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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Christianisme et migration : la grande illusion</title>
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		<dc:date>2019-08-11T15:57:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Eglise et migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur et sans pr&#233;c&#233;dent, qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. On sait que l'Eglise a pris des positions parfois tr&#232;s offensives sur le sujet, et notamment le pape Fran&#231;ois. C'est m&#234;me le point sur lequel il diverge le plus fortement par rapport au sentiment spontan&#233; de nombreux fid&#232;les, au point de donner l'impression d'un v&#233;ritable dialogue de sourds. Voyons de plus pr&#232;s&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Religion-et-politique-.html" rel="directory"&gt;Religion et politique &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Eglise-et-migrations-+.html" rel="tag"&gt;Eglise et migrations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Grand-remplacement-+.html" rel="tag"&gt;Grand remplacement&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question de fond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur et sans pr&#233;c&#233;dent qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. On sait que l'Eglise a pris des positions parfois extr&#234;mement offensives sur le sujet, et notamment le pape Fran&#231;ois. C'est m&#234;me le point sur lequel il diverge le plus fortement par rapport au sentiment spontan&#233; de nombreux fid&#232;les, au point de donner l'impression d'un v&#233;ritable dialogue de sourds. Notamment du c&#244;t&#233; officiel, m&#234;me si le pape nuance &#224; l'occasion. On y mart&#232;le un suppos&#233; devoir &#233;vang&#233;lique absolu et sans r&#233;plique d'accueillir et d'int&#233;grer toutes les personnes qui se pr&#233;sentent, et on ne tient aucun compte des soucis et objections. On cherche m&#234;me &#224; les disqualifier en mettant leurs r&#233;actions exclusivement sous le compte de l'individualisme, de la peur et de l'&#233;go&#239;sme, comme vient encore le faire le pape dans son dernier message sur les migrants. Sans donc r&#233;pondre aux soucis qui sont &#224; la base, autrement plus substantiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu des donn&#233;es disponibles, il para&#238;t pourtant que la position actuellement dominante dans l'Eglise ne repose pas sur une analyse compr&#233;hensive et objective de la r&#233;alit&#233;. Confondant le migrant &#233;conomique avec le refugi&#233;, elle privil&#233;gie un seul facteur : le besoin du migrant - une fois qu'il a migr&#233; ou est en train de le faire. On en d&#233;duit alors ce qui malgr&#233; les d&#233;n&#233;gations est un droit &#224; l'immigration illimit&#233;e et &#224; l'&#233;galit&#233; de droit entre migrants et citoyens du pays d'accueil. Certes le pape Fran&#231;ois admet (dans ses commentaires oraux) une limite : la capacit&#233; &#233;conomique du pays d'accueil. Mais il est clair que celle-ci est compatible avec des migrations de grande ampleur. Or le goulot d'&#233;tranglement, le risque majeur de la migration, n'est pas d'abord l&#224;, mais dans la disruption profonde des &#233;quilibres socio-politiques et culturels du pays d'accueil. Plus que ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le pape donne l'impression de sous-estimer ce facteur, comme il para&#238;t sous-estimer les probl&#232;mes consid&#233;rables pos&#233;s par l'Islam, essentiels dans le cas de l'immigration en Europe. Comme il para&#238;t n&#233;gliger par ailleurs le tr&#232;s grave effet de saign&#233;e des pays d'origine que signifie la migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le Cat&#233;chisme de l'&#201;glise catholique &#233;tait lui plut&#244;t &#233;quilibr&#233; : &#171; Les nations mieux pourvues sont tenues d'accueillir autant que faire se peut l'&#233;tranger en qu&#234;te de la s&#233;curit&#233; et des ressources vitales qu'il ne peut trouver dans son pays d'origine. Les pouvoirs publics veilleront au respect du droit naturel qui place l'h&#244;te sous la protection de ceux qui le re&#231;oivent. Les autorit&#233;s politiques peuvent en vue du bien commun dont elles ont la charge subordonner l'exercice du droit d'immigration &#224; diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants &#224; l'&#233;gard du pays d'adoption. L'immigr&#233; est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine mat&#233;riel et spirituel de son pays d'accueil, d'ob&#233;ir &#224; ses lois et de contribuer &#224; ses charges &#187; (&#167; 2241).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'hospitalit&#233; et le respect des personnes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours eccl&#233;sial dominant va donc bien au-del&#224; de ce texte. La base biblique et &#233;vang&#233;lique principale qui nous est constamment rappel&#233;e comme une &#233;vidence suffisante et d&#233;finitive est le devoir d'hospitalit&#233;, auquel s'ajoute le respect de tout &#234;tre humain et la fraternit&#233; qu'il doit nous inspirer, outre le respect de ses droits en tant qu'&#234;tre humain. Cette base est &#233;videmment indiscutable en soi, &#224; son niveau. Elle impr&#232;gne de nombreux passages de la Bible. Il en est de m&#234;me du devoir de secourir une personne en danger, par exemple quelqu'un qui se noie en M&#233;diterran&#233;e. Mais ce que nos pr&#233;dicateurs ne voient pas, c'est que cela ne suffit en aucune mani&#232;re pour justifier une immigration illimit&#233;e, suivie de l'octroi imm&#233;diat du maximum des droits aux individus concern&#233;s, &#224; parit&#233; avec les nationaux. Il appara&#238;t en fait qu'on aplatit successivement deux r&#233;alit&#233;s l'une sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est de confondre le devoir personnel qui est le n&#244;tre face &#224; une personne &#224; qui nous avons affaire et qui est dans le besoin, avec le probl&#232;me pos&#233; par l'action collective de millions de gens qui se mettent sur les routes et payent &#224; des passeurs des sommes exorbitantes tout en prenant des risques appr&#233;ciables, cela afin d'arriver en Europe, sachant qu'en fois-l&#224; elle ne seront pas expuls&#233;es et pourront, croient-elle, participer de la richesse locale, qu'elles peuvent voir maintenant plus ais&#233;ment de chez elles en temps r&#233;el notamment gr&#226;ce aux mobiles. Or, autant il est de notre devoir, autant que possible, de donner une aide imm&#233;diate et humaine &#224; une personne dans le besoin qui croise nos pas, autant la solution d'un tel probl&#232;me de masse demande de se mettre au niveau de ce probl&#232;me et de le consid&#233;rer dans son ensemble. Quant &#224; &#233;voquer un bien commun mondial, outre qu'il n'a pas le m&#234;me sens qu'au niveau national faute d'autorit&#233; correspondante, il n'est en rien d&#233;montr&#233; qu'il implique des migrations de masse, tout au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est de confondre la rencontre personnelle avec un migrant isol&#233; avec l'effet de masse sur nos soci&#233;t&#233;s lorsque les migrants en question se chiffrent en millions. Mais si je viens en aide &#224; une personne, ou que j'ai une rencontre humaine avec lui, ce peut &#234;tre sans effet n&#233;gatif pour l'un ou l'autre, voire au contraire id&#233;alement mutuellement enrichissant. Si en revanche des millions de gens d'une culture radicalement diff&#233;rente viennent s'installer dans votre pays, le risque est r&#233;el de voir les &#233;quilibres qui fondent la vie commune remise en cause de fa&#231;on radicale, et pas dans le sens de la paix sociale, de la soci&#233;t&#233;, ou du maintien des traits de base, culturels ou civiques de votre soci&#233;t&#233;. C'est un enjeu autrement plus important que les questions &#233;conomiques, pourtant d&#233;j&#224; majeures. Mais cela on n'en parle jamais, sinon pour le traiter superficiellement et avec le m&#233;pris de ce qu'on juge &#234;tre une peur irrationnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; cet effet ridicule qu'on s'enflamme pour des bateaux d'ONG qui viennent r&#233;cup&#233;rer au large de la Libye les malheureux que les n&#233;griers modernes leur envoient sur des esquifs sommaires, pour ensuite tenter de forcer l'acc&#232;s aux ports occidentaux, r&#233;alisant ainsi l'objectif des int&#233;ress&#233;s. Effectivement ce ph&#233;nom&#232;ne est scandaleux et ces malheureux m&#233;ritent une aide. Mais quelle aide ? Faut-il rester obnubil&#233; par le seul fait imm&#233;diat, ou ne faut-il pas r&#233;fl&#233;chir sur la signification d'ensemble et le r&#233;sultat final ? Encore une fois, &#234;tre dans le besoin ne donne pas un droit automatique &#224; devenir citoyen d'une pays europ&#233;en. D'autant qu'on cr&#233;e ainsi un puissant appel d'air conduisant &#224; la perp&#233;tuation du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me confusion est celle du r&#233;fugi&#233; fuyant pour sa vie avec le migrant &#233;conomique. L'&#233;crasante majorit&#233; des migrants sont d&#232;s le d&#233;part des migrants &#233;conomiques, qui ont pay&#233; assez cher pour tenter ce passage. Vouloir vivre mieux est l&#233;gitime mais ne vous donne pas un droit &#224; vous imposer &#224; n'importe quelle communaut&#233; humaine de votre choix. Mais m&#234;me celui qui quitte un pays assez inhospitalier pour m&#233;riter le nom de r&#233;fugi&#233; est rarement contraint d'aller en Europe pour sauver sa vie ; encore moins de s'y &#233;tablir. Il y a bien d'autre endroits pour cela, bien plus proches. S'il le fait, c'est qu'il choisit un endroit plus prometteur pour lui que le pays voisin, parce qu'au-del&#224; du refuge il y a la possibilit&#233; de l'immigration. En d'autres termes, les vrais r&#233;fugi&#233;s chez nous deviennent tr&#232;s vite des migrants &#233;conomiques. Ce n'est certainement pas un reproche. Mais ce n'est pas un droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc prendre le probl&#232;me dans son ensemble et &#224; sa racine, en r&#233;fl&#233;chissant rationnellement sans se laissant emporter par des &#233;motions ais&#233;ment manipulables. Soit en effet on admet que l'immigration puisse &#234;tre illimit&#233;e. Dans ce cas il est scandaleux de se contenter de r&#233;cup&#233;rer des rescap&#233;s en mer : il faut aller au bout de la logique et organiser un pont a&#233;rien ou maritime permanent pour faire entrer sans risque tous les candidats. Position logique en soi, mais ultra-minoritaire et qui se heurterait &#224; l'opinion r&#233;solue des peuples europ&#233;ens. Et qui n'est pas celle de l'Eglise d'ailleurs, car on l'a vu le pape Fran&#231;ois admet la l&#233;gitimit&#233; de limites, quoiqu'il ait tendance &#224; ne voir que la limite &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit donc on admet des limites ; peut-&#234;tre plus haute que ce qui est accept&#233; aujourd'hui mais des limites quand m&#234;me. Ce qui est d'ailleurs logique car les candidats en question se chiffreraient vite en centaines de millions. Mais dans ce cas il y aura in&#233;vitablement des gens qu'on n'acceptera pas, donc qu'on refoulera. Et qui tenteront de passer quand m&#234;me. Donc exactement notre probl&#232;me actuel. Passages clandestins en M&#233;diterran&#233;e, sans-papiers etc. Il ne sert donc &#224; rien de s'apitoyer sans traiter la question &#224; la base. La base, c'est d'abord de faire comprendre aux candidats qu'au-del&#224; d'un certain seuil il n'y aura pas d'entr&#233;e : &lt;i&gt;No Way&lt;/i&gt; comme disent les Australiens. Et d'agir &#224; la source, en Libye notamment, et ailleurs, pour casser le mouvement qui s'est emball&#233; il y a 5 ans, et pendre les trafiquants. Plus bien s&#251;r un renforcement massif mais intelligent de l'aide aux pays de d&#233;part. Sachant que le d&#233;veloppement par lui-m&#234;me ne r&#233;duira la pression migratoire qu'&#224; terme ; il peut m&#234;me l'accro&#238;tre dans un premier temps, en solvabilisant les candidats &#224; la migration. Mais c'est un devoir incontestable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; encore, dans les pays d'accueil la seule solution humainement viable pour les entrants admis est l'assimilation. Non pas l'int&#233;gration, mais l'assimilation. L'Eglise nous parle du droit &#224; la culture d'origine, mais elle rappelle en m&#234;me temps que la culture du pays d'arriv&#233;e doit &#234;tre respect&#233;e. A une certaine dose, il y a l&#224; une contradiction intenable. Des migrants accept&#233;s ont droit &#224; garder leur culture d'origine telle quelle s'ils ne sont l&#224; que de fa&#231;on provisoire. S'ils veulent rester et devenir citoyens, ils deviennent des immigrants. Or un immigrant, &#231;&#224; s'assimile. Ce qui n'exclut pas des emprunts culturels &#224; ces personnes, mais en maintenant la coh&#233;rence d'une culture commune dans laquelle tous les citoyens puissent se reconna&#238;tre. S'il n'y a plus cette culture en commun, il n'y a plus de bien commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mythologie du christianisme suppos&#233; religion de migrants d&#232;s ses origines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus profond&#233;ment on rencontre ce p&#233;ch&#233; mignon, qui est celui de th&#233;ologiens plut&#244;t que du discours pastoral dominant, mais il affleure &#224; l'occasion dans ce dernier. On vous explique que le peuple juif s'est fond&#233; sur un mouvement permanent, de la mission d'Abraham &#224; l'exode et &#224; l'occupation de la Palestine, suivies de l'exil &#224; Babylone. Sans parler de la diaspora. On voit m&#234;me le pape parler de J&#233;sus comme migrant, alors qu'il a &#233;t&#233; tout au plus r&#233;fugi&#233; en Egypte sur une br&#232;ve p&#233;riode. L&#224; encore, deux confusions superpos&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est la confusion entre de tels mouvements subis, en outre pour la plupart extr&#234;mement violents, et la question pos&#233;e aujourd'hui. Seule la mission d'Abraham, qui en restait au niveau personnel, a &#233;t&#233; paisible et volontaire. L'exode d'Egypte, la conqu&#234;te violente de la Palestine, l'exil &#224; Babylone sont des ph&#233;nom&#232;nes dont il est difficile de faire des mod&#232;les en tant qu'&#233;v&#233;nements collectifs. Bien s&#251;r, comme le dit la Bible, le rappel de cette position historique comme vrais r&#233;fugi&#233;s qu'a connue le peuple juif dans ces &#233;pisodes dramatiques implique le souci de la solidarit&#233; avec l'&#233;tranger dans le besoin. Mais cela n'a rien &#224; voir avec une migration de masse comme nous la connaissons aujourd'hui, encore moins avec un m&#233;tissage g&#233;n&#233;ralis&#233;. Le souci constant de tout l'Ancien testament, qui imbibe tout le Livre, &#233;tait au contraire le maintien de l'int&#233;grit&#233; du peuple d'Isra&#235;l et sa pr&#233;servation &#224; l'&#233;gard de m&#233;langes qui pouvaient conduire &#224; la perte de son identit&#233; sp&#233;cifique comme peuple &#233;lu. On demandait certes de traiter convenablement l'&#233;tranger admis, mais sans lui donner les m&#234;mes droits qu'aux Juifs, notamment en mati&#232;re politique et fonci&#232;re, et il s'agissait de populations assez limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Evangile a introduit l&#224; une nouveaut&#233; majeure. Dans la mesure o&#249; l'Eglise prolonge Isra&#235;l, c'est bien s&#251;r en accueillant tous les hommes qui d&#233;sirent la rejoindre, quelle que soit leur origine. Mais sans perdre sa sp&#233;cificit&#233; non plus ! C'est la conversion qui fait le chr&#233;tien. Et sans que cela implique un statut personnel ou politique identique pour tous les int&#233;ress&#233;s. La fameuse phrase de saint Paul (il n'a plus Juifs et Grecs, hommes et femmes etc.) ne dit pas autre chose. Elle ne parle pas du statut juridique et politique des juifs, des femmes etc. Quant aux P&#232;res de l'Eglise dont on a fait des livres entiers pour souligner leur appel &#224; l'hospitalit&#233; sans acception de personnes, il en est de m&#234;me : on y parle de personnes pris isol&#233;ment, pas de peuples entiers. D'autant que contrairement &#224; ce qu'on raconte ici ou l&#224; ils n'ont pas connu de migration de masse. Les grandes invasions sont venues apr&#232;s, puis la conqu&#234;te guerri&#232;re musulmane qui a d'ailleurs conduit &#224; l'&#233;radication plus ou moins compl&#232;te du christianisme l&#224; o&#249; elle a r&#233;ussi. Difficile d'&#233;voquer alors un devoir d'hospitalit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me confusion est entre la probl&#233;matique de la migration et l'appel adress&#233; au chr&#233;tien de ne pas s'&#233;tablir dans une situation qu'il jugerait stable et acquise, et pire encore due &#224; ses m&#233;rites, pour lui rappeler en permanence qu'il est en chemin, voyageur temporaire sur cette terre, et appel&#233; &#224; rencontrer son prochain dans la charit&#233;. Cela conduit certains &#224; parler d'une &#171; marque migratoire du christianisme comme foi et comme r&#233;alit&#233; historique &#187; (G. M&#233;devielle) ; laquelle nous explique ainsi que &#171; en fait, une &#233;thique des migrations appelle une authentique conversion &#224; l'autre, et nous contraint &#224; nous reconna&#238;tre &#233;trangers &#224; notre tour, autre de l'autre. &#187; Ce qui est d&#233;j&#224; une mani&#232;re de parler assez curieuse au niveau interpersonnel, bien que l'intention soit compr&#233;hensible. La seule vraie conversion est au Christ. Elle peut et doit souvent passer par la rencontre de l'autre personne, qui est effectivement au c&#339;ur de la foi chr&#233;tienne, ce qui peut impliquer une transformation de nous-m&#234;mes, mais cela n'implique pas de devenir autre en tant que personne comme l'autre est autre pour moi, encore moins &#233;tranger &#224; soi-m&#234;me, sauf dans ce don de soi : si on meurt &#224; soi-m&#234;me c'est pour et dans le Christ. Mais surtout, de telles consid&#233;rations ne justifient en rien une immigration de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains disent que Dieu et l'Eglise ne regardent pas l'immigration de masse mais chaque migrant. Mais &#224; nouveau c'est tomber dans l'erreur de nier la sp&#233;cificit&#233; de dimension collective, sociale et politique de la question. Les m&#234;mes d'ailleurs qui recommandent que leur pays accueille des millions de migrants n'envisagent pas un instant de leur donner un acc&#232;s illimit&#233; &#224; leur propre maison. Tout au plus de rares bonnes &#226;mes accueillent un migrant ou deux &#224; l'occasion ; ce qui est a priori louable, mais incommensurable avec le probl&#232;me collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le suppos&#233; royaume des cieux r&#233;alis&#233; par la mondialisation migrante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que la sp&#233;cificit&#233; de ce que nous connaissons aujourd'hui est historiquement totale. D&#233;j&#224; en termes de nombres : les grandes invasions &#233;taient quantitativement bien plus faibles. Mais aussi de signification : contrairement &#224; ce qu'on raconte, la composition de la population europ&#233;enne a &#233;t&#233; tr&#232;s stable pendant plus de mille ans. Alors qu'aujourd'hui en France, selon Jerome Fourquet de l'IFOP, plus de 18 % des nouveau-n&#233;s ont un pr&#233;nom musulman, et les arriv&#233;es continuent. Autre sp&#233;cificit&#233; : c'est la premi&#232;re migration de masse sans conqu&#234;te militaire. Ce qui la rend apparemment indolore. Mais ne l'emp&#234;che pas d'&#234;tre puissante &#8211; bien au contraire. Il faut donc traiter ce ph&#233;nom&#232;ne unique comme il le m&#233;rite, sans le banaliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais de l&#224; &#224; voir dans cet aspect de la mondialisation une &#233;tape majeure dans l'unification de l'humanit&#233;, comme le font plusieurs documents pontificaux (plut&#244;t avant le pape Fran&#231;ois) il y a un pas. D'autant que J&#233;sus a bien rappel&#233; que son Royaume n'&#233;tait pas de ce monde. Une telle na&#239;vet&#233; pourrait &#224; la rigueur se comprendre s'il y avait parall&#232;lement un mouvement appr&#233;ciable de conversion au christianisme. Mais c'est le contraire qui se produit : la foi chr&#233;tienne s'est effondr&#233;e, au moins en Europe. S'il y a unification des esprits, c'est sur le politiquement correct (que combat l'Eglise par ailleurs). Et peut-&#234;tre un jour l'Islam. Bien s&#251;r une certaine mondialisation est un fait irr&#233;sistible. Mais cela ne doit en aucune mani&#232;re emp&#234;cher de tenter d'y trier ce qu'il y a de bon et de mauvais. Et surtout, d'&#233;vang&#233;liser. Ce qui suppose certes la charit&#233; au sens imm&#233;diat et mat&#233;riel ; mais surtout la charit&#233; la plus grande : l'appel &#224; la conversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note :&lt;/strong&gt; sur un tel sujet on cite toujours le livre de Laurent Dandrieu &lt;i&gt;&#201;glise et immigration, le grand malaise&lt;/i&gt;. Ce livre remarquable et tr&#232;s document&#233; ne doit pas &#234;tre trait&#233; &#224; la l&#233;g&#232;re ; il a eu le grand m&#233;rite de poser ce grave probl&#232;me. Mais &#224; c&#244;t&#233; de ces qualit&#233;s il souffre de deux d&#233;fauts. Le premier est d'aplatir la position des pontifes en affirmant une continuit&#233; totale entre eux dans le culte de la migration. Elle existe certes dans une certaine mesure. Mais il y a n&#233;anmoins une &#233;tape nouvelle avec le pape Fran&#231;ois, non seulement parce qu'il est beaucoup plus radical et v&#233;h&#233;ment dans l'acceptation de l'immigration, dont il a fait un combat personnel. Mais surtout parce qu'il para&#238;t en faire une v&#233;ritable cat&#233;gorie th&#233;ologique, bien au-del&#224; de ses pr&#233;d&#233;cesseurs. Le deuxi&#232;me d&#233;faut est l'id&#233;e que la le&#231;on &#233;vang&#233;lique et surtout &#233;thique ne concerne que les relations interpersonnelles, alors que le domaine du politique y &#233;chapperait. Ce qui est le contraire de l'enseignement constant de l'Eglise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Communaut&#233; nationale : la querelle des pr&#233;noms</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Communaute-nationale-la-querelle-des-prenoms.html</link>
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		<dc:date>2018-09-24T14:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>
		<dc:subject>Assimilation culturelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La querelle t&#233;l&#233;vis&#233;e entre E. Zemmour et H. Sy a enflamm&#233; les r&#233;seaux sociaux. L'une s'offense qu'on critique son pr&#233;nom s&#233;n&#233;galais, l'autre lui recommande un pr&#233;nom fran&#231;ais coh&#233;rent avec son passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Querelle de mots ou sympt&#244;me plus profond ? Au-del&#224; des questions de personnes, la question pos&#233;e est au fond celle de la communaut&#233; nationale. Qu'en Europe occidentale trop de gens ne comprennent plus. Alors m&#234;me qu'ils en vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La querelle t&#233;l&#233;vis&#233;e entre E. Zemmour et H. Sy a enflamm&#233; les r&#233;seaux sociaux. L'une s'offense qu'on critique son pr&#233;nom s&#233;n&#233;galais, l'autre lui recommande un pr&#233;nom plus fran&#231;ais. Querelle de pr&#233;noms ou sympt&#244;me plus profond ? Au-del&#224; des questions de personnes, la question pos&#233;e est au fond celle de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens de nos jours tendent &#224; penser que la tol&#233;rance est la vertu supr&#234;me et qu'en son nom tout est possible, sauf crime et d&#233;lit. Dans une telle perspective une communaut&#233; comme la nation est un pur fait juridique sans aucune implication ni en termes de fid&#233;lit&#233;, ni en termes de culture. Vous &#234;tes fran&#231;ais tout comme vous &#234;tes propri&#233;taire d'un studio ou d'une voiture : c'est un droit qui vous est reconnu par la loi. L'ennui est qu'une appartenance nationale est bien autre chose. Car en termes concrets c'est le fait d'&#234;tre de tel ou tel pays qui dans une large mesure fait ce que vous &#234;tes dans la communaut&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mat&#233;riel d'abord. A notre &#233;poque, l'appartenance nationale joue un r&#244;le d&#233;cisif dans le statut &#233;conomique et social des personnes. Le fait est que la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre. Sinon toutes les personnes effectuant la m&#234;me t&#226;che sur la plan&#232;te seraient r&#233;mun&#233;r&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. D&#232;s lors, l'huissier ou la femme de m&#233;nage, l'artisan, l'&#233;picier ou le coiffeur fran&#231;ais seraient pay&#233;s comme leur homologue chinois ou indien. Or ils gagnent massivement plus, directement ou non. Certes ils peuvent avoir un savoir-faire meilleur, mais cela n'explique pas la diff&#233;rence. En bref, votre position &#233;conomique et sociale d&#233;pend directement de votre communaut&#233; nationale d'appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de votre s&#233;curit&#233; personnelle ensuite. Si vous &#234;tes &#224; l'&#233;tranger, et qu'il vous arrive des ennuis, c'est votre consul qui peut vous d&#233;fendre. La position d'apatride est si peu protectrice qu'en Europe il est interdit de cr&#233;er des apatrides en privant quelqu'un de sa nationalit&#233; s'il n'en a qu'une. Au niveau de votre s&#233;curit&#233; collective ensuite. Ce qui fait que dans le pays r&#232;gne un certain ordre, une certaine paix, une certaine culture, r&#233;sulte du fait que des personnes, les nationaux, non seulement payent des gens sp&#233;cialis&#233;s pour assurer cet ordre, mais acceptent dans des circonstances extr&#234;mes de donner leur vie pour cette communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau culturel justement, cela veut dire qu'un certain patrimoine de culture, particulier &#224; cette nation, est re&#231;u et cultiv&#233; pour &#234;tre transmis, et qu'il fournit la base &#224; l'identification collective des personnes membres de cette nation. Car pourquoi diable devrais-je &#234;tre solidaire d'autres personnes au point non seulement de payer des imp&#244;ts et taxes consid&#233;rables, mais de respecter des lois communes, d'&#234;tre mobilisable le cas &#233;chant, et plus g&#233;n&#233;ralement d'&#234;tre solidaire, si la seule chose que j'ai en commun avec eux est une pure convention juridique ? Le patriotisme suppose une communaut&#233;, et une communaut&#233; suppose une forme d'identification mutuelle ; un patriotisme purement constitutionnel comme le r&#234;ve le penseur allemand Habermas est une pure illusion. De m&#234;me une suppos&#233;e nation multiculturelle est un r&#234;ve pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a des &#233;trangers pr&#233;sents sur le territoire national qui profitent de cet &#233;tat de fait. Mais s'il n'y avait pas la nation et les nationaux, ils n'auraient rien de tels. Selon les cas, ce sont des h&#244;tes - &#224; traiter avec respect, ou des passagers clandestins - &#224; traiter sans m&#233;nagement. Mais ce ne sont pas eux qui font qu'il y a une maison commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore plus vrai de la d&#233;mocratie. Elle a besoin d'une communaut&#233; nationale solide et coh&#233;rente, car il lui faut un peuple : d&#233;j&#224; toute vie commune dans une entit&#233; politique suppose une amiti&#233; minimale, des liens assurant une coh&#233;sion v&#233;cue et assum&#233;e. Mais pour que j'accepte les r&#233;sultats d'un vote majoritaire, notamment s'il ne me pla&#238;t pas, il faut plus encore : une identification mutuelle forte, qu'&#224; eux seuls le vote et les proc&#233;dures ne donnent pas, et qui est normalement nationale. La d&#233;mocratie sans nation homog&#232;ne sauf cas exceptionnel n'existe pas. En revanche le principe national peut &#234;tre fort sans qu'une d&#233;mocratie formelle existe. La Chine le montre amplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a d'autres formes politiques que la nation ou la d&#233;mocratie. Dans une empire ce probl&#232;me a bien moins d'importance. Le souverain, monarchique ou communiste, peut s'accommoder d'une grande diversit&#233; puisque la base de son pouvoir n'est pas l&#224;. M&#234;me si une nation particuli&#232;re est en g&#233;n&#233;ral &#224; la base de ce pouvoir, la pr&#233;sence de gens appartenant &#224; d'autres traditions nationales ou culturelles ne le g&#234;ne pas, tant qu'ils restent tranquilles. Pas dans une nation &#224; l'occidentale, et encore moins dans une d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc si vous voulez une soci&#233;t&#233; multiculturelle, &#224; long terme vous devez abandonner la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, dans un contexte comme le n&#244;tre o&#249; des populations nombreuses sont bien d&#233;cid&#233;es &#224; garder leur personnalit&#233; culturelle et leur loyaut&#233; d'origine, le suppos&#233; droit du sol est une aberration. Donnant d'office le droit plein &#224; &#234;tre citoyen du seul fait qu'one est n&#233; sur le sol du pays, il d&#233;truit &#224; terme ce qui fait la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les pr&#233;noms alors ? Justement. Noms et pr&#233;noms sont des &#233;l&#233;ments d'identification personnels essentiels. On peut &#233;videmment &#234;tre souple au nom de la libert&#233; personnelle ; mais la libert&#233; suppose la responsabilit&#233;. Il est d&#233;j&#224; aberrant qu'on laisse maintenant des parents irresponsables affubler de pauvres bambins sans d&#233;fense de pr&#233;noms bricol&#233;s ou trouv&#233;s dans des pochettes surprises. Mais avec les pr&#233;noms ethniques on a autre chose : c'est l'affirmation que ma loyaut&#233;, et potentiellement celle du nouveau-n&#233;, sont &#224; mon pays de d&#233;part, et que j'ai l'intention de me constituer en communaut&#233; ethnique distincte. En bref, ils annoncent publiquement &#224; quelle communaut&#233; j'appartiens ; et ce n'est pas celle o&#249; je vis et qui me fait vivre. A faible dose cela ne pose pas de probl&#232;me. Si je reste &#233;tranger aussi. Pas si dans le m&#234;me mouvement et au nom du droit du sol je prends la nationalit&#233; du cru, et avec beaucoup d'autres, car alors cela devient du communautarisme. A un moment il faut choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que la culture dominante refuse. Ce qui fait que bien des gens ont &#233;t&#233; sinc&#232;rement ulc&#233;r&#233;s des propos de Zemmour. Peu importe ici s'il &#233;tait bien inspir&#233; ou courtois de les tenir : sur le fond il soul&#232;ve un vrai probl&#232;me. Celui des pr&#233;noms certes. Mais derri&#232;re lui, celui de l'&#233;motion suscit&#233;e par ses propos, qui en dit long sur la perte du sens de la communaut&#233; nationale qui affecte de plus en plus de gens. Du moins en Europe occidentale car le reste de la plan&#232;te en est assez peu affect&#233; : le patriotisme y reste une &#233;vidence. Assis sur une branche, ils se sont persuad&#233;s que la vertu supr&#234;me de l'&#233;poque, la tol&#233;rance, ou plut&#244;t le relativisme, leur fait un devoir de nier la sp&#233;cificit&#233; de cette branche et le besoin vital qu'ils ont de sa solidit&#233;. Ils veulent m&#234;me en rajouter dans la diversit&#233;. Encore un effort camarades ! Mais au bout du chemin c'est la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes sans doute bien intentionn&#233;s, mais le sursaut contre vos r&#234;veries devient urgent. Dans votre propre int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les migrations peuvent-elles d&#233;boucher sur un changement en profondeur de la population ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Les-migrations-peuvent-elles-deboucher-sur-un-changement-en-profondeur-de-la.html</link>
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		<dc:date>2018-07-24T14:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ampleur de l'immigration est-elle de nature &#224; changer &#224; terme la composition de la population fran&#231;aise (et europ&#233;enne) ? La question doit &#234;tre pos&#233;e en toute honn&#234;tet&#233;. Certains pourtant crient au complot &#224; son seul &#233;nonc&#233;. Le terme de remplacement est m&#234;me devenu tabou. Ou alors ils nient en bloc sans examiner les chiffres - parce qu'il serait choquant de se livrer &#224; ce genre de supputation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question n'est pas l&#224; : elle est de traiter la question de fa&#231;on lucide et adulte. Et donc d'essayer de savoir si une telle hypoth&#232;se est plausible, et &#224; quelles conditions. Ensuite chacun pourra tirer ses conclusions et faire ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que le petit calcul ci-apr&#232;s essaie de faire avec les moyens du bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'immigration a atteint une ampleur suffisante pour qu'on se doive d'en parler concr&#232;tement, sur la base des chiffres disponibles. La difficult&#233; pour cela est que les statistiques en France sont de par la loi et les habitudes construites pour ne pas donner explicitement les donn&#233;es qu'il faudrait. Il est quand m&#234;me possible sur la base des donn&#233;es disponibles de tirer certaines conclusions comme on va le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est la suivante : &lt;i&gt;est-il plausible et &#224; quelles conditions qu'un jour la majorit&#233; de la population en France soit issue de l'immigration relativement r&#233;cente et future, provenant de pays &#224; cultures non-europ&#233;ennes, donc profond&#233;ment diff&#233;rente (&#224; forte dominante arabo-musulmane et africaine) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que calculer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On raisonne souvent sur la population totale. Mais l'inertie d&#233;mographique est telle que m&#234;me si &#224; partir de 2050 par exemple une majorit&#233; d'arrivants (naissances plus immigration) &#233;tait d'origine &#233;trang&#232;re, et que la tendance se prolongeait, il se pourrait que la majorit&#233; de la population ne bascule que plus de 40 ans apr&#232;s. Et a fortiori si on vise une majorit&#233; de la population adulte. Il para&#238;t donc clair que le crit&#232;re pertinent &#224; prendre en compte est celui de ce qu'on appellera les arriv&#233;es : d'un c&#244;t&#233; l'immigration stable plus les naissances d'origine extra-europ&#233;enne ; et de l'autre c&#244;t&#233; les naissances issues de parents de souche europ&#233;enne (dont pour &#234;tre rigoureux il faudrait retirer l'&#233;migration nette). Car une fois que ce ratio a bascul&#233;, celui de la population n'est plus qu'une question de temps (long il est vrai, mais in&#233;luctable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposons donc &#224; titre de r&#233;flexion un calcul simple. Prenons le point de d&#233;part d&#233;j&#224; analys&#233; dans un autre article : la proportion des naissances d'origine extra-europ&#233;enne aujourd'hui, sur la base des chiffres de l'Insee (voir l'Incorrect N&#176; 7, ou &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/Migrations-Apres-l-equilibre.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/Migra...&lt;/a&gt;.Pour r&#233;sumer, en 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 d&#233;j&#224;. En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration de l'&#233;volution. Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche (pour un parent sur deux, ou pour les deux) passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on alors faire des raisonnements sur l'&#233;volution future ? Il est clair que seuls des d&#233;mographes de m&#233;tier, disposant des donn&#233;es n&#233;cessaires, peuvent faire ce travail de fa&#231;on pr&#233;cise. Mon objectif ici n'est pas celui-l&#224;, mais de mesurer avec les donn&#233;es disponibles et moyennent des hypoth&#232;ses plausibles s'il est possible par exemple en 2050 (dans 30 ans) d'avoir une majorit&#233; d'arriv&#233;es (naissances plus immigration) qui soit d'ascendance extra-europ&#233;enne au moins en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouver des donn&#233;es int&#233;ressantes et accessibles notamment chez Alexis Feertchak :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/06/19/01016-20180619ARTFIG00310-les-chiffres-de-l-immigration-en-france.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que donne le calcul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant le calcul. Au d&#233;part nous avons aujourd'hui environ 223 000 naissances extra-europ&#233;ennes au moins en partie (ci-apr&#232;s EE) et 560 600 naissances d'origine europ&#233;enne (OE). Mais il y a aussi une immigration appr&#233;ciable. Sur la base de 171 900 premiers permis de s&#233;jours en 2017 dont 43 % du continent africain, on arriver &#224; 118 000 auxquels il faudrait ajouter les non-originaires d'Afrique. En comptant 120 000, on arrive donc &#224; un total d'arriv&#233;es EE (naissances + immigration) de 343 000 et un total OE de 560 000 environ soit environ 38 % contre 62%. Notons qu'on ne tient alors pas compte ni de l'&#233;migration europ&#233;enne (par exemple vers les Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, pas n&#233;gligeables), ni des retours d'immigr&#233;s quand ils se produisent (a priori pas massifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;terminer ensuite comment cela peut &#233;voluer, il faut faire des hypoth&#232;ses sur la natalit&#233; et sur les flux futurs d'immigration. Quand on regarde les chiffres Insee sur la natalit&#233; par r&#233;gion d'origine et les chiffres analogues &#224; l'&#233;tranger, un taux de 2.8 enfants par femme EE serait assez plausible. Mais comme la descendance moyenne est d&#233;sormais de 1.88 cela voudrait dire que les femmes OE ont une descendance de l'ordre de 1.5&#8230; Nous prendrons donc des chiffres plus prudents, tenant en outre compte du fait qu'une partie des EE a une origine mixte. Soit une descendance de 2.5 pour les EE et de 1.7 pour les OE. Ce qui signifie sur une g&#233;n&#233;ration une multiplication de la classe d'&#226;ge resp. par 1.2 et par 0.8 (si le seuil de renouvellement est de 2.1 enfants par femme : 2.5/2.1 et 1.7/2.1). Prenons ensuite une immigration stable &#224; 120 000 par an. Supposons ensuite que ces trois chiffres ne bougent pas jusqu'en 2050, dans une g&#233;n&#233;ration. On supposera aussi pour simplifier que les deux populations restent distinctes. Les naissances EE passeraient alors &#224; 408 000 environ (le chiffre initial de 343 000 arriv&#233;es, multipli&#233; par 1.2), et celles OE &#224; 454 000, encore en tr&#232;s l&#233;g&#232;re majorit&#233;. Mais avec l'immigration suppos&#233;e toujours &#224; 120 000, on voit qu'il y aurait d&#233;sormais une majorit&#233; d'arriv&#233;es EE de 563 000 (soit 54%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu encore cela suppose permanence des taux de natalit&#233; des diverses populations, et une immigration stable. il ne s'agit donc que d'un projection. Mais en faisant varier ces hypoth&#232;ses, on constate qu'il n'y a des r&#233;sultats vraiment diff&#233;rents que si d'une part la natalit&#233; locale (OE) remonte fortement, que celle EE baisse, et l'immigration de m&#234;me. En prenant respectivement des descendances finales de 2.1 et 2.3 et une immigration ramen&#233;e &#224; 50 000, on trouve en 2050 les proportions actuelles (62% d'arriv&#233;es OE). En d'autres termes la stabilisation de la composition de la population suppose &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; le retour &#224; une natalit&#233; &#233;quilibr&#233;e OE, une bonne assimilation des EE sur les m&#339;urs des OE, et une r&#233;duction sensible de l'immigration. Ce qui est assez intuitif. Mais peu probable&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, une hypoth&#232;se o&#249; les OE verraient leur natalit&#233; se rapprocher du reste de l'Europe (1.5 de descendance finale) et l'immigration se relever &#224; 200 000 ou plus (pression d&#233;mographique galopante en Afrique) ferait passer la proportion d'arriv&#233;es OE &#224; moins du tiers en 2050&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement ce calcul simplifi&#233; a ses limites et devrait &#234;tre affin&#233;. En particulier il faudrait tenir compte plus pr&#233;cis&#233;ment de la pr&#233;sence d'un nombre important de couples mixtes, dont le comportement et l'appartenance peuvent aller dans les deux sens (mais nous en avons en partie tenu compte en prenant pour les EE un taux de natalit&#233; interm&#233;diaire). Mais sauf &#224; ce que ces estimations comportent des erreurs majeures (que dans ce cas on voudra bien nous signaler) qui en alt&#233;reraient significativement les conclusions, cela para&#238;t montrer clairement que l'id&#233;e de remplacement n'est pas du tout irr&#233;aliste, m&#234;me si dans ce calcul sommaire le basculement majoritaire de la population totale devrait sans doute attendre la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les facteurs signal&#233;s (f&#233;condit&#233;, poursuite de l'immigration) beaucoup de la signification de ce ph&#233;nom&#232;ne majeur va d&#233;pendre du degr&#233; d'assimilation des EE. Car si celle-ci &#233;tait parfaite et imm&#233;diate, ces calculs n'auraient pas beaucoup d'importance. Mais comme on sait on en est loin. La probabilit&#233; est une situation interm&#233;diaire, encore renforc&#233;e par le nombre de couples mixtes, mais dans laquelle la proportion EE sera sans cesse croissante, et l'assimilation d&#232;s lors de plus en plus faible, en tout cas assezpartielle. Et donc, &#224; terme long, si les facteurs d&#233;mographiques ne changent pas, d'une part l'assimilation deviendra arithm&#233;tiquement assez improbable, et d'autre part la base politique potentielle pour changer cette &#233;volution (par relance cibl&#233;e de la natalit&#233;, et arr&#234;t des migrations) dispara&#238;tra. Et dans ce cas le remplacement aura bien lieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrations : Apr&#232;s l'&#233;quilibre</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Migrations-Apres-l-equilibre.html</link>
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		<dc:date>2018-03-08T15:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre bien s&#251;r la dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Migrations : pour garder la t&#234;te froide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. M&#234;me les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement &#224; ce que certains disent, la stabilit&#233; des populations europ&#233;ennes depuis des si&#232;cles est consid&#233;rable. Seule est comparable l'&#233;migration de millions d'Europ&#233;ens dans les Am&#233;riques, mais vers des zones non d&#233;velopp&#233;es et peu peupl&#233;es (apr&#232;s les &#233;pid&#233;mies qu'on sait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un int&#233;r&#234;t massif pour les migrants eux-m&#234;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ont montr&#233; bien des sp&#233;cialistes , l'&#233;migration se produit parce qu'elle a un sens pour les migrants, notamment un int&#233;r&#234;t &#233;conomique majeur. La vision m&#233;diatique de populations chass&#233;es par la faim ou les guerres ne touche qu'une proportion faible des migrants allant dans nos pays. Les gens vraiment dans la mis&#232;re n'ont normalement pas les moyens de migrer. Le migrant type est d'abord un migrant &#233;conomique, quelqu'un qui choisit d'investir (le passage est non seulement dur mais co&#251;teux pour lui ou sa famille) pour passer d'un environnement &#233;conomiquement d&#233;favorable &#224; un autre beaucoup plus riche ; o&#249;, s'il s'ins&#232;re, son niveau de vie sera au bout du compte massivement am&#233;lior&#233;, de fa&#231;on hors de port&#233;e dans son pays de d&#233;part. Rappelons que la productivit&#233; d'une personne d&#233;pend massivement de son environnement humain et &#233;conomique. Or celui des pays avanc&#233;s est bien plus performant. Bien s&#251;r notre migrant souffrira pendant tout un temps ; il peut aussi regretter son pays, peut-&#234;tre toute sa vie. Mais au-del&#224;, lui et ses enfants seront mat&#233;riellement beaucoup mieux. Sauf si les obstacles devenaient insurmontables ou l'insertion impossible, l'&#233;migration est donc &#233;conomiquement rationnelle. A fortiori bien s&#251;r si le migrant part avec une formation et un talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l'existence d'une communaut&#233; install&#233;e de personnes immigr&#233;es originaires d'un pays donn&#233;, est un facteur majeur dans la dynamique de l'immigration provenant de ce pays. Plus elle est importante, plus grand est l'appel d'air, car les migrants trouvent en elle un milieu d'accueil et un soutien. Et moindre est l'assimilation, puisqu'il y a moins de contact avec les autochtones. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne cumulatif, qui peut s'emballer au-del&#224; de tout &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de tout ceci que l'&#233;migration serait bien plus &#233;lev&#233;e sans les barri&#232;res mises par les pays d'accueil. Si la migration &#233;tait libre, ce serait une avalanche. Et l'assimilation serait encore plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faible int&#233;r&#234;t et nombreux inconv&#233;nients pour les pays de d&#233;part comme d'accueil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du pays d'accueil l'avantage n'est pas &#233;vident. Le principal probl&#232;me est l'inadaptation &#224; la culture d'arriv&#233;e. La vie en soci&#233;t&#233; suppose un degr&#233; &#233;lev&#233; de confiance mutuelle, des r&#232;gles communes qu'on s'attend &#224; voir respect&#233;es. Or les cultures de d&#233;part des migrants sont diff&#233;rentes et mal adapt&#233;es. En juxtaposant des &#8216;communaut&#233;s' aux r&#232;gles de vie diff&#233;rentes on diminue la confiance mutuelle et accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t pour chacune de jouer un jeu s&#233;par&#233;. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Un petit nombre de migrants assimil&#233;s est un plus ; un grand nombre devient vite contre-productif, d'autant que les cultures sont diff&#233;rentes. Pr&#244;ner le respect des cultures de d&#233;part est donc une erreur puisque ces cultures sont mal adapt&#233;es et que la vie collective suppose une culture commune. Il faut favoriser au contraire l'assimilation maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, les migrations &#224; destination de l'Europe, musulmanes et africaines, culturellement tr&#232;s diff&#233;rentes, posent de tout autres probl&#232;mes que les migrations vers le reste du monde quand il y en a. Le vrai probl&#232;me des migrants au niveau mondial est pour l'essentiel un probl&#232;me europ&#233;en. Cet effet est aggrav&#233; par l'absence de s&#233;lection &#224; l'entr&#233;e (contrairement &#224; ce qui se passe hors d'Europe) et &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; du syst&#232;me social europ&#233;en. Celui-ci pratique de fait une contre-s&#233;lection, aggrav&#233;e par le r&#244;le majeur du regroupement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux effets &#233;conomiques des migrations sur les pays d'accueil, ils sont limit&#233;s, mais peu positifs : les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L'effet n&#233;gatif principal est donc pour les milieux populaires autochtones. Le co&#251;t net des migrants n'est en revanche pas n&#233;cessairement un probl&#232;me majeur s'ils travaillent. Mais l'id&#233;e que l'immigration facilitera le paiement des retraites est fausse : c'est une aide tr&#232;s provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement est continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pays de d&#233;part l'avantage n'est pas &#233;vident non plus. Le principal inconv&#233;nient est d'y r&#233;duire le nombre des personnes &#233;duqu&#233;es et entreprenantes, parfois de fa&#231;on catastrophique. Il n'y a de vraiment positif que les transferts d'argent : tr&#232;s variables, en moyenne ils repr&#233;sentent environ 6 % des revenus du pays d'origine. L'effet global n'est d&#232;s lors pas &#224; priori tr&#232;s significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de tout ceci qu'une acc&#233;l&#233;ration des migrations sans assimilation a des effets &#224; terme destructeurs sur le tissu social des pays d'accueil, sans aider les pays de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; en sommes-nous ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La modification de la composition de notre population est d&#233;j&#224; bien avanc&#233;e. Selon l'Insee en France en 2016 dans plus d'une naissance sur 5 au moins un des deux parents &#233;tait n&#233; hors d'Europe. En 1998 cette proportion &#233;tait de un sur 9. On voit l'acc&#233;l&#233;ration. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux-m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Si l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population : en prolongeant la courbe, il est probable que dans 30 ans ce soit plus de la moiti&#233; des naissances dont un au moins ascendant proche sera non-europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les optimistes diront qu'il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence ne va pas dans ce sens. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent un part du contact avec la culture d'origine ; et elles n'ont pas de langue commune autre que le fran&#231;ais. Mais en grande partie ces populations ne sont culturellement et politiquement pas vraiment assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie et de plus en plus au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien avec. Et notamment cette religion fondamentalement politique qu'est l'Islam, qui cr&#233;e une sentiment intense de communaut&#233; entre ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; est donc qu'&#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le quantitatif strict, s&#233;lection, assimilation, aide aux pays de d&#233;part : un effort important de reprise en main du processus s'impose donc (sans oublier l'aide aux autochtones les moins favoris&#233;s). Il ne s'agit pas d'&#233;go&#239;sme - car il faut au contraire &#234;tre r&#233;solument solidaire- mais d'un imp&#233;ratif collectif majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le &#8216;grand remplacement' &#224; l'&#233;preuve des chiffres </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-grand-remplacement-a-l-epreuve-des-chiffres.html</link>
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		<dc:date>2017-09-07T15:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances plus d'une sur 5 avait au moins un des parents n&#233; hors d'Europe. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Et le mouvement s'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population. Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne &#224; 28, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 ! En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration et l'ampleur de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne extr&#234;mement proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons bien s&#251;r en outre qu'en France non-europ&#233;en veut dire en tr&#232;s grande majorit&#233; musulman (Afrique du Nord, Afrique noire, Turquie etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont &#233;normes, et comme on le voit rapidement croissants. Comme on voit aussi, la proportion d'enfants dans les &#233;coles qui sont culturellement non fran&#231;ais repr&#233;sente d&#233;j&#224; en moyenne une forte minorit&#233;, et comme &#233;videmment la r&#233;partition sur le territoire est irr&#233;guli&#232;re, une majorit&#233; dans un grand nombre d'endroits. On le sait tous, mais les statistiques officielles le confirment. Dans ces conditions l'assimilation est improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, parler de tendance au remplacement n'est en rien excessif. On n'y est pas tout &#224; fait encore, mais sans le moindre doute, si la tendance se poursuit, on y va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant que l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens, il suffit par exemple de prolonger la courbe m&#233;caniquement pour estimer que dans 30 ans ou moins ce sera plus de la moiti&#233; des naissances qui rel&#232;vera de cette analyse. Et donc &#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et en voie de basculement. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce fait trois analyses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle de la pens&#233;e dominante selon laquelle ce n'est pas un probl&#232;me car la notion m&#234;me de culture nationale n'est pas jug&#233;e pertinente. Je passe sur cette ineptie m&#234;me si elle est r&#233;pandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle assez fr&#233;quente selon laquelle il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence des banlieues ne va pas dans ce sens, et les chiffres confirment que c'est improbable. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent une partie du contact avec la culture d'origine ; mais en grande partie aussi elles ne sont pas assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie (et de plus en plus) au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien important avec lui ou avec la culture d'origine (et notamment cette religion politique qu'est l'Islam).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle selon laquelle c'est la base m&#234;me de la communaut&#233; nationale et donc incidemment de la paix civile qui est menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se situe dans ce dernier cadre, et qu'on n'accepte pas ce destin, sur la base des chiffres pr&#233;c&#233;dents trois mesures urgentes s'imposent en m&#234;me temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t des afflux, ce qui suppose des remises en cause assez profondes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une politique d'assimilation volontariste, avec &#233;limination du droit du sol automatique. Est citoyen celui qui le manifeste clairement dans son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La relance de la natalit&#233; des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, l'horloge tourne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Ces additions ne sont pas directement faites par l'Insee dans le tableau sur la base de ce crit&#232;re de naissance extra-europ&#233;en, mais elles sont faciles &#224; v&#233;rifier. L'Insee lui a communiqu&#233; sur la base des naissances de parents non fran&#231;ais. &lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381382&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistique...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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