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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>L&#233;on XIV et les migrants : inflexions et continuit&#233;s</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Leon-XIV-et-les-migrants-inflexions-et-continuites.html</link>
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		<dc:date>2026-06-27T13:54:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>L&#233;on XIV</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs L&#233;on XIV s'est beaucoup exprim&#233; sur les migrants. Le sujet est important en lui-m&#234;me, mais &#233;galement r&#233;v&#233;lateur de la personnalit&#233; propre du nouveau pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une continuit&#233; affective avec le pape Fran&#231;ois, mais aussi un net recentrage : insistance sur la dimension spirituelle et sur la personnalit&#233; culturelle des pays d'accueil, et rappel clair de leur droit &#224; r&#233;guler la migration, ainsi que sur le devoir de permettre aux gens de rester chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en m&#234;me temps, persiste le besoin de prendre plus encore en compte certaines r&#233;alit&#233;s : le besoin d'une certaine assimilation sans laquelle il ne peut y avoir de communaut&#233; ; la pr&#233;pond&#233;rance des migrants &#233;conomiques par rapport aux vrais r&#233;fugi&#233;s ; la difficult&#233; &#224; faire dispara&#238;tre la motivation &#233;conomique au d&#233;part ; et le fait que s'il y a r&#233;gulation des migrations, il y aura toujours in&#233;vitablement des clandestins. Les r&#233;ponses ne sont ni simples ni sans douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme ses pr&#233;d&#233;cesseurs L&#233;on XIV s'est beaucoup exprim&#233; sur les migrants. Le sujet est important en lui-m&#234;me, mais &#233;galement r&#233;v&#233;lateur de la personnalit&#233; propre du nouveau pontife.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les textes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des migrants est une de celles o&#249; s'expriment tout particuli&#232;rement la continuit&#233; avec le pape Fran&#231;ois , mais aussi une r&#233;&#233;quilibrage de l'appr&#233;ciation. Passons rapidement sur l'exaltation de la figure du migrant symbole d'esp&#233;rance et de la &#171; dimension p&#232;lerine &#187; de l'&#201;glise ; il est rapproch&#233; de la Sainte Famille, &#171; qui a d&#251; &#233;migrer en &#201;gypte pour prot&#233;ger la vie de l'Enfant J&#233;sus &#187;, laquelle &#171; reste pour tous les temps le mod&#232;le et la protection de chaque famille r&#233;fugi&#233;e, de tout migrant et de toute personne contrainte &#224; quitter sa terre par peur, pers&#233;cution ou besoin &#187; . Le pape insiste notamment sur l'importance absolue de l'accueil, qui concerne chacun bien au-del&#224; du niveau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est ici un point important et nouveau : cet accueil comporte de fa&#231;on imp&#233;rative l'&#233;vang&#233;lisation . &#171; Je voudrais demander aux catholiques quelque chose de plus : que l'int&#233;gration ne soit pas r&#233;duite &#224; une t&#226;che sociale, aussi n&#233;cessaire soit-elle. Celui qui arrive dans nos paroisses a besoin de pain, de toit, de langue, de travail et de protection. Cependant il doit trouver une communaut&#233; capable d'offrir, par le t&#233;moignage de la vie et de la parole, des chemins pour conna&#238;tre J&#233;sus-Christ, en respectant toujours la conscience et la libert&#233; de chaque personne. &#187;. On retrouve le souci permanent du pape L&#233;on de recentrer sur la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan plus proprement politique, il introduit un point important, l'identit&#233; culturelle du pays d'accueil : &#171; je tiens &#233;galement &#224; souligner l'importance d'int&#233;grer de mani&#232;re constructive les nouveaux arrivants aux valeurs et aux traditions de la soci&#233;t&#233; italienne, afin que le don r&#233;ciproque qui se r&#233;alise lors de cette rencontre entre les peuples soit v&#233;ritablement enrichissant et b&#233;n&#233;fique pour tous. A cet &#233;gard, je souligne combien il est pr&#233;cieux pour chacun d'entre nous d'aimer et de transmettre sa propre histoire et sa propre culture, avec ses signes et ses expressions : plus nous reconnaissons et nous aimons sereinement qui nous sommes, plus il est facile de rencontrer et d'int&#233;grer l'autre sans peur et avec un c&#339;ur ouvert. A ce propos, on observe aujourd'hui une certaine tendance &#224; ne pas assez appr&#233;cier, &#224; diff&#233;rents niveaux, les mod&#232;les et les valeurs qui se sont d&#233;velopp&#233;s au fil des si&#232;cles et qui marquent notre identit&#233; culturelle, allant parfois jusqu'&#224; tenter d'en effacer l'importance historique et humaine. [&#8230;]. Avoir &#224; c&#339;ur la m&#233;moire de ceux qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, pr&#233;server les traditions qui ont fait de nous ce que nous sommes, est important pour regarder le pr&#233;sent et l'avenir avec conscience, s&#233;r&#233;nit&#233;, responsabilit&#233; et sens de la perspective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement &#171; int&#233;grer ne signifie pas effacer l'histoire de celui qui arrive ni exiger qu'il abandonne tout ce qui fait partie de sa m&#233;moire. Cela ne signifie pas non plus cr&#233;er des mondes parall&#232;les ferm&#233;s les uns aux autres, o&#249; les gens vivent ensemble sans vraiment se rencontrer. L'int&#233;gration est un chemin r&#233;ciproque : celui qui arrive apprend &#224; habiter une terre nouvelle, et celui qui re&#231;oit apprend &#224; agrandir sa maison, sans jamais diluer son identit&#233; ni fermer son c&#339;ur &#224; l'alt&#233;rit&#233;. Chers fr&#232;res migrants, il vous revient une part noble et n&#233;cessaire de ce chemin : vous ouvrir avec confiance &#224; la communaut&#233; qui vous accueille, apprendre sa langue, respecter ses lois, conna&#238;tre ses coutumes, participer &#224; la vie commune et offrir avec gratitude vos dons &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, &#171; les &#201;tats ont le droit et le devoir de prot&#233;ger leurs fronti&#232;res, mais cela doit &#234;tre contrebalanc&#233; par l'obligation morale d'offrir un refuge. &#187;. Ce qu'il a ensuite pr&#233;cis&#233; : &#171; Personnellement, je crois qu'un &#201;tat a le droit d'&#233;tablir des r&#232;gles &#224; ses fronti&#232;res. Je ne dis pas que tout le monde doit entrer sans ordre, cr&#233;ant parfois, l&#224; o&#249; ils vont, des situations plus injustes que celles qu'ils ont laiss&#233;es derri&#232;re eux. Mais [&#8230;] que faisons-nous dans les pays les plus riches pour changer la situation dans les pays les plus pauvres ? &#187;. D&#232;s lors , d'un c&#244;t&#233; &#171; la dignit&#233; humaine exige des voies l&#233;gales et s&#251;res, le secours et l'assistance, la coop&#233;ration r&#233;elle contre les trafiquants, la protection effective des victimes, des processus s&#233;rieux d'accueil et d'int&#233;gration, et des politiques qui permettent &#224; chaque personne de vivre dignement sur sa propre terre &#187;. De l'autre, &#171; s'il existe un droit de chercher refuge lorsque la vie est menac&#233;e, il existe aussi le droit de ne pas avoir &#224; migrer : le droit de rester chez soi sans faim, sans guerre, sans pers&#233;cution, sans violence &#187;. Ces points sont repris dans &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; (MH).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Point sur la situation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ph&#233;nom&#232;ne de la migration est reconnu comme un drame, qui n'est pas in&#233;vitable et encore moins positif en soi. Aucune perspective non plus de mise en place d'une soci&#233;t&#233; multiculturelle. S'il est question d'int&#233;gration plus que d'assimilation, les migrants sont tenus de s'int&#233;grer, d'une mani&#232;re qui respecte l'identit&#233; du pays d'accueil et ne constitue pas de grumeau communautariste. De m&#234;me, est reconnu le droit du pays d'accueil de r&#233;guler les migrations. Cela dit, un double appel est lanc&#233; : aux pays d'accueil et &#224; ses habitants, pour organiser autant que faire se peut l'accueil lorsqu'il y a lieu, dans le respect des personnes ; et &#224; tous, pour permettre aux personnes de ne pas partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent toutefois plusieurs points sur lesquels la r&#233;flexion reste quelque peu inaboutie. Le premier est la possibilit&#233; m&#234;me de faire vivre une soci&#233;t&#233; multiculturelle. On comprend que le pays d'accueil doit maintenir avec soin sa culture propre ; mais alors, si on veut &#233;viter une cohabitation communautariste ou une juxtaposition, un degr&#233; r&#233;el d'assimilation des nouveaux venus est indispensable pour constituer une vraie communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me point, sur ce qui motive le d&#233;part. MH &#233;voque &#171; tous ceux qui sont contraints de se d&#233;placer en raison de la pauvret&#233;, de la violence, du changement climatique ou des catastrophes environnementales &#187;. La distinction n'est toujours pas faite entre le r&#233;fugi&#233;, menac&#233; personnellement, et le migrant &#233;conomique, qui cherche une vie meilleure. Ce dernier cas vise l'&#233;crasante majorit&#233; des personnes concern&#233;es, qui payent pour cela souvent assez cher : ce ne sont alors pas les plus pauvres. Ce d&#233;sir est l&#233;gitime en soi, mais il ne conf&#232;re pas de droit : c'est une question de possibilit&#233; concr&#232;te et d'avantage mutuel. Quant &#224; la force majeure, elle justifie qu'on fasse en sorte que la victime trouve un refuge, mais cela ne lui donne pas de droit &#224; s'installer dans le pays de son choix parce qu'il le juge attractif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point, le concept de droit &#224; ne pas migrer. C'est une vraie question ; mais le vocabulaire est flou. Il est certes d&#233;sirable de faire en sorte que les gens n'aient pas &#224; migrer ; mais comment parler d'un droit, lorsque la revendication n'est opposable &#224; personne ? Qui fera respecter un tel droit ? D'autant que sur le plan pratique, il faudrait une formidable acc&#233;l&#233;ration du d&#233;veloppement chez les pays de d&#233;part pour rendre la migration peu attractive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier point, si le droit du pays d'accueil &#224; r&#233;guler la migration est reconnu, les cons&#233;quences n'en sont pas &#233;voqu&#233;es. Or qui dit r&#233;gulation dit entr&#233;e des uns et fermeture aux autres. Et &#233;ventuellement expulsions. Mais alors, on ne peut pas esp&#233;rer supprimer la voie clandestine : les exclus y tenteront in&#233;vitablement leur chance &#224; la mani&#232;re actuelle, et les drames de la mer subsisteront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si donc on doit saluer le recentrage apport&#233;, il reste encore quelques pas &#224; franchir pour v&#233;ritablement prendre en compte certaines r&#233;alit&#233;s, qui sont loin de permettre des r&#233;ponses simples et sans douleur. R&#233;ponses qui, il est vrai, exigent humanit&#233; et spiritualit&#233; comme le demande le pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A para&#238;tre sur &lt;/i&gt; Politique Magazine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gaza, migrations : peut-on parler de conflits de civilisations ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Gaza-migrations-peut-on-parler-de-conflits-de-civilisations.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Gaza-migrations-peut-on-parler-de-conflits-de-civilisations.html</guid>
		<dc:date>2023-12-10T16:19:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Conflit de civilisations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une recrudescence de crimes gratuits li&#233;s &#224; l'immigration. Le milieu m&#233;diatique et politique tend &#224; les relativiser ; l'opinion publique est bien plus s&#233;v&#232;re et inqui&#232;te ; elle reconna&#238;t qu'il y a l&#224; un grave probl&#232;me. Ces incidents entrent en outre en r&#233;sonance avec la guerre en cours &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant parler de conflit de civilisation ? de guerre civile potentielle ? C'est ce que font E. Zemmour et d'autres. Mais la r&#233;flexion montre qu'il y a danger &#224; appliquer cette grille de lecture sur le conflit &#224; Gaza et a fortiori sur la situation nationale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif d'agir, et vite, mais sans jouer le conflit frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'actualit&#233; r&#233;cente a &#233;t&#233; marqu&#233;e par une recrudescence de crimes gratuits li&#233;s &#224; l'immigration. Le milieu m&#233;diatique et politique tend &#224; les relativiser ; l'opinion publique est bien plus s&#233;v&#232;re et inqui&#232;te ; elle reconna&#238;t qu'il y a l&#224; un grave probl&#232;me. Ces incidents entrent en outre en r&#233;sonance avec la guerre en cours &#224; Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il pour autant parler de conflit de civilisation ? de guerre civile potentielle ? C'est ce que font E. Zemmour et d'autres. Mais la r&#233;flexion montre qu'il y a danger &#224; appliquer cette grille de lecture sur le conflit &#224; Gaza et a fortiori sur la situation nationale fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif d'agir, et vite, mais sans jouer le conflit frontal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des conflits de civilisations au niveau international ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau international j'ai abord&#233; la question dans &#8216;&lt;i&gt;Des conflits de civilisations, ou des id&#233;ologies de combat ?&lt;/i&gt;' (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Des-conflits-de-civilisations-ou-des-ideologies-de-combat.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Des-c...&lt;/a&gt;). On conna&#238;t la th&#232;se de S. Huntington fond&#233;e sur la dominante future de &#8216;conflits de civilisation'. Elle suppose non seulement que plusieurs grandes civilisations garderont une forte sp&#233;cificit&#233;, mais surtout que c'est leur diff&#233;rence qui sera le facteur principal qui d&#233;terminera &#224; l'avenir la logique des conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;flexion montre que cela ne va pas de soi, m&#234;me s'il y a derri&#232;re une intuition int&#233;ressante. Le fait est que la sp&#233;cificit&#233; des nations et civilisations se maintiendra voire se renforcera, plus qu'on tend &#224; le penser. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, ce qui structurera les rapports de force entre pays, loin d'&#234;tre cette sp&#233;cificit&#233; des civilisations, sera comme de temps imm&#233;morial la rivalit&#233; des puissances, qui ne co&#239;ncident pas avec les civilisations, tant s'en faut. Et si la dimension culturelle contribuera certainement &#224; ces conflits, ce sera en g&#233;n&#233;ral sous une autre forme que la civilisation : celle de l'id&#233;ologie. En effet, pour qu'il y ait conflit opposant des pays de civilisation diff&#233;rentes, per&#231;u comme opposant deux visions du monde, il faut un support id&#233;ologique &#224; cette opposition, et le facteur d&#233;cisif sera alors cette id&#233;ologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela reste vrai notamment dans le cas de l'islam. D'une part, il est loin d'&#234;tre homog&#232;ne et est susceptible de lectures assez diverses. Les fractures entre musulmans sont importantes et irr&#233;ductibles. D'autre part, voir le monde comme r&#233;duit &#224; un antagonisme global entre Islam et Occident fait courir le risque pr&#233;cis&#233;ment de pousser le monde musulman dans la mauvaise direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne doit pas conduire &#224; ignorer deux faits. Le premier est le tr&#232;s puissant ressort id&#233;ologique, pr&#233;sent dans l'Islam d&#232;s les origines : une valorisation du combat et de la conqu&#234;te sous forme de guerre sainte qui en fait un facteur majeur de radicalisation des conflits quand il est &#224; l'&#339;uvre. Le deuxi&#232;me est la solidarit&#233; qui na&#238;t assez naturellement dans les foules musulmanes lorsqu'elles per&#231;oivent une attaque contre l'Ummah, la communaut&#233; cens&#233;e unir tous les musulmans du monde. Ces deux ressorts ne sont pas automatiques, mais ils sont r&#233;currents et puissants. Cela donne &#224; l'islam une place toute particuli&#232;re parmi les religions, dont aucune autre ne pr&#233;sente ces caract&#233;ristiques : la violence ou la solidarit&#233; peuvent &#233;videmment y appara&#238;tre, mais elles n'y sont pas structurantes ou constitutives. Ces traits sp&#233;cifiques de l'Islam ne doivent pas &#234;tre ignor&#233;s, mais ils ne sont pas automatiques : la majorit&#233; des musulmans est plut&#244;t paisible, et la solidarit&#233; atteint vite ses limites. Il faut donc &#233;viter de nourrir ce genre de d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous met sur la piste d'un autre risque, qui est celui de l'id&#233;ologisation de l'autre camp, le camp dit occidental, notamment sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, dans la mesure o&#249; elle se veut &#224; vocation universelle et apte &#224; discerner seule le camp du Bien du camp du Mal, tout en instrumentalisant ces ressorts. Ce qui conduit &#224; une forme de radicalisation ou d'antagonisation radicale, qui peut &#234;tre per&#231;ue par les autres comme conflit de civilisation. On voit cette mobilisation &#224; l'&#339;uvre dans le cas de la guerre en Ukraine ; pourtant la dimension id&#233;ologique y est pr&#233;pond&#233;rante et non le suppos&#233; conflit de civilisation, d'autant qu'Ukraine et Russie appartiennent d'&#233;vidence &#224; la m&#234;me aire de civilisation, comme Huntington le notait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend la situation &#224; Gaza, l'extraordinaire barbarie d&#233;ploy&#233;e par le Hamas le 7 octobre, analogue &#224; d'autres &#233;pisodes impliquant le monde arabo-musulman (comme les pratiques du FLN pendant la guerre d'Alg&#233;rie) a conduit certains &#224; identifier dans la guerre qui a suivi un conflit de civilisation. Ce qui est l&#224; aussi &#224; la fois abusif et dangereux. Certes, les deux adversaires appartiennent &#224; des ensembles civilisationnels diff&#233;rents, et leur opposition en porte les marques dans leurs comportements. Mais ce qui est en jeu en l'esp&#232;ce est d'abord un probl&#232;me tr&#232;s sp&#233;cifique, celui de la Palestine, avec un pays pour deux peuples sans rien de commun ; un rare exemple de conflit dont il est difficile d'esp&#233;rer la solution, comme je le rappelle dans mon article &lt;i&gt;Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;). En outre, le Hamas repr&#233;sente un courant islamiste sp&#233;cifique, celui des Fr&#232;res musulmans, nullement repr&#233;sentatif de la grande majorit&#233; des musulmans et moins encore de leurs gouvernements, m&#234;me si l'effet de solidarit&#233; au sein de l'Ummah y active les &#233;motions collectives. Et d'ailleurs, la guerre reste &#224; ce stade circonscrite, et ne para&#238;t pouvoir s'&#233;tendre que si l'Iran s'y r&#233;sout, mobilisant ses alli&#233;s dans la zone. Cons&#233;quemment, une des priorit&#233;s des pays tiers, notamment occidentaux, est ou devrait &#234;tre de souligner le besoin d'une solution &#233;quitable, et non pas de se mobiliser comme pour l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fracture majeure dans nos pays ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immigration massive et croissante que connaissent les pays d'Europe et notamment la France conduit &#224; la cohabitation de populations appartenant &#224; des civilisations diff&#233;rentes, ce qui a conduit l&#224; encore certains &#224; &#233;voquer le conflit de civilisations ou encore la guerre civile. Mais l&#224; encore, l'approche dans ces termes est abusive et dangereuse, m&#234;me si le probl&#232;me est r&#233;el et consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'abord important de rappeler que les divisions au sein de nos soci&#233;t&#233;s sont majeures et tr&#232;s pr&#233;occupantes, en dehors de la question des migrants : ce sont des divisions id&#233;ologiques tellement fortes qu'elles s'apparentent &#224; l'opposition de cultures diff&#233;rentes, comme je le souligne dans mon article &lt;i&gt;Vivre ensemble ou se supporter&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre-ensemble-ou-se-supporter.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Vivre...&lt;/a&gt;), Notamment avec l'h&#233;g&#233;monie, croissante dans le milieu culturel et m&#233;diatique, d'une id&#233;ologie d&#233;sormais wokiste, intersectionnelle ou islamogauchiste, fonci&#232;rement destructive et au fond nihiliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des migrations, le risque majeur et extr&#234;mement inqui&#233;tant est celui d'une modification en profondeur de la composition de la population, accompagn&#233;e d'un assimilation faible et d'une tendance croissante des populations concern&#233;es &#224; ne pas s'identifier &#224; la communaut&#233; nationale d'accueil. De plus en plus d'observateurs comme J&#233;r&#244;me Fourquet ont confirm&#233; le ph&#233;nom&#232;ne. Or si on prolonge les courbes des chiffres, on aboutit &#224; de fortes minorit&#233;s allog&#232;nes, puis une majorit&#233; des naissances, puis une majorit&#233; tout court (voir mon article &lt;i&gt;Les migrations peuvent-elles d&#233;boucher sur un changement en profondeur de la population ?&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Les-migrations-peuvent-elles-deboucher-sur-un-changement-en-profondeur-de-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Les-m...&lt;/a&gt; ). Dans ces conditions, l'effet de masse rendra plus difficile que jamais l'assimilation et m&#234;me l'int&#233;gration. Au niveau politique, les &#233;meutes de juillet 2023 nous rappellent les effets d&#233;l&#233;t&#232;res de cette &#233;volution. S'y combine un autre ph&#233;nom&#232;ne r&#233;p&#233;t&#233;, celui des attentats islamistes, souvent au couteau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cumul&#233; avec l'effet id&#233;ologique pr&#233;c&#233;dent, cela d&#233;bouche sur la d&#233;composition de la base m&#234;me de la vie commune, comme je le montre dans &lt;i&gt;Migrations, d&#233;constructions : quel avenir pour l'identit&#233; nationale ?&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-l-identite-nationale.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Migra...&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il pour autant l&#233;gitime de parler de conflit de civilisation ou de guerre civile ? A nouveau, le fait de la diff&#233;rence culturelle est bien r&#233;el, et sa persistance, voire sa radicalisation, sont des &#233;volutions dangereuses auxquelles on ne peut en aucun cas se r&#233;signer. Notons cependant qu'il faut bien analyser ces faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord bien comprendre le r&#244;le respectif de l'identification culturelle ou nationale, et de l'islam. Ce dernier est &#233;videmment directement impliqu&#233;, parce que revendiqu&#233; dans les attentats islamistes ; mais justement il s'agit de l'islamisme. Or si, comme on l'a vu, l'islam pr&#233;sente des caract&#233;ristiques fortes et notamment celle de nourrir &#224; l'occasion une exaltation du combat et de la conqu&#234;te, l'islamisme y reste un ph&#233;nom&#232;ne particulier et minoritaire :&lt;i&gt; il convient donc de viser la s&#233;paration entre cette minorit&#233; islamiste et les autres musulmans et certainement pas de les amalgamer dans un m&#234;me camp&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'identification nationale ou culturelle &#233;trang&#232;re, que mettent en &#233;vidence des &#233;v&#233;nements r&#233;currents comme r&#233;cemment les &#233;meutes de juillet ou l'attaque de Cr&#233;pol, n'est pas sans lien avec l'islam qui en est une dimension importante ; mais ce n'est pas directement l'islam qui para&#238;t &#234;tre &#224; l'origine de ces &#233;v&#233;nements-l&#224;. Cette identification au pays d'origine est donc un autre ph&#233;nom&#232;ne, qui r&#233;sulte directement de l'absence d'assimilation et d'identification &#224; la communaut&#233; nationale d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; une conclusion partielle : il est important de ne pas nourrir l'identification entre religion et culture ou appartenance d'origine ; mais on ne peut pas pour autant traiter l'islam comme n'importe quelle autre religion, d'autant que l'islam contient un projet pour la soci&#233;t&#233;, une loi sp&#233;cifique (&lt;i&gt;charia&lt;/i&gt;). Ce qui veut dire en terme concrets que la la&#239;cit&#233; &#224; la fran&#231;aise n'est souvent pas le bon outil, car elle met toutes les religions sur le m&#234;me plan. Elle en fait donc selon les cas trop ou trop peu, et ne fournit pas les outils d'un traitement ad&#233;quat de l'islam. J'ai &#233;voqu&#233; en son temps cette question dans &lt;i&gt;Violence, religions et la&#239;cit&#233;&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Violence-religions-et-laicite.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Viole...&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire, au niveau interne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc agir des deux c&#244;t&#233;s mais de fa&#231;on distincte. D'un c&#244;t&#233;, il faut reconna&#238;tre la sp&#233;cificit&#233; de l'islam, &#224; laquelle s'ajoute dans le cas du sunnisme l'absence de structuration et donc d'organisme repr&#233;sentatif naturel ainsi que la pr&#233;sence massive d'imams &#233;trangers plus ou moins radicaux. L'objectif est alors de donner aux musulmans paisibles un cadre &#224; l'expression l&#233;gitime de leur religion, tout en luttant activement contre les radicalismes divers, notamment les tendances islamistes, et les emprises ext&#233;rieures. Il faut donc une l&#233;gislation sp&#233;cifique &#224; l'islam. Les juristes devront s'y faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DD'un autre c&#244;t&#233;, la question centrale est &#224; la fois quantitative et culturelle. Pour faire rapide, l'urgence est &#233;videmment d'abord &#224; l'arr&#234;t &#233;nergique de l'immigration. Sans cet arr&#234;t, aucune perspective d'int&#233;gration et encore moins d'assimilation n'est cr&#233;dible. Le point suivant est justement l'assimilation des populations pr&#233;sentes, assimilation plus qu'int&#233;gration car cette derni&#232;re peut se comprendre comme la cohabitation de communaut&#233;s distinctes, du moment que cela reste dans l'ensemble paisible. Or cette perspective n'est pas cr&#233;dible sur la dur&#233;e. Inversement, assimilation ne signifie pas automatiquement &#233;limination radicale de toute sp&#233;cificit&#233; ; l'important est de nourrir les &#233;l&#233;ments essentiels de la culture commune d'une part, la loyaut&#233; et la fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#233;gard de la communaut&#233; nationale de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est certainement pas en brandissant le spectre de la guerre civile qu'on peut y parvenir, mais par une s&#233;rie de mesures exigeantes : suppression du droit du sol, perte de nationalit&#233; dans le cas de comportements dissidents (terrorisme &#233;videmment, agitation nationaliste sur la base du pays d'origine etc.) et expulsion, contr&#244;le lors de l'octroi de la nationalit&#233; avec p&#233;riodes probatoires avant et apr&#232;s, etc. Plus &#233;videmment des mesures d'aide &#224; l'int&#233;gration puis &#224; l'assimilation, et notamment une r&#233;vision en profondeur des bases de l'&#233;ducation nationale, qui n'a plus rien de national bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est donc pas faux dans le diagnostic d'&#201;ric Zemmour, mais sa propension &#224; la radicalit&#233; du propos et ses p&#233;ch&#233;s mignons intellectuels le conduisent trop souvent &#224; des d&#233;clarations incendiaires. Encore une fois, il faut combiner la lucidit&#233; de la pens&#233;e et la vigueur dans l'action avec la conscience du fait qu'il ne faut en aucun cas radicaliser les antagonismes, et toujours ouvrir une porte &#224; ceux qui jouent le jeu de la solidarit&#233; nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Migrations, d&#233;constructions : quel avenir pour l'identit&#233; nationale ?</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-l-identite-nationale.html</link>
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		<dc:date>2023-04-11T15:52:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Identit&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;' &#8211; &#224; condition de bien comprendre ce terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays, tant par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis les ann&#233;es 60-70, que par l'immigration de peuples tr&#232;s diff&#233;rents et pour qui l'assimilation n'est pas un imp&#233;ratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique plurinationale durable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il alors se passer, et que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; dans Les Nations et leur destin, la forme politique d&#233;mocratique, au sens moderne du terme, suppose une base nationale ; c'est-&#224;-dire l'appartenance &#224; un peuple ayant ce qu'on appelle une &#8216;identit&#233;'. Un mot &#233;quivoque, mais acceptable si on le comprend non pas comme un mod&#232;le rigide et immuable s'imposant &#224; chacun, mais comme un ensemble de r&#233;f&#233;rences communes, culturelles et historiques, permettant aux personnes composant un peuple de s'y identifier suffisamment pour en faire une part de leur propre identit&#233; et s'en reconna&#238;tre membre. Ce qui les conduit &#224; accepter la solidarit&#233; qu'implique le fait de vivre ensemble dans une m&#234;me entit&#233; politique exprimant cette identit&#233; commune, et de reconna&#238;tre l'autorit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; des institutions politiques correspondantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice majeur de cette &#8216;identit&#233;' est une langue commune, existant au d&#233;part ou unifi&#233;e ensuite, y compris par assimilation. Il y a bien s&#251;r des cas nombreux d'ensembles linguistiques divis&#233;s en plusieurs nations (anglophones, hispanophones etc.), car cela n'emp&#234;che en rien diverses identit&#233;s nationales de s'y former. Mais il n'y a pratiquement pas d'exemple de nation plus ou moins d&#233;mocratique regroupant plusieurs peuples au sens national du terme : la Belgique est fragile, le Canada domin&#233; par la culture anglosaxonne ; en Inde, c'est la civilisation commune avec sa puissance originalit&#233; qui joue le r&#244;le de liant. Reste en fait la Suisse, cas unique, d'ailleurs exceptionnellement d&#233;centralis&#233;. Inversement, l'absence d'une telle base de peuple ou nation explique la fragilit&#233; de la plupart des constructions politiques africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce principe national se trouve d&#233;sormais remis en question dans nos pays. D'un c&#244;t&#233;, c'est par la rupture de la transmission culturelle qui s&#233;vit en Europe depuis la r&#233;volution culturelle des ann&#233;es 60-70, aggrav&#233;e par un individualisme maladif mais revendicatif et par la domination d'id&#233;es dite progressistes de plus en plus d&#233;l&#233;t&#232;res (le th&#232;me de la d&#233;construction, qui est un aveu). Ce &#224; quoi s'ajoute la construction europ&#233;enne, tendanciellement f&#233;d&#233;rale, mais sans base nationale et rongeant &#224; sa fa&#231;on les nations existantes. D'un autre c&#244;t&#233;, et &#224; terme plus encore, c'est par une immigration sans cesse plus forte, de la part de peuples non seulement culturellement tr&#232;s diff&#233;rents, mais qui surtout dans une proportion importante n'&#233;prouvent ni d&#233;sir ni besoin de s'assimiler (contrairement &#224; leurs pr&#233;d&#233;cesseurs). Et qui d'ailleurs ne re&#231;oivent pas de la soci&#233;t&#233; d'accueil de message explicite fort en ce sens, du fait de la rupture culturelle qu'on a &#233;voqu&#233;e et de l'h&#233;g&#233;monie du cadre de pens&#233;e progressiste. Or, comme l'a rappel&#233; judicieusement Matthieu Bock C&#244;t&#233; dans un article r&#233;cent (Figaro du 1 avril 2023), cette pens&#233;e dominante cumule les d&#233;clarations contradictoires sur ce sujet de l'immigration : niant le fait, puis affirmant que cela s'est toujours produit ; expliquant que cela n'affecte pas l'identit&#233; nationale, puis que celle-ci n'a pas de consistance ; stigmatisant tout ce qui ressemble &#224; une affirmation de cette identit&#233;, mais exigeant le respect scrupuleux de celle des arrivants etc. Mais ces contradictions ne l'emp&#234;chent pas de continuer ses pr&#234;ches hallucin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; une situation in&#233;dite. En dehors d'un pouvoir autoritaire, g&#233;n&#233;ralement celui d'un empire, on n'a pas dans l'histoire d'exemple d'entit&#233; politique pluriethnique (au sens de pluriculturelle) ou plurinationale - en tout cas pas durable au-del&#224; d'un rassemblement momentan&#233;. En outre, quand des m&#233;langes de peuples significatifs se produisent, outre le grand d&#233;sordre qui en r&#233;sulte, cela se r&#233;sout assez vite soit par une s&#233;paration soit par une assimilation, m&#234;me si elles peuvent &#234;tre &#233;ventuellement retard&#233;es par le pouvoir (tant qu'il le peut, c'est &#224; dire qu'il reste imp&#233;rial). D'o&#249; les terribles s&#233;parations avec nettoyage ethnique qui ont affect&#233; les pays effectuant une transition d&#233;mocratique au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-il se produire dans nos pays si on prolonge les courbes actuelles, &#224; savoir le maintien de l'h&#233;g&#233;monie progressiste, surtout sous sa forme woke ; et une immigration cumulative, sans assimilation d'une partie appr&#233;ciable et croissante des allog&#232;nes ? Logiquement il s'agira de plus en plus de vivre dans une entit&#233;, formellement d&#233;mocratique au d&#233;part, mais o&#249; ce qu'on appellera juridiquement le peuple sera de plus en plus compos&#233; de r&#233;alit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes, pesant sur le processus politique. La forme d&#233;mocratique pourra alors sans doute subsister un temps, au moins en apparence, mais avec un fonctionnement alt&#233;r&#233;, fond&#233; sur des rapports de force et des n&#233;gociations entre groupes (qui pourront eux m&#234;me &#234;tre divis&#233;s) - avec un risque croissant de basculement dans un r&#233;gime autoritaire, bien plus apte &#224; g&#233;rer une telle situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, les populations arrivantes sont elles-m&#234;mes h&#233;t&#233;rog&#232;nes ; le point commun, du moins pour la majorit&#233;, est l'islam, mais pas la langue ni les cultures d'origine. On peut donc penser que le fran&#231;ais (sans doute appauvri et alt&#233;r&#233;) restera la langue v&#233;hiculaire. Mais on l'a dit, autant une nation suppose habituellement une seule langue, autant une langue commune ne signifie pas identit&#233; nationale, tant s'en faut. Et cela notamment si la religion introduit un facteur fort de diff&#233;renciation (comme on l'a vu entre Serbes, Croates et Bosniaques, qui parlent la m&#234;me langue). Surtout quand cette langue est per&#231;ue comme &#233;tant celle de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc imaginer de devoir vivre dans ce cas dans un ensemble h&#233;t&#233;rog&#232;ne et mouvant. Il n'est pas exclu d'ailleurs que la remont&#233;e de courants ou d'attitudes dites identitaires dans la population de souche aille aussi dans le m&#234;me sens &#8211; sauf &#233;videmment si elle devenait dominante politiquement - ces Fran&#231;ais de souche r&#233;sistants apparaissant alors comme une des sous-cultures du nouveau paysage. Cela dit, dans un tel contexte, le facteur rassembleur le plus puissant c&#244;t&#233; arrivant sera l'Islam, malgr&#233; les tensions entre les diff&#233;rents peuples musulmans ; d&#232;s lors c'est l'Islam qui pourrait finir par devenir dominant, surtout en cas de conversions importantes d'autochtones - apr&#232;s leur abandon du christianisme, qui est en cours. Neutre ethniquement, l'Islam pourrait fournir un &#233;l&#233;ment rassembleur pour cette nouvelle entit&#233;, qui serait culturellement bien diff&#233;rente de ce que nous connaissons, et qu'on h&#233;sitera &#233;videmment &#224; continuer &#224; appeler France. Ajoutons que la gauche pourrait en faire les frais, car l'alliance de circonstance entre elle et les migrants musulmans volerait en &#233;clat au vu de leurs profondes divergences. Notons en outre qu'une telle &#233;volution ne favoriserait pas comme telle la construction europ&#233;enne, car les diff&#233;rences entre les pays qui la composent subsisteraient, notamment linguistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors pour ceux qui pr&#233;cis&#233;ment pensent que l'abandon progressif de la r&#233;f&#233;rence fran&#231;aise, au sens ant&#233;rieur du terme, serait une perte immense et un drame ? Certainement ne pas c&#233;der. Avec deux objectifs : la lutte politique certes, malgr&#233; les vents contraires, pour conjurer le sc&#233;nario &#233;voqu&#233;, contr&#244;ler les entr&#233;es et imposer un objectif d'assimilation raisonnable mais d&#233;termin&#233;. Et en m&#234;me temps, sur le plan culturel et politique, lutter contre la rage destructionniste. Mais aussi assurer le maintien et l'affirmation des traditions culturelles nationales ant&#233;rieures, &#224; tous les niveaux o&#249; cela sera possible ; non pas sous la forme d'un ghetto (car il faut assimiler tous ceux qui y seront dispos&#233;s) ou d'une pens&#233;e &#233;triqu&#233;e, mais avec la tranquille conviction de sa valeur unique, de sa f&#233;condit&#233; et de son bienfait irrempla&#231;able.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, m&#234;me quand l'appareil d'Etat ne va pas dans ce sens. En effet, l&#224; o&#249; le changement mental est le plus important, c'est dans le fait que par un paradoxe apparent, cette &#8216;identit&#233;' nationale qui se reliait naturellement &#224; la forme politique (l'Etat-nation) peut avoir d&#233;sormais &#224; &#234;tre prise en partie en charge en dehors de l'Etat, voire parfois contre lui ; l'exemple de l'&#233;ducation &#233;tant ici caract&#233;ristique. Autrement dit, la survie de la nation et de la culture fran&#231;aises ne se situe plus au seul niveau politique d'ensemble, mais dans les mains de chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 225 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/migrations-deconstructions-quel-avenir-pour-lidentite-nationale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Prot&#233;ger le mode de vie europ&#233;en &#187; : la question qui f&#226;che</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Proteger-le-mode-de-vie-europeen-la-question-qui-fache.html</guid>
		<dc:date>2019-10-06T10:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent. Mais l&#224; c'&#233;tait un mod&#232;le du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Politique magazine&lt;/i&gt; de ce mois&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.politiquemagazine.fr/sommaire-du-magazine-du-mois/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.politiquemagazine.fr/so...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frau Ursula von der Leyen, habituellement si charmante, si convenable, si politiquement correcte, ne se doutait sans doute pas de la temp&#234;te politico-m&#233;diatique qu'elle allait soulever en proposant un poste de commissaire en charge de la &#171; protection de notre mode de vie europ&#233;en &#187;, en fait des migrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On commence &#224; &#234;tre habitu&#233; aux campagnes d'indignation stridente qui sont devenues le mode principal d'expression politique des gens qui comptent, et par l&#224; de canalisation de ce qui est autoris&#233; et de ce qui ne l'est pas. Mais l&#224; c'&#233;tait une mod&#232;le du genre. Tout le monde sur le pont. C'est que pour les opposants, qui couvrent le gros de l'&#233;ventail politique hors une partie du PPE, on est dans une &#171; rh&#233;torique dangereuse et populiste &#187;. Elle a essay&#233; alors de se d&#233;fendre en expliquant que &#171; la dignit&#233; humaine &#187; faisait partie des &#171; valeurs europ&#233;ennes &#187;. Selon Le Monde, elle &#233;crit que &#171; &#8216;le mode de vie europ&#233;en repose sur la solidarit&#233;, la tranquillit&#233; d'esprit et la s&#233;curit&#233;. Nous devons r&#233;pondre et apaiser les craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes sur l'impact d'une immigration irr&#233;guli&#232;re sur notre &#233;conomie et notre soci&#233;t&#233;' &#187; avant de &#171; plaider pour une meilleure int&#233;gration et une plus grande coh&#233;sion sociale. Ce qui, poursuit-elle, passe par des r&#233;flexions et des actions en mati&#232;re de formation, de culture, de sports &#187;. Voil&#224; qui se veut rassurant pour notre Landerneau. Mais pas suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne peut marcher d'ailleurs : rien ne dit que l'aimable Ursula ne va pas c&#233;der dans les jours ou semaines qui viennent. Mais quoiqu'il advienne, l'&#233;pisode est particuli&#232;rement r&#233;v&#233;lateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e m&#234;me qu'il faille r&#233;pondre d'une mani&#232;re ou d'une autre &#224; une inqui&#233;tude manifestement r&#233;pandue ne passe pas chez les professionnels de la vertu id&#233;ologique, et a fortiori l'id&#233;e qu'on doive &#8216;prot&#233;ger' un &#8216;mode de vie europ&#233;en'. Car si une protection doit &#234;tre envisag&#233;e, quelle qu'elle soit, c'est &#233;videmment qu'il y a quelque chose qui ressemble &#224; une menace, un danger que ce &#8216;mode de vie' soit remis en cause ou au moins alt&#233;r&#233;. Or le commissaire s'occupera des migrants. Et il ne s'agit &#233;videmment pas d'une menace pour les migrants : implicitement ils sont la menace (y compris involontairement). Menace qui selon ce qui est dit para&#238;t viser deux champs : la solidarit&#233; et l'&#233;conomie d'un c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233;, la s&#233;curit&#233; et la tranquillit&#233; d'esprit de l'autre. C'est dit gentiment, mais cela va loin. Cela implique logiquement qu'il est concevable que les migrants p&#232;sent sur les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; sociale, ne soient pas une chance pour l'&#233;conomie, modifient les donn&#233;es de la vie commune au point de changer notre mode de vie, et cr&#233;ent de l'ins&#233;curit&#233;, le tout source d'inqui&#233;tude grave. Tout cela peut para&#238;tre une &#233;vidence au citoyen moyen, mais au niveau bien propret de Bruxelles c'est nouveau, et un peu fort de vinaigre. M&#234;me le bon M. Juncker &#233;tait choqu&#233;, entre deux verres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ce faisant aucune action nouvelle n'est envisag&#233;e. Ce qu'on comprend est qu'il s'agira de formation, de culture, de sports. A l'&#233;vidence au profit des migrants, la culture et le sport adoucissant les m&#339;urs. Mais pas plus. Rien sur le contr&#244;le des entr&#233;es. Rien sur une quelconque s&#233;lection (ne serait-ce que par rapport &#224; l'&#233;conomie, puisqu'on en parle). Rien bien s&#251;r sur une demande d'int&#233;gration (ne parlons pas d'assimilation). Rien sur des mesures de s&#233;curit&#233;. Le contraste entre ce manque total d'ambition r&#233;elle et la fureur des protestataires n'en est que plus &#233;tonnant. Une seule explication : c'est qu'ils sentent au fond d'eux-m&#234;mes que la meilleure tactique pour eux est de casser le d&#233;bat &#224; la base. Car d&#232;s qu'on commence &#224; parler comme la ch&#232;re Ursula de &#171; mode de vie europ&#233;en &#187;, de &#171; tranquillit&#233; d'esprit et de s&#233;curit&#233; &#187;, et a fortiori de &#171; craintes et pr&#233;occupations l&#233;gitimes &#187; on n'&#233;chappe pas &#224; une s&#233;rie de constatations qui minent le l&#233;nifiant discours dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car dans le mod&#232;le europ&#233;en officiel, la question ne se pose pas. L'Union europ&#233;en d'aujourd'hui se veut fond&#233;e sur un genre de patriotisme constitutionnel &#224; la Habermas : des trait&#233;s, des proc&#233;dures, des d&#233;clarations de droits universels interpr&#233;t&#233;s par des juges, la concurrence et l'uniformisation des lois et des r&#233;glementations. D'ailleurs, dans une tribune ult&#233;rieure, destin&#233;e &#224; se d&#233;fendre, la nouvelle pr&#233;sidente se r&#233;f&#232;re &#224; l'article 2 du trait&#233; de l'Union europ&#233;enne qui d&#233;finit ces &#8216;valeurs communes' : &#171; l'Union est fond&#233;e sur les valeurs de respect de la dignit&#233; humaine, de libert&#233;, de d&#233;mocratie, d'&#233;galit&#233;, de l'&#201;tat de droit, ainsi que de respect des droits de l'homme, y compris des droits des personnes appartenant &#224; des minorit&#233;s. Ces valeurs sont communes aux &#201;tats membres dans une soci&#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par le pluralisme, la non-discrimination, la tol&#233;rance, la justice, la solidarit&#233; et l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes. &#187; Qui donc parle de mode de vie l&#224;-dedans ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pi&#232;ge qu'ont bien senti les censeurs, justement : qu'est-ce qu'on entend sous le terme de mode de vie europ&#233;en ? Les trait&#233;s n'en parlent pas, ils ne parlent que des droits. Et implicitement l'intitul&#233; implique que ce mode de vie europ&#233;en existe d&#233;j&#224;. Or ce ne peut pas &#234;tre uniquement et directement la s&#233;curit&#233; ou la solidarit&#233; : c'est donc a priori quelque chose d'autre, qui peut &#224; son tour &#234;tre source de s&#233;curit&#233; ou de solidarit&#233;. Une culture ? Une sociologie ? Une mani&#232;re d'agir ou d'&#234;tre ? Forc&#233;ment quelque chose de ce genre. Appuy&#233;es sur des lois bien s&#251;r ; mais pas uniquement, puisque ces lois ne suffisent pas pour conjurer la menace. De fil en aiguille, on entre alors dans un domaine qui commence terriblement &#224; ressembler &#224; la probl&#233;matique de l'identit&#233;, ou du patriotisme. Mais alors, nouveau danger, que les censeurs connaissent bien : pas plus qu'il n'y a de peuple europ&#233;en il n'y a pas de culture commune ou d'identit&#233; (quel que soit le sens de ce mot) europ&#233;enne. Bien s&#251;r il y a des &#233;l&#233;ments communs, nombreux, mais ce ne sont que des aspects, des ressemblances, un pass&#233; en partie commun ; mais cela ne fait pas une repr&#233;sentation d'ensemble comme au niveau national, encore moins une communaut&#233;. Concr&#232;tement d'ailleurs, si on veut assimiler des migrants, ou m&#234;me simplement les int&#233;grer, ce sera comme fran&#231;ais, allemands etc. ; pas comme europ&#233;ens g&#233;n&#233;riquement : cela ne voudrait rien dire. Au mieux alors l'Europe viendrait en aide, de fa&#231;on subsidiaire, &#224; ces communaut&#233;s qui sont d'abord nationales. Mais cela impliquerait un virage &#224; 180&#176; de l'id&#233;e que l'Europe a d'elle-m&#234;me. Virage qui serait bienvenu d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est hautement improbable que Frau von der Leyen veuille s'engager dans cette voie. Mais comme les censeurs l'ont bien vu, tout se tient. Si elle met le doigt dans l'engrenage, la question maudite va s'accr&#233;diter. Il lui faudra aller plus loin, dans une direction qu'ils abhorrent. Et donc on pilonne, pr&#233;ventivement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Communaut&#233; nationale : la querelle des pr&#233;noms</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Communaute-nationale-la-querelle-des-prenoms.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>
		<dc:subject>Assimilation culturelle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La querelle t&#233;l&#233;vis&#233;e entre E. Zemmour et H. Sy a enflamm&#233; les r&#233;seaux sociaux. L'une s'offense qu'on critique son pr&#233;nom s&#233;n&#233;galais, l'autre lui recommande un pr&#233;nom fran&#231;ais coh&#233;rent avec son passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Querelle de mots ou sympt&#244;me plus profond ? Au-del&#224; des questions de personnes, la question pos&#233;e est au fond celle de la communaut&#233; nationale. Qu'en Europe occidentale trop de gens ne comprennent plus. Alors m&#234;me qu'ils en vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La querelle t&#233;l&#233;vis&#233;e entre E. Zemmour et H. Sy a enflamm&#233; les r&#233;seaux sociaux. L'une s'offense qu'on critique son pr&#233;nom s&#233;n&#233;galais, l'autre lui recommande un pr&#233;nom plus fran&#231;ais. Querelle de pr&#233;noms ou sympt&#244;me plus profond ? Au-del&#224; des questions de personnes, la question pos&#233;e est au fond celle de la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens de nos jours tendent &#224; penser que la tol&#233;rance est la vertu supr&#234;me et qu'en son nom tout est possible, sauf crime et d&#233;lit. Dans une telle perspective une communaut&#233; comme la nation est un pur fait juridique sans aucune implication ni en termes de fid&#233;lit&#233;, ni en termes de culture. Vous &#234;tes fran&#231;ais tout comme vous &#234;tes propri&#233;taire d'un studio ou d'une voiture : c'est un droit qui vous est reconnu par la loi. L'ennui est qu'une appartenance nationale est bien autre chose. Car en termes concrets c'est le fait d'&#234;tre de tel ou tel pays qui dans une large mesure fait ce que vous &#234;tes dans la communaut&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mat&#233;riel d'abord. A notre &#233;poque, l'appartenance nationale joue un r&#244;le d&#233;cisif dans le statut &#233;conomique et social des personnes. Le fait est que la situation sociale et &#233;conomique de la majorit&#233; des gens d&#233;pend de leur nationalit&#233; bien plus que de leur comp&#233;titivit&#233; propre. Sinon toutes les personnes effectuant la m&#234;me t&#226;che sur la plan&#232;te seraient r&#233;mun&#233;r&#233;es de la m&#234;me mani&#232;re. D&#232;s lors, l'huissier ou la femme de m&#233;nage, l'artisan, l'&#233;picier ou le coiffeur fran&#231;ais seraient pay&#233;s comme leur homologue chinois ou indien. Or ils gagnent massivement plus, directement ou non. Certes ils peuvent avoir un savoir-faire meilleur, mais cela n'explique pas la diff&#233;rence. En bref, votre position &#233;conomique et sociale d&#233;pend directement de votre communaut&#233; nationale d'appartenance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau de votre s&#233;curit&#233; personnelle ensuite. Si vous &#234;tes &#224; l'&#233;tranger, et qu'il vous arrive des ennuis, c'est votre consul qui peut vous d&#233;fendre. La position d'apatride est si peu protectrice qu'en Europe il est interdit de cr&#233;er des apatrides en privant quelqu'un de sa nationalit&#233; s'il n'en a qu'une. Au niveau de votre s&#233;curit&#233; collective ensuite. Ce qui fait que dans le pays r&#232;gne un certain ordre, une certaine paix, une certaine culture, r&#233;sulte du fait que des personnes, les nationaux, non seulement payent des gens sp&#233;cialis&#233;s pour assurer cet ordre, mais acceptent dans des circonstances extr&#234;mes de donner leur vie pour cette communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau culturel justement, cela veut dire qu'un certain patrimoine de culture, particulier &#224; cette nation, est re&#231;u et cultiv&#233; pour &#234;tre transmis, et qu'il fournit la base &#224; l'identification collective des personnes membres de cette nation. Car pourquoi diable devrais-je &#234;tre solidaire d'autres personnes au point non seulement de payer des imp&#244;ts et taxes consid&#233;rables, mais de respecter des lois communes, d'&#234;tre mobilisable le cas &#233;chant, et plus g&#233;n&#233;ralement d'&#234;tre solidaire, si la seule chose que j'ai en commun avec eux est une pure convention juridique ? Le patriotisme suppose une communaut&#233;, et une communaut&#233; suppose une forme d'identification mutuelle ; un patriotisme purement constitutionnel comme le r&#234;ve le penseur allemand Habermas est une pure illusion. De m&#234;me une suppos&#233;e nation multiculturelle est un r&#234;ve pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a des &#233;trangers pr&#233;sents sur le territoire national qui profitent de cet &#233;tat de fait. Mais s'il n'y avait pas la nation et les nationaux, ils n'auraient rien de tels. Selon les cas, ce sont des h&#244;tes - &#224; traiter avec respect, ou des passagers clandestins - &#224; traiter sans m&#233;nagement. Mais ce ne sont pas eux qui font qu'il y a une maison commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore plus vrai de la d&#233;mocratie. Elle a besoin d'une communaut&#233; nationale solide et coh&#233;rente, car il lui faut un peuple : d&#233;j&#224; toute vie commune dans une entit&#233; politique suppose une amiti&#233; minimale, des liens assurant une coh&#233;sion v&#233;cue et assum&#233;e. Mais pour que j'accepte les r&#233;sultats d'un vote majoritaire, notamment s'il ne me pla&#238;t pas, il faut plus encore : une identification mutuelle forte, qu'&#224; eux seuls le vote et les proc&#233;dures ne donnent pas, et qui est normalement nationale. La d&#233;mocratie sans nation homog&#232;ne sauf cas exceptionnel n'existe pas. En revanche le principe national peut &#234;tre fort sans qu'une d&#233;mocratie formelle existe. La Chine le montre amplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a d'autres formes politiques que la nation ou la d&#233;mocratie. Dans une empire ce probl&#232;me a bien moins d'importance. Le souverain, monarchique ou communiste, peut s'accommoder d'une grande diversit&#233; puisque la base de son pouvoir n'est pas l&#224;. M&#234;me si une nation particuli&#232;re est en g&#233;n&#233;ral &#224; la base de ce pouvoir, la pr&#233;sence de gens appartenant &#224; d'autres traditions nationales ou culturelles ne le g&#234;ne pas, tant qu'ils restent tranquilles. Pas dans une nation &#224; l'occidentale, et encore moins dans une d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc si vous voulez une soci&#233;t&#233; multiculturelle, &#224; long terme vous devez abandonner la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, dans un contexte comme le n&#244;tre o&#249; des populations nombreuses sont bien d&#233;cid&#233;es &#224; garder leur personnalit&#233; culturelle et leur loyaut&#233; d'origine, le suppos&#233; droit du sol est une aberration. Donnant d'office le droit plein &#224; &#234;tre citoyen du seul fait qu'one est n&#233; sur le sol du pays, il d&#233;truit &#224; terme ce qui fait la communaut&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les pr&#233;noms alors ? Justement. Noms et pr&#233;noms sont des &#233;l&#233;ments d'identification personnels essentiels. On peut &#233;videmment &#234;tre souple au nom de la libert&#233; personnelle ; mais la libert&#233; suppose la responsabilit&#233;. Il est d&#233;j&#224; aberrant qu'on laisse maintenant des parents irresponsables affubler de pauvres bambins sans d&#233;fense de pr&#233;noms bricol&#233;s ou trouv&#233;s dans des pochettes surprises. Mais avec les pr&#233;noms ethniques on a autre chose : c'est l'affirmation que ma loyaut&#233;, et potentiellement celle du nouveau-n&#233;, sont &#224; mon pays de d&#233;part, et que j'ai l'intention de me constituer en communaut&#233; ethnique distincte. En bref, ils annoncent publiquement &#224; quelle communaut&#233; j'appartiens ; et ce n'est pas celle o&#249; je vis et qui me fait vivre. A faible dose cela ne pose pas de probl&#232;me. Si je reste &#233;tranger aussi. Pas si dans le m&#234;me mouvement et au nom du droit du sol je prends la nationalit&#233; du cru, et avec beaucoup d'autres, car alors cela devient du communautarisme. A un moment il faut choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que la culture dominante refuse. Ce qui fait que bien des gens ont &#233;t&#233; sinc&#232;rement ulc&#233;r&#233;s des propos de Zemmour. Peu importe ici s'il &#233;tait bien inspir&#233; ou courtois de les tenir : sur le fond il soul&#232;ve un vrai probl&#232;me. Celui des pr&#233;noms certes. Mais derri&#232;re lui, celui de l'&#233;motion suscit&#233;e par ses propos, qui en dit long sur la perte du sens de la communaut&#233; nationale qui affecte de plus en plus de gens. Du moins en Europe occidentale car le reste de la plan&#232;te en est assez peu affect&#233; : le patriotisme y reste une &#233;vidence. Assis sur une branche, ils se sont persuad&#233;s que la vertu supr&#234;me de l'&#233;poque, la tol&#233;rance, ou plut&#244;t le relativisme, leur fait un devoir de nier la sp&#233;cificit&#233; de cette branche et le besoin vital qu'ils ont de sa solidit&#233;. Ils veulent m&#234;me en rajouter dans la diversit&#233;. Encore un effort camarades ! Mais au bout du chemin c'est la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes sans doute bien intentionn&#233;s, mais le sursaut contre vos r&#234;veries devient urgent. Dans votre propre int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les migrations peuvent-elles d&#233;boucher sur un changement en profondeur de la population ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Les-migrations-peuvent-elles-deboucher-sur-un-changement-en-profondeur-de-la.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ampleur de l'immigration est-elle de nature &#224; changer &#224; terme la composition de la population fran&#231;aise (et europ&#233;enne) ? La question doit &#234;tre pos&#233;e en toute honn&#234;tet&#233;. Certains pourtant crient au complot &#224; son seul &#233;nonc&#233;. Le terme de remplacement est m&#234;me devenu tabou. Ou alors ils nient en bloc sans examiner les chiffres - parce qu'il serait choquant de se livrer &#224; ce genre de supputation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la question n'est pas l&#224; : elle est de traiter la question de fa&#231;on lucide et adulte. Et donc d'essayer de savoir si une telle hypoth&#232;se est plausible, et &#224; quelles conditions. Ensuite chacun pourra tirer ses conclusions et faire ses choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que le petit calcul ci-apr&#232;s essaie de faire avec les moyens du bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'immigration a atteint une ampleur suffisante pour qu'on se doive d'en parler concr&#232;tement, sur la base des chiffres disponibles. La difficult&#233; pour cela est que les statistiques en France sont de par la loi et les habitudes construites pour ne pas donner explicitement les donn&#233;es qu'il faudrait. Il est quand m&#234;me possible sur la base des donn&#233;es disponibles de tirer certaines conclusions comme on va le voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est la suivante : &lt;i&gt;est-il plausible et &#224; quelles conditions qu'un jour la majorit&#233; de la population en France soit issue de l'immigration relativement r&#233;cente et future, provenant de pays &#224; cultures non-europ&#233;ennes, donc profond&#233;ment diff&#233;rente (&#224; forte dominante arabo-musulmane et africaine) ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que calculer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On raisonne souvent sur la population totale. Mais l'inertie d&#233;mographique est telle que m&#234;me si &#224; partir de 2050 par exemple une majorit&#233; d'arrivants (naissances plus immigration) &#233;tait d'origine &#233;trang&#232;re, et que la tendance se prolongeait, il se pourrait que la majorit&#233; de la population ne bascule que plus de 40 ans apr&#232;s. Et a fortiori si on vise une majorit&#233; de la population adulte. Il para&#238;t donc clair que le crit&#232;re pertinent &#224; prendre en compte est celui de ce qu'on appellera les arriv&#233;es : d'un c&#244;t&#233; l'immigration stable plus les naissances d'origine extra-europ&#233;enne ; et de l'autre c&#244;t&#233; les naissances issues de parents de souche europ&#233;enne (dont pour &#234;tre rigoureux il faudrait retirer l'&#233;migration nette). Car une fois que ce ratio a bascul&#233;, celui de la population n'est plus qu'une question de temps (long il est vrai, mais in&#233;luctable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proposons donc &#224; titre de r&#233;flexion un calcul simple. Prenons le point de d&#233;part d&#233;j&#224; analys&#233; dans un autre article : la proportion des naissances d'origine extra-europ&#233;enne aujourd'hui, sur la base des chiffres de l'Insee (voir l'Incorrect N&#176; 7, ou &lt;a href=&#034;http://www.pierredelauzun.com/Migrations-Apres-l-equilibre.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.pierredelauzun.com/Migra...&lt;/a&gt;.Pour r&#233;sumer, en 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 d&#233;j&#224;. En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration de l'&#233;volution. Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche (pour un parent sur deux, ou pour les deux) passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on alors faire des raisonnements sur l'&#233;volution future ? Il est clair que seuls des d&#233;mographes de m&#233;tier, disposant des donn&#233;es n&#233;cessaires, peuvent faire ce travail de fa&#231;on pr&#233;cise. Mon objectif ici n'est pas celui-l&#224;, mais de mesurer avec les donn&#233;es disponibles et moyennent des hypoth&#232;ses plausibles s'il est possible par exemple en 2050 (dans 30 ans) d'avoir une majorit&#233; d'arriv&#233;es (naissances plus immigration) qui soit d'ascendance extra-europ&#233;enne au moins en partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouver des donn&#233;es int&#233;ressantes et accessibles notamment chez Alexis Feertchak :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/06/19/01016-20180619ARTFIG00310-les-chiffres-de-l-immigration-en-france.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/actualite-fr...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que donne le calcul&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant le calcul. Au d&#233;part nous avons aujourd'hui environ 223 000 naissances extra-europ&#233;ennes au moins en partie (ci-apr&#232;s EE) et 560 600 naissances d'origine europ&#233;enne (OE). Mais il y a aussi une immigration appr&#233;ciable. Sur la base de 171 900 premiers permis de s&#233;jours en 2017 dont 43 % du continent africain, on arriver &#224; 118 000 auxquels il faudrait ajouter les non-originaires d'Afrique. En comptant 120 000, on arrive donc &#224; un total d'arriv&#233;es EE (naissances + immigration) de 343 000 et un total OE de 560 000 environ soit environ 38 % contre 62%. Notons qu'on ne tient alors pas compte ni de l'&#233;migration europ&#233;enne (par exemple vers les Etats-Unis ou en Grande-Bretagne, pas n&#233;gligeables), ni des retours d'immigr&#233;s quand ils se produisent (a priori pas massifs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;terminer ensuite comment cela peut &#233;voluer, il faut faire des hypoth&#232;ses sur la natalit&#233; et sur les flux futurs d'immigration. Quand on regarde les chiffres Insee sur la natalit&#233; par r&#233;gion d'origine et les chiffres analogues &#224; l'&#233;tranger, un taux de 2.8 enfants par femme EE serait assez plausible. Mais comme la descendance moyenne est d&#233;sormais de 1.88 cela voudrait dire que les femmes OE ont une descendance de l'ordre de 1.5&#8230; Nous prendrons donc des chiffres plus prudents, tenant en outre compte du fait qu'une partie des EE a une origine mixte. Soit une descendance de 2.5 pour les EE et de 1.7 pour les OE. Ce qui signifie sur une g&#233;n&#233;ration une multiplication de la classe d'&#226;ge resp. par 1.2 et par 0.8 (si le seuil de renouvellement est de 2.1 enfants par femme : 2.5/2.1 et 1.7/2.1). Prenons ensuite une immigration stable &#224; 120 000 par an. Supposons ensuite que ces trois chiffres ne bougent pas jusqu'en 2050, dans une g&#233;n&#233;ration. On supposera aussi pour simplifier que les deux populations restent distinctes. Les naissances EE passeraient alors &#224; 408 000 environ (le chiffre initial de 343 000 arriv&#233;es, multipli&#233; par 1.2), et celles OE &#224; 454 000, encore en tr&#232;s l&#233;g&#232;re majorit&#233;. Mais avec l'immigration suppos&#233;e toujours &#224; 120 000, on voit qu'il y aurait d&#233;sormais une majorit&#233; d'arriv&#233;es EE de 563 000 (soit 54%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu encore cela suppose permanence des taux de natalit&#233; des diverses populations, et une immigration stable. il ne s'agit donc que d'un projection. Mais en faisant varier ces hypoth&#232;ses, on constate qu'il n'y a des r&#233;sultats vraiment diff&#233;rents que si d'une part la natalit&#233; locale (OE) remonte fortement, que celle EE baisse, et l'immigration de m&#234;me. En prenant respectivement des descendances finales de 2.1 et 2.3 et une immigration ramen&#233;e &#224; 50 000, on trouve en 2050 les proportions actuelles (62% d'arriv&#233;es OE). En d'autres termes la stabilisation de la composition de la population suppose &lt;i&gt;&#224; la fois&lt;/i&gt; le retour &#224; une natalit&#233; &#233;quilibr&#233;e OE, une bonne assimilation des EE sur les m&#339;urs des OE, et une r&#233;duction sensible de l'immigration. Ce qui est assez intuitif. Mais peu probable&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement, une hypoth&#232;se o&#249; les OE verraient leur natalit&#233; se rapprocher du reste de l'Europe (1.5 de descendance finale) et l'immigration se relever &#224; 200 000 ou plus (pression d&#233;mographique galopante en Afrique) ferait passer la proportion d'arriv&#233;es OE &#224; moins du tiers en 2050&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signification&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement ce calcul simplifi&#233; a ses limites et devrait &#234;tre affin&#233;. En particulier il faudrait tenir compte plus pr&#233;cis&#233;ment de la pr&#233;sence d'un nombre important de couples mixtes, dont le comportement et l'appartenance peuvent aller dans les deux sens (mais nous en avons en partie tenu compte en prenant pour les EE un taux de natalit&#233; interm&#233;diaire). Mais sauf &#224; ce que ces estimations comportent des erreurs majeures (que dans ce cas on voudra bien nous signaler) qui en alt&#233;reraient significativement les conclusions, cela para&#238;t montrer clairement que l'id&#233;e de remplacement n'est pas du tout irr&#233;aliste, m&#234;me si dans ce calcul sommaire le basculement majoritaire de la population totale devrait sans doute attendre la fin du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les facteurs signal&#233;s (f&#233;condit&#233;, poursuite de l'immigration) beaucoup de la signification de ce ph&#233;nom&#232;ne majeur va d&#233;pendre du degr&#233; d'assimilation des EE. Car si celle-ci &#233;tait parfaite et imm&#233;diate, ces calculs n'auraient pas beaucoup d'importance. Mais comme on sait on en est loin. La probabilit&#233; est une situation interm&#233;diaire, encore renforc&#233;e par le nombre de couples mixtes, mais dans laquelle la proportion EE sera sans cesse croissante, et l'assimilation d&#232;s lors de plus en plus faible, en tout cas assezpartielle. Et donc, &#224; terme long, si les facteurs d&#233;mographiques ne changent pas, d'une part l'assimilation deviendra arithm&#233;tiquement assez improbable, et d'autre part la base politique potentielle pour changer cette &#233;volution (par relance cibl&#233;e de la natalit&#233;, et arr&#234;t des migrations) dispara&#238;tra. Et dans ce cas le remplacement aura bien lieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrations : Apr&#232;s l'&#233;quilibre</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Migrations-Apres-l-equilibre.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Migrations-Apres-l-equilibre.html</guid>
		<dc:date>2018-03-08T15:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre bien s&#251;r la dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Migrations : pour garder la t&#234;te froide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi. D&#233;j&#224; l'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et tr&#232;s peupl&#233;es est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. M&#234;me les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement &#224; ce que certains disent, la stabilit&#233; des populations europ&#233;ennes depuis des si&#232;cles est consid&#233;rable. Seule est comparable l'&#233;migration de millions d'Europ&#233;ens dans les Am&#233;riques, mais vers des zones non d&#233;velopp&#233;es et peu peupl&#233;es (apr&#232;s les &#233;pid&#233;mies qu'on sait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dimension &#233;motionnelle du sujet est consid&#233;rable. Raison de plus pour essayer de voir le probl&#232;me avec sang-froid, notamment en &#233;valuant la logique &#233;conomique et sociologique de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un int&#233;r&#234;t massif pour les migrants eux-m&#234;mes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'ont montr&#233; bien des sp&#233;cialistes , l'&#233;migration se produit parce qu'elle a un sens pour les migrants, notamment un int&#233;r&#234;t &#233;conomique majeur. La vision m&#233;diatique de populations chass&#233;es par la faim ou les guerres ne touche qu'une proportion faible des migrants allant dans nos pays. Les gens vraiment dans la mis&#232;re n'ont normalement pas les moyens de migrer. Le migrant type est d'abord un migrant &#233;conomique, quelqu'un qui choisit d'investir (le passage est non seulement dur mais co&#251;teux pour lui ou sa famille) pour passer d'un environnement &#233;conomiquement d&#233;favorable &#224; un autre beaucoup plus riche ; o&#249;, s'il s'ins&#232;re, son niveau de vie sera au bout du compte massivement am&#233;lior&#233;, de fa&#231;on hors de port&#233;e dans son pays de d&#233;part. Rappelons que la productivit&#233; d'une personne d&#233;pend massivement de son environnement humain et &#233;conomique. Or celui des pays avanc&#233;s est bien plus performant. Bien s&#251;r notre migrant souffrira pendant tout un temps ; il peut aussi regretter son pays, peut-&#234;tre toute sa vie. Mais au-del&#224;, lui et ses enfants seront mat&#233;riellement beaucoup mieux. Sauf si les obstacles devenaient insurmontables ou l'insertion impossible, l'&#233;migration est donc &#233;conomiquement rationnelle. A fortiori bien s&#251;r si le migrant part avec une formation et un talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, l'existence d'une communaut&#233; install&#233;e de personnes immigr&#233;es originaires d'un pays donn&#233;, est un facteur majeur dans la dynamique de l'immigration provenant de ce pays. Plus elle est importante, plus grand est l'appel d'air, car les migrants trouvent en elle un milieu d'accueil et un soutien. Et moindre est l'assimilation, puisqu'il y a moins de contact avec les autochtones. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne cumulatif, qui peut s'emballer au-del&#224; de tout &#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte de tout ceci que l'&#233;migration serait bien plus &#233;lev&#233;e sans les barri&#232;res mises par les pays d'accueil. Si la migration &#233;tait libre, ce serait une avalanche. Et l'assimilation serait encore plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faible int&#233;r&#234;t et nombreux inconv&#233;nients pour les pays de d&#233;part comme d'accueil&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du pays d'accueil l'avantage n'est pas &#233;vident. Le principal probl&#232;me est l'inadaptation &#224; la culture d'arriv&#233;e. La vie en soci&#233;t&#233; suppose un degr&#233; &#233;lev&#233; de confiance mutuelle, des r&#232;gles communes qu'on s'attend &#224; voir respect&#233;es. Or les cultures de d&#233;part des migrants sont diff&#233;rentes et mal adapt&#233;es. En juxtaposant des &#8216;communaut&#233;s' aux r&#232;gles de vie diff&#233;rentes on diminue la confiance mutuelle et accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t pour chacune de jouer un jeu s&#233;par&#233;. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Un petit nombre de migrants assimil&#233;s est un plus ; un grand nombre devient vite contre-productif, d'autant que les cultures sont diff&#233;rentes. Pr&#244;ner le respect des cultures de d&#233;part est donc une erreur puisque ces cultures sont mal adapt&#233;es et que la vie collective suppose une culture commune. Il faut favoriser au contraire l'assimilation maximale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce sujet, les migrations &#224; destination de l'Europe, musulmanes et africaines, culturellement tr&#232;s diff&#233;rentes, posent de tout autres probl&#232;mes que les migrations vers le reste du monde quand il y en a. Le vrai probl&#232;me des migrants au niveau mondial est pour l'essentiel un probl&#232;me europ&#233;en. Cet effet est aggrav&#233; par l'absence de s&#233;lection &#224; l'entr&#233;e (contrairement &#224; ce qui se passe hors d'Europe) et &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; du syst&#232;me social europ&#233;en. Celui-ci pratique de fait une contre-s&#233;lection, aggrav&#233;e par le r&#244;le majeur du regroupement familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux effets &#233;conomiques des migrations sur les pays d'accueil, ils sont limit&#233;s, mais peu positifs : les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L'effet n&#233;gatif principal est donc pour les milieux populaires autochtones. Le co&#251;t net des migrants n'est en revanche pas n&#233;cessairement un probl&#232;me majeur s'ils travaillent. Mais l'id&#233;e que l'immigration facilitera le paiement des retraites est fausse : c'est une aide tr&#232;s provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement est continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pays de d&#233;part l'avantage n'est pas &#233;vident non plus. Le principal inconv&#233;nient est d'y r&#233;duire le nombre des personnes &#233;duqu&#233;es et entreprenantes, parfois de fa&#231;on catastrophique. Il n'y a de vraiment positif que les transferts d'argent : tr&#232;s variables, en moyenne ils repr&#233;sentent environ 6 % des revenus du pays d'origine. L'effet global n'est d&#232;s lors pas &#224; priori tr&#232;s significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se d&#233;duit de tout ceci qu'une acc&#233;l&#233;ration des migrations sans assimilation a des effets &#224; terme destructeurs sur le tissu social des pays d'accueil, sans aider les pays de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; en sommes-nous ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La modification de la composition de notre population est d&#233;j&#224; bien avanc&#233;e. Selon l'Insee en France en 2016 dans plus d'une naissance sur 5 au moins un des deux parents &#233;tait n&#233; hors d'Europe. En 1998 cette proportion &#233;tait de un sur 9. On voit l'acc&#233;l&#233;ration. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux-m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Si l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population : en prolongeant la courbe, il est probable que dans 30 ans ce soit plus de la moiti&#233; des naissances dont un au moins ascendant proche sera non-europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les optimistes diront qu'il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence ne va pas dans ce sens. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent un part du contact avec la culture d'origine ; et elles n'ont pas de langue commune autre que le fran&#231;ais. Mais en grande partie ces populations ne sont culturellement et politiquement pas vraiment assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie et de plus en plus au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien avec. Et notamment cette religion fondamentalement politique qu'est l'Islam, qui cr&#233;e une sentiment intense de communaut&#233; entre ses membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; est donc qu'&#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le quantitatif strict, s&#233;lection, assimilation, aide aux pays de d&#233;part : un effort important de reprise en main du processus s'impose donc (sans oublier l'aide aux autochtones les moins favoris&#233;s). Il ne s'agit pas d'&#233;go&#239;sme - car il faut au contraire &#234;tre r&#233;solument solidaire- mais d'un imp&#233;ratif collectif majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans l'Incorrect N&#176; 7 mars 2018)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Migrations : une analyse &#233;conomique et sociologique</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Migrations-une-analyse-economique-et-sociologique.html</link>
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		<dc:date>2017-10-29T16:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les migrations en cours sont un ph&#233;nom&#232;ne majeur et sans pr&#233;c&#233;dent qui m&#233;rite un examen r&#233;fl&#233;chi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je propose ici de reprendre les principales donn&#233;es de ce probl&#232;me, sur la base d'une analyse remarquable et d&#233;passionn&#233;e de Paul Collier, universitaire britannique, sous l'angle &#233;conomique et sociologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en d&#233;duit qu'une acc&#233;l&#233;ration des migrations sans assimilation a des effets destructeurs sur les pays d'accueil, sans v&#233;ritablement aider les pays de d&#233;part. Un effort important de reprise en main du processus s'impose donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Migrations-+.html" rel="tag"&gt;Migrations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Migrations : une analyse &#233;conomique et sociologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume je fais la recension d'un livre sur les migrations, en anglais, dont je recommande la lecture : Paul Collier &lt;i&gt;Exodus (How Migration Is Changing Our World)&lt;/i&gt; Oxford University Press 2013-2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un texte politique. C'est un livre d'universitaire, &#233;conomique et sociologique, mais de lecture ais&#233;e. Il accepte de sortir du politiquement correct lorsque l'analyse des faits l'y conduit. C'est donc une mine de donn&#233;es et d'analyses pour qui r&#233;fl&#233;chit &#224; cette question majeure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons quelques-unes des principales le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouveaut&#233; du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement en cours d'arriv&#233;e massive de populations dans des zones civilis&#233;es et d&#233;j&#224; peupl&#233;es est totalement sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire. M&#234;me les Grandes invasions jouaient sur des populations beaucoup plus faibles. Contrairement &#224; ce que certains pr&#233;tendent en effet, la stabilit&#233; des populations europ&#233;ennes depuis des si&#232;cles est consid&#233;rable : les &#233;tudes sur l'ADN montrent qu'en Grande Bretagne 70 % de la population actuelle descend directement de celle pr&#233;sente en 4000 avant JC ; ce qui veut dire que tous ont la plupart des anc&#234;tres en commun. Cela rejoint a fortiori les observations faites sur la stabilit&#233; presque totale de la population fran&#231;aise pendant un mill&#233;naire (jusqu'au XXe si&#232;cle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le mouvement des personnes est tout autre chose que le mouvement des marchandises ou du capital et r&#233;pond &#224; des logiques diff&#233;rentes. Les mettre ensemble sous le nom de mondialisation est de la paresse intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enjeu central du fonctionnement collectif &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prosp&#233;rit&#233; des pays occidentaux est un fait rare voire unique dans l'histoire, qui suppose un fonctionnement collectif relativement efficace, au moins &#233;conomiquement. Les migrants eux proviennent par nature de syst&#232;me &#233;conomiquement dysfonctionnels &#8211; sinon ils ne migreraient pas. En changeant leur cadre culturel, leur productivit&#233; fait un grand bond vers le haut. Pr&#244;ner le respect de leur culture est donc une id&#233;e incoh&#233;rente puisque ces cultures sont par d&#233;finition imparfaites au moins sous cet angle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment, pour fonctionner harmonieusement la vie en soci&#233;t&#233; suppose un degr&#233; &#233;lev&#233; de confiance mutuelle, ce qui implique &#224; la fois des r&#232;gles communes et une faible propension &#224; jouer les cavaliers seuls en trichant au d&#233;triment de la collectivit&#233;. Or confiance et coop&#233;ration ne vont pas de soi et sont une des raisons de base du succ&#232;s des soci&#233;t&#233;s avanc&#233;es, contrairement aux autres o&#249; la transmission de la m&#233;fiance r&#233;ciproque entre ethnies ou groupes peut se faire sur des si&#232;cles, sans lien avec la pauvret&#233;. Or les migrants apportent avec eux leurs codes moraux d'origine. Si donc ils ne s'adaptent pas au mode de vie commune du pays d'accueil, un probl&#232;me &#233;merge. Bien s&#251;r, une migration mod&#233;r&#233;e et limit&#233;e est porteuse d'avantages du fait que par-l&#224; la population se diversifie et incorpore des talents, si c'est sans alt&#233;rer son fonctionnement collectif. Mais les rendements sont rapidement d&#233;croissants : une personne de plus ajoute peu. En revanche l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante de la population, juxtaposant des &#8216;communaut&#233;s' avec des r&#232;gles de vie diff&#233;rentes et o&#249; les personnes s'identifient d'abord &#224; ces &#8216;communaut&#233;s' diminue la confiance mutuelle et accro&#238;t l'int&#233;r&#234;t pour chacun de jouer son propre jeu ou celui de sa &#8216;communaut&#233;'. S'il y a trop de gens non-coop&#233;ratifs, l'incitation pour les autres &#224; rester coop&#233;ratif diminue &#8211; m&#234;me dans la population d'origine. Et chaque &#8216;communaut&#233;' finit par voir la punition de tels comportements chez ses ressortissants comme une discrimination. Et donc plus il y a de migrants, moins il y a de confiance collective. Non seulement entre groupes, mais m&#234;me &#224; l'int&#233;rieur de ces groupes. Une migration forte et rapide a alors vite un co&#251;t &#233;lev&#233;. La difficult&#233; est en outre d'autant plus grande que les cultures de d&#233;part sont &#233;loign&#233;es : les &#233;tudes ont m&#234;me montr&#233; que plus les langues sont &#233;loign&#233;es, plus il y a tendance &#224; la violence mutuelle. Il y a de m&#234;me un lien observable entre l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la population et l'acceptation de la redistribution par l'imp&#244;t ou la s&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue les migrations &#224; destination de l'Europe, arabes, turques et africaines, posent des probl&#232;mes radicalement diff&#233;rents des migrations nord-am&#233;ricaines, qui en nombre sont surtout latino-am&#233;ricaines. En fait le probl&#232;me des migrants au niveau mondial est pour l'essentiel un probl&#232;me europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre assimilation et multiculturalisme, le choix est alors clair. C'est le paradoxe des soci&#233;t&#233;s qui se veulent multiculturelles (notamment dans le monde anglosaxon) : on encourage les migrants &#224; rester entre eux ; mais on interdit cela &#224; la population autochtone car on qualifie ce comportement de discrimination. Inversement des mariages crois&#233;s signifient &#224; terme descendance commune, et donc anc&#234;tres communs. Il faut donc favoriser l'assimilation pleine sur la base de la culture du pays d'accueil (la fusion des cultures, th&#233;oriquement concevable, est plus difficile et plus al&#233;atoire, et suppose aussi une forme d'assimilation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des effets &#233;conomiques moins sensibles sur les pays d'accueil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comparaison, les effets &#233;conomiques des migrations sont plus diffus. L'effet global est limit&#233;. Les salaires les plus bas baissent, les plus hauts montent. L'effet est plus important sur le logement car la concurrence pour le logement social s'intensifie. L'effet n&#233;gatif pour les milieux populaires autochtones est accru s'ils d&#233;sesp&#232;rent. Ainsi en Grande-Bretagne la classe ouvri&#232;re a traditionnellement de faibles aspirations sociales, contrairement aux migrants. Et donc les enfants de ces derniers l'emportent sur ceux des premiers. On peut avoir ce m&#234;me probl&#232;me dans les couches sup&#233;rieures, comme en t&#233;moigne le succ&#232;s des Asiatiques en Am&#233;rique du Nord ou en Australie, avec leur souci de l'&#233;ducation : ils dominent les meilleures &#233;coles. Au Canada ils sont la moiti&#233; des &#233;tudiants en droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'id&#233;e que l'immigration de jeunes facilitera le paiement des retraites est fausse : c'est une aide tr&#232;s provisoire, ou alors il faudrait un flux continu, puisque le vieillissement lui est continu. En outre ils ont plus d'enfants, ce qui accro&#238;t le nombre des personnes &#224; charge, ce &#224; quoi il faut ajouter le reste des familles (du fait que le rassemblement familial est la principale source d'immigration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, une faible immigration a peu d'effet &#233;conomique ; mais si elle est forte et continue elle fait baisser les salaires sauf les plus hauts et fait pression sur l'acc&#232;s au capital public. En sens contraire le Japon a montr&#233; qu'il y avait peu de co&#251;t &#224; rester un pays ferm&#233;. En fait la dimension &#233;conomique est bien moins importante que les co&#251;ts sociaux &#233;voqu&#233;s ci-dessus. C'est ce qui trompe les &#233;conomistes : ils raisonnent de fait sur des migrants sans droits et pr&#233;caires, comme des Gastarbeiter. C'est ce qu'on voit dans la p&#233;ninsule arabique. Mais c'est impensable dans les pays occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gains &#233;conomiques ne sont donc qu'&#224; court terme ; et les probl&#232;mes sociaux &#224; moyen terme. Or toutes les analyses sur le bonheur ressenti montrent que la qualit&#233; des relations sociales importe beaucoup plus que les revenus. Le bilan global d'une immigration forte est donc nettement n&#233;gatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gagnants et les perdants, la dynamique de la migration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrants sont les grands gagnants &#233;conomiques de la migration. Le diff&#233;rentiel de salaire entre leur pays d'origine et le pays d'accueil, qui motive la migration, est d&#251; pour l'essentiel non aux int&#233;ress&#233;s mais &#224; l'environnement &#233;conomique. En migrant, ils voient leur productivit&#233; (mesur&#233;e par le revenu) faire un bond massif. C'est donc beaucoup plus attractif pour eux que d'essayer de faire bouger leur pays d'origine, ou d'attendre son d&#233;collage. Migrer est alors une forme d'investissement, souvent familial. De ce fait les migrants ne sont pas les plus pauvres du pays d'origine, car le co&#251;t de la migration est &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrants ont en outre int&#233;r&#234;t &#224; choisir le pays o&#249; ils vont, notamment selon le syst&#232;me social et fiscal : les moins qualifi&#233;s (et les moins actifs) iront d&#232;s lors dans les pays les plus &#233;galitaires (Europe) ; on le voit lorsqu'on compare l'Europe et l'Am&#233;rique du Nord. Par ailleurs, les exigences &#233;ducatives les plus hautes &#224; l'entr&#233;e sont au Canada et en Australie, un peu moindres aux Etats-Unis, mais bien plus basses en Europe. A nouveau, c'est elle qui a le probl&#232;me le plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence ou non d'une diaspora, c'est-&#224;-dire d'une communaut&#233; install&#233;e de personnes immigr&#233;es originaires d'un pays donn&#233; est un facteur majeur dans la dynamique de l'immigration. Plus la diaspora est importante, plus grand est l'appel d'air, car les migrants trouvent en elle un milieu d'accueil et un soutien. Et moindre est alors l'assimilation, puisqu'il y a moins de contact avec les autochtones (et moins besoin). D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne cumulatif, qui peut s'emballer au-del&#224; de tout point d'&#233;quilibre. Et par un paradoxe apparent, plus la distance culturelle est grande entre pays de d&#233;part et d'arriv&#233;e, plus le taux de migration sera &#233;lev&#233;, du fait que les diasporas s'assimileront moins vite, resteront relativement plus grosses, attirant plus de nouveaux arrivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce mouvement l'&#233;l&#233;ment familial de la diaspora est le plus puissant. Lorsqu'il existe, le droit au rassemblement familial (ou le crit&#232;re de l'existence d'une relation avec un migrant install&#233;) devient le facteur dominant dans les migrations : certes l'int&#233;r&#234;t des migrants install&#233;s serait de fermer la porte derri&#232;re eux, mais l'effet solidarit&#233; et diaspora l'emporte collectivement. Tout ceci op&#232;re une mauvaise s&#233;lection des immigrants et n'aurait donc de sens que si ce droit &#233;tait peu utilis&#233;. Il faut donc logiquement le contr&#244;ler et le limiter (contrairement &#224; ce qui est fait).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il r&#233;sulte en tout cas de tout ceci que l'&#233;migration d&#233;sir&#233;e serait bien plus &#233;lev&#233;e sans les barri&#232;res mises par les pays d'accueil, comme les sondages le confirment. Si la migration &#233;tait libre, ce serait une avalanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cons&#233;quences pour les pays de d&#233;part&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'effet politique sur le pays d'origine est r&#233;el mais limit&#233;. Il y a par exemple probablement une certaine absorption de valeurs d&#233;mocratiques, mais leur ampleur est discutable : on peut donner des exemples oppos&#233;s. Par ailleurs, la possibilit&#233; de migrer encourage sans doute l'effort en faveur de l'&#233;ducation car celle-ci facilite la migration. Mais son effet direct est de r&#233;duire le nombre des &#233;duqu&#233;s ; ceux qui restent sont moins bons et il y a une perte de r&#244;les mod&#232;les. La formation &#224; l'&#233;tranger n'a d'int&#233;r&#234;t que si les migrants retournent, comme en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux transferts d'argent, ils sont tr&#232;s variables en proportion du salaire. En moyenne cela fait environ 6 % des revenus du pays d'origine. Mais c'est tr&#232;s variable. Il faut en outre la comparer avec la perte de production. L'effet global n'est d&#232;s lors pas &#224; priori significatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total l'effet semble plut&#244;t positif pour le pays d'origine, mais uniquement dans la mesure o&#249; la migration reste mod&#233;r&#233;e. D'ailleurs, si la migration est trop forte, m&#234;me les transferts peuvent se r&#233;duire : quand la famille est transf&#233;r&#233;e, ils ne sont plus augment&#233;s mais diminu&#233;s. Et le pays perd ses forces vives. L'impact est sans doute nettement plus n&#233;gatif sur les pays plus petits, mais plus positif sur les plus grands sur qui ces effets sont moindres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politique &#224; suivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total la question n'est sans doute pas de savoir si la migration est bonne ou mauvaise abstraitement, mais de mesurer le ph&#233;nom&#232;ne et de r&#233;agir en fonction. Rappelons en outre que l'argument de la compassion a ses limites : ce ne sont pas les plus pauvres qui partent. Et que la migration est mauvaise pour les pays de d&#233;part s'ils sont petits et plus pauvres. Ce qui appara&#238;t est que l'effet de l'immigration est faible si elle reste contenue et qu'il y a assimilation. Le premier principe est donc de bloquer l'effet d'acc&#233;l&#233;ration, qui est in&#233;vitable si on laisse l'immigration se faire toute seule. Il est important en outre de ne pas d&#233;valoriser les autochtones ni laisser aux seules migrants le monopole de l'expression nationale, et bien au contraire de maintenir et d'encourager la culture du pays d'accueil. On ne peut donc pas laisser la migration et l'assimilation &#224; la d&#233;cision des seuls migrants. Il faut des plafonds, des contr&#244;les et une politique active d'assimilation. Sinon le risque d'acc&#233;l&#233;ration est r&#233;el, et en cons&#233;quence des effets collectifs de plus en plus n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le &#8216;grand remplacement' &#224; l'&#233;preuve des chiffres </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-grand-remplacement-a-l-epreuve-des-chiffres.html</link>
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		<dc:date>2017-09-07T15:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Grand remplacement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances plus d'une sur 5 avait au moins un des parents n&#233; hors d'Europe. Si on y ajoute ceux dont les parents sont eux m&#234;mes d'immigration r&#233;cente, on s'approche de 30%. Et le mouvement s'acc&#233;l&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc vers une mutation radicale de la composition de la population. Cela vaut la peine d'y r&#233;fl&#233;chir...&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Insee a publi&#233; des chiffres extr&#234;mement int&#233;ressants (et pr&#233;occupants) sur l'origine des naissances en France. En 2016 sur 783 640 naissances, 102 340 avaient un des deux parents n&#233; en dehors de l'Union europ&#233;enne &#224; 28, et 58 375 les deux parents. Soit 160 715 dont au moins un des parents &#233;taient n&#233;s hors d'Europe ; c'est-&#224;-dire 20,5 %, un enfant sur 5 ! En 1998 la m&#234;me proportion &#233;tait de 11,5 % : un sur 9. On mesure l'acc&#233;l&#233;ration et l'ampleur de l'&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas oublier que parmi les parents n&#233;s en France, une proportion non n&#233;gligeable est issue du m&#234;me processus. Si donc on veut calculer le nombre et la proportion d'enfants d'origine extra-europ&#233;enne extr&#234;mement proche, il faut ajouter une proportion non n&#233;gligeable des parents n&#233;s en France (ou en Europe). Prenons une proportion proche de celle de 1998, soit 10 %. Cela ajoute pour 2016 10% des enfants non compt&#233;s dans le calcul ci-dessus, soit 62 295. La proportion des naissances d'enfants &#224; ascendance non-europ&#233;enne proche passe alors &#224; 28,5 % soit pr&#232;s de 30 % des naissances (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons bien s&#251;r en outre qu'en France non-europ&#233;en veut dire en tr&#232;s grande majorit&#233; musulman (Afrique du Nord, Afrique noire, Turquie etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces chiffres sont &#233;normes, et comme on le voit rapidement croissants. Comme on voit aussi, la proportion d'enfants dans les &#233;coles qui sont culturellement non fran&#231;ais repr&#233;sente d&#233;j&#224; en moyenne une forte minorit&#233;, et comme &#233;videmment la r&#233;partition sur le territoire est irr&#233;guli&#232;re, une majorit&#233; dans un grand nombre d'endroits. On le sait tous, mais les statistiques officielles le confirment. Dans ces conditions l'assimilation est improbable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un tel contexte, parler de tendance au remplacement n'est en rien excessif. On n'y est pas tout &#224; fait encore, mais sans le moindre doute, si la tendance se poursuit, on y va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En supposant que l'&#233;volution continue dans le m&#234;me sens, il suffit par exemple de prolonger la courbe m&#233;caniquement pour estimer que dans 30 ans ou moins ce sera plus de la moiti&#233; des naissances qui rel&#232;vera de cette analyse. Et donc &#224; terme le pays sera compl&#232;tement h&#233;t&#233;rog&#232;ne, et en voie de basculement. Ce qui veut dire entre autres que le syst&#232;me d&#233;mocratique sera totalement bloqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce fait trois analyses :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle de la pens&#233;e dominante selon laquelle ce n'est pas un probl&#232;me car la notion m&#234;me de culture nationale n'est pas jug&#233;e pertinente. Je passe sur cette ineptie m&#234;me si elle est r&#233;pandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle assez fr&#233;quente selon laquelle il y aura assimilation. Mais l'&#233;vidence des banlieues ne va pas dans ce sens, et les chiffres confirment que c'est improbable. Certes les nouvelles g&#233;n&#233;rations perdent une partie du contact avec la culture d'origine ; mais en grande partie aussi elles ne sont pas assimil&#233;es : une forte proportion s'identifie (et de plus en plus) au pays de d&#233;part, les autres gardent un lien important avec lui ou avec la culture d'origine (et notamment cette religion politique qu'est l'Islam).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Celle selon laquelle c'est la base m&#234;me de la communaut&#233; nationale et donc incidemment de la paix civile qui est menac&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se situe dans ce dernier cadre, et qu'on n'accepte pas ce destin, sur la base des chiffres pr&#233;c&#233;dents trois mesures urgentes s'imposent en m&#234;me temps :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'arr&#234;t des afflux, ce qui suppose des remises en cause assez profondes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une politique d'assimilation volontariste, avec &#233;limination du droit du sol automatique. Est citoyen celui qui le manifeste clairement dans son comportement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La relance de la natalit&#233; des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on voit, l'horloge tourne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Ces additions ne sont pas directement faites par l'Insee dans le tableau sur la base de ce crit&#232;re de naissance extra-europ&#233;en, mais elles sont faciles &#224; v&#233;rifier. L'Insee lui a communiqu&#233; sur la base des naissances de parents non fran&#231;ais. &lt;a href=&#034;https://www.insee.fr/fr/statistiques/2381382&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.insee.fr/fr/statistique...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Communautarisme et immigration </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Migrations</dc:subject>
		<dc:subject>Communautarisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;On brandit le risque du communautarisme et on a raison. De fait dans nos pays toute une partie de la population ne s'identifie plus &#224; la communaut&#233; nationale et privil&#233;gie ses r&#233;f&#233;rences d'origine, quitte bien s&#251;r &#224; profiter des droits associ&#233;s &#224; la nationalit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation n'est pas compatible &#224; terme avec le maintien d'une communaut&#233;, et notamment en l'esp&#232;ce avec un syst&#232;me d&#233;mocratique, lequel suppose qu'on s'identifie au peuple qui vote et d&#233;termine la majorit&#233;. S'identifier suppose de former avec lui une communaut&#233; de destin - ce qui suppose &#224; son tour un patrimoine de r&#233;f&#233;rences commun et un engagement dans la communaut&#233; nationale. Ce n'est d&#233;sormais plus un fait acquis, allant de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle situation est profond&#233;ment nouvelle et demande une r&#233;vision en profondeur de notre conception de la nationalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Communautarisme et immigration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'en France on appelle communautarisme est la formation au sein d'une nation de sous-communaut&#233;s ayant des r&#233;f&#233;rences sociales, culturelles, religieuses ou ethniques fortes et distinctes du reste de la communaut&#233; nationale, leur permettant d'&#234;tre une r&#233;f&#233;rence essentielle voire principale pour l'identit&#233; de leurs membres, et ordonnant de ce fait leur fonctionnement social et politique. Elles se mettent alors en concurrence avec la r&#233;f&#233;rence nationale, au moins dans certains domaines essentiels pour la vie commune. Dans la pratique, comme on sait la question du communautarisme se pose pour des populations originaires de cultures &#233;loign&#233;es de la nationale et pr&#233;sentant une forte sp&#233;cificit&#233; revendiqu&#233;e. Cela n'a rien &#224; voir avec ces communaut&#233;s que sont les familles, r&#233;gions, communes, professions etc., qui ne se situent pas sur le m&#234;me terrain. Cela ne vise pas non plus la sp&#233;cificit&#233; de parties de la population cultivant des affinit&#233;s d'origine mais sans en faire un &#233;l&#233;ment de structuration de leur vie collective et sans que cela remette en cause leur identification nationale. Ainsi les Irlandais ou Polonais aux Etats-Unis se sentent am&#233;ricains tout en cultivant sans inconv&#233;nient le sens de leurs origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend en France &#224; faire une distinction majeure entre la situation fran&#231;aise et un communautarisme anglo-saxon, terme par lequel on vise une propension suppos&#233;e plus importante des autorit&#233;s de ces pays &#224; accepter une certaine reconnaissance de ces communaut&#233;s, en mati&#232;re juridique, scolaire, etc. Cette diff&#233;rence de traitement recouvre une certaine r&#233;alit&#233;. Mais ce qui est commun entre ces pays et des pays unitaires et formellement &#233;galitaires comme la France est bien plus important ; c'est le fait de base de l'existence m&#234;me de communaut&#233;s ayant ces sp&#233;cificit&#233;s et vivant cela, autant que possible dans le pays d'accueil comme dans le pays de d&#233;part et en r&#233;f&#233;rence &#224; lui, dans des sortes de ghettos volontaires. Elles tendent &#224; refuser l'assimilation et m&#234;me &#224; rejeter l'identification au pays d'accueil, alors m&#234;me que leurs membres en portent le passeport, votent et profitent de ses avantages. Ce sentiment est en outre fortement exacerb&#233; par la diffusion d'un victimisme, puissamment entretenu par le discours masochiste dominant selon lequel la France est responsable de tous leurs maux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle &#233;volution pose un probl&#232;me de fond. L'existence de telles sous-communaut&#233;s est compatible avec des syst&#232;mes autoritaires ou imp&#233;riaux, qui ne supposent pas l'homog&#233;n&#233;it&#233; de la population qu'ils assujettissent, moyennant attitude paisible des personnes concern&#233;es. Mais c'est contradictoire avec le principe d'une d&#233;mocratie. Celle-ci suppose en effet que les &#233;lections se fassent sur la base d'options sur lesquelles on vote, et donc au sein d'une population suffisamment coh&#233;rente et homog&#232;ne pour que la minorit&#233; accepte la loi de la majorit&#233; comme repr&#233;sentative d'un peuple auquel tous s'identifient. Si ce n'est pas le cas, soit on appartient &#224; la communaut&#233; minoritaire en question et on tend &#224; ne pas tenir la majorit&#233; pour l&#233;gitime &#8211; puisqu'elle appartient &#224; un autre peuple ; soit on fait partie de ce peuple en soi majoritaire, et on jugera suspecte une majorit&#233; si elle est obtenue avec les votes de la communaut&#233; allog&#232;ne en question. D'autant que ladite communaut&#233; peut influer sur le vote sans se sentir li&#233;e par lui. Cela finira par bloquer le syst&#232;me. Et &#224; ce moment-l&#224; la d&#233;mocratie sera remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue l'&#233;volution est pr&#233;occupante. Si l'approche anglo-saxonne n'est pas convaincante, la fran&#231;aise ne l'est pas plus. Elle a m&#234;me plusieurs inconv&#233;nients propres. Le fait d'abord de ne pas poser clairement le principe qu'une communaut&#233; nationale suppose une minimum de r&#233;f&#233;rences communes aboutit &#224; accorder la nationalit&#233; de fa&#231;on indiscrimin&#233;e et sans v&#233;ritable exigence, notamment d'une volont&#233; claire et sinc&#232;re d'adh&#233;sion. Cela ne posait pas de probl&#232;mes autrefois avec des populations qui soit s'assimilaient, soit repartaient (rappelons que la majorit&#233; des migrants europ&#233;ens est retourn&#233;e chez elle, seule une minorit&#233; est rest&#233;e mais alors avec un choix clair d'assimilation). Mais on ne peut pas accepter que des gens profitent du syst&#232;me et votent sans se sentir solidaires, tout en s'identifiant avec un pays d'origine plus ou moins mythifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre erreur de perspective typiquement fran&#231;aise est de tout juger &#224; travers le prisme officiel consistant &#224; confondre l'identit&#233; nationale avec la R&#233;publique, les Droits de l'Homme, la la&#239;cit&#233; etc. Or, outre les limites de ces concepts, ce qui fait la France n'est pas ces principes, qui sont d'ailleurs revendiqu&#233;s par un tr&#232;s grand nombre d'autres pays ; c'est un peuple concret : une histoire, une culture, une langue, des m&#339;urs etc. En outre cela conduit &#224; mal poser les probl&#232;mes. On le voit notamment avec la question de la la&#239;cit&#233;, qu'on brandit alors qu'on ne veut lutter que contre certaines pratiques musulmanes, lesquelles posent probl&#232;me non parce que religieuses, mais parce qu'elles impliquent des attitudes jug&#233;es inacceptables dans la communaut&#233; nationale. L'exemple &#233;vident est celles visant le comportement public des femmes. Porter un voile complet n'a pas le m&#234;me sens que porter un signe vraiment religieux au sens &#233;troit du mot. C'est rappeler avec force qu'on appartient &#224; une communaut&#233; diff&#233;rente, et que cette communaut&#233; voit autrement la femme. Mais en s'en prenant aux signes religieux sans pr&#233;cision, on agresse les autres citoyens sur ce qui est un droit &#233;l&#233;mentaire : manifester sa religion, ce qui est aussi respectable que n'importe quelle manifestation d'opinion ; et on n'envoie pas le bon message ni ne pose les vraies questions. Celles-ci portent d'une part sur l'appartenance nationale, et d'autre part sur les questions sp&#233;cifiques que pose l'Islam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Islam est en effet une religion qui tend &#224; poser des probl&#232;mes politiques tout &#224; fait particuliers. C'est la seule religion qui dans son expression traditionnelle exalte la conqu&#234;te et l'a pratiqu&#233;e activement pendant toute son histoire. C'est aussi la seule religion qui incorpore dans la loi religieuse un v&#233;ritable code civil. C'est enfin la seule religion qui consid&#232;re que l'affiliation principale de quelqu'un est la communaut&#233;, musulmane. Il est donc l&#233;gitime de demander si elle est en l'&#233;tat compatible sur une &#233;chelle significative avec l'appartenance &#224; une autre communaut&#233; politique. Ou au minimum il est l&#233;gitime de demander des garanties sur ce plan &#224; ceux qui la pratiquent chez vous. D'o&#249; la question, pas facile il est vrai : comment l'Islam peut-il se r&#233;former pour &#234;tre compatible avec des pays occidentaux, qu'on comprenne ce terme au sens de leur tradition principalement chr&#233;tienne, ou au sens de leur r&#233;alit&#233; actuelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement il faudrait poser clairement le principe de l'assimilation des immigrants &#224; la communaut&#233; nationale. S'assimiler n'implique pas de reprendre telles quelles toutes les habitudes et dominantes locales, mais de s'int&#233;grer et s'identifier clairement et activement avec cette communaut&#233; et d'adopter des m&#339;urs compatibles avec cette int&#233;gration. En d'autres termes il faut qu'ils choisissent clairement. Ce choix doit &#234;tre celui des parents plus que des jeunes, certes plus ou moins agit&#233;s mais qui sont trop souvent &#233;duqu&#233;s par leurs parents dans cette culture du ghetto et du refus. Simultan&#233;ment il faut tirer les cons&#233;quences de cette exigence d'int&#233;gration, sur l'immigration, sur l'&#233;cole, et sur la politique &#224; l'&#233;gard de l'Islam. Mais aussi bien s&#251;r sur la nationalit&#233;, qui ne doit pas &#234;tre automatique mais assum&#233;e et comporter des exigences. Faute de quoi la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; s'impose. Ceci dit je vois bien les limites du terme d'identit&#233;, dont il ne faut pas abuser. La notion d'identit&#233;, relativement r&#233;cente, est impr&#233;cise et trompeuse. C'est une fa&#231;on parfois maladroite de d&#233;signer un patrimoine commun &#224; un groupe ou plut&#244;t une communaut&#233;, la solidarit&#233; que cela implique entre ses membres, et leur mission de poursuivre et d&#233;velopper ces &#233;l&#233;ments communs. Mais la connotation du mot &#8216;identit&#233;' est &#233;triqu&#233;e : en l'utilisant, on para&#238;t d&#233;finir normativement ce que sont en eux-m&#234;mes les membres de ce groupe. Ce qui est &#224; la fois trop ambitieux et trop r&#233;ducteur. La question est essentiellement de ce qu'on a &#224; dire et &#224; faire, &#233;tant entendu que parmi ces devoirs il y a le maintien et l'approfondissement d'un patrimoine commun et donc d'une tradition, et leur mise en &#339;uvre pratique. Dans le cas d'une nation, il s'agit &#224; la fois d'un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui servent de rep&#232;res au vivre-ensemble de cette nation, l'explicitent et l'&#233;clairent, d'&#233;l&#233;ments culturels qui sont la contribution propre de cette nation &#224; l'universel, notamment la langue, la culture et la fa&#231;on dont elle int&#232;gre le patrimoine universel. Car contrairement &#224; ce que pense l'id&#233;ologie dominante, une communaut&#233; politique a un besoin vital de ces rep&#232;res communs, et une d&#233;mocratie plus que tout autre. Et pour en revenir &#224; nos immigr&#233;s, ce n'est que dans la reconstruction d'une r&#233;f&#233;rence positive et porteuse de sens que se trouve la possibilit&#233; de leur proposer une forme d'int&#233;gration. Pas en leur envoyant des soixante-huitards attard&#233;s ou les missionnaires de la th&#233;orie du gender.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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