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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Une tentation liberticide dans l'&#233;cologie ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Une-tentation-liberticide-dans-l-ecologie.html</link>
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		<dc:date>2024-02-04T16:10:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et science</dc:subject>
		<dc:subject>Ecologie et libert&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La question pos&#233;e rencontre un &#233;cho imm&#233;diat, car nous percevons trop souvent chez ceux qui se r&#233;clament de l'&#233;cologie la tentation de r&#233;genter la vie de leurs semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de l'&#233;cologisme est toutefois sp&#233;cifique. Ce qui le caract&#233;rise est le lien affich&#233; entre des affirmations scientifiques et des pr&#233;tentions moralisantes : c'est rare. Mais ces analyses pr&#233;voient un avenir catastrophique, avec l'id&#233;e d'une urgence &#224; agir. Elle sont donc pourvues d'une charge &#233;motionnelle et moralisante intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la tentation autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Paru dans La Nef f&#233;vrier 2024)&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Ecologie-.html" rel="directory"&gt;Ecologie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ecologie-et-liberte-+.html" rel="tag"&gt;Ecologie et libert&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La question pos&#233;e rencontre un &#233;cho imm&#233;diat, car nous percevons trop souvent chez ceux qui se r&#233;clament de l'&#233;cologie la tentation de r&#233;genter la vie de leurs semblables, qui peut devenir vite liberticide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de l'&#233;cologisme est toutefois sp&#233;cifique. Ce qui le caract&#233;rise est le lien affich&#233; entre des affirmations scientifiques et des pr&#233;tentions moralisantes : c'est rare. Peu de syst&#232;mes religieux, politiques ou philosophiques moralisants se veulent scientifiques. Et une affirmation scientifique n'est en soi pas moralisante. En fait seul le marxisme a pu constituer un pr&#233;c&#233;dent. Mais un pr&#233;c&#233;dent contest&#233; : peu de gens le consid&#233;raient scientifique. Et la grande majorit&#233; des marxistes vivaient leur engagement comme d'abord politique ou &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;cologisme c'est diff&#233;rent. Sans la pr&#233;tention &#224; un savoir d'ordre scientifique, il n'a plus de justification. Ainsi la pollution, le d&#233;r&#232;glement d'&#233;quilibres naturels, la disparition des esp&#232;ces, et bien s&#251;r le r&#233;chauffement d'origine humaine : dans tous ces cas, le point de d&#233;part est une affirmation dont l'appr&#233;ciation de v&#233;racit&#233; est d'ordre scientifique. Mais ces analyses pr&#233;voient un avenir sombre et &#233;ventuellement catastrophique, avec l'id&#233;e d'une urgence &#224; agir. Elle sont donc pourvues d'une charge &#233;motionnelle et moralisante intense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d&#232;s lors tous les ingr&#233;dients d'une motivation puissante en faveur d'un programme qui rel&#232;ve de l'ordre politique, mais ne r&#233;sulte ni d'une d&#233;lib&#233;ration politique, ni d'une r&#233;f&#233;rence religieuse, philosophique ou autre : le point de d&#233;part se veut scientifique, mais dicte la voie &#224; suivre au politique. Or plus que tout autre, dans notre soci&#233;t&#233; une affirmation d'ordre scientifique se pr&#233;sente comme v&#233;rit&#233; objective. On saisit alors le potentiel liberticide. Fond&#233; ou non, le programme conduit &#224; orienter d'autorit&#233; le comportement des gens. Et le sens de l'urgence &#224; tenter de forcer le destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu l'&#233;cologiste r&#233;el n'est pas un scientifique : il reprend telles quelles des affirmations qu'il ne veut ni ne peut v&#233;rifier. Et le scientifique, ici comme ailleurs, montre souvent une propension &#224; d&#233;fendre ses id&#233;es qui sort de la m&#233;thode scientifique. En outre, l'&#233;cologiste remet souvent en cause la science lorsqu'elle ne va pas dans son sens : rappelons le point de d&#233;part du mouvement, la lutte contre le nucl&#233;aire, fond&#233;e sur la contestation de ce qu'on appelait la science officielle. Et il d&#233;teste la technique, compl&#233;ment n&#233;cessaire de la science. Enfin, s'il y a des cas o&#249; les faits scientifiques sont peu contestables (la pollution, ou le r&#233;chauffement m&#234;me), dans d'autres (l'origine humaine de celui-ci) on se base sur des mod&#232;les qui, m&#234;me faits avec soin, ne donnent pas la m&#234;me certitude scientifique que ce qu'on met habituellement sous ce nom et qui a donn&#233; son autorit&#233; &#224; la science.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dilemme se corse &#224; partir du moment o&#249; les conclusions tir&#233;es et les programmes qui s'en d&#233;duisent aboutissent &#224; changer de fa&#231;on appr&#233;ciable le mode de vie, les attentes et les comportements de la population ; et cela en suivant un chemin d'adaptation qui ne va pas de soi. Ainsi la transition &#233;nerg&#233;tique implique tout ensemble des inflexions massives dans les comportements et le d&#233;veloppement de processus &#233;conomiques et technologiques, qui supposeraient &#224; la fois une adh&#233;sion large et un processus progressif, s'ajustant en permanence. Or ces besoins, inh&#233;rents &#224; tout processus social, heurtent directement le sens de l'urgence moralisante qui caract&#233;rise l'&#233;cologisme. D'o&#249; &#224; nouveau la tentation autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, comme on sait, l'&#233;cologisme politique est pour l'essentiel aux mains de militants de gauche, qui le fusionnent avec des pr&#233;occupations radicalement diff&#233;rentes, notamment soci&#233;tales, accentuant la pr&#233;tention moralisante. Certes, leur anarchisme spontan&#233; limite leur efficacit&#233; politique ; d&#232;s lors, &#224; c&#244;t&#233; de r&#234;veries de dictature verte &#224; base politique improbable, l'impact direct de ces mouvements reste limit&#233;, m&#234;me s'il est souvent v&#233;cu par les gens comme vexatoire. Mais, plus gravement, cela conduit aussi et de plus en plus &#224; des d&#233;cisions aberrantes, r&#233;sultat d'une forme de terrorisme intellectuel : ainsi l'abandon du nucl&#233;aire allemand. La pollution du d&#233;bat et du processus politique r&#233;sultant de cette emprise est donc bien r&#233;elle. C'est dommage, car le vrai souci &#233;cologique m&#233;rite mieux que cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; La Nef &lt;i&gt;f&#233;vrier 2024.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'essence ch&#232;re, la plan&#232;te et le politique</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/L-essence-chere-la-planete-et-le-politique.html</link>
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		<dc:date>2018-11-18T15:05:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Ecologie et libert&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'ampleur de la r&#233;action contre les hausses de la fiscalit&#233; de l'essence montre la sensibilit&#233; de l'opinion sur ces sujets. Ne pas l'avoir pr&#233;vu t&#233;moigne de l'&#233;loignement de nos dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon coin &#224; la campagne, en Ard&#232;che, la vie sans voiture est devenue impossible. Si on n'en tient pas compte, on n'a rien compris &#224; la vie r&#233;elle des gens, et donc &#224; la vraie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite...&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gilets-jaunes-+.html" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ampleur de la r&#233;action contre les hausses de la fiscalit&#233; de l'essence montre la sensibilit&#233; de l'opinion sur ces sujets. Ne pas l'avoir pr&#233;vu t&#233;moigne de l'&#233;loignement de nos dirigeants. Dans mon coin &#224; la campagne, en Ard&#232;che, la vie sans voiture est devenue impossible. Pour faire la plupart des courses, pour travailler, pour voir quelqu'un, aucun moyen de s'en passer. M&#234;me en ville. Mais quand toute la vie est organis&#233;e comme cela, et que le prix des carburants augmente, le pouvoir d'achat en prend un bon coup. Le bobo parisien et ses rares cong&#233;n&#232;res de province ne le voient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; le loup&#233; r&#233;cent, et la manif des 'gilets jaunes'. Aggrav&#233; par le fait que la seule justification donn&#233;e &#233;tait la lutte contre le r&#233;chauffement. Or l'argent r&#233;colt&#233; n'est pas sp&#233;cialement affect&#233; &#224; cette lutte. Pire, la mesure ne rentre pas dans le cadre d'un plan global, qui logiquement ne se limiterait pas aux carburants automobiles. Le Fran&#231;ais y a donc vu un mauvais coup fiscal, &#224; ses d&#233;pens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant derri&#232;re les p&#233;rip&#233;ties cela pose une vraie question. En haut lieu, on n'est pas conscient du fait qu'en laissant pr&#233;valoir pendant un temps un certain prix pour des produits de base, les gens s'adaptent et organisent leur vie en fonction. D&#232;s lors ils comptent l&#224;-dessus. Quand vous renversez la vapeur et remettez en cause cet &#233;quilibre, ils vous per&#231;oivent comme un agresseur. Certes, si nous en croyons les experts, il y a un vrai risque pour le climat. Lutter contre le r&#233;chauffement implique la remise en cause de notre mode de vie. Dans certains cas comme les voyages au loin, on peut s'adapter. Dans d'autres cas, comme ici, c'est un &#233;l&#233;ment clef de l'&#233;quilibre de vie. Mais alors quand un gouvernant y touche, il lui faut &#234;tre conscient des enjeux, et agir en cons&#233;quence. D'abord bien s&#251;r en expliquant ce qu'il fait ; mais surtout en donnant l'ampleur voulue &#224; son action : on agit sur toutes les causes de r&#233;chauffement, on affecte le produit des taxes &#224; cette cause etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne suffit pas. Revenons &#224; nos ruraux : m&#234;me en expliquant ce que vous faites, vous ne pouvez pas ignorer que vous remettez en cause un &#233;l&#233;ment indispensable actuellement pour vivre &#224; la campagne. Au risque &#224; terme de la rendre impossible. Car si vous allez au bout de la logique, en &#233;coutant les experts et les &#233;cologistes, et que vous augmentez les taxes jusqu'&#224; obtenir une r&#233;duction massive de la consommation de carburants, c'est ce que vous obtiendrez. D'o&#249; ce r&#233;sultat &#233;tonnant : les m&#234;mes qui pr&#244;nent la reterritorialisation, les &#233;changes locaux, la solidarit&#233; des pays etc., remettent en fait radicalement en cause la ruralit&#233; r&#233;elle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc s'y prendre autrement. Bien s&#251;r on peut vouloir disposer un jour de v&#233;hicules non polluants qui r&#233;gleraient la question. Mais d'ici l&#224; il faut vivre. Comment faire alors, sinon en s'attelant &#224; une red&#233;finition en profondeur de l'&#233;quilibre de nos modes de vie ? Or pendant tout un temps, si vous voulez une ruralit&#233;, il vous faudra des voitures, pour la plupart &#224; essence. Vous devrez donc vous organiser pour que cela reste accessible aux int&#233;ress&#233;s, tout en faisant pression sur la consommation globale. Et donc probablement leur donner un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux carburants par rapport aux urbains. Le tout inscrit dans une id&#233;e d'ensemble de l'&#233;quilibre de vie en milieu rural. M&#234;me remarque pour les grandes banlieues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela la politique au sens noble du terme : une prise en charge dans la r&#233;flexion de toutes les donn&#233;es d'une question. Et non le parachutage successif et sans concertation de mesures ambigu&#235;s et d&#233;stabilisantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article publi&#233; dans France catholique, retouch&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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