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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Les cryptomonnaies, de vraies monnaies ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Les-cryptomonnaies-de-vraies-monnaies.html</link>
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		<dc:date>2025-07-26T09:02:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Cr&#233;ation mon&#233;taire</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>
		<dc:subject>cryptomonnaie</dc:subject>
		<dc:subject>Bitcoin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Comme le nom l'indique, la pr&#233;tention principale des cryptomonnaies est d'&#234;tre des monnaies, mais &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une monnaie a une triple fonction pour une communaut&#233; : &#233;talon de mesure pour les prix des biens &#233;changeables ; moyen de paiement ; et r&#233;serve de valeur. Elle doit donc &#234;tre stable et adapt&#233;e aux besoins de l'&#233;conomie. Les monnaies officielles, malgr&#233; leur limites, assurent cette fonction, avec l'appui des autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme on va le voir, il para&#238;t exclu que les cryptomonnaies puissent jouer ce r&#244;le. Ce sont pour l'essentiel des supports &#224; sp&#233;culation artificielle, d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique &#8211; sauf pour effectuer des transactions opaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la blockchain, utilis&#233;e par les cryptomonnaies et qui permet un &#233;change s&#233;curis&#233; hors contr&#244;le public ou priv&#233;, est une autre question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Finance-12-.html" rel="directory"&gt;Finance et monnaie &lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Creation-monetaire-+.html" rel="tag"&gt;Cr&#233;ation mon&#233;taire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Monnaie-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-cryptomonnaie-+.html" rel="tag"&gt;cryptomonnaie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Bitcoin-+.html" rel="tag"&gt;Bitcoin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/bitcoin-6024249_640_1_.jpg?1787417294' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet article est sur les cryptomonnaies. Pas principalement sur ce qu'on appelle la blockchain. Les cryptomonnaies ont besoin de la blockchain. Mais celle-ci va au-del&#224; des cryptomonnaies : c'est pour simplifier un m&#233;canisme informatique visant &#224; permettre un &#233;change &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le public ou priv&#233;, donc anonyme, et pourtant totalement s&#233;curis&#233; ; ce faisant il peut pr&#233;senter un r&#233;el int&#233;r&#234;t pour de nombreuses questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui caract&#233;rise en revanche une cryptomonnaie, comme le nom l'indique, c'est qu'elle se pr&#233;sente comme un support de valeur financi&#232;re, comme un actif, utilisable comme monnaie. Pour porter un jugement sur ce produit et son utilisation, il faut d'abord rappeler ce qu'est une monnaie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que la monnaie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classiquement on reconna&#238;t &#224; la monnaie une triple fonction : &#233;talon de mesure pour les prix des biens &#233;changeables ; moyen de paiement ; et r&#233;serve de valeur pour garder disponible de quoi faire une d&#233;pense ult&#233;rieurement. La monnaie doit donc &#234;tre raisonnablement stable dans le temps et disponible de fa&#231;on commode pour &#234;tre stock&#233;e ou pour payer. Son r&#244;le est majeur, puisqu'il structure toute la vie &#233;conomique. On comprend alors qu'il en faut une juste quantit&#233;, qui peut varier en proportion des besoins, mais sans alt&#233;rer de fa&#231;on significative sa relation avec les biens &#233;changeables. Si par exemple il y a trop de monnaie, elle perd sa valeur par rapport aux biens, et ne joue pas bien son r&#244;le. Et alors une part importante de la confiance qui est &#224; la base de la soci&#233;t&#233; est remise en cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; une p&#233;riode r&#233;cente, les monnaies &#233;taient d&#233;finies par rapport &#224; un m&#233;tal pr&#233;cieux. Mais de la monnaie pouvait d&#233;j&#224; et peut &#234;tre cr&#233;&#233;e par les banques &#224; partir de la cr&#233;ation de cr&#233;dit, pour financer des transactions qu'elles jugent fiables. En effet, si je consid&#232;re une promesse de paiement comme fiable, je peux accepter de la recevoir en paiement &#224; la place de la monnaie au sens &#233;troit. Mais ces monnaies bancaires se rapportent n&#233;anmoins &#224; la monnaie officielle, qui sert de juge de paix. A l'&#233;poque actuelle, la situation est dans son principe la m&#234;me, &#224; ceci pr&#232;s que la monnaie officielle ne se relie plus &#224; quoi que ce soit : elle est r&#233;gul&#233;e par les banques centrales, qui contr&#244;lent la monnaie en circulation, notamment par leurs interventions sur les march&#233;s de l'argent, qu'on appelle la politique mon&#233;taire. Car d&#232;s que les banques cr&#233;ent trop d'argent cela peut produire de l'inflation, socialement dangereuse. Et si elles en pr&#234;tent trop peu, cela &#233;touffe l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie est-elle toujours publique ? C'est par excellence une institution sociale au sens large : elle ne fonctionne que si un groupe important de gens, qui &#233;changent entre eux, l'accepte et la reconna&#238;t comme telle. En th&#233;orie elle pourrait exister comme fait social sans qu'une autorit&#233; intervienne. En pratique cependant, dans la quasi-totalit&#233; des cas, la monnaie a &#233;t&#233; et reste d&#233;finie par l'autorit&#233; politique qui lui donne son statut. D'abord l'Etat ne peut se d&#233;sint&#233;resser de la monnaie, qui est vitale pour l'&#233;conomie du pays. Une monnaie publique a pour elle le fait que la puissance publique appuie sa reconnaissance : des textes obligent &#224; l'accepter, et les tribunaux n'accordent la protection de la loi que lorsque la cr&#233;ance est libell&#233;e dans une monnaie reconnue. De plus, l'autorit&#233; peut l'imposer pour tous les actes accomplis avec elle, &#224; commencer par le paiement des imp&#244;ts. Une monnaie publique l&#233;gitime et fonctionnant correctement dispose donc d'un avantage &#233;norme, et s'impose de droit ou de fait. Cela dit, des exemples rares existent de refus de la monnaie officielle en faveur d'une monnaie &#233;trang&#232;re (dollar ou autrefois deutschemark), lorsque la monnaie nationale a perdu sa cr&#233;dibilit&#233;. Mais c'est alors en faveur d'un autre monnaie publique, suppos&#233;e solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de l'absence de base objective des monnaies actuelles, et de la tentation de les utiliser pour des buts politiques, la situation actuelle n'est pas pleinement satisfaisante, loin de l&#224;. Mais elle fonctionne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nouveaut&#233; des cryptomonnaies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire alors des cryptomonnaies ? Prenons le bitcoin, mais ce qu'on va en dire est vrai de toutes. Sans entrer dans une analyse pr&#233;cise, pour simplifier c'est le produit d'un processus informatique utilisant la blockchain. La quantit&#233; de bitcoin existante &#224; un moment donn&#233; n'est donc pas reli&#233;e &#224; une activit&#233; &#233;conomique, encore moins g&#233;r&#233;e par une entit&#233; poursuivant un objectif &#233;conomique, social, politique ou autre. Elle r&#233;sulte de l'algorithme d'un c&#244;t&#233;, de l'activit&#233; des utilisateurs de l'autre. Mais la quantit&#233; disponible est pour les usagers un fait brut. Quant &#224; la valeur du bitcoin, qu'on l'exprime dans une des monnaies actuelles ou par rapport &#224; des biens, elle d&#233;pend exclusivement de l'offre et de la demande de bitcoins, et fluctue d&#232;s lors consid&#233;rablement. L'analogue du bitcoin est ici l'or, dont la production est d&#233;coupl&#233;e pour l'essentiel de l'activit&#233; &#233;conomique, et d&#233;pend de r&#233;alit&#233;s mini&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'usager, le bitcoin peut &#234;tre utilis&#233;, en principe avec une s&#233;curit&#233; maximale, sans aucun passage par une entit&#233; quelconque, officielle ou priv&#233;e (banque), qui enregistrerait la transaction : il suffit d'avoir les identifiants voulus et de passer un ordre pour payer. C'est &#233;videmment une grande diff&#233;rence avec les monnaies officielles, dont l'usage passe par une banque, elle-m&#234;me supervis&#233;e. Mais il est important de noter que c'est une fonction diff&#233;rente de la pr&#233;c&#233;dente ; en effet, on peut imaginer des passages par la blockchain permettant des paiements directs dans une monnaie officielle ; de tels dispositifs sont m&#234;me activement envisag&#233;s par les banques centrales ; par ailleurs certaines cryptomonnaies sont rattach&#233;es &#224; une monnaie officielle &#224; travers une institution (banque ou autre) : les stablecoins. L'analogue est cette fois les esp&#232;ces, billets et pi&#232;ces &#8211; qui sont libell&#233;es en monnaie centrale mais eux aussi anonymes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me dimension est la plus cit&#233;e, soit pour critiquer le bitcoin, puisqu'il permet le blanchiment et le financement des activit&#233;s criminelles (comme les esp&#232;ces, mais en plus pratique et plus fluctuant) ; soit pour en faire l'&#233;loge, puisqu'il n'est en principe pas contr&#244;lable par un &#233;tat malveillant : il peut &#234;tre utilis&#233; dans des circonstances dramatiques (guerre etc.), et il permet d'&#233;conomiser sur les frais de transaction. Mais &#224; nouveau, les m&#234;mes remarques pourraient valoir pour un usage de monnaie nationale ou &#233;trang&#232;re &#224; travers la blockchain. Ce n'est donc pas l&#224; ce qui fait la sp&#233;cificit&#233; du bitcoin en tant que tel. D&#232;s lors, on peut voir avec faveur le d&#233;veloppement de syst&#232;mes de paiement par blockchain (comme d'ailleurs de transactions de tout type) sans se prononcer sur le bitcoin lui-m&#234;me (et ses concurrents). Ajoutons que le caract&#232;re anonyme du bitcoin ne permet aucune personnalisation de son usage (y compris social par exemple), contrairement &#224; une monnaie passant par les circuits ouverts, de type bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question intrins&#232;que pos&#233;e par le bitcoin est donc autre : c'est le fait de consid&#233;rer comme un actif et par l&#224; une monnaie quelque chose qui est fabriqu&#233; par un programme informatique &#233;chappant &#224; tout pilotage et sans lien avec l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cryptomonnaies sont-elles l&#233;gitimement des actifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique du bitcoin est au d&#233;part libertarienne : elle vise &#224; cr&#233;er un actif totalement ind&#233;pendant dans son volume comme dans son utilisation tant des banques centrales et des gouvernements que des banques commerciales, et donc non soumis aux al&#233;as politiques ou autres, non reli&#233; &#224; l'endettement, ni aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on dire pour autant que ce serait une bonne monnaie ? On l'a dit, la caract&#233;ristique de celle-ci est de permettre &#224; une communaut&#233; &#233;conomique d'effectuer ses transactions, tout en gardant une relation aussi stable que possible avec les biens et services correspondants, et donc en particulier sa valeur dans le temps. Le m&#233;canisme des monnaies actuelles est bas&#233; sur le cr&#233;dit, et se fonde donc sur une part appr&#233;ciable de l'activit&#233; &#233;conomique ; et il est r&#233;gul&#233; activement par une institution, la banque centrale. Il est donc construit en th&#233;orie pour que la relation entre la monnaie et les biens soit stable. Cela dit, l'efficacit&#233; de cette relation d&#233;pend directement de cette r&#233;gulation, qui peut d&#233;vier de deux mani&#232;res : par erreur de la banque centrale ou mauvais diagnostic (comme avec la crise de 2008) ; ou surtout par pression politique (planche &#224; billets, qu'on a vue sur grande &#233;chelle dans les deux guerres mondiales).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la production de bitcoin ne se relie pas avec la masse des biens et services produits et &#233;chang&#233;s ; c'est de ce point de vue une donn&#233;e ext&#233;rieure. On l'a dit, en cela elle ressemble &#224; l'or (ou l'argent). Il est vrai que ces derniers ont &#233;t&#233; longtemps des r&#233;f&#233;rences mon&#233;taires - m&#234;me si on ne payait pas directement en poids d'or brut, mais dans une monnaie authentifi&#233;e par le souverain, qui elle-m&#234;me se r&#233;f&#233;rait &#224; l'or. Cela dit, il y a deux diff&#233;rences majeures. L'une, que l'or existe de fa&#231;on objective et a aussi un usage non mon&#233;taire important ; utilis&#233; comme monnaie, on le met en relation avec les divers biens et services, ce qui revient &#224; comparer des biens entre eux sur un march&#233; ; alors que le bitcoin en lui-m&#234;me n'est pas un bien. L'autre, corr&#233;lativement, que la valeur du bitcoin se relie exclusivement &#224; ce qu'en pensent ses usagers : ils pourraient pour une raison quelconque s'en d&#233;tourner compl&#232;tement ; ou au contraire, comme c'est actuellement le cas, le rechercher sp&#233;culativement. Il n'y a aucun ressort de rappel dans la r&#233;alit&#233;. D&#232;s lors, la valeur du bitcoin a fluctu&#233; de fa&#231;on consid&#233;rable depuis ses origines et continue &#224; le faire ; c'est une logique de sp&#233;culation, c'est-&#224;-dire d'anticipations auto-entretenues, qui a d&#233;bouch&#233; dans l'ensemble sur une hausse de valeur &#233;norme, avec des p&#233;riodes de chute brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'&#233;tat, ceci le rend donc inapte &#224; la fonction de monnaie. Et si on l'utilisait de plus en plus comme moyen de paiement, son prix monterait rapidement puisque la quantit&#233; produite ne suivrait pas. Par ailleurs on voit mal la soci&#233;t&#233; dans son ensemble recourir comme monnaie de large usage et de r&#233;f&#233;rence &#224; un algorithme qui reste parfaitement opaque (et qui n'est en r&#233;alit&#233; pas immunis&#233; contre tous les risques, car aucun algorithme ne l'est). Par ailleurs, ce n'est pas non plus un vrai investissement, puisque ce n'est ni un bien de consommation ni un bien de production. Cela n'a notamment rien &#224; voir avec un titre de cr&#233;ance et encore moins avec les actions d'une entreprise, qui se relient, eux, &#224; une r&#233;alit&#233; : m&#234;me si on peut sp&#233;culer dessus, le rappel de r&#233;alit&#233; y est donc possible et se produit &#224; un moment ou un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le terme de cryptomonnaie est donc contestable. La fonction sp&#233;culative au mauvais sens du terme y est largement pr&#233;dominante. Hors militants libertariens, elle est peu compatible avec un usage comme monnaie, sauf pour des transactions qui veulent rester opaques et acceptent pour cela un risque important de fluctuation. Nous retrouvons ce fait de base pour appr&#233;cier un fait &#233;conomique : il doit se relier &#224; un bien r&#233;el et &#224; une communaut&#233; humaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Monnaie impressionniste</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Monnaie-impressionniste.html</link>
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		<dc:date>2022-01-08T13:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Syst&#232;me mon&#233;taire</dc:subject>
		<dc:subject>Banque centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ation mon&#233;taire</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>
		<dc:subject>Inflation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les joies de la cr&#233;ation mon&#233;taire, ou la politique du &#8216;pourvu que &#231;a dure'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;ation mon&#233;taire &#224; tout va, inflation, d&#233;ficits : on ach&#232;te la paix sociale, et les banques centrales ne sont pas les derni&#232;res. Et l'inflation qui se fait attendre &#8211; au moins jusqu'&#224; r&#233;cemment. Pourvu que &#231;a dure para&#238;t-on dire. Mais justement, comme cela ne durera pas, que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans L'Incorrect N&#176;49, janvier 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Monnaie-+.html" rel="tag"&gt;Monnaie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Inflation-+.html" rel="tag"&gt;Inflation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les joies de la cr&#233;ation mon&#233;taire, ou la politique du &#8216;pourvu que &#231;a dure'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Depuis plus de dix ans, la banque centrale europ&#233;enne a lanc&#233; une politique de Quantitative easing pour endiguer la crise financi&#232;re de 2008 puis celle des dettes souveraines de 2010. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;agir &#224; une crise comme en 2008 et en 20210 est une chose, poursuivre cette politique ind&#233;finiment on l'a fait depuis en est une autre. Dans le premier cas on calme la panique sur les march&#233;s, et on s'arr&#234;te aussit&#244;t le calme r&#233;tabli. Dans le deuxi&#232;me, c'est une politique structurelle. Or, en l'esp&#232;ce, elle est sans pr&#233;c&#233;dent historique. On la justifie en disant qu'il s'agit d'&#233;viter la d&#233;flation, consid&#233;r&#233;e comme un mal sans rem&#232;de. Il y a du vrai l&#224;-dedans ; en effet avec la d&#233;flation (baisse durable des prix), la monnaie s'appr&#233;cie avec le temps : c'est une incitation &#224; tous pour th&#233;sauriser et ne pas d&#233;penser, puisque l'argent liquide s'appr&#233;cie tout seul. De plus les banques centrales sont alors impuissantes, car elles agissent en jouant sur les taux d'int&#233;r&#234;ts : or en d&#233;flation ils tombent &#224; z&#233;ro et y restent, et elles ne peuvent rien y faire sauf &#224; ponctionner les comptes des gens, ce qui est politiquement impraticable. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre bien s&#251;r &#224; c&#244;t&#233; de la lutte contre la d&#233;flation cette politique permet de lisser les r&#233;cessions et par l&#224; aide les gouvernements en place. Curieusement donc ces banques centrales suppos&#233;es ind&#233;pendantes se r&#233;v&#232;lent bien commodes pour les Etats. Ce qui est &#224; rapprocher avec le fait que depuis 1973 les monnaies sont purement conventionnelles, sans lien avec l'or ou quoi que ce soit. Pendant tout un temps d'abord les banques centrales ont &#233;t&#233; rigidement attach&#233;es &#224; la lutte contre l'inflation. Mais du fait des crises, elles ont maintenant pris go&#251;t &#224; des politiques beaucoup plus populaires&#8230; alors m&#234;me que nous ne sommes pas en d&#233;flation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2/ Quel peut &#234;tre l'impact d'une telle r&#233;ponse sur le long terme ? Va-t-on vers un retour de l'inflation et une d&#233;valuation du pouvoir d'achat de notre monnaie ? Quels sont les dangers d'une telle politique ? Peut-il y avoir un risque inverse de d&#233;flation ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire remonter l'inflation est un but affich&#233; de la BCE : elle vise 2 % et voudrait s'en tenir l&#224; ; mais jusqu'&#224; maintenant elle a eu du mal &#224; y arriver. Cela fait en effet dix ans qu'elle injecte de la monnaie &#224; dose forte et l'inflation est rest&#233;e basse. Elle juge la remont&#233;e actuelle des prix non durable (sortie de la crise Covid). &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on continuer longtemps cette politique ? Dans tous les exemples historiques de cr&#233;ation mon&#233;taire massive par la banque centrale, il y a eu inflation et souvent hyperinflation. Le risque est donc bien r&#233;el. Or une vraie inflation est ruineuse pour tous ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient pas d'un rapport de force leur permettant de pr&#233;server leur pouvoir d'achat (retrait&#233;s, &#233;pargnants, salari&#233;s faibles) ; en outre elle rend tous les calculs sur l'avenir hasardeux. Le seul gagnant v&#233;ritable en cas d'inflation est celui qui a emprunt&#233; &#224; taux fixe et qui voit alors la valeur r&#233;elle de ses dettes baisser : en premier lieu, l'Etat. Sauf que dans un deuxi&#232;me temps, lui aussi est touch&#233; s'il continue &#224; emprunter, puisque les taux d'int&#233;r&#234;ts s'envolent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant nous n'avons pas eu, ou pas encore, une telle inflation : c'est que la p&#233;riode est tr&#232;s particuli&#232;re, notamment du fait de la mondialisation qui &#233;crase les prix, de la faiblesse syndicale et de l'abondance de l'&#233;pargne mondiale. La monnaie ainsi cr&#233;&#233;e a d&#232;s lors gicl&#233; ailleurs, dans une inflation des actifs (actions en bourse, immobilier) et donc dans des bulles. Ou elle a &#233;t&#233; th&#233;sauris&#233;e. Et donc BCE et gouvernements profitent d'une situation tout &#224; fait particuli&#232;re pour s'affranchir des r&#232;gles de long terme. Comme disait Laetitia Bonaparte : pourvu que &#231;a dure ! Sauf que comme on dit sur les march&#233;s les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3/ Plus que jamais, la possession de liquidit&#233;s ou d'&#233;pargne sur un compte bancaire appara&#238;t risqu&#233;e dans un environnement &#233;conomique mondial devenu incertain. Quel est l'image du bon p&#232;re de famille du XXIe si&#232;cle ? Est-ce celui qui investit dans l'&#233;conomie r&#233;elle, dans l'immobilier ? Comment se pr&#233;munir du ph&#233;nom&#232;ne des bulles sp&#233;culatives ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; bon p&#232;re de famille &#187; vise deux buts : faire fructifier ses actifs ou au moins les prot&#233;ger, et investir dans l'&#233;conomie de fa&#231;on utile &#224; la communaut&#233;. Pas facile dans un tel environnement. Comme il y a bulle, tous les actifs sont chers, donc avec un fort risque de baisse. Le pire &#233;tant les obligations et par l&#224; l'assurance vie. L'avantage des actions (bourse) est que sur le long terme, c'est le meilleur placement, le plus s&#251;r m&#234;me. En outre c'est investir dans l'avenir, et contribuer au contr&#244;le des entreprises. Mais dans l'intervalle leur valeur fluctue. Si donc on ach&#232;te un peu haut et que le march&#233; conna&#238;t ensuite une p&#233;riode prolong&#233;e de baisse, il faut pouvoir attendre ; dans le pass&#233; cela a pu durer des dizaines d'ann&#233;es, m&#234;me si c'est corrig&#233; ensuite. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'immobilier qu'on occupe soi-m&#234;me a un gros avantage ; on l'habite, et donc il nous sert m&#234;me si son prix baisse. L'immobilier locatif lui est tr&#232;s tax&#233; et pas toujours tr&#232;s rentable. Et l'immobilier commercial fluctue, un peu comme les actions. Quant aux bulles sp&#233;culatives, sauf &#224; &#234;tre tr&#232;s malin, la parade est de se tenir &#224; l'&#233;cart si on pense que les cours sont vraiment trop hauts, et sinon et surtout, investir sur la longue dur&#233;e, en achetant r&#233;guli&#232;rement et donc en moyennant. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4/ La pand&#233;mie a-t-elle acc&#233;l&#233;r&#233; le d&#233;classement &#233;conomique de l'Europe par rapport au reste du monde, notamment la Chine et l'Asie du Sud-Est ? Comment rem&#233;dier &#224; ce qui appara&#238;t comme une impossibilit&#233;, pour les pays europ&#233;ens, de conserver une avanc&#233;e technologique en termes d'innovation ? Quelles seraient les r&#233;formes structurelles &#224; op&#233;rer ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul de l'Europe par rapport &#224; l'Asie est continu depuis 40 ans, et la pand&#233;mie l'a encore mis en &#233;vidence. Les Etats-Unis sont entre les deux : ils ont notamment sur nous l'avantage de leur puissance dans les technologies avanc&#233;es et les grands r&#233;seaux type GAFAM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux types d'actions seraient n&#233;cessaires : d'un c&#244;t&#233;, mettre au point une forme intelligente d'insertion dans la mondialisation, sans na&#239;vet&#233; et id&#233;ologie libre-&#233;changiste &#224; l'europ&#233;enne : on ne peut pas et doit pas se replier, mais pas non plus &#234;tre na&#239;f. Il faut autant que possible garder le contr&#244;le de ses entreprises et de ses technologies, et sanctionner la concurrence lorsqu'elle est d&#233;loyale ou nocive pour des secteurs clefs de notre &#233;conomie. Ce qui suppose d'&#234;tre souverain. Et d'un autre c&#244;t&#233;, jouer &#224; fond la technologie. Y compris d'ailleurs pour des motifs &#233;cologiques, car on ne s'en sortira pas par la seule sobri&#233;t&#233;, m&#234;me si elle est d&#233;sirable et n&#233;cessaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cela s'ajoute la remise en ordre des d&#233;penses publiques : il faut de telles d&#233;penses, et parfois il les faudrait m&#234;me plus &#233;lev&#233;es qu'aujourd'hui (dans le r&#233;galien : arm&#233;e, police, justice). Mais globalement il faut sortir des d&#233;ficits qui accumulent une dette intenable &#224; long terme et source de d&#233;pendance. Un bon exemple de ces red&#233;ploiements est l'&#233;ducation, o&#249; on peut et doit faire mieux avec moins. Et il faudrait concentrer la solidarit&#233; sur les besoins urgents, en l'orientant vers la r&#233;insertion des personnes. Mais tout cela vaut dire qu'il y aura bien des m&#233;contents par rapport &#224; la situation actuelle. Et donc cela ne prend son sens que dans le cadre d'un grand mouvement patriotique. Ou d'une vraie crise - et sans doute des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans&lt;i&gt; L'Incorrect&lt;/i&gt; N&#176; 49, janvier 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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