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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Famille et vie professionnelle : changer de paradigme </title>
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		<dc:date>2023-12-21T16:16:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Famille</dc:subject>
		<dc:subject>Famille et profession</dc:subject>
		<dc:subject>Famille et natalit&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale. Celle-ci est tout aussi d&#233;cisive que l'autre, car par elle la soci&#233;t&#233; se renouvelle et assure la formation des g&#233;n&#233;rations futures. Abord&#233;e traditionnellement sous le seul angle de la natalit&#233;, cette exigence est donc bien plus large. Or la gestion simultan&#233;e de ces deux responsabilit&#233;s n'est pas simple, notamment pour les femmes. Il faut donc y travailler en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre soci&#233;t&#233; ne raisonne pas ainsi. Culturellement individualiste, elle laisse les individus se d&#233;brouiller et g&#233;rer leurs contraintes plus ou moins contradictoires, avec finalement peu de soutien et de reconnaissance - hors certaines prestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc renverser les priorit&#233;s : ce que chacun fait pour sa famille est aussi important pour la soci&#233;t&#233; que le travail accompli &#224; l'ext&#233;rieur, et doit &#234;tre pris en compte et soutenu comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-+.html" rel="tag"&gt;Famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-et-profession-+.html" rel="tag"&gt;Famille et profession&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Famille-et-natalite-+.html" rel="tag"&gt;Famille et natalit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute personne a deux responsabilit&#233;s majeures &#224; assurer dans la soci&#233;t&#233; : son r&#244;le professionnel, et sa vie familiale. Celle-ci est tout aussi d&#233;cisive que l'autre, car par elle la soci&#233;t&#233; se renouvelle et assure la formation des g&#233;n&#233;rations futures. Abord&#233;e traditionnellement sous le seul angle de la natalit&#233;, cette exigence est donc bien plus large. Or la gestion simultan&#233;e de ces deux responsabilit&#233;s n'est pas simple, notamment pour les femmes. Il faut donc y travailler en priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre soci&#233;t&#233; ne raisonne pas ainsi. Culturellement individualiste, elle laisse les individus se d&#233;brouiller et g&#233;rer leurs contraintes plus ou moins contradictoires, avec finalement peu de soutien et de reconnaissance - hors certaines prestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc renverser les priorit&#233;s : ce que chacun fait pour sa famille est aussi important pour la soci&#233;t&#233; que le travail accompli &#224; l'ext&#233;rieur, et doit &#234;tre pris en compte et soutenu comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme des jeunes entre famille et profession&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme entre famille et vie professionnelle est en soi simple. L'&#226;ge id&#233;al pour fonder une famille et s'en occuper au moment o&#249; les enfants demandent le plus de soin est entre 20 et 40 ans, plus particuli&#232;rement entre 25 et 35. Or l'organisation de notre vie professionnelle fait de ces m&#234;mes p&#233;riodes celles o&#249; se joue une &#233;tape essentielle pour la poursuite d'une carri&#232;re. Et rien ne prend en compte ce dilemme. R&#233;sultat : une majorit&#233; des gens reporte l'&#226;ge de formation de la famille, et bien souvent en r&#233;duit la taille. Le m&#234;me dilemme se poursuit, &#224; un moindre degr&#233;, pour les parents, jusqu'&#224; la cinquantaine, lorsque les enfants arrivent &#224; la sortie de l'adolescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or nous sommes dans une soci&#233;t&#233; de comp&#233;tition intense, o&#249; tout retard pris peut s'av&#233;rer irrattrapable ; ce qui exacerbe les dilemmes pr&#233;c&#233;dents. Comme le dit Ulrich Beck : &#171; le march&#233; du travail exige la mobilit&#233; sans tenir compte des situations personnelles. Le couple et la famille exigent le contraire. [&#8230;] Le sujet du march&#233; est l'individu seul, d&#233;barrass&#233; de tout &#8216;handicap' relationnel, conjugal ou familial &#187;. L'investissement que demande la profession peut devenir exigeant, absorbant toutes les ressources utiles. Dans ce combat, c'est la famille qui part perdante, tant les personnes concern&#233;es que leurs enfants, et en d&#233;finitive nous tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la difficult&#233; se pr&#233;sente avec beaucoup plus de force dans le cas des jeunes femmes, qui ont en g&#233;n&#233;ral par go&#251;t et par nature une implication bien plus grande dans la naissance et l'&#233;ducation des jeunes enfants (voir ici mon article pr&#233;c&#233;dent &lt;i&gt;Sur la condition de la femme dans la soci&#233;t&#233; actuelle&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Sur-la-condition-de-la-femme-dans-la-societe-actuelle.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Sur-l...&lt;/a&gt;). Elles sont donc d'autant plus tiraill&#233;es entre les aspirations contradictoires de la vie familiale et de la vie professionnelle, et on ne peut que les frustrer en ne les prenant pas s&#233;rieusement en compte tous les deux. L'id&#233;e que la solution est dans un partage plus grand des t&#226;ches avec les p&#232;res est en partie trompeuse : ce peut &#234;tre un &#233;l&#233;ment de progr&#232;s possible, mais pas la solution, car les deux sexes sont r&#233;ellement diff&#233;rents, et l&#233;gitimement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines peuvent avoir une pr&#233;f&#233;rence nette pour l'un des deux ; bien souvent, ce sera alors plut&#244;t pour la famille. Dans ce cas, il n'est ni juste ni b&#233;n&#233;fique que cela les p&#233;nalise tant dans leur insertion sociale que par la suite dans la reprise d'une profession, si elles le souhaitent. Dit autrement, il est naturel et in&#233;vitable que deux mod&#232;les coexistent, souvent successivement : celles qui veulent passer un temps important et &#233;ventuellement exclusif dans la vie familiale ; et celles qui tout en prenant en charge leurs enfants, veulent une vie professionnelle active. Il est irr&#233;aliste et contreproductif de ne promouvoir qu'un seul mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conciliation entre vie familiale et vie professionnelle fait l'objet d'une litt&#233;rature tr&#232;s abondante. Mais la perspective adopt&#233;e dans cette litt&#233;rature est largement celle d'une conciliation au niveau personnel entre deux d&#233;sirs l&#233;gitimes. Ce qu'elle est bien s&#251;r, mais elle est beaucoup plus encore : c'est en effet une exigence collective majeure. Et donc il est vital que la soci&#233;t&#233; s'organise autrement. En priorit&#233;, pour permettre aux jeunes entre 25 et 35 ans, notamment les jeunes femmes, de fonder leur famille dans des conditions convenables, tout en assurant les d&#233;buts de leur vie professionnelle. Ensuite, que ceux qui assument compl&#232;tement la dimension familiale ne soient pas p&#233;nalis&#233;s par la suite. De m&#234;me ceux qui, entre 35 et 50 ans, s'occupent activement de leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment ? Cela vise trois niveaux : les personnes, les employeurs, et les pouvoirs publics. On ne peut qu'en &#233;voquer ici les grands axes, en se concentrant sur les employeurs et la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes montrent qu'une proportion appr&#233;ciable des p&#232;res et surtout des m&#232;res ont des difficult&#233;s &#224; concilier leurs responsabilit&#233;s professionnelles et familiales, tant pratiquement que psychologiquement (stress accru), et qu'ils jugent le soutien des employeurs insuffisant. Les employeurs doivent donc compl&#233;tement int&#233;grer deux id&#233;es. L'une, qu'il est normal et naturel que des parents, notamment des m&#232;res, aient besoin de dispositifs adapt&#233;s, d'horaires de travail, de temps partiel, de cr&#232;ches sur place ou de temps pour y avoir acc&#232;s, ainsi que de charge de travail et de travail &#224; distance adapt&#233;, voire d'aide financi&#232;re etc. Quand on veut, on trouve des solutions pour s'organiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre id&#233;e est qu'il est stupide de ne vouloir que des carri&#232;res lin&#233;aires &#224; plein temps. Une personne dou&#233;e qui n'a eu &#224; 35 ans qu'une exp&#233;rience professionnelle faible peut parfaitement &#234;tre tr&#232;s vite tout aussi productive qu'une autre. Dur pour les entreprises ? Mais elles ont d&#251; dans le pass&#233; absorber des &#233;volutions d'une tout autre ampleur, qui apparaissent d&#233;sormais comme allant de soi (dur&#233;e du travail, travail p&#233;nible, cong&#233;s, droit du travail etc.). Et bien entendu la soci&#233;t&#233; doit y prendre sa part, en fournissant un cadre juridique adapt&#233;, incitatif et parfois contraignant, ce qu'elle ne fait que partiellement (cong&#233;s de naissance et parentaux etc., prestations - cr&#232;ches etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#234;me soci&#233;t&#233;, en outre, doit prendre la pleine mesure de l'importance du travail domestique. Ce travail, dont une part majoritaire est assur&#233;e par les femmes (qui ont donc des journ&#233;es de travail plus longues et plus de stress, si cela se cumule avec une profession) est quantitativement tr&#232;s sous-estim&#233; ; or en r&#233;alit&#233; il repr&#233;sente, m&#234;me en fourchette basse d'&#233;valuation, plus de 40 % du PNB (voir mon article &lt;i&gt;Le trou noir de la science &#233;conomique : la famille&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-trou-noir-de-la-science-economique-la-famille.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-tr...&lt;/a&gt;). Et il est aussi qualitativement sous-estim&#233;, puisqu'&#224; c&#244;t&#233; de t&#226;ches r&#233;p&#233;titives, il comporte des &#233;l&#233;ments essentiels d'harmonie de la vie commune et surtout un r&#244;le vital pour la soci&#233;t&#233;, avec l'&#233;ducation des enfants. Si donc il peut &#234;tre r&#233;duit par externalisation ou m&#233;canisation de certaines t&#226;ches, il ne peut et ne doit pas devenir marginal. Il serait donc normal qu'il soit collectivement consid&#233;r&#233; comme ce qu'il est, une contribution essentielle &#224; la vie commune. En particulier, les prestations familiales doivent &#234;tre revues pour prendre en compte ce fait ; en outre cela doit ouvrir de vrais droits &#224; retraite, que la personne ait une activit&#233; professionnelle ou pas ; d'autant qu'en r&#233;gime de r&#233;partition, les retraites sont pay&#233;es par les g&#233;n&#233;rations futures, mais encore faut-il qu'elles existent et soient &#233;duqu&#233;es. De telles transformations sont lourdes, mais l'enjeu en vaut la peine, et ce n'est que justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme on voit, cela n'a de chance de d&#233;boucher que si le regard de tous est profond&#233;ment chang&#233; ; en un mot, cela suppose un changement dans la vision commune de ce qu'est une soci&#233;t&#233;, essentiellement au profit de la famille, comprise comme une fin en soi, vitale pour la soci&#233;t&#233;, et non comme une option de consommation ou un genre de vie personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine n. 231 &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/civilisation/famille-et-vie-professionnelle-changer-de-paradigme/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/civili...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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