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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>R&#233;seaux sociaux : priorit&#233; &#224; la responsabilisation. Ni censure, ni anonymat, ni algorithmes opaques.</title>
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		<dc:date>2025-01-16T17:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Algorithme</dc:subject>
		<dc:subject>Censure</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;seaux sociaux</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Encore stup&#233;faits par la victoire de Trump et l'activisme d'Elon Musk, nos gardiens du temple politiquement correct d&#233;couvrent le ralliement de Mark Zuckerberg et Meta &#224; la m&#233;thode Musk : plus de censure sur les r&#233;seaux sociaux sauf cas tr&#232;s sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour la libert&#233; d'expression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle suppose qu'on assume ses responsabilit&#233;s. Du moins si on ne veut pas naviguer dans des &#233;gouts. Ou nourrir une viralit&#233; d&#233;lirante. Ou subir les manipulations opaques des algorithmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc plus de censure (hors ill&#233;galit&#233;s). Mais plus de pseudonymes. Et transparence des algorithmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Sciences-et-techniques-.html" rel="directory"&gt; Technologies, r&#233;seaux sociaux, transhumanisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Algorithme-+.html" rel="tag"&gt;Algorithme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Censure-+.html" rel="tag"&gt;Censure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Reseaux-sociaux-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;seaux sociaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Encore stup&#233;faits par la victoire de Trump et l'activisme d'Elon Musk, nos gardiens du temple politiquement correct d&#233;couvrent le ralliement de Mark Zuckerberg et Meta &#224; la m&#233;thode Musk : pas de censure sur les r&#233;seaux sociaux sauf cas tr&#232;s sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'expression est en soi une bonne cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que la r&#233;alit&#233; des r&#233;seaux sociaux soul&#232;ve de vraies interrogations si on ne veut pas devoir naviguer dans des &#233;gouts, ou subir des d&#233;rives de viralit&#233;. Cela pose en effet deux grandes familles de questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des utilisateurs, la responsabilit&#233; &#224; l'&#233;gard de ce qu'on &#233;crit et publie. Du c&#244;t&#233; des r&#233;seaux, l'opacit&#233; plus ou moins manipulatrice et int&#233;ress&#233;e de leurs algorithmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les usagers sont responsables de ce qu'ils disent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On souligne &#224; raison la prolif&#233;ration sur les r&#233;seaux sociaux d'informations fausses, de paroles haineuses, ou m&#234;me d'images truqu&#233;es, ce qui devient &#224; la port&#233;e de tout un chacun avec ChatGPT et autres. En soi, il n'y a l&#224; rien de nouveau sous le soleil. Il suffit de rappeler les gravures diffamatoires visant Marie-Antoinette juste avant la R&#233;volution. La grande nouveaut&#233;, outre la facilit&#233; de fabrication de faux, est surtout l'&#233;norme diffusion qu'il est possible d'atteindre, par l'existence m&#234;me du r&#233;seau, et ensuite si on cr&#233;e un effet de viralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par cela qu'ont &#233;t&#233; justifi&#233;es les proc&#233;dures de filtrage ou censure, souvent trait&#233;es sous l'euph&#233;misme de v&#233;rification des faits (fact-checking). Avec le r&#233;sultat d'une part d'une efficacit&#233; douteuse, et d'autre part de tomber sous l'accusation de contr&#244;le id&#233;ologique. Chacun sait que le terme de &#171; discours de haine &#187; vise en pratique prioritairement toute remise en cause un peu vive de l'immigration, de l'islam, ou de l'id&#233;ologie woke, entre autres. Mais censurer la critique de l'immigration sous pr&#233;texte de messages &#8216;haineux' ou &#8216;sulfureux' n'est pas acceptable (sauf violence). Et m&#234;me, Mark Zuckerberg a confirm&#233; qu'il avait re&#231;u des instructions pr&#233;cises de l'administration am&#233;ricaine de filtrer toutes les critiques de la politique de vaccination massive &#224; l'&#233;poque Covid, ou des donn&#233;es sur le fils Biden. Tout cela n'est pas transparent, et franchement inacceptable dans un contexte l&#233;gal o&#249; la libert&#233; d'expression est suppos&#233;e garantie. Et quand le filtrage est fait par Lib&#233;, on ne peut qu'en rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste inversement que la question existe. N'importe quel abruti peut prendre un pseudonyme et diffuser tout ce qui lui passe par la t&#234;te sans le moindre risque. Or dans la vraie vie, c'est diff&#233;rent. Celui qui &#233;nonce ce genre de chose dans la rue ou au caf&#233; peut avoir une r&#233;action plus ou moins vigoureuse, et peut &#234;tre reconnu. Et celui qui l'&#233;crit est connu soit du public soit au minimum de l'&#233;diteur ou du m&#233;dia. Ce qui est juste. La libert&#233; suppose la responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux choses s'imposent donc. D'un c&#244;t&#233;, l'interdiction des pseudonymes - ou en cas d'utilisation r&#233;guli&#232;re de l'un d'entre eux, l'enregistrement de la personne sous son vrai nom, avec preuve, aupr&#232;s du r&#233;seau. D'o&#249; entre autre l'&#233;limination des robots et faux comptes. D'un autre c&#244;t&#233;, la responsabilit&#233; de celui qui publie sur ses &#233;crits, comme pour une publication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment-l&#224;, le besoin de filtrage ne subsiste que pour ce qui est manifestement ill&#233;gal (p&#233;dopornographie, harc&#232;lement, produits illicites, appels au terrorisme, contenus violents etc.). Plus le contr&#244;le par la communaut&#233; des utilisateurs, car cela correspond &#224; ce qui se passe par ailleurs dans la soci&#233;t&#233;. X et Meta se r&#233;clament de cette approche : il faut v&#233;rifier la qualit&#233; de la mise en &#339;uvre, mais le principe en est a priori plus sain qu'une censure id&#233;ologique. Ou que les &#8216;signaleurs de confiance', chers &#224; la r&#232;glementation europ&#233;enne (DSA), et en fait militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les algorithmes de recommandation des r&#233;seaux sont anormalement opaques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;seaux sociaux pr&#233;sentent ensuite une diff&#233;rence majeure par rapport &#224; tout autre support d'&#233;dition et de communication : les algorithmes par lesquels ils d&#233;cident, dans une opacit&#233; parfaite, de ce qui va &#234;tre pr&#233;sent&#233; au client, du d&#233;roul&#233; des posts, images ou messages, et des publicit&#233;s. Cela vise tous les r&#233;seaux sociaux (Facebook, Instagram, Tiktok et autres), mais aussi &#224; leur fa&#231;on les moteurs de recherche (type Google). En un sens, c'est une n&#233;cessit&#233; : une pr&#233;sentation purement chronologique ou al&#233;atoire ne serait en g&#233;n&#233;ral pas satisfaisante. Mais en r&#233;alit&#233;, les algorithmes de nos r&#233;seaux vont bien au-del&#224; d'un r&#244;le de recommandation qui serait purement affinitaire et bienveillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point central est que nous avons affaire &#224; des soci&#233;t&#233;s commerciales, qui vivent de publicit&#233; (et de la vente de bases de donn&#233;es, point important mais allant au-del&#224; de notre sujet ici). Qui dit r&#233;mun&#233;ration de la publicit&#233; dit probabilit&#233; que quelqu'un les regardera. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t des r&#233;seaux de maximiser ce regard, ce temps de pr&#233;sence et d'attention. On va donc traiter les posts en calculant la probabilit&#233; qu'ils ont d'attirer l'attention (les crit&#232;res pouvant varier selon les r&#233;seaux : dur&#233;e de visionnage, nombre de &#8216;j'aime' ou de commentaires, inscription dans une tendance, nombre de suiveurs etc.). Outre les cas o&#249; ils sont payants (publicit&#233;s), cela vise la viralit&#233;, au motif que ce qui est beaucoup vu par certains a toutes chances de l'&#234;tre plus encore par d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce syst&#232;me est parfaitement opaque. Et les utilisateurs sont en revanche totalement d&#233;munis par rapport &#224; l'algorithme. Si autrefois vous lisiez une journal marxiste, vous saviez comment ils analysaient les choses, leur grille id&#233;ologique. L&#224; ce n'est pas accessible. Certes, les utilisateurs astucieux s'adaptent et tentent d'influencer les algorithmes, en lui offrant ce qui lui parle le plus, et pour cela on adapte son discours. Ce que trie l'algorithme n'est donc pas une mati&#232;re premi&#232;re neutre : elle est organis&#233;e pour &#234;tre s&#233;lectionn&#233;e par lui. Mais de ce fait, lui doit de son c&#244;t&#233; en permanence s'adapter. Or on ne connait pas plus ces changements que le syst&#232;me de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les utilisateurs restent et subissent, car l'utilit&#233; du produit (l'usage gratuit du syst&#232;me, l'effet distractif, et surtout le fait de se sentir dans le coup) est bien trop grande - d'autant plus que chaque r&#233;seau social a une sorte de monopole naturel sur son cr&#233;neau. Ce choix se fait sans appr&#233;ciation suffisante de ce que contient r&#233;ellement ce qui est offert. Et surtout l'utilisateur n'a que tr&#232;s peu de moyens de le r&#233;guler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait imaginer que cela implique une certaine individualisation, fonction de ce que le syst&#232;me a pu percevoir des centres d'int&#233;r&#234;t de celui qui regarde. Mais en r&#233;alit&#233;, cela aboutit surtout &#224; faire regrouper ces utilisateurs par classe d'affinit&#233;s. Ces algorithmes replient chacun sur un mod&#232;le statistique moyen, en constituant des petits groupes relativement homog&#232;nes, plut&#244;t consensuels mais mutuellement herm&#233;tiques. Cela joue un r&#244;le ind&#233;niable dans la polarisation des opinions, mais aussi dans leur antagonisation. En m&#234;me temps, ce que le syst&#232;me retient de chacun est en fait une image tr&#232;s r&#233;duite, orient&#233;e en fonction des besoins dudit syst&#232;me. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme dans d'autres domaines comme la mode, la recherche de l'individualit&#233; aboutit &#224; une image tr&#232;s r&#233;ductrice, opaque &#224; l'individualit&#233; elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le syst&#232;me cultive le buzz permanent et donc un mouvement apparent ; d&#232;s lors celui qui passe du temps sur ces r&#233;seaux et y investit affectivement est constamment ballot&#233; en fonction du flux qui lui arrive. Ces algorithmes de r&#233;seaux sociaux r&#233;gissent une bonne partie des interactions entre les personnes dans nos soci&#233;t&#233;s, parfois pendant plusieurs heures par jour. Par l&#224; m&#234;me ils contribuent &#224; fa&#231;onner nos soci&#233;t&#233;s, mais sans aucune forme de responsabilit&#233;, ni de recul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les algorithmes peuvent rendre certains contenus pratiquement invisibles sans les supprimer explicitement, en les rel&#233;guant en bas de la file -ce qui n'est pas imm&#233;diatement perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transparence et responsabilit&#233; : que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne condamne pas les r&#233;seaux sociaux dans leur principe. Mais cela conduit &#224; prendre du recul par rapport &#224; leur fonctionnement. Et &#224; rechercher les moyens d'en r&#233;duire l'opacit&#233; et d'instaurer plus de responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, l'opacit&#233; totale de ces algorithmes quasi-monopolistes est anormale. Ils devraient donc publier explicitement et en d&#233;tails la m&#233;thode : ce qui fait qu'un post est privil&#233;gi&#233; dans le d&#233;roul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il devrait &#234;tre possible pour l'utilisateur de s&#233;lectionner r&#233;ellement ce qui lui est pr&#233;sent&#233; &#8211; quitte &#224; ce que ce service ne soit pas gratuit. Avec en outre la possibilit&#233; de revisiter les posts plus anciens, comme des articles de journaux qui gardent leur int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les r&#233;seaux devraient &#234;tre responsabilis&#233;s sur les effets de buzz. Cela existe ou a exist&#233; sur les march&#233;s financiers : quand un cours de bourse ou de valeur &#233;volue trop vite de fa&#231;on d&#233;lirante, on arr&#234;te pendant un temps les transactions. De m&#234;me, un buzz suspect devrait conduire &#224; un coupe-feu d'une dur&#233;e raisonnable, r&#233;p&#233;t&#233; si n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il serait souhaitable que des r&#233;seaux alternatifs nouveaux, moins obs&#233;d&#233;s par la publicit&#233; et donc financ&#233;s autrement, offrent une vraie possibilit&#233; de rencontres et d'&#233;changes, bas&#233;s sur des affinit&#233;s reconnues et choisies par les utilisateurs, avec des algorithmes qui soient &#224; leur service et non &#224; celui du buzz et par l&#224; de la maximisation du profit publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restera bien s&#251;r toujours l'effet d'addiction et de divertissement sur l'utilisateur. Mais l&#224;, c'est &#224; chacun de se discipliner&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Macron, le Parlement et la Constitution</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</guid>
		<dc:date>2023-09-24T15:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Censure</dc:subject>
		<dc:subject>Macron et le Parlement</dc:subject>
		<dc:subject>Constitution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le blocage actuel de la vie politique fran&#231;aise aboutit &#224; une cons&#233;quence grave dans un syst&#232;me d&#233;mocratique : l'effacement du parlement et par l&#224; de la repr&#233;sentation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation sans &#233;quivalent dans aucun autre pays tient aux sp&#233;cificit&#233;s du syst&#232;me Macron, mais aussi aux limites de la Constitution, surtout apr&#232;s la d&#233;sastreuse mise en place du quinquennat. Voyons comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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/ 
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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Constitution-+.html" rel="tag"&gt;Constitution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me le Fran&#231;ais le moins passionn&#233; par la vie politique n'a pas pu ne pas noter le style de gouvernement extr&#234;mement personnel qui caract&#233;rise Emmanuel Macron, d'o&#249; d&#233;coule la r&#233;duction du r&#244;le du Parlement, encore accentu&#233;e avec l'absence de majorit&#233; parlementaire et l'usage immod&#233;r&#233; du 49-3. Et ce qui en r&#233;sulte : l'effacement total de la r&#233;f&#233;rence populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation s'explique par la convergence de trois s&#233;ries de facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le style Macron : un pouvoir centralis&#233; comme jamais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est le style personnel de Macron : l'extr&#234;me centralisation du pouvoir, qui touche en r&#233;alit&#233; la totalit&#233; de l'appareil d'Etat, et qui s'est affirm&#233; d&#232;s apr&#232;s sa premi&#232;re &#233;lection en 2017. Elle intervient d&#232;s le niveau de l'ex&#233;cutif. Un indice : le r&#233;seau des cabinets minist&#233;riels, qui sont au moins autant les relais de l'Elys&#233;e que des outils pour leur ministre, sans qu'il y ait un pr&#233;c&#233;dent &#224; cette pratique &#233;trange. Corollaire : le r&#244;le politique extr&#234;mement effac&#233; de la plupart des ministres, qu'ils soient (comme c'est le cas de la plupart) des personnalit&#233;s sans visibilit&#233; ni exp&#233;rience politique v&#233;ritable ; ou qu'ils aient connu une certaine activit&#233; politique mais ont &#233;t&#233; confin&#233;s dans un r&#244;le effac&#233; : Le Drian en son temps, Le Maire, et d'autres. Cela s'&#233;tend aux premiers ministres ; seul Edouard Philippe peut &#234;tre consid&#233;r&#233; ayant &#233;t&#233; comme politiquement visible, et il n'est pas s&#251;r que cela ait &#233;t&#233; voulu, car Philippe &#233;tait au d&#233;part un politicien assez p&#233;riph&#233;rique, et cela peut expliquer ce choix. Or il suffit de se rappeler les ministres et premiers ministres des pr&#233;sidents pr&#233;c&#233;dents pour noter le contraste : il y avait bien plus de personnalit&#233;s politiques, et elles jouaient un r&#233;el r&#244;le politique au gouvernement. Ce facteur est donc sp&#233;cifique &#224; Macron. Il est encore aggrav&#233; par la centralisation massive des d&#233;cisions sur l'Elys&#233;e et non sur Matignon, et par la manie du pr&#233;sident de parler de tous les sujets en premi&#232;re ligne et en d&#233;tail, comme on le voit encore aujourd'hui sur l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence de parti pr&#233;sidentiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur est la nature m&#234;me du mouvement politique cens&#233; soutenir ledit pr&#233;sident. A un degr&#233; jusque-l&#224; inconnu, ce mouvement n'a pas de consistance &#224; la base et ne s'est constitu&#233; que pour soutenir et vendre le programme du leader. L'origine en est l'&#233;mergence de Macron comme candidat cr&#233;dible en d&#233;but 2017, appuy&#233; sur une ligne du &#8216;en m&#234;me temps' qui a permis de r&#233;unir une bonne partie des deux partis de gouvernement jusque-l&#224; rivaux (PS et LR), mais &#233;videmment pas sur des options pr&#233;cises et articul&#233;es, sans parler d'une quelconque &#8216;doctrine'. Dans un premier temps, en 2017, la dynamique &#233;lectorale traditionnelle a permis au nouveau pr&#233;sident d'avoir une forte majorit&#233; parlementaire, permettant de r&#233;duire le r&#244;le du Parlement &#224; celui de chambre d'enregistrement, mais sans accroc majeur, malgr&#233; la fonte relativement marqu&#233;e de cette majorit&#233; au fil du temps. Ce n'est qu'au second quinquennat que la machine s'est gripp&#233;e. D&#233;j&#224;, en soi, l'effet de confirmation de la pr&#233;sidentielle aux l&#233;gislatives apr&#232;s une r&#233;&#233;lection est a priori bien plus faible que pour une premi&#232;re &#233;lection, et plus encore si la pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; gagn&#233;e n&#233;gativement, par opposition &#224; Marine Le Pen. Mais en outre le pr&#233;sident d&#233;miurge a montr&#233; une singuli&#232;re inertie pendant la campagne l&#233;gislative : panne d'inspiration ? lassitude ? confiance excessive ? Il y a &#233;videmment aussi ce m&#233;pris du peuple qui transpara&#238;t r&#233;guli&#232;rement dans son comportement. Mais il est fortement aggrav&#233; par ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e, qui a affect&#233; chacun &#224; sa fa&#231;on tous les locataires de ce lieu auguste apr&#232;s quelque temps de pr&#233;sence : le d&#233;tachement des r&#233;alit&#233;s de base, l'exacerbation des manies et tics personnels, et l'absorption dans un r&#244;le international suppos&#233; prioritaire (en l'esp&#232;ce men&#233; avec un amateurisme d&#233;sastreux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat &#224; ce jour est cette situation sans pr&#233;c&#233;dent : une vraie absence de majorit&#233; parlementaire. Les cohabitations, elles, r&#233;sultaient d'une majorit&#233; autre que celle du pr&#233;sident, mais qui &#233;tait r&#233;elle et permettait de gouverner ; et en 1988 on &#233;tait &#224; la limite. Une telle situation d'absence de majorit&#233; impliquerait dans un syst&#232;me parlementaire normal une forme ou une autre de gouvernement de coalition. Mais cette voie est bouch&#233;e du fait des caract&#233;ristiques m&#234;me du syst&#232;me macronien : le m&#233;lange de gauche et de droite de la base du parti majoritaire rend difficile tout alliance &#224; gauche comme &#224; droite sauf &#224; remettre en cause un &#233;quilibre d&#233;licat &#8211; on le voit notamment sur l'immigration. Et le style de gouvernement du pr&#233;sident l'exclut : on voit mal Macron nommer une personnalit&#233; politique forte pour constituer un tel gouvernement de coalition, en prendre la t&#234;te, et ensuite gouverner r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le Parlement refl&#232;te, en partie r&#233;ellement par sa diversit&#233;, en tout cas l&#233;galement, la volont&#233; populaire, et cela tout autant que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Quant aux majorit&#233;s cas par cas, elles sont dans un tel contexte compromettantes pour l'opposition et ne peuvent donc pas fonctionner de fa&#231;on fiable &#8211; d'autant que ces oppositions sont elles-m&#234;mes domin&#233;es par des partis jug&#233;s extr&#234;mes et ostracis&#233;s, selon une strat&#233;gie et une pratique essentielles &#224; la survie du r&#233;gime. Reste donc le 49-3, r&#233;guli&#232;rement d&#233;gain&#233; mais qui ne peut tout faire, et qui passe de plus en plus mal dans l'opinion. En d'autres termes, un tel Parlement ne peut pas fonctionner, en tout cas pas avec un tel pr&#233;sident. Et donc on vit d'exp&#233;dients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution apr&#232;s l'erreur du quinquennat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux facteurs majeurs sont pour l'essentiel propres &#224; Emmanuel Macron. Mais il s'y ajoute un troisi&#232;me facteur majeur, qui a rendu possibles les pr&#233;c&#233;dents : les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution de 1958, surtout apr&#232;s la mutilation du quinquennat. Il est ind&#233;niable que cette constitution a bien mieux fonctionn&#233; que les pr&#233;c&#233;dentes si on raisonne en termes de stabilit&#233; gouvernementale (c'est moins convaincant si regarde les r&#233;sultats) ; il n'en est pas moins manifeste qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e, mais tout au plus un outil utile, quoique partiel. D'une part, le r&#233;gime de 1958, avec sa panoplie assez large de dispositifs, peut fonctionner de fa&#231;on tr&#232;s variable. On l'a vu avec les cohabitations, non pr&#233;vues au d&#233;part et qui ont beaucoup agac&#233; ceux qui ont d&#251; les animer. Mais la constitution les permettait, car si elle favorise le pouvoir pr&#233;sidentiel, elle laisse un r&#244;le majeur au Parlement, encore une fois tout aussi repr&#233;sentatif de la volont&#233; populaire que la pr&#233;sidentielle, voire plus &#224; partir du moment o&#249; la pr&#233;sidentielle est domin&#233;e par les consid&#233;rations de personnes. Il y a donc deux l&#233;gitimit&#233;s populaires face &#224; face, situation tr&#232;s rare dans les d&#233;mocraties. La seul exception est aux Etats-Unis, mais c'est dans une logique de contrepoids qui laisse &#224; chaque partie la pl&#233;nitude de son r&#244;le, et ne les fait pas se rencontrer dans la formation du gouvernement, lequel ne d&#233;pend l&#224;-bas que du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quinquennat, lui, a rompu un point majeur d'&#233;quilibre du syst&#232;me ant&#233;rieur, transformant le pr&#233;sident en vrai chef du gouvernement, mais sans qu'un lien organique existe entre lui et une majorit&#233; parlementaire. Il ne peut plus se pr&#233;senter comme avant comme un arbitre ext&#233;rieur, ou le gardien d'&#233;quilibres fondamentaux, mais son pouvoir n'est pas non plus construit pour qu'il soit le chef du gouvernement, car il n'a pas de lien naturel avec le pouvoir l&#233;gislatif dont il a pourtant besoin pour gouverner. En un mot, la dualit&#233; des l&#233;gitimit&#233;s, qui est sp&#233;cifique &#224; cette constitution, n'a plus son fondement dans la diff&#233;renciation des horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat aujourd'hui est en un sens bien pire qu'une cohabitation. En outre, cette situation peut s'&#233;tendre sur 5 ans : avec un septennat, Macron n'aurait eu encore que deux ann&#233;es &#224; tirer, avant une nouvelle &#233;lection qui aurait rendu possible une clarification. Bien s&#251;r, on l'a dit, m&#234;me en quinquennat une solution de coalition e&#251;t &#233;t&#233; possible en principe, du moins avec un autre pr&#233;sident, et donc la constitution n'est pas sans ressources. Cela dit, la cohabitation d'un gouvernement de coalition avec le pr&#233;sident n'est pas dans la logique du fonctionnement de fait de la constitution, m&#234;me sans Macron, car tout le d&#233;bat politique y est polaris&#233; par la pr&#233;sidentielle. Quoi qu'il en soit, l'absurdit&#233; actuelle de 5 ans sans majorit&#233; parlementaire est certainement l'une des pires hypoth&#232;ses possibles ; et la constitution le permet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques le&#231;ons d&#233;sabus&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons en tirer plusieurs le&#231;ons. Je passe sur celles d&#233;j&#224; &#233;labor&#233;es ci-dessus qui soulignent l'extr&#234;me bizarrerie du syst&#232;me macronien. Mais la v&#233;ritable question est au fond la suivante : comment ce ph&#233;nom&#232;ne a-t-il pu se produire ? Et on en vient de nouveau &#224; la Constitution. On l'a dit, nulle part ailleurs on n'a le r&#233;gime bancal actuel, d&#233;mocratie pr&#233;sidentielle mais en partie appr&#233;ciable parlementaire, mais o&#249; le parlement peut &#234;tre neutralis&#233; &#8211; hors le bouton nucl&#233;aire de la motion de censure. Il faudrait donc sans doute au minimum revenir sur le quinquennat, entre autres r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout cas, cela nous confirme qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e : elle ne peut pr&#233;voir tous les cas ; elle offre une bo&#238;te &#224; outil ou des r&#232;gles du jeu, mais les outils servent &#224; tout, et les sportifs savent que des r&#232;gles du jeu m&#234;me bien faites peuvent conduire &#224; des situations impr&#233;visibles. Mettre sa confiance dans une constitution est donc une grande na&#239;vet&#233;, m&#234;me si bien s&#251;r elle peut contribuer au bien commun. La force r&#233;elle d'un r&#233;gime politique est ailleurs. Et celui-ci n'en a plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;i&gt;n&#176; 228&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/macron-le-parlement-et-la-constitution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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