<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=145&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html</guid>
		<dc:date>2023-11-04T16:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste, selon la conception classique de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra alors que si le souci de d&#233;fense et d'&#233;radication des terroristes est indiscutable, la guerre en question pr&#233;sente un dilemme moral redoutable. Et surtout elle ne pourra &#234;tre qualifi&#233;e de juste que si elle d&#233;bouche sur une paix raisonnablement &#233;quitable, comportant donc une place pour les Palestiniens (hors Hamas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Israel-Palestine-Gaza-.html" rel="directory"&gt;Moyen Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gaza-+.html" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Palestiniens-+.html" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Israel-+.html" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'excellent Michael Walzer a fait r&#233;cemment un examen de ce type sur des bases un peu diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons pour faire simple que dans la conception classique de celle-ci (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Geopolitique-morale-et-guerre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Geopolitique...&lt;/a&gt; ; en note ici la formulation catholique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), il y a pour cela quatre conditions : un motif juste et notamment un grave dommage subi, l'absence de moyen alternatif, des chances raisonnables de succ&#232;s, et la conviction raisonnable qu'en agissant ainsi on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne remonterai pas aux origines du conflit isra&#233;lo-arabe ; je renvoie ici &#224; mon article &#171; Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution &#187; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-conflit-israelo-palestinien-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-conflit-i...&lt;/a&gt;). Mais je prends les parties prenantes l&#224; o&#249; elles sont : Isra&#235;l, Gaza et le Hamas, ainsi que les parties externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : le mobile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la justesse de la guerre est rapidement tranch&#233;e du c&#244;t&#233; du Hamas : c'est &#233;videmment non pour le 7 octobre et plus g&#233;n&#233;ralement pour le principe du terrorisme. Immoral par lui-m&#234;me, le terrorisme est presque toujours contre-productif (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-du-terrorisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-...&lt;/a&gt;). La m&#234;me r&#233;ponse &#233;vidente vaut aussi pour leur but d&#233;clar&#233;, la destruction d'Isra&#235;l : cela ne peut &#233;videmment pas &#234;tre une situation meilleure. La cause palestinienne est une tout autre question : elle n'a de sens que pour faire sortir cette malheureuse population de l'impasse o&#249; elle se trouve ; mais l'action du Hamas aboutit au r&#233;sultat exactement inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc le cas d'Isra&#235;l. En l'occurrence, la question imm&#233;diate vise la r&#233;action d'Isra&#235;l apr&#232;s l'agression du Hamas sur son territoire, et les terribles massacres qui ont eu lieu &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, le droit &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense implique le droit &#224; faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Or le Hamas affiche vouloir la destruction d'Isra&#235;l. Et il ne semble pas raisonnable d'imaginer une quelconque n&#233;gociation avec lui, aboutissant &#224; un accord de bonne foi. Il n'y a donc de ce point de vue pas d'autre solution qu'une action militaire au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la th&#233;orie de la guerre juste, le mobile pour agir est donc fond&#233;. Restent les autres conditions : chances raisonnables de succ&#232;s, et conviction raisonnable qu'en agissant on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : l'absence de moyens alternatif et les chances raisonnables de succ&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle action militaire dans l'imm&#233;diat ? Il semble qu'il y ait eu ici un dilemme relativement binaire sur le but de guerre imm&#233;diat : soit on cherche &#224; d&#233;truire le Hamas, ce qu'Isra&#235;l a entrepris ; soit on se borne &#224; des repr&#233;sailles &#233;ventuellement intenses coupl&#233;es avec le renforcement de la d&#233;fense des fronti&#232;res. La deuxi&#232;me hypoth&#232;se limitait la casse imm&#233;diate ; mais elle laissait intacte la menace du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la premi&#232;re qu'Isra&#235;l a choisie. Or comme tous les observateurs l'ont relev&#233; d&#232;s avant le d&#233;but des op&#233;rations, la situation sur le terrain est tr&#232;s sp&#233;cifique du point de vue militaire, le Hamas contr&#244;lant un territoire essentiellement urbain et tr&#232;s dens&#233;ment peupl&#233;, &#233;quip&#233; pour r&#233;sister, avec des r&#233;seaux de tunnels consid&#233;rables. Dans cette optique, l'action militaire &#233;tait et reste &#224; ce jour al&#233;atoire, et surtout tr&#232;s co&#251;teuse en vie humaines et destructions, y compris des effets collat&#233;raux de pertes civiles nombreuses. Celles-ci font en outre l'objet d'une communication mondiale intense (ce qui, rappelons-le incidemment, n'est pas vrai de tous les conflits, tant s'en faut : l'Afrique en sait quelque chose, ou le Y&#233;men, ou m&#234;me le Karabakh). S'y ajoutent d'un c&#244;t&#233; la pr&#233;sence d'otages nombreux, et de l'autre l'environnement moyen oriental avec le risque d'un embrasement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on choisit l'option dure, visant &#224; d&#233;truire le Hamas, comme l'a fait Isra&#235;l, moralement cela veut dire qu'on estime d'une part pouvoir y arriver (&#233;valuation militaire d'un succ&#232;s possible) ; et d'autre part que les effets de destruction cit&#233;s (pertes civiles nombreuses, mort des otages, d&#233;gradation de la situation r&#233;gionale) soient r&#233;duits au minimum par une conduite de la guerre appropri&#233;e, et qu'ils puissent &#234;tre assum&#233;s au vu du r&#233;sultat attendu : la disparition d'une force mena&#231;ante essentiellement destructrice. C'est un v&#233;ritable dilemme, et la r&#233;ponse morale n'est pas imm&#233;diate, notamment d'un point de vue externe et sans information suffisamment pr&#233;cise sur les donn&#233;es militaires du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement en revanche sur le plan interne, le choix de cette option &#233;tait sans doute in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : d&#233;boucher sur une situation meilleure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la derni&#232;re condition pour qu'une guerre puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e juste, la plus importante : comment s'assurer que m&#234;me une victoire sur le terrain assurera la fin de la menace et permettra d'aller dans le sens d'une paix raisonnable et si possible durable ? A savoir, une situation clairement meilleure que s'il n'y a pas de guerre (ou une op&#233;ration bien plus limit&#233;e). Ce qui d&#233;pendra &#224; la fois de la situation sur le terrain en cas de victoire (qui prendra en charge Gaza ?), et de la situation r&#233;gionale dans son ensemble. Je passerai sur le premier point malgr&#233; son importance ; on ne sait en effet pas ce qu'Isra&#235;l pourra faire de Gaza en cas de victoire. Reste le second point, le plus d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord que le risque d'embrasement ne se v&#233;rifie pas. C'est possible mais pas certain. Mais un minimum pour cela est de bien circonscrire les buts de guerre ; en l'occurrence, un geste d&#233;fensif. Ce qui comporte certes l'&#233;radication du groupe terroriste ou plus exactement de son actuelle capacit&#233; de nuire, mais ne repr&#233;sente certainement pas une victoire du bien sur le mal. Il est donc absolument imp&#233;ratif de ne pas raisonner en guerre de civilisations ou en grand conflit id&#233;ologique. La guerre en cours a remis en selle le th&#232;me du conflit de civilisations, notamment &#224; droite, et b&#234;tement. Or c'est le pi&#232;ge par excellence, le moyen le plus s&#251;r pour souder des blocs antagonistes. Comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, un suppos&#233; conflit de civilisations est en r&#233;alit&#233; un conflit d'id&#233;ologies ; et voir les relations internationales comme conflits d'id&#233;ologies est le plus s&#251;r moyen pour les envenimer et les radicaliser. C'est d'ailleurs la strat&#233;gie du Hamas. &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Des-conflits-de-civilisations-ou.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Des-conflits...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout il faut aussi prendre en consid&#233;ration la situation locale et r&#233;gionale apr&#232;s l'op&#233;ration. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et alors, de deux choses l'une. Soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me qu'on r&#233;ponde positivement au dilemme moral &#233;voqu&#233; ci-dessus, et que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, paradoxalement, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut consid&#233;rer avec rigueur les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois : &#8211; Que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain. &#8211; Que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces. &#8211; Que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s. &#8211; Que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition. Ce sont les &#233;l&#233;ments traditionnels &#233;num&#233;r&#233;s dans la doctrine dite de la &#8216;guerre juste'. L'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html</guid>
		<dc:date>2023-10-19T15:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le conflit isra&#233;lo-palestinien para&#238;t &#234;tre l'exemple parfait d'un conflit sans bonne solution. Cela exasp&#232;re les belles &#226;mes, mais aussi les hommes de bonne volont&#233;. C'est pourtant la r&#233;alit&#233; qu'il faut reconna&#238;tre pour agir dans la mesure du possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'actualit&#233; br&#251;lante, nous allons essayer de l'analyser ici de la fa&#231;on la plus d&#233;passionn&#233;e possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Israel-Palestine-Gaza-.html" rel="directory"&gt;Moyen Orient&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Palestiniens-+.html" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Israel-+.html" rel="tag"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A priori le conflit isra&#233;lo-palestinien para&#238;t &#234;tre l'exemple parfait d'un conflit sans bonne solution. Cela exasp&#232;re les belles &#226;mes, mais aussi les hommes de bonne volont&#233;. C'est pourtant la r&#233;alit&#233; qu'il faut reconna&#238;tre pour agir dans la mesure du possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'actualit&#233; br&#251;lante, nous allons essayer de l'analyser ici de la fa&#231;on la plus d&#233;passionn&#233;e possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un hostilit&#233; mutuelle actuellement irr&#233;ductible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base de ce conflit est &#233;videmment un fait simple : il y a deux peuples, et une seule terre : depuis l'arriv&#233;e des Juifs, la Shoah, la cr&#233;ation de l'Etat d'Isra&#235;l, et les guerres successives. On passera sur les p&#233;rip&#233;ties : le r&#233;sultat en est une haine et une m&#233;fiance r&#233;ciproque toutes deux intenses. Les conflits franco-allemands ont &#233;t&#233; suivis de la paix, car les guerres les opposant prenaient une forme organis&#233;e, avec des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res, pas d'une menace directe sur les personnes exerc&#233;e par des membres de l'autre peuple, ce que symbolise maintenant l'attaque du Hamas d'octobre 2023. En outre la r&#233;conciliation de la France avec Allemagne a comport&#233; la d&#233;faite de celle-ci sans sa disparition, suivie d'une repentance et d'un cadre politique totalement nouveau. L'analogie n'a pas de sens ici : les Palestiniens perdent les guerres, mais ne sont &#233;videmment pas sur la voie d'une repentance, qui leur para&#238;t totalement injuste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes palestiniennes ont tendu &#224; alterner les m&#233;thodes violentes et des p&#233;riodes d'accalmie. Mais apr&#232;s abandon de lutte par les grands Etats arabes, le rapport de force est devenu tr&#232;s d&#233;savantageux pour eux ; il ne restait comme moyen de lutte que des r&#233;voltes, et le terrorisme. Comme je l'ai relev&#233; r&#233;cemment dans un article &#034;&lt;i&gt;Le paradoxe du terrorisme : r&#233;voltant, inhumain, mais en d&#233;finitive inefficace&lt;/i&gt;&#034; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-du-terrorisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-...&lt;/a&gt;), &#171; les Palestiniens ont une longue histoire du caract&#232;re improductif de ces m&#233;thodes, compte tenu du rapport de forces. Prenons les Intifada ; elles sont intervenues alors que beaucoup de Palestiniens allaient r&#233;guli&#232;rement travailler en Isra&#235;l. Non seulement donc les populations se c&#244;toyaient, mais il pouvait assez naturellement se d&#233;velopper &#224; terme une situation inextricable, o&#249; toute s&#233;paration des populations allait devenir impraticable. Compte tenu de la d&#233;mographie palestinienne, cela signifiait, toujours &#224; terme, une majorit&#233; arabe dans cet ensemble. Et donc une possibilit&#233; forte pour le c&#244;t&#233; palestinien de finir soit par l'emporter, soit par peser lourd dans un ensemble mixte. L'intifada a conduit au contraire &#224; une s&#233;paration relativement stricte &#8211; sauvant de fait la vision d'un Isra&#235;l essentiellement juif. Certes, accepter cette situation paisiblement pouvait para&#238;tre beaucoup demander au c&#244;t&#233; palestinien. Mais quand on voit la situation o&#249; ils sont maintenant, c'&#233;tait certainement bien moins douloureux et d&#233;sesp&#233;rant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La logique de la guerre et ses limites en l'esp&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc bloqu&#233;e. Il ne reste que la logique de la guerre. En l'esp&#232;ce, dans la phase actuelle, l'extr&#234;me violence de l'agression commise par le Hamas, notamment dans ses modalit&#233;s particuli&#232;rement r&#233;voltantes et mena&#231;antes pour la population isra&#233;lienne, implique qu'il &#233;tait pratiquement impossible pour l'Etat isra&#233;lien de ne pas envisager une op&#233;ration militaire lourde &#224; Gaza. On n'en conna&#238;t &#233;videmment pas le r&#233;sultat &#224; ce stade. Mais il est possible de prendre du recul et de raisonner sur les d&#233;veloppements possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On rencontre en effet la situation que j'ai d&#233;crite &#224; propos de la guerre en Ukraine dans un article intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix&lt;/i&gt; &#187; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Ukraine-la-l...&lt;/a&gt;). Je notais les points suivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La guerre a sa logique propre, et l'ignorer conduit soit &#224; des d&#233;cisions malencontreuses, soit &#224; se lamenter dans le vide&#8230;Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s&#8230; C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes sur ce plan dans la m&#234;me situation. Mais en pire : dans le cas de l'Ukraine et de la Russie, sauf hypoth&#232;se extr&#234;me, les deux Etats subsisteront &#224; la fin des hostilit&#233;s, quel qu'en soit le r&#233;sultat. On peut donc envisager une situation stable &#224; terme (ce qui ne veut pas n&#233;cessairement dire optimale ni juste).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le cas ici. En effet, d'une part Isra&#235;l ne parvient pas &#224; renoncer &#224; la colonisation pour des raisons profondes et constitutives et d'autre part et surtout en termes de s&#233;curit&#233; ne peut envisager de solution autre qu'une r&#233;duction des Palestiniens sur une situation de grande impuissance, qu'il est impossible d'accepter pour eux. La situation aberrante de la bande de Gaza le confirme : deux millions de personnes entass&#233;es sans perspectives ; mais les enclaves palestiniennes en Cisjordanie ne sont pas beaucoup mieux loties. Or Isra&#235;l b&#233;n&#233;ficie militairement d'un rapport de forces tr&#232;s favorable et ne peut &#234;tre battu frontalement. R&#233;sultat : les &#233;pisodes guerriers se d&#233;roulent bien selon la logique de la guerre rappel&#233;e ci-dessus, mais ne d&#233;bouchent pas sur une situation stabilisable, et les hostilit&#233;s reprennent t&#244;t ou tard, y compris apr&#232;s des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solutions &#224; terme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on cependant envisager des solutions, au moins en principe ? Compte tenu de ce qui a &#233;t&#233; dit, on peut &#224; l'&#233;vidence totalement exclure l'hypoth&#232;se d'une coexistence sur un seul Etat. Et donc comme je l'indiquais (dans ce texte sur le terrorisme), s'agissant &#171; de la paix dans la r&#233;gion, pour faire simple il faudrait tr&#232;s probablement que coexistent deux Etats. Mais cela suppose au minimum d'un c&#244;t&#233; qu'Isra&#235;l renonce &#224; coloniser puis annexer la Cisjordanie ; et d'un autre c&#244;t&#233; que les Palestiniens renoncent &#224; la remise en cause d'Isra&#235;l. Le premier point vise l'actuelle direction isra&#233;lienne, clairement d&#233;termin&#233; &#224; la colonisation. Mais elle a un excellent alibi : tant qu'un groupe terroriste continuera &#224; agir et notamment contr&#244;lera un bout de Palestine, il est d&#233;sormais plus que jamais &#233;vident qu'aucun gouvernement isra&#233;lien ne pourra n&#233;gocier avec lui &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier point, l'arr&#234;t de la colonisation isra&#233;lienne, para&#238;t aller de soi pour les personnes ext&#233;rieures, ; il est pourtant tr&#232;s difficile &#224; envisager en Isra&#235;l. Et le second tombe sous le sens : la logique de l'affrontement aboutit &#224; un durcissement des parties palestiniennes, qui deviennent d'autant moins fr&#233;quentables pour Isra&#235;l. Les deux logiques se combinent d'ailleurs : de fa&#231;on perverse, le pouvoir isra&#233;lien (du moins celui le plus attach&#233; &#224; la colonisation) a int&#233;r&#234;t &#224; cette hostilit&#233; et a r&#233;guli&#232;rement tendu &#224; miner les pouvoirs palestiniens les plus mod&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que la logique de la guerre en cours se d&#233;roule comme dans les guerres classiques et s'ach&#232;ve par une paix stable, il faudrait par exemple un sc&#233;nario comme le suivant. D'une part qu'Isra&#235;l, surtout s'il est gravement embourb&#233; militairement &#224; Gaza, conclut qu'il lui faut vraiment faire la paix, donc en laissant un territoire et des conditions de vie acceptables pour les Palestiniens. Et d'autre part que, c&#244;t&#233; palestinien, le Hamas soit suffisamment abattu pour que d'autres dirigeants &#233;mergent, avec qui une discussion soit possible. Dans l'&#233;tat actuel des choses, l'une et l'autre hypoth&#232;se paraissent exclues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;cartera &#233;galement une autre hypoth&#232;se, apocalyptique : un embrasement g&#233;n&#233;ral de la r&#233;gion aboutissant &#224; la d&#233;faite d'Isra&#235;l. Outre qu'elle est tr&#232;s peu probable &#224; ce stade, il est exclu que les Etats-Unis acceptent une telle d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a donc qu'une alternative &#224; la perp&#233;tuation de la situation insatisfaisante actuelle, ponctu&#233;e de conflits divers. C'est la d&#233;faite palestinienne durable : la r&#233;duction de leur espace et la fonte de leur population, &#224; commencer par Gaza. Donc une victoire nette pour les durs en Isra&#235;l. Ce n'est pas non plus l'hypoth&#232;se la plus probable (d'autant que la population palestinienne ne cesse de cro&#238;tre, du fait de la natalit&#233;), mais c'est en th&#233;orie concevable ; c'est donc au fond ce qu'ils cherchent &#224; r&#233;aliser. Mais comme on le voit, c'est al&#233;atoire et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La le&#231;on morale am&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue des personnes de bonne volont&#233;, ce constat est amer et frustrant. Il n'y a pas &#224; vue humaine de bonne solution, de solution bonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'histoire est pleine de situations de ce genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recherche du bien en mati&#232;re de conflit international implique de prendre en compte cette r&#233;alit&#233; : dans un grand nombre de cas, sinon la majorit&#233;, on ne peut viser comme objectif une solution &#224; la fois juste et satisfaisante ; on doit faire au mieux avec des processus largement violents et souvent injustes. Cela implique de ne plus r&#234;ver aux utopies de paix perp&#233;tuelle ou de solution internationale de type ONU. Cela ne dispense pas d'agir au mieux, mais cela montre les limites d'une telle action : le primat de la paix implique bien des concessions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le paradoxe du terrorisme : r&#233;voltant, inhumain, mais en d&#233;finitive inefficace</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-paradoxe-du-terrorisme-revoltant-inhumain-mais-en-definitive-inefficace.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Le-paradoxe-du-terrorisme-revoltant-inhumain-mais-en-definitive-inefficace.html</guid>
		<dc:date>2023-10-10T15:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Terrorisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous sommes tous marqu&#233;s par le terrible massacre en Isra&#235;l : un massacre de civils paisibles et sans d&#233;fense, et prise d'otages massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'&#233;voquerai ici un point plus sp&#233;cifique : y a-t-il dans certains cas au moins une l&#233;gitimit&#233; possible au terrorisme comme forme de lutte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse est non, et plus g&#233;n&#233;ralement, le terrorisme se r&#233;v&#232;le presque toujours comme stupidement contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Palestiniens-+.html" rel="tag"&gt;Palestiniens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Terrorisme-+.html" rel="tag"&gt;Terrorisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous sommes tous marqu&#233;s par le terrible massacre du 7 octobre en Isra&#235;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait central est ce massacre de civils paisibles et sans d&#233;fense &#224; bout portant et de sang-froid, ces manifestations de m&#233;pris total des victimes ; et bien s&#251;r la prise d'otages, qui consiste &#224; sp&#233;culer cyniquement sur les sentiments humains de la partie adverse en ayant choisi soi-m&#234;me de n'avoir aucun sentiment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant une telle situation, l'attention prioritaire se porte &#233;videmment d'un c&#244;t&#233; sur le drame humanitaire, et d'un autre c&#244;t&#233; sur la situation politico-militaire induite, sur place et plus largement au Proche Orient. Mais j'&#233;voquerai ici un point plus sp&#233;cifique : y a-t-il une l&#233;gitimit&#233; possible au terrorisme comme forme de lutte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'esp&#232;ce, certains tentent de justifier l'action qui a &#233;t&#233; men&#233;e par l'attitude d'Isra&#235;l : le grignotage r&#233;gulier des territoires palestiniens par la colonisation, et l'absence de perspective de paix. Ces arguments sont r&#233;els ; mais comme on le verra ils ne justifient pas le terrorisme. Plus encore, ce dernier ne pousse qu'&#224; l'aggravation de la situation, y compris du c&#244;t&#233; de la population palestinienne. Et plus g&#233;n&#233;ralement, le terrorisme se r&#233;v&#232;le presque toujours comme stupidement contre-productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme et th&#233;orie de la guerre juste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que le terrorisme est une forme de guerre. Regardons donc lieu ce que nous dit la tradition de la guerre juste. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, telle qu'elle est d&#233;velopp&#233;e par exemple par l'Eglise (Cat&#233;chisme au n&#176; 2307) elle s'inscrit dans le cadre d'un l&#233;gitime d&#233;fense et est soumise &#224; de &#171; strictes conditions &#187; : &#171; il faut &#224; la fois : que le dommage inflig&#233; par l'agresseur [&#8230;] soit durable, grave et certain ; que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces ; que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s ; que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer &#187;. Cela para&#238;t de bon sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attaque du Hamas ne r&#233;pond pas &#224; ces conditions, et notamment certainement pas aux deux derni&#232;res. Non seulement du fait du rapport de forces, qui est tel qu'il n'y a aucune chance qu'Isra&#235;l recule sur quelque dimension que ce soit dans le contentieux qui l'oppose aux diff&#233;rentes parties palestiniennes ; mais du fait de la m&#233;thode : un terrorisme cynique, cruel et implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul but final acceptable est en effet une situation de paix au moins relative ; mais justement le terrorisme l'exclut : comment peut-on envisager une paix avec des gens qui pratiquent ce genre de m&#233;thodes sur des civils ? Des gens qui ne vous voient pas comme des &#234;tres humains, mais comme des jouets vivants dont il faut exploiter la souffrance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'examen des faits historiques confirme en outre que le terrorisme est une impasse, d&#232;s lors que le co&#251;t d'un abandon par l'adversaire ainsi attaqu&#233; appara&#238;t trop &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terrorisme comme impasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224; les Palestiniens ont une longue histoire du caract&#232;re improductif de ces m&#233;thodes, compte tenu du rapport de forces. Prenons les Intifada ; elles sont intervenues alors que beaucoup de Palestiniens allaient r&#233;guli&#232;rement travailler en Isra&#235;l. Non seulement donc les populations se c&#244;toyaient, mais il pouvait assez naturellement se d&#233;velopper &#224; terme une situation inextricable, o&#249; toute s&#233;paration des populations allait devenir impraticable. Compte tenu de la d&#233;mographie palestinienne, cela signifiait, toujours &#224; terme, une majorit&#233; arabe dans cet ensemble. Et donc une possibilit&#233; forte pour le c&#244;t&#233; palestinien de finir soit par l'emporter, soit par peser lourd dans un ensemble mixte. L'intifada a conduit au contraire &#224; une s&#233;paration relativement stricte &#8211; sauvant de fait la vision d'un Isra&#235;l essentiellement juif. Certes, accepter cette situation paisiblement pouvait para&#238;tre beaucoup demander au c&#244;t&#233; palestinien. Mais quand on voit la situation o&#249; ils sont maintenant, c'&#233;tait certainement bien moins douloureux et d&#233;sesp&#233;rant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouvera plus g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s peu de cas d'un terrorisme ayant obtenu un succ&#232;s quelconque, m&#234;me relatif (je parle de terrorisme, pas de gu&#233;rilla). Le seul qui vient naturellement &#224; l'esprit est celui du FLN, gr&#226;ce aux accords d'Evian, qui lui a donn&#233; le contr&#244;le de l'Alg&#233;rie alors m&#234;me que sur le terrain militaire il &#233;tait vaincu. Mais d'une part son adversaire, la France, pouvait envisager sans difficult&#233; de vivre sans l'Alg&#233;rie. D'autre part, le choix du g&#233;n&#233;ral de Gaulle non pas de donner l'ind&#233;pendance, mais de livrer ce pays au FLN, s'est r&#233;v&#233;l&#233; une tragique erreur, tant imm&#233;diatement que sur la dur&#233;e. S'est install&#233; &#224; Alger un pouvoir tyrannique, corrompu et inefficace, dont les Alg&#233;riens sont les premi&#232;res victimes, et qui cultive depuis 60 ans une haine morbide de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire face au terrorisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse varie n&#233;cessairement selon les situations, et il est &#233;videmment recommandable d'op&#233;rer le plus intelligemment possible, en gardant constamment &#224; l'esprit que le but final est la paix, et que la paix suppose aussi des gestes appropri&#233;s : la force par elle-m&#234;me ne la donne pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il reste qu'avec les terroristes eux-m&#234;mes, le recours d&#233;termin&#233; &#224; la force s'impose : ce sont en r&#233;alit&#233; des assassins plus que des combattants, et avec eux, on ne n&#233;gocie pas. Encore moins avec les preneurs d'otages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PS S'agissant de la question de la paix dans la r&#233;gion, pour faire simple il faudrait tr&#232;s probablement que coexistent deux Etats. Mais cela suppose au minimum d'un c&#244;t&#233; qu'Isra&#235;l renonce &#224; coloniser puis annexer la Cisjordanie ; et d'un autre c&#244;t&#233; que les Palestiniens renoncent &#224; la remise en cause d'Isra&#235;l. Le premier point vise l'actuelle direction isra&#233;lienne, clairement d&#233;termin&#233; &#224; la colonisation. Mais elle a un excellent alibi : tant qu'un groupe terroriste continuera &#224; agir et notamment contr&#244;lera un bout de Palestine, il est d&#233;sormais plus que jamais &#233;vident qu'aucun gouvernement isra&#233;lien ne pourra n&#233;gocier avec lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
