<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=225&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Cr&#233;dit et g&#233;opolitique : r&#233;flexions sur le cas chinois</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Credit-et-geopolitique-reflexions-sur-le-cas-chinois.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Credit-et-geopolitique-reflexions-sur-le-cas-chinois.html</guid>
		<dc:date>2021-01-31T16:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Chine et g&#233;opolitique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La Chine s'est comme on sait lanc&#233;e depuis 20 ans dans une politique de grande envergure de pr&#234;ts internationaux, acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, notamment dans l'initiative dite des routes de la soie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes g&#233;opolitiques, cela pose au moins deux s&#233;ries de questions. D'une part, quelle base de pouvoir cela conf&#232;re-t-il &#224; la Chine ? D'autre part est-ce cher pay&#233;, est-ce un emploi rationnel de ses disponibilit&#233; financi&#232;res massives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur le site de G&#233;opragma&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Chine-.html" rel="directory"&gt;Chine&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Chine-et-geopolitique-+.html" rel="tag"&gt;Chine et g&#233;opolitique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Chine s'est comme on sait lanc&#233;e depuis 20 ans dans une politique de grande envergure de pr&#234;ts internationaux ; elle a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es, notamment dans l'initiative dite des routes de la soie (Belt and Road Initiative), avec plus de 1000 milliards promis. Il n'y a pas de donn&#233;e s&#251;re pour comparer son r&#244;le avec celui des m&#233;canismes &#8216;occidentaux' classiques, mais il est clair qu'elle est d&#233;sormais au premier rang des financements internationaux ; certaines ann&#233;es les volumes pr&#234;t&#233;s par les institutions chinoises d&#233;passent le total des institutions financi&#232;res multilat&#233;rales du type Banque mondiale. Corr&#233;lativement il y a encore moins de donn&#233;es sur les succ&#232;s et &#233;checs de cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes g&#233;opolitiques, cela pose au moins deux s&#233;ries de questions. D'une part, quelle base de pouvoir cela conf&#232;re-t-il &#224; la Chine ? D'autre part est-ce cher pay&#233;, est-ce un emploi rationnel de ses disponibilit&#233; financi&#232;res massives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi qu'une part importante de cette politique d'internationalisation massive d&#233;coule de fa&#231;on logique de l'expansion &#233;conomique chinoise et corr&#233;lativement de son r&#244;le d&#233;sormais massif dans l'activit&#233; &#233;conomique mondiale, &#224; commencer par le commerce, qui implique aussi un r&#233;seau d'investissements pour s'assurer des approvisionnements plus s&#251;rs (notamment en mati&#232;res premi&#232;res, p&#233;trole en premier lieu) mais aussi pour des motifs commerciaux voire de production (m&#234;me s'ils sont plus rares en l'esp&#232;ce). Ce n'est pas l'objet principal de cet article, qui se concentre sur la dimension g&#233;opolitique. Mais cela a sa propre signification sur ce plan aussi, puisque cela remet partiellement en cause le r&#244;le jusques l&#224; pr&#233;pond&#233;rant des pays dits occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques rappels de fait&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyens employ&#233;s ne diff&#232;rent pas dans leur principe des techniques utilis&#233;es par les pays &#8216;occidentaux', le cr&#233;dit ayant un r&#244;le largement pr&#233;pond&#233;rant (et notamment les cr&#233;dits classiques, non concessionnels), suivis de loin par les investissements directs. Mais cette similitude ne doit pas occulter le fait que l'organisation &#233;conomique chinoise implique une bien plus grande coordination et un bien plus grand contr&#244;le des autorit&#233;s centrales. En outre l'intervention para&#238;t bien plus massivement concentr&#233;e sur les grands projets et les infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, une similitude insuffisamment soulign&#233;e entre les &#233;conomies occidentales et chinoise actuelles est le r&#244;le d&#233;mesur&#233; du cr&#233;dit, d&#233;j&#224; et surtout en interne, mais aussi dans le cadre du d&#233;veloppement ext&#233;rieur. Depuis la crise de 2008, et comme les pays &#8216;occidentaux', la Chine ach&#232;te une partie de sa croissance par le cr&#233;dit. On conna&#238;t mal l'&#233;tat de sant&#233; r&#233;el du syst&#232;me financier chinois en interne, et notamment de ses banques, mais on peut douter de la qualit&#233; d'une partie appr&#233;ciable de ces cr&#233;dits ; il en est de m&#234;me a fortiori de ses cr&#233;ances externes. De ce point de vue et &#233;trangement la ressemblance avec le syst&#232;me &#8216;occidental' actuel est r&#233;elle, avec sans doute une qualit&#233; moyenne des cr&#233;dits encore plus faible, compens&#233;e en partie par le r&#244;le plus intrusif du syst&#232;me gouvernemental. Une telle strat&#233;gie financi&#232;re est dans les deux cas tr&#232;s diff&#233;rente des moyens utilis&#233;s par le monde europ&#233;en avant 1914, o&#249; le r&#244;le de l'investissement direct &#233;tait consid&#233;rable &#8211; m&#234;me si la similitude avec les fameux emprunts russes et d'autres analogues est r&#233;elle ; en outre le contr&#244;le politique &#233;tait autrement plus assur&#233; &#224; l'&#233;poque (du moins jusqu'&#224; la d&#233;b&#226;cle de 1914), ce qui donnait bien plus de s&#233;curit&#233; aux cr&#233;ances (au moins avant 1914).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas chinois s'ajoute &#224; ceci le besoin particulier d'emploi des &#233;normes r&#233;serves et exc&#233;dents du pays, ainsi que de r&#233;duire la concentration excessive, encore aujourd'hui, sur le papier d'Etat occidental, notamment am&#233;ricain, peu r&#233;mun&#233;rateur et non d&#233;pourvu de risque dans le contexte des relations entre ces pays. M&#234;me d'un point de vue purement financier, la diversification est pour la Chine non seulement tentante, mais indispensable, soit en cr&#233;dits, soit en investissements directs. Mais cela n'explique pas l'orientation m&#234;me de ces investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche une diff&#233;rence massive entre la politique de cr&#233;dit internationale chinoise et celle &#8216;occidentale' est l'absence de conditionnalit&#233; relative &#224; la structure politique interne du pays consid&#233;r&#233;, et m&#234;me &#224; sa politique ext&#233;rieure (sauf &#224; l'&#233;gard de Taiwan) sauf service minimal. A cela s'ajoute une assez grande opacit&#233;, et, en cas de d&#233;faut, l'absence de participation &#224; tout m&#233;canisme collectif de conditionnalit&#233; multilat&#233;rale du type Club de Paris ou de Londres (habituellement coupl&#233; &#224; un programme &#233;conomique et financier sous l'&#233;gide du FMI). Au minimum cela donne aux pays concern&#233;s une alternative au syst&#232;me financier occidental, avec un jeu de r&#232;gles tr&#232;s profond&#233;ment diff&#233;rent, qui peut &#234;tre jug&#233;e appr&#233;ciable par ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche la Chine n'h&#233;site pas en cas de d&#233;faillance &#224; transformer ses cr&#233;ances en actifs (ainsi avec le port en eau profonde de Hambantota au Sri Lanka fin 2017) ; ce qui n'est pas n&#233;cessairement avantageux pour elle en termes purement financiers, mais peut s'av&#233;rer utile dans une perspective g&#233;opolitique, notamment lorsqu'on consid&#232;re l'importance des financements d'infrastructures qu'elle assure (chemins de fer, ports, routes, production d'&#233;nergie etc.), ce dont elle peut esp&#233;rer une sensible am&#233;lioration de la s&#233;curit&#233; de ses approvisionnements et plus largement de ses routes commerciales. De ce point de vue, la dimension g&#233;opolitique se m&#234;le &#233;troitement &#224; la dimension commerciale ou financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact sur l'&#233;conomie locale est plus difficile &#224; mesurer, l'effet positif direct pouvant &#234;tre compens&#233; par des effets n&#233;gatifs (non rentabilit&#233; des investissements, utilisation de main d'&#339;uvre chinoise, concurrence des produits chinois avec l'&#233;conomie locale etc.). De fa&#231;on analogue, l'effet d'endettement peut devenir tr&#232;s lourd pour le pays concern&#233; (comme avec les financements occidentaux) : l'effet positif peut alors &#234;tre contrebalanc&#233; par le poids de la dette. Or sur ce plan, m&#234;me si les donn&#233;es restent fragmentaires, rien n'indique que la Chine envisage des abandons de cr&#233;ances appr&#233;ciables (hors cas limit&#233;s de cr&#233;dits concessionnels finalement annul&#233;s, et hors simples r&#233;&#233;chelonnements) ; elle ne se distinguerait donc pas des pays &#8216;occidentaux', sauf go&#251;t pour la conversion en actifs mais qui peut avoir ses inconv&#233;nients politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[|&gt; &lt;a href=&#034;http://geopragma.fr/credit-et-geopolitique-reflexions-sur-le-cas-chinois/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://geopragma.fr/credit-et-geopolitique-reflexions-sur-le-cas-chinois/&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En termes de structuration du syst&#232;me financier mondial enfin, l'impact de cet effort est faible, les outils communs (monnaies de r&#233;serve, march&#233;s financiers ouverts) restant pour l'essentiel occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El&#233;ments d'appr&#233;ciation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un effet &#233;vident de cette politique est l'exercice de ce qu'on peut appeler un soft power minimal : en entretenant un r&#233;seau de pays amis, la Chine peut escompter au besoin un certain soutien politique, notamment au sein des organisations multilat&#233;rales internationales, m&#234;me s'il ne faut pas l'exag&#233;rer au vu de la concurrence qui r&#232;gne. Cela rentre dans la panoplie classique des puissances &#224; l'heure actuelle ; et la Chine n'est pas la seule &#224; jouer cette carte, en dehors m&#234;me des Occidentaux (Japon, Inde, Taiwan et autres s'y emploient aussi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, l'absence de conditionnalit&#233; politique directe exclut, au moins &#224; ce stade, l'utilisation de ces financements &#224; l'appui d'une politique qu'on pourrait qualifier d'id&#233;ologique ; tout au plus aide-t-elle au maintien de r&#233;gimes qui auraient &#233;ventuellement disparu, mais sans qu'ils se rattachent &#224; un mod&#232;le que la Chine favoriserait. Il semble en outre qu'elle manifeste une plus grande indiff&#233;rence aux crit&#232;res &#233;cologiques, ce qui peut g&#234;ner la mise en place de normes internationales. Dans son discours enfin, la Chine insiste sur un comportement qu'elle affiche comme diff&#233;rent de celui d'une puissance classique et &#224; la limite du tiers-mondisme, ce qui n'est pas sans rappeler certains traits de l'&#233;poque mao&#239;ste malgr&#233; les diff&#233;rences &#233;videntes. Mais c'est d&#233;sormais sans id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la dominante claire de la strat&#233;gie chinoise est largement de type mercantiliste, si on d&#233;gage ce terme de ses traits les plus archa&#239;ques : une strat&#233;gie de puissance o&#249; le souci g&#233;opolitique est en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s pr&#233;sent et indissolublement m&#234;l&#233; avec une strat&#233;gie &#233;conomique, mais de fa&#231;on non id&#233;ologique. Strat&#233;gie o&#249; l'utilisation de l'argent para&#238;t originale : apparemment pas obs&#233;d&#233;e par la rentabilit&#233; rapide ou sp&#233;cifique de chaque op&#233;ration, elle l'inscrit dans le cadre plus large d'une pr&#233;sence chinoise laquelle, dans une vision optimiste, par sa masse, la coordination de ses actions et leur orientation pourrait rentabiliser au bout du compte l'effort globalement fait. Les in&#233;vitables mauvaises surprises (pertes, r&#233;&#233;chelonnements, r&#233;pudiations etc.) seraient alors compens&#233;es par une pr&#233;sence globale sinon irr&#233;sistible, du moins incontournable. Ce serait &#224; bien des points de vue une copie inspir&#233;e de ce qui a jusqu'&#224; maintenant r&#233;ussi &#224; la Chine en interne (malgr&#233; l&#224; aussi des risques r&#233;els). L'avenir dira si le d&#233;ploiement de cette strat&#233;gie &#224; l'&#233;tranger aura le m&#234;me succ&#232;s. On peut penser cependant que la casse sera sensiblement plus importante qu'en interne : m&#234;me si le r&#233;gime a pu estimer que c'est le prix &#224; payer, l'int&#233;r&#234;t de financer massivement des pays comme le Venezuela de Chavez puis de Maduro, le Soudan et d'autres n'appara&#238;t pas &#233;vident, sans parler des r&#233;&#233;chelonnements auxquels la Chine a d&#251; d&#233;j&#224; consentir. D'ailleurs cela semble devoir la conduire &#224; ralentir le rythme, comme bien des signaux le laissent supposer d&#232;s maintenant : d'ores et d&#233;j&#224; il semble que le volume des cr&#233;dits faits par la China Development Bank et l'Exim chinoise ait &#233;t&#233; drastiquement r&#233;duit en 2020, ann&#233;e il est vrai particuli&#232;re. Voire &#224; calmer le jeu par rapport &#224; une p&#233;riode qui avec le d&#233;but de recul que nous avons, appara&#238;t quelque peu exalt&#233;e ; mais sans n&#233;cessairement en changer les motivations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;i&gt;le 1er f&#233;vrier 2021&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
