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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Monnaie impressionniste</title>
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		<dc:date>2022-01-08T13:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Syst&#232;me mon&#233;taire</dc:subject>
		<dc:subject>Banque centrale</dc:subject>
		<dc:subject>Cr&#233;ation mon&#233;taire</dc:subject>
		<dc:subject>Monnaie</dc:subject>
		<dc:subject>Inflation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les joies de la cr&#233;ation mon&#233;taire, ou la politique du &#8216;pourvu que &#231;a dure'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;ation mon&#233;taire &#224; tout va, inflation, d&#233;ficits : on ach&#232;te la paix sociale, et les banques centrales ne sont pas les derni&#232;res. Et l'inflation qui se fait attendre &#8211; au moins jusqu'&#224; r&#233;cemment. Pourvu que &#231;a dure para&#238;t-on dire. Mais justement, comme cela ne durera pas, que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans L'Incorrect N&#176;49, janvier 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les joies de la cr&#233;ation mon&#233;taire, ou la politique du &#8216;pourvu que &#231;a dure'&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Depuis plus de dix ans, la banque centrale europ&#233;enne a lanc&#233; une politique de Quantitative easing pour endiguer la crise financi&#232;re de 2008 puis celle des dettes souveraines de 2010. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;agir &#224; une crise comme en 2008 et en 20210 est une chose, poursuivre cette politique ind&#233;finiment on l'a fait depuis en est une autre. Dans le premier cas on calme la panique sur les march&#233;s, et on s'arr&#234;te aussit&#244;t le calme r&#233;tabli. Dans le deuxi&#232;me, c'est une politique structurelle. Or, en l'esp&#232;ce, elle est sans pr&#233;c&#233;dent historique. On la justifie en disant qu'il s'agit d'&#233;viter la d&#233;flation, consid&#233;r&#233;e comme un mal sans rem&#232;de. Il y a du vrai l&#224;-dedans ; en effet avec la d&#233;flation (baisse durable des prix), la monnaie s'appr&#233;cie avec le temps : c'est une incitation &#224; tous pour th&#233;sauriser et ne pas d&#233;penser, puisque l'argent liquide s'appr&#233;cie tout seul. De plus les banques centrales sont alors impuissantes, car elles agissent en jouant sur les taux d'int&#233;r&#234;ts : or en d&#233;flation ils tombent &#224; z&#233;ro et y restent, et elles ne peuvent rien y faire sauf &#224; ponctionner les comptes des gens, ce qui est politiquement impraticable. &lt;br class='autobr' /&gt;
En outre bien s&#251;r &#224; c&#244;t&#233; de la lutte contre la d&#233;flation cette politique permet de lisser les r&#233;cessions et par l&#224; aide les gouvernements en place. Curieusement donc ces banques centrales suppos&#233;es ind&#233;pendantes se r&#233;v&#232;lent bien commodes pour les Etats. Ce qui est &#224; rapprocher avec le fait que depuis 1973 les monnaies sont purement conventionnelles, sans lien avec l'or ou quoi que ce soit. Pendant tout un temps d'abord les banques centrales ont &#233;t&#233; rigidement attach&#233;es &#224; la lutte contre l'inflation. Mais du fait des crises, elles ont maintenant pris go&#251;t &#224; des politiques beaucoup plus populaires&#8230; alors m&#234;me que nous ne sommes pas en d&#233;flation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2/ Quel peut &#234;tre l'impact d'une telle r&#233;ponse sur le long terme ? Va-t-on vers un retour de l'inflation et une d&#233;valuation du pouvoir d'achat de notre monnaie ? Quels sont les dangers d'une telle politique ? Peut-il y avoir un risque inverse de d&#233;flation ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire remonter l'inflation est un but affich&#233; de la BCE : elle vise 2 % et voudrait s'en tenir l&#224; ; mais jusqu'&#224; maintenant elle a eu du mal &#224; y arriver. Cela fait en effet dix ans qu'elle injecte de la monnaie &#224; dose forte et l'inflation est rest&#233;e basse. Elle juge la remont&#233;e actuelle des prix non durable (sortie de la crise Covid). &lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-on continuer longtemps cette politique ? Dans tous les exemples historiques de cr&#233;ation mon&#233;taire massive par la banque centrale, il y a eu inflation et souvent hyperinflation. Le risque est donc bien r&#233;el. Or une vraie inflation est ruineuse pour tous ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient pas d'un rapport de force leur permettant de pr&#233;server leur pouvoir d'achat (retrait&#233;s, &#233;pargnants, salari&#233;s faibles) ; en outre elle rend tous les calculs sur l'avenir hasardeux. Le seul gagnant v&#233;ritable en cas d'inflation est celui qui a emprunt&#233; &#224; taux fixe et qui voit alors la valeur r&#233;elle de ses dettes baisser : en premier lieu, l'Etat. Sauf que dans un deuxi&#232;me temps, lui aussi est touch&#233; s'il continue &#224; emprunter, puisque les taux d'int&#233;r&#234;ts s'envolent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant nous n'avons pas eu, ou pas encore, une telle inflation : c'est que la p&#233;riode est tr&#232;s particuli&#232;re, notamment du fait de la mondialisation qui &#233;crase les prix, de la faiblesse syndicale et de l'abondance de l'&#233;pargne mondiale. La monnaie ainsi cr&#233;&#233;e a d&#232;s lors gicl&#233; ailleurs, dans une inflation des actifs (actions en bourse, immobilier) et donc dans des bulles. Ou elle a &#233;t&#233; th&#233;sauris&#233;e. Et donc BCE et gouvernements profitent d'une situation tout &#224; fait particuli&#232;re pour s'affranchir des r&#232;gles de long terme. Comme disait Laetitia Bonaparte : pourvu que &#231;a dure ! Sauf que comme on dit sur les march&#233;s les arbres ne montent pas jusqu'au ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3/ Plus que jamais, la possession de liquidit&#233;s ou d'&#233;pargne sur un compte bancaire appara&#238;t risqu&#233;e dans un environnement &#233;conomique mondial devenu incertain. Quel est l'image du bon p&#232;re de famille du XXIe si&#232;cle ? Est-ce celui qui investit dans l'&#233;conomie r&#233;elle, dans l'immobilier ? Comment se pr&#233;munir du ph&#233;nom&#232;ne des bulles sp&#233;culatives ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; bon p&#232;re de famille &#187; vise deux buts : faire fructifier ses actifs ou au moins les prot&#233;ger, et investir dans l'&#233;conomie de fa&#231;on utile &#224; la communaut&#233;. Pas facile dans un tel environnement. Comme il y a bulle, tous les actifs sont chers, donc avec un fort risque de baisse. Le pire &#233;tant les obligations et par l&#224; l'assurance vie. L'avantage des actions (bourse) est que sur le long terme, c'est le meilleur placement, le plus s&#251;r m&#234;me. En outre c'est investir dans l'avenir, et contribuer au contr&#244;le des entreprises. Mais dans l'intervalle leur valeur fluctue. Si donc on ach&#232;te un peu haut et que le march&#233; conna&#238;t ensuite une p&#233;riode prolong&#233;e de baisse, il faut pouvoir attendre ; dans le pass&#233; cela a pu durer des dizaines d'ann&#233;es, m&#234;me si c'est corrig&#233; ensuite. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'immobilier qu'on occupe soi-m&#234;me a un gros avantage ; on l'habite, et donc il nous sert m&#234;me si son prix baisse. L'immobilier locatif lui est tr&#232;s tax&#233; et pas toujours tr&#232;s rentable. Et l'immobilier commercial fluctue, un peu comme les actions. Quant aux bulles sp&#233;culatives, sauf &#224; &#234;tre tr&#232;s malin, la parade est de se tenir &#224; l'&#233;cart si on pense que les cours sont vraiment trop hauts, et sinon et surtout, investir sur la longue dur&#233;e, en achetant r&#233;guli&#232;rement et donc en moyennant. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4/ La pand&#233;mie a-t-elle acc&#233;l&#233;r&#233; le d&#233;classement &#233;conomique de l'Europe par rapport au reste du monde, notamment la Chine et l'Asie du Sud-Est ? Comment rem&#233;dier &#224; ce qui appara&#238;t comme une impossibilit&#233;, pour les pays europ&#233;ens, de conserver une avanc&#233;e technologique en termes d'innovation ? Quelles seraient les r&#233;formes structurelles &#224; op&#233;rer ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recul de l'Europe par rapport &#224; l'Asie est continu depuis 40 ans, et la pand&#233;mie l'a encore mis en &#233;vidence. Les Etats-Unis sont entre les deux : ils ont notamment sur nous l'avantage de leur puissance dans les technologies avanc&#233;es et les grands r&#233;seaux type GAFAM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Deux types d'actions seraient n&#233;cessaires : d'un c&#244;t&#233;, mettre au point une forme intelligente d'insertion dans la mondialisation, sans na&#239;vet&#233; et id&#233;ologie libre-&#233;changiste &#224; l'europ&#233;enne : on ne peut pas et doit pas se replier, mais pas non plus &#234;tre na&#239;f. Il faut autant que possible garder le contr&#244;le de ses entreprises et de ses technologies, et sanctionner la concurrence lorsqu'elle est d&#233;loyale ou nocive pour des secteurs clefs de notre &#233;conomie. Ce qui suppose d'&#234;tre souverain. Et d'un autre c&#244;t&#233;, jouer &#224; fond la technologie. Y compris d'ailleurs pour des motifs &#233;cologiques, car on ne s'en sortira pas par la seule sobri&#233;t&#233;, m&#234;me si elle est d&#233;sirable et n&#233;cessaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cela s'ajoute la remise en ordre des d&#233;penses publiques : il faut de telles d&#233;penses, et parfois il les faudrait m&#234;me plus &#233;lev&#233;es qu'aujourd'hui (dans le r&#233;galien : arm&#233;e, police, justice). Mais globalement il faut sortir des d&#233;ficits qui accumulent une dette intenable &#224; long terme et source de d&#233;pendance. Un bon exemple de ces red&#233;ploiements est l'&#233;ducation, o&#249; on peut et doit faire mieux avec moins. Et il faudrait concentrer la solidarit&#233; sur les besoins urgents, en l'orientant vers la r&#233;insertion des personnes. Mais tout cela vaut dire qu'il y aura bien des m&#233;contents par rapport &#224; la situation actuelle. Et donc cela ne prend son sens que dans le cadre d'un grand mouvement patriotique. Ou d'une vraie crise - et sans doute des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview parue dans&lt;i&gt; L'Incorrect&lt;/i&gt; N&#176; 49, janvier 2022.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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