diatique ou id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion s'impose : des personnes ayant cet esprit de patriotisme et, si besoin est, de sacrifice ne sont normalement pas produits par la culture ambiante. Nous le savons tous, ils sont issus dans leur majorit&#233; de milieux sociologiquement bien d&#233;finis, passablement d&#233;cal&#233;s par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;. Et pour mettre les pieds dans le plat, des milieux en g&#233;n&#233;ral assez traditionnels, souvent croyants. Ce qui permet de maintenir un socle significatif, une masse critique, dans les arm&#233;es, et d'int&#233;grer ceux qui sont venus l&#224; sans provenir de tels arri&#232;re-plans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant mieux dira-t-on, la R&#233;publique en profite. Mais il y a quelque paradoxe &#224; vivre sur une telle ressource, en faisant &#224; peu pr&#232;s tout par ailleurs pour qu'elle disparaisse. Car si cela se produit, on sera tr&#232;s &#224; court d'alternative. Croit-on qu'on va motiver des lyc&#233;ens quelconques &#224; la perspective exaltante de mourir pour le &#8216;patriotisme constitutionnel' d'Habermas ? Pour l'&#233;quilibre &#233;cologique ? Tout cela peut &#234;tre tout &#224; fait respectable &#224; son niveau, mais hors cas particuliers on ne meurt pas pour cela, encore moins si on n'a pas &#233;t&#233; &#233;duqu&#233; pour int&#233;rioriser une telle perspective. Ne resterait alors que le mercenariat : l'Empire romain s'y est adonn&#233; &#224; la fin, avec les r&#233;sultats qu'on conna&#238;t. Car celui qui accepte de mourir mais constate que ses ma&#238;tres ne s'y r&#233;solvent pas conclut assez vite qu'il a tout int&#233;r&#234;t &#224; prendre leur place, et qu'il le peut. Reste encore la technologie, &#224; l'am&#233;ricaine, mais elle ne r&#233;sout qu'une partie de la question. Nous n'avons pas de robots capables de jouer les commandos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc pas le choix : nous devons collectivement r&#233;fl&#233;chir aux voies et moyens permettant autant que cela sera possible de diffuser et encourager un esprit de sacrifice et de patriotisme dans la population. Ou au moins une partie d'entre elle. Quoiqu'en pensent les id&#233;ologues, car paradoxalement eux-m&#234;mes ont besoin de ces gens-l&#224; pour continuer &#224; propager leurs th&#233;ories sans &#234;tre personnellement menac&#233;s. Comme les touristes au B&#233;nin ont eu besoin des fusiliers marins. Qu'ils y r&#233;fl&#233;chissent ! &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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