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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Le d&#233;sordre politique fran&#231;ais et sa source profonde : l'h&#233;g&#233;monie culturelle d'une gauche pourtant &#224; la d&#233;rive</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>H&#233;g&#233;monie</dc:subject>
		<dc:subject>Macron</dc:subject>
		<dc:subject>Gauche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pathologie Macron On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/prison-370111_640.jpg?1787417303' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le lamentable &#233;pisode politique en cours conduit &#224; r&#233;fl&#233;chir sur ses causes profondes, au-del&#224; de l'imp&#233;ritie et de la m&#233;diocrit&#233;, par ailleurs &#233;videntes, du gros du personnel politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pathologie Macron &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va donc pas &#233;piloguer sur les d&#233;fauts personnels bien connus de Macron, accroch&#233; d&#232;s le d&#233;but et &#224; un niveau pathologique &#224; la d&#233;tention directe de la totalit&#233; du pouvoir, et sur son absence totale d'&#233;coute et de sensibilit&#233; politique, ce qui fait qu'il serait inapte &#224; la fonction, m&#234;me ind&#233;pendamment de ses id&#233;es et orientations. D&#233;fauts qui ont pris depuis un tour catastrophique : la dissolution et le cirque que nous subissons depuis un an en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A sa d&#233;charge tr&#232;s partielle, il subit ce que j'appelle la maladie de l'Elys&#233;e. Cet endroit rend fou, entre isolement, exaltation, et perte de contact avec le r&#233;el. Seuls des caract&#232;res tr&#232;s tremp&#233;s y ont r&#233;sist&#233; : de Gaulle, sans doute Pompidou, et pour notre malheur, Mitterrand (qui habitait chez lui). Mais la d&#233;rive est encore pire avec Macron. Alors que les effectifs de la pr&#233;sidence restent minuscules, il fait tout remonter &#224; lui. Un esprit normal n'y r&#233;sisterait pas, a fortiori quelqu'un qui donne des signes clairs de d&#233;s&#233;quilibre, et qui n'a jamais g&#233;r&#233; que sa secr&#233;taire (comme ministre il n'avait aucun autonomie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le blocus du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;IIl ne peut pas &#234;tre sain dans un r&#233;gime dit d&#233;mocratique d'organiser un cordon sanitaire prophylactique autour d'un parti majeur, d&#233;sormais et de loin le premier de France. Ce faisant, on ignore toute une partie de l'opinion, et on restreint massivement les solutions politiques possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, l'issue possible de ce qu'on appelle populisme est double. Soit devenir un parti de gouvernement nouveau. Soit s'effilocher et se fondre dans le paysage. Mais dans les deux cas, il ne sert &#224; rien de l'isoler dans un ghetto. Quant &#224; une possible d&#233;rive autoritaire, elle peut toucher tous les partis ; et le r&#233;gime sait l'&#234;tre quand il s'agit d'imposer ses lubies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le RN &#233;tait vraiment un parti subversif, il faudrait l'interdire &#8211; et donc faire une entorse &#224; la d&#233;mocratie. Mais l'ostraciser n'a pas de sens, sauf que cela permet de faire &#233;lire par contraste des gens qui ne le m&#233;ritent pas. Y compris (&#224; Avignon) un antifa fich&#233; S !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que le programme de ce parti, notamment &#233;conomique, est en partie irr&#233;aliste ou dangereux, et que sa capacit&#233; &#224; gouverner n'est pas d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;rive de la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patrimoine id&#233;ologique de la gauche est multiple, mais deux dimensions majeures le caract&#233;risaient autrefois : d'un c&#244;t&#233; la tradition r&#233;volutionnaire, progressiste, la suppos&#233;e &#233;mancipation, ce qu'on peut appeler l'id&#233;ologie d&#233;mocratique ; et d'un autre c&#244;t&#233;, la tradition socialiste, au sens ouvrier et populaire du terme. La premi&#232;re est n&#233;faste. La deuxi&#232;me a pu &#234;tre dangereuse, mais elle avait un aspect l&#233;gitime et b&#233;n&#233;fique. Malheureusement, c'est elle que la nouvelle gauche a liquid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la premi&#232;re ligne, dans sa forme actuelle, est particuli&#232;rement aberrante, avec d&#233;rive woke, passion pour l'immigration (et pour l'&#233;lectorat correspondant), et d&#233;lires multiples (caricature d'&#233;cologie, mesures soci&#233;tales de plus en plus inhumaines etc.).Ce faisant, elle ne propose aucune r&#233;ponse aux probl&#232;mes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement cette gauche, d&#233;sormais politiquement minoritaire, continue dans une large mesure &#224; donner le ton au d&#233;bat public (malgr&#233; la pr&#233;tendue presse Bollor&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une droite toujours pas &#233;mancip&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#171; droite &#187;, la mal&#233;diction que symbolise le nom de Chirac est toujours l&#224; : elle reste en suj&#233;tion morale par rapport aux diktats de la gauche. Des signes d'&#233;mancipation apparaissent, mais ils restent tr&#232;s insuffisants. Car ce que ses &#233;lus veulent pour la plupart, c'est &#234;tre dans le syst&#232;me. Or c'est encore la gauche qui y donne le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total donc, cette h&#233;g&#233;monie de la gauche (au sens de Gramsci) dans l'expression publique des id&#233;es, dans sa forme actuelle d&#233;connect&#233;e de la population, appara&#238;t comme un point n&#233;vralgique. C'est au fond elle qui a permis l'&#233;lection et la r&#233;&#233;lection de Macron, le blocage du RN, l'inhibition de la droite ; et plus largement l'oubli du peuple. Alors qu'elle n'apporte aucune solution, m&#234;me illusoire. Tant qu'elle ne sera pas surmont&#233;e (m&#233;dias, associations, enseignement, magistrature&#8230;), rien de substantiel ne sera vraiment possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans &lt;/i&gt; Politique magazine &lt;a href=&#034;https://politiquemagazine.fr/france/le-desordre-politique-francais-et-lhegemonie-culturelle-de-la-gauche/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://politiquemagazine.fr/france...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Blocage politique momentan&#233;, ou d&#233;composition du syst&#232;me ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Blocage-politique-momentane-ou-decomposition-du-systeme.html</link>
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		<dc:date>2024-08-23T12:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>
		<dc:subject>Id&#233;ologie dominante</dc:subject>
		<dc:subject>Macron et le Parlement</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quoi que feront Macron et les autres dans les mois &#224; venir, l'&#233;volution de la situation politique fran&#231;aise est particuli&#232;rement pr&#233;occupante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce blocage est-il conjoncturel, ou le signe d'une d&#233;composition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait la d&#233;rive vient de loin. Un facteur majeur en est l'emprise de l'id&#233;ologie dominante, plus que jamais d&#233;l&#233;t&#232;re : capable de bloquer, de diviser ou de heurter, mais pas de construire. Le boycott du RN par exemple ne parvient pas &#224; le faire dispara&#238;tre, mais bloque le fonctionnement des institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, plus largement, c'est la synth&#232;se &#224; la base de notre syst&#232;me politique qui para&#238;t se d&#233;composer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;volution de la situation politique fran&#231;aise est tr&#232;s pr&#233;occupante. Mais est-ce conjoncturel, ou le signe d'une d&#233;composition profonde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un blocage d&#233;sormais av&#233;r&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, on se trouve face &#224; trois ensembles plus LR, eux-m&#234;mes plus ou moins divis&#233;s, et se pr&#233;sentant comme incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une gauche disposant de deux atouts majeurs : sa capacit&#233; &#224; se rassembler &#233;lectoralement, et son h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique maintenue sur les m&#233;dias, l'&#233;ducation etc. Mais elle est travers&#233;e de divisions profondes, notamment faute d'une mission claire comme l'avaient autrefois dans leur optique radicaux ou socialistes. Ni le wokisme, ni les revendications soci&#233;tales, ni l'immigration, ni la fr&#233;n&#233;sie de d&#233;penses et d'imp&#244;ts n'y suppl&#233;ent au niveau voulu. Ne reste alors que l'opposition : le refus du &#8216;syst&#232;me', et surtout de &#8216;l'extr&#234;me droite'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un centre macroniste, h&#233;t&#233;rog&#232;ne au d&#233;part, sans &#233;quivalent dans aucun pays, r&#233;uni par certains th&#232;mes comme l'europ&#233;isme et le pilotage du syst&#232;me existant, ce qu'on appelle culture de gouvernement. Mais cela ne suffit pas et ce qui en a fait le ciment est un homme d&#233;sormais d&#233;mon&#233;tis&#233;. D'o&#249; une fragilit&#233; intrins&#232;que de la base politique, et une peur bleue de tous les mouvements populaires, la paix sociale ayant &#233;t&#233; achet&#233;e pendant sept ans &#224; coups d'endettement. Ce centre est &#224; bout de souffle mais subsiste faute de mieux au milieu du syst&#232;me. A droite, il est flanqu&#233; d'un parti r&#233;siduel LR, incapable de se d&#233;gager de sa suj&#233;tion historique aux id&#233;es dominantes et qui peine &#224; survivre de fa&#231;on autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une droite nationale particuli&#232;rement paradoxale : domin&#233;e par un parti populiste qui ne se veut pas de droite, sans base doctrinale v&#233;ritable, mal arm&#233; pour gouverner ou rassembler parce que trop monolithique, mais en phase avec une part appr&#233;ciable et croissante de la population. Il est surtout plac&#233; dans une position d'exclusion sans &#233;quivalent dans l'histoire de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sociologiquement, ceci refl&#232;te un pays balkanis&#233;, en archipel comme dit J&#233;r&#244;me Fourquet, et cela avant m&#234;me prise en compte d'une immigration qui s'acc&#233;l&#232;re. Il y a bien s&#251;r l&#224; derri&#232;re l'opposition ch&#232;re &#224; Christophe Guilluy entre centre et p&#233;riph&#233;rie, deux mondes qui s'ignorent et ne se font pas confiance ; mais si cela correspond &#224; une r&#233;alit&#233;, cela ne suffit pas comme grille d'analyse, car cela n&#233;glige le niveau id&#233;ologique et la m&#233;diation du politique. Sinon il y aurait deux blocs et non plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pays s'av&#232;re d&#232;s lors difficile &#224; gouverner ; et il peine &#224; susciter des hommes d'envergure pour faire face &#224; cette situation. Et la dette file, donc la crise &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le clef de la marginalisation du RN&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la marginalisation du RN joue un r&#244;le essentiel. La martingale macronienne &#233;tait simple : jouer sur la faiblesse politique de la gauche (malgr&#233; son h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique) pour camper une opposition entre un camp de la raison et du bien (eux), et un extr&#233;misme dangereux et immoral (le RN). Mais avec la dissolution la gauche a montr&#233; une r&#233;silience qu'il n'attendait pas. Le sch&#233;ma a &#233;t&#233; d&#232;s lors r&#233;activ&#233; en juillet mais sous une forme modifi&#233;e, par une alliance &#233;lectorale de fait avec la gauche. Cela a march&#233; face au RN, mais pour un r&#233;sultat illisible et difficilement utilisable. Concr&#232;tement, il est absurde d'&#233;chafauder des hypoth&#232;ses de gouvernements compatibles avec l'Assembl&#233;e actuelle sans aborder la question du comportement du RN, qui peut notamment voter ou non les motions de censure visant des gouvernements par d&#233;finition minoritaires ou tr&#232;s fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des cons&#233;quences de cet anath&#232;me est en effet de d&#233;traquer la logique m&#234;me du syst&#232;me repr&#233;sentatif. C'est ce qu'a bien analys&#233; Pierre Manent (Figaro du 18 juillet 2024). &#171; Ne sont plus en pr&#233;sence deux partis repr&#233;sentant deux parties du corps politique, mais s'opposent les membres l&#233;gitimes du corps civique et ceux qui en sont exclus. Ce n'est plus un d&#233;bat dont l'enjeu est la d&#233;finition de la chose commune, c'est la mise en &#233;vidence d'une s&#233;paration ontologique ou religieuse entre les &#233;lus et les r&#233;prouv&#233;s. &#187; Or &#171; quand la r&#233;publique repr&#233;sentative remplissait sa finalit&#233;, elle a accommod&#233; &#8230;des oppositions bien plus vives, puissantes et mena&#231;antes que celle occasionn&#233;e par le Rassemblement national. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constat indiscutable. Mais pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;rive qui vient de loin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre, il faut prendre un angle large. J'avais soulign&#233; dans &lt;i&gt;L'Avenir de la d&#233;mocratie&lt;/i&gt;, que, loin d'entre un ensemble coh&#233;rent, celle-ci &#233;tait bas&#233;e sur trois fondements h&#233;t&#233;rog&#232;nes : l'&#233;tat de droit ; le syst&#232;me repr&#233;sentatif (d&#233;mocratie au sens propre) ; et l'id&#233;ologie d&#233;mocratique, relativiste mais promettant l'&#233;mancipation. Ces trois &#233;l&#233;ments ont assez d'affinit&#233; pour se combiner, mais ils sont distincts et ont une &#233;volution propre, qui peut les faire entrer en collision. La r&#233;union des trois, ou syst&#232;me d&#233;mocratique, est en outre incapable de fonctionner sans deux &#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs, qui se sont d&#233;velopp&#233;s en m&#234;me temps : la nation et le capitalisme, l'un fondant la communaut&#233;, l'autre lui donnant un horizon de progr&#232;s mat&#233;riel inesp&#233;r&#233; ; sachant qu'eux peuvent se passer de la d&#233;mocratie (voir la Chine). La d&#233;mocratie moderne, loin d'&#234;tre la fin de l'histoire, est donc un r&#233;gime fragile et rapidement &#233;volutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce qui caract&#233;rise la phase actuelle, en France et au niveau europ&#233;en, est que d&#233;sormais l'id&#233;ologie ronge les deux autres composantes. C'est ainsi que l'&#233;tat de droit est gangr&#233;n&#233; par le militantisme des juges, et cela remet en question la l&#233;gitimit&#233; m&#234;me du politique, outre son efficacit&#233;. Parall&#232;lement, la d&#233;mocratie repr&#233;sentative est bloqu&#233;e par l'ostracisme id&#233;ologique portant sur plus d'un tiers des &#233;lecteurs ; or si cela a un effet &#233;lectoral r&#233;el, cela ne donne pas de solution de gouvernement stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que l'h&#233;g&#233;monie, au sens de Gramsci, de l'id&#233;ologie d&#233;mocratique est plus que jamais envahissante. D&#233;j&#224;, les conceptions alternatives sont bien plus faibles qu'auparavant. Ensuite, cette id&#233;ologie a pris une forme nouvelle : elle est d&#233;sormais multiforme, &#233;clat&#233;e, et descend au niveau personnel voire intime (m&#339;urs). Enfin, un autre &#233;l&#233;ment essentiel de la synth&#232;se r&#233;publicaine est affaibli : l'attachement &#224; une communaut&#233; nationale dot&#233;e d'une histoire et d'un patrimoine communs. On cherche &#224; y substituer une conception purement id&#233;ologique, mais loin de r&#233;unir, elle divise, et ne fonde pas une vie commune. On a vu cela &#224; l'ouverture des Jeux Olympiques : l'agitation LGBT et pansexuelle n'est &#233;videmment pas un projet politique pour un pays. Ne reste alors d'un tel spectacle que l'id&#233;e de m&#233;tissage et une juxtaposition relativiste de styles de vie ou de communautarismes, qui trouve par ailleurs son expression concr&#232;te dans une immigration d&#233;brid&#233;e. Mais cela remet par nature en cause le patriotisme : qu'est-ce qu'une communaut&#233; s'il n'y a rien de commun hors ce programme de confusion ? Le tout est aggrav&#233; comme on sait par l'autonomisation du capitalisme mondialis&#233;, qui ronge les solidarit&#233;s. La synth&#232;se &#224; la base de notre syst&#232;me politique depuis un si&#232;cle et demi para&#238;t donc se d&#233;composer, et par l&#224;, la base de vie commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte pr&#233;occupant, on ne peut que souligner la faiblesse des alternatives &#224; cette h&#233;g&#233;monie destructrice : l'influence de la pens&#233;e classique, ou conservatrice au bon sens du terme, reste marginale ; ce qui domine dans l'opposition id&#233;ologique est un populisme au fond un peu simpliste, malgr&#233; l'int&#233;r&#234;t qu'il pr&#233;sente comme r&#233;action instinctive &#224; la d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquons cependant que le monde en dehors de l'Europe, qui compte de plus en plus, suit de tout autres voies, bonnes ou mauvaises. Le patriotisme y est fort. Et m&#234;me le paysage am&#233;ricain est diff&#233;rent : plus heurt&#233;, mais moins bloqu&#233;. En outre, des blocages ne durent pas ind&#233;finiment, notamment en cas de crise. Cela conforte dans l'espoir qu'il y a une marge d'&#233;volution, m&#234;me si le chemin sera rude et al&#233;atoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans&lt;/i&gt; Politique magazine n&#176; 239.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;bloquer un syst&#232;me politique aussi bloqu&#233; suppose de le transformer en profondeur </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Debloquer-un-systeme-politique-aussi-bloque-suppose-de-le-transformer-en.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Debloquer-un-systeme-politique-aussi-bloque-suppose-de-le-transformer-en.html</guid>
		<dc:date>2023-04-27T15:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Blocage politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le blocage actuel de la situation politique fran&#231;aise nous frappe et consterne tous. Une part appr&#233;ciable de la responsabilit&#233; tient &#233;videmment au style et &#224; la personnalit&#233; d'Emmanuel Macron : personnalisation extr&#234;me, pouvoir totalement centr&#233; sur une personne, &#233;loignement de la population, arrogance et amateurisme etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela va plus loin, et concerne plus largement le jeu politique tel qu'il a &#233;volu&#233; en France. Jeu tripartite qui n'offre aucune solution d'avenir, ni dans l'hypercentre macronien, ni c&#244;t&#233; gauche, ni c&#244;t&#233; RN. Le d&#233;blocage suppose donc des transformations en profondeur de tout l'&#233;ventail politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le blocage actuel de la situation politique fran&#231;aise nous frappe et consterne tous. Une part appr&#233;ciable de la responsabilit&#233; tient &#233;videmment au style et &#224; la personnalit&#233; d'Emmanuel Macron : personnalisation extr&#234;me, pouvoir totalement centr&#233; sur une personne, &#233;loignement de la population, arrogance et amateurisme etc. Mais cela va plus loin, et concerne aussi plus largement le jeu politique tel qu'il a &#233;volu&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une comparaison avec les Etats-Unis, autre pays &#224; pouvoir pr&#233;sidentiel affirm&#233;, peut &#234;tre ici &#233;clairante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on sait, le point premier est la bipolarit&#233; du fonctionnement politique am&#233;ricain, les deux grands partis maintenant leur r&#244;le dans l'alternance (malgr&#233; de profondes &#233;volutions de chacun dans le temps). En sens contraire, la France est au minimum tripolaire (hypercentre macroniste, gauche dure et RN), voire plus si on tient compte de ce qui reste des anciens partis de gouvernement, et d'autres. Ce qui veut dire que les multiples fractures des deux soci&#233;t&#233;s se r&#233;solvent aux Etats-Unis par rassemblement en deux camps, mais pas en France. De ce fait, les deux camps sont l&#224;-bas potentiellement en mesure de gouverner, alors qu'ici la situation se bloque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut en rien dire que les Am&#233;ricains sont moins divis&#233;s que les Fran&#231;ais, bien au contraire : les oppositions politiques y sont d&#233;sormais farouches et radicales, plus que depuis longtemps dans leur histoire, et cela d&#233;passe largement le ph&#233;nom&#232;ne Trump. De plus, dans les deux pays le syst&#232;me &#233;lectoral favorise la bipolarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; fran&#231;aise consiste avant tout, d'&#233;vidence, dans l'opposition entre un hypercentre (macroniste actuellement) et deux partis class&#233;s &#8216;extr&#234;mes' forts. Ce qui veut dire d'une part qu'il n'y a pas une grande fracture dans laquelle les diff&#233;rentes fractures finissent en gros par se fondre, mais au moins deux fractures : entre la droite et la gauche (n'en d&#233;plaise &#224; Marine Le Pen), et entre les &#8216;mondialistes' et les &#8216;populistes'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fracture droite-gauche est commune avec les Etats Unis. L&#224;-bas elle est particuli&#232;rement nette sur les questions de m&#339;urs et de soci&#233;t&#233;, qui est le marqueur le plus puissant de l'opposition droite-gauche, suivie par les questions de migration et dans une certaine mesure celles de la loi et de l'ordre. Pourtant sur toutes ces questions une opposition existe en France, et selon les m&#234;mes lignes droite-gauche. Mais la traduction pratique en est bien diff&#233;rente. Sur le th&#232;me culture et m&#339;urs, l'expression publique et politique en France est massivement domin&#233;e par les vues progressistes, et peu de politiques se hasardent &#224; la contester sur ce terrain, m&#234;me s'ils sont tr&#232;s &#224; droite, et souvent m&#234;me s'en repentent ensuite (mariage pour tous). Sur l'immigration, en France le discours est un peu plus visible, mais la sc&#232;ne politico-m&#233;diatique reste globalement hostile &#224; tous ce qui para&#238;t ressembler &#224; une remise en cause volontariste des migrations. D&#232;s lors, m&#234;me la partie droite est assez timide sur ce plan ; le RN y insiste bien moins que ne faisait le FN. Et sur la loi et l'ordre on ne peut pas dire que le d&#233;bat soit politiquement tr&#232;s structurant. En r&#233;sum&#233;, la coupure droite-gauche sur ces th&#232;mes est centrale aux Etats Unis, mais att&#233;nu&#233;e en France, et faiblement reprise sur la droite ; ce qui veut dire a contrario que les id&#233;es de gauche dominent largement dans les discours publics et les m&#233;dias ; elles sont d'ailleurs largement reprises par l'hypercentre, au moins dans le discours. Et ces th&#232;mes servent &#224; stigmatiser la droite et l'extr&#234;me-droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est diff&#233;rente sur des questions comme le r&#244;le de l'Etat ou le mod&#232;le &#233;conomique et social. Aux Etats-Unis, l'ancienne opposition entre des r&#233;publicains tr&#232;s attach&#233;s &#224; la libert&#233; &#233;conomique (et plus encore avec le Tea Party) et des d&#233;mocrates plus redistributifs (et parfois sociaux-d&#233;mocrates) s'est nuanc&#233;e de fa&#231;on non-n&#233;gligeable : du fait de Trump d'un c&#244;t&#233;, qui est plus sensible au populisme et moins favorable au libre-&#233;change, et au contraire de par l'h&#233;g&#233;monie croissante chez les d&#233;mocrates des th&#232;mes de soci&#233;t&#233; d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;s. Mais cette &#233;volution relative ne nuit pas au maintien de l'opposition politique droite-gauche dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France en revanche, une opposition entre populisme (ou p&#233;riph&#233;ries) et hypercentre est devenue fortement structurante ; mais elle ne recouvre pas l'opposition ancienne droite-gauche, puisqu'au contraire le populisme le plus ancr&#233; est &#224; droite, au RN qui en a fait son cheval de bataille principal, sans pour autant qu'il ait pu reprendre tous les th&#232;mes et outils de la gauche en la mati&#232;re (les syndicats par exemple sont tous &#224; gauche). R&#233;sultat : cette opposition ne se traduit pas par une opposition binaire, mais ternaire. Elle est m&#234;me suffisamment forte pour que l'hypercentre ait &#233;t&#233; conduit &#224; l&#226;cher du lest, comme on a vu avec son invraisemblable &#8216;quoi qu'il en co&#251;te'. M&#234;me remarque pour la question europ&#233;enne, qui oppose elle aussi l'hypercentre aux populistes mais sans &#234;tre un sujet d'opposition majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand aux autres questions, par exemple internationales, leur capacit&#233; &#224; structurer le d&#233;bat politique est faible, surtout en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, en r&#233;sum&#233;, la structure &lt;i&gt;grosso modo&lt;/i&gt; ternaire qui pr&#233;vaut actuellement en France s'explique par la rencontre de deux polarisations qui ne convergent pas : celle entre droite et gauche sert &#224; tenir la droite en respect et exclut la convergence des populismes ; celle entre des populismes fractionn&#233;s et un hypercentre emp&#234;che toute v&#233;ritable alternance et d&#233;sormais la capacit&#233; m&#234;me &#224; gouverner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que ce r&#244;le original de l'hypercentre n'a pas non plus son r&#233;pondant dans les autres pays europ&#233;ens, sachant que la logique politique y est diff&#233;rente du fait que ce sont des r&#233;gimes parlementaires, en g&#233;n&#233;ral avec un mode de scrutin proportionnel. C'est donc une bizarrerie absolue de la situation fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or si Emmanuel Macron a jou&#233; un r&#244;le central dans le ph&#233;nom&#232;ne, il n'est pas certain qu'il dispara&#238;tra avec lui, car les oppositions comme on les a d&#233;crites sont d&#233;sormais structur&#233;es sur cette base. En d'autres termes, pour sortir de cette situation il faut plus que cela : il faut que les forces politiques se structurent autrement. La ligne de l'hypercentre aboutit comme on l'a vu &#224; monopoliser le pouvoir ou ce qu'il en reste, mais pour finalement se faire paralyser ; la ligne de l'extr&#234;me gauche (LFI) est &#224; l'in&#233;vidence efficace pour s'opposer mais ne saurait en aucun cas gouverner, pas plus que des Verts inconsistants et bien trop id&#233;ologiques ; au RN, la ligne de Marine Le Pen, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e tr&#232;s habile pour passer entre les gouttes, pourrait peut &#234;tre la conduire &#224; &#234;tre &#233;lue, mais certainement pas &#224; gouverner avec une vraie majorit&#233; et sans rencontrer une opposition radicale dans le pays. Car le populisme pur, qui est son cheval de bataille principal, d'une part ne permet pas de gouverner sans d&#233;cevoir sur la dur&#233;e, et d'autre part ne permet pas non plus de f&#233;d&#233;rer, du fait de la persistance du crit&#232;re droite-gauche qui fait que la r&#233;union des deux populismes (droite et gauche) est illusoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait donc que se r&#233;v&#232;le une vraie gauche, f&#233;d&#233;rant les durs avec d'autres capables de gouverner ; et une vraie droite, s'affirmant comme telle, et donc sur des th&#232;mes de droite, rejetant le joug du progressisme m&#233;diatique et du politiquement correct, mais sans s'enfermer dans un populisme pur comme le RN actuellement., donc par ouverture au reste de la droite. C'est ce que j'avais &#233;voqu&#233; dans&lt;i&gt; Perspectives-politiques apr&#232;s les &#233;lections de 2022 ; les dilemmes de la droite&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Perspectives-politiques-apres-les.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Perspectives...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est loin. Et donc, &#224; nouveau, on peut se demander si une voie de sortie, ou plut&#244;t de d&#233;blocage sans garantie, ne serait pas, en attendant une vraie recomposition de la droite, la voie institutionnelle que j'avais &#233;voqu&#233;e dans &lt;i&gt;La 5e r&#233;publique dans l'impasse&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/La-5e-republique-dans-l-impasse.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/La-5e-republ...&lt;/a&gt; : le retour au septennat et une dose de proportionnelle. Apr&#232;s tout, au point o&#249; on en est&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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