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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>De l'Union Europ&#233;enne &#224; l'empire : un sc&#233;nario possible</title>
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		<dc:date>2024-06-03T14:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Europe et empire</dc:subject>
		<dc:subject>Union europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. D&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Mais cela reste partiel ; nous sommes donc dans l'entre-deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). Une forme &#8216;imp&#233;riale' imparfaite. Nous n'y sommes pas encore, mais &#224; la faveur des &#233;v&#233;nements, c'est concevable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel pourrait &#234;tre le sc&#233;nario ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Europe-.html" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Europe-et-empire-+.html" rel="tag"&gt;Europe et empire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Union-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;Union europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La construction europ&#233;enne en cours vise une union toujours plus &#233;troite. Et elle s'y emploie activement, tournant tous les obstacles et notamment l'opposition sourde des peuples. Tout r&#233;cemment, l'ambition des dirigeants europ&#233;ens s'est d&#233;plac&#233; vers le secteur de la d&#233;fense, guerre en Ukraine oblige. Pourtant c'&#233;tait l'un des plus &#233;loign&#233;s des trait&#233;s actuels &#8211; mais le fait est que l'on trouve ainsi, dans un contexte tr&#232;s diff&#233;rent, le projet avort&#233; d&#232;s les ann&#233;es 50 de Communaut&#233; europ&#233;enne de d&#233;fense. Car d&#232;s le d&#233;but &#233;tait pr&#233;sent le mythe d'une Europe &#233;quivalant &#224; un &#233;tat souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une utopie f&#233;d&#233;rale hors d'atteinte en d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet peut-il se r&#233;aliser ? Comme Etat-nation d&#233;mocratique, certainement pas. L'Europe ne peut pas l'&#234;tre. Ce peut &#233;videmment &#234;tre un lieu de coop&#233;ration essentiel entre pays, mais pas de solidarit&#233; premi&#232;re, encore moins de base &#224; une d&#233;mocratie, car il n'y a pas de peuple europ&#233;en et donc de nation europ&#233;enne. Il n'y a pas d'exemple de d&#233;mocratie autre que nationale, pour la raison simple qu'on ne peut accepter le degr&#233; de solidarit&#233; qu'impliquent la d&#233;mocratie et le r&#232;gne de la majorit&#233; que moyennant un fort &#233;l&#233;ment d'identification, qu'a en son temps r&#233;alis&#233; le projet national. Mais ce projet suppose pour se r&#233;aliser une base commune, historique et culturelle, et notamment une langue commune. Les exemples de d&#233;mocratie stable compos&#233;e de plusieurs peuples et plusieurs langues sont rares ; seul la Suisse en est un exemple convaincant sur la dur&#233;e, et encore, la partie al&#233;manique, &#224; l'origine du pays, en constitue la grande majorit&#233;. On peut citer aussi l'Inde, mais de fa&#231;on croissante l'hindou&#239;t&#233; en constitue le ciment principal. Rien de tel en Europe : non seulement il n'y a pas et de loin de nation ou d'ethnie dominante, rassembleuse, mais les diff&#233;rents peuples s'y sont d&#233;j&#224; constitu&#233;s en nations, et chacune diff&#232;re de l'autre. De ce fait, les peuples d'Europe ont chacun leur vie politique propre, largement distincte de celle des autres et sans communication avec ; et ils parlent de moins en moins la langue de l'autre, la seule langue commune &#233;tant l'anglais, qui n'est la langue de personne &#8211; hors Irlande. Ce sera encore plus net &#224; l'avenir si la base en est de plus en plus m&#233;lang&#233;e avec des populations culturellement &#233;trang&#232;res, du fait de l'immigration que l'Europe favorise activement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre l'Europe actuelle est faible et malade de sa culture. Traumatis&#233;e par les d&#233;sastres des guerres mondiales, elle r&#234;ve de sortir de l'histoire, &#224; la poursuite d'une utopie douce&#226;tre, sans prise sur les r&#233;alit&#233;s internationales, mais id&#233;ologiquement tr&#232;s marqu&#233;e. Et une communaut&#233; v&#233;ritable est &#233;videmment tout autre chose que cette abstraction constitutionnelle, ce contrat social permanent suppos&#233; permettre un vague vivre ensemble, une cohabitation de n'importe qui avec n'importe qui, chacun vaquant &#224; ses petites affaires moyennant soumission au politiquement correct &#8211; ce qu'on pr&#233;sente comme le mod&#232;le de la nouvelle soci&#233;t&#233; politique, et ce sur quoi l'Europe fait mine de se construire. Qui est et sera en outre sans force face aux migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste alors une seule voie, celle suivie par les europ&#233;istes : ne plus consulter les peuples autrement que pour donner une l&#233;gitimit&#233; apparemment d&#233;mocratique au syst&#232;me, et tout verrouiller juridiquement, entre autres par la pr&#233;dominance du droit europ&#233;en. Mais il est clair que ce n'est pas comme cela que peut se construire une nation europ&#233;enne, et donc une d&#233;mocratie europ&#233;enne v&#233;ritable. D'autant qu'il faudrait pour cela une structure d&#233;centralis&#233;e, f&#233;d&#233;rale au plus ; mais justement, l'absence d'unit&#233; fonci&#232;re exclut un rapport harmonieux entre le centre et des structures d&#233;centralis&#233;es fortes (&#224; la suisse). D'o&#249; le caract&#232;re fonci&#232;rement centralisateur, uniformisant de la pratique europ&#233;enne, qui a enti&#232;rement retourn&#233; le sens du mot subsidiarit&#233;, en faisant une m&#233;thode de centralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une forme nouvelle d'empire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela n'exclut pas une autre possibilit&#233; : une construction politique nouvelle, plurinationale mais peu ou pas d&#233;mocratique (sauf de fa&#231;ade). C'est ce que j'appelle une forme &#8216;imp&#233;riale' renouvel&#233;e (au sens large). Elle est tout &#224; fait concevable en Europe, du moins &#224; terme, du fait que les empires s'accommodent bien mieux que les d&#233;mocraties de la diversit&#233; des peuples. Bien entendu, il faut sans doute pour cela &#233;largir le d&#233;bat au-del&#224; des empires classiques, qui &#233;taient construits sur une base guerri&#232;re, avec un peuple conqu&#233;rant bien identifi&#233;. Mais dans un contexte instable o&#249; la confiance deviendrait tr&#232;s difficile, des formules autoritaires peuvent avoir leurs chances, qui peuvent &#234;tre appel&#233;es empire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, &#233;l&#233;ment militaire mis &#224; part, l'Union europ&#233;enne ressemble d&#233;j&#224; par certains points &#224; un empire : ce n'est pas une nation, mais elle est compos&#233;e de nations vari&#233;es ; c'est un pouvoir supranational en surplomb, fond&#233; en principe sur les d&#233;mocraties nationales, mais qui tend &#224; traiter ce niveau comme subalterne, historiquement d&#233;pass&#233;, &#224; r&#233;guler par en-haut. Ce pouvoir n'est en outre pas v&#233;ritablement soumis &#224; des &#233;lections directes, comme un pouvoir politique national, et donc &#224; une forme m&#234;me grossi&#232;re de verdict populaire ; les &#233;lections au &#8216;parlement' se font en fait sur des listes nationales ; l'ex&#233;cutif n'est pas &#233;lu. Enfin et surtout ce pouvoir a sa logique propre, inscrite dans les trait&#233;s et dans le projet europ&#233;en, par-l&#224; ind&#233;pendante des logiques politiques nationales et &#224; l'abri du d&#233;bat suppos&#233; r&#233;gner dans des d&#233;mocraties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, ce pouvoir ne r&#233;git toutefois pas tous les domaines, m&#234;me s'ils sont de plus en plus vastes, et il ne dispose pas d'une souverainet&#233; v&#233;ritable ; on reste donc dans une situation interm&#233;diaire. Comment peut-il &#233;voluer ? On l'a vu, il ne peut se construire politiquement comme une d&#233;mocratie nationale ; il pourrait &#233;videmment se reb&#226;tir sur un projet diff&#233;rent, fond&#233; sur ses nations, mais il ne prend pas ce chemin. Il peut bien s&#251;r continuer de stagner dans un entre-deux b&#226;tard sous h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine, et c'est sans doute le plus probable. Il peut aussi se disloquer. Mais on peut imaginer un autre sc&#233;nario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de fragilisation des syst&#232;mes politiques et &#233;conomiques nationaux, dont les bases d'identification nationale et d'action propre ont &#233;t&#233; soigneusement &#233;rod&#233;es, ce &#224; quoi s'ajoute l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante des populations vivant en Europe du fait d'une immigration massive qui peut encore s'acc&#233;l&#233;rer, on peut imaginer, lors d'une crise tr&#232;s grave, un transfert de pouvoir massif, plus ou moins consensuel, des &#233;tats membres &#224; Bruxelles, qui deviendrait la t&#234;te d'un sorte d'empire. La menace russe, agit&#233;e avec fr&#233;n&#233;sie, va &#233;videmment dans ce sens, m&#234;me si elle est bien loin du niveau de gravit&#233; que pr&#233;tendent les europ&#233;istes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, cet empire resterait quelque peu paradoxal, du fait que militairement il est a priori peu probable qu'il se d&#233;tache de l'Otan et donc de l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine. On peut m&#234;me contester le terme d'empire, compte tenu de cette position de vassalit&#233;. Mais d'un autre c&#244;t&#233;, cette vassalit&#233; m&#234;me donnerait aussi une certaine coh&#233;rence fonctionnelle au syst&#232;me. D'autant que la nature m&#234;me des Etats-Unis, qui pour l'instant restent un &#233;tat-nation, rend au stade actuel la perspective d'un empire &#233;tendu aux deux c&#244;t&#233;s de l'Atlantique improbable sous forme int&#233;gr&#233;e &#8211; contrairement &#224; ce qu'a fait progressivement Rome avec les diff&#233;rents Etats m&#233;diterran&#233;ens, vassalis&#233;s puis int&#233;gr&#233;s. D&#232;s lors, les Etats-Unis peuvent trouver leur int&#233;r&#234;t &#224; ce sous-empire, s'il reste suffisamment dans leur d&#233;pendance, et ne leur co&#251;te pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique Magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/monde/de-leurope-a-lempire-un-scenario-possible/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/monde/...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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