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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Dette publique : que faire ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Dette-publique-que-faire.html</link>
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		<dc:date>2021-02-09T16:04:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Remise des dettes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A nouveau la dette inqui&#232;te et notamment la dette publique. Elle va d&#233;passer all&#233;grement les 120 % du PNB. Mais le plus inqui&#233;tant n'est pas le suppl&#233;ment Covid. C'est l'&#233;norme dette ant&#233;rieure et ce qu'elle r&#233;v&#232;le. La cause en est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire ? Sur le stock, rien en dehors de la banque centrale, et pas facile avec. Mais de toute fa&#231;on, en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle alors, ce sera d'&#233;viter le d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site de&lt;i&gt; La S&#233;lection du Jour&lt;/i&gt; LSDJ&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Dette-publique-budget-fiscalite-.html" rel="directory"&gt;Dette publique et crises&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Remise-des-dettes-+.html" rel="tag"&gt;Remise des dettes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A nouveau la dette inqui&#232;te et notamment la dette publique, suite aux faramineux d&#233;ficits occasionn&#233;s par le Covid. Elle va d&#233;passer all&#233;grement les 120 % du PNB, alors qu'il y a un an son passage &#224; 100% faisait d&#233;j&#224; peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le plus inqui&#233;tant n'est pas le suppl&#233;ment Covid. C'est une urgence, qu'on peut appr&#233;cier de fa&#231;on diverse mais ind&#233;niablement grave et exceptionnelle. Ce qui est pr&#233;occupant est l'&#233;norme dette ant&#233;rieure et ce qu'elle r&#233;v&#232;le. La cause en est le d&#233;ficit, et il est permanent depuis 45 ans. Et hors crise ces d&#233;ficits sont injustifi&#233;s, car ils financent des d&#233;penses courantes, report&#233;es sur les g&#233;n&#233;rations futures. Les d&#233;penses courantes doivent &#234;tre financ&#233;es par des revenus courants, des imp&#244;ts ; sinon on les r&#233;duit. On a des d&#233;ficits parce qu'on ne sait pas choisir. Une fois la crise pass&#233;e, il faudra donc revenir &#224; un exc&#233;dent. Et dans un pays qui a le record de pression fiscale, ce ne peut &#234;tre que par r&#233;orientation des d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui alt&#232;re notre perception de l'urgence, c'est que l'Etat se finance facilement sur les march&#233;s, &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t tr&#232;s faible voire n&#233;gatif. Mais comme on sait, ceci r&#233;sulte pour l'essentiel des achats massifs de dette publique par la banque centrale, la BCE. Cela ne fait pas dispara&#238;tre l'endettement, qui s'accumule toujours. Mais cela le facilite, puisqu'il y a un acheteur de dernier ressort ; en outre on maintient des taux tr&#232;s bas. On pourrait alors &#234;tre tent&#233; de dire qu'on peut continuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne fait toutefois pas dispara&#238;tre les objections de fond, qui reprennent force d&#232;s qu'on envisage le r&#233;gime de croisi&#232;re. D&#233;j&#224; une politique de taux artificiellement bas facilite un endettement g&#233;n&#233;ralis&#233; de l'&#233;conomie, propice aux bulles sp&#233;culatives. Or l'endettement, et les bulles sur le prix des actifs sont la recette des grandes crises financi&#232;res ; ce fut une des causes majeures de celle de 2008. On ne sait pas quand elles se produisent, mais on sait qu'on en aura.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite se pose la question de l'inflation. Une telle politique suppose une cr&#233;ation mon&#233;taire tr&#232;s forte. Et tant l'exp&#233;rience que le bon sens montrent que, m&#234;me si on ne sait pas quand, &#224; un moment une cr&#233;ation mon&#233;taire volontariste engendre une inflation rapidement incontr&#244;lable &#8211; sauf grand coup de frein et crise. De plus le monde d'apr&#232;s coronavirus pourra &#234;tre sensiblement diff&#233;rent du pr&#233;c&#233;dent, notamment le commerce international. C'est lui, surtout les usines chinoises, qui a jou&#233; un r&#244;le majeur dans la mod&#233;ration des prix dont le consommateur occidental a b&#233;n&#233;fici&#233; - tout en tuant bien des emplois. Mais il n'est pas acquis que cet effet durera ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, accumuler de la dette, c'est comme s'&#233;loigner du tronc en marchant sur une branche : on ne sait pas quand, mais on est s&#251;r qu'au bout d'un moment &#231;a va casser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors du stock de dette accumul&#233; ? Contrairement &#224; ce que beaucoup croient, cette dette est r&#233;elle et juridiquement exigible. La r&#233;pudier ou parier sur une inflation massive serait un d&#233;sastre financier et ruinerait beaucoup de gens. Les cr&#233;ances sur l'Etat ne sont en effet pas principalement d&#233;tenues par les banques, comme on le croit, mais par des institutions d'&#233;pargne, SICAV et assurance-vie, caisses de retraite etc., fran&#231;ais ou &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul moyen de r&#233;duire massivement les dettes sans chaos est la restructuration. Or comme personne ne veut pr&#234;ter &#224; perp&#233;tuit&#233; &#224; l'Etat pour un taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gligeable, le seul sauveur possible est la BCE. Plus que par annulation (qui d&#233;s&#233;quilibrerait son bilan) il faudrait transformer la dette en rente perp&#233;tuelle, &#224; taux 0 (mais peu importe, car les profits des banques centrales se traduisent en dividendes pour les Etats actionnaires). Ou au minimum les renouveler syst&#233;matiquement &#224; &#233;ch&#233;ance. Et pour vraiment r&#233;duire le niveau d'endettement, cela devrait aller bien au-del&#224; des cr&#233;ances qu'elle d&#233;tient d&#233;j&#224; sur la France. Ce serait donc une grosse op&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le papier cela para&#238;t faisable. Mais cela pose de tr&#232;s gros probl&#232;mes juridiques et politiques. Le financement des Etats par les banques centrales est exclu par les trait&#233;s europ&#233;ens ; on ne peut pas les tourner &#224; ce point, et cela ne passerait pas les tribunaux, notamment allemands. Politiquement, il est tr&#232;s improbable que les durs de l'Europe du Nord, Pays Bas et Allemagne en t&#234;te, y consentent, d'autant que leur endettement est bien plus faible. Au mieux, on serait plafonn&#233; au niveau des plus prudents (60% du PNB). A cela s'ajouterait la perception des march&#233;s et du public. Car une telle cr&#233;ation mon&#233;taire massive ne peut qu'inqui&#233;ter ; notamment parce que le risque inflationniste deviendrait consid&#233;rable, voire de fuite devant la monnaie. Il faudrait donc qu'on soit aux abois pour que l'Europe y aille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre et surtout, il faut se rappeler qu'en r&#233;gime de croisi&#232;re, on n'&#233;chappera pas &#224; l'assainissement des d&#233;ficits publics. Et donc la d&#233;marche essentielle, une fois la crise pass&#233;e, c'est d'&#233;viter le d&#233;ficit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; sur le site de&lt;i&gt; La S&#233;lection du Jour&lt;/i&gt; LSDJ, &lt;a href=&#034;https://www.laselectiondujour.com/dette-publique-que-faire-n1193/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.laselectiondujour.com/d...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une r&#233;duction de dettes in&#233;luctable en zone euro ?</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Une-reduction-de-dettes-ineluctable-en-zone-euro.html</link>
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		<dc:date>2012-01-02T14:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Dette publique</dc:subject>
		<dc:subject>Remise des dettes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La zone euro traverse une crise d'une exceptionnelle gravit&#233; ; les mesures prises ne garantissent pas sa solution. Il importe donc d'explorer sans a priori toutes les voies possibles. Parmi celles-ci, la restructuration des dettes ne peut &#234;tre exclue et on doit s'y pr&#233;parer. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le dilemme arithm&#233;tique et comptable &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cela il faut repartir du point de d&#233;part, de ce qui est au c&#339;ur de cette crise : la dette publique des pays membres. Deux cas sont &#224; distinguer, selon la monnaie dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La zone euro traverse une crise d'une exceptionnelle gravit&#233; ; les mesures prises ne garantissent pas sa solution. Il importe donc d'explorer sans a priori toutes les voies possibles. Parmi celles-ci, la restructuration des dettes ne peut &#234;tre exclue et on doit s'y pr&#233;parer.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le dilemme arithm&#233;tique et comptable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour cela il faut repartir du point de d&#233;part, de ce qui est au c&#339;ur de cette crise : la dette publique des pays membres. Deux cas sont &#224; distinguer, selon la monnaie dans laquelle cette dette est libell&#233;e. Si une dette publique est exprim&#233;e dans une monnaie &#233;trang&#232;re, l'Etat concern&#233; doit trouver les devises permettant de la payer. S'il n'y arrive plus, comme ce fut souvent le cas depuis trente ans, la solution est une ren&#233;gociation internationale. On se borne d'abord &#224; r&#233;&#233;chelonner les dettes, c'est-&#224;-dire &#224; les &#233;taler ; et s'il n'y a pas de perspective de remboursement &#224; terme, on restructure la dette, on la r&#233;duit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En monnaie nationale la situation est diff&#233;rente. Il y a en g&#233;n&#233;ral une solution de dernier recours : le financement par la Banque centrale, par cr&#233;ation de monnaie. Par construction le d&#233;faut peut alors &#234;tre formellement &#233;vit&#233;, car une Banque centrale peut cr&#233;er de la monnaie en quantit&#233; illimit&#233;e si aucune disposition ne l'en emp&#234;che. Mais bien entendu la valeur r&#233;elle de cette monnaie baissera si la cr&#233;ation de monnaie atteint un certain volume. Alors les prix et les taux d'int&#233;r&#234;t finiront par monter. En outre l'op&#233;ration r&#233;duira la contrainte pesant sur les autorit&#233;s politiques, puisqu'ils auront cette solution de facilit&#233;. Cela peut se terminer mal : c'est le cauchemar que les Allemands ont en t&#234;te depuis les ann&#233;es 20. Il y aura des gagnants et perdants, mais ces derniers seront plus nombreux, victimes de l'inflation et de l'effondrement de la valeur r&#233;elle des cr&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une zone mon&#233;taire comme la zone euro, la situation est hybride. La dette est libell&#233;e dans la monnaie commune. Mais cette monnaie est &#233;mise par un institut d'&#233;mission commun qui n'est pas construit pour r&#233;pondre aux besoins particuliers d'un Etat. Au niveau europ&#233;en le financement du d&#233;ficit d'un Etat membre est en principe exclu. De ce point de vue chaque Etat se trouve donc dans la m&#234;me situation que si sa dette &#233;tait en monnaie &#233;trang&#232;re. Si donc il ne trouve pas les ressources lui permettant d'assurer le service de sa dette, la mon&#233;tisation n'est pas possible. Reste l'ajustement budg&#233;taire ; mais il n'est pas simple et, au mieux, il permet d'&#233;quilibrer les finances courantes et de payer les int&#233;r&#234;ts de la dette. Mais cela ne permet normalement pas de rembourser cette dette et d'assurer le payement des tomb&#233;es annuelles d'emprunt, si le march&#233; ne les refinance pas. Certes des aides sont possibles (FMI ou autres gouvernements). Mais leurs ressources sont limit&#233;es. S'ils ne suffisent pas, l'Etat d&#233;biteur se retrouve dans le cas d'une dette en monnaie &#233;trang&#232;re. S'il ne peut plus assurer le service de cette dette, il doit lui aussi demander r&#233;&#233;chelonnement ou restructuration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les banques ne sont pas une solution. Certes elles peuvent en principe acheter des dettes publiques : beaucoup l'esp&#232;rent encore. Mais dans la zone euro elles en d&#233;tiennent d&#233;j&#224; des quantit&#233;s importantes. Et les march&#233;s le leur reprochent, d'autant qu'on leur a impos&#233; un exercice de marquage au march&#233; qui les expose &#224; toute fluctuation du prix de ces obligations. Elles ont donc de fortes contraintes qui les d&#233;tournent de l'achat de papier d'Etat. Leur contribution ne peut donc &#234;tre que limit&#233;e, et elles ne sauraient de toute fa&#231;on pas absorber les masses n&#233;cessaires au refinancement des Etats europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les sorties possibles dans le contexte actuel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, l'&#233;quation du syst&#232;me - qui d&#233;crit l'&#233;tat actuel de la zone euro - n'a pas de solution. Quelque chose doit changer. A syst&#232;me &#233;gal, deux sc&#233;narios sont possibles mais remettent en cause un principe europ&#233;en actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La banque centrale finance : la BCE accepte d'acheter sans limite les dettes publiques (directement ou non). Cela suppose qu'on fasse dispara&#238;tre la contrainte des trait&#233;s et l'opposition allemande. C'est ce que r&#233;clament de nombreux intervenants. Arithm&#233;tiquement, cela r&#233;sout la question imm&#233;diate. Mais bien entendu les effets secondaires d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s se produisent. En outre la dette doit &#234;tre financ&#233;e par la BCE dans des conditions soutenables pour le pays concern&#233; ; les investisseurs ont alors int&#233;r&#234;t &#224; aller &#224; ce guichet, ce qui risque de faire finir toute cette dette dans les mains de la banque centrale. Celle-ci aura donc cr&#233;&#233; une masse &#233;norme de liquidit&#233;s, relan&#231;ant l'inflation dans la zone, au profit du ou des pays &#224; probl&#232;me. La pression sur ces derniers pour se r&#233;former en est r&#233;duite d'autant. Un tel r&#233;sultat est jug&#233; intol&#233;rable par les Allemands, et d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. On accepte des r&#233;&#233;chelonnements ou restructurations. Cela suppose qu'un pays ne parvient vraiment pas &#224; g&#233;rer ses besoins. Cette m&#233;thode permet de ne rien exiger de la banque centrale. Cette hypoth&#232;se est actuellement exclue elle aussi du dispositif europ&#233;en, mais c'est pour des raisons politiques et non juridiques. Ce processus bien connu au niveau international p&#232;se sur les cr&#233;anciers ; les perdants sont les d&#233;tenteurs de la dette - dont aussi de nombreux &#233;pargnants du pays concern&#233;. Mais il y a une logique &#224; ce qu'ils prennent la responsabilit&#233; de leur investissement. En outre ils perdraient aussi beaucoup dans la solution pr&#233;c&#233;dente, une fois l'inflation d&#233;clench&#233;e. Par ailleurs le pays concern&#233; ne pourra plus emprunter pour longtemps. Mais c'est toujours le cas s'il y a crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette hypoth&#232;se plus dramatique est donc la plus orthodoxe et la plus s&#251;re &#224; mettre en place en cas de vrai besoin. Elle a l'&#233;norme avantage de r&#233;ellement soulager le pays concern&#233; sans d&#233;traquer tout le syst&#232;me. Au minimum on ne peut donc l'exclure. C'est pour cela que j'ai propos&#233; d&#232;s octobre 2011 la mise en place de proc&#233;dures collectives dans la zone euro : un Etat doit pouvoir y faire d&#233;faut sans que cela soit un drame. Naturellement il sera n&#233;cessaire parall&#232;lement de neutraliser les CDS. Mais il faut le faire de toute fa&#231;on, ces instruments constituant en l'&#233;tat actuel des choses une menace irrationnelle pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le probl&#232;me de l'&#233;conomie r&#233;elle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici on n'a parl&#233; que de r&#233;alit&#233;s financi&#232;res, in&#233;luctables dans leur logique, qui est arithm&#233;tique. Mais derri&#232;re bien s&#251;r il y a la r&#233;alit&#233; &#233;conomique, sociale et politique. Car m&#234;me si le budget de l'Etat consid&#233;r&#233; &#233;tait &#233;quilibr&#233; apr&#232;s paiement des int&#233;r&#234;ts, et que les tomb&#233;es d'emprunts &#233;taient financ&#233;es, il resterait trois graves probl&#232;mes. En premier lieu, une telle politique in&#233;vitablement aust&#232;re est d&#233;favorable &#224; l'activit&#233;, surtout dans des pays habitu&#233;s &#224; la d&#233;pense publique. Elle peut donc &#234;tre contreproductive sur son propre terrain : la r&#233;cession diminuant les ressources fiscales creusera &#224; nouveau le d&#233;ficit ; et une &#233;conomie en contraction sur plusieurs ann&#233;es aura peu de chances de se financer. En second lieu, m&#234;me si un effort de solidarit&#233; interne peut &#234;tre maintenu, il y aura in&#233;vitablement contraction douloureuse du niveau de vie et des prestations sociales, alors m&#234;me que le ch&#244;mage augmentera. L'ensemble peut donc devenir politiquement intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu se pose le probl&#232;me de la comp&#233;titivit&#233;. Une zone mon&#233;taire comporte des gagnants et des perdants, des zones comp&#233;titives, en exc&#233;dent de balance des paiements, et des zones en d&#233;ficit, ce qui se relie &#224; la pr&#233;sence d'un endettement, public ou priv&#233;. Les perdants n'ayant pas la possibilit&#233; de d&#233;valuer pour redevenir comp&#233;titifs doivent le faire par effort interne, qui est d&#233;flationniste : baisse des salaires et des prestations, &#233;ventuellement violente (20 &#224; 30 % ?). Et cela d'autant plus que la monnaie sera forte (cas jusqu'ici de l'euro). M&#234;me si la monnaie s'affaiblissait, cela am&#233;liorerait la situation du pays par rapport &#224; l'ext&#233;rieur de la zone, mais pas avec les pays comp&#233;titifs &#224; l'int&#233;rieur de celle-ci. Dans le cas d'une nation, l'absence de comp&#233;titivit&#233; d'une r&#233;gion est en partie compens&#233;e par la solidarit&#233; organis&#233;e entre les zones comp&#233;titives et les autres. Cela ne permet pas de la rendre comp&#233;titive, mais de rapprocher les niveaux de vie. Mais dans une zone comme l'euro il n'y a pas de budget f&#233;d&#233;ral significatif, et les syst&#232;mes de solidarit&#233; sont nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate alors que les solutions &#224; la crise les plus commun&#233;ment propos&#233;es (le paradigme actuel ou le financement banque centrale) offrent peu de perspective de r&#233;ponse &#224; ces divers probl&#232;mes. Au mieux ils substituent un cr&#233;ancier &#224; un autre. Un r&#233;&#233;chelonnement ou restructuration en revanche all&#232;gerait fortement le poids de la dette pour le pays concern&#233;, permettant en outre des red&#233;ploiements budg&#233;taires favorables &#224; l'adaptation de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les solutions radicales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On peut envisager alors des solutions plus radicales. Elles vont dans deux sens oppos&#233;s : une voie vraiment f&#233;d&#233;rale, ou la sortie de zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La voie f&#233;d&#233;rale. C'est notamment la logique de ceux qui comparent (avantageusement) les donn&#233;es de la zone euro prise en bloc avec les Etats-Unis. Mais pour jouer son r&#244;le elle ne saurait se limiter &#224; ce qui est actuellement envisag&#233; dans le projet de trait&#233; (contr&#244;le europ&#233;en sur les budgets des Etats-membres). Pou recr&#233;er les m&#233;canismes existants &#224; l'int&#233;rieur des Etats, elle supposerait une r&#233;volution radicale, bien plus qu'on ne le dit, avec transfert massif de comp&#233;tences : cr&#233;ation d'un vrai budget f&#233;d&#233;ral et d'une s&#233;curit&#233; sociale europ&#233;enne, avec transferts correspondants dans toute la zone, en sus de la cr&#233;ation d'euro-obligations, et de la solidarit&#233; &#224; l'&#233;gard de tout ou partie des dettes existantes. Cette voie a sa logique interne. Mais outre qu'elle ne pourrait intervenir dans les d&#233;lais voulus pour r&#233;soudre la crise en cours, il n'est pas &#233;vident qu'elle soit r&#233;alisable, ne serait-ce que par absence manifeste d'accord pour aller dans ce sens. Cela supposerait en fait de vouloir cr&#233;er un vrai Etat europ&#233;en, donc une vraie vie d&#233;mocratique au niveau de l'ensemble de l'Europe et de susciter un vrai peuple europ&#233;en. En supposant que cela soit possible un jour, ce que personnellement je ne crois pas, cela supposerait un processus d'&#233;volution tr&#232;s profond, qu'on ne saurait improviser. Au stade actuel en tout cas il n'y a pas de base politique pour cela, et d'ailleurs plus simplement pas de solidarit&#233; populaire paneurop&#233;enne permettant les transferts massifs que cela exigerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La sortie de zone. Ce serait la seule issue si on voulait r&#233;soudre le probl&#232;me de la comp&#233;titivit&#233; sans d&#233;flation dure ni restructuration de la dette, ou si les choses &#233;chappaient au contr&#244;le. Mais comme les autres solutions peuvent s'av&#233;rer politiquement intenables sur la dur&#233;e, mieux vaut l'&#233;valuer. Elle consiste juridiquement &#224; d&#233;cider &#224; une date donn&#233;e de libeller dans une nouvelle monnaie locale tous les contrats en euros existants et futurs relevant du droit du pays concern&#233;. Y compris la dette publique (ce qui n'accro&#238;trait donc pas son poids relativement au PNB, contrairement &#224; ce qu'on dit parfois). Une telle mesure aboutirait &#224; une d&#233;valuation de la nouvelle monnaie par rapport &#224; l'euro. Ceci implique d&#233;j&#224; que la mesure rencontrerait une r&#233;sistance politique importante, car elle ne serait pas dans l'int&#233;r&#234;t de ceux qui dans le pays concern&#233; auraient pu conserver leur actifs ou leurs revenus si le pays &#233;tait rest&#233; dans la zone. Les d&#233;tenteurs de cr&#233;ances financi&#232;res &#233;videmment (pour eux la solution du r&#233;&#233;chelonnement est bien plus lisible). Mais aussi tous les agents &#233;conomiques comp&#233;titifs en euros et, au moins dans un premier temps, tous les propri&#233;taires (immobilier ou actions). Soit beaucoup de monde, en outre influent. D&#233;passer ces oppositions supposerait une situation tr&#232;s grave. En outre cette d&#233;cision serait difficile &#224; mettre en &#339;uvre. Outre les questions juridiques, il y a le probl&#232;me de la fuite des capitaux. Comme on ne pourrait pas pr&#233;parer une telle d&#233;cision et la r&#233;aliser en 24 h, des mois s'&#233;couleraient avant la conversion, pendant lesquels les d&#233;tenteurs locaux d'euros auraient int&#233;r&#234;t &#224; les faire fuir dans un pays de la zone non vis&#233; par la mesure - ou au minimum &#224; stocker les billets en euros. On ne peut emp&#234;cher cela que par des mesures tr&#232;s strictes (contr&#244;le des changes g&#233;n&#233;ralis&#233;) qui supposent des moyens techniques importants que tous les pays n'ont pas ou plus (et peut-&#234;tre aucun). La sortie de l'euro ne para&#238;t donc possible que dans un cas extr&#234;me : celui d'un pays suffisamment affect&#233; pour qu'un tel rem&#232;de de cheval apparaisse comme in&#233;luctable et/ou n'aggraverait que marginalement une situation jug&#233;e ing&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dissolution g&#233;n&#233;rale de la zone serait-elle plus ais&#233;e ? Elle supposerait &#233;videmment un consensus qui est exclu actuellement. Le changer supposerait &#224; nouveau une d&#233;sesp&#233;rance sur l'avenir de cette monnaie, peu probable sauf apr&#232;s des ann&#233;es de d&#233;pression. Mais m&#234;me en mettant &#224; part cette objection, la mesure resterait d'ex&#233;cution difficile. Certes la coop&#233;ration serait alors plus facile &#224; organiser et surtout l'euro dispara&#238;trait, rendant sa d&#233;tention sur la dur&#233;e impossible. Mais il serait toujours possible &#224; un Italien par exemple d'envoyer avant la date d'&#233;change ses euros en Allemagne, sachant qu'il r&#233;cup&#233;rera des deutschemarks valoris&#233;s par rapport aux lires. L'Italie se viderait donc d'une partie appr&#233;ciable de ses d&#233;p&#244;ts et ses banques seraient en faillite. Un contr&#244;le des changes serait donc &#224; nouveau indispensable, m&#234;me s'il serait plus facile &#224; organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t donc que l'hypoth&#232;se d'une sortie de zone ne doit pas &#234;tre exclue mais reste une solution extr&#234;me - sans &#234;tre apocalyptique. Ceci dit, si jamais cela se produisait il importerait, dans l'int&#233;r&#234;t de tous, de ne pas la voir comme une trahison, mais comme une &#233;volution alors in&#233;luctable, qu'il faudrait accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans une zone mon&#233;taire forte de type euro une crise de la dette implique tr&#232;s probablement pour le pays concern&#233; une p&#233;riode longue d'aust&#233;rit&#233; d&#233;flationniste. L'hypoth&#232;se qu'un pays concern&#233; n'arrive pas &#224; la supporter, ou plus simplement ne parvienne pas &#224; refinancer ses &#233;ch&#233;ances, est donc loin d'&#234;tre n&#233;gligeable. Une restructuration de la dette para&#238;trait alors &#234;tre la solution la plus appropri&#233;e et la plus r&#233;aliste. Il est m&#234;me probable que cette &#233;ventualit&#233; est in&#233;luctable - au moins &#224; terme et dans certains cas, ne serait-ce qu'au vu de l'importance des tomb&#233;es &#224; refinancer. En tout cas mieux vaut s'y pr&#233;parer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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