<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
	<link>https://pierredelauzun.fr/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://pierredelauzun.fr/spip.php?id_mot=129&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>La convergence mal&#233;fique en Europe : pouvoir de l'id&#233;ologie, pouvoir des juges, pouvoir de la technocratie </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-convergence-malefique-en-Europe-pouvoir-de-l-ideologie-pouvoir-des-juges.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/La-convergence-malefique-en-Europe-pouvoir-de-l-ideologie-pouvoir-des-juges.html</guid>
		<dc:date>2024-03-21T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Souverainet&#233; nationale</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Pouvoir des juges</dc:subject>
		<dc:subject>Technocratie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tr&#232;s encourageant pour l'avenir de ce qu'on appelle d&#233;mocratie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ideologie-dominante-+.html" rel="tag"&gt;Id&#233;ologie dominante&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Souverainete-nationale-118-+.html" rel="tag"&gt;Souverainet&#233; nationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Pouvoir-des-juges-+.html" rel="tag"&gt;Pouvoir des juges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Technocratie-+.html" rel="tag"&gt;Technocratie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Union europ&#233;enne, un mutant politique inqui&#233;tant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un animal bien &#233;trange que cette Union europ&#233;enne, et qui n'arr&#234;te pas d'interpeller les politologues. Mais par bien des c&#244;t&#233;s il incarne sous une forme extr&#234;me et caricaturale la d&#233;rive de nos suppos&#233;es d&#233;mocraties, o&#249; les pouvoirs dirigeants s'efforcent autant que possible d'&#233;chapper au verdict des &#233;lecteurs, ou plus exactement d'isoler dans un compartiment &#233;tanche une ligne largement id&#233;ologique, confort&#233;e par le pouvoir des juges et celui de la technocratie, quitte &#224; ce que des &#233;quipes divergeant tr&#232;s peu entre elles se disputent le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir surplombant, &#233;dictant des normes et r&#232;gles qui s'imposent &#224; tous, plac&#233;es au-dessus de toutes les l&#233;gislations nationales, les organes de l'Union europ&#233;enne ne sont pour l'essentiel pas &#233;lus et en tout cas pas directement responsables devant les &#233;lecteurs, alors que l'Union se targue d'incarner la d&#233;mocratie et fait la police des pays membres jug&#233;s d&#233;ficients &#224; cet &#233;gard. Cela reste vrai m&#234;me du Parlement europ&#233;en : en effet, on n'y &#233;lit pas les d&#233;put&#233;s sur la base d'un programme, et on ne les juge pas sur ce qui a &#233;t&#233; vot&#233; pendant la mandature. Les d&#233;bats sibyllins qui s'y d&#233;roulent, expos&#233;s &#224; l'influence des lobbies de tout poil, &#233;chappent totalement &#224; la vue des citoyens et reposent sur la connivence de trois grands groupes de parlementaires que dans la pratique presque rien ne s&#233;pare. Et o&#249; bien s&#251;r les eurosceptiques sont anath&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il ne s'agit pas de d&#233;finir une ligne politique, approuv&#233;e par les &#233;lecteurs, et fond&#233;e sur la responsabilit&#233; envers une communaut&#233;, politique elle aussi. Il s'agit d'appliquer un programme id&#233;ologique, encapsul&#233; dans les trait&#233;s, avec trois axes fondateurs : la concurrence et le libre-&#233;change ; le volontarisme f&#233;d&#233;raliste ; et maintenant les chartes de droits. Qui n'a pas per&#231;u cette dimension essentiellement id&#233;ologique de l'Union europ&#233;enne n'en comprend pas le fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement l'Union a &#233;t&#233; par excellence le lieu de l'affirmation du pouvoir des juges, ph&#233;nom&#232;ne qui touche tous les grands pays dits d&#233;mocratiques, et qui repose directement sur une pr&#233;tention elle aussi id&#233;ologique : donner la primaut&#233; absolue &#224; un catalogue de droits individuels suppos&#233;s &#224; la fois l'emporter sur toute autre consid&#233;ration et progresser sans cesse. D&#233;sormais ces juges consid&#232;rent naturels et &#233;vident de pouvoir litt&#233;ralement juger sur cette base toute loi m&#234;me vot&#233;e. En outre, ce sont les juges qui ont tranquillement pris la d&#233;cision d'accorder la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en sur le droit national. Sans aucune d&#233;cision politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat en est le double patronage du juridique et de l'id&#233;ologique, bien plus marqu&#233; qu'au niveau national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me pouvoir renforce les pr&#233;c&#233;dents, celui de la technocratie, directement (par la Commission) ou indirectement (par le d&#233;veloppement continu d'autorit&#233;s dites ind&#233;pendantes). Outre que cette dimension technocratique s'aur&#233;ole de l'autorit&#233; de la science ou de la technique, elle participe de la m&#234;me id&#233;e, qui est au fond de d&#233;politiser la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grand p&#244;le du monde occidental, les Etats-Unis, pr&#233;sente bien des sympt&#244;mes analogues, mais leur pr&#233;pond&#233;rance y est moins marqu&#233;e, et surtout le terrain beaucoup plus disput&#233; par d'autres forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;mocratie marginalis&#233;e et contr&#244;l&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que cela signifie pour l'avenir de la d&#233;mocratie ? Le sens th&#233;orique en est le gouvernement du peuple. Mais comme je l'ai montr&#233; dans &lt;i&gt;L'avenir de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, la d&#233;mocratie moderne est un compos&#233; hybride de trois r&#233;alit&#233;s bien diff&#233;rentes : le gouvernement du peuple (en r&#233;alit&#233; tr&#232;s indirect, &#224; travers des repr&#233;sentants) ; l'&#233;tat de droit ( des proc&#233;dures et un syst&#232;me de droits) ; et l'id&#233;ologie d&#233;mocratique (dont la forme r&#233;cente est la religion pr&#233;dominante du relativisme et des r&#232;gles du jeu, exaltant l'autonomie arbitraire de l'individu).Ces trois composantes ne sont pas n&#233;cessairement li&#233;es en soi, bien que dans la perception ambiante elles se confondent dans l'id&#233;e multiforme de &#8216;d&#233;mocratie'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tendance d&#233;sormais est &#224; la pr&#233;pond&#233;rance de la troisi&#232;me composante, avec instrumentalisation de la seconde, et de fait marginalisation de la premi&#232;re. Ce dernier ph&#233;nom&#232;ne prend des formes diverses mais convergentes : il s'agit notamment d'opposer un bloc seul l&#233;gitime, id&#233;ologiquement correct, &#224; des forces ext&#233;rieures stigmatis&#233;es sous le nom de populisme. Ce qui est facilit&#233; par la marginalisation de ces derniers, qui les rend plus agressives et moins exp&#233;riment&#233;es. L'Union europ&#233;enne est par excellence le lieu o&#249; se d&#233;roule l'op&#233;ration de fa&#231;on pure, mais la France macronienne s'en rapproche diablement. Ailleurs l'op&#233;ration reste imparfaite, mais en cas de besoin l'Union fait la police sans vergogne, comme on le voit en Pologne et en Hongrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il reste &#233;videmment malgr&#233; tout une dimension &#233;lectorale : d'o&#249; la possible remise en cause du sch&#233;ma dominant, comme on l'a vu avec le Brexit (mais cela a suppos&#233; une porteuse politique tr&#232;s forte, dans un pays dont le positionnement &#233;tait tr&#232;s &#224; part) ; ou en cas de r&#233;f&#233;rendum (mais dans ce cas ils sont rares et tourn&#233;s, comme dans la scandaleuse affaire de 2005) ; ou m&#234;me encore par des &#233;lections nationales (et alors on d&#233;roule le harc&#232;lement juridico-financier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de cela bien s&#251;r, il y a toujours la bonne vieille r&#233;volte populaire, type jacqueries, gilets jaunes, manifs syndicales, paysannes etc. Mais tout au plus mettent-elles en &#233;chec le r&#233;gime sur un point particulier, sans pouvoir le faire en principe, et d&#232;s lors il subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des perspectives peu rassurantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et donc, en dehors de ces p&#233;rip&#233;ties, le dualisme ambiant, apparemment d&#233;mocratique mais en r&#233;alit&#233; largement pr&#233;d&#233;termin&#233; et conditionn&#233; id&#233;ologiquement, risque de continuer &#224; dominer. Quelle peut en &#234;tre la signification pour l'avenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il d'abord des pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire ? On a eu des th&#233;ocraties, elles aussi id&#233;ologiques &#224; leur fa&#231;on, mais peu nombreuses et peu durables. Surtout, elles supposaient pour durer un monde stable (le seul cas sur plusieurs si&#232;cles est le Tibet). Or le monde actuel bouge, et l'id&#233;ologie actuelle est une id&#233;ologie du changement et de la remise en cause. On a eu par ailleurs bien des r&#233;gimes r&#233;volutionnaires, mais eux aussi n'ont en g&#233;n&#233;ral pas dur&#233; (apr&#232;s de terribles ravages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est donc nouvelle. La fragilit&#233; fondamentale du syst&#232;me est le maintien th&#233;orique d'un fondement d&#233;mocratique de la l&#233;gitimit&#233; (au sens premier du terme), mais r&#233;guli&#232;rement bafou&#233; dans la pratique. Quelles sont alors les &#233;volutions possibles - en dehors du maintien chaotique de l'emprise id&#233;ologique et &#233;litiste et de r&#233;voltes populaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re hypoth&#232;se serait en th&#233;orie le retour &#224; un r&#233;gime plus clairement d&#233;mocratique et moins id&#233;ologique. Cela para&#238;t peu &#233;vident au vu des faits observ&#233;s. Ce l'est d'autant moins que l'id&#233;ologie est depuis les origines au fondement du r&#233;gime dit d&#233;mocratique et ne peut donc pas facilement &#234;tre r&#233;cus&#233;e dans son cadre. S'y ajoute l'affaiblissement des Etats-nations par les forces conjugu&#233;es de la mondialisation et de l'individualisme ; et en Europe l'emprise du syst&#232;me europ&#233;en sur les Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste un changement de cap. Mais il n'y a pas d'id&#233;ologie alternative en gestation ayant la reconnaissance qui serait n&#233;cessaire, car nous sommes toujours sous l'empire du paradigme relativiste dominant depuis plus de deux si&#232;cles. Et donc la seule hypoth&#232;se restante serait une sortie de fait du syst&#232;me d&#233;mocratique, avec un pouvoir autoritaire, qui pourrait d'ailleurs &#234;tre compatible avec l'id&#233;ologie actuelle. Ce peut &#234;tre m&#234;me par une radicalisation du r&#233;gime, mais cela l'obligerait &#224; prendre plus la forme d'une vrai gouvernement, qui d&#233;cide - bien ou mal. Plut&#244;t mal d'ailleurs, car les bases d'un gouvernement responsable et au service du bien commun ne sont pas pr&#233;sentes. Pas tr&#232;s gai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine &lt;i&gt; n&#176; 233&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/ideologie-juges-et-technocratie-la-convergence-malefique-en-europe/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
