<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=150&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Macron, le Parlement et la Constitution</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Macron-le-Parlement-et-la-Constitution.html</guid>
		<dc:date>2023-09-24T15:38:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Censure</dc:subject>
		<dc:subject>Macron et le Parlement</dc:subject>
		<dc:subject>Constitution</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le blocage actuel de la vie politique fran&#231;aise aboutit &#224; une cons&#233;quence grave dans un syst&#232;me d&#233;mocratique : l'effacement du parlement et par l&#224; de la repr&#233;sentation populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation sans &#233;quivalent dans aucun autre pays tient aux sp&#233;cificit&#233;s du syst&#232;me Macron, mais aussi aux limites de la Constitution, surtout apr&#232;s la d&#233;sastreuse mise en place du quinquennat. Voyons comment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Censure-+.html" rel="tag"&gt;Censure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Macron-et-le-Parlement-+.html" rel="tag"&gt;Macron et le Parlement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Constitution-+.html" rel="tag"&gt;Constitution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M&#234;me le Fran&#231;ais le moins passionn&#233; par la vie politique n'a pas pu ne pas noter le style de gouvernement extr&#234;mement personnel qui caract&#233;rise Emmanuel Macron, d'o&#249; d&#233;coule la r&#233;duction du r&#244;le du Parlement, encore accentu&#233;e avec l'absence de majorit&#233; parlementaire et l'usage immod&#233;r&#233; du 49-3. Et ce qui en r&#233;sulte : l'effacement total de la r&#233;f&#233;rence populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation s'explique par la convergence de trois s&#233;ries de facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le style Macron : un pouvoir centralis&#233; comme jamais&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier est le style personnel de Macron : l'extr&#234;me centralisation du pouvoir, qui touche en r&#233;alit&#233; la totalit&#233; de l'appareil d'Etat, et qui s'est affirm&#233; d&#232;s apr&#232;s sa premi&#232;re &#233;lection en 2017. Elle intervient d&#232;s le niveau de l'ex&#233;cutif. Un indice : le r&#233;seau des cabinets minist&#233;riels, qui sont au moins autant les relais de l'Elys&#233;e que des outils pour leur ministre, sans qu'il y ait un pr&#233;c&#233;dent &#224; cette pratique &#233;trange. Corollaire : le r&#244;le politique extr&#234;mement effac&#233; de la plupart des ministres, qu'ils soient (comme c'est le cas de la plupart) des personnalit&#233;s sans visibilit&#233; ni exp&#233;rience politique v&#233;ritable ; ou qu'ils aient connu une certaine activit&#233; politique mais ont &#233;t&#233; confin&#233;s dans un r&#244;le effac&#233; : Le Drian en son temps, Le Maire, et d'autres. Cela s'&#233;tend aux premiers ministres ; seul Edouard Philippe peut &#234;tre consid&#233;r&#233; ayant &#233;t&#233; comme politiquement visible, et il n'est pas s&#251;r que cela ait &#233;t&#233; voulu, car Philippe &#233;tait au d&#233;part un politicien assez p&#233;riph&#233;rique, et cela peut expliquer ce choix. Or il suffit de se rappeler les ministres et premiers ministres des pr&#233;sidents pr&#233;c&#233;dents pour noter le contraste : il y avait bien plus de personnalit&#233;s politiques, et elles jouaient un r&#233;el r&#244;le politique au gouvernement. Ce facteur est donc sp&#233;cifique &#224; Macron. Il est encore aggrav&#233; par la centralisation massive des d&#233;cisions sur l'Elys&#233;e et non sur Matignon, et par la manie du pr&#233;sident de parler de tous les sujets en premi&#232;re ligne et en d&#233;tail, comme on le voit encore aujourd'hui sur l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'absence de parti pr&#233;sidentiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur est la nature m&#234;me du mouvement politique cens&#233; soutenir ledit pr&#233;sident. A un degr&#233; jusque-l&#224; inconnu, ce mouvement n'a pas de consistance &#224; la base et ne s'est constitu&#233; que pour soutenir et vendre le programme du leader. L'origine en est l'&#233;mergence de Macron comme candidat cr&#233;dible en d&#233;but 2017, appuy&#233; sur une ligne du &#8216;en m&#234;me temps' qui a permis de r&#233;unir une bonne partie des deux partis de gouvernement jusque-l&#224; rivaux (PS et LR), mais &#233;videmment pas sur des options pr&#233;cises et articul&#233;es, sans parler d'une quelconque &#8216;doctrine'. Dans un premier temps, en 2017, la dynamique &#233;lectorale traditionnelle a permis au nouveau pr&#233;sident d'avoir une forte majorit&#233; parlementaire, permettant de r&#233;duire le r&#244;le du Parlement &#224; celui de chambre d'enregistrement, mais sans accroc majeur, malgr&#233; la fonte relativement marqu&#233;e de cette majorit&#233; au fil du temps. Ce n'est qu'au second quinquennat que la machine s'est gripp&#233;e. D&#233;j&#224;, en soi, l'effet de confirmation de la pr&#233;sidentielle aux l&#233;gislatives apr&#232;s une r&#233;&#233;lection est a priori bien plus faible que pour une premi&#232;re &#233;lection, et plus encore si la pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; gagn&#233;e n&#233;gativement, par opposition &#224; Marine Le Pen. Mais en outre le pr&#233;sident d&#233;miurge a montr&#233; une singuli&#232;re inertie pendant la campagne l&#233;gislative : panne d'inspiration ? lassitude ? confiance excessive ? Il y a &#233;videmment aussi ce m&#233;pris du peuple qui transpara&#238;t r&#233;guli&#232;rement dans son comportement. Mais il est fortement aggrav&#233; par ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e, qui a affect&#233; chacun &#224; sa fa&#231;on tous les locataires de ce lieu auguste apr&#232;s quelque temps de pr&#233;sence : le d&#233;tachement des r&#233;alit&#233;s de base, l'exacerbation des manies et tics personnels, et l'absorption dans un r&#244;le international suppos&#233; prioritaire (en l'esp&#232;ce men&#233; avec un amateurisme d&#233;sastreux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat &#224; ce jour est cette situation sans pr&#233;c&#233;dent : une vraie absence de majorit&#233; parlementaire. Les cohabitations, elles, r&#233;sultaient d'une majorit&#233; autre que celle du pr&#233;sident, mais qui &#233;tait r&#233;elle et permettait de gouverner ; et en 1988 on &#233;tait &#224; la limite. Une telle situation d'absence de majorit&#233; impliquerait dans un syst&#232;me parlementaire normal une forme ou une autre de gouvernement de coalition. Mais cette voie est bouch&#233;e du fait des caract&#233;ristiques m&#234;me du syst&#232;me macronien : le m&#233;lange de gauche et de droite de la base du parti majoritaire rend difficile tout alliance &#224; gauche comme &#224; droite sauf &#224; remettre en cause un &#233;quilibre d&#233;licat &#8211; on le voit notamment sur l'immigration. Et le style de gouvernement du pr&#233;sident l'exclut : on voit mal Macron nommer une personnalit&#233; politique forte pour constituer un tel gouvernement de coalition, en prendre la t&#234;te, et ensuite gouverner r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le Parlement refl&#232;te, en partie r&#233;ellement par sa diversit&#233;, en tout cas l&#233;galement, la volont&#233; populaire, et cela tout autant que l'&#233;lection pr&#233;sidentielle. Quant aux majorit&#233;s cas par cas, elles sont dans un tel contexte compromettantes pour l'opposition et ne peuvent donc pas fonctionner de fa&#231;on fiable &#8211; d'autant que ces oppositions sont elles-m&#234;mes domin&#233;es par des partis jug&#233;s extr&#234;mes et ostracis&#233;s, selon une strat&#233;gie et une pratique essentielles &#224; la survie du r&#233;gime. Reste donc le 49-3, r&#233;guli&#232;rement d&#233;gain&#233; mais qui ne peut tout faire, et qui passe de plus en plus mal dans l'opinion. En d'autres termes, un tel Parlement ne peut pas fonctionner, en tout cas pas avec un tel pr&#233;sident. Et donc on vit d'exp&#233;dients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution apr&#232;s l'erreur du quinquennat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux facteurs majeurs sont pour l'essentiel propres &#224; Emmanuel Macron. Mais il s'y ajoute un troisi&#232;me facteur majeur, qui a rendu possibles les pr&#233;c&#233;dents : les sp&#233;cificit&#233;s de la constitution de 1958, surtout apr&#232;s la mutilation du quinquennat. Il est ind&#233;niable que cette constitution a bien mieux fonctionn&#233; que les pr&#233;c&#233;dentes si on raisonne en termes de stabilit&#233; gouvernementale (c'est moins convaincant si regarde les r&#233;sultats) ; il n'en est pas moins manifeste qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e, mais tout au plus un outil utile, quoique partiel. D'une part, le r&#233;gime de 1958, avec sa panoplie assez large de dispositifs, peut fonctionner de fa&#231;on tr&#232;s variable. On l'a vu avec les cohabitations, non pr&#233;vues au d&#233;part et qui ont beaucoup agac&#233; ceux qui ont d&#251; les animer. Mais la constitution les permettait, car si elle favorise le pouvoir pr&#233;sidentiel, elle laisse un r&#244;le majeur au Parlement, encore une fois tout aussi repr&#233;sentatif de la volont&#233; populaire que la pr&#233;sidentielle, voire plus &#224; partir du moment o&#249; la pr&#233;sidentielle est domin&#233;e par les consid&#233;rations de personnes. Il y a donc deux l&#233;gitimit&#233;s populaires face &#224; face, situation tr&#232;s rare dans les d&#233;mocraties. La seul exception est aux Etats-Unis, mais c'est dans une logique de contrepoids qui laisse &#224; chaque partie la pl&#233;nitude de son r&#244;le, et ne les fait pas se rencontrer dans la formation du gouvernement, lequel ne d&#233;pend l&#224;-bas que du pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quinquennat, lui, a rompu un point majeur d'&#233;quilibre du syst&#232;me ant&#233;rieur, transformant le pr&#233;sident en vrai chef du gouvernement, mais sans qu'un lien organique existe entre lui et une majorit&#233; parlementaire. Il ne peut plus se pr&#233;senter comme avant comme un arbitre ext&#233;rieur, ou le gardien d'&#233;quilibres fondamentaux, mais son pouvoir n'est pas non plus construit pour qu'il soit le chef du gouvernement, car il n'a pas de lien naturel avec le pouvoir l&#233;gislatif dont il a pourtant besoin pour gouverner. En un mot, la dualit&#233; des l&#233;gitimit&#233;s, qui est sp&#233;cifique &#224; cette constitution, n'a plus son fondement dans la diff&#233;renciation des horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat aujourd'hui est en un sens bien pire qu'une cohabitation. En outre, cette situation peut s'&#233;tendre sur 5 ans : avec un septennat, Macron n'aurait eu encore que deux ann&#233;es &#224; tirer, avant une nouvelle &#233;lection qui aurait rendu possible une clarification. Bien s&#251;r, on l'a dit, m&#234;me en quinquennat une solution de coalition e&#251;t &#233;t&#233; possible en principe, du moins avec un autre pr&#233;sident, et donc la constitution n'est pas sans ressources. Cela dit, la cohabitation d'un gouvernement de coalition avec le pr&#233;sident n'est pas dans la logique du fonctionnement de fait de la constitution, m&#234;me sans Macron, car tout le d&#233;bat politique y est polaris&#233; par la pr&#233;sidentielle. Quoi qu'il en soit, l'absurdit&#233; actuelle de 5 ans sans majorit&#233; parlementaire est certainement l'une des pires hypoth&#232;ses possibles ; et la constitution le permet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques le&#231;ons d&#233;sabus&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons en tirer plusieurs le&#231;ons. Je passe sur celles d&#233;j&#224; &#233;labor&#233;es ci-dessus qui soulignent l'extr&#234;me bizarrerie du syst&#232;me macronien. Mais la v&#233;ritable question est au fond la suivante : comment ce ph&#233;nom&#232;ne a-t-il pu se produire ? Et on en vient de nouveau &#224; la Constitution. On l'a dit, nulle part ailleurs on n'a le r&#233;gime bancal actuel, d&#233;mocratie pr&#233;sidentielle mais en partie appr&#233;ciable parlementaire, mais o&#249; le parlement peut &#234;tre neutralis&#233; &#8211; hors le bouton nucl&#233;aire de la motion de censure. Il faudrait donc sans doute au minimum revenir sur le quinquennat, entre autres r&#233;formes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en tout cas, cela nous confirme qu'une constitution n'est pas une panac&#233;e : elle ne peut pr&#233;voir tous les cas ; elle offre une bo&#238;te &#224; outil ou des r&#232;gles du jeu, mais les outils servent &#224; tout, et les sportifs savent que des r&#232;gles du jeu m&#234;me bien faites peuvent conduire &#224; des situations impr&#233;visibles. Mettre sa confiance dans une constitution est donc une grande na&#239;vet&#233;, m&#234;me si bien s&#251;r elle peut contribuer au bien commun. La force r&#233;elle d'un r&#233;gime politique est ailleurs. Et celui-ci n'en a plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;i&gt;n&#176; 228&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/macron-le-parlement-et-la-constitution/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La 5e r&#233;publique dans l'impasse ?</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-5e-republique-dans-l-impasse.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-5e-republique-dans-l-impasse.html</guid>
		<dc:date>2022-04-16T16:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Constitution</dc:subject>
		<dc:subject>Alternative politique</dc:subject>
		<dc:subject>Cinqui&#232;me r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;forme institutionnelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les &#233;lections en cours laissent bien des &#233;lecteurs tr&#232;s insatisfaits. Ils le seraient plus encore s'ils prenaient pleinement conscience de l'impasse qui appara&#238;t dans le fonctionnement m&#234;me de la 5e r&#233;publique, que les &#233;lections l&#233;gislatives qui suivent mettront plus nettement en lumi&#232;re. D'o&#249; le besoin d'une r&#233;flexion sur les institutions, m&#234;me si le probl&#232;me est bien plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Vie-politique-francaise-.html" rel="directory"&gt;Chronique de la vie politique fran&#231;aise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Constitution-+.html" rel="tag"&gt;Constitution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Alternative-politique-+.html" rel="tag"&gt;Alternative politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Cinquieme-republique-+.html" rel="tag"&gt;Cinqui&#232;me r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Reforme-institutionnelle-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;forme institutionnelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections en cours laissent bien des &#233;lecteurs tr&#232;s insatisfaits. Ils le seraient plus encore s'ils prenaient pleinement conscience de l'impasse qui appara&#238;t dans le fonctionnement m&#234;me de la 5e r&#233;publique, que les &#233;lections l&#233;gislatives qui suivent mettront plus nettement en lumi&#232;re. D'o&#249; le besoin d'une r&#233;flexion sur les institutions, m&#234;me si le probl&#232;me est bien plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord rappeler l'importance centrale du parlement dans la constitution. On ne le voit pas, car le r&#244;le essentiel donn&#233; au pr&#233;sident, encore renforc&#233; par le quinquennat, a donn&#233; l'impression que seule l'&#233;lection pr&#233;sidentielle comptait. Mais l'exemple pass&#233; des trois cohabitations montre que si le parlement est dans un camp oppos&#233; au pr&#233;sident, c'est lui, le parlement, qui l'emporte. Car on ne peut pas gouverner contre lui, mais lui peut pour l'essentiel (s'il y a une majorit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru que le quinquennat r&#233;pondait au probl&#232;me. Mais cela suppose que, comme en 2007, 2012 et 2017, les &#233;lecteurs envoient au pr&#233;sident &#233;lu la majorit&#233; qu'il souhaite. Cela pouvait para&#238;tre assez logique dans le syst&#232;me d'avant 2017, avec deux grands partis de gouvernement en alternance &#8211; m&#234;me si ce n'&#233;tait pas garanti. Cela a encore march&#233; en 2017 au profit d'E. Macron, mais rien ne prouve que l'op&#233;ration se r&#233;p&#233;tera. Marcon n'a pas su cr&#233;er de parti qui le soutienne, c'est le moins qu'on puisse dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre on constate m&#234;me une &#233;volution en sens inverse : les trois candidats arriv&#233;s en t&#234;te au premier tour ont en commun de ne pas disposer d'un parti &#233;toff&#233;, avec de nombreux &#233;lus, et par l&#224; de candidats potentiels implant&#233;s localement, ce qui est dans la logique de notre mode de scrutin. Il semble m&#234;me que la recette du succ&#232;s, au moins sur cette &#233;lection, soit de n'avoir qu'une plateforme pr&#233;sidentielle totalement personnalis&#233;e. Mais outre que cela donne &#224; une majorit&#233; de Fran&#231;ais une profond sentiment d'insatisfaction, c'est contradictoire avec l'&#233;lection qui suit, les l&#233;gislatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles cons&#233;quences peut-on en escompter ? Si on prend les deux finalistes, la possibilit&#233; que Marine Le Pen, suppos&#233;e &#233;lue, ait une majorit&#233; &#224; l'Assembl&#233;e est pratiquement nulle ; en revanche il y a toute chance que se constitue alors une majorit&#233; qui lui soit hostile. Au mieux, cohabitation, au pire, blocage. Quant &#224; Emmanuel Macron, il est relativement improbable qu'il dispose d'un majorit&#233; du type de celle de 2017. En revanche, comme on sait, il dispose d'une r&#233;serve potentielle du c&#244;t&#233; de ce qui restera de LR : soit parce qu'il ralliera une fraction &#233;ventuellement importante de ce parti dans une nouvelle majorit&#233; ; soit que LR se maintient mais entre dans un sch&#233;ma de coalition. Cela peut donc marcher encore une fois. Mais la base de ce nouveau quinquennat resterait tr&#232;s fragile. En outre et surtout cela perp&#233;tuerait de fa&#231;on encore aggrav&#233;e la coupure du pays en trois blocs dont un seul peut parvenir au pouvoir. De plus la formule ne survivrait sans doute pas &#224; Macron (non r&#233;&#233;ligible en 2027). Par ailleurs bien s&#251;r, la man&#339;uvre peut ne pas marcher et l'Assembl&#233;e de 2022 se r&#233;v&#233;ler ingouvernable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'hypoth&#232;se d'un pr&#233;sident gouvernant par r&#233;f&#233;rendum, outre qu'elle peut &#234;tre bloqu&#233;e juridiquement, elle ne serait viable au mieux que provisoirement comme coup de force permettant de renverser la table, mais on ne peut pas gouverner sur cette base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons donc plus de syst&#232;me politique raisonnablement stable et permettant un d&#233;bat et une alternance lisible et cr&#233;dible. Il est donc logique de r&#233;fl&#233;chir aux modifications institutionnelles possibles &#8211; tout en &#233;tant conscient des limites d'un tel exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer &#224; la proportionnelle est-il une r&#233;ponse ? Spontan&#233;ment j'aurais &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;demment tr&#232;s hostile &#224; cette formule. M&#234;me si c'est celle qu'on trouve dans la plupart des pays europ&#233;ens (en fait, tous &#224; un degr&#233; ou un autre depuis le d&#233;part des Britanniques), car elle est contraire &#224; la logique des institutions telles qu'elles fonctionnaient. Mais justement on n'est plus dans ce contexte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sens contraire, les &#233;lections de 2022 ont montr&#233; la tendance &#224; la division du pays en trois blocs tr&#232;s diff&#233;rents. Si on suppose que cela se confirme et dure, une vraie proportionnelle donnerait un parlement ingouvernable. Cette solution, qui est celle de bien des pays europ&#233;ens, est donc risqu&#233;e dans notre contexte ; il faut donc mitiger la proportionnelle. Par ailleurs la logique de la 5e r&#233;publique avec un pr&#233;sident fort a montr&#233; des avantages r&#233;els, et personne ne propose de revenir dessus. En revanche le quinquennat a r&#233;v&#233;l&#233; ses limites : non seulement il ne r&#233;sout rien, mais il fait dispara&#238;tre l'int&#233;r&#234;t du r&#244;le du pr&#233;sident, pr&#233;vu par la constitution, qui est notamment d'avoir un certain recul. Recul qui peut &#234;tre pr&#233;cieux dans un pays divis&#233;, &#224; condition que le pr&#233;sident cesse d'intervenir dans la gestion quotidienne (ce qui serait d'ailleurs plus conforme &#224; la constitution). .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; les propositions qui sont dans l'air du temps : restauration du septennat et injection d'une formule &#233;lectorale avec proportionnelle mais de fa&#231;on permettant l'&#233;mergence d'un majorit&#233; (prime au mieux plac&#233;, mixte avec le syst&#232;me &#224; circonscription etc.). Cela semble plut&#244;t rationnel. Mais naturellement comme on l'a dit ce n'est pas une panac&#233;e. Aucune solution institutionnelle ne l'est d'ailleurs. Mais on pourrait esp&#233;rer sortir en partie au moins de cette impasse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
