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	<title>Pierre de Lauzun | Le blog officiel</title>
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		<title>Trump face &#224; la logique de la guerre</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Trump-face-a-la-logique-de-la-guerre.html</link>
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		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant). &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Recherche-de-la-paix-+.html" rel="tag"&gt;Recherche de la paix&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/istockphoto-182187699-612x612.webp?1787417300' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Donald Trump a beaucoup insist&#233; sur une dimension de son programme : la recherche de la paix, la fin des guerres id&#233;ologiques, et le terme mis aux guerres existantes, en premier lieu l'Ukraine et Gaza. On lui pr&#234;te m&#234;me le d&#233;sir d'obtenir le Prix Nobel de la Paix, comme avant lui Barack Obama (m&#234;me si avec le recul ce dernier n'est pas tr&#232;s convaincant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a pu mettre en avant plusieurs interventions qui pourraient avoir eu une influence r&#233;elle dans le sens de la paix, entre Tha&#239;s et Cambodgiens, entre Indiens et Pakistanais, etc. Mais ce sont l&#224; des dossiers mineurs par rapports aux deux o&#249; il est vraiment attendu, l'Ukraine et Gaza. Sur ceux-l&#224; il a donn&#233; longtemps et donne encore souvent l'impression de patiner, loin de ses promesses initiales de r&#233;gler tout cela facilement et rapidement. M&#234;me s'il vient de marquer un point sur Gaza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut, semble-t-il, admettre que sa volont&#233; de chercher la paix est r&#233;elle &#8211; m&#234;me s'il a un faible pour les solutions de force. On sait en outre que la connaissance intime de la vie internationale n'est pas son fort. Mais cela n'explique pas tout ce qui se passe. On a en effet l'impression qu'il explore successivement plusieurs hypoth&#232;ses sur tel ou tel aspect de ces conflits, pour ensuite d&#233;couvrir d'autres dimensions qui lui montrent que l'&#233;quation est plus complexe qu'il n'apparaissait. Ce faisant il progresse ; mais les probl&#232;mes r&#233;sistent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dilemme ukrainien &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La difficult&#233; est particuli&#232;rement nette dans le cas de l'Ukraine. Tant&#244;t il fait un geste en faveur de Poutine, voit des possibilit&#233;s de coop&#233;ration fructueuse avec la Russie, comprend que Poutine ne fera jamais la paix en l&#226;chant les territoires conquis ou en laissant les troupes occidentales s'installer en Ukraine. Tant&#244;t au contraire il menace la Russie de sanctions terribles, livre des armes &#224; Kiev, d&#233;clare la victoire de ce dernier possible, et se brouille avec l'Inde pour la punir d'acheter du p&#233;trole russe. Tant&#244;t il insulte publiquement Zelenski, lui reprochant son ingratitude et son irr&#233;alisme, tant&#244;t il s'entretient cordialement avec lui. Tant&#244;t il court-circuite les Europ&#233;ens, tant&#244;t il les remet dans le jeu en vue de garanties &#224; donner &#224; l'Ukraine, et surtout pour payer les frais de le guerre en achetant du mat&#233;riel am&#233;ricain. Etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; du processus d'apprentissage, d'une m&#233;thode bizarre de n&#233;gociation, ou du jeu normal de l'exploration des options, il semble qu'il y ait un autre facteur plus profond, une certaine ignorance ou sous-estimation de la logique de la guerre. Je l'avais not&#233; dans une pr&#233;c&#233;dent article sur ce m&#234;me site, en juin 2022 : &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt; (paix).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties, qui obtient un r&#233;sultat la conduisant &#224; cesser les op&#233;rations une fois son but atteint, ou conduisant l'autre &#224; jeter l'&#233;ponge. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent, et le statu quo a des chances de se stabiliser au moins pour un temps. Bien entendu, un tel arr&#234;t des op&#233;rations n'est pas n&#233;cessairement d&#233;finitif. En effet apr&#232;s un moment de cessation des hostilit&#233;s, si le choc des volont&#233;s subsiste, la reconstruction des forces rend possible une reprise des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans tous les cas, tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue, car les motifs qui y ont conduit restent, et le sort des armes auxquels les deux parties ont eu recours n'a pas donn&#233; sa r&#233;ponse. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je le notais d&#233;j&#224;, la guerre en cours entre la Russie ou l'Ukraine en fournit une bonne illustration. La Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien ; elle a une relative sup&#233;riorit&#233; mat&#233;rielle ; elle n'est pas &#224; genoux &#233;conomiquement ; elle n'a donc a priori aucune raison de s'arr&#234;ter. L'Ukraine vise &#233;videmment &#224; r&#233;cup&#233;rer son territoire ant&#233;rieur ; elle a bien mieux r&#233;sist&#233; que ce que les experts pensaient, et re&#231;oit une aide cons&#233;quente des Occidentaux. Elle continue donc la lutte. Tant que ces facteurs seront &#224; l'&#339;uvre (donc tant qu'il n'y a pas selon les cas perc&#233;e militaire, effondrement &#233;conomique, &#233;puisement des perspectives etc.), la guerre continuera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ext&#233;rieur, seule une action tr&#232;s puissante pourrait &#233;ventuellement changer cet &#233;tat des choses. Mais pour Trump, cela supposerait une toute autre strat&#233;gie que celle qu'il a suivi : soit intensifier tr&#232;s brutalement les sanctions et surarmer l'Ukraine, avec de gros risques et sans &#234;tre s&#251;r que cela marche, loin de l&#224; ; surtout quand on voit, comme Trump l'a fait remarquer, les h&#233;sitations des Europ&#233;ens &#224; aller au bout de la logique des sanctions, en frappant avec d&#233;termination l'Inde et la Chine &#8211; excusez du peu. Soit, au contraire, tordre le bras de Zelenski et des Europ&#233;ens, mais dans ce qui pourrait appara&#238;tre comme une capitulation &#8211; et l&#224; encore, en supposant que cela marche. D'o&#249; l'h&#233;sitation : il a jou&#233; successivement avec ces id&#233;es diverses. Il apprend en cours de route, mais cela ne donne pas la r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres le&#231;ons&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un point qui n'est pas assez soulign&#233; est le r&#244;le innovateur des guerres r&#233;elles, particuli&#232;rement &#233;vident ici en Ukraine avec l'usage des drones et autres syst&#232;mes qui ont radicalement remis en cause ou en tout cas redimensionn&#233; dans un certain usage le r&#244;le d'armes autrefois centrales comme les chars, les h&#233;licopt&#232;res de combat ou m&#234;me les avions. Le fait est clairement per&#231;u par tous mais on est loin d'en tenir toutes les cons&#233;quences, notamment aux &#201;tats-Unis et en Europe. Car ce sont pratiquement des arm&#233;es nouvelles qu'il faudrait mettre sur pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, cela conduit &#224; revoir en profondeur le rapport de force r&#233;el sur le continent europ&#233;en. Car les deux seules arm&#233;es qui ont une exp&#233;rience intense et compl&#232;te de ces nouvelles r&#233;alit&#233;s du combat sont l'ukrainienne et la russe. Actuellement elles se battent. Mais lorsque la guerre sera finie, elles seront sous une certain angle surpuissantes par rapport aux arm&#233;es occidentales. Et donc la Russie, &#224; mon sens peu dangereuse avant 2022 contrairement &#224; l'id&#233;e re&#231;ue, peut le devenir une fois les hostilit&#233;s termin&#233;es. En tout cas, elle aura les moyens d'autres ambitions. Mais l'Ukraine, &#233;videmment non mena&#231;ante, totalement ravag&#233;e, aura &#224; ce moment-l&#224; d&#233;velopp&#233; une sp&#233;cialit&#233; rare et recherch&#233;e : la conduite de la guerre moderne, et l'armement correspondant. Il ne faudra oublier ni l'un ni l'autre lorsqu'on consid&#233;rera les conditions de la paix. Mais d'ici l&#224;, cela colore les positions des uns et des autres ; et ni c&#244;t&#233; russe ni c&#244;t&#233; ukrainien, cela ne pousse &#224; la paix, tant qu'un certain seuil n'est pas atteint, contraignant &#224; s'arr&#234;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gu&#234;pier moyen-oriental et Gaza &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage est diff&#233;rent, mais plus prometteur &#224; Gaza. Au d&#233;part, la m&#234;me logique est &#224; l'&#339;uvre. Laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes, &#224; court terme, d'un c&#244;t&#233; Netanyahou et derri&#232;re lui une partie appr&#233;ciable d'Isra&#235;l excluait d'arr&#234;ter les op&#233;rations tant que le Hamas subsistait et gardait des otages. D'un autre c&#244;t&#233;, le Hamas n'avait pas de raisons de capituler, malgr&#233; la sup&#233;riorit&#233; militaire &#233;crasante d'Isra&#235;l, d'autant que les souffrances des Gazaouis ne le g&#234;nent pas (c'est son bouclier humain), et le servaient diplomatiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Trump, cela se compliquait du tiraillement entre ses liens avec Isra&#235;l d'un c&#244;t&#233;, ses amiti&#233;s arabes de l'autre, notamment dans la P&#233;ninsule arabique. Mais il a ind&#233;niablement l&#224; aussi appris en cours de route, notamment &#224; &#233;couter un peu plus. Et surtout il a ici des moyens de pression bien plus substantiels qu'en Ukraine. D&#232;s lors, un accord de cessez-le-feu a pu appara&#238;tre possible, d'o&#249; son plan. On verra ce que l'op&#233;ration donnera finalement, mais cela peut permettre, dans le meilleur des cas, d'arr&#234;ter les hostilit&#233;s actuelles &#224; Gaza m&#234;me. Ce qui est une excellente chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, plus profond&#233;ment, les vrais objectifs strat&#233;giques des deux c&#244;t&#233;s restent non seulement radicalement incompatibles, mais chacun structurel : pour Isra&#235;l, sauf pour une minorit&#233;, c'est le refus d'un Etat palestinien et la poursuite de la colonisation, au moins en Cisjordanie, avec &#224; l'horizon au moins implicite un &#233;tat juif sur l'essentiel de la Palestine. Pour le Hamas (ou, s'il dispara&#238;t, un autre mouvement du m&#234;me type), c'est la destruction d'Isra&#235;l. M&#234;me un observateur ext&#233;rieur bienveillant a du mal &#224; discerner une solution &#233;quitable, dans ce conflit sans bonne solution, deux peuples se disputant une seule terre. Voir ici &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-israelo-palestinien-la-frustration-d-un-conflit-sans-bonne-solution.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. D'autant que la logique de l'antagonisme fait que chacune des parties voit l'autre, et de plus en plus, comme une menace existentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, si Trump peut &#233;ventuellement r&#233;ellement imposer une forme de paix relative, un arr&#234;t momentan&#233; des combats en cours, cela ne r&#233;soudra pas la question de fond - m&#234;me si une telle pause serait &#233;videmment bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux cas donc, en conclusion, les p&#233;rip&#233;ties n'ont rien pour surprendre. Cela ne veut pas dire que les conflits dureront ind&#233;finiment, la logique m&#234;me de la guerre s'y oppose. Mais cela peut durer longtemps encore. Et surtout, tout arr&#234;t des combats peut n'&#234;tre qu'une &#233;tape dans un conflit s&#233;culaire plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nobel attendra ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma &lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/trump-face-a-la-logique-de-la-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/trump-face-a-l...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La guerre juste</title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/La-guerre-juste.html</link>
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		<dc:date>2024-10-21T14:53:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;L'expression &#171; guerre juste &#187; est-elle contradictoire ? Elle s'ancre pourtant dans une longue tradition de pens&#233;e. Quand peut-on parler de guerre juste ? Par exemple pour se d&#233;fendre d'un agresseur. Mais quels crit&#232;res retenir ? Et comment les mettre en &#339;uvre dans les conflits bien r&#233;els qui nous entourent, Ukraine, Gaza ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion propos&#233;e ici, loin de fournir une justification facile &#224; des conflits, offre des outils pour discerner ce qui est en jeu dans une guerre. Quelle est la fin que se propose celui qui la fait ? Les moyens qu'il met en &#339;uvre sont-ils proportionn&#233;s ? Est-il s&#251;r que le r&#233;sultat sera meilleur ? C'est ce qu'il faut analyser, selon une approche r&#233;aliste et de ce fait nuanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru en d&#233;cembre 2024 chez Boleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://pierredelauzun.fr/IMG/logo/51h5nljyxhl__sl1500_.jpg?1787417293' class='spip_logo spip_logo_right' width='103' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru en d&#233;cembre 2024 chez Boleine.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://editions-boleine.fr/catalogue/80-la-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://editions-boleine.fr/catalog...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-on parler de guerre juste ? Pour certains, la guerre &#233;tant fondamentalement mauvaise ne peut &#234;tre juste, tant du fait de sa violence que des haines durables qu'elle s&#232;me. D'autre craignent qu'admettre l'id&#233;e qu'il y a des guerres justes est ouvrir la porte &#224; la justification de toutes sortes des guerres. Pourtant on ne peut pas toujours &#233;viter la guerre : il arrive qu'on vous l'impose. Faudrait-il alors se laisser faire et laisser les agresseurs faire la loi ? La l&#233;gitime d&#233;fense est un cas &#233;vident de guerre qu'on ne peut pas ne pas mener. Il y a donc au moins un cas de guerre juste. D'o&#249; la question : quand et comment peut-on admettre que malgr&#233; ses horreurs une guerre peut et doit &#234;tre men&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains disent que la question est d&#233;pass&#233;e avec les armes nucl&#233;aires : quel sens a une guerre si elle d&#233;bouche sur la disparition de tout ? Mais, en dehors m&#234;me de la question de la dissuasion, l'exp&#233;rience des cinquante derni&#232;res ann&#233;es montre de nombreuses guerres de tout type qui restent en de&#231;&#224; du conflit nucl&#233;aire. Et pour qui la r&#233;flexion sur la guerre juste garde son sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la question se pose dans un cadre international o&#249; les Etats sont souverains, o&#249; il n'y a pas une autorit&#233; mondiale qui arbitre entre leurs diff&#233;rends. L'ONU n'a pas d'autorit&#233; sur eux. Mais cela n'implique pas qu'il n'existe pas des r&#232;gles d'ordre moral, ant&#233;rieures et en un sens sup&#233;rieures &#224; leur souverainet&#233;. En l'absence d'un Etat universel, la consid&#233;ration du bien commun incombe de fait aux diff&#233;rents Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;flexion peut avoir un effet op&#233;rationnel, en vue d'une d&#233;cision sur une situation o&#249; l'usage de la force est une option. On pourrait objecter que cela ne vaut que pour celui qui a le souci du bien, ou une moralit&#233;, mais que le cynique ne sera pas concern&#233;. C'est vrai, &#224; ceci pr&#232;s que les justifications morales p&#232;sent sur le moral des parties. En outre il n'est pas inutile que le cynique sache &#224; partir de quand d'autres se sentiront en droit de r&#233;agir. Et des non-bellig&#233;rants peuvent influer sur l'issue d'un conflit, par exemple par des embargos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, &#233;luder la r&#233;flexion sur la guerre juste en disant que la priorit&#233; est &#224; la recherche de la paix suppose le probl&#232;me r&#233;solu. Dans la r&#233;alit&#233;, il appara&#238;t &#224; chaque &#233;poque des acteurs dangereux pour les autres &#8211; par int&#233;r&#234;t, id&#233;ologie ou autre. Il est donc essentiel d'avoir les id&#233;es claires sur ce qu'il est justifi&#233; de faire face &#224; eux. A un niveau plus fondamental, il est dangereux de penser que la mort et la souffrance sont les plus grands maux possibles, et que d&#232;s lors la soumission &#224; une force mauvaise est meilleure que la mort ou la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un livre paru fin 2024 chez Boleine &#171; La guerre juste, apr&#232;s l'Ukraine et Gaza &#187; je rappelle et analyse les principes classiques de la guerre juste, puis je les applique aux cas actuels : la guerre d'Ukraine et la guerre de Gaza, alors m&#234;me qu'elles ne sont pas termin&#233;es. Je compl&#232;te par le cas d'une guerre civile (la Syrie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet de prendre du recul et de porter un regard un peu plus objectif et lucide, comment on pourra le voir en le lisant. Et je rappelle un imp&#233;ratif : &#233;viter la manie des conflits id&#233;ologiques, ou celle des suppos&#233;s conflits de civilisation. Ils brouillent le jugement et excluent qu'il puisse s'agir de guerre juste, contrairement &#224; l'id&#233;e r&#233;pandue aujourd'hui dans les pays occidentaux. En effet, entre autres consid&#233;rations et notamment la mani&#232;re m&#234;me de conduire la guerre &lt;i&gt;(jus in bello&lt;/i&gt;), pour &#234;tre dite juste une guerre doit certes d'abord poursuivre un objectif justifi&#233;, mais elle suppose aussi &#224; la fois qu'on puisse &#234;tre raisonnablement convaincu qu'on peut par-l&#224; arriver &#224; une situation r&#233;ellement meilleure, et qu'on ait des chances raisonnables de succ&#232;s (&lt;i&gt;jus ad bellum&lt;/i&gt;). Et donc une guerre juste suppose d'abord une analyse r&#233;aliste de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs et dans la m&#234;me perspective, on ne peut conclure qu'une guerre donn&#233;e est juste de fa&#231;on d&#233;finitive. Selon le cours des &#233;v&#233;nements, elle peut &#234;tre juste au d&#233;part et moins ensuite, ou elle peut le devenir alors qu'elle ne l'&#233;tait pas vraiment. Eventuellement du fait de la mani&#232;re de conduire cette guerre, mais aussi voire surtout en fonction des perspectives de succ&#232;s et des chances de parvenir &#224; une situation meilleure en continuant les op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a une conclusion &#224; tirer de cet examen, c'est un double message. Un message de modestie et de prudence d'abord. Il est souvent difficile de porter un jugement &#233;quilibr&#233; face &#224; un conflit ou &#224; l'hypoth&#232;se d'une guerre, afin de discerner si on peut la consid&#233;rer en raison comme une juste guerre. Tant l'analyse des faits, les hypoth&#232;ses sur l'&#233;volution future des combats, ou la pr&#233;vision de l'effet final ne sont pas des sciences exactes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussi un message d'encouragement &#224; se poser cette question de la guerre juste, car l'horreur que suscite la guerre prend dans nos soci&#233;t&#233;s techniquement &#233;volu&#233;es une tout autre ampleur. Et les questions m&#234;me que l'on se pose dans cette perspective sont propres &#224; mod&#233;rer, chez celui qui se les pose, les ardeurs agressives ou &#233;motionnelles, les classements en blanc et noir, que nos soci&#233;t&#233;s affectionnent trop souvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore faut-il pour cela accepter une asc&#232;se particuli&#232;re, conduisant &#224; la fois &#224; ne pas s'abandonner &#224; la passion id&#233;ologique, quand bien m&#234;me on croit profond&#233;ment &#224; certaines causes ou valeurs ; et &#224; ne pas tomber non plus dans l'illusion pacifiste, croyant la paix toujours &#224; port&#233;e de la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut donc avoir &#224; faire des guerres, mais avec prudence et r&#233;flexion. Exercice fort peu naturel dans ce qui est une des exp&#233;riences les plus &#233;motionnellement intenses de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NB : pour conna&#238;tre les conclusions particuli&#232;res du livre sur l'Ukraine et Gaza&#8230; il faut le lire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/la-guerre-juste-apres-lukraine-et-gaza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/la-guerre-just...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ecouter l'&#233;mission sur Radio Courtoisie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rc.fr/2025/07/14/libre-journal-de-la-defense-du-14-juillet-2025-peut-on-encore-parler-de-guerre-juste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.rc.fr/2025/07/14/libre-...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'une guerre est juste ou pas s'appr&#233;cie dans le temps et cela peut changer avec les faits : Ukraine, Gaza </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Qu-une-guerre-est-juste-ou-pas-s-apprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Qu-une-guerre-est-juste-ou-pas-s-apprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer.html</guid>
		<dc:date>2023-12-04T16:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Guerre-et-defense-.html" rel="directory"&gt;Guerre, conflit et crise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Gaza-+.html" rel="tag"&gt;Gaza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Guerre-juste-+.html" rel="tag"&gt;Guerre juste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/+-Ukraine-+.html" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Venant apr&#232;s la guerre d'Ukraine, la guerre &#224; Gaza a remis sur le devant de la sc&#232;ne la question de de la guerre juste. Mais la plupart des r&#233;actions se caract&#233;risent par une dominante extr&#234;mement &#233;motionnelle, certes compr&#233;hensible, mais qui envoie les uns et les autres dans des directions compl&#233;tement divergentes, et ne donne pas de rep&#232;res pour le jugement. Par ailleurs, il n'est que tr&#232;s rarement fait r&#233;f&#233;rence &#224; la r&#233;flexion sur ce qu'on peut qualifier de guerre juste. Celle-ci est pourtant une aide pr&#233;cieuse pour le jugement et pour l'action. Et pour &#233;chapper aux manipulations &#224; pr&#233;texte moralisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est un point important qui est encore plus n&#233;glig&#233; : la possibilit&#233; que ce jugement puisse &#233;voluer dans le temps, en fonction du d&#233;roulement des op&#233;rations d'une part, de l'&#233;volution des buts de guerre r&#233;els de l'autre. Le fait qu'une guerre soit consid&#233;r&#233;e juste au d&#233;part, par exemple en r&#233;ponse &#224; une agression caract&#233;ris&#233;e, n'implique pas que les d&#233;cisions prises ult&#233;rieurement le soient aussi. Et il faut savoir reconna&#238;tre quand le d&#233;roul&#233; des combats et cons&#233;quemment l'&#233;volution des enjeux changent les donn&#233;es du raisonnement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les donn&#233;es du d&#233;bat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que la justesse d'une guerre ne se limite pas &#224; la justesse de la cause d&#233;fendue, mais aussi &#224; la haute probabilit&#233; du succ&#232;s des op&#233;rations, et &#224; la conviction raisonnablement &#233;tablie que la situation r&#233;sultante sera sensiblement meilleure que ce qu'elle aurait &#233;t&#233; sinon. Tous facteurs de consid&#233;ration r&#233;aliste qui sont par nature &#233;volutifs. En ce sens donc, r&#233;alisme et moralit&#233; ne s'opposent pas : bien au contraire ils se combinent &#233;troitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, comme je l'ai soulign&#233; par ailleurs, la guerre une fois d&#233;clench&#233;e a sa logique (&lt;i&gt;Ukraine : la logique de la guerre ne peut &#234;tre &#233;lud&#233;e &#8211; m&#234;me par qui recherche la paix&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Ukraine-la-logique-de-la-guerre-ne-peut-etre-eludee-meme-par-qui-recherche-la.html)&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Ukrai...&lt;/a&gt;. Comme je le disais dans cet article : qui dit guerre dit choc de deux volont&#233;s en sens contraire, dont la solution est recherch&#233;e dans la violence r&#233;ciproque. Par d&#233;finition, cela suppose que l'une au moins des deux parties consid&#232;re que ce recours &#224; la force a un sens pour elle, et que l'autre soit ait la m&#234;me perception, soit pr&#233;f&#232;re r&#233;sister &#224; la premi&#232;re plut&#244;t que c&#233;der. La clef de la sortie de l'&#233;tat de guerre est d&#232;s lors principalement dans la guerre elle-m&#234;me et son r&#233;sultat sur le terrain. Mais comme la guerre est hautement consommatrice de ressources, puisque son principe est la destruction, elle a en elle-m&#234;me un facteur majeur de terminaison : elle ne peut durer ind&#233;finiment. Le rapport de forces sur le terrain peut d'abord aboutir &#224; la victoire d'une des deux parties. Alternativement, on a une situation non conclusive, mais qui ne peut durer ind&#233;finiment. A un moment donc les op&#233;rations s'arr&#234;tent. Mais tant que ces facteurs de terminaison n'ont pas op&#233;r&#233; suffisamment, la guerre continue. Arr&#234;ter pr&#233;matur&#233;ment signifierait en effet pour celui qui va dans ce sens non seulement que tous ses efforts ant&#233;rieurs ont &#233;t&#233; vains, pertes humaines et co&#251;ts mat&#233;riels en premier lieu, mais surtout cela reviendrait &#224; accepter une forme de d&#233;faite avant qu'elle soit acquise ; or il avait par hypoth&#232;se d&#233;cid&#233; de se battre. D&#232;s lors il continue, et l'adversaire de m&#234;me. C'est l&#224; que les bonnes volont&#233;s, attach&#233;es &#224; la paix, sont d&#233;&#231;ues &#8211; un peu na&#239;vement. Leurs appels &#224; une cessation des hostilit&#233;s, si possible sans gagnant ni perdant, tombent alors presque toujours sur des oreilles sourdes. Du moins tant que la logique m&#234;me du d&#233;roulement de la guerre n'y conduise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre d'Ukraine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons la guerre en Ukraine. Sans remonter aux origines, il para&#238;t clair que la r&#233;sistance ukrainienne &#224; l'invasion russe &#233;tait une guerre juste. Corr&#233;lativement, il &#233;tait justifi&#233; pour les Europ&#233;ens et les Am&#233;ricains de vouloir &#233;viter une d&#233;ferlante russe qui aurait d&#233;s&#233;quilibr&#233; le continent, et donc d'aider les Ukrainiens, en particulier par des armes. En revanche, l'ampleur des sanctions &#233;conomiques &#233;tait totalement disproportionn&#233;e et courait un risque &#233;lev&#233; d'&#234;tre contreproductive. Sur ce dernier plan, les faits ont confirm&#233; cette analyse : la perte s&#232;che de plus de 100 milliards d'actifs europ&#233;ens en Russie a &#233;t&#233; une grave sottise, sans parler du co&#251;t de le guerre, direct ou indirect ; parall&#232;lement, la Russie a progressivement r&#233;orient&#233; son activit&#233; en la rendant bien plus autonome et surtout travaille &#224; ressusciter son complexe militaro-industriel, dans la tradition sovi&#233;tique, ce qui n'est certainement pas une &#233;volution souhait&#233;e par le c&#244;t&#233; europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au terrain principal, qui est la guerre elle-m&#234;me, la perspective d'une victoire ukrainienne est d&#233;sormais plus &#233;loign&#233;e que jamais. Si donc la r&#233;action initiale &#233;tait justifi&#233;e, le jugement &#224; porter n'est plus le m&#234;me. Ni les chances de gain, ni la perspective d'une situation meilleure ne sont favorables. Et une escalade occidentale, que certains appellent de leur v&#339;ux, serait d&#233;vastatrice. En termes clairs, pour les Ukrainiens la recherche d'une solution de paix devient de plus en plus seule pertinente, ou au moins de cessation des hostilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La guerre &#224; Gaza&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons maintenant &#224; Gaza (voir ici mon article &lt;i&gt;Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ?&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.pierredelauzun.fr/Le-co...&lt;/a&gt;. De la m&#234;me fa&#231;on, l'agresseur imm&#233;diat et caract&#233;ris&#233; le 7 octobre dernier est le Hamas, marqu&#233; en outre par une barbarie r&#233;v&#233;latrice. De plus, le programme du Hamas pr&#233;voit la destruction d'Isra&#235;l, et il para&#238;t cr&#233;dible que telle est bien leur but. D&#232;s lors l'attaque d'Isra&#235;l sur Gaza par para&#238;t justifi&#233;e en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je laisse ici de c&#244;t&#233; une question pourtant importante : celle des modalit&#233;s de l'op&#233;ration, notamment &#224; l'&#233;gard des civils, car y r&#233;pondre suppose une information qui me para&#238;t actuellement trop parcellaire. Certes, &#224; partir du moment o&#249; un pouvoir politique utilise sa population comme bouclier, on voit mal comment l'&#233;radiquer sans des dommages sur celle-ci ; encore faut-il les r&#233;duire le plus possible, et pour cela il faut savoir dans quelle mesure la m&#233;thode suivie par Isra&#235;l le fait. Je laisse donc ce d&#233;bat ouvert &#224; ce stade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le point qui nous concerne plus directement ici est la suite des op&#233;rations. D'un c&#244;t&#233;, la guerre suscite des r&#233;actions &#233;motionnelles consid&#233;rables, notamment dans le monde arabo-musulman, mais aussi ailleurs dans le monde. On peut certes souligner qu'il y a l&#224; deux poids et deux mesures par rapport &#224; bien d'autres situations souvent plus douloureuses pour des populations elles aussi musulmanes, mais qui ne suscitent pas les m&#234;mes indignations bruyantes (Iraq contre Daech avec notamment la prise de Mossoul, Syrie, Y&#233;men, Ouigours etc.). Ce qui est vrai ; mais il faut n&#233;anmoins prendre en compte la r&#233;alit&#233; de cette diff&#233;rence de traitement, sans doute due en bonne partie au fait qu'ici l'autre protagoniste (Isra&#235;l) est per&#231;u comme occidental. Une telle r&#233;action peut avoir &#233;ventuellement des cons&#233;quences g&#233;opolitiques non n&#233;gligeables, et pourrait d&#233;raper en guerre &#233;largie dans la r&#233;gion &#8211; m&#234;me si ce n'est pas le plus probable &#224; ce stade. Sous un autre angle, on constate la m&#234;me pression &#233;motionnelle en Isra&#235;l, pays d&#233;mocratique obs&#233;d&#233; par la question des otages et par l&#224; vuln&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un autre c&#244;t&#233;, en soi la logique de l'op&#233;ration isra&#233;lienne est de finir ce qui a &#233;t&#233; commenc&#233; : si la guerre s'arr&#234;te demain sans &#233;limination de l'essentiel des forces du Hamas, d'une certaine mani&#232;re son effet sera limit&#233;, et par l&#224; sa justification &#233;ventuelle r&#233;duite. Toutes choses &#233;gales par ailleurs, au point o&#249; ils en sont, il peut &#234;tre alors l&#233;gitime pour Isra&#235;l de continuer. Cela dit, la pression, notamment externe, peut conduire &#224; une issue hybride, qui risque de ne rien clarifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, il est une autre consid&#233;ration qui sera d&#233;cisive pour appr&#233;cier la justesse de cette guerre : ce que fera Isra&#235;l sur la question palestinienne. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, en consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et donc, comme je le disais &#224; ce sujet dans l'article en question, soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte. D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, par un paradoxe apparent, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, &#224; nouveau, le d&#233;luge d'&#233;motions contradictoires que suscitent ces conflits, surtout le dernier, est sans commune mesure avec les consid&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes. Mais cela n'enl&#232;ve rien &#224; celles-ci : c'est en regardant les r&#233;alit&#233;s en face qu'on peut progresser. D'autant que l'utilisation abusive d'arguments moralisants par les divers camps en pr&#233;sence exige de prendre du recul. Plus que jamais, l'utilisation d'arguments moraux dans des conflits suppose une analyse lucide et attentive, en outre susceptible d'&#233;voluer dans le temps. La raisonnement prudentiel est une chose, la vengeance ou l'&#233;motion incontr&#244;l&#233;e une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru le 3 d&#233;cembre 2023 sur le site de&lt;/i&gt; G&#233;opragma. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://geopragma.fr/quune-guerre-est-juste-ou-pas-sapprecie-dans-le-temps-et-cela-peut-changer-avec-les-faits-ukraine-gaza/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://geopragma.fr/quune-guerre-e...&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le conflit de Gaza est-il une guerre juste ? </title>
		<link>https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://pierredelauzun.fr/Le-conflit-de-Gaza-est-il-une-guerre-juste.html</guid>
		<dc:date>2023-11-04T16:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre de Lauzun</dc:creator>


		<dc:subject>Gaza</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre juste</dc:subject>
		<dc:subject>Palestiniens</dc:subject>
		<dc:subject>Isra&#235;l</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste, selon la conception classique de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On verra alors que si le souci de d&#233;fense et d'&#233;radication des terroristes est indiscutable, la guerre en question pr&#233;sente un dilemme moral redoutable. Et surtout elle ne pourra &#234;tre qualifi&#233;e de juste que si elle d&#233;bouche sur une paix raisonnablement &#233;quitable, comportant donc une place pour les Palestiniens (hors Hamas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite&#8230;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://pierredelauzun.fr/-Israel-Palestine-Gaza-.html" rel="directory"&gt;Moyen Orient&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je sais bien que ce n'est pas tr&#232;s populaire ni jug&#233; tr&#232;s cr&#233;dible, mais je vais examiner ici la question sous l'angle moral, celui de la notion de guerre juste.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'excellent Michael Walzer a fait r&#233;cemment un examen de ce type sur des bases un peu diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons pour faire simple que dans la conception classique de celle-ci (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Geopolitique-morale-et-guerre.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Geopolitique...&lt;/a&gt; ; en note ici la formulation catholique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), il y a pour cela quatre conditions : un motif juste et notamment un grave dommage subi, l'absence de moyen alternatif, des chances raisonnables de succ&#232;s, et la conviction raisonnable qu'en agissant ainsi on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne remonterai pas aux origines du conflit isra&#233;lo-arabe ; je renvoie ici &#224; mon article &#171; Le conflit isra&#233;lo-palestinien : la frustration d'un conflit sans bonne solution &#187; &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-conflit-israelo-palestinien-la.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-conflit-i...&lt;/a&gt;). Mais je prends les parties prenantes l&#224; o&#249; elles sont : Isra&#235;l, Gaza et le Hamas, ainsi que les parties externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : le mobile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la justesse de la guerre est rapidement tranch&#233;e du c&#244;t&#233; du Hamas : c'est &#233;videmment non pour le 7 octobre et plus g&#233;n&#233;ralement pour le principe du terrorisme. Immoral par lui-m&#234;me, le terrorisme est presque toujours contre-productif (voir &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-du-terrorisme.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Le-paradoxe-...&lt;/a&gt;). La m&#234;me r&#233;ponse &#233;vidente vaut aussi pour leur but d&#233;clar&#233;, la destruction d'Isra&#235;l : cela ne peut &#233;videmment pas &#234;tre une situation meilleure. La cause palestinienne est une tout autre question : elle n'a de sens que pour faire sortir cette malheureuse population de l'impasse o&#249; elle se trouve ; mais l'action du Hamas aboutit au r&#233;sultat exactement inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste donc le cas d'Isra&#235;l. En l'occurrence, la question imm&#233;diate vise la r&#233;action d'Isra&#235;l apr&#232;s l'agression du Hamas sur son territoire, et les terribles massacres qui ont eu lieu &#224; cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soi, le droit &#224; la l&#233;gitime d&#233;fense implique le droit &#224; faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Or le Hamas affiche vouloir la destruction d'Isra&#235;l. Et il ne semble pas raisonnable d'imaginer une quelconque n&#233;gociation avec lui, aboutissant &#224; un accord de bonne foi. Il n'y a donc de ce point de vue pas d'autre solution qu'une action militaire au sens large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la th&#233;orie de la guerre juste, le mobile pour agir est donc fond&#233;. Restent les autres conditions : chances raisonnables de succ&#232;s, et conviction raisonnable qu'en agissant on d&#233;bouchera sur une situation meilleure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : l'absence de moyens alternatif et les chances raisonnables de succ&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle action militaire dans l'imm&#233;diat ? Il semble qu'il y ait eu ici un dilemme relativement binaire sur le but de guerre imm&#233;diat : soit on cherche &#224; d&#233;truire le Hamas, ce qu'Isra&#235;l a entrepris ; soit on se borne &#224; des repr&#233;sailles &#233;ventuellement intenses coupl&#233;es avec le renforcement de la d&#233;fense des fronti&#232;res. La deuxi&#232;me hypoth&#232;se limitait la casse imm&#233;diate ; mais elle laissait intacte la menace du Hamas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est la premi&#232;re qu'Isra&#235;l a choisie. Or comme tous les observateurs l'ont relev&#233; d&#232;s avant le d&#233;but des op&#233;rations, la situation sur le terrain est tr&#232;s sp&#233;cifique du point de vue militaire, le Hamas contr&#244;lant un territoire essentiellement urbain et tr&#232;s dens&#233;ment peupl&#233;, &#233;quip&#233; pour r&#233;sister, avec des r&#233;seaux de tunnels consid&#233;rables. Dans cette optique, l'action militaire &#233;tait et reste &#224; ce jour al&#233;atoire, et surtout tr&#232;s co&#251;teuse en vie humaines et destructions, y compris des effets collat&#233;raux de pertes civiles nombreuses. Celles-ci font en outre l'objet d'une communication mondiale intense (ce qui, rappelons-le incidemment, n'est pas vrai de tous les conflits, tant s'en faut : l'Afrique en sait quelque chose, ou le Y&#233;men, ou m&#234;me le Karabakh). S'y ajoutent d'un c&#244;t&#233; la pr&#233;sence d'otages nombreux, et de l'autre l'environnement moyen oriental avec le risque d'un embrasement g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on choisit l'option dure, visant &#224; d&#233;truire le Hamas, comme l'a fait Isra&#235;l, moralement cela veut dire qu'on estime d'une part pouvoir y arriver (&#233;valuation militaire d'un succ&#232;s possible) ; et d'autre part que les effets de destruction cit&#233;s (pertes civiles nombreuses, mort des otages, d&#233;gradation de la situation r&#233;gionale) soient r&#233;duits au minimum par une conduite de la guerre appropri&#233;e, et qu'ils puissent &#234;tre assum&#233;s au vu du r&#233;sultat attendu : la disparition d'une force mena&#231;ante essentiellement destructrice. C'est un v&#233;ritable dilemme, et la r&#233;ponse morale n'est pas imm&#233;diate, notamment d'un point de vue externe et sans information suffisamment pr&#233;cise sur les donn&#233;es militaires du d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement en revanche sur le plan interne, le choix de cette option &#233;tait sans doute in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L&#233;gitimit&#233; d'un recours &#224; la guerre : d&#233;boucher sur une situation meilleure&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste la derni&#232;re condition pour qu'une guerre puisse &#234;tre consid&#233;r&#233;e juste, la plus importante : comment s'assurer que m&#234;me une victoire sur le terrain assurera la fin de la menace et permettra d'aller dans le sens d'une paix raisonnable et si possible durable ? A savoir, une situation clairement meilleure que s'il n'y a pas de guerre (ou une op&#233;ration bien plus limit&#233;e). Ce qui d&#233;pendra &#224; la fois de la situation sur le terrain en cas de victoire (qui prendra en charge Gaza ?), et de la situation r&#233;gionale dans son ensemble. Je passerai sur le premier point malgr&#233; son importance ; on ne sait en effet pas ce qu'Isra&#235;l pourra faire de Gaza en cas de victoire. Reste le second point, le plus d&#233;cisif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut d'abord que le risque d'embrasement ne se v&#233;rifie pas. C'est possible mais pas certain. Mais un minimum pour cela est de bien circonscrire les buts de guerre ; en l'occurrence, un geste d&#233;fensif. Ce qui comporte certes l'&#233;radication du groupe terroriste ou plus exactement de son actuelle capacit&#233; de nuire, mais ne repr&#233;sente certainement pas une victoire du bien sur le mal. Il est donc absolument imp&#233;ratif de ne pas raisonner en guerre de civilisations ou en grand conflit id&#233;ologique. La guerre en cours a remis en selle le th&#232;me du conflit de civilisations, notamment &#224; droite, et b&#234;tement. Or c'est le pi&#232;ge par excellence, le moyen le plus s&#251;r pour souder des blocs antagonistes. Comme je l'ai montr&#233; par ailleurs, un suppos&#233; conflit de civilisations est en r&#233;alit&#233; un conflit d'id&#233;ologies ; et voir les relations internationales comme conflits d'id&#233;ologies est le plus s&#251;r moyen pour les envenimer et les radicaliser. C'est d'ailleurs la strat&#233;gie du Hamas. &lt;a href=&#034;https://www.pierredelauzun.com/Des-conflits-de-civilisations-ou.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.pierredelauzun.com/Des-conflits...&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout il faut aussi prendre en consid&#233;ration la situation locale et r&#233;gionale apr&#232;s l'op&#233;ration. On ne peut en effet appr&#233;cier le juste fondement d'une guerre que dans une perspective longue, consid&#233;rant l'ensemble de la situation. Et alors, de deux choses l'une. Soit Isra&#235;l propose &#224; un moment appropri&#233; un plan de paix raisonnablement cr&#233;dible, donc avec une forme ou une autre d'Etat palestinien (hors Hamas &#233;videmment) ; mais cela suppose la viabilit&#233; des territoires palestiniens, et donc un abandon de la colonisation en Cisjordanie, y compris d'une part appr&#233;ciable de celle d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;e. Soit Isra&#235;l &#233;carte cette hypoth&#232;se et poursuit sa politique de r&#233;duction progressive des territoires palestiniens. Mais cela signifie alors que le probl&#232;me subsistera int&#233;gralement ; la seule stabilisation possible de la situation impliquerait alors d'une mani&#232;re ou d'une autre le d&#233;part des Palestiniens, ce qui n'est ni juste, ni cr&#233;dible : ils ne partent pas, et leur natalit&#233; est forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue de la guerre juste, dans cette deuxi&#232;me hypoth&#232;se l'objectif de la guerre devient contestable ; en tout cas elle ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de guerre juste. Dit autrement, en supposant m&#234;me qu'on r&#233;ponde positivement au dilemme moral &#233;voqu&#233; ci-dessus, et que la conduite de la guerre soit acceptable, une op&#233;ration aussi violente et brutale que l'intervention chirurgicale en cours sur Gaza ne peut &#234;tre qualifi&#233;e de juste, que si, paradoxalement, elle s'accompagne au moment appropri&#233; d'une offre de paix cr&#233;dible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cat&#233;chisme de l'Eglise catholique la formule ainsi au n&#176; 2309 : &#171; Il faut consid&#233;rer avec rigueur les strictes conditions d'une l&#233;gitime d&#233;fense par la force militaire. La gravit&#233; d'une telle d&#233;cision la soumet &#224; des conditions rigoureuses de l&#233;gitimit&#233; morale. Il faut &#224; la fois : &#8211; Que le dommage inflig&#233; par l'agresseur &#224; la nation ou &#224; la communaut&#233; des nations soit durable, grave et certain. &#8211; Que tous les autres moyens d'y mettre fin se soient r&#233;v&#233;l&#233;s impraticables ou inefficaces. &#8211; Que soient r&#233;unies les conditions s&#233;rieuses de succ&#232;s. &#8211; Que l'emploi des armes n'entra&#238;ne pas des maux et des d&#233;sordres plus graves que le mal &#224; &#233;liminer. La puissance des moyens modernes de destruction p&#232;se tr&#232;s lourdement dans l'appr&#233;ciation de cette condition. Ce sont les &#233;l&#233;ments traditionnels &#233;num&#233;r&#233;s dans la doctrine dite de la &#8216;guerre juste'. L'appr&#233;ciation de ces conditions de l&#233;gitimit&#233; morale appartient au jugement prudentiel de ceux qui ont la charge du bien commun. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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